J’ai découvert assez tôt la musique symphonique de Respighi, mais j’ai mis du temps à en percevoir toutes les subtilités. J’ai commencé évidemment par Les Fontaines de Romeet Les Pins de Rome. Dans l’enregistrement en technicolor de Karajan (résultat d’une Tribune des critiques de disques ?)
Si je suis parvenu à programmer une fois en concert Les Pins de Rome, à Liège, deux fois les superbes Impressions brésiliennes(en 1987 avec l’Orchestre de la Suisse Romande pour le centenaire de Villa Lobos, puis à Liège)
je n’étais jamais parvenu à programmer le premier volet de la « trilogie » romaine, ces Fontaines de Rome écrites en 1917 que je n’ai jamais entendues en concert ! Je sais particulièrement gré à Alexandre Bloch, le jeune et talentueux nouveau directeur musical de l’Orchestre National de Lille, d’avoir accepté de diriger ce soir à Montpellier un somptueux festival d’orchestre et ces Fontaines de Rome en particulier.
Il existe des dizaines de très belles versions au disque de la « trilogie » romaine de Respighi. Je recommande tout particulièrement le coffret récemment réédité par Supraphon d’un grand chef italien aujourd’hui oublié, qui fut l’un des élèves de Respighi, Antonio Pedrotti, qui avait reçu un Diapason d’Or (Diapason n°650, oct.2016).
Je me demande si ce n’est pas le premier coffret d’opéra que j’ai acheté. Pourquoi celui-ci et pas un autre, à un âge où l’opéra n’était pas ma première préférence? peut-être parce que j’en avais entendu des extraits sur France Musique ?
Sitôt mis sur ma platine, j’écoutais en boucle un ouvrage dont les beautés mélodiques, les ensembles (ah ces choeurs !) et les airs magnifiques, confiés à chacun des protagonistes, me semblaient être l’essence du bien chanter, du bel canto.
J’ai dû voir ensuite une ou deux fois sur scène ces Puritains qui avaient enchanté mon adolescence.
Mais je découvrais hier soir, comme les spectateurs d’un Opéra Berlioz comble et les auditeurs de France Musique, la version dite napolitaine, composée par Bellini pour la Malibran,
Dire que j’ai été ému tout au long de la soirée serait bien en-dessous de la réalité. Surtout avec des interprètes de ce niveau, pour qui c’était une première prise de rôle !
Il faut les citer tous : Karine Deshayes, impériale dans le rôle si exigeant d’Elvira, les deux ténors, magnifiques, René Barbera et Celso Albelo, et Chiara Amaru, Nicola Ulivieri, Dmitry Ivanchey, Kihwan Sim, le bel ensemble formé par les Choeurs de l’Opéra de Montpellier et de la Radio Lettone, l’Orchestre National de Montpellier Occitanie, à la hauteur de sa réputation et la baguette inspirée du jeune chef italien Jader Bignamini.
Le dîner qui a suivi n’a pas vraiment engendré la mélancolie, le champagne aidant…
Hier, dans la Cour du Rectorat de Montpellier, j’étais l’un des invités de l’émission de Mathieu Conquet « La Série musicale » sur France Culture. Bien entouré par l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti et le général Eliséiev, directeur des Choeurs de l’Armée rouge qui se produisaient hier soir au Domaine d’O
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Et d’évoquer avec Sandrine Treiner, la directrice de France Culture, et Aurélie Filippetti, ces disques, ces musiques qui ont marqué notre enfance, notre adolescence. Tout le monde avait au moins un disque de ces choeurs fameux. Et c’est précisément ce que je voulais provoquer chez les milliers de spectateurs qui ont suivi, à Carmaux, à Perpignan et hier à Montpellier, les concerts de l’ensemble du général Eliseiev. Le souvenir, la réminiscence, de ce qui, dans nos esprits d’Occidentaux, représente l’âme russe, l’épopée soviétique, une légende soigneusement entretenue d’héroïsme et d’exaltation des idéaux révolutionnaires. Au mépris d’une réalité beaucoup plus contestable.
