Les morts oubliés

Jean-Bernard Pommier (1944-2026)

Dans un article publié il y a un an – Le piano oublié – j’écrivais : « C’est la triste loi des carrières fulgurantes et des jeunesses trop vite enfuies. On les adule, on les encense et on les oublie. Tout surpris de découvrir que ces artistes sont toujours vivants et en activité, même si les studios se sont depuis longtemps détournés d’eux. »

Il y a une douzaine d’années, à un dîner d’après-concert chez Annick B.G., j’avais été surpris et ému de retrouver Jean-Bernard Pommier. L’interrogeant sur ses projets, sa carrière, je compris vite que celle-ci était très ralentie, sinon au point mort, et ces derniers mois le microcosme musical s’inquiétait du sort du pianiste biterrois.

Je n’ai jamais entendu Jean-Bernard Pommier pianiste en concert, en revanche je l’avais apprécié comme chef d’orchestre en quelques occasions en Suisse et à Paris dans les années 80/90.

Il mentionnait dans ses « bios » (ah que j’aime ces bios d’artistes !) qu’il avait été l’un des solistes préférés de Karajan, et je dois bien reconnaître que j’en avais douté… à tort. Les témoignages de cette dilection existent, même s’ils sont rares.

Dans Karajan Live, je relève ce concert :

CD 6 25/09/74

>Mozart concerto piano 23 – Jean-Bernard Pommier / SchoenbergPelleas und Melisande. *

De la même époque cette captation du 3e concerto de Bartok

En juillet 1973, à Salzbourg probablement, cette fois Karajan dirigeait l’orchestre philharmonique de Vienne et Jean Bernard Pommier jouait le concerto en ré mineur de Bach, dans une version dont on dira aimablement qu’elle n’est pas la plus « historiquement informée’ qui soit…

Dans un article (Retour aux sources, suite inattendue) dont la lecture me procure ce matin une forte émotion, j’écrivais ceci :

« J’avais naguère évoqué brièvement mes études au modeste Conservatoire de région de Poitiers (lire Les jeunes Français sont musiciens. Je me rappelle en particulier les épreuves de fin d’études de piano- et le Diplôme à la clé ! et un jury composé de brillantes jeunes stars du piano – Michel Béroff, Jean-Bernard Pommier et André Gorog !

J’ai retrouvé hier un 33 tours que j’avais complètement oublié, l’un des premiers pourtant que j’aie achetés à petit prix, dans la collection Musidisc, le concerto n°5 L’Empereur de Beethoven, sous les doigts précisément de Jean-Bernard Pommier, un enregistrement probablement réalisé, en 1962, dans la foulée du concours Tchaikovski de Moscou dont le pianiste français fut le plus jeune lauréat (il avait 17 ans !). C’est le chef d’origine grecque Dimitri Chorafas (1918-2004) qui dirige l’orchestre de la Société du Conservatoire.« 

Jean-Bernard Pommier semblait avoir jeté ses derniers feux dans cette intégrale des sonates de Beethoven qu’il avait jouée à Gaveau en 2015. Une aventure bien solitaire loin d’un « milieu musical » qui l’avait oublié.

On espère que Warner va rééditer un legs discographique devenu totalement introuvable depuis des années et qui illustre l’art d’un musicien si tristement oublié ces dernières années. Ce serait bien le moindre des hommages à rendre à Jean-Bernard Pommier

Les morts d’avril

Pour revenir aux décès évoqués dans ma récente brève de blog (23.04.2026), d’abord ce magnifique hommage de Sylvain Fort à Michael Tilson Thomas (Le chef sans âge) dans Forumopera (De vive voix), à lire absolument.

Je vais me replonger dans un coffret qu’à vrai dire je n’ai écouté que distraitement, parce que je ne partage pas l’admiration béate de certains pour la pianiste américaine Ruth Slenczynska, disparue à l’âge respectable de 101 ans.

Le décès d’Oleg Maisenberg m’a quant à lui rappelé au souvenir de ma chère Brigitte Engerer :

Humeurs et bonheurs du temps sur mes brèves de blog !

Pavés de printemps

Quand on pense que c’est fini, il y en a encore. Il y a une vague de printemps pour les rééditions en coffrets, on ne s’en plaint pas, même s’il faut régulièrement faire de la place dans sa discothèque… et faire la chasse à quelques doublons.

Haitink le Londonien

Il y a trois ans, Decca publiait un somptueux coffret au titre explicite : Bernard Haitink l’intégrale Concertgebouw (voir les détails sur le site bestofclassic), 113 CD et DVD

Dans notre mémoire collective de mélomanes chef et orchestre amstelldamois sont liés à jamais. Bernard Haitink a été le chef de l’orchestre du Concertgebouw de 1961 à 1988. Mais cette position éminente a un peu occulté les autres fonctions du chef, comme celle de Principal Guest conductot de l’Orchestre philharmonique de Londres de 1967 à 1979.

