Les Allemands contraires

J’ai raconté dans une de mes récentes brèves de blog (Apprentis chefs) ma participation au jury parisien de présélection des candidats au concours international de chefs d’orchestre qu’organise mon ami George Pehlivanian. Première salve vendredi dernier, et seconde hier après-midi toujours dans une salle de l’Ecole normale de Musique de Paris, avec des températures qu’on peut imaginer. J’avais déjà noté la formidable qualité des deux pianistes, David et Manuel, qui ont dû jouer pas loin d’une trentaine de fois des extraits de la 1e symphonie de Brahms dans sa version à deux pianos, et répondre aux indications de ceux qui sur le podium devaient se représenter tout un orchestre devant eux. Avec des bonheurs très variés !

Ce n’est qu’hier qu’ils m’ont signalé constituer le Geister Duo, dont j’avais évidemment entendu parler, mais jamais rencontré.. d’aussi près et d’aussi bien !

Les frères sérieux ou les anti-Labèque

C’est au cours d’une brève pause, justement à propos de Brahms, que j’ai évoqué avec David et Manuel un coffret reçu il y a quelques jours, et dont j’ai commencé par écouter les Danses hongroises... de Brahms.

Alois et Alfons Kontarsky ont longtemps été le seul duo pianistique du label jaune. Et cette réédition est intéressante, ne serait-ce que pour la partie d’oeuvres contemporaines dont ils ont été les créateurs et/ou dédicatoires. Mais dans le répertoire classique, mon Dieu que c’est raide et sérieux !

Je sais maintenant pourquoi je n’ai jamais eu dans ma discothèque leur version des Danses hongroises de Brahms !

Nul besoin d’être un expert ou un critique pour comparer avec deux autres versions françaises.

A propos de ce formidable duo, lire Les années Béroff.

Le centenaire Tennstedt

C’est Christian Merlin qui pour France Musique a le mieux cerné la personnalité d’un chef allemand – Klaus Tennstedt (1926-1998)- dont Warner célèbre le centenaire de la naissance par un coffret qui regroupe les enregistrements de studio.

« L’Allemand Klaus Tennstedt (1926-1998) fut une figure très singulière d’anti-maestro, hypersensible et complexé, qui serait resté un obscur second, relégué dans la province est-allemande, si les Etats-Unis et l’Angleterre n’avaient fait de lui une star, dont l’émotion était l’alpha et l’oméga »

« A Londres, les musiciens et le public l’adulent littéralement, aimant son approche émotionnelle de la musique. Mais ce grand fumeur et buveur, doublé d’un angoissé chronique, ne se ménage pas, et le paie en 1985 d’un cancer de la gorge dont il se remet, avant de connaître toute sorte d’autres déboires de santé qui l’éloigneront progressivement de la scène » (Christian Merlin, France Musique)

Plus qu’aucun autre sans doute, c’est le concert, le « live » qui révèle le talent de ce chef.



Il y a quelques belles surprises dans ce coffret Warner – outre une intégrale Mahler déjà multi-rééditée – comme cette 8e symphonie de Bruckner que je ne connaissais pas.



Je recommande aussi chaleureusement ce coffret publié il y a une dizaine d’années :

Pourquoi devient-on chef d’orchestre ?

Il y a un an, je posais déjà la question (lire La vie des chefs) : Pourquoi devient-on chef d’orchestre ?

Je me la pose de nouveau ces jours-ci. J’ai accepté à la demande de George Pehlivanian (lire Apprentis chefs) de l’accompagner dans les séances parisiennes de pré-sélection du concours international de chefs d’orchestre (Pehlivanian Conducting Competition for talented conductors) qu’il organise l’automne prochain en Slovénie. Nous avons déjà fait une première série d’auditions vendredi dernier, à l’Ecole normale de Musique de Paris, nous les poursuivons mercredi prochain.

J’ai eu la chance – car c’en est une ! – d’être plusieurs fois juré de grands concours, dont deux fois, en 1992 et 1995, du Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon. Vendredi j’ai eu l’impression de revivre ces moments contrastés des épreuves « éliminatoires » – quel terme horrible quand on y pense ! -.

Je ne vais évidemment faire aucun commentaire sur les candidat(e)s que nous avons entendus, mais le constat s’impose aujourd’hui comme naguère. Il ne faut que quelques secondes pour savoir si celui ou celle qui se présente devant vous est ou n’est pas chef d’orchestre. On a, bien sûr, comme dans tout jury, une grille de lecture, de notation, d’appréciation des divers éléments qui constituent la prestation du candidat, mais il y a une évidence qui s’impose, une présence, un charisme, appelons cela comme on veut. Un constat aussi: on ne fait pas semblant d’être chef sauf devant son miroir !

J’assistais hier, dans ma commune, à un superbe concert de l’ensemble vocal de la Maîtrise de Paris dirigé par un authentique jeune chef, Pierre-Louis de Laporte, que j’ai pu filmer quelques secondes de face. (photos et brève video à voir ici). Chacun a une technique, une gestique, qui lui sont propres, mais d’évidence ici le chef sait ce qu’il fait, pourquoi il le fait, et il obtient surtout le résultat musical qu’il souhaite. Et il a une qualité qui, étrangement, n’est pas partagée par tous – euphémisme ! – il regarde ses musiciens.

