Des nuances de noir et blanc

#Confinement Jour 45

Le flou continue

Rien de neuf depuis mon dernier billet Déconfinementle flou, l’incertitude, l’absence comme seules perspectives…

Dans Le Monde du week-end, un appel – peu de musiciens parmi les signataires – : Monsieur le Président, cet oubli de l’art et de la culture, réparez-le !Je le signe. Sans illusion.

Le violoncelle en deuil

Je ne les connaissais ni l’un ni l’autre autrement que par le disque. Mais la pluie d’hommages de leurs collègues, disciples, partenaires, dit assez la place que Lynn Harrell et Martin Lovett tenaient dans nos coeurs de mélomanes.

Le dernier survivant, le pilier du légendaire quatuor Amadeus, Martin Lovett, est mort hier à 93 ans.

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Mais nous n’aurons jamais fini d’écouter et réécouter Martin Lovett et ses compagnons.

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Ses amis en ont dit tellement de bien, sa figure est si sympathique, qu’on regrettera longtemps de ne pas avoir connu personnellement le violoncelliste américain Lynn Harrell disparu lundi dernier.

Deux témoignages émouvants de ce bel artiste : le premier lorsqu’à 16 ans, il est invité par Leonard Bernstein dans cette fantastique série de concerts – les Young People’s concerts – du New York Philharmonic, un extrait trop court du concerto pour violoncelle de Dvorak…

Et en 2012, à Santa Fe, une rencontre qui a durablement marqué la pianiste chinoise Yuja Wang, 25 ans à l’époque, et une leçon de style dans la sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov.

 

Embarras du choix dans l’abondante discographie de Lynn Harrell. Une tendresse pour ce double album des trios à cordes de Beethoven, et quels partenaires !

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Deux coffrets de piano

Le confinement laisse du temps pour redécouvrir les rayons d’une discothèque où sont rangés des disques qu’on a écoutés trop vite, ou parfois pas eu le temps d’approfondir. Alpha a eu la bonne idée de mettre en deux coffrets des enregistrements pourtant récents de son catalogue.

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Beaucoup de merveilles dans ce boîtier sorti il y a quelques mois ! On n’avait pas tout de suite compris ce que Schumann, Liszt, Chopin et même Schubert et Beethoven venaient faire dans une compilation intitulée Early Piano. Le titre s’applique évidemment aux instruments utilisés ici, superbement captés.

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Un autre coffret, tout récent, au titre plus banal, Les Maîtres du piano, nous propose un contenu qui, une fois n’est pas toujours coutume, correspond à l’annonce. 71iK3YxTdaL._SL1200_

Qu’on est heureux de retrouver François-Frédéric Guy dans Beethoven et Liszt, Eric Le Sage dans des Schumann plutôt rares, Edna Stern dans Bach, Nelson Goerner impérial dans Chopin et Debussy – des disques justement primés à leur parution – et ma chère Anna Vinnitskaia dans Brahms et surtout Chostakovitch et Rachmaninov. Et de découvrir une magnifique ultime sonate de Schubert sous les doigts d’Alexander Lonquich. Une aubaine.

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Un peu de douceur, de romantisme même, à la veille d’une fête du travail.. confinée :

La musique pour rire (IV) : Victor Borge

Je l’évoquais dans un précédent billet (La musique pour rire : Beethoven: Victor Borge (1909-2000).

Børge Rosenbaum naît le 3 janvier 1909 à Copenhague, son père est altiste dans l’orchestre royal du Danemark, sa mère est pianiste. Le petit Børge donne son premier récital de piano à 8 ans, il se forme notamment auprès de Frederic Lamond, un élève de Liszt, et d’Egon Petri. 

Sorti de l’Académie royale de musique du Danemark, il entame dès 1926 une carrière de pianiste virtuose, il épouse en 1933 une Américaine, Elsie Chilton, et inaugure la même année un type de stand up musical qui fera sa célébrité d’abord aux Etats-Unis, où il est contraint d’émigrer, après s’être réfugié en Finlande. Le 9 avril 1940, lorsque la Wehrmacht envahit le Danemark, il est en tournée de concerts en Suède, il s’échappe en Finlande, parvient à embarquer sur l’American Legion et débarque à New York le 28 août avec 20 dollars en poche.

