Entre le Bulgare d’hier et l’Ouzbek d’aujourd’hui

Se souvenir d’Alexis Weissenberg

Finalement je l’ai acheté ce coffret, ces 37 CD qui restituent l’intégralité des enregistrements du pianiste pour EMI, et même un disque de sonates de Haydn déjà paru dans un coffret RCA.

Pourtant la dernière prestation d’Alexis Weissenberg (1929-2012) à laquelle j’ai assisté en 1997 ou 1998 m’a laissé un souvenir terrible. C’était un concert organisé par une grande école parisienne avec je ne sais plus quel orchestre, c’était au Palais Garnier, et à force de pressions, France Musique avait été obligée de capter ce concert, dirigé par Yehudi Menuhin avec en soliste Alexis Weissenberg. Au programme figurait le concerto n°9 de Mozart, c’était mal parti le pianiste bousculait déjà le premier mouvement, mais le comble de la confusion fut atteint dans le rondeau final. Weissenberg avalait les notes et les traits à une telle vitesse qu’il était impossible pour Menuhin et l’orchestre de suivre le soliste. On eut donc ce résultat, digne d’un Tom and Jerry, avec un pianiste posant le dernier accord deux bonnes minutes avant l’orchestre. Nous étions plusieurs, assis dans la salle, à nous regarder effarés par un tel naufrage. Cela n’empêcha pas une salle d’invités d’applaudir à tout rompre…et les organisateurs de s’assurer que France Musique avait bien diffusé l’exploit en direct. Je leur expliquai que non ce n’était pas du direct et que pour la diffusion on aviserait ultérieurement….

Quelques années après, allant féliciter un pianiste qui venait de jouer au Théâtre des Champs-Elysées, je vis devant moi dans le couloir qui menait à sa loge, un très vieux monsieur tout voûté avançant à pas lents. Je mis un peu de temps à reconnaitre Alexis Weissenberg, qui était alors dans sa soxantaine. Ce n’est qu’après sa mort que j’apprendrai, comme le monde musical, l’un des secrets les mieux gardés, la maladie de Parkinson qui l’avait touché dès le début des années 80.

Mais Alexis Weissenberg je l’avais souvent vu à la télévision, merci le Grand Echiquier de Jacques Chancel (en particulier lors de cette soirée mémorable avec Karajan et l’orchestre philharmonique de Berlin (à voir sur ma chaîne YouTube). Et une première fois en récital à Poitiers. Je m’étais fait dédicacer son tout nouveau disque du 5e concerto de Beethoven dirigé par Karajan…

Je me rappelle des critiques sur ces concertos de Beethoven qui, étonnés par les bizarreries de la prise de son, se demandaient si le piano n’avait pas été enregistré séparément de l’orchestre, puis mixé pour le disque…

En réalité, Alexis Weissenberg est un artiste à part. Cette sorte d’objectivité, de droiture diront certains, dans l’approche des oeuvres, de Bach à Chopin, de Schumann à Ravel, surprend encore aujourd’hui ceux qui s’attachent à la qualité du son, ou à l’engagement du musicien dans l’oeuvre. Au moins ne risque-t-on pas la monotonie, même si on est plus d’une fois bousculé dans ses certitudes !

Une décennie après

Je me demandais l’autre soir à Liège où j’avais entendu pour la dernière fois le pianiste ouzbek Behzod Absudarimov.

Maintenant, grâce à ce blog, j’en retrouve la trace. C’était en 2015 dans le tout nouvel Auditorium de Radio France. Behzod faisait ses débuts parisiens dans le 3e concerto de Prokofiev.

« On a d’abord été surpris par ce qui nous semblait de la prudence dans le jeu du jeune pianiste ouzbek Behzod Abduraimov – on a trop les feux d’artifice de Martha Argerich dans l’oreille ! – puis conquis par cette calme puissance, typique d’une certaine école russe, qui ménage ses effets, emporte l’adhésion sans épate. Preuve supplémentaire dans le bis : on aurait dit Gilels dans La Campanella de Liszt « 

Dans le 1er concerto de Tchaikovski jeudi à Liège c’était, onze ans après, la même impression de « calme puissance » :

Intéressant de comparer ces deux visages du piano d’hier et d’aujourd’hui.

Cadeau

Plus personne aujourd’hui ne joue en concert la 2e symphonie de Borodine, ni ne l’enregistre plus. Dans la discographie de Carlos Kleiber, il y a cette archive prodigieuse de 1972.

Et toujours humeurs et réactions du moment dans mes brèves de blog

Retour de Liège

Je n’aurais pas imaginé soirées plus contrastées que celles que j’ai vécues successivement mercredi à Paris et jeudi à Liège. Le 16 septembre c’était à l’Auditorium de Radio France l’Orchestre national de France dirigé par Gianandrea Noseda et en soliste, malheureusement pas Daniil Trifonov (critique à lire sur Bachtrack). Le 17 c’était à la Salle philharmonique le concert d’ouverture de saison de l’Orchestre philharmonique royal de Liège dirigé par son directeur musical Lionel Bringuier (lire Le choix d’un chef)

Un peu d’histoire

Quand j’ai été nommé à la direction générale de l’orchestre, le 1er octobre 1999 (lire Liège à l’unanimité), la grande salle du conservatoire, comme elle s’appelait depuis son inauguration en 1887 sur le boulevard Piercot, était en pleins travaux de rénovation/restauration. Les bureaux de l’orchestre étaient situés dans la rue Forgeur, parallèle, et l’orchestre donnait ses concerts dans l’église Saint Martin. J’eus donc pour première mission de veiller à la bonne fin des travaux, à l’aménagement des espaces de travail, pour le personnel, les musiciens, les équipes techniques (dans les premiers plans, on avait oublié beaucoup de monde…). Et le 8 septembre 2000 on rouvrit les portes de l’édifice, provoquant une ruée indescriptible des Liégeois, et une panne immédiate de tous les nouveaux ascenseurs ! Comme l’orchestre en devenait le seul et unique gestionnaire, on proposa de donner à la salle un nom qui s’imposait : Salle Philharmonique de Liège. Il ne fallut pas moins de vingt bonnes années pour que la nouvelle appellation entre dans les moeurs et supplante le « Conservatoire ».

