Festival d’orchestres (III) : Cincinnati/Järvi, Londres/Jurowski

Paavo Järvi (lire La famille Järvi) a précédé Louis Langrée à la direction musicale de l’Orchestre symphonique de Cincinnati pendant dix ans, de 2001 à 2011.

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Il y a enregistré une très belle série de disques, aux programmes plus originaux que le mainstream de la production américaine. Pour le label Telarc qui a malheureusement disparu, en 2009, comme producteur classique indépendant, réputé pour ses prises de son. Il était devenu difficile, sauf dans certains magasins ou certains sites spécialisés, de trouver les disques de l’orchestre.

Un généreux coffret de 16 CD nous permet de retrouver l’intégralité des enregistrements de Paavo Järvi à Cincinnati (on signale une offre très intéressante sur jpc.de … à moins de 33 € !)

714jbCFTHBL._SL1000_(Détails du coffret ici : Järvi à Cincinnati)

Ce sont aussi 10 ans de collaboration que célèbre un coffret de 7 CD qui vient de paraître (de nouveau les prix sont très variables d’un pays à l’autre, du simple au double ! on recommande amazon.de

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Cela fait dix ans en effet qu’un autre grand chef, comme Paavo Järvi inscrit dans une illustre lignée, Vladimir Jurowski, est le patron assez peu orthodoxe du London Philharmonic.

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L’intérêt de ce coffret, c’est qu’au lieu de compiler une discographie déjà bien fournie, essentiellement Tchaikovski, Rachmaninov, mais aussi les symphonies de Brahms (que j’avais beaucoup aimées), il ne propose que des inédits qui illustrent la variété des répertoires qu’aborde le jeune chef russe avec son orchestre londonien.

Deux coffrets, deux belles illustrations de ce que donne une collaboration artistique au plus haut niveau entre un orchestre et son chef.

Et puisque j’évoque Cincinnati – souvenir encore vif de leurs concerts à la Seine Musicale début septembre : La fête de l’orchestre -, un salut amical à celui qui préside aux destinées de cette belle phalange américaine depuis 2013, Louis Langrée, et cette vidéo qui m’avait échappé. Et comme l’impression que ce devait être la création en Amérique de l’Hymne à la justice d’Albéric Magnard ?

Le grand Prêtre

Je l’avais annoncé dans mon billet Festival d’orchestresmais, anniversaires obligent (Orchestre de ParisBarenboim 75), j’ai différé de quelques jours l’hommage que je veux rendre à un chef sur qui j’ai eu des avis contrastés, Georges Prêtre (lire Série noire).

En effet, Sony/RCA sort un coffret annoncé, à tort, comme comprenant l’intégrale des enregistrements du chef français sous étiquette RCA.

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Il manque à ce coffret une formidable version de la Symphonie en ut de Bizet, captée à Bamberg.

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Mais pour le reste, à côté de deux opéras souvent réédités – pour moi l’une des plus belles versions de Traviata avec la jeune Montserrat Caballéet une Lucia di Lammermoor vénéneuse avec Anna Moffo – d’authentiques découvertes.

J’ignorais que Georges Prêtre eût enregistré des symphonies de Sibelius – le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est très à l’aise et convaincant dans un univers sonore très éloigné de son coeur de répertoire, aussi bien dans la 2ème que la 5ème symphonie et dans un poème symphonique qui a résisté à plus d’une baguette Chevauchée nocturne et Lever de soleil

A écouter Also sprach Zarathustra, on regrette que Prêtre – qui a dirigé la création française de Capriccio à l’Opéra de Paris en 1964 avec Elisabeth Schwarzkopf – n’ait pas enregistré plus de Richard StraussRelever aussi un magnifique 3ème concerto de Rachmaninov par un Alexis Weissenberg à son meilleur – en 1967 – bien préférable à la version ultérieure avec Bernstein et l’Orchestre national. Et un récital plus anecdotique de la grande Shirley Verrett. L’occasion aussi de retrouver un grand violoniste italien un peu négligé chez nous, Uto Ughi, dans Bruch et Mendelssohn.

Mais il était impensable de ne pas retrouver Georges Prêtre dans de la musique française (malgré l’oubli du CD Bizet). Un doublé Berlioz, Harold en Italie et la Symphonie fantastique captés à Boston, sur les traces de Charles Munch.

Un coffret qui rend mieux justice à l’art polymorphe du chef décédé au début de cette année, et qui complète celui, plus fourre-tout, que Warner lui avait consacré: Georges Prêtre 1924-2017

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Octobre en novembre, la Révolution

Les médias généralistes en ont brièvement parlé hier, sans expliquer pourquoi on commémore la Révolution d’octobre… en novembre !

