Doux zéphyrs

Les gros coffrets de CD semblaient être l’apanage des seules majors. Harmonia Mundi s’y était mis aussi. Voici qu’Alpha, le label amiral du groupe Outhereprend le même pli, et tire une salve magnifique.

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Le 3 octobre dernier, France Musique consacrait toute une journée à l’ensemble Le Poème harmonique fondé il y a vingt ans par Vincent Dumestre.

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On reviendra sur cette belle aventure. On peut déjà dire que Le Poème harmonique et Vincent Dumestre seront des invités de choix du prochain Festival Radio France pour une série de concerts exceptionnels dans les plus beaux lieux d’Occitanie !

Autre proposition passionnante, ce parcours populaire et savant à et dans Naples (voir Sur les traces de Stendhal)

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Last but not least, une formation – Zefiro – don’t j’ai peine à croire qu’elle a été fondée il y a trente ans déjà et dont j’ai suivi, avec gourmandise, le parcours musical et discographique, gorgé de couleurs et de saveurs italiennes, pulpeux, sensuel, comme le jeu de ses trois fondateurs, Alfredo Bernardini, Paolo et Alberto Grazzi.

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Il y a comme un goût de trop peu dans ce parfait coffret de 10 CD.

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Une aubaine ! Un indispensable de toute discothèque !

Madame Butterfly à Montpellier

En moins de deux semaines, j’aurais pu assister à trois représentations différentes de Madama Butterfly, l’opéra de PucciniÀ Paris (dans l’inépuisable mise en scène de Bob Wilson, déjà vue au moins deux fois), à Liège et à Montpellier.

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C’est à Montpellier, dans une salle qui m’est familière – l’Opéra Berlioz – où ont lieu les soirées du Festival Radio France, que j’ai assisté à la première des trois représentations de Madame Butterfly proposées par l’Opéra-Orchestre National de Montpellier Occitanie

J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu et entendu mercredi soir.

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On aurait pu imaginer une direction plus investie, plus chatoyante, tant la musique sublime de Puccini y invite, mais les forces musicales de Montpellier, orchestre et choeurs, ont, quelques semaines après l’éblouissant Fervaal dans le cadre du Festival Radio Francefait une nouvelle démonstration de leurs qualités d’ensemble.

IMG_6185(Noëlle Geny et le choeur de l’Opéra national de Montpellier)

Mise en scène juste, épurée, sensible de Ted Huffman

Distribution, comme toujours à Montpellier, à peu près parfaite : les chanteurs ont la voix et le physique de leurs rôles (ce qui n’était pas tout à fait le cas lors d’un récent Don Giovanni).

Karah Son est une Butterfly bouleversante, voix d’airain qui sait user de ses fragilités, le Pinkerton du jeune ténor chilien Jonathan Tetelman a toutes les séductions, la voix n’est pas très puissante, mais le timbre est solaire et la prestance admirable. Mêmes compliments pour le Sharpless d’Armando Noguera, qu’on a déjà entendu sur d’autres scènes, et la Suzuki ombrageuse de Fleur Barronet tous les autres rôles.

Pour ceux qui le peuvent, précipitez vous ce soir ou dimanche après-midi au Corum de Montpellier. Et pour tous les autres, l’indépassable version Freni-Pavarotti-Karajan !

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Souvenir éblouissant

On ouvre Le Figaro au petit déjeuner et on y lit ceci :

« Ce ne sont pas seulement les interprètes contemporains qui sont à l’honneur en cette rentrée discographique, c’est aussi la musique de notre temps. À commencer par un prolongement de nos émotions festivalières, puisque l’un de nos grands souvenirs de l’été a été l’exécution éblouissante du Concerto pour clarinette de Magnus Lindberg par Jean-Luc Votano à Montpellier. Le musicien belge en sort maintenant un enregistrement (Fuga Libera) qui permet de mesurer toute la palette expressive de cette oeuvre qui exige énormément du soliste en termes de virtuosité, de théâtralité, d’endurance (une demi-heure de musique !). Dans un couplage original avec le trop rare Karl Amadeus Hartmann, Jean-Luc Votano se confirme comme un clarinettiste inspiré, avec lequel il faut compter dans le paysage international de son instrument. L’occasion est aussi de rappeler l’excellence de la formation à laquelle il appartient, l’Orchestre philharmonique royal de Liège, dirigé ici une dernière fois par celui qui en fut le remarquable directeur musical ces dernières années, Christian Arming. Un disque où les planètes sont alignées » (Christian Merlin, Le Figaro, 17 septembre 2019)

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Je confirme ce que dit Christian Merlin, je l’avais déjà écrit (L’air du nord : Magnus Lindberg: le concert du 25 juillet dernier au Festival Radio France fut un des temps forts de ce dernier festival. L’interprétation éblouissante de Jean-Luc Votano du concerto de Lindberg sous les yeux et les oreilles du compositeur a marqué tous les auditeurs !