Ce sont les enregistrements réalisés à Londres durant cette période que Decca ressort aujourd’hui :

CD 1-6 Beethoven / Symphonies, ouv.Egmont, Coriolan, Les créatures de Prométhée, Leonore III, Triple concerto (Beaux-Arts Trio-

CD 7-9 Beethoven / Concertos piano (Alfred Brendel), Fantaisie chorale

CD 10 Dvorak / Concerto violoncelle, Le silence des bois, Rondo (Maurice Gendron)

CD 11 Holst / Les Planètes, Elgar / Variations Enigma

CD 12-15 Liszt / Poèmes symmphoniques (14)

CD 16 Liszt / Concertos piano + Totentanz (Alfred Brendel)

CD 17-18 Mendelssohn / Symphonies 1-5, Mer calme et heureux voyage, Les Hébrides, Méphisto valse 1

CD 19 Mozart / Ouvertures

CD 20 Rimski-Korsakov / Shéhérazade, Rachmaninov / Rhapsodie Paganini (Vladimir Ashenazy)

CD 21-26 / Chostakovitch Symphonies 1, 2, 3, 4, 7, 9, 10, 15, L’âge d’or

CD 27-28 Stravinsky / Le Sacre du printemps, L’Oiseau de feu, Petrouchka

CD 29-31 Verdi / Don Carlo (Margison, Scanduzzi, Hvorostovsky, Lloyd, D’Arcangelo, Gorchakova, Borodina

Un beau coffret certes, mais de nouveau vendu trop cher, même si on n’a jamais fini de redécouvrir l’art d’un grand chef, longtemps considéré comme un bon faiseur sans grandes inspirations.

Je ne connaissais pas toutes les symphonies de Beethoven de cette première intégrale. Clarté, éloquence, équilibre en sont les caractéristiques et, preuve que le chef hollandais ne s’est jamais cantonné à des certitudes initiales, la comparaison avec les « live » réalisés avec l’autre orchestre londonien dans les années 2000, le London Symphony, est passionnante. Entre les deux séries londoniennes, il y a l’intégrale avec le Concertgebouw la plus classique, la moins mobile aussi.

On retrouve évidemment avec bonheur l’intégrale des poèmes symphoniques de Liszt, même si on préférer tel autre chef plus dramatique et flamboyant (Karajan dans Mazeppa ou Tasso)

J’avais déjà en disque séparé les symphonies 3 et 4 de Mendelssohn. Je redécouvre littéralement la splendeur et l’énergie de la vision de Bernard Haitink dans les cinq symphonies (je n’ai pas encore eu le temps de comparer avec la récente parution d’Andris Nelsons (Mendelssohn chez lui).

Et pour couronner le tout une version que je ne connaissais pas de Don Carlo, avec le si regretté Dmitri Hvorostovsky

On peut supposer qu’il y aura un dernier coffret avec les enregistrements réalisés avec Vienne, Berlin, Boston (pour Decca)

Harnoncourt revival

Pour ce qui est de Nikolas Harnoncourt, disparu il y a dix ans, il y a aussi une salve de rééditions – on est d’ailleurs étonné qu’elle ne soit pas apparue plus tôt. Une première il y a quelques semaines avec l’Orchestre de chambre d’Europe, une seconde qui arrive bientôt avec l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam.

Je n’ai jamais été un admirateur inconditionnel du comte de La Fontaine et d’Harnoncourt-Unverzagt – puisque c’est le nom complet du chef d’orchestre ! – Les quelques concerts auxquels j’ai pu assister – les trois dernières symphonies de Mozart par exemple, au Victoria Hall de Genève – m’ont plus souvent agacé que conquis, tant les maniérismes du chef pouvaient être dérangeants. J’ai déjà commencé par réécouter le coffret avec le COE, notamment les symphonies de Beethoven… et de Mozart.

Je ne suis pas sûr que tout cet héritage ait bien vieilli et que l’effet de nouveauté, de surprise, que suscitaient les enregistrements d’Harnoncourt, dans un répertoire classique et romantique qu’il « revisitait » parfois avec un aplomb qui dépendait plus de sa fantaisie que d’une recherche d’une prétendue « authenticité, que cet effet donc se soit émoussé au fil des ans.

Quoi qu’il en soit, pour le mélomane, ces pavés de printemps sont un trésor précieux.

Et toujours humeurs et bonheurs du temps sur mes brèves de blog (en présence de Céline, Véronique, Rima et même Pierre B.)

Seconds couteaux

J’ai déjà consacré une série d’articles à des chefs envers lesquels la postérité a parfois été injuste (Les sans-grade de IOtmar Suitner – à XIII – les Roumains Georgescu, Conta, Andreescu, série à poursuivre)

Mais je continue de me demander pourquoi certains noms n’apparaissent sur les pochettes de disques que comme des accompagnateurs, des seconds couteaux, auxquels on n’a jamais ou presque offert le premier rang.