La deuxième phase de la Révolution russe, la prise de pouvoir – le coup d’Etat – par Lenine et les bolcheviks, a lieu le 25 octobre 1917,  c’est-à-dire dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 ! La Russie, qui n’est pas encore l’URSS, vit encore sous le calendrier julien, qui était celui des églises orthodoxes, et n’adoptera le calendrier grégorien qu’en 1918.

Ce centenaire d’un événement qui a changé le cours d’une grande partie du monde, durant près d’un siècle, fait l’objet d’une étrange pudeur, en Russie d’abord. Comme si le passif – la dictature, le crime de masse – avait définitivement submergé l’élan novateur, idéaliste, des premiers révolutionnaires.

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Ainsi France 2 a-t-elle choisi de rediffuser la série documentaire – au demeurant excellente – Apocalypse Staline à l’occasion du centenaire de la Révolution d’octobre !

Lorsque j’ai choisi pour l’édition 2017 du Festival Radio France (#FestivalRF17le thème des Révolution(s), centré essentiellement sur la Révolution d’octobre, j’ai éprouvé un certain sentiment de solitude, voire d’incompréhension. Le public et les auditeurs de France Culture (Rencontres de Pétrarque) et de France Musique ont, quant à eux, approuvé largement ce choix, comme ils ont pu découvrir quantité d’oeuvres, d’interprètes qui leur ont révélé l’incroyable foisonnement créatif issu de la Révolution (Octobre Prokofiev)

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Les oeuvres commémoratives ne sont pas toujours les meilleures de leurs auteurs. Celles que Prokofiev et Chostakovitch ont consacrées à la commémoration de la Révolution d’octobre n’échappent pas à cette règle, mais à bien les écouter, on entend, on perçoit la désillusion, l’ironie, le poids d’une histoire et d’un système qui a dénaturé l’élan initial.

Chostakovitch, plus encore que Prokofiev, illustre cette terrible ambiguïté. D’abord avec sa 2ème symphonie, dédiée « à Octobre« , expérimentale, brève, avec une intervention chorale, écrite en 1927 (Chostakovitch n’a que 21 ans !)

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Il remet cela beaucoup plus tard, en 1961, avec sa 12ème symphonie, sous-titrée L’année 1917 (donnée le 17 juillet dernier à Montpellier par Andris Poga et l’orchestre national du Capitole de Toulouse)

Enfin, en 1967, pour le cinquantenaire de la Révolution, il écrit ce poème symphonique  Octobre plus sombre que triomphal

 

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Quant à la « cantate » que Prokofiev écrit en vue de la célébration du 20ème anniversaire d’Octobre, au plus noir des purges staliniennes, en 1937, on sait ce qu’il en advint : elle ne fut créée qu’en mai 1966, treize ans après la mort – le même jour ! – du compositeur et de Staline !

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On ne peut manquer d’évoquer aussi le chef-d’oeuvre d’Eisenstein, Octobre, qu’il faut voir et revoir, tant le génie de l’un des plus grands cinéastes du XXème siècle y éclate à chaque plan.

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Le sesquicentenaire oublié

Cherchez bien son nom dans les programmes de concerts, dans les saisons symphoniques, voire dans les bacs des disquaires. Absent, oublié, inconnu…

C’est pourtant l’un des compositeurs français les plus originaux, les plus admirés de ses contemporains : Charles Koechlin (prononcer Ké-klin), né le 27 novembre 1867, mort le 31 décembre 1950, n’a jamais eu la renommée de Ravel, Roussel, Fauré, Debussy, alors que ces deux derniers, admiratifs de sa science de l’orchestre; lui avaient confié l’orchestration de certaines de leurs oeuvres (Pelléas et MélisandeKhamma)

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Pourquoi cet oubli, cette ignorance ? notamment de la part de chefs  qui ont tant fait pour la musique française, Plasson, Cluytens..

Musique trop sophistiquée, pas assez « mélodique » pour qu’on la retienne facilement ?

Le salut est venu de chefs étrangers qui ont commencé à combler un vide discographique incompréhensible,  Antal Dorati, James Judd, David Zinman.

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Mais c’est surtout à l’immense musicien, compositeur et hautboïste suisse, Heinz Holligerqu’on doit une véritable entreprise de réhabilitation de Charles Koechlin avec une formidable anthologie orchestrale, gravée en une dizaine d’années avec l’orchestre de la radio de Stuttgart (SWR), rééditée en coffret super-économique.