Un compositeur que j’ai découvert adolescent grâce à la Tribune des critiques de disques, version originale, de France Musique. Avec les fameux compères, Armand Panigel, Jacques Bourgeois, Antoine Goléa, Jean Roy, que j’ai tous eu, plus tard, la chance de rencontrer. Si bien croqués par ce sketch inusable de Peter Ustinov.
Je me rappelle les horreurs proférées par Goléasur ce concerto (« C’est de la merde« ). Moi-même à l’époque je n’avais pas immédiatement accroché, sauf peut-être dans le dernier mouvement d’allure rhapsodique.
Puis j’ai découvert, dans un coffret de 4 disques acheté en souscription, l’incomparable Christian Ferrasdemeuré ma version de chevet.
Quelques mois après son enregistrement berlinois, le violoniste français jouait ce concerto à Paris, sous la direction du tout jeune Zubin Mehta , sans doute l’une des versions de concert les plus exaltantes qui soient. L’art de Ferras à son apogée.
Quant à la 7ème symphonie, j’avais été fasciné, passionné par les débats de la Tribune. J’ai tout de suite aimé cette étrangeté, ce flux continu de musique, qui m’évoquait des contrées inconnues, des images de lointains infinis. L’étudiant aux modestes moyens que j’étais avait trouvé une caverne d’Ali Baba aux Puces de Saint-Ouen, des dizaines de disques et surtout de coffrets neufs à prix cassés. C’est là que j’ai trouvé et acheté ma première intégrale des symphonies de Sibelius, celle de Lorin Maazel – disparu il y a tout juste 3 ans le 13 juillet 2014 – avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. J’en ai aimé beaucoup d’autres depuis, mais je n’ai jamais renié ces premières amours discographiques.
Quelques jours après Simone Veil, la maladie n’aura pas permis à Pierre Henry de fêter son 90ème anniversaire. Sitôt son décès connu, les hommages ont afflué avec leur lot habituel d’hyperboles et de généralités : « Pape de la musique électronique ».
« Souvent présenté comme le père de la musique concrète, Pierre Henry le fut moins dans le sens biologique – c’est Pierre Schaeffer (1910-1995) qui tint ce rôle en étant le premier à composer des œuvres à partir de cellules prélevées dans les bruits quotidiens – que dans l’acception mystique du terme, avec une majuscule. Ce Père-là, intimidant mais adulé par des générations de pratiquants de la création sur support (dans les studios d’électroacoustique ou derrière des platines de DJ), s’est manifesté par la sainte trinité de l’artiste moderne (originalité, productivité, notoriété) pour siéger au plus haut du ciel contemporain pendant plus d’un demi-siècle. »
Aujourd’hui, comme toujours en pareilles circonstances, l’hommage est unanime. Il n’en a pas toujours été ainsi, loin de là, les milieux autorisés de la musique contemporaine n’étaient pas toujours tendres avec ce créateur inclassable, qui avait l’outrecuidance de connaître un succès public parfois impressionnant.
A titre personnel, j’admirais le bricoleur, l’inventeur, mais nettement moins le personnage – gourou, mystique – que donne à voir et entendre cet excellent documentaire.
La modernité, c’est le coeur de l’aventure de Montpellier Danse, dont la 37ème édition s’est achevée vendredi soir à l’Opéra Comédie de Montpellier.
Je racontais à Jean-Paul Montanari, l’infatigable animateur de ce rendez-vous estival, un souvenir personnel de Dominique Bagouet, l’inoubliable chorégraphe, le lumineux fondateur de Montpellier Danse en 1981. C’était en 1977 ou 1978, j’habitais alors un tout petit atelier d’artiste sous les toits dans le 3ème arrondissement de Paris à quelques mètres du Centre Pompidou qui venait d’être inauguré, j’avais invité quelques amis pour un verre, l’un d’eux arriva accompagné d’un tout jeune homme, timide, fluet, un doux sourire aux lèvres. C’était Dominique Bagouet, dont le nom m’était inconnu. Je n’ai plus jamais revu personnellement le jeune chorégraphe, mais le souvenir de cette brève rencontre ne m’a jamais quitté.
Vendredi soir, c’est à un spectacle envoûtant, Love Chapter 2, que nous conviaient Sharon Eyal et Gai Behar.
