Saint-Saëns #100 : l’indispensable anthologie

Pour célébrer Saint-Saëns à l’occasion du centenaire de sa mort, peu d’éditeurs pourront concurrencer le très beau coffret que Warner nous offre.

On est loin d’une intégrale, tant Saint-Saëns reste, paradoxalement, un compositeur méconnu, notamment dans le domaine lyrique (heureusement l’Opéra Comique, le Palazzetto Bru Zane, ont commencé à combler notre ignorance dans ce domaine).

Mais ce coffret est très précieux, en ce qu’à partir d’un fonds EMI très riche, il nous restitue quantité de versions reconnues et de raretés oubliées. Une magnifique anthologie, qu’on doit à Philippe Pauly, et qui comblera les plus exigeants comme les nostalgiques des couleurs si typiquement françaises des phalanges hexagonales. Et pour la quasi-totalité de ces disques, des interprètes français ! Cocorico !

Pour les symphonies, c’est l’insubmersible intégrale de Jean Martinon avec le National qui a été retenue, pour les – trop rares – poèmes symphoniques un disque qu’on avait oublié – à tort – un autre grand serviteur de la musique française, Pierre Dervaux (1917-1990) à la tête de l’Orchestre de Paris, le même Dervaux dirigeant le New Philharmonia et le violoniste allemand Ulf Hoelscher (1942-) pour la première intégrale de l’œuvre concertante pour violon.

Les concertos pour piano sont proposés dans deux versions déjà signalées ici (Saint-Saëns #100 : les concertos pour piano) : l’indémodable Jeanne-Marie Darré avec Louis Fourestier en 1955, et l’excellent tandem Jean-Philippe Collard/André Previn)

Quant à la « fantaisie zoologique » – Le Carnaval des animaux – l’oeuvre la plus célèbre de son auteur, qui, une fois l’oeuvre créée à l’occasion d’un carnaval, en interdira toute exécution publique jusqu’à sa mort – elle est proposée en trois versions – pour formation de chambre, pour orchestre… et pour ensemble vocal (savoureux King’s Singers).

Ce coffret propose aussi les deux versions de référence du seul opéra encore joué de Saint-Saëns, Samson et Dalila : difficile (impossible ?) d’égaler les couples légendaires que formaient Rita Gorr et Jon Vickers, et vingt ans plus tôt Hélène Bouvier et José Luccioni.

On entre ensuite dans des zones nettement moins fréquentées de l’oeuvre de Saint-Saëns. On a oublié que le compositeur a occupé plus de vingt ans la tribune de l’orgue de la Madeleine – Liszt le décrit comme « le premier organiste du monde » : l’oeuvre qu’il a laissée pour l’instrument tient en deux forts disques joués par Daniel Roth sur l’orgue de l’église Saint Salomon Saint Grégoire de Pithiviers.

Quatuors, sonates, septuor, quintettes bénéficient des talents d’hier et d’aujourd’hui (Viotti, Hubeau, Charlier, Chamayou…).

On avait oublié que François-René Duchâble avait gravé – superbement – les deux cycles d’études pour le piano, et on retrouve les études pour la main gauche sous les doigts d’Aldo Ciccolini.

Il y a quelques « trous » dans ce coffret : deux versions du premier concerto pour violoncelle (Rostropovitch et Giulini à côté de la plaque), mais pas le second. Absence incompréhensible de la version de référence du 3ème concerto pour violon – celle de Nathan Milstein, alors qu’il y a par ailleurs nombre d’enregistrements historiques (dont le compositeur lui-même au piano)

De nombreuses transcriptions, quelques inédits pour deux pianos, un beau bouquet de mélodies, où l’on ne pensait pas croiser Dietrich Fischer-Dieskau ou Christa Ludwig. L’unique messe de l’organiste de la Madeleine nous ramène à Michel Corboz.

Enfin les quelques vraies raretés orchestrales sont le fait d’un artiste qui voue depuis longtemps une admiration à Saint-Saëns : Jean-Jacques Kantorow qui vient de signer avec Liège la référence moderne des symphonies, avait enregistré avec l’Ensemble Orchestral de Paris, toute une série de premières au disque, comme cette charmante Nuit à Lisbonne

Avec ce coffret, on a toutes les raisons de découvrir et d’aimer un compositeur surdoué, qui n’a cessé toute sa vie de surprendre et d’innover.

Ils aiment Brahms

L’actualité du disque réserve parfois des surprises. En ce mois d’octobre, pas moins de trois nouveautés avec la même 3ème sonate pour piano de Brahms. Par trois jeunes – et très talentueux – pianistes français ! Alexandre Kantorow chez BIS, Jonathan Fournel, lauréat acclamé du dernier concours Reine Elisabeth de Belgique, chez Alpha, et Adam Laloum chez Harmonia Lundi.