Pourquoi pas moi ?

C’est une question qui est souvent revenue, en général dans les discussions d’après-concert, quand des chefs que j’admirais, dont j’étais parfois devenu l’ami, me demandaient, mi-sérieux, mi-amusés, « pourquoi pas toi » ? Je ne dis pas qu’il ne m’est jamais arrivé de vouloir prendre la place de celui que je voyais s’agiter sur le podium. Une fois même, un chef belge – qui se reconnaîtra – connaissant mes affinités avec la musique viennoise, m’avait plus que suggéré, invité à diriger son ensemble orchestral. Etant en charge de la direction générale et artistique d’un orchestre professionnel, je m’étais toujours intérdit, si tant est que j’en aie eu l’opportunité ou le talent, de produire une quelconque prestation personnelle. Aujourd’hui il est trop tard, et je n’ai aucun regret de continuer à admirer les vrais, les grands chefs d’hier et d’aujourd’hui. Et pourquoi pas, de détecter grâce au Concours Pehlivanian, de futurs talents.

Les lecteurs de ce blog connaissent mes admirations. Il suffit de regarder/écouter ces quelques témoignages pour comprendre en quoi ces chefs d’orchestre sont géniaux, chacun à leur manière.

Carlos Kleiber (1930-2004)

Evgueni Svetlanov (1928-2002)

Kirill Kondrachine (1914-1981)

Leonard Bernstein (1918-1990)

Je pourrais mettre ici les vidéos où Bernstein fait le spectacle, sachant qu’il est filmé (le finale de la symphonie n°88 de Haydn vu des milliers de fois sur YouTube par exemple).

Je préfère cet extrait d’un concert tout aussi mémorable de l’Orchestre national de France dans un répertoire où Bernstein se révèle tel qu’en lui-même, un musicien génial.

Herbert von Karajan (1908-1989)

Herbert von Karajan a fait toute sa carrière filmée en fermant les yeux. C’était devenu une marque de fabrique, qui pouvait légitimement énerver même les plus fervents de ses admirateurs. Et à la fin de sa vie, souffrant le martyre, il se met à regarder ses musiciens, à les solliciter parfois d’un demi-sourire, comme dans cet extrait du seul concert de Nouvel an qu’il ait jamais dirigé à Vienne le 1er janvier 1987, il redevient simplement humain.

Je ne suis pas surpris que celui qui parle le mieux – en français – du rôle, de la fonction, de l’importance du chef d’orchestre, ce soit Louis Langrée dans cette interview d’une aveuglante clarté. Regardez-le, écoutez-le comparer ces grands chefs du passé pour qui nous avons de communes admirations, et parler de son métier, de son art.

À Cincinnati, comme à Liège naguère, Louis Langrée est le chef inspiré, captivant, qui nous révèle toujours les secrets de l’oeuvre qu’il dirige.

Et toujours mes brèves de blog pour les humeurs et les bonheurs du moment.

Retours sur arrivages

J’aime bien cette expression – Arrivages – dont use un ami critique dès qu’il reçoit des coffrets, et que je m’approprie à mon tour pour intituler quelques articles récents (Arrivages de printemps).

J’ai commandé et reçu ces dernières semaines pas mal de ces coffrets, et j’aimerais y revenir pour les curiosités, les raretés, qu’ils contiennent.

Karajan et Ligeti

Ainsi les deux – chers – coffrets édités par l’orchestre philharmonique de Berlin m’ont confirmé ce que je pense depuis longtemps, que Karajan n’est jamais aussi exceptionnel qu’en concert. Il suffit, quand on le peut, de comparer les versions dites « de studio » et les versions « live » des mêmes oeuvres, la comparaison tourne toujours à l’avantage des secondes.

Parmi les absolues raretés des deux coffrets mentionnés, on trouve par exemple ces Atmosphères de György Ligeti (1923-2006), dont j’ignorais que Karajan les eût jamais inscrites au programme d’un concert

Sir Adrian s’amuse

Dans les multiples merveilles que contient ce coffret (Les planètes de Sir Adrian) il y a toutes ces petites choses sans importance – comme ces pièces de Rossini arrangées par Benjamin Britten, les Matinées et les Soirées musicales – où Boult s’amuse et nous amuse.

Les marches d’Elgar, d’Eric Coates, c’est dans son arbre généalogique, mais les Boston Pops auraient aisément pu inviter Adrian Boult, qui met un enthousiasme d’enfer dans ces marches de parade de Sousa !

Tchaikovski la suite passée de mode

Toujours dans le même coffret Boult, on remarque un enregistrement de la Suite n°3 de Tchaikovski. Les quatre suites de Tchaikovski sont aujourd’hui complètement ignorées des programmateurs de concerts – je n’en ai personnellement jamais entendu aucune !. Pourtant la deuxième est assez exotique puisqu’elle requiert normalement quatre accordéons russes – des bayans – Quant à la Troisième suite, elle eut les faveurs des plus grands chefs dans les années 60 avec notamment la suite de variations qui forme le dernier mouvement.