Je me méfie toujours des titres, et encore plus des explications, que donnent les chorégraphes. Je ne les lis jamais avant le spectacle. Je me sens, de la sorte, plus disponible pour accueillir, voir, écouter sans préjugé. Et si je n’ai pas hurlé comme une partie du public en délire à l’issue de la petite heure de ce fascinant parcours dansé à 6 (il manquait en réalité un 7ème danseur empêché par une blessure), je suis sorti ébloui, ému même de ce spectacle.
A quelques jours d’un Festival (#FestivalRF17) qui me laissera peu de temps pour nourrir ce blog, j’entame une série, un feuilleton, pour cet été. Mes disques préférés, quelques souvenirs marquants, des lectures à conseiller, en rapport le plus souvent avec les artistes invités de cette édition 2017. Choix personnels, assumés, non exhaustifs, dictés par la seule passion de la musique et de ces musiciens.
Premier de la liste – ce qui ne préjuge en rien de l’ordre de mes préférences ! -, le pianiste turc Fazil Say.
Découvert au Festival il y a une vingtaine d’années, invité dès 2002 à Liège – un ébouriffant 2ème concerto pour piano de Saint-Saëns . Depuis lors, un compagnonnage jamais interrompu.
Déjà dans Alla turca, je disais mon admiration pour une intégrale où j’ai l’impression d’entendre Mozartlui-même au piano
Auto-citation : Alain Lompech a fait une critique enthousiaste dans Diapason mais, à lire les nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, la vision de Mozart de Fazil Say est loin de faire l’unanimité. Comme s’il y avait une norme, des règles, qui définissent ce que doit être l’interprétation de ce corpus pianistique. J’ai acheté ce coffret, intrigué par la polémique qu’il a suscitée. Ce n’est jamais un Mozart extravagant ou déjanté, encore moins vulgaire ou anachronique. Comme Lompech, j’entends une approche d’une fraîcheur bienfaisante, comme celle d’un explorateur qui s’émerveille devant ce qu’il découvre, même si le cadre formel des sonates de Mozart est nettement plus contraint, « classique » que celles de Haydn. De surcroît, Say rompt avec le classement chronologique, et s’appuie sur les proximités de tonalité.
Un coffret peu orthodoxe certes, mais tellement revigorant dans un paysage musical où l’uniformité tend trop souvent à gommer les vraies personnalités.
Mais ne me demandez pas de choisir dans la discographie de Fazil Say. Rien n’est indifférent, conforme.
Il n’aura échappé à personne que la séquence politique que nous avons traversée, en France mais pas seulement, ces douze derniers mois, n’était inscrite dans aucun scénario. Et si rien n’était joué ?écrivais-je le 6 septembre 2016…
Je viens de terminer deux bouquins qui, à défaut d’expliquer, éclairent le quinquennat écoulé et l’émergence du phénomène Macron.