Revue non exhaustive des noms que je retrouve le plus souvent dans ma discothèque :

Alceo Galliera (1910-1996)

En écrivant cet article, je tombe sur un autre, signé Jean-Charles Hoffelé, que j’aurais pu faire mien : Galliera le méprisé.

Illustrations certes prestigieuses du rôle d’accompagnateur dans lequel le chef italien fut longtemps cantonné

Avec Claudio Arrau, ce sont les cinq concertos de Beethoven, ceux de Grieg, Schumann, Tchaikovski.

C’est aussi bien sûr le chef d’une version mythique du Barbier de Séville de Rossini avec Maria Callas. Il n’est que d’écouter l’ouverture – si souvent ratée voire massacrée par quantité de baguettes plus illustres – pour mesurer l’art incomparable d’un grand chef.

Et au détour d’un récent consacré aux Ballets russes, on a retrouvé une partie seulement des fameux Respighi, dont Jean-Charles Hoffelé regrettait la disparition, bien cachés dans cette compilation éditée par Warner

Toujours dans son rôle d’accompagnateur, on retrouve Alceo Galliera aux côtés d’Ingrid Haebler pour quelques concertos de Mozart, et plus surprenant sans doute, de David Oistrakh dans le 2e concerto de Prokofiev !

Et bien entendu dans quantité de compilations d’airs d’opéra avec l’écurie EMI des années 50/60, Nicolai Gedda, Elisabeth Schwarzkopf, Maria Callas, Anna Moffo…

Alfred Wallenstein (1898-1983)

Quant au chef américain Alfred Wallenstein, pourtant chef du Los Angeles Philharmonic de 1943 à 1956, il n’a longtemps été pour moi que l’accompagnateur régulier d’Artur Rubinstein, notamment pour ma version de chevet du 2e concerto pour piano de Saint-Saëns

Plus tard, je retrouverais Wallenstein auprès de Rubinstein dans des concertos de Mozart exemplaires de style et de jeu…

et bien entendu dans les deux concertos de Chopin

Il faut aussi écouter l’enregistrement toujours émouvant de la 4e symphonie de Szymanowski, une symphonie concertante avec piano, dédiée à Artur Rubinstein, qui l’enregistre après la guerre à Los Angeles.

Mais pour trouver des enregistrements du seul Alfred Wallenstein, il faut vraiment bien chercher. On en trouve quelques-uns dans le coffret anniversaire paru à l’occasion du centenaire de l’orchestre philharmonique de Los Angeles en 2019.

La porosité entre les formations constituées – comme le Los Angeles Philharmonic – et les orchestres des studios hollywoodiens qui enregistraient à tour de bras pour l’industrie du cinéma, était une donnée essentielle de la vie musicale de la cité des anges !

Curieux couplage pour ce CD, mais c’est le seul moyen d’entendre deux versions, l’une et l’autre remarquables, de la « Nouveau monde » par Leinsdorf et de la 2e symphonie de Rachmaninov par Wallenstein

Leopold Ludwig (1908-1979)

Quant au chef allemand Leopold Ludwig, c’est simple, je n’ai, dans ma discothèque, aucun disque où il officie seul, et en cherchant bien sur les sites en ligne, j’en ai trouvé deux :

Sinon, Leopold Ludwig c’est le partenaire d’Emil Guilels dans deux concertos pour piano de Beethoven

ou de Shura Cherkassky dans le 1er concerto de Tchaikovski.

C’est encore le chef d’un disque-récital devenu mythique de Birgit Nilsson !

Pour les bonheurs et humeurs du moment, toujours mes brèves de blog

L’éloquence des Hongrois

On sait l’admiration que j’ai pour l’infatigable Cyrus Meher-Homji qui a l’art de dénicher les trésors des archives des labels Philips, Decca, Deutsche Grammophon et associés et de les rééditer dans sa collection Eloquence

J’ai parfois des doutes quant à la pertinence voire l’utilité de ces rééditions (lire Dispensables), mais le coffret qui vient de paraitre (que j’ai acheté beaucoup moins cher que le prix français sur un site danois) est une formidable surprise :

Qui, dans la jeune génération de mélomanes, connait encore ne serait-ce que les noms de János Ferencsik et de György Lehel ?

Je me souviens de la fièvre qui me gagnait quand il y avait encore des magasins de disques à Budapest où l’on pouvait rafler les pépites du label national Hungaroton, je me rappelle aussi quelques rares vinyles ou CD où les noms de ces deux chefs étaient moins rares qu’aujourd’hui.