Il prend le nom de Victor Borge, apprend l’anglais en quelques mois, adapte ses sketches pour la radio où son humour dévastateur, ses exagérations lexicales, l’auto-dérision dont il fait preuve dans l’exécution (dans la double acception du mot) des « tubes » du répertoire pianistique, deviennent très vite un must. Il s’amuse de tout, jouissant d’une popularité qui ne faiblira pas jusqu’à son grand âge.

(Un extrait du gala que le Danemark offrit à l’enfant du pays pour ses 80 ans)

Passionnant documentaire que celui-ci, qui retrace une carrière qui n’a pas eu d’équivalent en Europe.

 

Requiem polonais

On annonce ce matin la mort du compositeur polonais Krzysztof Penderecki né le 23 novembre 1933 à Dębica.

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Un souvenir direct de l’homme et de l’oeuvre qui lui a assuré une renommée internationale : la première suisse, au Victoria Hall de Genève, en 1993, de son Requiem polonais.

Penderecki dirigeait lui-même les forces instrumentales et chorales d’une oeuvre monumentale née dans les premières révoltes de Solidarność

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Les spécialistes diront mieux que moi l’importance de la figure de Penderecki dans la musique du XXème siècle. Le Polonais s’est toujours tenu à l’écart des écoles et des dogmes, même s’il a suivi un parcours finalement assez classique : anti-conformiste, voire extrême, dans sa jeunesse, devenu quasiment « officiel » une fois la reconnaissance internationale venue, pour finir comme un monument historique.

Le critique musical Renaud Machart en dresse un juste portrait ce matin sur Twitter :

Mort du compositeur polonais Krzysztof Penderecki, 86 ans, dont la musique a largement dépassé le cadre de la musique contemporaine savante. Son opéra Les Diables de Loudun (1968) et celui de Bernd Alois Zimmermann, Die Soldaten (1965), étaient les deux références hérissées et hérissantes de l’avant-garde des années soixante. Sa musique aura beaucoup été utilisée au cinéma, notamment par Friedkin (L’Exorciste) et Kubrick (Shining)…Le goût de #Penderecki pour le monumental frelaté me fâchait souvent, comme dans ce papier après un concert à New York, en 1998 :

« Durant les années 60 et 70, Penderecki était connu pour son écriture d’avant-garde extrêmement agressive, caractérisée par l’usage de masses sonores en forme de clusters. Agé de soixante-cinq ans, il a considérablement arrondi sa manière, reste, certes, un adepte du genre noble et glorieux, des machines à grand spectacle, mais pratique une écriture consensuellement atonalo-modalo-tonale.

Les Sept Portes de Jérusalem, oeuvre commandée par la ville de Jérusalem pour sa célébration « Jérusalem-3000 ans », furent créées en janvier 1997 par Lorin Maazel. Kurt Masur reprend l’ouvrage à la tête de l’Orchestre philharmonique de New York. Il dirige Les Sept Portes fermement et assez rudement. Les trois choeurs répartis en face de lui et sur les balcons des deux côtés de la salle, l’orchestre principal et les formations instrumentales satellisées répondent précisément à sa battue.

De toute évidence, il connaît la partition (d’une durée d’une heure environ). Elle s’offre d’ailleurs à la compréhension du premier venu tant ses ficelles sont grosses : pédales harmoniques, jeux de chromatisme, effets rythmiques (solos de basses d’archet, déflagrations spatialisées de percussions), emphases référentielles (un solo de trombone qui semble rappeler celui du plus célèbre des requiem, ponctuant un long et pompeux récit parlé en hébreu). Le larcin est copieux : souvenirs des Carmina Burana de Carl Orff mâtinés de lambeaux de Stravinsky volés dans la Symphonie de psaumes ou dans OEdipus Rex, un soupçon du Poulenc du Gloria, un peu d’Arvo Pärt planant et néo-médiéval, deux ou trois ensembles de solistes dans le genre du Requiem de Verdi ou de la Missa solemnis de Beethoven, etc.