» C’est l’histoire d’un grand basculement. Elle met en scène des ambitions peu communes et des trahisons d’une qualité rare. Elle raconte à la fois un échec sans précédent, puisque soldé par un renoncement lui aussi inédit, et une conquête d’une audace incroyable, puisque partie de rien, si ce n’est des rêves d’un jeune homme à l’appétit carnassier. Emmanuel Macron est l’enfant du règne. Le double et le contraire. L’héritier et l’inverse. Qui dit mieux, au moins dans la conquête ? Celle-ci n’a pas été le fruit d’une improvisation. Elle vient de loin. Ella a été préméditée. C’est en cela que le crime fut parfait. La victime et l’assassin l’ont souvent admis, à l’heure des confidences. Tout cela a été fait « avec méthode’, comme l’a dit un jour l’ancien président. Et maintenant ? Personne ne saura jamais ce que pensaient vraiment Emmanuel Macron et François Hollande lorsque, un matin de la mi-mai 2017, à l’Élysée, l’un est devenu retraité et l’autre président. On fera ici l’hypothèse qui en vaut bien d’autres qu’ensemble, fût-ce un bref instant, ils se sont remémoré cette histoire de cinq ans qu’ils ont vécue côte à côte, chacun à sa façon, et qu’il s’agit de raconter à présent dans sa totalité parce qu’on n’en reverra pas de sitôt de plus ébouriffante. «
« Il remonte de son interview au pas de charge. Sautillant. Soulagé. Presque heureux. Il a réussi sa sortie. Il vient de rentrer dans sa pyramide. Enfermé vivant. Le prix à payer pour en finir avec cet insupportable pression : même lui n y a pas résisté. » Entre Manuel Valls, dont la colère et les chantages l’épuisent, Valérie Trierweiler, dont les SMS ne cessent pas, les visiteurs du soir qui se succèdent, les conseillers qui se font la guerre, et Macron l’enfant gâté, les 100 derniers jours de François Hollande n’ont pas été moins agités que le reste de son quinquennat. Avec un sens savoureux de la formule, Françoise Degois dresse un portrait inédit, aussi truculent qu attachant, du « président normal chez qui il n’y a rien de normal ». Fine connaisseuse des arcanes du pouvoir, elle nous fait vivre jour après jour les coulisses de la campagne présidentielle la plus inattendue de la Ve République. »
Pour reprendre l’expression de François Bazin, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, rien ne se passe non plus comme prévu… par ceux qui faisaient métier de tout prévoir ! Et ce n’est pas la moindre des originalités du nouveau président que de prendre tout le monde à contre-pied et de s’inviter là où et quand on ne l’attend pas…
Message personnel pour Jean-Pierre Raffarin qui a annoncé, à la surprise générale, son retrait de la vie politique élective. Il avait 28 ans, j’en avais tout juste 21 ans, nous étions candidats aux élections municipales de 1977 à Poitiers sur une liste menée par le centriste Jacques Grandon. Nous fûmes battus, de peu, par une liste socialiste et communiste. « Raff » garda toujours ses racines politiques dans son Poitou natal, je le revis plus tard ministre du commerce et des PME de Chirac Premier ministre puis lui-même Premier ministre de Chirac Président. Dans son cas, retrait ne veut pas dire retraite !
Et puisque j’écris ce billet à Montpellier, une nouvelle qui a surpris tout le monde, la disparition, le jour de son 74ème anniversaire, d’une figure très populaire de la vie locale et du football, Louis Nicollin
Tout a été dit, écrit, sur Brigitte – pardon, je ne parle pas de l’épouse très médiatique du nouveau président de la République, que je n’ai pas l’heur de connaître, mais d’une amie chère disparue il y a cinq ans, le 23 juin 2012, à la veille de son soixantième anniversaire, la pianiste Brigitte Engerer. Le temps passe mais n’atténue ni la tristesse ni le regret. J’ai l’impression que la Nuit du piano que nous avions organisée à la Salle Philharmonique de Liège, et confiée à Brigitte Engerer, à l’automne 2010, c’était hier. Tant sont vivaces chacun des moments de pure grâce que la pianiste française et ses partenaires nous avaient prodigués.
Et pourtant Brigitte affrontait déjà la maladie à répétition qui allait l’emporter quelques mois plus tard. Mais elle semblait s’en moquer, se refusant à modérer un goût prononcé pour la cigarette, le bon vin et le jeu (je lui avais naguère fait découvrir le casino tout proche dans la station thermale de Valkenburg).
Brigitte était chez elle à Liège depuis son prix au concours Reine Elisabeth de Belgique en 1978. Je l’admirais, la connaissais de loin, avant d’arriver à la direction de l’orchestre philharmonique de Liège puis ce furent douze ans de compagnonnage ininterrompu. En 2003, elle fut la reine du festival de mi-saison « Piano Roi », un 1er concerto de Tchaikovski à couper le souffle. En 2006 elle jouait le quintette avec piano de Chostakovitch avec le quatuor Danel, en 2009 c’était Saint-Saëns à Anvers, et cette incroyable Nuit du piano d’octobre 2010 à Liège. Comme cette Valse de Ravel, âpre et sensuelle, avec l’immense Nicholas Angelich
Elle tenait à jouer le 1er concerto de Brahms en novembre 2012 avec Christian Arming, qui venait de prendre ses fonctions de directeur musical de l’OPRL. La rencontre n’aura jamais lieu…
J’aurai encore une pensée pour Brigitte Engerer en entendant son inséparable partenaire des dernières années, le 20 juillet prochain au Festival Radio France, Boris Berezovsky
Rappel non exhaustif d’une discographie qui reflète la générosité, le tempérament, le grand art d’une personnalité qui nous manque…
Jeudi dernier, j’étais l’invité de midi de France Bleu Héraultet de ses très sympathiques animateurs Agnès Mullor et Hervé Carrasco.