Mais là, c’est le bonheur intégral, et le plaisir de retrouver ces prises de son du début ou du milieu des années 60 si caractéristiques des pays de l’Est, qui restituent l’acoustique des salles où les orchestres (et choeurs) ont été enregistrés, sans traficotage inutile, et surtout un son d’orchestre si reconnaissable !

Le chef en son pays

János Ferencsik a été le chef hongrois le plus éminent de la seconde partie du XXe siècle, en tout cas de ceux qui sont restés en Europe. Au-delà des répertoires « locaux » qui sont regroupés dans ce coffret, il a imposé sa marque dans le répertoire classique et romantique et connu une carrière internationale remarquée.

C’est par sa version qui n’a jamais quitté le catalogue que j’ai découvert les Gurre-Lieder de Schoenberg

C’est aussi mon premier disque Kodály avec les Danses de Galánta et les Danses de Marozzsék

György Lehel à redécouvrir

Quant à György Lehel, la relative brièveté de sa carrière – il est mort à 63 ans – l’a sans doute empêché d’avoir une carrière plus internationale et les quelques disques de lui distribués en Occident l’ont cantonné au répertoire hongrois. Alors que, de nouveau, en cherchant bien chez les disquaires, on pouvait trouver un éventail beaucoup plus large de son art.

C’est avec lui que le jeune Zoltan Kocsis grave les concertos 1 et 2 de Bartók !

Kodály par Kodály

Quelle joie de retrouver dans ce coffret cet incunable de Zoltán Kodály dirigeant lui-même en 1961 son bien peu connu Concerto pour orchestre et cet admirable Soir d’été !

Un indispensable, vraiment indispensable de toute discothèque !

Et toujours humeurs et bonheurs du temps dans mes brèves de blog : les suites d’élections, un nouveau rôle, la mort de Jospin

Orchestres sans tête et autres nouvelles

Nul ne sait en dehors de la Belgique francophone ce qu’est un oiseau sans tête, je garde de mes années liégeoises un excellent souvenir de cette spécialité culinaire. C’est ce à quoi m’a fait penser un excellent article d’un journaliste français installé depuis des lustres au Québec, Christophe Huss dans le journal Le Devoir

Orchestres sans tête

Christophe Huss évoque un « marché des chefs d’orchestre en ébullition aux Etats-Unis » dans un article très complet que j’invite à lire.

Il évoque quatre grands orchestres américains – Cleveland, Boston, San Francisco, Los Angeles – qui se retrouvent, à court terme, sans chef titulaire.

À Cleveland, c’est Franz Welser-Moest qui part après un « règne » de plus de vingt ans dont on a du mal à percevoir les lignes de force ni l’héritage qu’il laissera.

A San Francisco, Esa-Pekka Salonen part après un quinquennat trop bref, au motif que sa programmation était trop audacieuse pour complaire aux généreux mécènes de l’orchestre…

A Los Angeles, c’est Dudamel qui jette l’éponge après seize ans d’un mandat qui a fait pas mal d’étincelles.

Quant à Boston, j’ai déjà évoqué le conflit entre l’administration et Andris Nelsons.

Quand on change d’avis

Je n’avais pas du tout aimé la première parution d’une intégrale des symphonies de Beethoven enregistrées « live »à Vienne par Simon Rattle. Prise de son étriquée, son d’orchestre qui ne reflétait en rien l’opulence des Wiener Philharmoniker. Et puis Warner a réédité le coffret, avec semble-t-il une vraie « remasterisation » et le rendu est cette fois d’une toute autre ampleur.

Le pianiste révélé

Je l’avoue, je n’ai pas encore cédé à l’attrait que le tout jeune pianiste russe, Alexandre Malofieiev (oui c’est bien ainsi qu’on prononce son nom, n’en déplaise à cette affreuse habitude de la transcription internationale) exerce sur une critique qui semble conquise d’avance (Alexandre Malofeev stupéfie la salle Gaveau). A défaut de l’avoir entendu en concert – mais cela ne saurait tarder ! – j’ai acheté le double album qu’il vient de sortir.

Programme admirable, qui nous change si heureusement de tous les disques inutiles de certaines stars du piano (ou du violoncelle)

Et toujours humeurs et bonheurs dans mes brèves de blog ! (l’au-revoir à Philippe Provensal, la disparition d’Isabelle Mergault, le soutien à Sophia Aram)

Dispensables

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » ! Tout le monde connaît la célèbre citation extraite du Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Sur ce blog, l’éloge flatteur a très nettement l’avantage sur le blâme, je fais la part belle à l’indispensable. Alors pour une fois faisons exception avec quelques déceptions, des parutions ou des manifestations qui ne me paraissent pas pertinentes, donc tout à fait dispensables !

On sait l’admiration que j’ai pour Cyrus Meher-Homji, l’infatigable animateur de la branche australienne d’Universal et surtout redécouvreur des trésors des labels Philips, Decca, Deutsche Grammophon et associés.