On peut qualifier cela d’« oeuvre de synthèse », si l’on n’a rien contre la musique de seconde zone pour films dans le goût péplum. Pour notre part, l’air conditionné de l’Avery Fisher Hall n’a pas suffi à masquer la redoutable odeur de renfermé de ce que nous pouvons, au mieux, considérer comme un salmis musical oecuménique et fin de siècle. (Renaud Machart Le Monde23 juillet 1998)

Je voudrais conseiller à ceux qui ne sont pas familiers de l’oeuvre du compositeur disparu – ou qui n’ont suivi que de loin son évolution artistique (ce qui est mon cas), ce double CD qui donne un bon aperçu de ses premières étapes créatrices.

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Clin d’oeil à l’ami Emmanuel Pahud qui a enregistré le concerto pour flûte (1992) de Penderecki dans ce disque tout récemment paru.

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La grande Eileen

Sacré caractère, sacrée voix, la chanteuse américaine Eileen Farrell (1920-2002) ne lâche plus celui qui l’a écoutée une fois.

C’est un disque, un cadeau, qui me l’a fait connaître non pas comme la grande cantatrice qui a fait les beaux soirs du Met, mais comme une chanteuse de jazz.

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Depuis lors, je n’ai plus cessé de collectionner les disques d’Eileen Farrell.

Sony nous restitue – enfin – un inestimable capital, trop longtemps indisponible ou mal distribué, dans un coffret de 16 CD, dont chaque galette est une pépite. L’art unique de cette voix immense qui n’a cessé de se partager entre les grands rôles lyriques et le jazz ou la comédie musicale, jusque dans ses dernières années comme elle en témoigne ici :

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CD 1-2 BERG Wozzeck / Mack Harrell (Wozzeck), New York Phil. dir. Dmitri Mitropoulos (live 1951)

CD 3 CHERUBINI Medea extr. (1958)

CD 4 Airs de Beethoven (Fidelio, Ah perfido), Weber (Freischütz), Gluck (Alceste)

CD 5 Airs d’opéras de Puccini

CD 6 I gotta right to sing the blues 

CD 7 Lieder de Schubert, Schumann, Debussy, Poulenc

CD 8 Carols for Christmas / Handel Messie, extr. dir. Eugene Ormandy

CD 9 Airs d’opéras de Verdi

CD 10 Here I go again

CD 11 BEETHOVEN Missa solemnis, dir. Leonard Bernstein

CD 12  Duos d’opéras de Verdi, avec Richard Tucker, ténor

CD 13 The Fling called Love 

CD 14 WAGNER Immolation de Brünnhilde, Wesendonck Lieder / VAUGHAN WILLIAMS Serenade to Music, dir. Leonard Bernstein

CD 15 Together with Love, Andre Previn dir. et piano

CD 16 Mélodies de Respighi, Castelnuovo-Tedesco, Debussy, Fauré

Un indispensable de toute discothèque !

Beethoven 250 (VI) : Au théâtre des Champs-Elysées

Jeudi soir le Théâtre des Champs-Elysées proposait un concert apparemment sans risque, un programme tout Beethoven.

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Sans risque peut-être, mais pas sans audace. Quand un violoniste de la trempe de Christian Tetzlaff s’empare du concerto pour violon, quand un ensemble aussi reconnu que la Deutsche Kammerphilharmonie de Brème se lance, sans chef, dans la Septième symphonie, on peut s’attendre à de bonnes (?) surprises.

Un mot des interprètes et quelques souvenirs, avant d’évoquer leur concert parisien.

La dernière fois que j’avais entendu en concert Christian Tetzlaff c’était dans un contexte très particulier. Le lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdole 8 janvier 2015 il jouait – déjà – le concerto pour violon de Beethoven avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Daniel Harding et le surlendemain, avec les mêmes partenaires, rejoint par le pianiste Lars Vogt et sa soeur violoncelliste Tanja, il donnait le Triple concerto (lire Le silence des larmes).

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J’enfonce une porte ouverte en disant que Christian Tetzlaff est l’un des musiciens les plus passionnants que je connaisse. Si on attend de ce concerto une vision apollinienne, dans la pure beauté du son, alors ce n’est pas lui qu’il faut écouter, mais si on attend d’un artiste – ce qui est mon cas – une prise de risque, l’affirmation d’une singularité, alors on rend les armes devant un jeu aussi conquérant, parfois poussé aux limites de l’instrument et du son, comme celui de Tetzlaff jeudi soir au TCE.