Il fallut aussi se battre, au début avec trois ministères différents, pour que l’orchestre soit doté en conséquence de ses devoirs de gestion et d’entretien de cette salle qui continue à faire mon admiration et celle de nombre d’artistes qui s’y produisent et la choisissent pour leurs enregistrements. Pendant presque quinze ans, j’eus souvent le sentiment d’être bien seul à me coltiner avec les pouvoirs subsidiants, pour obtenir les financements nécessaires, signer des contrats-programmes à chaque fois en hausse. En discutant avec une partie de l’équipe avant-hier, j’ai constaté avec bonheur que l’OPRL est en excellente santé financière et culturelle. Il bénéficie depuis plusieurs années du système de tax Shelter que Didier Reynders, alors ministre des finances, avait instauré pour le cinéma au mitan des années 2000. Et de me rappeler un rendez-vous que j’avais pris avec le ministre liégeois dans ses vastes bureaux de la rue de la Loi à Bruxelles, pour lui suggérer d’élargir le système du tax Shelter au spectacle vivant, et évidemment en particulier à l’orchestre de Liège qui entamait un partenariat avec Walimages pour enregistrer des musiques de film. L’idée a fait son chemin… et de quelle belle manière !

Behzod et Lionel

Quel formidable concert ce jeudi soir ! Le 1er concerto de Tchaikovski et la 6e symphonie de Chostakovitch. Un pianiste admirable, la vraie virtuosité transcendante qui se la joue modeste, et un personnage si sympathique que cet Ouzbek de 36 ans – Behzod Abduraimov – qui nous donne en bis une Campanella de Liszt à tomber, comme si c’était la partition la plus facile à jouer après le déferlement tchaikovskien…

Et puis quelle idée géniale de choisir la « petite » 6e symphonie de Chostakovitch – plutôt que la 5e, la 8e ou la 10e qu’on nous sert régulièrement. J’ai déjà raconté ici (Pour Chostakovitch) la place très particulière qu’occupe cette symphonie dans mon coeur et mes souvenirs. J’étais impatient d’entendre et de voir ce que Lionel Bringuier et « son » orchestre allaient en donner. Ils m’ont fait, comme au public comble, le plus beau des cadeaux qui se puisse imaginer. Absolument admirable. La dernière fois que j’avais éprouvé pareille satisfaction ,c’était il y a trois ans à Radio France avec l’ami Santtu-Matias Rouvali

Quel bonheur surtout de retrouver un orchestre dans la plénitude de son énergie, de sa sonorité d’ensemble qui s’inscrit si bien dans l’acoustique exceptionnelle de la Salle Philharmonique !

Lors de la petite réception qui a suivi – où j’ai retrouvé nombre de visages amis – Lionel a eu la gentillesse de rappeler que je l’avais invité dès 2010 à venir diriger à Liège… et que pour de bonnes ou moins bonnes raisons, il avait dû attendre 2024 pour que ce projet aboutisse. Longue vie à cette magnifique équipe !

Je veux encore saluer la mémoire de Paul-Emile Mottard, dont je n’ai appris qu’avant-hier la disparition en juin dernier. Nous avions travaillé ensemble quelques mois à l’Orchestre, dont il fut l’un des responsables jusqu’à son élection en 2000 comme député provincial. Il avait été victime en 2013 d’un accident de santé qui l’avait laissé paraplégique mais il n’avait rien lâché de ses responsabilités politiques. J’ai pu dire ma compassion à son épouse Brigitte, elle aussi fidèle entre les fidèles de l’OPRL.

Cadeau

En 2010 pour les 50 ans de l’orchestre de Liège, nous avions imaginé ce coffret de 50 CD reprenant tous les enregistrements commerciaux faits depuis 1960. Comme l’un des premiers disques réalisés pour EMI par Paul Strauss, directeur musical de 1967 à 1977, qui reste la grande version de référence de Psyché de César Franck. (voir Ave César)

Le meilleur du monde est à Paris

Du temps de mes années liégeoises, je revenais à Paris le week-end, quand je n’avais pas d’obligations avec l’orchestre, une fois par mois environ et, outre les amis et la famille, et souvent avec eux j’adorais me faire piéton de Paris. Depuis que j’ai déniché mes actuelles pénates près d’Auvers sur Oise, l’agenda s’est inversé et les fins de semaine parisiennes se sont faites rares.

Mais, en ce mois de septembre 2026, je les aligne. Dimanche dernier, c’était la naissance d’un orchestrePhilopera -au Palais Garnier. Dimanche prochain ce sera le Barbier de Séville à Bastille. Au milieu de la semaine c’était la phénoménale Troisième symphonie de Mahler à la Philharmonie (lire Etat de grâce) Et ce week-end c’est un double – et même triple – anniversaire qui m’a rappelé à Paris. Réservation faite il y a plusieurs semaines.