Je regrette toujours le prix payé en France pour ces rééditions de grande qualité, mais dont les coûts sont amortis depuis longtemps.

C’est dire si j’étais impatient de découvrir ce dernier coffret du jeune Lorin Maazel – le chef américain disparu le 13 juillet 2014 ayant été l’objet de multiples articles sur ce blog, au fur et à mesure des rééditions d’une discographie abondante.

C’est dire aussi la déception à l’écoute notamment de ce qui forme l’essentiel de ce coffret : de Bach les concertos brandebourgeois, les quatre « suites » pour orchestre, l’Oratorio de Pâques et la Messe en si.

Sans tomber dans la caricature, en dehors de l’alternance vif-lent parfois exacerbée, ces Bach sont d’une raideur obsolète malgré une distribution séduisante (Teresa Stich-Randall, Anna Reynolds, Ernst Haefliger, John Shirley-Quirk).

Les quatre symphonies – 38 à 41 – de Mozart sont tout aussi dispensables.

Seul le duo inattendu Evelyn Lear / Christa Ludwig sauve un Stabat mater de Pergolese hors sujet.

Le reste du coffret est déjà bien connu, parce que déjà publié dans le coffret DG, et lui fait partie des indispensables avec la Symphonie de Franck, la suite de L’Oiseau de feu et le Chant du rossignol de Stravinsky, et surtout d’admirables Falla (L’amour sorcier, Le Tricorne)

Quand je feuillette le dernier numéro de Diapason (mais les précédents n’étaient guère mieux fournis) et que je vois la part des critiques consacrées aux nouvelles parutions discographiques, je ne peux que constater une sorte d’inéluctable raréfaction dans ce qu’il est convenu d’appeler le grand répertoire, au profit de quelques découvertes dans des répertoires dits « de niche ».

Il y a des engouements que je ne partage pas, des disques dont je me demande quelle est la valeur ajoutée à une discographie pléthorique – comme la floraison de Variations Goldberg, le dernier tube à la mode ? –

Mais pour ne pas terminer sur une note pessimiste, quelques-unes de mes récentes « bonnes affaires » et des réussites à saluer :

Justement pour les Variations Goldberg, quelle extraordinaire idée que celle qu’ont eue Thibaut Garcia et Antoine Morinière de cette véritable recréation pour deux guitares !

Cette critique dans le BBC Music Magazine : « Angioloni delivers a compelling, energetic account of a score that should be better known »

D’un pianiste qui se fait trop discret, ce disque de sonates de Beethoven (2, 9, 14 et 31) que je n’avais pas repéré à sa sortie

Et cela juste une petite réparation, des disques perdus au cours d’un déménagement et que j’avais le plus grand mal à retrouver même d’occasion à des prix raisonnables. Hier au cours d’une visite chez Gibert, je tombe directement sur ce coffret si précieux des symphonies de Brahms enregistrées par le grand Kurt Sanderling à Dresde !

Et toujours humeurs et bonheurs sur mes brèves de blog

Karajan Live

J’ai hésité avant de commander d’abord ce coffret qui couvre la période 1971-1979, puis le précédent – 1953-1969 -. Le prix fait réfléchir (puisque j’achète tous mes disques !) mais le travail éditorial et l’objet même sont remarquables.

Tout semble avoir été déjà dit, écrit sur le chef d’orchestre salzbourgeois : Karajan est né dans la ville natale de Mozart le 5 avril 1908 et mort dans sa maison d’Anif, à 8 km de Salzbourg le 16 juillet 1989. Ici même les occurrences ne manquent pas : lire Mon Karajan

Alors pourquoi revenir à Karajan et à ces captations de concert ? D’abord en raison de quelques raretés, pas toujours indispensables, mais surtout parce qu’une fois de plus le concert, le « live » révèlent l’artiste tel qu’en lui-même le studio, trop léché, trop poli – surtout à cette période-là – le corsètent.

Avant ces coffrets réalisés à l’initiative et sous le contrôle des Berliner Philharmoniker eux-mêmes, on avait déjà les documents d’archives mis au jour par Yves St.Laurent (lire La collection St Laurent : les bons plans)

CD 1 25/09/1971

>Vivaldi, sinfonia « al san sepolcro »/ Sibelius concerto violon – Christian Ferras / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 2 12/02/1972

>Mendelssohn symph 3 / Debussy prélude à l’après-midi d’un faune / Ravel Daphnis suite 2

CD 3 31/12/1972

>Bruckner symph 5

CD 4 8/09/73

>Mozart symph 41 / Tchaikovski symph 5

CD 5 17/02/74

>Schubert symph 8 / Penderecki capriccio violon – Leon Spierer / Moussorgski Les tableaux d’une exposition