Cette épidémie de « brahmsite » dans la jeune génération a de quoi surprendre, quand on sait que Brahms fut très longtemps ignoré par les pianistes français. Quand Marie-Josèphe Jude réalisa dans les années 90 une intégrale du piano de Brahms, elle était bien seule dans un paysage dominé évidemment par les interprètes germaniques ou nourris aux sources du romantisme allemand. Puis François-Frédéric Guy grava les trois sonates, et Geoffroy Couteau acheva, il y a peu, sa propre intégrale.

L’attrait pour la 3ème sonate tient-il à l’âge du compositeur au moment de son écriture ? C’est un jeune homme de 20 ans – et pas le vieillard barbu et rondouillard si souvent représenté – qui achève à l’été 1853 la troisième et dernière de ses sonates pour piano.

Cinq mouvements (allegro maestoso, andante, scherzo, intermezzo, allegro moderato ma rubato) une durée inhabituelle de 40 minutes, et cette exergue devant le deuxième mouvement :

« Der Abend dämmert, das Mondlicht scheint / Da sind zwei Herzen in Liebe vereint / Und halten sich selig umfangen » (« Le soir tombe, la Lune brille / Ici, deux cœurs amoureux sont unis / et s’enlacent, bienheureux. »).

Des vers tirés du recueil « Die junge Liebe » de Sternau, le nom de plume d’Otto Julius Inkermann (1823-1862)

Le disque de Jonathan Fournel comprend aussi les Variations sur un thème de Haendel, que le pianiste français avait offertes au jury et au public du concours Reine Elisabeth.

Je suis impatient de découvrir ces nouveautés. Je garde une grande tendresse pour les deux versions que Nelson Freire a gravées :

Saint-Saëns #100 : les concertos pour piano

J’ai commencé cette série consacrée à Camille Saint-Saëns – dont on commémore le centenaire de la mort – par ses symphonies : Saint-Saëns #100 Les Symphonies, à l’occasion de la publication d’une formidable intégrale due à Jean-Jacques Kantorow et à l’Orchestre philharmonique royal de Liège.

Le grand violoniste et chef d’orchestre était jeudi soir à l’Auditorium de Radio France pour écouter un pianiste qu’il connaît bien, son propre fils, Alexandre, dans le 5ème concerto pour piano, dit « L’Egyptien », de Saint-Saëns.

L’Orchestre national de France était dirigé par Kazuki Yamada, qui remplaçait Cristian Macelaru empêché.

Je ne dirais pas mieux qu’Alain Lompech, présent quelques rangs derrière moi, qui écrit ceci sur Bachtrack : Et « L’Egyptien » de Saint-Saëns ? Alexandre Kantorow en aura été le patron. Son piano est d’une précision aussi hallucinante qu’elle est au service d’un propos plein d’esprit et pur de toute volonté de paraître. Son jeu est tout de grâce et d’élégance, d’une telle variété d’attaques et de nuances et d’une telle puissance de pensée que l’orchestre et le chef sont à son écoute. La façon virevoltante dont il joue les traits les plus véloces, tout comme sa façon de prendre un tempo un peu rapide dans le fameux thème andalou du deuxième mouvement sont irrésistibles au moins autant que sa virtuosité incandescente et joueuse dans la toccata conclusive. Triomphe. Il revient jouer la Première Ballade de Brahms avec le son transparent et timbré du jeune Horowitz ou mieux encore de Michelangeli en public dont le clavier donnait l’impression de faire 20 centimètres de profondeur, comme celui de Kantorow ce soir ! Triomphe encore. Tiens ? Il revient avec son iPad pour un second bis, ce qui est rare après un concerto. Et là – le traître ! –, joue la Cancion n° 6 de Mompou. Trois accords : les lunettes s’embuent. On est au-delà de l’exprimable, dans des sphères de la conscience de chacun auxquelles seuls quelques rares élus se connectent. Kantorow est l’un d’eux« 

On peut (on doit !) réécouter Alexandre Kantorow sur francemusique.fr (à partir de 18’30 »)

Et bien sûr acquérir la nouvelle référence discographique des trois derniers concertos, enregistrée il ya deux ans, par le père et le fils :

Intégrales

Jadis rares, les intégrales des 5 concertos pour piano de Saint-Saëns se sont multipliées ces dernières années, intégrales inégales, pas toujours bien enregistrées (Ciccolini/Baudo, Entremont/Plasson). Trois me semblent sortir du lot :

Souvent citée la pianiste française Jeanne-Marie Darré (1904-1999) reste une référence avec cette intégrale réalisée avec Louis Fourestier et l’orchestre national entre 1955 et 1957. Ou quand chic et virtuosité font bon ménage !
Autre intégrale sortie vainqueur d’une écoute comparée (dans Disques en lice, la « tribune » de la Radio suisse romande), Jean-Philippe Collard et André Previn dirigeant le Royal Philharmonic de Londres

Moins connue peut-être, mais passionnante, la vision du pianiste anglais Stephen Hough accompagné par Sakari Oramo et l’orchestre de Birmingham (Hyperion)

L’esprit de Saint-Saëns

Je pourrais citer bien d’autres versions intéressantes. Quelques-uns de mes choix de coeur.