« Le meilleur restaurant du monde »

Pendant que tous les médias nous abreuvaient de Céline Dion et de ce samedi qui inaugurait sa nouvelle série de concerts, nous goûtions à nouveau le charme exceptionnel d’un lieu, d’un hôte, d’une table qui m’avaient déjà faite forte impression il y a trois ans (voir De l’intime au général). On ne va pas tous les jours chez Guy Savoy, qui est classé depuis plusieurs années comme « le meilleur restaurant du monde ». Mais ce titre n’est pas usurpé, et autant le maître des lieux que son équipe ont l’art de rendre inoubliable une soirée passée en leur compagnie, parce que la chaleur et la simplicité du contact sont l’exact reflet de l’extrême qualité de ce qui nous est servi, tant dans l’assiette que dans le verre.

J’ai félicité le jeune sommelier de nous avoir apporté de la Thonon, qu’on trouve maintenant sur les meilleures tables. Il a semblé intéressé par l’histoire longtemps ignorée de la « rivalité » entre deux sources très proches, Evian et Thonon, et du fait que les propriétaires d’Evian – le groupe Danone en l’occurrence – avaient très longtemps fait en sorte que le développement de l’eau de Thonon reste confidentiel. Quand les lois européennes ont rebattu les cartes de la concurrence, les grands groupes producteurs d’eau minérale ont été très intéressés par le potentiel de Thonon, au moins aussi important qu’Evian. Et de ce moment-là le développement de Thonon a pris un tour spectaculaire !

Guy Savoy ou l’authenticité faite homme

Avant d’arriver chez Guy Savoy, donc à l’hôtel de la Monnaie de Paris, quai Conti, on a pu saisir quelques images.

La fête du design

Quand ce n’est pas la Fashion week ou l’un de ses avatars, il y a toujours autre chose à Paris pour mobiliser l’attention des badauds et des touristes: ainsi la Paris Design Week

Magasins, galeries, bâtiments publics sont ouverts – on peut ainsi faire un parcours très étrange dans les étages du BHV, quasi déserts et vides de leurs rayons – C’est ainsi que du toit-terrasse on aperçoit les toits de Paris, et le haut de l’église Saint-Gervais

On est d’abord passé par l’Hôtel de Sully, qui abrite la direction des Monuments de France, et fait la jonction entre la place des Vosges et la rue Saint-Antoine.

On y découvre quelques oeuvres spectaculaires du designer irlandais Joseph Walsh, comme cet hymne au Fado

Joseph Walsh, Fado

Se souvenir

Je ne me rappelais pas que le président de la République avait inauguré, le 13 novembre 2025, le jardin-mémorial des attentats qui avaient endeuillé Paris dix ans plus tôt.

C’est une émotion singulière qui étreint le visiteur quand on découvre ici et là sur des blocs de pierre les noms des victimes des tueries de Saint-Denis, des cafés de Paris et du Bataclan..

La renaissance de Saint-Gervais

Longtemps j’ai connu l’église des Couperin – Saint-Gervais Saint-Protais – couverte d’échafaudages à l’extérieur comme à l’intérieur. L’immense nef se dresse aujourd’hui dans sa clarté originelle.

Jardin ouvert

Depuis 2018 les jardins de l’Hôtel des Archives étaient fermés aux visiteurs et aux promeneurs, le temps d’une rénovation qui semble avoir pris beaucoup plus de temps que prévu de l’hôtel de Rohan. Il faudra encore attendre 2027 pour que l’ensemble rouvre au public. En attendant on admire la bel éclat de la façade de ce splendide édifice niché au coeur du Marais

Cadeau

La musique qui nous accueillait très discrètement chez Guy Savoy samedi soir était la Valse de la Sérénade pour cordes de Tchaikovski, l’une des œuvres les plus lumineuses et heureuses de son auteur.

Des multiples versions – 35 ! – que j’ai dans ma discothèque- j’ai une affection très particulière pour celle de Charles Munch, qu’on n’attend pas forcément dans ce répertoire, et qui de bout en bout avec ses Bostoniens virtuoses et généreux, en livre une lecture absolument enthousiasmante.

Et comme le font certains magazines anglais, the one to avoid (à éviter) : J’adore Bernstein, mais là vraiment non…

Et toujours humeurs et rumeurs du moment dans mes brèves de blog

Methamorphoses

Cadeau

À la fin de chaque billet, quelqu’en soit le sujet, je proposerai désormais un cadeau musical, original, inattendu, ou tout simplement parce qu’il me touche.

Puisque je vais évoquer aujourd’hui un dernier coffret consacré à Zubin Mehta, un extrait d’une oeuvre peu connue d’un compositeur qui est rarement joué de nos jours, Ernest Bloch : Voice in the Wilderness (Voix dans le désert) écrite en 1936

Mehta #90

Le chef d’origine indienne Zubin Mehta, 90 ans bien sonnés, fait partie de ces chefs qui ont beaucoup enregistré (trop ?) au point de brouiller les cartes pour le mélomane. Decca fait paraître un dernier coffret qui regroupe après ceux réalisés à Los Angeles, les enregistrements de Zubin Mehta faits à Vienne, Tel Aviv ou Londres (voir liste ci-dessous)

Auparavant il y avait déjà eu tout cela :

Dans le nouveau coffret, quelques raretés comme la Messe n°2 et le Te Deum de Bruckner

ou la Philadelphia Symphony du compositeur autrichien Gottfried von Einem (1918-1996)

Surprise aussi de découvrir cette intégrale de la musique de ballet de Beethoven pour Les créatures de Prométhée, enregistrée à Rome en 1969

Peut-être pas indispensable, mais digne d’écoute, le « live » de 2013 des concertos de Brahms et Bruch capté à Tel Aviv avec un violoniste – David Garrett – qui n’est pas que la star de la pop allemande qu’il est devenu. J’ai un souvenir de quelques concerts avec lui, notamment celui dont il avait été le soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège dirigé par Louis Langrée au Théâtre des Champs-Elysées en 2004.