CD 6 25/09/74

>Mozart concerto piano 23 – Jean-Bernard Pommier / Schoenberg Pelleas und Melisande. *

CD 7 8/12/74

>Bartok musique cordes / Dvorak symph 9

CD 8 20/05/75

>Berg suite lyrique / Bruckner symph 4

CD 9 25/09/75

>Richard Strauss Métamorphoses / Also sprach Zarathustra

CD 10 16/10/76

>Mozart symph conc vents – Karl Steins, Karl Leister, Gerd Seifert, Manfred Braun / Sibelius symph 5, Finlandia

CD 11 12/12/76

>Bruckner symph 5

CD 12 31/12/76

>Mozart symph 41 / Richard Strauss Ein Heldenleben

CD 13 25/06/77

>Wimberger Plays für 12 Solo-Violoncelli, Bläser und Schlagzeug / Berlioz symph fantastique

CD 14 25/09/77

>Thärichen Batrachomyomachia / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 15 21/10/77

>Brahms double concerto – Thomas Brandis, Ottomar Borwitzky / Brahms symph 2

CD 16 04/01/78

>Mahler Das Lied von der Erde – Agnes Baltsa, Hermann Winkler

CD 17/01/78

>Sibelius symph 4. / Beethoven symph 7

CD 18 4/01/79

>Bach conc brandebourgeois 3 / Berg pièces op 6 / Dvorak symph 8

CD 19 27/01/79

>Webern pièces op 5 / Schumann symph 4 / Tchaikovski conc piano 1 – Mark Zeltser

CD 20 25/11/79

>Bach conc brandebourgeois 1 / Beethoven symph 3

*J’ai raconté le souvenir très particulier que j’ai gardé du concert que donnaient Karajan et ses Berliner à Lucerne, trois semaines avant ce concert, le 31 août 1974, avec au programme ce Pelleas de Schoenberg (L’été 74).

Les surprises d’un coffret

Les textes et les photos qui font une grande partie de la valeur de ce coffret – en allemand et en anglais seulement ! – dressent des portraits contrastés du chef, surtout lors de cette décennie 70 où la recherche du beau son va sembler l’emporter sur les considérations purement musicales. On sort en réalité des clichés, des postures, par le témoignage de musiciens, de preneurs de son, de collaborateurs qui n’étaient pas, n’ont jamais été de simples faire-valoir. Mais on admire ce qui a fait la légende Karajan – et que m’avait rapporté jadis l’un de ses rares « élèves », le chef allemand Günther Herbig, invité plusieurs fois à Liège – la fabrication, la construction d’une interprétation, avant même la recherche du son d’ensemble. Tous les documents – rares jusqu’à maintenant – qui montrent Karajan en répétition l’attestent.

On comparera donc avec intérêt les doublons qui figurent dans ce coffret (‘Le Sacre du printemps, la 5e de Bruckner, la 41e de Mozart), on ne s’attardera pas longtemps sur les rares « créations » – on imagine bien pourquoi Karajan dirige une oeuvre de Werner Thärichen, l’indéboulonnable timbalier et surtout délégué des musiciens des Berliner (!) – mais on relèvera un art consommé de la programmation. On a sans doute choisi les concerts les plus originaux pour ce coffret, mais on reste rêveur devant ce qui était proposé au public berlinois.

Il faut aussi relever que le système mis en place par Karajan et Berlin de contrôle absolu de tout ce qui était enregistré, produit, pour le concert et pour le disque, est encore très largement en vigueur aujourd’hui. On ne trouve quasiment pas trace sur internet, a fortiori sur YouTube, d’un « live » qui n’ait pas été formellement approuvé par la firme !

Exception avec ce Chant de la Terre, capté en janvier 1978 (cf. ci-dessus), avec Agnes Baltsa et Hermann Winkler :

Je rappelle que le fameux Grand Echiquier qui réunissait l’orchestre philharmonique de Berlin et Herbert von Karajan le 24 juin 1978 est visible ici : Grand Echiquier 1e partie et Grand Echiquier 2e partie.

Et toujours mes brèves de blog en fonction de l’actualité et de mes humeurs.

Les planètes de Sir Adrian

La publication par Warner d’un coffret de 79 CD de ses enregistrements stéréo ne fera pas de lui la célébrité qu’il n’a jamais été sur le continent : Adrian Boult (1889-1983). Le grand chef britannique, à qui j’ai déjà consacré plusieurs articles (Les inattendus), n’aura jamais bénéficié, hors du Royaume-Uni, de la notoriété, certes toute relative, d’un Barbirolli ou d’un Beecham pour ne citer que ses contemporains, ni de la célébrité d’un Simon Rattle.