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Tout est à écouter, à découvrir, parfois s’y reprendre à plusieurs fois – l’Offrande musicale est d’une austérité qui peut décontenancer à la première audition ! – les mélodies (avec Juliane Banse) sont de pures merveilles

L’oeuvre pour piano et la musique de chambre de Koechlin sont tout aussi passionnantes

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Laissez-vous aller à égrener Les Heures persanes dans leur version piano puis orchestre…

Une famille formidable

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C’est un peu notre grand-mère à tous qui s’en est allée cette nuit. La doyenne des comédiens français (et des Comédiens-Français !), Gisèle Casadesus est morte à l’âge de 103 ans, nous l’aimions bien cette délicieuse vieille dame à l’élégance si naturelle.

Je ne l’ai pas connue directement, mais je connais bien plusieurs membres de cette immense famille, au patronyme renommé depuis des générations, les Casadesus.

Commençons par les descendants directs de la défunte :

nee-en-14_article_landscape_pm_v8(Photo de famille prise à l’occasion du centième anniversaire de Gisèle Casadesus)

Le plus célèbre des quatre enfants de Gisèle est – à droite sur la photo – Jean-Claude Casadesus, l’âme et le patron incontesté de l’Orchestre National de Lille durant quarante ans.

Quelques souvenirs récents avec cet éternel jeune homme, un beau concert à Montpellier en juillet 2014 (Inextinguible); quelques mois plus tard à mon invitation il dirigeait l’Orchestre National de France pour le Grand Echiquier spécial d’hommage à Jacques Chancel en janvier 2015. Et encore à des concerts d’autres orchestres et d’autres chefs, où je le vois parfois accompagné par son jeune frère compositeur Dominique Probst (à gauche sur la photo de famille)

Je n’oublie pas l’inauguration en janvier 2013 de la toute nouvelle salle du Nouveau Siècle à Lille, un projet porté à bout de bras par J.C. Casadesus, et un programme qui donnait à entendre La Voix humaine de Poulenc, interprétée – on restait en famille – par la fille du chef, Caroline Casadesus ! Qui, elle-même, a été mariée avec le violoniste de jazz Didier Lockwood.

Comme par hasard, les deux fils de Caroline sont aussi musiciens, tombés dès leur plus jeune âge dans le bain du jazz (influence du beau-père Didier Lockwood ?) et du classique. Je me rappelle très bien le choc éprouvé un dimanche matin dans Thé ou caféil y a une petite dizaine d’années, à découvrir Thomas et David Enhco, l’un au piano, l’autre à la trompette. Depuis, nos chemins n’ont cessé de se croiser, et ils font honneur à la dynastie familiale (lire Musique sans protection).

D’une autre branche des Casadesus, on connaît bien sûr les pianistes Robert, Gaby (sa femme), et Jean (leur fils). J’ai raconté comment j’avais eu l’honneur de connaître Gaby Casadesus (Tout sur Robert). Le legs discographique de ces pianistes magnifiques est heureusement réédité (même si ce coffret n’est pas exhaustif)

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Autres figures musicales illustres de la famille : Marius, fils du patriarche Luis, et oncle de Gisèle et Robert, génial faussaire, qui a fini par avouer, en 1977, être le véritable auteur d’un concerto pour violon attribué à …Mozart, qu’il disait avoir redécouvert en 1931.

Marius a eu un fils, Gréco Casadesus, avec qui j’ai été en contact dans une circonstance bien particulière.

Pour célébrer les 50 ans de la fondation officielle en 1960 de l’Orchestre de Liège – devenu Orchestre philharmonique royal de Liège – j’avais imaginé, avec la complicité de l’éditeur Cypresde rééditer en 2010 la totalité des enregistrements commerciaux réalisés par l’orchestre des années 60 à 2009. Un coffret de 50 CD (vendu 50 €). Il fallait évidemment l’accord des interprètes eux-mêmes, des différents labels, et de leurs directeurs artistiques. Il se trouve que les premiers disques commerciaux de l’Orchestre furent enregistrés sous la baguette de Paul Straussen 1972/73, pour EMI/Pathé-Marconi qui cherchait à se développer en dehors de l’Hexagone : le directeur artistique qui réalisait là ses tout premiers enregistrements était un jeune homme de 22 ans, Gréco Casadesus, avec qui j’ai correspondu et qui, pour le livret du coffret-anniversaire, avait bien voulu livrer quelques souvenirs émouvants.