J’ai moins été convaincu par la 7ème symphonie sans chef. Une sécheresse dans l’articulation que l’acoustique peu réverbérante de la salle accentue, une vision comme bridée. Surtout quand on a entendu le même ensemble dans un programme comparable – Concerto pour violon avec Viktoria Mullova, et Troisième symphonie « héroïque » – avec son chef, Paavo Järviil y a une quinzaine d’années, à New York, dans le cadre du festival Mostly Mozart :

« This orchestra grew out of a youth orchestra whose members wanted to find a way to keep playing together; it’s organized democratically, and the players’ autonomy is audible in the crispness and vitality of the playing. The winds are a full warm cohesive presence, balancing the taut strings. The players listen keenly to one another. Mr. Järvi, their artistic director, conducted with electricity, and the players followed him so closely that even the silences bristled. » (New York Times, Beethoven strikes back for Classics6 août 2005).

Comme je l’écrivais naguère, lorsque l’intégrale des symphonies de Beethoven gravée par  le chef estonien et la Deutsche Kammerphilharmonie a été rassemblée en un coffret :

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L’ensemble est passionnant, mais contrasté. La vision « objective » du chef estonien peut déconcerter dans la 9ème symphonie par exemple, et au contraire séduire dans les 3ème, 5ème et 6ème…( Et la musique ? 30 novembre 2016)

 

 

Beethoven 250 (III) : Richard Goode

Richard Goodepianiste américain, né le 1er juin 1943 dans le quartier du Bronx à New York, particulièrement reconnu pour ses interprétations de Mozart et Beethoven. A étudié à la Mannes School of Music avec Elvira Szigeti, Claude Frank et Nadia Reisenberg, puis auprès de Rudolf Serkin et Mieczyslaw Horszowski au Curtis Institute de Philadelphie. Voilà à quoi se résume la notice Wikipedia de l’un des musiciens les plus importants de notre époque, qui reste quasiment inconnu en France.

Certes Piano aux Jacobins l’invitait il y a trois ans, Piano à Lyon lui faisait fête il y a un an, quelques jours avant un récital au théâtre des Champs-Elysées et l’émission que Philippe Cassard lui consacrait dans Portraits de famille sur France Musique.

Il faut dire que le pianiste américain, et son éditeur discographique, le label Nonesuch, ne donnent pas vraiment dans le marketing glamour. 

Mais il y a des années que je suis ce musicien, des années que j’écoute et réécoute ses disques. Et en particulier l’une des intégrales – si tant qu’une intégrale des sonates de Beethoven ait un sens – les plus passionnantes, enthousiasmantes, et de plus excellement enregistrée, qui soient.

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Un coffret disponible à petit prix.

Il y a une quinzaine d’années, Richard Goode signait, en totale complicité avec Ivan Fischer et son orchestre du festival de Budapest, une autre intégrale, celle des cinq concertos pour piano. Pour moi, la référence moderne.

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Lire aussi : Beethoven 2020 : Steinberg, Milstein

Beethoven 2020 : Gelber

De l’Athénée au Grand Palais

 

Yes

Début d’année réjouissant au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet

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IMG_8536(De précieux témoignages de la présence de Louis Jouvet dans ce théâtre qu’il dirigea de 1934 à 1951)

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Les infatigables animateurs du Palazzetto Bru Zane (lire Un joyeux anniversairey proposaient, depuis le 19 décembre, le délicieux Yes (1928) de l’un des rois français de l’opérette Maurice Yvain (1895-1974). J’avoue que jusqu’à mardi dernier, je ne connaissais de l’ouvrage que cet air savoureux :

Ne me demandez pas de choisir entre Susan Graham et Felicity Lott !