Je crois bien que c’est par cet enregistrement que j’ai découvert la 7e symphonie de Dvořák. Depuis, j’ai trouvé plus enthousiasmant, plus idiomatique surtout (comme Pierre Monteux !) mais Mehta sait faire chanter son orchestre

Très bonne idée aussi de rééditer ce concerto n°1 de Paganini avec l’ami Boris Belkin. Et pour une fois la direction avance, chante, et ne se contente pas d’un accompagnement banal.

J’avais oublié que Zubin Mehta avait lui aussi gravé une intégrale des symphonies de Schubert.

On imagine que sur scène le dispositif devait impressionner. En 1982 pour un festival d’hommage à Bronislaw Huberman, l’un des fondateurs de l’orchestre philharmonique d’Israël, Zubin Mehta avait réuni une belle brochette de stars. Cela donne une version des Quatre saisons de Vivaldi, avec comme violon solo successivement Isaac Stern, Pinchas Zukerman, Shlomo Mintz et Itzhak Perlman, puis un concerto pour 4 violons, tiré de L’estro armonico, avec Isaac Stern, Ivry Gitlis, Ida Haendel et Shlomo Mintz

Plusieurs rééditions d’opéras qui ne sont peut-être pas, dans la discographie même de Zubin Mehta, le tout premier choix.

CD 1 Bartok : Concerto orchestre, Esquisses hongroises / IPO*

CD 2-4 Beethoven : Concertos piano / Ashkenazy / VPO*

CD 5-8 Beethoven : Concertos piano / Lupu / IPO

CD 9 Beethoven : Les créatures de Prométhée / IPO

CD 10 Berlioz : Symphonie fantastique / NYPO*

CD 11 Berlioz : Harold en Italie / Benyanimi / IPO

CD 12 Bloch : Schelomo, Voice in the Wilderness / Starker / IPO

CD 13 Brahms : Symphonie 1, Ouverture tragique / VPO

CD 14 Brahms : concerto piano 1 /Rubinstein/ IPO

CD 15 Brahms : concerto piano 2 / Ashkenazy / LSO*

CD 16 Brahms, Bruch : concertos violon / Garrett / IPO

CD 17-18 Bruckner : Symphonie 9, Te Deum, Messe n°2 / VPO

CD 19 Chopin : concertos piano /Lang Lang/ VPO

CD 20 Dvorak : symphonie n°7 / IPO

CD 21 Dvorak: concerto violoncelle, R.Strauss : Don Quichotte / Maisky / BPO*

CD 22 Lalo: Symphonie espagnole, Vieuxtemps: concerto n°5 / Mintz / IPO

CD 23 Liszt Préludes, Wagner: ouv Maîtres Chanteurs, Parsifal, Lohengrin / VPO

CD 24 Mahler Symphonie n°1 / IPO

CD 25 Mahler: Symphonie n°2 / Cotrubas, Ludwig / VPO

CD 26 Mahler : Symphonie n°4 / Hendricks / IPO

CD 27 Mendelssohn : Octuor / IPO

CD 28-29 Mozart : Symphonies 34, 39,40, Petite musique de nuit / IPO

CD 30 Paganini : Concerto violon n°1 / Belkin / IPO

CD 31 Paganini, Chausson, Waxman, Milstein / Shoji / IPO

CD 32-33 Puccini : La fanciulla del West / Neblett, Milnes, Domingo / Covent Garden

CD 34-35 Puccini : Turandot / Sutherland, Pavarotti, Caballé, Ghiaurov / LPO*

CD 36 Sarasate, Chausson, Saint-Saëns, Ravel / Perlman / NYPO

CD 37 Schmidt : Symphonie n°4, Von Einem : Philadelphia Symphony / VPO

CD 38-42 Schubert : Symphonies / IPO

CD 43-45 Schumann : Symphonies / VPO

CD 46-47 Tchaikovski : Symphonie n°5, suites Casse Noisette, Le lac des cygnes / IPO

CD 48-49 Verdi : le Trouvère / Nucci, Banaudi, Verrett, Pavarotti / Mai florentin

CD 50-51 Verdi : la Traviata / Kanawa, Mazzoni, Borodina, Kraus, Hvorostovski / Mai florentin

CD 52 Verdi / Leontyne Price / IPO

CD 53-54 Rossini, Tchaikovski, Rimski-Korsakov, Verdi, Weber / IPO

CD 55-56 Vivaldi, Mozart / Stern, Mintz, Zukerman, Perlman, Gitlis, Haendel

CD 57 Hommage à Solti / LPO

IPO = Israel Philharmonic Orchestra

VPO = Vienna Philharmonic Orchestra

NYPO : New York Philharmonic Orchestra

BPO = Berlin Philharmonic Orchestra

LPO = London Philharmonic Orchestra

Et toujours mes brèves de blog pour les humeurs du moment (Rentrée)

Les fraîcheurs du chef (VII) : Daniele Gatti chez Tchaikovski

Ce sont des disques enregistrés entre 1998 et 2005 durant le mandat de Daniele Gatti à la direction musicale du Royal Philharmonic Orchestra. Et je l’avoue je n’y avais pas prêté attention, à l’exception de la 5e symphonie que j’ai un temps eue dans ma discothèque.

Mias à l’occasion d’une visite chez Gibert, j’ai trouvé d’occasion le triple album qui rassemble les 4e, 5e et 6e symphonies de Tchaikovski ainsi que Roméo et Juliette, le Capriccio italien et la sérénade pour cordes.

Depuis lors, je ne fais que regretter de n’avoir pas connu plus tôt ces versions toutes de glace et de feu, superbement enregistrées, qui me confirment les affinités du chef italien avec ces répertoires nordiques.

