Les raretés du confinement (II)

Comme je l’écrivais le 11 novembre dernier – Les raretés du confinement :

« Depuis le reconfinement intervenu en France le 30 octobre dernier, j’ai entamé une nouvelle série d’enregistrements, tirés de ma discothèque personnelle, qui présentent un caractère de rareté, une oeuvre inhabituelle dans le répertoire d’un interprète, un musicien qui emprunte des chemins de traverse, un chef qui se hasarde là où on ne l’attend pas… « 

Récapitulons donc la deuxième décade de ce confinement, qui n’est pas près de se terminer même si on nous promet des « allègements ».

12 novembre

L’art du chef allemand Hermann Scherchen (1891-1966) a été abondamment documenté ces dernières années, et récemment par la réédition de son cycle des symphonies de Beethoven.

Mais sauf erreur je n’ai jamais vu reparaître un disque (partagé avec Julius Rudel) d’ouvertures d’Offenbach et Suppé publié jadis par MCA Classics. Et pourtant Scherchen dirigeant Offenbach c’est quelque chose !

13 novembre

En hommage à toutes les victimes des attentats du 13 novembre 2015, cette version inattendue et bouleversante de la Quatrième symphonie de Mahler dirigée par… David Oïstrakh, enregistrée à Moscou en 1967

14 novembre

La cantatrice américaine Teresa Stich-Randall (1927-2007) est restée dans la mémoire collective et discographique comme une interprète d’élection de Mozart (à Aix-en-Provence) et Richard Strauss. Dans un disque portrait enregistré en 1962 elle explore d’autres répertoires, comme cet air « Depuis le jour« , sommet d’érotisme, tiré de l’opéra Louise de Gustave Charpentier (1860-1956)… et non Marc-Antoine Charpentier comme indiqué sur la pochette du disque !!

15 novembre

J’ai une passion pour les mélodies avec orchestre de Richard Strauss. En dehors des Vier letzte Lieder et une petite dizaine d’autres très souvent enregistrées, la discographie des 200 mélodies – dont plus d’une trentaine avec orchestre – est plutôt maigre. J’aime beaucoup ce disque – devenu introuvable, jamais réédité semble-t-il – du ténor Siegfried Jerusalem accompagné par Kurt Masur et le Gewandhausorchester de Leipzig

16 novembre

Le 7 novembre j’évoquais la formidable version de la 4ème symphonie de Brahms enregistrée à Londres, en 1962, par Fritz Reiner avec le Royal Philharmonic Orchestra. En 1959, le chef américain d’origine hongroise grave, pour Decca, avec les Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker le Requiem de Verdi et d’ébouriffantes Danses hongroises de Brahms (ainsi qu’un bouquet de Danses slaves de Dvorak).Le sévère Fritz Reiner se lâche complètement dans cette 6ème danse hongroise, fait rugir les pupitres viennois, et donne une touche authentiquement magyar à ces oeuvres si rebattues.

17 novembre

Le chef australien d’origine américaine Charles Mackerras est né le 17 novembre 1925 (et mort il y a dix ans le 14 juillet 2010). Il a laissé une abondante discographie où figurent des Mozart, Haydn, Beethoven exceptionnels, bien sûr les opéras de Janacek et la musique tchèque dont il avait appris les secrets auprès de Vaclav Talich. Comme beaucoup de ses contemporains, Charles Mackerras pratiquait un art, aujourd’hui oublié, celui de l’arrangement. On connaît Gaîté parisienne fabriquée par Manuel Rosenthal à partir d’airs d’Offenbach, un peu moins les suites d’orchestre tirées des opéras de Richard Strauss par Antal Dorati ou Erich Leinsdorf, moins encore le formidable Graduation Ball, un ballet signé Dorati à partir de pièces de Johann Strauss.

Mackerras lui s’est livré à deux arrangements très réussis, Pineapple Poll à partir d’opérettes d’Arthur Sullivan et The Lady and the Foll qui compile habilement airs plus ou moins connus d’opéras de Verdi.

18 novembre

Vous avez aimé avant-hier Fritz Reiner dans une foudroyante 6ème danse hongroise de Brahms avec les Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker ? que penserez-vous de cette 5ème danse hongroise cravachée (et jouée comme le faisaient les ensembles de musique tzigane dans les restaurants et cabarets de Budapest) ?

19 novembre

Le samedi 23 décembre 1995, j’avais décidé de consacrer, sur France Musique, toute une journée à Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006), pour son 80ème anniversaire. La cantatrice avait accepté de quitter sa maison près de Zurich, de venir passer la journée à Paris. Le regretté Jean-Michel Damian (Une voix de radio)l’avait reçue dans son émission de l’après-midi, qui exceptionnellement avait lieu dans le Studio 104 (à l’époque le plus grand) de la Maison de la Radio, archi-comble en cette avant-veille de Noël. J’avais signalé à J.M.Damian que l’enregistrement préféré de la cantatrice elle-même était l’opérette Wiener Blut de Johann Strauss qu’elle avait enregistrée en 1953 avec le jeune Nicolai Gedda, et en particulier ce duo. Une réussite miraculeuse, la perfection stylistique de l’accompagnement du chef suisse Otto Ackermann, cette sublime valse suspendue…. à 1’18

20 novembre

Un disque trouvé jadis à Londres et depuis précieusement conservé, réédité récemment dans la collection Eloquence, l’ambiance unique des dernières nuits des Prom’s et en 1972 la participation exceptionnelle de la grande Jessye Norman dans deux des WesendonckLieder de Wagner, la direction du si regretté Colin Davis (1927-2013)

21 novembre

Ce n’est pas la part la plus importante du legs discographique du regretté Mariss Jansons (1943-2019) mais le chef letton donne le panache nécessaire à ce morceau de bravoure célèbre du violoniste et compositeur roumain Grigoraș Dinicu (1889-1949) Hora staccato

22 novembre

En ce dimanche 22 novembre, jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, la messe solennelle de Sainte-Cécile de Gounod (1816-1896) s’impose, une oeuvre bien peu jouée et enregistrée aujourd’hui. Igor Markevitch en a laissé en 1965 une version magnifique, qui bénéficie de la splendeur des choeurs tchèques et de l’Orchestre philharmonique tchèque et d’un trio de solistes exceptionnel, Irmgard Seefried, Gerhard Stolze et Hermann Uhde. Lire ici l’histoire de cette sainte chère aux musiciens : Une patronne vierge.

Les raretés du confinement (I)

Lors du premier confinement au printemps dernier j’avais entrepris de publier chaque jour sur Facebook une symphonie de Haydn (il y en a… 107!) dans des versions aussi contrastées et originales que possible.

Depuis le reconfinement intervenu en France le 30 octobre dernier, j’ai entamé une nouvelle série d’enregistrements, tirés de ma discothèque personnelle, qui présentent un caractère de rareté, une oeuvre inhabituelle dans le répertoire d’un interprète, un musicien qui emprunte des chemins de traverse, un chef qui se hasarde là où on ne l’attend pas… Récapitulation d’une première décade de publications:

2 novembre

Aujourd’hui Claudio Abbado dirigeant le Concert de l’an 1991 des Wiener Philharmoniker: l’ouverture de l’opérette Waldmeister (1895) de Johann Strauss

3 novembre

#ElectionDay En ce jour d’élection présidentielle américaine, cet extrait d’une soirée donnée au Carnegie Hall de New York en 1988 pour le centenaire d’Irving Berlin. Marilyn Horne chante « God bless America« .

4 novembre

En attendant les résultats de l’élection américaine, ce témoignage inattendu d’hommage au drapeau américain de la part d’Antonin Dvorak, directeur du Conservatoire de New York de 1892 à 1895. Michael Tilson Thomas dirige le RSO Berlin

5 novembre

Un compositeur américain d’origine russe, Alexei Haieff` (1914-1994) qui m’était complètement inconnu avant que je le découvre dans le gros coffret RCA des rééditions de Charles Munch (1891-1968). La 2ème symphonie de Haieff a été créée le 11 avril 1958 par Munch et le Boston Symphony Orchestra

6 novembre

Pour rester dans la sphère américaine, cette étonnante pépite de la discographie du vénérable chef britannique Adrian Boult (1889-1983) qui, à 80 ans passés, enregistre un bouquet de marches, dont la célébrissime « Stars and Stripes forever » de John Philip Sousa (1854-1932) – lire America is beautiful

7 novembre

Le grand Fritz Reiner (1888-1963) délaisse son orchestre de Chicago pour enregistrer, en 1962, à Londres, avec le Royal Philharmonic Orchestra, une extraordinaire Quatrième symphonie de Brahms, celle que je place au sommet de ma discographie de l’oeuvre. Une version rare, superbement enregistrée par Kenneth Wilkinson au Walthamstow Town Hall, publiée par Chesky Records

8 novembre

Clin d’oeil au nouveau président élu, Joe Biden, à la nouvelle vice-présidente élue, Kamala Harris,la plus surprenante des versions de l’ouverture de « Candide » de Bernstein… ou quand le grand chef russe Evgueni Svetlanov (1928-2002) se déchaîne en public à la tête du London Symphony Orchestra au Festival d’Edimbourg le 28 août 1978.