Je dénombre pas moins de onze versions différentes de cette suite n°3 dans ma discothèque ! Est-ce bien raisonnable Docteur ? Depuis lors plus aucune version récente…

Lollipops

C’est un CD isolé que j’avais gardé précieusement parce que, dans les rééditions successives des enregistrements de Thomas Beecham, il avait été oublié.

Lors de la réédition tant attendue du legs discographique du chef britannique le plus francophile du XXe siècle, ces Lollipops ont retrouvé leur place.

Comme chez Boult, on retrouve cette tradition de « bonbons » symphoniques, de pièces de genre plus ou moins célèbres, sans cohérence particulière, mais juste gracieuses, élégantes, chic.

Dans mes brèves de blog, à lire ces nouvelles bien tristes du chef espagnol Juanjo Mena

Dispensables

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » ! Tout le monde connaît la célèbre citation extraite du Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Sur ce blog, l’éloge flatteur a très nettement l’avantage sur le blâme, je fais la part belle à l’indispensable. Alors pour une fois faisons exception avec quelques déceptions, des parutions ou des manifestations qui ne me paraissent pas pertinentes, donc tout à fait dispensables !

On sait l’admiration que j’ai pour Cyrus Meher-Homji, l’infatigable animateur de la branche australienne d’Universal et surtout redécouvreur des trésors des labels Philips, Decca, Deutsche Grammophon et associés.

Je regrette toujours le prix payé en France pour ces rééditions de grande qualité, mais dont les coûts sont amortis depuis longtemps.

C’est dire si j’étais impatient de découvrir ce dernier coffret du jeune Lorin Maazel – le chef américain disparu le 13 juillet 2014 ayant été l’objet de multiples articles sur ce blog, au fur et à mesure des rééditions d’une discographie abondante.

C’est dire aussi la déception à l’écoute notamment de ce qui forme l’essentiel de ce coffret : de Bach les concertos brandebourgeois, les quatre « suites » pour orchestre, l’Oratorio de Pâques et la Messe en si.

Sans tomber dans la caricature, en dehors de l’alternance vif-lent parfois exacerbée, ces Bach sont d’une raideur obsolète malgré une distribution séduisante (Teresa Stich-Randall, Anna Reynolds, Ernst Haefliger, John Shirley-Quirk).

Les quatre symphonies – 38 à 41 – de Mozart sont tout aussi dispensables.

Seul le duo inattendu Evelyn Lear / Christa Ludwig sauve un Stabat mater de Pergolese hors sujet.

Le reste du coffret est déjà bien connu, parce que déjà publié dans le coffret DG, et lui fait partie des indispensables avec la Symphonie de Franck, la suite de L’Oiseau de feu et le Chant du rossignol de Stravinsky, et surtout d’admirables Falla (L’amour sorcier, Le Tricorne)

Quand je feuillette le dernier numéro de Diapason (mais les précédents n’étaient guère mieux fournis) et que je vois la part des critiques consacrées aux nouvelles parutions discographiques, je ne peux que constater une sorte d’inéluctable raréfaction dans ce qu’il est convenu d’appeler le grand répertoire, au profit de quelques découvertes dans des répertoires dits « de niche ».

Il y a des engouements que je ne partage pas, des disques dont je me demande quelle est la valeur ajoutée à une discographie pléthorique – comme la floraison de Variations Goldberg, le dernier tube à la mode ? –

Mais pour ne pas terminer sur une note pessimiste, quelques-unes de mes récentes « bonnes affaires » et des réussites à saluer :

Justement pour les Variations Goldberg, quelle extraordinaire idée que celle qu’ont eue Thibaut Garcia et Antoine Morinière de cette véritable recréation pour deux guitares !

Cette critique dans le BBC Music Magazine : « Angioloni delivers a compelling, energetic account of a score that should be better known »

D’un pianiste qui se fait trop discret, ce disque de sonates de Beethoven (2, 9, 14 et 31) que je n’avais pas repéré à sa sortie

Et cela juste une petite réparation, des disques perdus au cours d’un déménagement et que j’avais le plus grand mal à retrouver même d’occasion à des prix raisonnables. Hier au cours d’une visite chez Gibert, je tombe directement sur ce coffret si précieux des symphonies de Brahms enregistrées par le grand Kurt Sanderling à Dresde !

Et toujours humeurs et bonheurs sur mes brèves de blog

José Van Dam (1940-2026)

On apprend aujourd’hui la disparition, le 17 février, d’un géant du chant José Van Dam.

L’ami Nicolas Blanmont lui consacre, sur le site de la RTBF, un article extrêmement complet et documenté auquel je ne peux que renvoyer, puisque tout y est dit, de la formation, de la carrière incroyable de José Van Dam et de sa place éminente dans le club très fermé des plus grands chanteurs du XXe siècle.