Nous n’avons pas vraiment donné dans la mélancolie ni le sérieux de circonstance. Finalement c’est comme ça que j’aime (qu’on devrait toujours ?) parler de musique.
Sans me prévenir, mes interlocuteurs avaient préparé un petit quizz musical. Je m’attendais, à tort, à quelques pièges.
Je ne sais qui leur a inspiré le choix des extraits, mais ce fut un bonheur d’évoquer les artistes et les concerts qu’ils avaient choisis, tous évidemment programmés dans le tout proche Festival Radio France
D’abord, reconnue dès les premières notes, la Troisième symphonie de Mahler (programmée le 16 juillet avec l’Orchestre des Jeunes de Catalogne – JONC). Puis, avec une émotion toujours renouvelée, la merveilleuse Isabelle Georgeschantant Bei mir bist du shein,qui propose, le 17 juillet, un programme original intitulé Happy End avec le pianiste Frederik Steenbrink.
Enfin, le début du concerto en ré mineur de Bach, j’ai (bien) supposé qu’il pouvait s’agir de Justin Taylor– un récital programmé le 24 juillet à 12h30.
L’an dernier, je titrais Fête ou défaite de la musique ?Extrait : « …la dimension festive de la musique…tient justement à ce qu’on la découvre, l’entend, l’aime dans la réalité des sons produits, dans la ferveur et la joie de ses interprètes amateurs ou non. Pas dans la déformation artificielle d’un son saturé »
Sur Facebook hier j’écrivais ceci, qui n’a pas laissé sans réaction :
La Fête de la Musique ça rend sourd ?
J’ai mauvais esprit, c’est évident, mais comment prendre cet avertissement dans un document vantant la Fête de la Musique à Montpellier : « la Fête de la Musique est l’occasion de s’amuser et de faire la fête. C’est pourquoi il est important de se protéger à l’aide de protections auditives (sic) ». Et on rajoute : » La musique doit être un plaisir durable et nepas détériorer notre audition« . On allait le dire !
Question bête : pourquoi ne pas réduire (un peu, un peu plus même) le nombre de décibels envoyés dans les tympans des pauvres auditeurs (et de tous les autres alentour d’ailleurs) ?
J’en conviens, tout cela fait un peu vieux ronchon rabat-joie, mais ce n’est pas d’hier que je refuse la dictature des décibels, qui est tout sauf musique ! Quand on en est à distribuer des protections auditives, qu’on m’explique où est le plaisir du partage, d’une vibration en commun ?
Ma fête de la Musique, je l’ai vécue en deux épisodes, sans protection d’aucune sorte, jouissant pleinement des sonorités des instruments joués devant moi.
Lundi soir, cruel dilemme : des amis chers se produisant, au même moment, dans deux lieux différents. Tedi Papavrami et Nelson Goerner au théâtre des Bouffes du Nord
et Michel Dalbertoà la Salle Gaveau. J’avais promis à ce dernier d’y être, et je n’ai pas regretté, comme des centaines d’autres, d’avoir affronté la canicule naissante pour assister à un récital magnifiquement construit… et réalisé.
En ouverture la sonate « Clairde lune » de Beethoven, suivie du Prélude, choral et fuguede Franck– une rumeur insistante annonce un enregistrement prochain du piano de Franck par Michel Dalberto dans un lieu qui m’est très familier -, puis après l’entracte la Ballade (sans orchestre) et le 6ème Nocturne de Fauré.
Après une Appassionata souveraine, fiévreuse, extrême, Michel Dalberto refermait cette magistrale leçon de grand piano avec sa transcription de Morgende Richard Strauss.