9 novembre

Le 9 novembre 1989 le mur érigé en 1961 entre Berlin Ouest et Berlin Est cédait sous la ferveur populaire.Le 25 décembre, dans la superbe salle du Konzerthaus (à l’époque à Berlin-Est), Leonard Bernstein – qui allait mourir dix mois plus tard – dirigeait la Neuvième symphonie de Beethoven, dont le finale était rebaptisé « Ode an die Freiheit » (Ode à la liberté). Ce concert réunissait autour de l’orchestre de la Radio bavaroise des musiciens des orchestres de Paris, Dresde, Londres, New York et Leningrad (Kirov), les choeurs de la radio bavaroise, de la radio de Berlin-Est et le choeur d’enfants de Dresde, ainsi que quatre solistes June Anderson (USA), Sarah Walker (Grande-Bretagne), Klaus König (RDA) et Jan-Hendrik Rootering (Pays-Bas)

10 novembre

Dans le prolongement de l’élection présidentielle américaine, cette absolue rareté dans la discographie pourtant très abondante d’Antal Dorati, un disque intitulé « Be Glad then America! » et cette oeuvre de Robert Russell Bennett (1894-1981), une commande de l’orchestre National de Washington pour le bicentenaire de l’Indépendance en 1976 : « The fun and faith of William Billings, American ».William Billings (1746-1800) est considéré comme le père de la musique chorale américaine

11 novembre

Le chef suisse Ernest Ansermet est né le 11 novembre 1883 (et mort le 20 février 1969). Il a réalisé l’essentiel de ses enregistrements pour Decca avec l’ OSR – Orchestre de la Suisse Romande qu’il avait fondé en 1918. Ici il dirige, le 17 mars 1966 (à 83 ans), avec une énergie juvénile, un répertoire où il était moins attendu, la Troisième symphonie de Brahms à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks

Voici ce que j’écrivais le 8 avril 2016 – On aime Brahms

Quant à la 3ème symphonie, depuis que François Hudry me l’avait fait découvrir, je mets au premier rang un chef qu’on n’associe pas spontanément à Brahms (et qui a pourtant réalisé une très belle intégrale – méconnue – chez Decca avec « son » Orchestre de la Suisse romande)Ernest Ansermet, avec l’orchestre de la Radio bavaroise, un « live » de 1966. Tout simplement exceptionnel !

Légendaires

Parmi les expressions faciles qui m’agacent prodigieusement dans la bouche ou sous la plume de certains journalistes lorsque survient la disparition d’un artiste : « la mort d’une légende« . Tel guitariste, tel batteur de jazz, tel chanteur, qui parfois n’est connu que de ses fans (qui peuvent être nombreux) devient ainsi une « légende« . On a parfois droit à « la mort d’une légende vivante » (Pierre Dac pas mort !)

Le mot « légende » et le qualificatif « légendaire » devraient être utilisés avec parcimonie, si l’on ne veut pas qu’ils perdent leur sens.

Le label munichois Orfeo, fondé en 1979, publie, à l’occasion de son 40ème anniversaire trois coffrets de 10 CD consacrés à des artistes présentés comme… légendaires ! On voit bien la commodité pour le marketing, et dans 90 % des cas, il s’agit bien de musiciens et/ou d’interprétations entrés dans la légende, mais pour des artistes encore en activité, dans la fleur de l’âge, le temps n’a pas encore fait son oeuvre, qui pourra peut-être un jour les ranger au rayon des… légendes !

Les chefs

C’est certainement le coffret dont l’appellation est la plus justifiée : ces onze chefs sont entrés depuis longtemps dans la légende de la direction d’orchestre. Rien d’inédit dans ce coffret mais des minutages parfois plus généreux que sur les CD d’origine (ainsi Mitropoulos dirigeant la 5ème symphonie de Prokofiev en 1954 rejoint-il l’insurpassable 4ème de Beethoven de Carlos Kleiber).

Avantage considérable à ce regroupement en un coffret à petit prix (on conseille à nouveau de faire le tour des sites de vente, pour comparer les prix qui peuvent varier considérablement d’un pays à l’autre) : la distribution du label en France a parfois été aléatoire et on n’en pas nécessairement suivi toutes les parutions. Précision utile : il ne s’agit que de prises de concert, magnifiquement captées par les micros de la radio autrichienne ou de la radio bavaroise.

Les chanteurs

Il y a de pures merveilles dans le coffret réservé aux « voix légendaires », mais on est plus circonspect quant à sa composition. À la différence des deux autres coffrets, il ne s’agit que d’enregistrements de studio, ce qui ne réduit en rien leur valeur artistique.

On est très heureux d’entendre le ténor polonais Piotr Beczala, né en 1966, la soprano bulgare Krassimira Stoyanova (1962) ou sa consoeur canadienne Adrianne Peczonka (1963), faire valoir l’étendue de leur talent, la richesse de leur timbre, mais on n’est pas certain qu’on puisse encore qualifier ces interprètes de « légendaires« 

Il y a de vraies curiosités comme ces chansons napolitaines sans vulgarité de Franco Bonisolli (1938-2003) ou ces duos improbables et magnifiques entre Carlo Bergonzi et Dietrich Fischer-Dieskau. Les récitals d’Agnes Baltsa et d’Edita Gruberova montrent ces artistes à leur meilleur, mais les vraies pépites du coffret sont les immenses Julia Varady (1941)- qu’attend Orfeo pour regrouper la meilleure et la plus complète série d’enregistrements de la cantatrice roumaine ? – Grace Bumbry (1937) et Brigitte Fassbaender (1939).

Quant au coffret sur les pianistes, il est commandé, j’attends de l’avoir reçu pour l’évoquer. Suite au prochain épisode !

Carl le Grand

Tout juste commandé (sur un site allemand, parce que nettement moins cher qu’en France!) et reçu à mon retour de Montpellier, avant un week-end sous couvre-feu, un copieux coffret – 30 CD – dédié à l’un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle, Carl Schuricht (1880-1967)

On ne manquait pas de témoignages plus ou moins officiels, plus ou moins bien documentés, de l’art d’un chef qu’on pourrait qualifier d’anti-Furtwängler, si l’on cédait à la tentation du cliché ! Sveltesse, arêtes affutées, élan vital, pureté des lignes, c’est ce qu’on aime depuis toujours dans des Beethoven et des Bruckner qu’on place très haut dans son panthéon personnel.

Je tiens en particulier sa Neuvième de Bruckner, captée dans le son glorieux des Viennois au début des années 60, pour un modèle : écouter le début du Scherzo pour se rendre compte de ce qu’est un 3/4 viennois – appui sur le premier temps, allègement de la masse sonore – alors qu’on entend si souvent, et sous les plus illustres baguettes, le défilé d’une Panzerdivision.

La discographie officielle de Schuricht a été complétée au fil des ans chez Decca.

ou rassemblée par Scribendum dans un coffret assez inégal, non pas dans l’interprétation, mais à cause de prises de son ou de reports médiocres.

Le nouveau coffret SWR Classic (voir les détails du contenu en fin d’article) restitue, dans des conditions idéales – des bandes radio transfigurées par une remasterisation admirable – la modernité de l’approche musicale d’un chef déjà dans son grand âge, entre 1950 (il avait 70 ans) et 1966 un an avant sa mort à l’âge de 87 ans.

On y retrouve du connu, dans l’exaltation du concert : une quasi-intégrale des symphonies de Beethoven, les quatre symphonies de Brahms, une 5ème de Schubert, où le style Schuricht apparaît en pleine lumière. Le chef allemand ne confond jamais vitesse et précipitation, il adopte même souvent (écouter les débuts de la Pastorale et de la 5ème de Schubert) des tempi « relaxed » comme le disent nos amis britanniques, et pourtant quelle énergie dans l’articulation, les phrasés, quelle carrure rythmique dans tous les mouvements. Quelle splendeur que la 2ème symphonie de Brahms captée en public en 1966 !

Beaucoup de pépites dans ce coffret : je ne connaissais pas Schuricht dans Mahler ! Deux formidables versions de la 2ème et de la 3ème symphonies.