Le simple examen de ses rôles à l’opéra, sous les baguettes les plus fameuses, le relevé de sa discographie, donnent le vertige. Je me rappelle ces Grands entretiens réalisés par France Musique en 2019 avec le grand baryton belge et, par exemple, ce qu’il disait de sa longue collaboration avec Karajan : « Il était rigoureux, exigeant… C’est le ‘grand’ chef avec lequel j’ai eu le plus de plaisir à chanter. »

Dans ma mémoire, se mêlent des souvenirs – finalement pas si fréquents – de José Van Dam sur scène .Deux, très forts, me reviennent à l’instant d’écrire ces lignes.

Don Carlos au Châtelet

A l’opéra, il y a assez peu de spectacles dont je puisse dire qu’ils approchent la perfection; Ce Don Carlos de 1996 en faisait partie.

Pelléas et Melisande à Genève

« En février 2000, c’est à Genève, au Grand Théâtre (puis au Victoria Hall) que je retrouve Langrée. Il dirige son premier Pelléas, avec une équipe de rêve, une Mélisande de 20 ans, Alexia Cousin, Simon Keenlyside, José van Dam, Patrice Caurier et Moshé Leiser à la manœuvre » (Lire Portrait d’ami).

Jamais un Golaud ne m’a bouleversé à ce point. José Van Dam est pour toujours « mon » Golaud.

Et cette présence si remarquable, ce timbre, cette diction uniques, on les retrouve à leur acmé dans tant d’enregistrements que je vais redécouvrir dans une discothèque proprement vertigineuse !

Bach : Magnificat / Messe en si (Corboz) Erato

Beethoven : Fidelio (Karajan) EMI / Missa solemnis (Karajan) DG

Beethoven : 9e symphonie (Karajan x 2) DG

Berg : Wozzeck (Levine) Met

Berlioz : L’enfance du Christ (Gardiner) Erato

Berlioz : La damnation de Faust (Levine) Munich / (Nagano) EMI

Berlioz : Roméo et Juliette (Ozawa) DG

Bizet : Carmen (Karajan) DG / (Solti) Decca

Bizet : La jolie fille de Perth (Plasson) EMI

Brahms : Un requiem allemand (Karajan) DG-EMI

Bruckner : Te Deum (Karajan) DG

Debussy : Pelleas et Mélisande (Abbado) DG / (Karajan) EMI / (Levine) Met

Debussy : Rodrigue et Chimène (Nagano) EMI

Delibes : Lakmé (Plasson) EMI

Duruflé : Requiem (Corboz) Erato

Enesco : Oedipe (Plasson) EMI

Fauré : Pénélope (Dutoit) EMI

Fauré : Requiem (Plasson) EMI

Gluck : Iphigenie en Aulide (Gardiner) Decca

Gluck : Iphigenie en Tauride (Gardiner) Erato

Gounod : Faust (Plasson) EMI

Gounod : Mireille (Plasson) EMI

Gounod : Mors et vita (Plasson) EMI

Gounod : Roméo et Juliette (Plasson) EMI

Hahn : Ciboulette (Diederich) EMI

Haydn : Die Schöpfung (Karajan) DG

Ibert : Don Quichotte (Nagano) EMI

Magnard : Guercoeur (Plasson) EMI

Mahler : Symphonie n°8 (Bernstein) DG

Martin : Monologues de Jedermann (Nagano) Erato

Massenet : Hérodiade (Plasson) EMI

Massenet : Manon (Pappano (EMI)

Mozart: Cosi fan tutte (Muti) EMI

Mozart : la Flûte enchantée (Karajan) DG / (Levine) Sony / (Marriner) Philips

Mozart : Don Giovanni (Maazel) Sony /

Mozart : Les noces de Figaro (Karajan) DG

Mozart : Requiem (Karajan) DG

Offenbach : Les contes d’Hoffmann (Nagano) EMI/ (Cambreling) EMI

Poulenc / Chansons gaillardes (Collard) EMI

Puccini / Gianni Schicchi (Pappano) EMI

Ravel : Don Quichotte à Dulcinée , Mélodies populaires grecques (Boulez) Sony

Ravel : L’enfant et les sortilèges (Rattle) EMI

Ravel : L’heure espagnole (Maazel) DG

Roussel : Evocations, Padmâvâti (Plasson) EMI

Saint-Saëns : Mélodies (Collard) EMI

Richard Strauss : Die Frau ohne Schatten (Solti) Decca

Richard Strauss : Salomé (Karajan) EMI

Verdi : Aida (Karajan) EMI

Verdi : Don Carlo (Karajan) EMI

Verdi: Don Carlos (Pappano) EMI

Verdi : Falstaff (Solti) Decca

Verdi : Otello (Karajan) EMI

Verdi : Requiem (Karajan) DG / (Solti) RCA

Verdi : Simon Boccanegra (Abbado) DG

Verdi : Un bal masqué (Barbirolli) EMI

Wagner : Le Vaisseau fantôme (Karajan) EMI

Wagner : Les Maîtres Chanteurs (Solti) Decca

Wagner : Parsifal (Karajan) DG

Cette discographie est loin d’être exhaustive !