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Me revient en mémoire l’un des premiers concours de recrutement qu’ait présidés Louis Langrée lorsqu’il était directeur musical (2001-2006) de l’Orchestre philharmonique de Liège. Nous devions remplacer l’historique clarinette solo de l’orchestre. C’était au printemps 2002. Beaucoup de candidats (il y a toujours beaucoup de candidats pour cet instrument !), et très vite une évidence : ce jeune Belge de 20 ans surclassait tous les autres par sa virtuosité décomplexée, son aisance décontractée. Pour la forme, le jury fit mine de s’interroger sur son manque d’expérience pour tenir un pupitre si exposé. Sa décision fut sans appel : Jean-Luc Votano, entrant à l’OPRL, allait entraîner un spectaculaire renouvellement des pupitres des vents… et devenir ce soliste ‘qui compte dans le paysage international de son instrument » !

Bravo Jean-Luc !

 

Berlioz à Versailles

On avait quitté un ténor épuisé mais rayonnant après avoir chanté l’inchantable rôle de Fervaal de Vincent d’Indy le 24 juillet dernier à Montpellier (#FestivalRF19)

IMG_4454On était impatient de retrouver Michael Spyres dans le Benvenuto Cellini de Berlioz ce dimanche à l’Opéra royal de Versailles.

D’abord on n’est jamais déçu quand on vient à Versailles, tant la programmation de Laurent Brunner est captivante. Et les lieux inspirants.

L’affiche de ce dimanche était de surcroît l’une des plus prometteuses qui se puissent imaginer. John Eliot Gardiner (qu’on avait entendu l’an passé au festival Berlioz.. mais diriger des cantates de Bach – Les Nuits de la Côte) à la tête de ses ensembles, le Choeur Monteverdi et l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique. Et une distribution de haut vol, quoique inégale :

Michael Spyres Benvenuto Cellini
Sophia Burgos Teresa
Maurizio Muraro Giacomo Balducci
Lionel Lhote Fieramosca
Tareq Nazmi Pope Clement
Adèle Charvet Ascanio
Vincent Delhoume Francesco
Ashley Riches Bernardino
Duncan Meadows Perseus

Je laisse aux spécialistes le soin de critiquer les performances vocales des uns et des autres. J’ai pour ma part retrouvé la flamboyance de Michael Spyres, et distingué les prestations d’Adèle Charvet (elle aussi présente à Montpellier en juillet dernier… comme chaque année ou presque !), ou Lionel Lhote, mais plus que tout la direction magistrale de Gardiner et l’exceptionnelle cohésion de ses troupes. Le Choeur Monteverdi est soumis à rude épreuve tout au long de l’ouvrage par l’écriture virtuose de Berlioz d’abord et la redoutable précision de la baguette du chef britannique.

On est d’autant plus impatient de voir le DVD qui sera publié de cette représentation.

En attendant, on peut, on doit même écouter cette déjà riche collection d’enregistrements berlioziens de John Eliot Gardiner

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Les hasards du placement m’avaient fait asseoir à côté d’un voisin, que je n’ai reconnu qu’à la fin du concert, le chanteur Pascal Bertin qui a annoncé il y a quelques jours qu’il cessait de chanter pour se consacrer à d’autres activités, comme la direction artistique du festival de Pontoise. Ce qu’il dit de la musique et de son festival ne peut que nous inviter à partager quelques belles prochaines soirées. Une interview à lire ici.

Soft porn au Conservatoire ?

Est-ce parce que le numéro de septembre de Diapason connaît de sérieux problèmes de distribution ? Je n’ai vu nulle part repris les propos explosifs de l’ex-directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD pour les intimes) de Paris, mon cher Bruno Mantovani

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Interviewé à la suite du très complet dossier que le mensuel consacre au blues des conservatoires de France, Bruno Mantovani qui, à 45 ans, fait le bilan de ses 9 ans de mandat à la tête de la prestigieuse école, n’y va pas par le dos de la cuillère.

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A la question Le CNSM prépare-t-il mieux aujourd’hui ses élèves à une insertion professionnelle qui ne va plus de soi ?, Bruno Mantovani répond :

« C’était une de mes priorités. Nous avons créé des séminaires sur la pratique du métier, avec des modules sur la santé, la culture administrative des contrats et droits, la façon de se présenter et de promouvoir, l’engagement social dans les écoles, les hopitaux, les prisons. Mon but c’est de former des honnêtes gens.