Les Mozart de Schuricht sont ici plus idiomatiques que les six dernières symphonies qu’on lui fit graver pour La Guilde du disque avec l’orchestre de l’opéra de Paris en 1960. Et entendre Elisabeth Schwarzkopf, Fritz Wunderlich, et surtout une Clara Haskil déchaînée dans le Jeunehomme et le 19ème concerto !

Des raretés aussi : Liszt, Tchaikovski (Hamlet), Debussy, Reznicek (une superbe oeuvre pour baryton et orchestre) quelques compositeurs allemands du XXème siècle qui n’ont pas laissé une trace impérissable.

Beethoven: Symphonies 1,3,4,5,6,7,9; Coriolan-Ouvertüre op. 62
Mozart: Symphonies 28, 35, 40, concertos piano 9 & 19 (Clara Haskil); Konzertarie KV 419; Arie « Porgi, amor » Le Nozze di Figaro KV 492 (Elisabeth Schwarzkopf); Bildnisarie Die Zauberflöte KV 620 (Fritz Wunderlich)
Brahms: Symphonies 1-4 (extraits de répétition de la Symphonie n° 2; Ein deutsches Requiem op. 45; Schicksalslied op. 54; Nänie op. 82; Alt-Rhapsodie op. 53; Tragische Ouvertüre op. 81
Schubert: Symphonie 5
Bruckner: Symphonies 4, 5, 7, 8, 9
Mahler: Symphonies 2 & 3
Haydn: Symphonies 86, 95, 100, concerto violoncelle ré M (Enrico Mainardi) 
Schumann: Symphonies 2 & 3; Manfred-Ouvertüre op. 115; Ouvertüre, Scherzo & Finale op. 52
Richard Strauss: Alpensymphonie op. 64; Guntram-Ouvertüre op. 25; Sinfonia domestica op. 53
Liszt: Ce qu’on entend sur la montagne
Bruch: Concerto violon 1
Reger: Mozart-Variationen op. 132; Hiller-Variationen op. 100
Debussy: La Mer 
Mendelssohn: Die Hebriden-Ouvertüre op. 26; Le songe d’une nuit d’été extraits; Meeresstille und glückliche Fahrt Ouvertüre op. 27
Wagner: Extraits de Tristan und Isolde, Parsifal, Götterdämmerung; Siegfried-Idyll (inkl. Proben zu Parsifal)
Grieg: En automne 
Reznicek: Thema & Variationen für Bariton & Orchester; Donna Diana-Ouvertüre
Pfitzner: Das Käthchen von Heilbronn-Ouvertüre op. 17
Weber: Euryanthe-Ouvertüre
Wolf: Italienische Serenade G-Dur
Tchaikovski: Hamlet
Oboussier: Concerto violon Volkmann: Richard III-Ouvertüre op. 68 Blacher: Concertante Musik op. 10 für Orchester Goetz: Concerto violon Raphael: Sinfonia breve op. 67

Italie 2020 (VIII): Les bains de mer, Sibelius, Andersen, l’énigme Elgar, Dalida et Sandor Vegh

Enfant je n’ai que très peu de souvenirs de plages, de bains de mer. Mes grands-parents paternels habitaient pourtant à moins d’une trentaine de kilomètres de La Rochelle et des belles plages de sable de Vendée. Je me rappelle en tout et pour tout … deux moments à la plage. Quelques minutes de trempette à Châtellaillon – j’étais seul avec mes grands-parents qui n’avaient jamais du se mettre en maillot de bain de leur vie ! Une autre fois une petite journée à Saint-Jean-de-Monts avec ma famille, c’est le seul souvenir qui me reste de mon père en slip de bain ! La mer, la plage, ce n’était pas leur truc.

Je me suis bien rattrapé depuis, mais en fuyant les plages bondées, les bords de mer qui ressemblent au métro aux heures de pointe. Je me suis toujours interrogé sur le plaisir que peuvent éprouver des gens qui toute l’année sont entassés dans les transports, dans leurs propres habitations – et ils n’y peuvent rien – et qui, l’été venu, reproduisent les mêmes situations. Lors d’un tour en bateau pour apercevoir les Cinque Terre, j’ai pu, une petite heure, goûter (!!) aux joies d’une plage bondée et payante… Jamais plus !

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IMG_2785Mais mes souvenirs de bords de mer n’ont aucun intérêt.

A dire vrai, je ne m’attendais pas, découvrant la Ligurie et sa côte, à y trouver trace de plusieurs musiciens et écrivains connus. Je ne parle pas de Gênes et de Paganini auxquels je consacrerai un voire deux prochains articles.

Sestri Levante

À une quarantaine de kilomètres à l’est de Gênes, Sestri Levante a un indéniable cachet… et offre plusieurs tables exceptionnelles (on recommande en particulier le Portobello !). 

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IMG_2860(au menu du Portobello !)

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Mais le nom du plus célèbre auteur de contes danois, Hans-Christian Andersen (1805-1875) est étonnamment présent dans cette jolie cité : une rue, un festival – déplacé cette année de juin à septembre – un prix. 

Je ne sais si l’idée de La petite sirène est venue à Andersen au cours d’un séjour à Sestri Levante, je sais en revanche que ce conte a donné lieu à l’une des plus belles oeuvres de Zemlinsky, Die Seejungfraudont l’interprétation par Emmanuel Krivine et l’Orchestre National de France, lors du Festival radio France 2019, reste comme l’un de mes plus grands souvenirs.

 

Rapallo ou le soleil de Sibelius

Le nom même de Rapallo ne me disait pas grand chose, sauf peut-être les deux traités qui y furent signés, en 1920 et 1922 – c’est fou comme les politiques qui font l’Histoire, signent la paix ou le partage du monde, aiment à se retrouver dans de luxueuses stations balnéaires (Yalta, Evian, Rapallo...). Il faut bien quelques aises aux héros fatigués.

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IMG_2872 La ville de Rapallo est sans charme particulier, les grands hôtels et palaces entourés de jardins multicolores sont situés sur les commune voisines de San Michele di Pagana et Santa Maria Lighure.

Ce n’est dans aucun de ces palaces que Sibelius a passé le printemps 1901, mais selon les informations fournies par Stéphane Dado, sur les hauteurs de la ville, dans la Villa Molfinooù il pouvait composer tranquillement, tandis que sa famille logeait sur le front de mer à la Pension suisse.

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Comme Andersen à Sestri Levante, Sibelius a donné son nom à une avenue de Rapallo et à un festival, dont la sixième édition est annoncée cet automne (http://sibeliusone.com).

C’est ici que le compositeur finlandais commence sa Deuxième symphonie, la plus jouée et la plus célèbre de ses sept symphonies. 

Santtu-Matias Rouvalidirigeant la 1ère symphonie de Sibelius au Festival Radio France 2019encore un souvenir impérissable !

Alassio et Nimrod/Elgar

J’ai été beaucoup moins surpris de retrouver la trace d’Edward Elgar (1857-1934) à l’ouest de Gênes cette fois, à Alassio ,ravissante station balnéaire, apparemment très à la mode au début du XXème siècle. Puisque l’une de ses « ouvertures », en réalité un poème symphonique, s’intitule In the South (Alassio)Riccardo Muti l’a souvent dirigée en concert.

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C’est au cours de l’hiver 1903/1904 qu’Elgar séjourne à Alassio. Dans l’une des nombreuses lettres qu’il adresse à son ami August Johannes Jaeger – qu’il surnomme affectueusement Nimroddu titre qu’il a donné à la fameuse neuvième variation des Enigma Variations– il écrit, à Noël 1903 : « …This place is jolly – real Italian and no nursemaids calling out ‘Now, Master Johnny!’  like that anglicised Bordighera!…Our cook is an angel…We have such meals! Such Wine! Gosh!… » Plus tard il écrira : “Then in a flash, it all came to me – the conflict of the armies on that very spot long ago, where I now stood – the contrast of the ruin and the shepherd – and then, all of a sudden, I came back to reality. In that time I had composed the overture – the rest was merely writing it down.”

IMG_3105C’est la vue qu’Elgar avait sur Alassio lorsqu’il résida à la Villa della Pergola.

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San Remo, Dalida et un suicide

San Remo pour moi c’était d’abord les centaines de fleurs qui ornent, chaque Premier janvier, la grande salle dorée du Musikverein de Vienne. En une petite matinée, on peut découvrir une accueillante ville de bord de mer, malheureusement polluée par un trafic automobile ininterrompu. La vieille ville a gardé son charme.