Il y a quelques années Erato avait publié un magnifique coffret de 10 CD dans la série Autograph

C’est à l’évidence l’un des portraits les plus fidèles de l’art et de la carrière du baryton disparu, avec plusieurs raretés, notamment les magnifiques Monologues de Jedermann de Frank Martin, de larges extraits des deux enregistrements de Salomé auxquels José Van Dam a participé, celui très célèbre de Karajan, et l’autre beaucoup moins de Kent Nagano à l’opéra de Lyon.. dans la version française de l’opéra de Richard Strauss. De la même manière José Van Dam est magnifique dans le Don Carlo (Karajan) comme dans le Don Carlos de Verdi (Pappano). Un joli bouquet de mélodies de Saint-Saëns, Ravel, Poulenc, Ropartz et Berlioz (Les nuits d’été notamment avec Jean-Philippe Collard)

J »évoquerai certainement sur mes prochaines brèves de blog les hommages qui viendront en nombre saluer José Van Dam.

Karajan Live

J’ai hésité avant de commander d’abord ce coffret qui couvre la période 1971-1979, puis le précédent – 1953-1969 -. Le prix fait réfléchir (puisque j’achète tous mes disques !) mais le travail éditorial et l’objet même sont remarquables.

Tout semble avoir été déjà dit, écrit sur le chef d’orchestre salzbourgeois : Karajan est né dans la ville natale de Mozart le 5 avril 1908 et mort dans sa maison d’Anif, à 8 km de Salzbourg le 16 juillet 1989. Ici même les occurrences ne manquent pas : lire Mon Karajan

Alors pourquoi revenir à Karajan et à ces captations de concert ? D’abord en raison de quelques raretés, pas toujours indispensables, mais surtout parce qu’une fois de plus le concert, le « live » révèlent l’artiste tel qu’en lui-même le studio, trop léché, trop poli – surtout à cette période-là – le corsètent.

Avant ces coffrets réalisés à l’initiative et sous le contrôle des Berliner Philharmoniker eux-mêmes, on avait déjà les documents d’archives mis au jour par Yves St.Laurent (lire La collection St Laurent : les bons plans)

CD 1 25/09/1971

>Vivaldi, sinfonia « al san sepolcro »/ Sibelius concerto violon – Christian Ferras / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 2 12/02/1972

>Mendelssohn symph 3 / Debussy prélude à l’après-midi d’un faune / Ravel Daphnis suite 2

CD 3 31/12/1972

>Bruckner symph 5

CD 4 8/09/73

>Mozart symph 41 / Tchaikovski symph 5

CD 5 17/02/74

>Schubert symph 8 / Penderecki capriccio violon – Leon Spierer / Moussorgski Les tableaux d’une exposition

CD 6 25/09/74

>Mozart concerto piano 23 – Jean-Bernard Pommier / Schoenberg Pelleas und Melisande. *

CD 7 8/12/74

>Bartok musique cordes / Dvorak symph 9

CD 8 20/05/75

>Berg suite lyrique / Bruckner symph 4

CD 9 25/09/75

>Richard Strauss Métamorphoses / Also sprach Zarathustra

CD 10 16/10/76

>Mozart symph conc vents – Karl Steins, Karl Leister, Gerd Seifert, Manfred Braun / Sibelius symph 5, Finlandia

CD 11 12/12/76

>Bruckner symph 5

CD 12 31/12/76

>Mozart symph 41 / Richard Strauss Ein Heldenleben

CD 13 25/06/77

>Wimberger Plays für 12 Solo-Violoncelli, Bläser und Schlagzeug / Berlioz symph fantastique

CD 14 25/09/77

>Thärichen Batrachomyomachia / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 15 21/10/77

>Brahms double concerto – Thomas Brandis, Ottomar Borwitzky / Brahms symph 2

CD 16 04/01/78

>Mahler Das Lied von der Erde – Agnes Baltsa, Hermann Winkler

CD 17/01/78

>Sibelius symph 4. / Beethoven symph 7

CD 18 4/01/79

>Bach conc brandebourgeois 3 / Berg pièces op 6 / Dvorak symph 8

CD 19 27/01/79

>Webern pièces op 5 / Schumann symph 4 / Tchaikovski conc piano 1 – Mark Zeltser

CD 20 25/11/79

>Bach conc brandebourgeois 1 / Beethoven symph 3

*J’ai raconté le souvenir très particulier que j’ai gardé du concert que donnaient Karajan et ses Berliner à Lucerne, trois semaines avant ce concert, le 31 août 1974, avec au programme ce Pelleas de Schoenberg (L’été 74).

Les surprises d’un coffret

Les textes et les photos qui font une grande partie de la valeur de ce coffret – en allemand et en anglais seulement ! – dressent des portraits contrastés du chef, surtout lors de cette décennie 70 où la recherche du beau son va sembler l’emporter sur les considérations purement musicales. On sort en réalité des clichés, des postures, par le témoignage de musiciens, de preneurs de son, de collaborateurs qui n’étaient pas, n’ont jamais été de simples faire-valoir. Mais on admire ce qui a fait la légende Karajan – et que m’avait rapporté jadis l’un de ses rares « élèves », le chef allemand Günther Herbig, invité plusieurs fois à Liège – la fabrication, la construction d’une interprétation, avant même la recherche du son d’ensemble. Tous les documents – rares jusqu’à maintenant – qui montrent Karajan en répétition l’attestent.