Pour le 2ème concerto

Artur Rubinstein avait tout compris de l’esprit du 2ème concerto. Ma version de chevet.

Peut-on trouver plus émouvant que cette ultime captation d’une oeuvre que le pianiste a jouée durant toute sa carrière, ici au soir de sa vie avec André Previn au pupitre de l’orchestre symphonique de Londres ?

Autre version sortie largement en tête d’une Table d’écoute sur Musiq3 (RTBF), le tout premier disque de concertos de Benjamin Grosvenor. Le tout jeune pianiste anglais y fait preuve d’une inventivité, d’un esprit ludique, qui nous fait redécouvrir littéralement une oeuvre qu’on croyait bien connaître.

Pour les 2 et 5

Je n’oublie pas l’excellent Bertrand Chamayou, plusieurs fois entendu au concert – l’Egyptien au Festival Radio France à Montpellier en 2016, en 2017 à Paris avec Emmanuel Krivine…

Rareté

On ne peut pas dire que le Quatrième concerto de Saint-Saëns soit souvent à l’affiche du concert. Je ne l’ai personnellement jamais entendu « live » ! C’est dire si la version qu’en ont laissée Robert Casadesus et Leonard Bernstein est précieuse

Sous les pavés la musique (IX) : Igor Markevitch la collection Philips

C’était annoncé depuis l’été (lire Igor Markevitch et la zarzuela), attendu avec impatience. Deux coffrets reprenant les disques gravés par Igor Markevitch (1912-1983) pour Philips et pour Deutsche Grammophon.

C’est peu dire qu’on est comblé par le travail, une fois de plus remarquable, que le responsable de la collection Eloquence, Cyrus Meher-Homji a effectué d’abord pour rassembler l’intégralité des enregistrements réalisés par le chef d’origine russe pour le label hollandais Philips, et restaurer (« remasteriser » dit-on maintenant) les bandes d’origine, le plus spectaculaire étant la véritable résurrection des captations moscovites de 1962 (cf.ci-dessous)

Le « nettoyage » des bandes a aussi pour effet secondaire de rendre plus audibles les sonorités parfois crues de certaines phalanges – on a tant perdu l’habitude des saveurs parfois acidulées des bois français dans l’orchestre Lamoureux du début des années 60 ! – et, pour ce qui est des troupes espagnoles, chanteurs et orchestre, de défauts d’intonation et de justesse qui ne doivent pas cependant nous faire regretter de disposer enfin de ce patrimoine inattendu de la part de Markevitch.

CD 1
FRANZ JOSEPH HAYDN (1732–1809)
1–4 Symphony No. 103 in E flat major, H.I:103 ‘Drum Roll’*
5–8 Symphony No. 104 in D major, H.I:104 ‘London’*
Orchestre des Concerts Lamoureux

CARL MARIA VON WEBER (1786–1826)
Preciosa – Overture, Op. 78, J.279
Orquesta Sinfónica de la RTV Española

*FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA

CD 2
WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756–1791)
1–3 Piano Concerto No. 20 in D minor, KV 466
4–6  Piano Concerto No. 24 in C minor, KV 491
Clara Haskil, piano
Orchestre des Concerts Lamoureux

CD 3
LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827)
1–4 Symphony No. 1 in C major, Op. 21*
5–8  Symphony No. 5 in C minor, Op. 67*
9–12 Symphony No. 8 in F major, Op. 93*
Orchestre des Concerts Lamoureux
*FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA

CD 4
LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827)
1–4 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125 ‘Choral’*
Hilde Gueden, soprano
Aafje Heynis, contralto
Fritz Uhl, tenor
Heinz Rehfuss, baritone
Oratorienchor Karlsruhe
Orchestre des Concerts Lamoureux

*FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA

CD 5
LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827)
1–3 Piano Concerto No. 3 in C minor, Op. 37

FRÉDÉRIC CHOPIN
 (1810–1849)
4–6 Piano Concerto No. 2 in F minor, Op. 21
Clara Haskil, piano
Orchestre des Concerts Lamoureux

CD 6
ALBAN BERG (1885–1935)
1–2 Violin Concerto ‘To the Memory of an Angel’
Arthur Grumiaux, violin
Concertgebouworkest

JOHANNES BRAHMS (1833–1897)
Tragic Overture, Op. 81
Alto Rhapsody, Op. 53

ZOLTÁN KODÁLY (1882–1967)
Psalmus Hungaricus, Op. 13
Irina Arkhipova, contralto (Alto Rhapsody)
Róbert Ilosfalvy, tenor (Psalmus Hungaricus)
Russian State Academy Choir
USSR State Symphony Orchestra

CD 7
GEORGES BIZET (1838–1875)
1–5 Carmen – Suite No. 1
6–10 Carmen – Suite No. 2
11–14 L’Arlésienne – Suite No. 1
15–17 L’Arlésienne – Suite No. 2
Orchestre des Concerts Lamoureux