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IMG_3127Le cinéma Ariston où se tient depuis 1977 le Festival de San Remo

Mais San Remo, c’est, pour ses nombreux fans, un épisode tragique de la vie et de la carrière de Dalida, qui a pour cadre précisément le Festival de chanson de San Remo. En 1967, une jeune espoir du cinéma et de la chanson, Luigi Tenco et Dalidaprésentent, à tour de rôle, la chanson Ciao amore ciao.

La chanson n’est pas retenue par le jury du festival, ni Dalida, ni Luigi Tenco ne sont primés. Luigi Tenco se suicide le 27 janvier 1967. Un mois plus tard, au Prince de Galles à Paris, la chanteuse fera une tentative (lire Dalida et Luigi, ils se sont tant aimés)

Il y a même un livre – que je n’ai pas lu – qui revient sur cet épisode tragique – le suicide de Tenco – sur lequel plane encore une ombre de mystère.

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Cervo ou le refuge de Sandor Vegh

Entre Albenca et San Remo, le ravissant village perché de Cervo  domine la Méditerranée du haut de sa splendide basilique Saint-Jean-Baptiste

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Sous la place de l’église, on emprunte la rue… Sandor Veghet on découvre, à l’occasion, que le grand violoniste, quartettiste et chef d’orchestre, né en 1912 à Kolozsvar (Hongrie) aujourd’hui Cluj-Napoca en Roumanie, mort à Salzbourg en 1997, s’était pris d’affection pour ce village médiéval et avait décidé, en 1964, d’y fonder un festival de musique de chambre qui existe toujours et qui se déroule en plein air devant l’église Saint-Jean-Baptiste.

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Les inattendus (II) : Barbirolli le Viennois

Il y a cinquante ans, le 29 juillet 1970, disparaissait John Barbirolli, né Giovanni Battista Barbirolli le 2 décembre 1899.

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J’ai toujours aimé ce chef anglais si original, singulier,  comme je l’écrivais le 21 juin dernier à l’occasion de la parution de l’imposant coffret que lui consacre WarnerSir John ou la musique en fête.

Dans les clichés les plus courants : chef anglais = musique anglaise ! Certes Barbirolli a bien servi sa musique natale, mais il a toujours refusé de se laisser enfermer dans cette « spécialité ».

Mais Vienne était sans doute son jardin secret, comme en témoigne cette étonnante captation de concert de la 36ème symphonie de Mozart avec les Wiener Philharmoniker.

Ou de trop rares enregistrements de symphonies de Haydn

Mais c’est avec la famille Strauss, Suppé, Lehar, que John Barbirolli se fait et nous fait plaisir, prenant tous les risques, toutes les libertés aussi, notamment lors de concerts publics comme cette soirée aux Prom’s

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Y a-t-il plus authentiques Légendes de la forêt viennoise ? 

Y a-t-il plus parfaite ouverture de La Chauve-Souris ? (Carlos Kleiber peut-être ?)

Jusqu’à ce que je réécoute cet Or et argent de Lehar, je tenais la version de Rudolf Kempe et de l’orchestre philharmonique de Vienne comme la référence de cette immense valse.

Et puis le chef anglais aimait bien, comme d’autres de ses collègues (Eugene Ormandy), arranger, tripatouiller diraient certains, certains des tubes de la dynastie Strauss. Témoin cette Annen-Polka, qui prend des proportions vraiment inattendues…

Sir John ou la musique en fête

Je crois n’avoir jamais attendu avec autant d’impatience enfantine le formidable coffret que je viens de recevoir, plusieurs mois après l’avoir commandé.

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J’ai déjà évoqué plusieurs fois la figure singulière de John Barbirolliné en 1899 Giovanni Battista Barbirolli, d’un père italien et d’une mère française installés à Holborn, et disparu il y a cinquante ans, le 29 juillet 1970.

À l’occasion de la reparution de son intégrale des symphonies de Brahms, captée à Vienne en 1967, j’avais écrit ceci dans Diapason :

« Enfin ! Voici rassemblée une somme qu’on désespérait de retrouver autrement
que sous d’éphémères labels ou en versions isolées. Trois ans avant sa mort
en 1970, John Barbirolli grave l’une des plus singulières intégrales des
Symphonies de Brahms (et des habituelles Ouvertures et Variations sur un
thème de Haydn), non pas avec son orchestre Hallé de Manchester, mais avec
les Wiener Philharmoniker.
Remy Louis, dans le texte français de ce coffret, évoque « l’approche pensive
du chef anglais », une « modération récurrente des tempos » qui « surprend
notre temps », une « mélancolie indicible ».
C’est peu dire que Sir John creuse les partitions, respire large et profond, quitte
à oublier le giocoso du 3ème mouvement de la 4ème symphonie ou à donner un
sérieux inhabituel à l’Ouverture académique (composée sur des chansons
estudiantines).
Barbirolli obtient des Viennois – glorieusement captés au Musikverein –
chaleur, souplesse, éloquence (un art si subtil du rubato) à des degrés
rarement atteints par Giulini, Bernstein, Böhm, dans leurs intégrales
brahmsiennes elles aussi gravées à l’automne de leur vie avec le même
orchestre.

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C’est peut-être avec la vétilleuse 3ème symphonie (déjà rééditée en 2010 dans le
coffret « Sir John Barbirolli, The Great EMI Recordings ») que se justifie le
mieux l’affirmation péremptoire de Tully Potter dans le livret: « John Barbirolli
was born to conduct Brahms » : la modération des tempos n’exclut pas le
mouvement, quand elle ne l’induit pas au contraire, la grandeur, la majesté même ne sont lestées d’aucun poids, l’allégresse est plus crépusculaire que
juvénile, des bouffées de nostalgie nimbent un discours qui ne craint ni
l’effusion, ni la contemplation, au risque de surprenantes lenteurs.
Un Brahms loin des trépidations de l’époque, qui ne s’apparente à aucune
école d’interprétation, singulier comme l’était John Barbirolli dans la galaxie
des grands chefs du XXème siècle. » (Diapason, avril 2016)

Barbirolli est rarement cité dans la légende des grands chefs du XXème siècle… comme plusieurs de ses illustres confrères britanniques. La raison ? leur insularité ? chef anglais = musique anglaise ?

La critique continentale est souvent partagée à l’égard d’un chef à vrai dire inclassable. Absence totale de glamour – mais pas d’humour dans un répertoire léger où on ne l’attend pas spontanément, des « live » de concerts viennois qui ne craignent pas les embardées – pas l’allure aristocratique d’un Beecham, mais un chef qui embrasse un répertoire assez incroyable, qui ne s’inscrit dans aucune école, dont le parcours même est singulier, libre, engagé.

Comme on le lit dans l’excellente notice (trilingue) de Raymond Holden, professeur à la Royal Academy of Music de Londres, dans la non moins parfaite traduction d’Hugues Mousseau, toute une série d’enregistrements réalisée pour His Master’s Voice dès 1929 – qui sont évidemment présents dans ce coffret – fit beaucoup pour la notoriété internationale du chef anglais, au point que l’influent agent américain Arthur Judson, alors directeur du Philharmonique de New York pensa à Barbirolli pour remplacer, en 1937, Arturo Toscanini – passé à la concurrence plus généreuse, la NBC ! – Kreisler, Rubinstein ayant loué les talents du Britannique. Le mandat new-yorkais, controversé dès le début, de Barbirolli prenant fin en 1943, le chef répondit avec enthousiasme à la proposition du plus ancien orchestre professionnel de Grande-Bretagne, celui de la ville de Manchesterqui porte le nom de son fondateur, le pianiste d’origine allemande Karl Halle, devenu Sir Charles Hallé.

Contrairement aux promesses qui lui ont été faites, Barbirolli va trouver une phalange en piteux état, aux maigres effectifs. La résurrection, la refondation du Hallé Orchestra sera l’oeuvre de sa vie, puisqu’il en sera le patron jusqu’à sa mort en 1970.

John Barbirolli, c’est une manière d’aborder les grandes arches symphoniques (Brahms, Mahler) comme des fleuves au cours changeant, tour à tour tempétueux ou languide. Donc d’assumer des tempos alentis, contrastés, là où la plupart de ses confrères pressent le pas, confondant souvent vitesse et vivacité, mouvement et animation. Le Sibelius du chef italo-britannique est sans doute celui qui évoque au plus près les immensités de la Carélie, forêts et lacs à perpétuité (Eloge de la lenteur)

Certes, Barbirolli est inégal, certes son orchestre n’est ni le plus brillant, ni le plus techniquement assuré. Certes, et c’est plus surprenant, les prises de son réalisées avec le Hallé Orchestra sont extrêmement hétéroclites, et la belle remastérisation opérée pour ce coffret ne parvient pas à gommer ces disparités. C’est sans doute la raison pour laquelle EMI invita Barbirolli à diriger le Philharmonia, ou le London Symphony pour des oeuvres où les limites techniques des Manchester auraient été trop audibles. Et puis une fois avec les Berliner Philharmoniker en 1964, pour une étrange Neuvième de Mahler, où chef et musiciens, l’un et les autres très peu familiers du compositeur viennois, semblent s’être cherchés sans jamais se trouver. Et la série des Brahms à Vienne. Et une authentique rareté : un disque de musique française avec le tout jeune Orchestre de Paris en 1968.