Avant de refermer cet article, comment résister à ces images de la toute première répétition de Daniele Gatti et de l’Orchestre national de France dans ce qui allait devenir dès octobre 2014 leur résidence retrouvée : l’Auditorium de Radio France.

J’en parle avec d’autant plus d’émotion que ce fut mon devoir et mon bonheur que d’organiser cette inauguration et avant cela, la prise de possession des lieux par les formations de Radio France, jusqu’alors éparpillées dans Paris. Rien ne fut simple, mais j’ai eu cette chance incroyable dans ma vie professionnelle de pouvoir inaugurer deux lieux de concerts, en septembre 2000 la Salle philharmonique de Liège anciennement salle du Conservatoire entièrement rénovée, en octobre 2014 le nouvel auditorium de Radio France.

Et toujours mes brèves de blog !

Seconds couteaux

J’ai déjà consacré une série d’articles à des chefs envers lesquels la postérité a parfois été injuste (Les sans-grade de IOtmar Suitner – à XIII – les Roumains Georgescu, Conta, Andreescu, série à poursuivre)

Mais je continue de me demander pourquoi certains noms n’apparaissent sur les pochettes de disques que comme des accompagnateurs, des seconds couteaux, auxquels on n’a jamais ou presque offert le premier rang.

Revue non exhaustive des noms que je retrouve le plus souvent dans ma discothèque :

Alceo Galliera (1910-1996)

En écrivant cet article, je tombe sur un autre, signé Jean-Charles Hoffelé, que j’aurais pu faire mien : Galliera le méprisé.

Illustrations certes prestigieuses du rôle d’accompagnateur dans lequel le chef italien fut longtemps cantonné

Avec Claudio Arrau, ce sont les cinq concertos de Beethoven, ceux de Grieg, Schumann, Tchaikovski.

C’est aussi bien sûr le chef d’une version mythique du Barbier de Séville de Rossini avec Maria Callas. Il n’est que d’écouter l’ouverture – si souvent ratée voire massacrée par quantité de baguettes plus illustres – pour mesurer l’art incomparable d’un grand chef.

Et au détour d’un récent consacré aux Ballets russes, on a retrouvé une partie seulement des fameux Respighi, dont Jean-Charles Hoffelé regrettait la disparition, bien cachés dans cette compilation éditée par Warner

Toujours dans son rôle d’accompagnateur, on retrouve Alceo Galliera aux côtés d’Ingrid Haebler pour quelques concertos de Mozart, et plus surprenant sans doute, de David Oistrakh dans le 2e concerto de Prokofiev !

Et bien entendu dans quantité de compilations d’airs d’opéra avec l’écurie EMI des années 50/60, Nicolai Gedda, Elisabeth Schwarzkopf, Maria Callas, Anna Moffo…

Alfred Wallenstein (1898-1983)

Quant au chef américain Alfred Wallenstein, pourtant chef du Los Angeles Philharmonic de 1943 à 1956, il n’a longtemps été pour moi que l’accompagnateur régulier d’Artur Rubinstein, notamment pour ma version de chevet du 2e concerto pour piano de Saint-Saëns

Plus tard, je retrouverais Wallenstein auprès de Rubinstein dans des concertos de Mozart exemplaires de style et de jeu…

et bien entendu dans les deux concertos de Chopin

Il faut aussi écouter l’enregistrement toujours émouvant de la 4e symphonie de Szymanowski, une symphonie concertante avec piano, dédiée à Artur Rubinstein, qui l’enregistre après la guerre à Los Angeles.

Mais pour trouver des enregistrements du seul Alfred Wallenstein, il faut vraiment bien chercher. On en trouve quelques-uns dans le coffret anniversaire paru à l’occasion du centenaire de l’orchestre philharmonique de Los Angeles en 2019.

La porosité entre les formations constituées – comme le Los Angeles Philharmonic – et les orchestres des studios hollywoodiens qui enregistraient à tour de bras pour l’industrie du cinéma, était une donnée essentielle de la vie musicale de la cité des anges !

Curieux couplage pour ce CD, mais c’est le seul moyen d’entendre deux versions, l’une et l’autre remarquables, de la « Nouveau monde » par Leinsdorf et de la 2e symphonie de Rachmaninov par Wallenstein

Leopold Ludwig (1908-1979)

Quant au chef allemand Leopold Ludwig, c’est simple, je n’ai, dans ma discothèque, aucun disque où il officie seul, et en cherchant bien sur les sites en ligne, j’en ai trouvé deux :

Sinon, Leopold Ludwig c’est le partenaire d’Emil Guilels dans deux concertos pour piano de Beethoven

ou de Shura Cherkassky dans le 1er concerto de Tchaikovski.

C’est encore le chef d’un disque-récital devenu mythique de Birgit Nilsson !

Pour les bonheurs et humeurs du moment, toujours mes brèves de blog

Retours sur arrivages

J’aime bien cette expression – Arrivages – dont use un ami critique dès qu’il reçoit des coffrets, et que je m’approprie à mon tour pour intituler quelques articles récents (Arrivages de printemps).

J’ai commandé et reçu ces dernières semaines pas mal de ces coffrets, et j’aimerais y revenir pour les curiosités, les raretés, qu’ils contiennent.

Karajan et Ligeti

Ainsi les deux – chers – coffrets édités par l’orchestre philharmonique de Berlin m’ont confirmé ce que je pense depuis longtemps, que Karajan n’est jamais aussi exceptionnel qu’en concert. Il suffit, quand on le peut, de comparer les versions dites « de studio » et les versions « live » des mêmes oeuvres, la comparaison tourne toujours à l’avantage des secondes.