CD 8
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–4 Symphony No. 1 in G minor, Op. 13, TH.24 ‘Winter Daydreams’
5–8 Symphony No. 2 in C minor, Op. 17, TH.25 ‘Little Russian’
London Symphony Orchestra

CD 9
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–5 Symphony No. 3 in D major, Op. 29, TH.26 ‘Polish’
London Symphony Orchestra
Francesca da Rimini, Op. 32, TH.46
New Philharmonia Orchestra

CD 10
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–4 Symphony No. 4 in F minor, Op. 36, TH.27
Hamlet, Op. 67
London Symphony Orchestra
New Philharmonia Orchestra

CD 11
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–4 Symphony No. 5 in E minor, Op. 64, TH.29
London Symphony Orchestra

CD 12
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–4 Symphony No. 6 in B minor, Op. 74, TH.30 ‘Pathétique’
London Symphony Orchestra

CD 13
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
1–4 Manfred Symphony, Op. 58, TH.28
London Symphony Orchestra

CD 14
NIKOLAI RIMSKY-KORSAKOV (1844–1908)
1–5 Capriccio Espagnol, Op. 34
6–9 Scheherazade, Op. 35
Erich Gruenberg, solo violin
London Symphony Orchestra

CD 15
PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893)
Ouverture solennelle ‘1812,’ Op. 49

NIKOLAI RIMSKY-KORSAKOV (1844–1908)
Russian Easter Festival, Overture, Op. 36

ALEXANDER BORODIN (1833–1887)
Polovtsian Dances (from Prince Igor)
Netherlands Radio Chorus (Borodin)
Concertgebouworkest

CD 16
IGOR STRAVINSKY (1882–1971)
1–10 Apollon musagète (1947 version)
11–14 Suite No. 1 for Small Orchestra
15–18 Suite No. 2 for Small Orchestra
19–22 Four Norwegian Moods
23 Circus Polka for a Young Elephant
London Symphony Orchestra

CD 17
IGOR STRAVINSKY (1882–1971)
1–24 L’Histoire du Soldat
Jean Cocteau, Jean-Marie Fertey, Peter Ustinov, narrators
Manoug Parikian, violin
Joachim Gut, double bass
Ulysse Delécluse, clarinet · Henri Helaerts, bassoon
Maurice André, trumpet · Roland Schnorkh, trombone
Charles Peschier, percussion

25–27 Symphonie de Psaumes
Boys’ and Male Voices of the Russian State Academic Choir
Russian State Academy Orchestra

CD 18
MODEST MUSSORGSKY (1839–1881)
Orch. Markevitch
1 Cradle Song
2 The Magpie
3 Night
4 Where art thou, little star?
5 The Ragamuffin
6 On The Dnieper
Galina Vishnevskaya, soprano

NIKOLAI TCHEREPNIN (1873–1945)
7–13 Tàti-Tàti*
Olga Rostropovich, piano

LEOPOLD MOZART (1719–1787)
14–16 Toy Symphony (Cassation in G major for Orchestra and Toys)°

GEORGES BIZET (1838–1875)
17–21 Jeux d’enfants – Petite Suite, Op. 22°
Children’s Ensemble of the Moscow School of Music (Toy Symphony)
USSR State Symphony Orchestra

*FIRST CD RELEASE ON DECCA
°FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA

CD 19
GIUSEPPE VERDI (1813–1901)
La forza del destino – Sinfonia
Macbeth – Ballet Music (Act III)
La traviata – Prelude (Act I)
Luisa Miller – Overture
Aida – Overture
Giovanna d’Arco – Overture
La traviata – Prelude (Act III)
I vespri siciliani – Overture
New Philharmonia Orchestra

Messa da Requiem*
beginning
9–10 Requiem et Kyrie

CD 20
GIUSEPPE VERDI (1813–1901)
1–19 Messa da Requiem*
conclusion
Galina Vishnevskaya, soprano
Nina Isakova, mezzo-soprano
Vladimir Ivanovsky, tenor
Ivan Petrov, bass
Russian State Academy Choir
Moscow Philharmonic Orchestra

*FIRST STEREO CD RELEASE ON CD

CD 21
FEDERICO MOMPOU (1893–1987)
1–8 Los Improperios
Peter Christoph Runge, baritone
Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

TOMÁS LUIS DE VICTORIA (c. 1548–1611)
Ave Maria
10 Vexilla regis
Escolania de nuestra Señora del Buen Retiro
César Sanchez, Maestro de la Escolanía
Coro de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

PADRE JAIME FERRER (1762–1824)
11–16 Lamentación 1a
Ángeles Chamorro, soprano
Norma Lerer, contralto
Julian Molina, tenor
Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española

CD 22
TOMÁS LUIS DE VICTORIA (c. 1548–1611)
1–8 Magnificat primi toni
Coro de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