On s’amuse beaucoup de ce vaudeville qui a le rythme et la douce folie d’un Feydeau. Toute l’équipe du spectacle doit être citée et félicitée

Totte Clarisse Dalles
Loulou / Clémentine Caroline Binder
Marquita Negri Emmanuelle Goizé
Mme de Saint-Aiglefin Anne-Emmanuelle Davy
M. de Saint-Aiglefin Gilles Bugeaud
René Gavard, le roi du vermicelle Éric Boucher
Maxime Gavard, son fils Célian d’Auvigny
César Mathieu Dubroca
Roger Flannan Obé
Paul-Marie Barbier direction musicale, piano et vibraphone
Matthieu Bloch contrebasse
Thibault Perriard percussions et piano

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Il y a encore quelques dates sur leur agenda : Vichy, Charleroi, Niort, Haguenau.

Le Greco au Grand Palais

On a enfin trouvé le temps d’aller voir cette exposition annoncée comme la première grande exposition jamais consacrée en France à ce génie artistique.

82257987_10157854467463194_4281685375925092352_o(L’agonie du Christ au jardin des Oliviers, 1590)

82832377_10157854467328194_8417825408384237568_o(L’adoration des bergers, 1579)

J’ai eu la chance de voir les grandes oeuvres de ce maître si atypique, si étonnamment moderne, dans la plupart des musées que j’ai visités dans le monde, Tolède bien sûr (où Le Greco a vécu, travaillé et connu la gloire puis la ruine durant près de quarante ans, de son arrivée en Espagne à sa mort en 1614), Madrid, New York, Paris, Londres, Edimbourg récemment.

La rétrospective proposée par le Grand Palais à Paris ne manque pas d’intérêt, ni de pertinence pédagogique. D’où vient cette impression qu’il y manque une dimension, l’absence de certaines grandes toiles, comme L’enterrement du comte d’Orgaz ?

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Mais les chefs-d’oeuvre ne manquent pas, et on aurait tort de ne pas visiter l’exposition.

IMG_8564(Portrait du cardinal Nino de Guevara – vers 1600)

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Toulouse-Lautrec

On ne s’ennuie jamais à lire le jargon des commissaires d’expositions ! L’exposition Toulouse-Lautrec que présente le Grand Palais jusqu’au 27 janvier ne déroge pas à cette crispante habitude qu’ont les grands musées publics de tenir à distance les manants incultes que nous sommes, nous pauvres visiteurs en quête de beauté et d’un peu de culture, par l’emploi de ce langage de spécialistes pour spécialistes.

« Depuis 1992, date de la dernière rétrospective française de l’artiste, plusieurs expositions ont exploré les attaches de l’oeuvre de Toulouse-Lautrec avec la « culture de Montmartre ».

Cette approche a réduit la portée d’un artiste dont l’œuvre offre un panorama plus large.

L’exposition du Grand Palais – qui réunit environ 225 oeuvres – veut, à la fois, réinscrire l’artiste et dégager sa singularité (!!)

Si l’artiste a merveilleusement représenté l’électricité de la nuit parisienne et ses plaisirs, il ambitionne de traduire la réalité de la société contemporaine dans tous ses aspects, jusqu’aux moins convenables.

L’exposition montre enfin comment cet aristocrate du Languedoc, soucieux de réussir, a imposé son regard lucide, grave et drôle au Paris des années 1890 et pourquoi Toulouse-Lautrec s’inscrit comme un précurseur de mouvements d’avant-garde du 20e siècle, comme le futurisme »

Mieux vaut en sourire…

Quoi qu’en dise la présentation, cette expo donne à voir et revoir le Toulouse-Lautrec qu’on a déjà vu cent fois, l’affichiste, l’illustrateur, le peintre de Pigalle et Montmartre. On n’apprend rien de neuf, même si on a plaisir à découvrir quelques toiles moins connues en Europe.

IMG_8620(Portrait de Toulouse-Lautrec par Henri Rachou, 1893)

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IMG_8648(Jane Avril dansant, 1892)

IMG_8644(Le divan, 1893, musée de Sao Paulo)

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IMG_8640(Clownesse Cha-U-Kao, 1895)

IMG_8635(Au Moulin Rouge, 1892-95, Chicago Art Institute)

IMG_8632(Bal du Moulin de la Galette, 1889)

IMG_8630(Portrait du Docteur Bourges, 1891, Pittsburgh Carnegie Museum)

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IMG_8626(Carmen Gaudin, 1884, Williamstown)