On comparera donc avec intérêt les doublons qui figurent dans ce coffret (‘Le Sacre du printemps, la 5e de Bruckner, la 41e de Mozart), on ne s’attardera pas longtemps sur les rares « créations » – on imagine bien pourquoi Karajan dirige une oeuvre de Werner Thärichen, l’indéboulonnable timbalier et surtout délégué des musiciens des Berliner (!) – mais on relèvera un art consommé de la programmation. On a sans doute choisi les concerts les plus originaux pour ce coffret, mais on reste rêveur devant ce qui était proposé au public berlinois.

Il faut aussi relever que le système mis en place par Karajan et Berlin de contrôle absolu de tout ce qui était enregistré, produit, pour le concert et pour le disque, est encore très largement en vigueur aujourd’hui. On ne trouve quasiment pas trace sur internet, a fortiori sur YouTube, d’un « live » qui n’ait pas été formellement approuvé par la firme !

Exception avec ce Chant de la Terre, capté en janvier 1978 (cf. ci-dessus), avec Agnes Baltsa et Hermann Winkler :

Je rappelle que le fameux Grand Echiquier qui réunissait l’orchestre philharmonique de Berlin et Herbert von Karajan le 24 juin 1978 est visible ici : Grand Echiquier 1e partie et Grand Echiquier 2e partie.

Et toujours mes brèves de blog en fonction de l’actualité et de mes humeurs.

Nostalgie

Claudia Cardinale (1938-2025)

Depuis la mort d’Alain Delon (lire Ce que ne m’a jamais dit Alain Delon), je me demande quels qualificatifs on pourra trouver pour saluer les stars de cette génération, encore vivantes comme Brigitte Bardot, Sophia Loren, ou fraîchement disparues comme Robert Redford et Claudia Cardinale

En dehors de la coquetterie d’une chevelure toujours d’un noir de jais, l’actrice disparue hier n’a jamais usé d’artifices pour masquer les flétrissures de son âge. Et pourtant et peut-être pour cela, nous l’avons toujours aimée, dès ses premiers rôles jusqu’à ses rares apparitions des dernières années. Dans le regard, dans le sourire, il y a toujours eu chez Claudia Cardinale, cette séduction bienfaisante, qui n’était jamais vulgaire ni racoleuse. Un peu comme d’Audrey Hepburn, il émanait de C.C. un charme irrésistible, une gentillesse innée. Elle n’est pas morte pour ceux qui aiment le cinéma et je vais, comme des milliers d’autres, m’empresser de revoir d’abord les films que j’ai chez moi, et ceux que des amis sûrs, comme Jean-Marc Luisada, ne manqueront pas de me conseiller :

Et puis cette musique d’une insondable tristesse – fabuleux Fellini et Nino Rota –

Otto Gerdes l’inconnu

C’est un nom que j’avais souvent vu à l’arrière des pochettes de disques Deutsche Grammophon, Otto Gerdes (1920-1989). Une fois ou deux je l’avais vu comme chef d’orchestre. Je redécouvre son legs discographique grâce à un récent coffret de la collection Eloquence.

Je conseille la lecture de l’article de Christophe Huss dans Le Devoir, l’excellent journal canadien : Otto Gerdes, directeur artistique et chef..

Peut-être pas indispensable, mais avec quelques pépites qui ne sont pas négligeables, comme une très belle version de Tannhäuser et une « Nouveau Monde » de haute volée avec Berlin.

Robert Soëtens : un appel à l’aide

Parce que j’ai évoqué ici, au moins une fois, la figure de Robert Soëtens, créateur entre autres du 2e concerto pour violon de Prokofiev, mort centenaire en 1997, je suis régulièrement sollicité, encore tout récemment, par des lecteurs, journalistes, musicologues et autres qui s’intéressent à un personnage exceptionnel qui a traversé le XXe siècle, et connu de près l’élite musicale de la première moitié (Ravel, Milhaud, Prokofiev, etc.). Parce que Robert Soëtens m’avait confié un exemplaire du manuscrit de ses Mémoires (j’y fais référence dans cet article : Années 20).

Mais je n’arrive plus à remettre la main sur ce dossier (dans un carton vert, pourtant bien visible). Impossible que je l’aie jeté par mégarde.. J’ai dû le prêter (à quelqu’un de France Musique? de Radio France?). C »est pourquoi je fais appel ici à mes lecteurs, qui peuvent m’aider à retrouver ces précieux documents, en en parlant autour d’eux. Je vous en suis par avance infiniment reconnaissant.

Humeurs du jour à suivre sur mes brèves de blog

Les sorties de la rentrée

Jean-Marie Leclair enfin

J’aurais pu en faire un épisode de ma série La découverte de la musique. Ce fut l’un de mes premiers disques « baroques » :

Plus personne ne sait qui était Annie Jodry (1935-2016) ni son mari le chef d’orchestre Jean-Jacques Werner (1935-2017), plus personne ne sait qu’il y eut, en France, des pionniers qui firent tant pour la redécouverte et la diffusion d’un immense répertoire baroque et classique (Jean-François Paillard, Paul Kuentz…)

Stéphanie-Marie Degand signe une intégrale (la première française ?) des concertos pour violon de ce très grand compositeur – Jean-Marie Leclair -dont je ne comprends toujours pas qu’il soit resté si peu joué, enregistré, étudié.