ÓSCAR ESPLÁ Y TRIAY (1886–1976)
9–12 De Profundis
Ángeles Chamorro, soprano
Ines Rivadeneyra, mezzo-soprano
Carlo del Monte, tenor
Antonio Blancas, baritone
Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

ERNESTO HALFFTER (1905–1989)
13 Canticum in P.P. Johannem XXIII*

IGNACIO RAMONEDA (1735–1781)
14 Veni Creator*
Ángeles Chamorro, soprano
Antonio Blancas, baritone
Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

*FIRST CD RELEASE ON DECCA

CD 23
MANUEL DE FALLA (1876–1946)
1–7 Siete Canciones populares españolas*
Orchestrated by Igor Markevitch

ISAAC ALBÉNIZ (1860–1909)
8 Catalonia°

ERNESTO HALFFTER (1905–1989)
9 Fanfare (a la memoria de Enrique Granados)*

ENRIQUE GRANADOS (1867–1916)
10 Spanish Dance, Op. 37 No. 9 ‘Romantica’°
11 Spanish Dance, Op. 37 No. 4 ‘Villanesca’°
12 Intermezzo (from Goyescas)°
13 Zapateado (from Six Pieces on Spanish Folksongs)°
14 Spanish Dance, Op. 37 No. 8 ‘Asturiana’°
Ángeles Chamorro, soprano (Falla)
Orquesta Sinfónica de la RTV Española

*FIRST CD RELEASE ON DECCA
°FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA

CD 24
MANUEL DE FALLA (1876–1946)
1–3 Noches en los jardines de España
Clara Haskil, piano
Orchestre des Concerts Lamoureux

4–16 El amor brujo

EMMANUEL CHABRIER (1841–1894)
17 España – rapsodie pour orchestre

MAURICE RAVEL (1875–1937)
18 Boléro
Ines Rivadeneyra, contralto (El amor brujo)
Orquesta Sinfónica de la RTV Española

CD 25
ANTOLOGIA DE LA ZARZUELA
*
GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923)
1–3 La Tempranica (excerpts)

AMADEO VIVES (1871–1932)
4–5 Doña Francisquita (excerpts)

GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923)
El baile de Luis Alonso: Intermedio

VICENTE LLEÓ BALBASTRE (1870–1922)
La corte de Faraón: Son las mujeres de Babilonia – ¡Ay ba!

PABLO LUNA (1879–1942)
8–10 El Niño Judio (excerpts)

TOMÁS BRETÓN (1850–1923)
11–13 La Verbena de la Paloma (excerpts)
Ángeles Chamorro, Alicia de la Victoria, sopranos · Norma Lerer, contralto
Angel Custodio, Gregorio Gil, Carlo del Monte, tenors
Rafael Enderis, baritone
Julio Catania, Jesus Coiras, José Granados, Antonio Lagar, José Le Matt, basses
Coro y Orquesta Sinfónica de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

CD 26
MANUEL PENELLA (1880–1939)
El Gato Montés: Pasadoble

FRANCISCO ALONSO (1887–1948)
La Calesera: Dice el Rey que le debe guardar

RUPERTO CHAPÍ Y LORENTE (1851–1909)
3–4 La Revoltosa (excerpts)

FEDERICO CHUECA (1846–1908)
Agua, Azucarillos y Aguardiente: Vivimos en la Ronda de Embajadores

GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923)
La Tempranica: Zapateado
La boda de Luis Alonso: Intermedio

RUPERTO CHAPÍ Y LORENTE (1851–1909)
El tambor de Granaderos: Preludio

FRANCISCO ASENJO BARBIERI (1823–1894)
9–11 El barberillo de Lavapiés (excerpts)

RUPERTO CHAPI Y LORENTE (1851–1909)
12 El Rey que Rabio: Coro de doctores

GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923)
13 Enseñanza Libre: Gavota

MANUEL FERNANDEZ-CABALLERO (1835–1906)
14 Gigantes y Cabezudos: Jota
Ángeles Chamorro, Alicia de la Victoria, sopranos · Norma Lerer, contralto
Carlo del Monte, José Antonio Viñe, tenors · Antonio Lagar, bass
Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española
Alberto Blancafort, chorus master

IGOR MARKEVITCH
*FIRST COMPLETE RELEASE ON CD OF ‘ANTOLOGIA DE LA ZARZUELA’

STEREO RECORDINGS

On attend maintenant avec autant d’impatience le coffret Eloquence Deutsche Grammophon !

Sous les pavés la musique (VIII) : Karl Böhm l’héritage Philips et Decca

C’est d’abord un très bel objet ce coffret de 38 CD et 1 Blu-Ray audio : il regroupe l’intégralité des enregistrements réalisés par Karl Böhm (1894-1981) après la Deuxième guerre mondiale pour Philips et Decca. Tous bien connus et admirés depuis longtemps, mais jusqu’alors diffusés de façon disparate selon les labels et les époques.