Peu d’opéras gravés intégralement : PurcellDidon et Enée (Victoria de Los Angeles !), une flamboyante Madame Butterfly captée à Rome avec Scotto et Bergonzi, et l’ultime enregistrement, le rêve de toute une vie, un Otello qui peut ne pas plaire à tout le monde..

Et des gravures légendaires avec Janet Baker, Jacqueline Du Pré, l’interprète de prédilection d’Elgar...

109 CD au minutage très généreux, restituent l’un des parcours les plus originaux du XXème siècle, l’une des personnalités les plus singulières de la musique.

Détails de ce coffret :

STEPHEN ADAMS 1841-1913
The Holy City
The Star of Bethlehem

TOMASO ALBINONI 1671-1751
Oboe Concerto in B flat major Op. 7 No. 3
Oboe Concerto in D major Op. 7 No. 6

ANTON ARENSKY 1861-1906
Variations on a Theme of Tchaikovsky Op. 35a

DANIEL AUBER 1782-1871
Fra Diavolo – Overture

JOHANN SEBASTIAN BACH 1685-1750
Cantata BWV 21 – Ich hatte viel Bekummernis…..Suezfer Kummer CD
Cantata BWV 70: Watch Ye, Pray Ye – Though reviling tongues assail us (arranged Barbirolli)
Cantata BWV 68 – II. Also hatt Gott die Welt geliebt…..Mein glaubiches Herze
Cantata BWV 208 “Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd” – Sheep may safely graze
Concerto in C for Two Pianos and Strings BWV 1061
St Matthew Passion BWV 244 – Du lieber Heiland
Piano Concerto in F minor BWV 1056 – I. Allegro
Violin Concerto No. 2 in E major BWV 1042

MICHAEL BALFE 1808-1870
The Bohemian Girl – Overture

SIR JOHN BARBIROLLI 1899-1970
Elizabethan Suite (arranged)

SIR ARNOLD BAX 1883-1953
Symphony No. 3
The Garden of Fand
Tintagel

LUDWIG VAN BEETHOVEN 1770-1827
Egmont Op. 84 – Overture
Fidelio – Abscheulicher! … Komm Hoffnung
Leonore No. 3 Overture Op. 72a
Piano Concerto No. 5 in E flat major “Emperor” Op. 73
Symphony No. 1 in C major Op. 21
Symphony No. 3 in E flat major “Eroica” Op. 55
Symphony No. 5 in C minor Op. 67
Symphony No. 8 in F major Op. 93
Violin Concerto in D major Op. 61 (cadenzas: Fritz Kreisler)

VINCENZO BELLINI 1801-1835
Norma – Casta Diva

HECTOR BERLIOZ 1803-1869
La Damnation de Faust Op. 24 H 111 (Excerpts)
Le Carnaval Romain Ouverture Op. 9 H 95
Les Nuits d’été Op. 7 (Théophile Gautier)
Symphonie fantastique Op. 14 H 48

SIR HENRY BISHOP 1788-1855
The Comedy of Errors – Lo! Here the gentle Lark CD

GEORGES BIZET 1838-1875
Carmen – L’amore e un strano augello
Carmen – La fleur que tu m’avais jetée (Act 2)
Carmen – Orchestral Potpourri
Carmen – vocal gems
L’Arlésienne – Suite No. 1 WD 28 – Prélude & Adagietto
L’Arlésienne – Suite No. 2 WD 40 – Farandole

JOHANNES BRAHMS 1833-1897
Academic Festival Overture Op. 80
Double Concerto in A minor Op. 102
Ein Deutsches Requiem – Ye that now are sorrowful
Piano Concerto No. 1 in D minor Op. 15
Piano Concerto No. 2 in B flat major Op. 83
Symphony No. 1 in C minor Op. 68
Symphony No. 2 in D major Op. 73
Symphony No. 3 in F major Op. 90
Symphony No. 4 in E minor Op. 98
Tragic Overture Op. 81 CD 59
Variations on a Theme of Joseph Haydn Op. 56a (St Antoni)
Violin Concerto in D major Op. 77

BENJAMIN BRITTEN 1913-1976
Violin Concerto in D minor Op. 15 (original version)

GEORGE BUTTERWORTH 1885-1916
A Shropshire Lad – orchestral rhapsody

PABLO CASALS 1876-1973
Sardana (arranged for cello orchestra)

EMMANUEL CHABRIER 1841-1894
España – rapsodie pour orchestre
Joyeuse marche

FRÉDÉRIC CHOPIN 1810-1849
Piano Concerto No. 1 in E minor Op. 11
Piano Concerto No. 2 in F minor Op. 21

DOMENICO CIMAROSA 1749-1801
Oboe Concerto in C minor (arranged Benjamin)

JEREMIAH CLARKE c1674-1707
Trumpet Voluntary (arr. Sir Henry J. Wood)

SAMUEL COLERIDGE-TAYLOR 1875-1912
Scenes from The Song of Hiawatha Op. 3 – Cantata No. 3: Spring had come

ARCANGELO CORELLI 1653-1713
Concerto Grosso for String Orchestra (from Op. 5) (arranged Barbirolli)
Concerto for Oboe and Strings in F major (from Violin Sonatas Op. 5) (arranged Barbirolli)

TEODORO COTTRAU 1827-1879
Santa Lucia

CLAUDE DEBUSSY 1862-1918
La Mer L 111 (109)
Trois Nocturnes L 98 (91)
Prélude a l’après-midi d’un faune L 87 (86)

LÉO DELIBES 1836-1891
Sylvia – excerpts

FREDERICK DELIUS 1862-1934
A Song of Summer RT VI/26
A Song before Sunrise RT VI/24
A Village Romeo and Juliet RT I/6 – Intermezzo: Walk to the Paradise Garden (arr. Beecham)
Two Aquarelles RT IV.5 (arr. Fenby)
Appalachia – Variations on an Old Slave Song RT II/2
Brigg Fair – An English Rhapsody RT VI/16
Fennimore and Gerda Intermezzo RT I/8 (arr. Fenby)
Hassan – Incidental Music RT I/9 (arranged Beecham)
In a Summer Garden RT VI/17
Irmelin Prelude RT VI/27
Koanga – La Calinda (Act 2) RT I/4 (arranged Fenby)
On Hearing the First Cuckoo in Spring RT VI/9
Prelude and Idyll RT II/10
String Quartet No. 2 – III. Late Swallows RT VIII/4 (arranged Fenby)
Summer Night on the River RT VI/19

GAETANO DONIZETTI 1797-1848
Don Pasquale – Overture
L’elisir d’amore – Una furtiva lagrima

ANTONÍN DVOŘÁK 1841-1904
Legends Op. 59 B122
Scherzo capriccioso Op.66 B131
Serenade in D minor for winds, cello & double bass Op. 44, B77
Symphony No. 7 in D minor Op. 70
Symphony No. 8 in G major Op. 88
Symphony No. 9 in E minor “From the New World” Op. 95 B178

SIR EDWARD ELGAR 1857-1934
Bavarian Dances Op. 27 – II. Lullaby
Caractacus Op. 35 – Oh! My warriors – Leap, leap to light (Sword Song)
Cello Concerto in E minor Op. 85
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Dream Children Op. 43 – I. Andante
Dream of Gerontius Op. 38: Part Two
Elegy Op. 58
Falstaff – symphonic study Op. 68
Froissart Overture Op. 19
Introduction and Allegro for String Quartet and String Orchestra Op. 47
Pomp and Circumstance March No. 1 in D major Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 2 in A minor Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 3 in C minor Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 4 in G major Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 5 in C major Op. 39
Sea Pictures Op.37
Sea Pictures Op. 37: Where corals lie
Serenade in E minor Op. 20
Sospiri Op. 70
Symphony No. 1 in A flat major Op. 55
Symphony No. 2 in E flat major Op. 63
The Dream of Gerontius Op. 38
Variations on an Original Theme “Enigma” Op. 36

FRÉDÉRIC ALFRED D’ERLANGER 1868-1943
Midnight Rose – selection

MANUEL DE FALLA 1876-1946
Siete canciones populares españolas (orch. Ernesto Halffter)