Je connais la violoniste, de plus en plus souvent cheffe d’orchestre, depuis quelques lustres, depuis des séances mémorables à Liège où, de et avec son violon, elle enflamma autant l’Orchestre philharmonique royal de Liège que des publics de tous âges.

La flûte enchantée

J’ai manqué son concert à Paris mercredi dernier – mon camarade de Bachtrack est resté sous le charme ! – mais comme Radio France a eu la bonne idée d’en faire un artiste en résidence pendant cette saison, je saisirai d’autres occasions de le voir et l’écouter.

Je n’ose plus dire depuis quand je connais Emmanuel Pahud. En tout cas c’est un ami d’au moins trente ans !

En juillet 2017, Emmanuel Pahud était mon invité au festival Radio France.

Et ça m’a fait tout drôle que Warner lui consacre déjà une boîte de 14 CD comme on le fait d’ordinaire pour un artiste en fin de carrière ou décédé !

Eh oui ! Emmanuel a déjà 55 ans, mais il ferait aimer la flûte à la terre entière. Et il n’est pas près d’arrêter de jouer ni de tourner.

Emmanuel a ce quelque chose de rare qu’ont très peu d’artistes : quelle que soit l’oeuvre qu’il joue, où qu’il se produise, il capte instantanément l’attention du public, par son comportement, son rayonnement et bien sûr le son vraiment magique de sa flûte.

Un coffret passionnant à acquérir évidemment au plus vite : noter évidemment la variété du répertoire, et la place de la création contemporaine !

CD 1 Vivaldi Concertos (Tognetti/Australian Chamber Orchestra

CD 2 Telemann Concertos / Bach concerto brandebourgeois 5 (Kussmaul/Berliner Barocksolisten)

CD 3-4 Bach Suite n°2 / CPE Bach, Benda, Frédéric II, Quantz concertos (Pinnock, Potsdam Akademie)

CD 5 Devienne, Gianella, Glück, Pleyel, Hugot (Antonini, OC Bâle)

CD 6 Devienne, Danzi, Pleyel Symph.concertantes (Leleux, OC Paris)

CD 7 Mozart Concertos flûte, concerto flûte et harpe (M.P.Langlamet, Abbado, Berlin Phil.)

CD 8 Mozart Symph.concertante, M.Haydn, L.Hoffmann concertos (Schellenberger, Haydn Ensemble)

CD 9 Une nuit à l’opéra arrangements Verdi, Tchaikovski, Weber, Mozart, Bizet (Nezet-Seguin, Rotterdam)

CD 10 Hersant, Saint-Saëns, Chaminade, Poulenc, Fauré (Leleux, OC Paris)

CD 11 Nielsen (Rattle, Berlin Phil.), Khatchaturian, Ibert concertos (Zinman, Tonhalle)

CD 12 Penderecki, Reinecke, Busoni, Takemitsu (Repusic, radio Munich)

CD 13 Dalbavie, Jarrell, Pintscher concertos/créations (Eötvös, Rophé, Pintscher / OP Radio France)

CD 14 Gubaidulina Musique flûte (Rostropovitch, London Symphony), Desplat Pelléas et Mélisande (Desplat, Orchestre national de France)

La jeunesse de Mikhaïl P.

J’aurais pu le citer dans mon article Comment prononcer les noms de musiciens. Son nom s’écrit : Plet-nev, et se prononcer Plet-nioff. Mikhaïl Pletnev est d’abord un extraordinaire pianiste, avant d’être un personnage contesté, contestable. Et c’est ce que démontre ou rappelle ce coffret de 16 CD qui réunit pour la première fois les enregistrements de Mikhail Pletnev, réalisés dans les années 80 pour Virgin Classics, après sa victoire au Concours Tchaïkovski en 1978.

CD 1-2 Scarlatti Sonates

CD 3-4 Haydn sonates et concertos

CD 5-6 Mozart concertos 9,20,21,23,24 (Deutsche Kammerphilharmonie)

CD 7 Beethoven sonates 8,21,23

CD 8 Chopin sonate 2, scherzo 2, 4 nocturnes, barcarolle

CD 9 Brahms sonates clarinette (Michael Collins)

CD 10 Moussorgski Les tableaux d’une exposition, Tchaikovski/Pletnev La belle au bois dormant

CD 11-14 Tchaikovski oeuvres pour piano, Concertos 1-3, Symphonie 6

CD 15 Scriabine Préludes

CD 16 Rachmannov Concerto piano 1, Rhapsodie Paganini (Fedosseiev, Philharmonia)

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucune des interprétations de Pletnev ne peut laisser indifférent, dans Scarlatti, comme dans Mozart ou Moussorgski…

Humeurs et bonheurs du jour à suivre sur mes brèves de blog !