Admirable ce coffret l’est par le soin apporté à ces rééditions, qui ont bénéficié de remasterisations souvent impressionnantes – la restitution des premières stéréos (1955) des légendaires Mozart viennois, Cosi fan tutte et Die Zauberflöte est époustouflante. Même traitement pour des disques – en mono – qui ont marqué mon enfance, un Requiem de Mozart et une Neuvième de Beethoven, captés avec le Symphonique de Vienne en 1956 avec le soprano de lumière et de miel de Teresa Stich-Randall.

Un texte remarquablement documenté d’un maître es-Böhm, l’ami Remy Louis.

Des Bruckner d’anthologie (3 et 4), le 27ème de Mozart et les deux concertos de Brahms avec Wilhelm Backhaus, la Chauve-Souris (avec Janowitz) et le Ring de Bayreuth, qui manquaient au gros coffret DG – Karl Böhm Operas

Tous les détails de ce coffret à lire ici : Karl Böhm Philips & Decca.

Rigoletto vénitien

Ce n’est pas tous les jours qu’on entend un tube du répertoire lyrique dans les lieux mêmes où il fut créé.

En réservant pour la représentation de Rigoletto à la Fenice de Venise (lire La Ville musique), j’ignorais – ou j’avais oublié , ce qui revient au même ! – que l’opéra de Verdi y avait été créé il y a 170 ans le 11 mars 1851.

Soirée très mondaine où l’on reconnaissait quelques riches amateurs d’opéra, surtout français, cornaqués par une organisation qui avait tout simplement privatisé le foyer pour le cocktail de l’entr’acte (C’est tellement bon de rester entre soi !)

Contrôle du passe sanitaire (ou « vert » en Italie) à l’entrée, port du masque, et malgré cela une salle à demi-vide – une rangée sur deux, et des sièges espacés. Sensation étrange au moment des applaudissements.

Une salle toujours aussi belle et bien sonnante, détruite deux fois par les flammes (en 1836 et 1996), mais portant bien son nom puisque deux fois ressuscitée.

On ne s’attendait à rien de particulier, l’affiche ne comportant aucune star, ni même aucun nom de moi connu (mais comme je ne suis pas un assidu des maisons d’opéra !), à part le chef – Daniele Callegari – et le jeune metteur en scène – Damiano Michieletto – dont j’avais dû voir une production à l’Opéra de Paris.

Un décor unique tout blanc, qui fait office de salle de bal, mais surtout d’asile psychiatrique où Rigoletto est interné (le rédacteur d’Ôlyrix qui a vu la représentation de vendredi soir décrit parfaitement le parti-pris de Michieletto).

On le sait, je porte toujours moins d’intérêt à la mise en scène qu’à la musique, et c’est d’abord à l’aune de ce qui se passe dans la fosse et sur le plateau que j’apprécie un spectacle lyrique. Samedi soir, j’ai été très agréablement surpris par l’ensemble de la distribution, que je n’avais jamais entendue !

Il duca di Mantova Marco Ciaponi

Rigoletto Dalibor Jenis

Gilda Lara Lagni

Sparafucile Mattia Denti
Maddalena Valeria Girardello
Giovanna Carlotta Vichi
Il conte di Monterone Gianfranco Montresor

À commencer par le rôle-titre, le baryton slovaque Dalibor Jenis – 55 ans ! – bouleversante incarnation, le type même du baryton verdien (on pense à Bruson.. ou Hvorostovski, même si Jenis a ses couleurs, son timbre à lui). Jenis rend d’autant plus émouvantes la folie, la douleur de son personnage, qu’il en maîtrise tous les ressorts, sans jamais forcer le trait. Cela faisait longtemps que je n’avais été pareillement bouleversé par un chanteur en scène.

La Gilda de ce samedi soir n’était pas en reste : je ne connaissais pas Lara Lagni. Je serais étonné de ne pas la revoir bientôt sur d’autres grandes scènes. Une voix idéale pour le rôle, où il faut un médium affirmé, des aigus séraphiques, une fragilité qui n’est pas défaut de moyens, parfois quelque chose dans le timbre qui fait penser à Ileana Cotrubas.

On a craint, au début, que Marco Ciaponi, en duc de Mantoue, ne joue le ténor monté sur ses ergots. Il a vite calmé les ardeurs de son gosier, la plénitude de son timbre et la qualité de son chant n’ayant nul besoin d’excès. De même qu’on s’est demandé si une honorable routine n’allait pas gouverner la direction de Daniele Callegari, on cherchait la vigueur d’un Solti ou la veine du premier Muti. Première impression démentie par la suite.

Je reste fidèle à la version qui m’a fait découvrir Rigoletto… et Solti chef d’opéra !


https://www.youtube.com/watch?v=0gdqQpr12XM


et à cette autre où le patron de la Scala de l’époque faisait briller un tout jeune trentenaire !
PS Je m’aperçois au moment de conclure ce papier que Dalibor Jenis a chanté Rigoletto… à l’opéra de Paris en 1996. Aucun souvenir, et à tout prendre, si j’en juge par cette vidéo, je préfère la maturité du chanteur vu et entendu à Venise à l’incarnation moins probante à Paris.