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On n’a pas fini de fréquenter cette grande famille d’artistes, qu’on salue affectueusement au moment où leur doyenne les quitte…

Le génie de Genia (II)

Quatre mois après un premier coffret paré d’argent, paraît la suite, tant attendue, du projet discographique sans doute le plus considérable de l’histoire du disque : une anthologie quasi exhaustive de la musique symphonique russe par un géant de la direction d’orchestre, Evgueni Svetlanov (lire Le génie de Genia).

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Le premier coffret couvrait tous les compositeurs du XIXème siècle de Glinka à Liapounov et comportait relativement peu d’inédits, la plupart de ces enregistrements avaient été édités en CD, sous différentes étiquettes ou labels.

On retrouve ici des Rachmaninov, Scriabine d’anthologie, portés par un souffle immense, une intégrale d’un compositeur certes prolifique et inégal, mais bien négligé en Occident, Glazounov (mort à Neuilly en 1936 !).

Mais ce second coffret révèle bien des surprises : trois CD consacrés au très médiocre mais inamovible secrétaire de l’Union des compositeurs soviétiques (de 1948 à 1991 !) Tikhon Khrennikovtrois au contestable et pas toujours inspiré Rodion Chtchedrine (six lettres en russe, Щедрин, onze en français !), époux à la ville de la célèbre danseuse Maia Plisstetskaia, disparue en 2015. Mais de grands absents, quasiment rien de Prokofiev, Khatchaturian, Weinberg ou Glière, quelques symphonies de Chostakovitch, rien de Schnittke, Gubaidulina, Denisov, en revanche une superbe anthologie, très remarquée à sa sortie, des symphonies de MiaskovskiIncompréhensible l’absence des propres compositions orchestrales de Svetlanov, qui, pour n’être pas touchées par le génie, ne sont pas inécoutables, loin de là. Pudeur de l’éditeur, des proches du chef ?

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Evidemment, ce coffret comme le premier (ou ceux que Melodia a consacrés à Richter et Gilels) n’est pas bon marché, mais les différences de prix entre les pays sont incompréhensibles : 455 € sur le site français d’Amazon315 € lorsque je l’ai commandé, maintenant à 345 € (110 € de moins !) sur le site italien du même distributeur.

Détails du coffret sur bestofclassic.skynetblogs.be

On consacrera ultérieurement des chroniques à certains des compositeurs, connus ou inconnus, à certains des solistes aussi, présents dans ce coffret (comme le tout jeune Vadim Repin, interprète de luxe des concertos de Khrennikov !)

Des nuances de noir et blanc

D’abord ce beau coffret commandé avant les vacances, arrivé le jour de mon retour, et depuis dégusté à petites doses, comme des retrouvailles avec quelqu’un qu’on avait un peu perdu de vue ou d’oreille.

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Faut-il rappeler qui est Rudolf Serkin ? Peut-être pas le plus grand pianiste, si l’on s’en tient à des critères techniques, mais l’un des musiciens les plus emblématiques du XXème siècle. Sa vie, ses origines, sa destinée épousent tous les cahots, les horreurs comme les lumières d’un siècle qui ne fut pas avare de fortes personnalités.

On redécouvre, dans ce coffret, dans un son largement amélioré, d’immortelles gravures de Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms, et, plus rares, Bartok (1er concerto), Prokofiev (4ème concerto), Reger, Chopin (Préludes), et ces trésors de musique partagés à Marlboro avec les BuschCasals, Schneider, Fleisher et tant d’autres.

Voir détails de ce coffret ici : Rudolf Serkin complete Columbia recordings

Decca honore, pour son 80ème anniversaire, l’un de ses artistes maison, stakhanoviste de l’enregistrement tant comme pianiste que comme chef : Vladimir Ashkenazy

 

71KYkoPzRUL._SL1200_Dans le dernier numéro de Gramophone le pianiste est évoqué, par euphémisme, comme « peu soucieux de couleurs ». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites..  Virtuose certes, chez lui dans Rachmaninov ou Prokofiev, avare de poésie et de fantaisie dans le répertoire romantique (Beethoven, Brahms, Schumann, Chopin), je n’ai jamais accroché à Ashkenazy pianiste, surtout lorsqu’il est enregistré dans des acoustiques de salle de bain ou sur des pianos ferraillants qui durcissent un jeu qui n’est déjà pas très varié. J’ai toujours trouvé mieux, plus intéressant, plus idiomatique ailleurs.

Ashkenazy chef d’orchestre est souvent beaucoup plus pertinent que le pianiste. Decca serait bien inspiré (c’est peut-être prévu ?) de regrouper ses gravures comme chef, dans son répertoire natif (somptueux Rachmaninov avec le Concertgebouw) mais aussi dans des registres plus surprenants (Sibelius, Richard Strauss, Mahler…)