GABRIEL FAURÉ 1845-1924
Pelléas et Mélisande Op. 80 – Suite from incidental music
Shylock Op. 57 – Suite – Nocturne

CÉSAR FRANCK 1822-1890
Variations symphoniques FWV 46

SIR EDWARD GERMAN 1862-1936
Nell Gwyn – incidental music

UMBERTO GIORDANO 1867-1948
Andrea Chénier – Un dì, all’ azzuro spazio guardai profondo

ALEXANDER GLAZUNOV 1865-1936
Les Ruses d’amour Op. 61 – Ballabile
The Seasons Op. 67 – Bacchanale
Violin Concerto in A minor Op. 82

CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK 1714-1787
Orfeo – Che faro senza Eurydice
Armide – Ah! si la liberté

CHARLES GOUNOD 1818-1893
Faust – Orchestral Potpourri
Faust – Mephistopheles’ Serenade
Jesus of Nazareth CD 103*
Petite Symphonie in B flat for winds

PERCY GRAINGER 1882-1961
Irish Tune from County Derry (Londonderry Air)
Molly on the Shore
Mock Morris
Shepherd’s Hey

EDVARD GRIEG 1843-1907
Two Elegiac Melodies Op. 34
Lyric Pieces Op. 57 – IV. Geheimnis (orch. Barbirolli)
Lyric Suite Op. 54
Norwegian Dances Op. 35
Peer Gynt Op. 23 – Incidental Music – extracts
Peer Gynt – Suite No. 1 Op. 46
Piano Concerto in A minor Op. 16
Sigurd Jorsalfar Op. 22 – V. Homage March
Sigurd Jorsalfar Op. 56 – III. Homage March
Symphonic Dances Op. 64
Symphonic Dances Op. 64 – II. Allegretto grazioso

GEORGE FRIDERIC HANDEL 1685-1759
Acis and Galatea – As when the dove
Judas Maccabaeus HWV 63 – Sound an Alarm
Messiah HWV 56 – Comfort ye my people – Thou shalt break them
Messiah HWV 56 – Rejoice greatly
Messiah HWV 56 – The Trumpet shall sound
Oboe Concerto No. 1 in B flat major HWV 301 (edited Rothwell and Mackerras)
Organ Concerto in B flat Op. 7 No. 1 HWV 306
Rodrigo HWV 5 – Suite (ed. Sir Anthony Lewis & Philip Cranmer)
Serse HWV 40 – Ombra mai fù
Serse HWV 40 – Suite (arr. Hoffman)
Serse HWV 40 – Frondi tenere … Ombra mai fu

FRANZ JOSEF HAYDN 1732-1809
Cello Concerto No. 2 in D major Hob. VIIb:2
Die Jahreszeiten Hob. XXI:3 – Schön eilet froh der Ackersmann
Keyboard Concerto in D major Hob. XVIII: 11 – III. Rondo al Ungarese
Oboe Concerto in C major Hob VIIg:C1 (attributed Haydn)
Symphony No. 83 in G minor “La poule”
Symphony No. 88 in G major Hob. I:88
Symphony No. 96 in D major “Miracle” Hob. I:96
Symphony No. 104 in D major “London” Hob. I:104

MICHAEL HEMING 1920-1942
Threnody for a soldier killed in action (completed & orch. Anthony Collins)

JOHANN WILHELM HILL 1838-1902
Das Herz am Rhein

ENGELBERT HUMPERDINCK 1854-1921
Hänsel und Gretel – Overture

JACQUES IBERT 1890-1962
Divertissement for Chamber Orchestra

JOHN IRELAND 1879-1962
A London Overture
Mai Dun – symphonic rhapsody
The Forgotten Rite – Prelude
These Things Shall Be (J. A. Symons)

EDVARD ARMAS JÄRNEFELT 1869-1958
Berceuse
Praeludium

FRANZ LEHÁR 1870-1949
Gold und Silber – Walzer Op. 79

RUGGERO LEONCAVALLO 1858-1919
Pagliacci – Jetzt spielen….. Hüll dich in Tand
Pagliacci – No! Pagliacco non son
Pagliacci – Recitar…….Vesti la giubba – No! Pagliacco non son

CARL LOEWE 1796-1869
Fridericus Rex Op. 61 No. 1

ALEXANDRE LUIGINI 1850-1906
Ballet Russe Op. 23

ANATOLY LYADOV 1855-1914
The Enchanted Lake Op. 62

GUSTAV MAHLER 1869-1911
Fünf Rückert-Lieder
Kindertotenlieder
Lieder eines Fahrenden Gesellen
Symphony No. 1 in D major
Symphony No. 5 in C sharp minor
Symphony No. 6 in A minor “Tragic”
Symphony No. 9 in D minor

ALESSANDRO MARCELLO 1673-1747
Oboe Concerto in C minor S.Z.799 (Originally D minor) (ed. Rothwell)

PIETRO MASCAGNI 1863-1945
Cavalleria Rusticana – Addio alla madre
Cavalleria Rusticana – Intermezzo

JULES MASSENET 1842-1912
Manon – O dolce incanto – En fermant les yeux
Scènes Alsaciennes – III. Sous les tilleuls

FELIX MENDELSSOHN 1809-1847
A Midsummer Night’s Dream – incidental music Op. 61: Scherzo
Elias Op. 70 – Herr Gott Abrahams
The Hebrides Overture Op. 26
Octet in E flat major Op. 20 – Scherzo
Symphony No. 4 in A major “Italian” Op. 90

ANDRÉ MESSAGER 1853-1929
Fortunio – The Grey House

GIACOMO MEYERBEER 1791-1864
L’Africaine – Land so wunderbar

GEORG MATTHIAS MONN 1717-1750
Cello Concerto in G minor (harpsichord continuo realised by Schoenberg: ed. Aveling)

WOLFGANG AMADEUS MOZART 1756-1791
Cassation in G major K99 – II. Andante
Die Zauberflöte K620 – Ah! je le sais
Die Zauberflöte K620 – Overture
Die Zauberflöte K620 – O Isis und Isiris (arranged for cello orchestra by Barbirolli)
Divertimento No. 11 in D major K251 – Minuet CD 14
Don Giovanni – Madamina…..Nella bionda
Don Giovanni K527- Don Ottavio! Son morta…….Or sai chi l’onore
Le nozze di Figaro K492 – Overture
Le nozze di Figaro K492 – Porgi amor
Oboe Concerto in C major K314
Piano Concerto No. 22 in E flat major K482
Piano Concerto No. 23 in A major K488
Piano Concerto No. 27 in B flat major K595
Serenade No. 13 in G major “Eine kleine Nachtmusik” K525
Symphony No. 29 in A major K201
Symphony No. 41 in C major “Jupiter” K551
Violin Concerto No. 5 in A major K219

MODEST MUSSORGSKY 1839-1881
Song of the Flea

ETHELBERT NEVIN 1862-1901
The Rosary

OTTO NICOLAI 1810-1849
Die lustigen Weiber von Windsor – Overture

CARL NIELSEN 1865-1931
Symphony No. 4 “Inextinguishable” Op. 29

GIOVANNI BATTISTA PERGOLESI 1710-1736
Concerto for Oboe and Strings in C major (arranged Barbirolli) (1948)

AMILCARE PONCHIELLI 1834-1886
La Gioconda Op. 9 – Dance of the Hours

GIACOMO PUCCINI 1858-1924
La bohème – Che gelida manina
La bohème – Si sente meglio … Che gelida manina … Sì. Mi chiamano Mimì … Oh soave fanciulla
Madama Butterfly
Madama Butterfly – Viene la sera … Voglietemi bene … Una poco di vero … Quanti occhi fisi
Manon Lescaut – Donna non vidi mai
Manon Lescaut – Dunque questa lettiga …Tu, tu, amore … O tentatrice
Manon Lescaut – Intermezzo (Act 3)
Turandot – extracts
Tosca – E lucevan le stelle … Ah! Franchilgia … O dolci mano … Senti l’ora … Amora
Tosca – E lucevan le stelle
Tosca – Recondita armonia – E lucevan le stelle
Tosca – Tre sbirri, una carozza – La povera mia cena CD 101

HENRY PURCELL 1659-1695
Dido and Aeneas Z626 (ed. Boyling)
The Married Beau Z603 – Hornpipe on a Ground
Suite for Strings, Woodwinds and Horns (arranged Barbirolli)

ROGER QUILTER 1877-1953
A Children’s Overture Op. 17

JOACHIM RAFF 1822-1882
La Fileuse Op. 157 No. 2 (arranged Alfonso Gibilaro)

MAURICE RAVEL 1875-1937
Daphnis et Chloé – Suite No. 2 M 57
La valse M 72
Ma mère l’oye – Suite M 60
Shéhérazade M 41 (Tristan Klingsor)