J’invite à relire ces articles (notamment Plans B) lorsqu’on veut échapper aux clichés qui s’attachent aux musiciens britanniques qui devraient se cantonner à la musique britannique. Adrian Boult dans Elgar, Holst, Vaughan-Williams c’est presque normal, et c’est une large part du nouveau coffret, mais il y a beaucoup plus dans son héritage discographique. C’est sur les originalités de cette grosse boîte que je m’arrête ici. Il y a beaucoup de surprises, et de bonnes surprises.

Avec Ernő Dohnányi

Je connaissais bien sûr le légendaire enregistrement de Julius Katchen des très libres variations d’Ernő Dohnányi sur « Ah vous dirai-je maman », dirigé par Adrian Boult. Mais j’ignorais ce disque enregistré avec le compositeur lui-même au piano.

Avec Shura Cherkassky

L’un des pianistes les plus originaux du XXe siècle – Shura Cherkassky – est aussi l’un des plus difficiles à identifier dans une discographie aussi profuse que désordonnée. Ce coffret Boult comporte plusieurs pépites : les concertos de Grieg, Schumann, Tchaikovski et comme une gâterie le scherzo du concerto symphonique n°4 de Litolff.

Avec Yehudi Menuhin

Le problème avec Yehudi Menuhin c’est l’irrégularité d’un jeu, des problèmes d’archet, qui sont perceptibles dans la plupart de ses enregistrements de maturité, que ce soit avec Boult ou n’importe quel autre chef. Il.y en a ici quelques-uns d’évitables et puis une vraie curiosité, deux concertos « contemporains », deux absolues raretés, les concertos de Malcolm Williamson et Lennox Berkeley, deux oeuvres dont j’ignorais l’existence avan de les découvrir dans ce coffret.

Dans le répertoire romantique, on est conquis par une intégrale symphonique Brahms (le natif de Hambourg est mort lorsque le jeune Adrian avait déjà 14 ans !), de belles percées du côté de Tchaikovski. Boult avance toujours, indifférent aux alanguissements.

Boult est l’auteur d’au moins quatre enregistrements du tube de Gustav Holst, les Planètes. Deux figurent dans ce coffret.

Adrian Boult, comme la plupart de ses confrères d’outre-Manche, n’était pas dépourvu d’humour et ne dédaignait pas la musique « légère »

Et toujours mes humeurs et bonheurs du moment dans mes brèves de blog : Les mondanités de Capuçon, les délices de Lipp, la vie de famille et une Missa pas solennelle pour deux sous…

Premières notes

J’en conviens, je suis en panne d’originalité pour intituler ce billet, mais tout comme j’ai fait mon bilan personnel des meilleures notes de 2025, je m’autorise à évoquer les musiques que j’ai entendues, parfois vues, ces tout premiers jours de 2026.

Il y a les spectacles dont j’ai déjà parlé à Vienne (Hänsel und Gretel, La Chauve-Souris) et dont Bachtrack a publié mes critiques hier :

L’enchantement des contes de l’enfance

C’est en repensant à ce beau spectacle, et au magnifique duo du 2e acte, la prière des enfants, que j’ai choisi cette dernière pour accompagner la cérémonie d’adieu à ma mère qui a eu lieu hier à Nîmes (L’adieu).

Une inaltérable Chauve-Souris à l’opéra de Vienne

Avec la prise de rôle sur scène de Jonas Kaufmann en Gabriel von Eisenstein.

J’aurais pu aussi choisir ce moment qui me bouleverse toujours dans le 2e acte de La Chauve-Souris, la toute fin en particulier…

Je n’ai pas pu assister même à une répétition du concert du Nouvel an dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Je ne sais si je dois le regretter, à lire les commentaires pour le moins divergents qui se sont exprimés ici et là.

En revanche, j’étais dimanche après-midi à Radio France pour une IXe symphonie de Beethoven devenue traditionnelle en début d’année depuis que Mikko Franck avait décidé, en 2018, d’importer à Paris une habitude séculaire dans les pays germaniques. On peut réécouter le concert sur France Musique et lire ma critique sur Bachtrack : La Neuvième démonumentalisée de Maxim Emelyanychev à Radio France.

Restes de Vienne

D’ordinaire je revenais de Vienne la valise chargée de CD, parfois de DVD et de partitions. Cette fois-ci bien maigre pitance trouvée dans les rayons clairsemés du magasin au rez-de-chaussée de la Haus der Musik.

Je me demande bien quand et si Eric Leinsdorf (1912-1993) bénéficiera un jour d’une réédition de son legs discographique, qui a le malheur – pour nous – d’être éclaté entre plusieurs labels, plusieurs pays. Je guette ses enregistrements réalisés à l’ère de la première stéréo à Los Angeles dans un full dimensional sound :

Je ne connaissais pas le disque d’Anja Harteros, que j’aimerais voir plus souvent sur scène

Quant à la série lancée par Deutsche Grammophon pour le téléchargement de concerts « live » elle a fait long feu, mais on en trouve encore ici et là des échos… en CD. Et ce concert de Lorin Maazel à New York fait partie de ses réussites.