Critiques

En une semaine j’ai assisté à deux concerts et un opéra. Et je n’en ai pas parlé ici.

Ce n’est pas que je n’ai pas de point de vue sur ce que j’ai vu et entendu, mais je ne peux ni ne veux être juge et partie. Et comme la langue de bois m’est étrangère, je préfère m’abstenir.

Le théâtre du Vrijtof à Maastricht

Vendredi dernier c’était le concert inaugural de Duncan Ward à Maastricht avec le toujours excellent Cédric Tiberghien comme soliste (Concerto en sol de Ravel)

Dimanche après midi je retrouvais la Salle philharmonique de Liège et une acoustique plus flatteuse que jamais. Un public pas très jeune pour écouter la Quatrième symphonie de Mahler, l’Orchestre philharmonique royal de Liège étant dirigé par son actuel directeur musical, Gergely Madaras.

Et mercredi je me réjouissais de voir et d’entendre sur la scène de l’Opera Bastille l’absolue rareté qu’est devenu l’opéra d’Enesco, Œdipe – pourtant créé à l’Opéra de Paris!

Je ne suis pas sûr de partager le point de vue d’Alexandre Jamar sur Forumopera (https://www.forumopera.com/oedipe-paris-bastille-symphonie-lyrique) sur « l’indispensabilité » de ce « chef-d’œuvre « . Pour le reste sa critique est pertinente.

Emballages/Etalages

L’Arc emballé

Ce qui est bien avec les réseaux sociaux, c’est qu’on a du prêt-à-penser à peu près sur tout.

Ainsi de l’emballage de l’Arc de triomphe de Paris, réalisation d’un projet formé depuis de longues années par Christo et Jeanne-Claude. On a tout lu, tout, n’importe quoi et le contraire. À commencer par de violentes critiques de la Maire de Paris – à qui il y a bien des choses à reprocher… sauf celle-ci ! -, du président de la République qui l’a inauguré, de l’Etat qui jette l’argent par les fenêtres…Tout le monde sait, ou devrait savoir, maintenant que cette réalisation n’a rien coûté au contribuable parisien/français.

Donc je suis allé voir l’objet de tant de passions.

Mardi soir. Mais on ne pouvait accéder à une partie de la place de l’Etoile, a fortiori pas aux abords et sous l’Arc de triomphe, probablement une manifestation officielle, à en juger par la présence de musiciens de la Garde républicaine.

J’ai trouvé ça saisissant, impressionnant, et je ne me suis pas posé la question de la valeur artistique, de la pertinence du « geste » des concepteurs (désolé je ne sais pas parler le jargon des critiques et spécialistes d’art contemporain). J’ai même trouvé ça beau. Je n’avais distingué sur aucune photo ni aucun reportage, la trame bleu blanc rouge, subtile, discrète, de l’emballage.

La très riche Samaritaine

Un peu avant, j’étais passé par la Samaritaine, au droit du Pont Neuf (oui ce Pont Neuf que Christo et Jeanne-Claude avaient emballé en 1985, suscitant les mêmes polémiques, mais sans les réseaux sociaux !).

La Samaritaine de 2021 n’a rien, mais vraiment plus rien à voir avec le grand magasin populaire de la rive droite qu’il fut durant plus d’un siècle. C’était le pendant du très chic Bon Marché de la rive gauche. C’est aujourd’hui la vitrine du groupe LVMH de Bernard Arnault et de ses marques. La belle façade sur la Seine cache désormais un hôtel de luxe.

La structure métallique et une bonne partie de la décoration d’origine ont été préservées et restaurées.

Mais on s’interroge sur la pertinence de cette ouverture d’une nouvelle grande surface du luxe, surtout après la crise sanitaire qui a éloigné pour longtemps de la capitale française les riches touristes chinois, indiens ou arabes qui constituaient l’essentiel de la clientèle des grands magasins du boulevard Haussmann.

La façade sur la rue de Rivoli qui a fait l’objet de multiples recours et causé un retard de dix ans dans la réouverture de la Samaritaine.

Une renaissance

J’ai quitté Liège il y a sept ans, et depuis j’y suis revenu régulièrement, deux fois par an. Parce qu’on n’oublie pas quinze ans de sa vie, quinze ans de compagnonnage avec un bel orchestre et bien des amis. La pandémie a rompu le rythme de ces visites. Ma dernière venue remonte à février 2020, juste avant le premier confinement.

(La rue Léopold)

Les amis m’avaient prévenu : « Tu vas voir, le centre ville est en travaux » La galère pour circuler et se garer. À quoi j’avais répondu – c’est fou ce que la mémoire est oublieuse ! – que c’est exactement la ville que j’avais découverte, au moment de mon recrutement comme directeur général de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, en septembre 1999 (Liège à l’unanimité). Toutes les rues du centre éventrées, l’actuelle place Saint-Lambert encore à l’état…d’inachèvement. Bref rien qui pût m’affoler !