Des Prom’s aux Prem’s

Olivier Mantei, le patron de la Philharmonie de Paris, peut être fier de son nouveau « bébé ». Comme une réplique aux célèbres Prom’s de Londres – le festival géant qui, tout l’été jusqu’à mi-septembre, rassemble chaque soir près de 5000 spectateurs au Royal Albert Hall – ses Prem’s ont, dès le premier soir (le 2 septembre) remporté un succès phénoménal (lire sur Bachtrack : Succès total pour la première des Prem’s à la Philharmonie).

L’opération est d’autant mieux venue que ce mini-festival propose une affiche extraordinaire : le Gewandhaus de Leipzig et Andris Nelsons les 2 et 3 septembre, le 5 rien moins que le Philharmonique de Berlin et Kirill Petrenko, le 7 la Scala de Milan et Riccardo Chailly et les 10 et 11 (on y sera) l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä).

Le nouveau Nelsons

Sauf erreur de ma part, je n’avais pas revu le chef letton à Paris depuis trois ans et le concert qu’il avait dirigé, à la tête du Philharmonique de Vienne.

Je l’avais déjà repéré cet été en regardant quelques extraits vidéo, mais son entrée sur la scène de la Philharmonie mardi soir nous a tous impressionnés… par la transformation physique qui s’est opérée sur le chef. L’embonpoint du pope orthodoxe a laissé place à une sveltesse de mannequin

En 2020, lors du concert de Nouvel an à Vienne

Et cela se voit et se ressent dans la manière d’Andris Nelsons de s’investir, de faire corps avec son orchestre.

Ici en mai dernier le concert d’hommage à Chostakovitch (mort il y a 50 ans) à Leipzig :

Leipzig éternel

Je ne suis allé qu’une seule fois à Leipzig à la fin de l’année 2017. Ce n’est pas dans sa salle moderne, construite en 1981 – et dont l’intérieur rappelle furieusement la Philharmonie de Berlin – que j’ai entendu le plus vieil orchestre européen, le Gewandhaus, mais à l’opéra.

Je collectionne depuis longtemps les enregistrements de l’orchestre du Gewandhaus, en particulier tous ceux qui furent réalisés sur place par l’entreprise d’Etat est-allemande VEB Deutsche Schallplatten dans des conditions de prise de son inégalées (sous les labels Eterna ou Berlin Classics)

On recherchera évidemment des raretés comme ce disque Markevitch

Et bien sûr la cohorte des chefs principaux, directeurs musicaux qui s’y sont succédé depuis les années 50 : Konwitschny, Neumann, Masur, Blomstedt, Chailly, et tous les invités réguliers comme Kurt Sanderling

Quant à Andris Nelsons, il profite de sa double casquette Leipzig/Boston pour graver des quasi-intégrales qui ne sont pas toutes du même niveau – on est plutôt déçu par ses Bruckner.

Humeurs et réactions du jour sur mes brèves de blog : aujourd’hui j’y évoque justement l’Orchestre de Paris, des nominations (Salonen) et autres transferts…

Les raretés de l’été (III) : Lorin et Carlos

Ils sont nés la même année : 1930. L’un est mort le 13 juillet 2004 : Carlos Kleiber. L’autre dix ans plus tard le 13 juillet 2014 : Lorin Maazel.

J’ai beaucoup écrit ici même sur ces deux chefs si formidablement doués, et pourtant si différents.

Puisque cette série d’été est dévolue aux raretés de ma discothèque, je veux signaler, pour l’un et l’autre chefs, des enregistrements remarquables, mais pas toujours cités comme leurs « indispensables ». Tout simplement des disques que j’aime.

Maazel de Lama à Brahms

Je renvoie à mon article Arrivages de printemps où j’ai consacré tout un paragraphe à une vraie curiosité, la réédition d’un disque d’arrangements de chansons de Serge Lama que Lorin Maazel avait enregistré à Cleveland !

Mais plus sérieusement pour mesurer le talent de ce chef si précocement doué, il faut réécouter ses premiers enregistrements pour Deutsche Grammophon, il avait moins de 30 ans. Et on n’est jamais à court de (bonnes) surprises, comme avec cette 3e symphonie de Brahms, l’une des plus emportées qui soient.

Il ne renouvellera pas l’exploit quelques années plus tard en enregistrant les quatre symphonies à Cleveland.

Carlos et Borodine

La discographie de Carlos Kleiber a été amplement éditée et rééditée, l’essentiel chez Deutsche Grammophon et pas mal de « live » chez Orfeo. J’ai depuis longtemps, classé à Borodine, un CD paru dans une collection allemande un peu confidentielle et réédité il y a peu par SWR (le label de la radio publique allemande de Stuttgart) avec les deux Kleiber, Erich et Carlos, père et fils.

Je me demandais pourquoi cette passion de Carlos Kleiber pour cette symphonie n°2 de Borodine, qu’on n’entend quasiment plus jamais ni au concert ni au disque. Imitation du père ? 

Inutile de dire que, pour moi, c’est « la » version qui surclasse toutes les autres.

Et toujours à suivre, mes brèves de blog