Parmi les absolues raretés des deux coffrets mentionnés, on trouve par exemple ces Atmosphères de György Ligeti (1923-2006), dont j’ignorais que Karajan les eût jamais inscrites au programme d’un concert

Sir Adrian s’amuse

Dans les multiples merveilles que contient ce coffret (Les planètes de Sir Adrian) il y a toutes ces petites choses sans importance – comme ces pièces de Rossini arrangées par Benjamin Britten, les Matinées et les Soirées musicales – où Boult s’amuse et nous amuse.

Les marches d’Elgar, d’Eric Coates, c’est dans son arbre généalogique, mais les Boston Pops auraient aisément pu inviter Adrian Boult, qui met un enthousiasme d’enfer dans ces marches de parade de Sousa !

Tchaikovski la suite passée de mode

Toujours dans le même coffret Boult, on remarque un enregistrement de la Suite n°3 de Tchaikovski. Les quatre suites de Tchaikovski sont aujourd’hui complètement ignorées des programmateurs de concerts – je n’en ai personnellement jamais entendu aucune !. Pourtant la deuxième est assez exotique puisqu’elle requiert normalement quatre accordéons russes – des bayans – Quant à la Troisième suite, elle eut les faveurs des plus grands chefs dans les années 60 avec notamment la suite de variations qui forme le dernier mouvement.

Je dénombre pas moins de onze versions différentes de cette suite n°3 dans ma discothèque ! Est-ce bien raisonnable Docteur ? Depuis lors plus aucune version récente…

Lollipops

C’est un CD isolé que j’avais gardé précieusement parce que, dans les rééditions successives des enregistrements de Thomas Beecham, il avait été oublié.

Lors de la réédition tant attendue du legs discographique du chef britannique le plus francophile du XXe siècle, ces Lollipops ont retrouvé leur place.

Comme chez Boult, on retrouve cette tradition de « bonbons » symphoniques, de pièces de genre plus ou moins célèbres, sans cohérence particulière, mais juste gracieuses, élégantes, chic.

Dans mes brèves de blog, à lire ces nouvelles bien tristes du chef espagnol Juanjo Mena

Karajan Live

J’ai hésité avant de commander d’abord ce coffret qui couvre la période 1971-1979, puis le précédent – 1953-1969 -. Le prix fait réfléchir (puisque j’achète tous mes disques !) mais le travail éditorial et l’objet même sont remarquables.

Tout semble avoir été déjà dit, écrit sur le chef d’orchestre salzbourgeois : Karajan est né dans la ville natale de Mozart le 5 avril 1908 et mort dans sa maison d’Anif, à 8 km de Salzbourg le 16 juillet 1989. Ici même les occurrences ne manquent pas : lire Mon Karajan

Alors pourquoi revenir à Karajan et à ces captations de concert ? D’abord en raison de quelques raretés, pas toujours indispensables, mais surtout parce qu’une fois de plus le concert, le « live » révèlent l’artiste tel qu’en lui-même le studio, trop léché, trop poli – surtout à cette période-là – le corsètent.

Avant ces coffrets réalisés à l’initiative et sous le contrôle des Berliner Philharmoniker eux-mêmes, on avait déjà les documents d’archives mis au jour par Yves St.Laurent (lire La collection St Laurent : les bons plans)

CD 1 25/09/1971

>Vivaldi, sinfonia « al san sepolcro »/ Sibelius concerto violon – Christian Ferras / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 2 12/02/1972

>Mendelssohn symph 3 / Debussy prélude à l’après-midi d’un faune / Ravel Daphnis suite 2

CD 3 31/12/1972

>Bruckner symph 5

CD 4 8/09/73

>Mozart symph 41 / Tchaikovski symph 5

CD 5 17/02/74

>Schubert symph 8 / Penderecki capriccio violon – Leon Spierer / Moussorgski Les tableaux d’une exposition

CD 6 25/09/74

>Mozart concerto piano 23 – Jean-Bernard Pommier / Schoenberg Pelleas und Melisande. *

CD 7 8/12/74

>Bartok musique cordes / Dvorak symph 9

CD 8 20/05/75

>Berg suite lyrique / Bruckner symph 4

CD 9 25/09/75

>Richard Strauss Métamorphoses / Also sprach Zarathustra

CD 10 16/10/76

>Mozart symph conc vents – Karl Steins, Karl Leister, Gerd Seifert, Manfred Braun / Sibelius symph 5, Finlandia

CD 11 12/12/76

>Bruckner symph 5

CD 12 31/12/76

>Mozart symph 41 / Richard Strauss Ein Heldenleben

CD 13 25/06/77

>Wimberger Plays für 12 Solo-Violoncelli, Bläser und Schlagzeug / Berlioz symph fantastique

CD 14 25/09/77

>Thärichen Batrachomyomachia / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 15 21/10/77

>Brahms double concerto – Thomas Brandis, Ottomar Borwitzky / Brahms symph 2

CD 16 04/01/78

>Mahler Das Lied von der Erde – Agnes Baltsa, Hermann Winkler

CD 17/01/78

>Sibelius symph 4. / Beethoven symph 7

CD 18 4/01/79

>Bach conc brandebourgeois 3 / Berg pièces op 6 / Dvorak symph 8

CD 19 27/01/79

>Webern pièces op 5 / Schumann symph 4 / Tchaikovski conc piano 1 – Mark Zeltser

CD 20 25/11/79

>Bach conc brandebourgeois 1 / Beethoven symph 3

*J’ai raconté le souvenir très particulier que j’ai gardé du concert que donnaient Karajan et ses Berliner à Lucerne, trois semaines avant ce concert, le 31 août 1974, avec au programme ce Pelleas de Schoenberg (L’été 74).