NIKOLAY RIMSKY-KORSAKOV 1844-1908
Capriccio espagnol Op. 34

FREDERICK ROSSE 1867-1940
Merchant of Venice – Suite from incidental music

GIOACHINO ROSSINI 1792-1868
Guillaume Tell Overture & Ballet Music (arranged Charles Godfrey Jnr.)
Il barbiere di Siviglia – La calunnia
Il barbiere di Siviglia – Largo al factotum
Il barbiere di Siviglia – Una voce poco fà
La gazza ladra – Overture
Semiramide – Overture
Stabat Mater – Inflammatus

EDMUND RUBBRA 1901-1986
Improvisations on Virginal Pieces by Giles Farnaby Op. 50 – IV. Loth to depart
Symphony No. 5 in B flat major Op. 63

CAMILLE SAINT-SAËNS 1835-1921
Havanaise Op. 83
Introduction and Rondo Capriccioso Op. 28
Le Carnaval des Animaux – grande fantaisie R 125
Samson et Dalila – O aprile foriero di sogni – Amor! Miei sini proteggi – Il mio cuore si apre alla tua voce
Valse Caprice Op. 76

PABLO SARASATE 1844-1908
Zigeunerweisen Op. 20 No. 1

ARNOLD SCHOENBERG 1874-1951
Pelleas und Melisande – symphonic poem Op. 5

FRANZ SCHUBERT 1797-1828
Die Zauberharfe D644 – Overture (Rosamunde)
Marche Militaire No. 1 in D major Op. 51 No 1, D. 733
Rosamunde – Incidental Music D. 797 – II. Ballet
Symphony No. 9 in C major “The Great” D944

ROBERT SCHUMANN 1810-1856
Cello Concerto in A minor Op. 129
Violin Concerto in D minor WoO23

JEAN SIBELIUS 1865-1957
Finlandia Op. 26
Four Legends The Swan of Tuonela & Lemminkäinen’s Return Op. 22
Karelia Suite Op. 11
Kuolema Op. 44 – I. Valse triste
Lemminkaïnen Legends Op. 22 – II. Swan of Tuonela
Pelléas et Mélisande – suite Op. 46
Pohjola’s Daughter Op. 49
Rakastava Op. 14
Romance in C major Op. 42
Scènes historiques Suite No. 1 Op. 25
Scènes historiques Suite No. 2 Op. 66
Symphony No. 1 in E minor Op. 39
Symphony No. 2 in D major Op. 43
Symphony No. 3 in C major Op. 52
Symphony No. 4 in A minor Op. 63
Symphony No. 5 in E flat major Op. 82
Symphony No. 6 in D minor Op. 104
Symphony No. 7 in C major Op. 105

JOHN PHILIP SOUSA 1854-1932
Stars and Stripes for Ever – March

JOHANN STRAUSS I 1804-1849
Radetzky March Op. 228 (orch. Gordon Jacob)

JOHANN STRAUSS II 1825-1899
An der schönen, blauen Donau – Walzer Op. 314
Annen Polka Op. 117
Champagner-Polka Op. 211
Der Zigeunerbaron – Overture
Die Fledermaus – Overture
Die Fledermaus – Brother dear and sister dear… Oh! what a feast, what a wonderous night
G’schichten aus dem Wienerwald – Walzer Op. 325
Kaiserwalzer Op. 437
Perpetuum mobile Op. 257
Rosen aus dem Süden – Walzer Op. 388
Unter Donner und Blitz – Polka Op. 324

JOHANN STRAUSS II 1825-1899 & JOSEF STRAUSS 1827-1870
Pizzicato Polka

STRAUSS FAMILY
A Strauss Fantasy (arranged Landauer)

RICHARD STRAUSS 1864-1949
Der Rosenkavalier – Waltz Sequence (arr. Barbirolli)
Der Rosenkavalier Op. 59, TrV 227 – Suite
Die Liebe der Danae Op. 83, TrV 278 – Symphonic Fragments (arr. Clemens Krauss)
Ein Heldenleben Op. 40
Metamorphosen TRV 290

IGOR STRAVINSKY 1882-1971
Concerto in D major for String Orchestra

FRANZ VON SUPPÉ 1819-1895
Banditenstreiche – Overture
Dichter und Bauer – Overture
Die leichte Kavallerie – Overture
Die schöne Galathée – Overture
Ein Morgen, ein Mittag und ein Abend in Wien – Overture
Pique Dame – Overture

SIR ARTHUR SULLIVAN 1842-1900
Ivanhoe – Woo thou, thy snowflake
The Lost Chord
The Golden Legend – The Night is calm
The Light of the World – God shall wipe away all tears

PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY 1840-1893
Francesca da Rimini Op. 32 TH 46
Marche Slave Op. 31
Piano Concerto No. 1 in B flat minor Op. 23
Romeo and Juliet – fantasy overture TH 42
Serenade in C Op. 48
String Quartet No. 1 in D major Op. 11 – II. Andante cantabile
Symphony No. 4 in F minor Op. 36
Symphony No. 5 in E minor Op. 64
Symphony No. 6 in B minor “Pathétique” Op. 74
Swan Lake Op. 20 – Excerpts
Violin Concerto in D major Op. 35

SIR PAOLI TOSTI 1846-1916
Goodbye
Addio

JOAQUÍN TURINA 1882-1949
Danzas fantásticas Op. 22

RALPH VAUGHAN WILLIAMS 1872-1958
A London Symphony (No. 2) (1936 Revised Edition)
Fantasia on a Theme by Thomas Tallis
Fantasia on “Greensleeves” (arr. Greaves)
Five Variants of Dives and Lazarus for Harp and String Orchestra
Oboe Concerto in A minor
Sinfonia Antarctica (No. 7)
Symphony No. 5 in D major
Symphony No. 8 in D minor
The Wasps – Aristophanic Suite: Overture
Tuba Concerto in F minor

GIUSEPPE VERDI 1813-1901
Don Carlos – O don fatale
Falstaff – Your honour! Ruffians – When I was page to the Duke of Norfolk
Il trovatore – Stride la vampa – Condotta ell’era
La forza del destino – Overture
La forza del destino – Madre, pietosa vergine… Deh! non m’abbandonar – Pace, pace, mio Dio
La traviata Prelude from Acts I & III
Messa da Requiem
Otello
Otello – Dio mi potevi – Niun mi tema
Otello – Gott! warum hast du gehauft dieses Elend – Jeder Knabe kann mein schwert
Otello – Inaffia l’ugola
Un ballo in maschera – Eri tu che macchiava

HENRI VIEUXTEMPS 1820-1881
Violin Concerto No. 4 in D minor Op. 31

HEITOR VILLA-LOBOS 1887-1959
Bachianas Brasilieras No. 4

RICHARD WAGNER 1813-1883
Der fliegende Holländer – Overture
Der fliegende Holländer – Yo-Ho-He (Senta’s Ballad) (Act 2)
Der fliegende Holländer – Spinning Chorus
Die Meistersinger von Nürnberg – Overture
Die Meistersinger von Nürnberg – Overture & Orchestral Suite from Act 3 (Arr. Barbirolli)
Die Meistersinger von Nürnberg – Selig wie die Sonne … Morgenlicht leuchtend
Die Meistersinger von Nürnberg – Morning was glowing
Die Meistersinger von Nürnberg – The Elders’ scent grows round me
Die Walküre – Der alte Sturm, die alte Muh! … So ist’s den aus – Mit tiefem Sinne – Was verlangst du?
Die Walküre – Winterstürme wichen dem Wonnemond
Lohengrin – Act 1: Prelude
Lohengrin – Preludes from Act I & Act III
Lohengrin – In distant lands
Parsifal – Ich sah das Kind
Rienzi – Overture
Rienzi – Allmächt’ger Vater, blick herab
Tannhäuser – Overture
Tannhäuser – Die tone Lob’! Die Wunder sei’n gepriesen
Tannhäuser – Orchestral potpourri (arr. Alfonso Gibilaro)
Tristan und Isolde – Prelude & Liebestod
Tristan und Isolde – Mild und leise
Wesendonck Lieder – Schmerzen – Träume

ÉMILE WALDTEUFEL 1837-1915
Les Patineurs – Valse Op. 183

WILLIAM VINCENT WALLACE 1812-1865
Maritana – Overture

CARL MARIA VON WEBER 1786-1826
Der Freischütz – Overture
Euryanthe – Overture
Oberon – Overture
Oberon – Ocean! Thou mighty monster