Mais je dois m’avouer un peu désabusé devant le marketing de la musique classique, je me demande si on n’aurait pas dû créer des séminaires de mannequinat et de soft porn en ligne. C’est normal de ne plus voir en scène de jeunes artistes moches ? Combien de grands génies ressemblaient jadis à des sacs à patates ?.

Je me bats contre cette dictature de l’image, contre les Victoires de la Musique, le vu à la télé et périmé dans trois ans. Contre l’impudeur des réseaux sociaux. Peut-être hélas contre les moulins à vent, tant est profonde l’anxiété face au début de carrière. »

C’est cash, direct, et c’est malheureusement la réalité. L’exposition médiatique des jeunes artistes n’est pas toujours – euphémisme – proportionnelle à leur talent.

Illustration, parmi d’autres, de ce que dénonce Bruno Mantovani, cette couverture de disque

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A l’inverse, on ne va pas se plaindre qu’un très bon musicien soit aussi joli garçon.

Mais je doute qu’on propose à une fantastique pianiste de 21 ans, qu’on a entendue cet été à Montpellier (Festival Radio France), Toulouse, La Roque d’Anthéron ou Bagatelle, d’abord un enregistrement, ensuite une « promo » sur son look. Marie-Ange Nguci est un talent formidable, une musicienne extrêmement cultivée, mais elle attache plus d’importance à son art qu’à son apparence en concert.

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La dictature de l’image a évidemment contaminé le monde de l’opéra : combien d’exemples ces dix dernières années de cantatrices recalées sur de grandes scènes parce que trop grosses, pas assez glamour !

Impensable d’imaginer aujourd’hui une couverture de disque comme celle-ci, il est vrai, particulièrement moche.

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La collection Decca Eloquence vient de rééditer ce récital d’Anita Cerquetti, en en changeant opportunément la photo de couverture…

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Frères

Une famille comme les Järvile père, Neeme et les deux fils, Paavo et Kristjan, chefs d’orchestre – est une absolue rareté.

IMG_4017(Kristjan Järvi derrière son père Neeme, assis – entourés des violonistes Daniel Lozakovich et Mari Samuelsen, à Montpellier le 11 juillet dernier)

La seule autre du même type que je connaisse est celle des Sanderling, Kurt le père (1912-2011), et ses trois fils, Thomas (1942-) Stefan (1964-) et Michael (1967-).

J’ai eu la chance d’entendre et de voir diriger Kurt Sanderling, deux fois à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande (la 9ème de Beethoven… et la 9ème de Mahler) au début des années 90. Expérience inoubliable. Ou comment un très grand chef parvient à transfigurer un orchestre ! J’y reviendrai, en tentant une discographie du coeur.

J’ai eu, par la suite, le bonheur d’inviter deux des trois fils de Kurt, l’aîné Thomas et le deuxième Stefan, cette fois avec l’Orchestre philharmonique de Liège.

Thomas Sanderling avait dirigé un beau et noble Requiem allemand de Brahms, en dépit d’un contact difficile avec l’orchestre.

Stefan Sanderling était lui venu à trois reprises pour des programmes toujours originaux (deux symphonies de Haydn encadrant le 4ème concerto pour piano de Rachmaninov, joué par Michel Dalberto, une immense Huitième symphonie de Chostakovitch qui m’avait profondément bouleversé, un programme César Franck au printemps 2011 pour les 50 ans de l’orchestre).

Quant à Michael, je ne le suis que de loin et par ses disques. Il vient de réaliser deux intégrales en parallèle, les symphonies de Beethoven et celles de Chostakovitch.

Petite compilation des principaux enregistrements des frères Sanderling :

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Comme les Järvi, les Sanderling ont pu se développer et faire de belles carrières sans que la stature du père leur fasse ombrage.

Ce n’est pas toujours le cas de fratries célèbres dans le passé, où la célébrité de l’un a éclipsé le talent de l’autre.
Trois exemples l’illustrent : Krips, Karajan et Jochum !

Josef Krips (1902-1974), tout le monde connaît le grand chef mozartien, qui a laissé des enregistrements de légende. Mais mon premier disque signé Krips était celui d’un dénommé Henry Krips (1912-1987) dirigeant un – à l’époque – mystérieux Philharmonia Promenade Orchestra. 