Les surprises d’un coffret

Les textes et les photos qui font une grande partie de la valeur de ce coffret – en allemand et en anglais seulement ! – dressent des portraits contrastés du chef, surtout lors de cette décennie 70 où la recherche du beau son va sembler l’emporter sur les considérations purement musicales. On sort en réalité des clichés, des postures, par le témoignage de musiciens, de preneurs de son, de collaborateurs qui n’étaient pas, n’ont jamais été de simples faire-valoir. Mais on admire ce qui a fait la légende Karajan – et que m’avait rapporté jadis l’un de ses rares « élèves », le chef allemand Günther Herbig, invité plusieurs fois à Liège – la fabrication, la construction d’une interprétation, avant même la recherche du son d’ensemble. Tous les documents – rares jusqu’à maintenant – qui montrent Karajan en répétition l’attestent.

On comparera donc avec intérêt les doublons qui figurent dans ce coffret (‘Le Sacre du printemps, la 5e de Bruckner, la 41e de Mozart), on ne s’attardera pas longtemps sur les rares « créations » – on imagine bien pourquoi Karajan dirige une oeuvre de Werner Thärichen, l’indéboulonnable timbalier et surtout délégué des musiciens des Berliner (!) – mais on relèvera un art consommé de la programmation. On a sans doute choisi les concerts les plus originaux pour ce coffret, mais on reste rêveur devant ce qui était proposé au public berlinois.

Il faut aussi relever que le système mis en place par Karajan et Berlin de contrôle absolu de tout ce qui était enregistré, produit, pour le concert et pour le disque, est encore très largement en vigueur aujourd’hui. On ne trouve quasiment pas trace sur internet, a fortiori sur YouTube, d’un « live » qui n’ait pas été formellement approuvé par la firme !

Exception avec ce Chant de la Terre, capté en janvier 1978 (cf. ci-dessus), avec Agnes Baltsa et Hermann Winkler :

Je rappelle que le fameux Grand Echiquier qui réunissait l’orchestre philharmonique de Berlin et Herbert von Karajan le 24 juin 1978 est visible ici : Grand Echiquier 1e partie et Grand Echiquier 2e partie.

Et toujours mes brèves de blog en fonction de l’actualité et de mes humeurs.

Affaires d’hiver

A intervalles réguliers, j’évoque ici les bonnes affaires que je fais, soit dans l’unique magasin classique encore un peu garni à Paris, soit par correspondance. Cette période de l’année s’y prête particulièrement entre soldes et déstockage.

Habilement, et utilement, le rayon classique de Gibert – qui a repris ses quartiers d’antan au rez-de-chaussée du magasin du 34 bd. St Michel, mêle disques neufs et occasions.

Entre Gibert et le site allemand jpc.de,, avec des prix bradés, j’ai eu l’embarras du choix

Chopin / Amir Katz

Je ne sais quasiment rien de ce pianiste israélien, Amir Katz, dont j’ai déjà entendu le beau piano dans les cycles de Lieder de Schubert qu’a enregistrés Pavol Breslik, et comme j’ai une passion singulière pour les Etudes de Chopin, je n’ai pas résisté.

Chostakovitch rime avec Rostropovitch

Encore un de ces clichés qui veut que le génial violoncelliste ait été un piètre chef d’orchestre… sans doute Mstislav Rostropovitch (1927-2007) n’était-il pas le technicien le plus sûr de la baguette, mais diable est-ce ce qu’on attend d’un interprète? Je réécoutais récemment les symphonies de Tchaikovski enregistrées par Rostro, quel souffle ! quelle ardeur ! et puis il chante tout de même dans son arbre généalogique. Dans cette intégrale Chostakovitch que j’avais négligée, ignorée, même – elle est proposée à 35 € sur jpc.de) on a tout de même affaire à l’ami du compositeur, à celui qui, jusqu’à son exil, a vécu la Russie tragique du XXe siècle. Je découvre, à petites doses, cette intégrale, et je m’en veux d’avoir tant tardé à le faire

Les invitations de Mireille Delunsch

Comment ai-je pu ignorer ce disque majeur, moi qui aime tant Duparc et son sublime corpus de mélodies ?

Le Bach de Tharaud

Je n’ai pas toujours été tendre avec Alexandre Tharaud mais je peux comprendre qu’Alain Lompech le défendre contre des contempteurs qui ne prennent pas toujours la peine même de l’écouter.

Ces concertos de Bach gravés il y a une quinzaine d’années ne manquent pas de séductions…

Gerstein transcendant

Toujours du piano – on en profite ! – avec Kirill Gerstein qu’on applaudissait la semaine dernière à la Philharmonie de Paris (lire sur Bachtrack : Les ascensions de Gerstein et Bychkov), et ce disque – encore un que je n’avais pas repéré ! – des Etudes d’exécution transcendante de Liszt

Hommage à Helmuth Rilling (1933-2026)

On a appris le décès d’un pilier de la vie musicale allemande, qui a été, bien malgré lui, victime de cette loi invisible des frontières, que je dénonçais ici il y a plus de dix ans. Qui, en France, connaît et/ou a entendu en concert le chef Helmuth Rilling qui vient de disparaître ?

Les discophiles ne peuvent l’ignorer, tant il a donné de son art et de son talent à servir Bach en tout premier lieu, avec cette monumentale édition

Tout cela est disponible en disques et/ou coffrets séparés à petits prix.

Je conseile à ceux qui connaîtraient mal ce chef, un coffret très intéressant qui est une sorte d’auto-portrait et qui en surprendra plus d’un par son contenu :

Ils ne sont pas si nombreux les grands chefs qui ont enregistré les Béatitudes de César Franck !