Pour compléter la discographie de Christoph von Dohnanyi (1929-2025), il faut chérir et rechercher ses ultimes enregistrements avec le Philharmonia de Londres. Je suis content d’avoir trouvé à Vienne ce double CD, qui me semble comme un accomplissement.

Dans une prochaine brève de blog, je ne manquerai pas d’évoquer la nomination plutôt surprenante annoncée hier par le directeur de l’Opéra de Paris, Alexander Neef.

Les amis de Martha

Ça me fait le coup à chaque fois que j’entends Martha Argerich en concert, j’ai besoin de me replonger dans sa discographie, d’y redécouvrir des pépites.

C’était dimanche soir à la Philharmonie, à un horaire inhabituel (19h30 au lieu de 20h), un concert de l’orchestre philharmonique de Rotterdam dirigé par Lahav Shani, un concert que de bien tristes sires entendaient interdire (lire Le piano de la haine), comme ils avaient tenté de le faire le 6 novembre dernier.

Interdire Martha Argerich ? Il faut oser..

Martha et Schumann

Heureusement aucun incident n’a perturbé un concert, certes un peu écourté. Lire mon papier sur Bachtrack : Argerich et Rotterdam brefs mais intenses à la Philharmonie

Qui se serait plaint – pas moi en tout cas – d’entendre la pianiste – 84 ans ! – à nouveau dans le concerto de Schumann, où on l’avait entendue ici même il y a 18 mois (Martha Argerich réinvente le concerto de Schumann) ? Qui n’aurait pas fondu de bonheur à l’écoute de ce bis extrait des Scènes d’enfants ?

Von fremden Ländern und Menschen (extrait des Kinderszenen) de Schumann / 30.11.2025 @JPR

Le miracle Argerich, c’est, dans cette oeuvre dont elle détient tous les secrets depuis des années, de renouveler toujours notre écoute, notre voyage chez Schumann. Je note au passage que le concerto a été créé il y a 180 ans, le 4 décembre 1845 à Dresde !

Entre les disques de studio et les « live » il ne doit pas y avoir moins d’une dizaine de versions dues à Martha Argerich, la moins recommandable de mon point de vue étant celle que dirige Harnoncourt, coincée, guindée, raide, là où tout doit être souplesse et atmosphères changeantes.

Sur YouTube j’ai trouvé plusieurs versions, dont celle récente captée à Vienne avec Zubin Mehta

et une autre qui date de 1976 avec un chef qu’aimait beaucoup Martha Argerich, Bernhard Klee disparu le 10 octobre dernier.

La comparaison entre les diverses versions n’a guère de sens, tant la pianiste réinvente l’oeuvre et se réinvente à chaque concert.

Les amis de Martha

Entre les coffrets Deutsche Grammophon, Warner, Sony « officiels » et les éditions des « live » de Lugano et Hambourg, on mesure d’une part les permanences d’autre part les audaces du répertoire de la pianiste argentine, mais surtout les amitiés qu’elle a tissées au fil des ans et des rendez-vous festivaliers. On a toujours vu tourner autour d’elle quantité de gens, souvent jeunes, qui entendaient profiter de son aura : il y a eu beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais ceux qui sont restés dans le premier cercle, et dont on retrouve d’éloquents témoignages dans ces coffrets, sont aussi admirables que talentueux.

Je retrouve d’abord avec une particulière émotion les quelques enregistrements de notre cher Nicholas Angelich

Avec mon très cher Tedi Papavrami, c’est une complicité plus récente, mais d’autant plus ardente qui se manifeste depuis quelques années avec Martha A.

Juillet 2022 : Tedi Papavrami faisait partie du jury du concours Eurovision des Jeunes Musiciens

En 2019 à Hambourg, le violoniste et la pianiste avaient donné la sonate « à Kreutzer » de Beethoven, en 2023 ils la redonnaient dans le cadre du festival suisse des Variations musicales de Tannay dont Tedi Papavrami est l’inspirateur autant que le héraut.

En 2018, nouveauté dans le répertoire d’Argerich, elle donnait avec Tedi Papavrami et son complice de toujours, le violoncelliste Misha Maisky, le Triple concerto de Beethoven à Hambourg

On n’évoque pas ici les amis de toujours de Martha, les GIdon Kremer, Misha Maisky, Stephen Kovacevich (qui fut son mari), pour n’évoquer que les vivants. Il est une autre pianiste dont on sait l’amitié de très longue date avec elle, mais qui n’avait pas été documentée jusqu’à une période récente, c’est Maria Joao Pires. Et plus rare encore la présence d’Anne Sophie Mutter pour un trio de Mendelssohn d’anthologie.

Et toujours mes brèves de blog