HENRYK WIENIAWSKI 1835-1880
Violin Concerto No. 2 in D minor Op. 22

TRADITIONAL
Irish Tune from County Derry (Londonderry Air) (arr. Percy Grainger)
O’ a’ the airts the wind can blow (arranged Ross)
Turn ye to me (arranged Gibilaro)


 

Victoria de los Angeles, Montserrat Caballe, Gwyneth Jones, Renata Scotto, Janet Baker, Fiorenza Cossotto, Marjorie Thomas, Carlo Bergonzi, Benjamino Gigli, Lauritz Melchior, Jon Vickers, Kim Borg, Dietrich Fischer-Dieskau, Ruggero Raimondi, Feodor Schaljapin, Marian Nowakowski, Yvonne Arnaud, Wilhelm Backhaus, Daniel Barenboim, Edwin Fischer, Alfred Cortot, Arthur Rubinstein, Mindru Katz, Ethel Bartlett, Jacqueline du Pre, Andre Navarra, Gregor Piatigorsky, Alfredo Campoli, Mischa Elman, Jascha Heifetz, Fritz Kreisler, Yehudi Menuhin, Eric Chadwick, Evelyn Rothwell,

BBC Symphony Orchestra, Berliner Philharmoniker, Halle Orchestra, London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, New Philharmonia Orchestra, Philharmonic Symphony Orchestra New York, Orchestra del Teatro dell’Opera di Roma, Orchestre de Paris, Wiener Philharmoniker, Sinfonia of London

Beethoven 250 (X) : Schmidt-Isserstedt, Mazari

A défaut de concerts publics, on va continuer de célébrer Beethoven, les 250 ans de sa naissance, grâce au disque, grâce à la radio.

Une nouveauté, dans un paysage discographique lui aussi touché par la crise sanitaire, attire l’attention :

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Dans le dernier Classica, Alain Lompech ne tarit pas d’éloges sur le jeune pianiste français Sélim Mazari et sur un premier disque, intelligemment placé dans l’actualité de l’année Beethoven, mais qui expose un répertoire qui n’est pas le plus couru du maître de Bonn.

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Confinement oblige, on a pas mal revisité une discothèque où on fait régulièrement le tri entre l’accessoire, le fugace et l’essentiel.

Pilier de ma discothèque beethovénienne, ce coffret devenu « collector » de deux intégrales idiomatiques : les symphonies captées dans le plus authentique son viennois des années 60 sous la baguette souveraine du grand Hans Schmidt-Isserstedtles concertos sous les doigts certes assagis mais stylistiquement impérissables de Wilhelm Backhaus, et l’archet d’Henryk Szeryng.

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Une tribune de Classica il y a deux ans avait établi la version Schmidt-Isserstedt comme une référence pour la 9ème symphonie de Beethoven.

 

Mimi è morta

On apprenait ce soir le décès de Mirella Freni à 85 ans dans sa ville natale de Modène. Douze ans après son frère de lait, Luciano Pavarotti. 

Je n’ai eu qu’une seule fois la chance de voir Mirella Freni sur scène, c’était à l’Opéra Bastille en 1994 – elle avait presque 60 ans ! – dans Adrienne Lecouvreur, l’opéra de Cilea

Elle paraissait, elle qu’on ne connaissait que par le disque – et quels disques ! – ou quelques DVD – et on n’avait soudain plus d’yeux et d’oreilles que pour elle. Sans qu’il y eût dans son apprêt et son allure la moindre arrogance, la moindre démonstration d’un statut de diva qu’elle ne revendiqua jamais. On l’applaudit à tout rompre, comme pour la remercier d’avoir été ce soir-là sur la scène de Bastille plus belle, plus grande, plus exceptionnelle que dans tous ses disques qu’on connaissait par coeur.

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Mirella Freni – ce n’est pas très original ! – c’est pour toujours la voix, l’incarnation du personnage de Mimi de La Bohème dans les deux versions qu’elle a enregistrées et que j’ai découvertes presque au même moment.

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Captée en 1964 à Rome, sous la baguette si tendre du trop tôt disparu Thomas Schippers, la première Mimi de Freni est si juste, si vraie, plus authentique peut-être que la version grand luxe – qu’on adore ! – réalisée huit ans plus tard avec l’ami d’enfance et le grand Karajan

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Entre Karajan et Freni, la relation artistique sera féconde et sans faux pas.

Autre rôle que Mirella Freni continuera d’incarner longtemps à mes oreilles, la Micaela de Carmen de Bizet. Pas moins de trois enregistrements officiels, dont l’un me semble idiomatique – chef et rôle-titre idéaux (Grace Bumbry et Rafael Frühbeck de Burgos)

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On peut éviter les deux autres versions.

On retrouve Freni en même compagnie que dans le disque Frühbeck, mais à nouveau avec Karajan qui abuse un peu trop des effluves capiteux des Wiener Philharmoniker

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Avec Karajan toujours, mais jamais sur scène à ma connaissance, pour le disque et la caméra de Jean-Pierre Ponnelle, elle est Madame Butterfly

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Dans la discographie de la chanteuse, on trouvera encore bien des réussites.

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Merci à Orfeo qui donne à entendre Mirella Freni à son meilleur dans les rôles de sa vie.

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71nXMy6DIIL._SL1200_Et plus encore à Warner qui, en 4 généreux CD, retrace le parcours d’une musicienne tout entière vouée au meilleur de son art.

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Nouvel an letton

J’ai pu finalement regarder/écouter avec quelques jours de décalage le concert de Nouvel an de Vienne. Un rituel auquel, jadis, je ne me serais dérobé sous aucun prétexte. Je suis moins assidu depuis quelques années, soit parce que je suis loin, en voyage (comme cette année sur le continent africain – La beauté du monde – soit par lassitude.

J’avais, il y a six ans, établi mon Top 10  des Concerts de Nouvel anJe n’ai rien à retoucher à ce classement. Sur ce blog, j’ai souvent évoqué cette tradition et ses chemins de traverse, comme en 2018.

Alors cette édition 2020 ?

Remy Louis – dont je partage le plus souvent les avis – écrivait sur Facebook : Un concert du Nouvel An qui renoue avec le charme, le principe de plaisir, la joie, avec un chef qui sait se lover avec spontanéité dans ce qui fait les Wiener Philharmoniker uniques dans ce répertoire… Voilà qui n’était pas arrivé depuis… longtemps !

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Après une première écoute, je suis moins enthousiaste que l’ami Remy Louis sur Andris Nelsonsqui certes ne cache pas son plaisir – manifestement partagé par les Wiener Philharmoniker – de diriger ce répertoire. Dans une toute autre perspective que le très guindé Christian Thielemann l’an dernier, le chef letton semble intimidé, prudent – quelle sagesse dans l’ouverture de Cavalerie légère de Suppé ! – ou, à l’inverse, trop plein d’intentions – la Dynamiden Walzer de Josef Strauss qui n’en finit pas de démarrer sans jamais vraiment décoller -. Les quelques trop rares moments où il sort du bois, et du cocon dans lequel il aime « se lover », pour reprendre l’expression de Remy Louis, donnent une idée de ce qu’Andris Nelsons pourrait donner s’il se débridait, s’il osait s’affirmer, ou tout simplement laisser couler cette musique qui n’est jamais aussi géniale que lorsqu’elle paraît « naturelle ».

Une fois qu’on a redit que Carlos Kleiber, en 1989 et 1992, est insurpassable, que Boskovsky est idiomatique, on réécoute avec un bonheur chaque fois renouvelé les deux concerts que Claudio Abbado dirigeait à Vienne en 1988 et 1991.

Qu’on écoute simplement Le beau Danube pour avoir une idée de ce « naturel », de cet idéal de simplicité et de fluidité, que j’attends, et que j’entends dans cette musique.

Pour ceux qui voudraient sortir des habituelles compilations ou concerts de Nouvel an, ces quelques galettes que je conserve précieusement, et auxquelles je reviens souvent lorsque je veux entendre la musique des Strauss, délivrée de l’empois d’une fausse tradition.

Jascha Horenstein file droit et joyeux avec ses Viennois

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Josef Krips illustre à la perfection l’idéal de l’esprit viennois, dans un CD qui paraît ces jours-ci dans la collection Eloquence

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Au début des années 60, l’immense Carl Schuricht grave, toujours à Vienne, quelques valses et polkas qui sont des modèles de style et de goût.

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Même évidente simplicité dans les précieuses gravures du chef suédois, d’origine hongroise, Carl von Garagulyavec la somptueuse Staatskapelle de Dresde.

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Je pourrais citer encore Rudolf Kempe ou  Manfred Honeck (ce dernier étant devenu un brillant chef d’orchestre après avoir joué, comme son frère, au sein du philharmonique de Vienne)…

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