À suivre humeurs de la semaine sur mes brèves de blog !

Les sorties de la rentrée

Jean-Marie Leclair enfin

J’aurais pu en faire un épisode de ma série La découverte de la musique. Ce fut l’un de mes premiers disques « baroques » :

Plus personne ne sait qui était Annie Jodry (1935-2016) ni son mari le chef d’orchestre Jean-Jacques Werner (1935-2017), plus personne ne sait qu’il y eut, en France, des pionniers qui firent tant pour la redécouverte et la diffusion d’un immense répertoire baroque et classique (Jean-François Paillard, Paul Kuentz…)

Stéphanie-Marie Degand signe une intégrale (la première française ?) des concertos pour violon de ce très grand compositeur – Jean-Marie Leclair -dont je ne comprends toujours pas qu’il soit resté si peu joué, enregistré, étudié.

Je connais la violoniste, de plus en plus souvent cheffe d’orchestre, depuis quelques lustres, depuis des séances mémorables à Liège où, de et avec son violon, elle enflamma autant l’Orchestre philharmonique royal de Liège que des publics de tous âges.

La flûte enchantée

J’ai manqué son concert à Paris mercredi dernier – mon camarade de Bachtrack est resté sous le charme ! – mais comme Radio France a eu la bonne idée d’en faire un artiste en résidence pendant cette saison, je saisirai d’autres occasions de le voir et l’écouter.

Je n’ose plus dire depuis quand je connais Emmanuel Pahud. En tout cas c’est un ami d’au moins trente ans !

En juillet 2017, Emmanuel Pahud était mon invité au festival Radio France.

Et ça m’a fait tout drôle que Warner lui consacre déjà une boîte de 14 CD comme on le fait d’ordinaire pour un artiste en fin de carrière ou décédé !

Eh oui ! Emmanuel a déjà 55 ans, mais il ferait aimer la flûte à la terre entière. Et il n’est pas près d’arrêter de jouer ni de tourner.

Emmanuel a ce quelque chose de rare qu’ont très peu d’artistes : quelle que soit l’oeuvre qu’il joue, où qu’il se produise, il capte instantanément l’attention du public, par son comportement, son rayonnement et bien sûr le son vraiment magique de sa flûte.

Un coffret passionnant à acquérir évidemment au plus vite : noter évidemment la variété du répertoire, et la place de la création contemporaine !

CD 1 Vivaldi Concertos (Tognetti/Australian Chamber Orchestra

CD 2 Telemann Concertos / Bach concerto brandebourgeois 5 (Kussmaul/Berliner Barocksolisten)

CD 3-4 Bach Suite n°2 / CPE Bach, Benda, Frédéric II, Quantz concertos (Pinnock, Potsdam Akademie)

CD 5 Devienne, Gianella, Glück, Pleyel, Hugot (Antonini, OC Bâle)

CD 6 Devienne, Danzi, Pleyel Symph.concertantes (Leleux, OC Paris)

CD 7 Mozart Concertos flûte, concerto flûte et harpe (M.P.Langlamet, Abbado, Berlin Phil.)

CD 8 Mozart Symph.concertante, M.Haydn, L.Hoffmann concertos (Schellenberger, Haydn Ensemble)

CD 9 Une nuit à l’opéra arrangements Verdi, Tchaikovski, Weber, Mozart, Bizet (Nezet-Seguin, Rotterdam)

CD 10 Hersant, Saint-Saëns, Chaminade, Poulenc, Fauré (Leleux, OC Paris)

CD 11 Nielsen (Rattle, Berlin Phil.), Khatchaturian, Ibert concertos (Zinman, Tonhalle)

CD 12 Penderecki, Reinecke, Busoni, Takemitsu (Repusic, radio Munich)

CD 13 Dalbavie, Jarrell, Pintscher concertos/créations (Eötvös, Rophé, Pintscher / OP Radio France)

CD 14 Gubaidulina Musique flûte (Rostropovitch, London Symphony), Desplat Pelléas et Mélisande (Desplat, Orchestre national de France)

La jeunesse de Mikhaïl P.

J’aurais pu le citer dans mon article Comment prononcer les noms de musiciens. Son nom s’écrit : Plet-nev, et se prononcer Plet-nioff. Mikhaïl Pletnev est d’abord un extraordinaire pianiste, avant d’être un personnage contesté, contestable. Et c’est ce que démontre ou rappelle ce coffret de 16 CD qui réunit pour la première fois les enregistrements de Mikhail Pletnev, réalisés dans les années 80 pour Virgin Classics, après sa victoire au Concours Tchaïkovski en 1978.

CD 1-2 Scarlatti Sonates

CD 3-4 Haydn sonates et concertos

CD 5-6 Mozart concertos 9,20,21,23,24 (Deutsche Kammerphilharmonie)

CD 7 Beethoven sonates 8,21,23

CD 8 Chopin sonate 2, scherzo 2, 4 nocturnes, barcarolle

CD 9 Brahms sonates clarinette (Michael Collins)

CD 10 Moussorgski Les tableaux d’une exposition, Tchaikovski/Pletnev La belle au bois dormant

CD 11-14 Tchaikovski oeuvres pour piano, Concertos 1-3, Symphonie 6

CD 15 Scriabine Préludes

CD 16 Rachmannov Concerto piano 1, Rhapsodie Paganini (Fedosseiev, Philharmonia)

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucune des interprétations de Pletnev ne peut laisser indifférent, dans Scarlatti, comme dans Mozart ou Moussorgski…

Humeurs et bonheurs du jour à suivre sur mes brèves de blog !