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Même patronyme, mais prénom fleurant bon son anglicité, j’ai longtemps attendu pour savoir que Henry était né Heinrich en février 1912 et que le petit frère de Josef avait émigré en Australie en 1938 pour fuir son Autriche natale annexée par Hitler.

Il n’est pas resté grand chose de son activité aux antipodes. On trouve en revanche quelques témoignages d’un art très distingué de faire sonner la musique viennoise, pas de chichis, pas d’alanguissements, mais un chic, une allure qui siéent idéalement à ces valses.

Le cas des frères Jochum est plus simple.

Eugen (1902-1987) et son petit frère Georg Ludwig (1909-1970) ont tous deux nourri une passion pour BrucknerDifférence de taille entre les deux : Georg Ludwig a adhéré en 1937 au parti nazi et a dirigé de 1940 à 1945 le Reichs-Bruckner-Orchester à Linz.

Chez les Krips et les Jochum, l’aîné a pris presque toute la lumière. C’est l’inverse qui s’est produit chez les KarajanC’est peu dire que le fils aîné d’Ernst et Martha Ritter von Karajan, Wolfgang, né à Salzbourg le 27 janvier 1906 (le même jour que Mozart, d’où son prénom ?), mort le 2 novembre 1987 dans la même ville, n’a pas eu la notoriété ni la postérité de son cadet Herbert (1908-1989).

Il semble s’être contenté d’une activité d’organiste et de musicien voué à la musique baroque. Je n’ai pas enquêté sur les liens qui unissaient, ou pas, les deux frères, pas trouvé de documents photographiques attestant d’une proximité familiale, alors qu’ils ont l’un et l’autre résidé toute leur vie dans leur ville natale.

La petite histoire (I) : un grand chef

Ce blog va prendre quelques vacances comme son auteur, abandonner pour un temps les sujets sérieux (cf. La bande des quatrepour prendre la forme d’un bêtisier nourri de petites histoires vécues, d’à-côté de la vie musicale.

Il y a… plus de trente ans, travaillant à la Radio suisse romande, j’avais, entre autres fonctions, la charge d’organiser quelques-uns des concerts de l’Orchestre de la Suisse romande et je poussais le scrupule jusqu’à aller moi-même accueillir à l’aéroport de Genève les chefs et/ou les solistes que j’avais engagés.

Je n’étais pas peu fier qu’un jeune chef finlandais – dont j’admirais la discographie – ait accepté mon invitation à venir diriger, pour la première fois, la phalange genevoise. Je regardai attentivement sa photo, dans l’un de ses disques, pour être sûr de le reconnaitre à son arrivée à Cointrin. Faut-il préciser qu’internet, les téléphones portables, n’existaient pas.. ?

Je m’en fus attendre Okko KamuL’avion arriva avec retard et déversa son flot de passagers, où je devais repérer un géant blond venu d’Helsinki.

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J’eus beau scruter, je ne vis personne qui ressemblât à mon  chef. J’en étais à déduire qu’il avait manqué son avion et m’apprêtais à repartir à la Radio, lorsque j’aperçus à l’autre bout du hall des arrivées quelqu’un qui semblait attendre. J’abordai cet homme petit (1m70 tout au plus), barbu, engoncé dans un caban marin, pour lui proposer mon aide. Il me remercia, me dit qu’il allait prendre un taxi…  Quitte à paraître ridicule, je me hasardai à lui demander s’il ne s’appelait pas, par hasard, Okko Kamu.

C’était bien lui… le géant finlandais que je m’étais imaginé.

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Nous rîmes de bon coeur lorsque je lui avouai ma méprise  et m’excusai de l’attente que je lui avais imposée. Il me dit ce jour-là – et je l’ai souvent vérifié depuis – que les chefs d’orchestre finlandais ne font pas dans la demi-mesure question taille : ils sont petits ou grands, mais pas entre les deux !

Pourtant ce n’était pas la première fois que je voyais un chef d’orchestre célèbre qui n’était grand que par le talent mais pas par la taille : Karajan, Bernstein (1m70), Barenboim (1m68), Mahler atteignait 1m63, Toscanini… 1m53 !

Des membres de l’équipe du Festival Radio France me faisaient la même remarque à propos de Santtu-Matias Rouvali, ils le voyaient plus grand qu’il n’est en réalité.

(Santtu-Matias Rouvali répète l’ouverture de Maskarade de Nielsen avec l’orchestre de Tampere le 25 juillet dernier à Montpellier).

Les habitués de l’Orchestre philharmonique de Radio France vérifient, eux aussi, avec Mikko Franck qu’Okko Kamu, dans le hall de l’aéroport de Genève, avait vu juste : le talent d’un chef n’a que faire de sa taille !