(La place Saint-Lambert aujourd’hui et le Palais des Princes-Evêques)

En revanche, j’ai trouvé une ville en pleine transformation – pas seulement les travaux du tram – Des rues, des bâtiments, des monuments, si longtemps laissés à l’abandon, noircis, salis par les ans, sans que cela parût préoccuper qui que ce soit ! Je me rappelle des conversations avec les élus, dont l’actuel bourgmestre (maire), moi le Français qui m’étais mis à aimer cette ville et qui râlais des occasions manquées de la mettre en valeur. J’avais participé à des comités, associations, qui se remuaient pour qu’au moins le fabuleux patrimoine historique soit restauré, rendu à sa splendeur initiale.

Ainsi de la cathédrale et de sa place au coeur de la cité. Si longtemps, cette superbe nef gothique ne montra que saleté et grisaille extérieures aux touristes et visiteurs et la « place Cathédrale » – comme l’appellent les Liégeois – était ceinte de bâtiments d’une laideur assez exceptionnelle, et servait tantôt de patinoire l’hiver, tantôt de lieu de rendez-vous pour les clochards! La métamorphose est impressionnante.

L’ancienne poste, édifiée en 1905, était une coquille vide depuis des années. Après l’échec de plusieurs projets, le retrait de plusieurs investisseurs, c’est aujourd’hui un bâtiment superbement restauré, constitué de bureaux, d’espaces de réception, d’une brasserie (je n’ai pas goûté à la bière qu’on y produit) et d’un « food court ».

Mais ce changement est visible partout en coeur de ville. Il témoigne à tout le moins de la constance d’une politique dont il y a vingt ans et plus bénéficièrent les deux écrins de la musique à Liège, la Salle Philharmonique – siège de l’Orchestre philharmonique royal de Liège – et l’Opéra royal de Wallonie. C’est lent, ça prend du temps – la ligne de tram qui est en cours d’installation devait initialement être prête pour l’exposition internationale que Liège prétendait organiser… en 2017 ! -. Mais tout finit par arriver !

Saint-Saëns #100 : les symphonies

Le centenaire de la mort de Camille Saint-Saëns (1835-1921) va-t-il enfin donner lieu sinon à une édition discographique complète du moins à un élargissement substantiel du répertoire enregistré du compositeur français ? On attend de voir, mais on en doute un peu !

Ce week-end débat passionné, et passionnant, sur Facebook, à propos de la sortie prochaine d’une nouvelle intégrale des symphonies de Saint-Saëns par l’Orchestre national de France et son nouveau directeur musical Cristian Măcelaru.

Cinquante ans après la première intégrale réalisée par Jean Martinon à la tête de ce qui était alors l’Orchestre national de l’ORTF !

Certains estiment inutile cette nouvelle intégrale et souhaiteraient que les formations de Radio France explorent un répertoire moins couru…

Sans préjuger de ce que sera cette nouvelle publication, on ne peut pas non plus dire que les intégrales des symphonies de Saint-Saëns encombrent les rayons. Et pour avoir entendu Cristian Măcelaru et l’Orchestre national de France en concert dans trois des symphonies – pour le concert inaugural du chef roumain (Inauguration) il y a un an, en mai dernier toujours à Radio France (Le retour au concert), et en juillet dernier au Festival Radio France (La fête continue), je me réjouis de ce nouvel enregistrement !

Quels sont les autres choix ?

Marc Soustrot et l’orchestre de Malmö (Naxos)

Thierry Fischer et l’orchestre de l’Utah (Hyperion)

Le chef suisse Thierry Fischer a enregistré ces symphonies avec l’orchestre de l’Utah.

Jean-Jacques Kantorow Liège (BIS)

En février 2019, j’écrivais ceci (K. père et fils) :

Mais le bonheur de revoir Jean-Jacques Kantorow mercredi soir a été ravivé, s’il en était besoin, par l’annonce qu’il m’a faite de la réalisation prochaine chez BIS d’un projet que j’avais nourri depuis plus de dix ans, dans la ligne éditoriale qui est la marque de la phalange liégeoise : l’intégrale des symphonies de Saint-Saëns, avec Thierry Escaich sur les grandes orgues Schyven de la Salle philharmonique pour la 3ème symphonie. Dejà impatient !

Je n’ai pas attendu la perspective du centenaire de sa mort pour m’intéresser à Saint-Saëns. Pendant mes années de direction de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, j’avais imaginé trois projets : l’intégrale des poèmes symphoniques, l’intégrale des cinq symphonies, et l’oeuvre concertante hors piano. Deux des trois sont aujourd’hui réalité.

Le premier CD a été récompensé d’un Diapason d’or (sept.2021)

Hallucinant Prestissimo « pris sur les chapeaux de roue » comme l’écrit François Laurent dans Diapason. Des Liégeois plus valeureux que jamais !

On consacrera un prochain billet à la discographie de la seule 3ème symphonie « avec orgue » dont il doit exister plusieurs dizaines de versions !