Je l’annonçais dans mon billet du 3 avril dernier (Pavés de printemps). Dix ans après sa disparition, Warner poursuit la réédition des enregistrements réalisés jadis pour Teldec par Nikolaus Harnoncourt, avec cette fois la série souvent étonnante des captations amstellodamoises avec l’orchestre Royal du Concertgebouw

NIKOLAUS HARNONCOURT
ROYAL CONCERTGEBOUW ORCHESTRA
The Complete Teldec Recordings
42 CD
CD 1-7 MOZART / Symphonies 25 à 41
CD 8 MOZART / Concerto 2 pianos (Gulda, Corea) / COREA Fantasy for 2 pianos / GULDA Ping Pong for 2 pianos
CD 9 MOZART / Concertos 23 et 26 (Gulda)
CD 10-12 MOZART / Cost fan tutte (Margiono, Ziegler, Van der Walt, Cachemaille, Hampson)
CD 13-15 MOZART / Don Giovanni (Hampson, Gruberova, Alexander, Bonney, Blochwitz, Holl)
CD 16-18 MOZART / Les noces de Figaro (Hampson, Margiono, Bonney, Scharinger, Lang, Murray, Holl, Langridge)
CD 19 MOZART / Thamos roi d’Egypte (Thomaschke, Perry, Mühle)
CD 20 SALIERI / Prima la Musica, MOZART / Der Schauspieldirektor
CD 21-26 HAYDN / Symphonies 93-104 « Londoniennes »
CD 27-30 SCHUBERT / Symphonies + Ouvertures dans le style italien
CD 31 Johann STRAUSS / Valses et polkas
CD 32-33 Johann STRAUSS / La Chauve-Souris (Gruberova, Bonney, Hollweg, Protschka, Scharinger, Lipovsek, Kmentt)
CD 34-35 BRUCKNER / Symphonies 3 et 4
CD 36-37 BRAHMS / Concertos pour piano (Buchbinder)
CD 38 BRAHMS / Concerto violon (Kremer), Double concerto (Kremer, Hagen)
CD 39-42 DVORAK / Symphonies 7,8,9, Concerto piano (Aimard), poèmes symphoniques (Le rouet d’or, l’Ondin, la sorcière de midi, la Colombe des bois)
Comme je l’avais remarqué pour la réédition précédente (avec l’Orchestre de chambre d’Europe), il est intéressant de réévaluer le legs de Nikolaus Harnoncourt. Surtout ici avec un orchestre solidement ancré dans ses traditions, cette sonorité si spécifique (et si bien enregistrée pendant des décennies par les micros de Philips.
Au fil du coffret, je me suis amusé à réécouter des éléments que je n’avais plus écoutés depuis longtemps, comme par exemple cette rencontre qu’on imaginait fébrile avec Friedrich Gulda… avec la surprise d’entendre un Mozart certes creusé, mais d’une sagesse inattendue.
De même, pour les deux symphonies de Bruckner gravées à Amsterdam, où domine l’impression que le souci du détail l’emporte sur l’élan, la plasticité du discours.
Quant aux deux concertos de Brahms avec Rudolf Buchbinder, qui n’avaient déjà pas été bien accueillis par la critique, ils sont, à distance, moins écoutables que jamais : le début et tout le premier mouvement du 1er concerto est une caricature. Plus lent, plus lourd, tu meurs !
En revanche, il vaut le coup de redécouvrir les symphonies et poèmes symphoniques de Dvořák qu’on n’attend pas sous la baguette d’Harnoncourt. Ne surtout pas s’aventurer à comparer aux traditionnelles références tchèques, mais écouter le traitement en profondeur de partitions dont le chef autrichien révèle des couleurs et des saveurs souvent cachées.
Le plus important en volume de ce coffret ce sont ces Mozart, symphonies et opéras, qu’Harnoncourt a souvent remis sur le métier. Et c’est probablement là qu’on retrouve ce qui a pu séduire en même temps qu’agacer dans l’art du chef. J’ai été alors plus souvent agacé que séduit (en raison de mauvaises expériences au concert). En réécoutant ce corpus, je suis assez bluffé par les trouvailles d’articulation, de phrasé, des tempi qui naguère surprenaient.
Mais dans Johann Strauss, il manque vraiment le charme et l’élan, le sourire, l’humour, le sens du théâtre, qui sont bien absents dans cette bien sérieuse Chauve-Souris
Un mot encore des symphonies de Schubert, où se concentrent tous les « excès » du chef, comme dans ce finale de la 6e symphonie déjà évoqué dans cet article : Une affaire de tempo
Et vraiment juste pour s’amuser: le même finale par Lorin Maazel dans une intégrale super speedy
Et toujours humeurs et bonheurs du temps dans mes brèves de blog




















