Concerts de Nouvel an

Si on y inclut la soirée de la Saint-Sylvestre à Dresdeon aura célébré à quatre reprises l’arrivée de l’an neuf. De quoi frôler l’indigestion !

Retour sur le concert de Nouvel an du 1er janvier à Vienne. Petit cru malgré l’affiche. On avait pourtant bien aimé Riccardo Muti dirigeant les Wiener Philharmoniker en 1993, 1997 ou 2004.  Qu’est-il arrivé au fringant chef napolitain de naguère ? Que cette édition 2018 semblait corsetée, laborieuse, à cent lieues de l’élégance et du charme auxquels Muti nous avait accoutumés…

Et ce cérémonial compassé, ces images kitschissimes des châteaux et jardins de Vienne, et ces couples de danseurs filmés en extérieur, l’été dernier ?

Samedi dernier en revanche, c’était une toute autre proposition, au Zénith de Pau. Trois ans après la reprise de Broadway symphoniqueIsabelle Georges, Frederik Steenbrink, retrouvaient l’Orchestre de Pau Pays de Béarn et Fayçal Karoui, avec des comparses de luxe, Jeff Cohen au piano et Roland Romanelli à l’accordéon, pour un Nouvel an de chanson française, où se mêlaient joie et nostalgie, tendres souvenirs et messages d’espérance.

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Quelle merveille, cet accordéon si poétique du légendaire accompagnateur de Barbaradans une chanson qu’on ne présente plus !

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Hier soir – ce soir en direct sur France-Musique ! – beaucoup mieux qu’une réplique parisienne du concert viennois avec l’Orchestre National de France et Emmanuel KrivineUn menu de fête choisi tout exprès par un chef qui n’a pas son pareil pour composer un programme, et un test imparable pour mesurer le niveau de cohésion, de Zusammenmusizieren, d’une phalange vraiment peu familière de ce répertoire et de son directeur musical. Ceux qui écouteront le concert ce soir en direct ou en podcast sur francemusique.fr partageront l’enthousiasme qui a été le mien et celui d’un Auditorium de Radio France comble hier soir.

Rien n’est plus difficile que ces musiques « légères », les Strauss bien sûr, mais aussi les danses de Dvorak, Brahms, les valses des ballets de Tchaikovski. Emmanuel Krivine et l’ONF nous les ont servies leichtfüssig – d’un pied léger (pour reprendre le titre d’une polka de Joseph Hellmesberger junior)

Emmanuel Krivine qui adore s’adresser au public – il faudrait songer à lui mettre un micro-cravate, une grande partie de la salle ne l’entendant pas ou mal ! – confiait le souvenir qui l’avait marqué du Grand Echiquier de Jacques Chancel : Karajan et le Philharmonique de Berlin en direct toute une soirée à la télévision française en 1980 !

J’ai exactement le même souvenir qu’E.Krivine, en particulier quand Karajan explique, avant de la diriger, comment est construite la Valse des délires de Josef Strauss (le frère de Johann qui disait de lui : « Je suis le plus connu, mais lui est le plus doué« ). On entre dans la valse, et dans ce rythme caractéristique à 3/4, sans même s’en apercevoir. Le public d’hier, et de ce soir, a donc eu droit à cette valse qui était si chère à Karajan.

On était de belle humeur hier soir en sortant de la maison de la radio…

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Les géants

L’un et l’autre sont les géants de la deuxième moitié du XXème siècle : Karajan et BernsteinDu second on fêtera le centenaire de la naissance en 2018, et on aura raison de célébrer une personnalité aussi incroyablement talentueuse : compositeur, pédagogue, pianiste, chef d’orchestre. On aura maintes occasions d’y revenir…

Pour les fêtes de fin d’année, les éditeurs ont vu très grand pour honorer leurs stars des podiums.

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L’éditeur a raison d’insister sur la performance éditoriale : c’est le plus gros coffret de l’histoire du disque, 330 CD, 24 DVD, 2 Blu-Ray audio, la totalité des enregistrements de Karajan parus sous les étiquettes Deutsche Grammophon et Decca, déjà publiés en coffrets séparés. Tous les détails à voir ici : Karajan l’intégrale.

Et un conseil si vous voulez vous (faire) offrir ce coffret-valise (édité à 2500 exemplaires numérotés), il est vraiment beaucoup moins cher (150 € de différence !) sur amazon.it.

J’ai revu, en particulier, les 2 DVD « portraits » de Robert Dornheim et Eric Schulz qui éclairent, sans aucune complaisance, et parfois de manière crue, le personnage public et la personnalité profonde, le passionné d’enregistrement (savoureux et édifiants témoignages de ses anciens producteurs et directeurs artistiques chez Deutsche Grammophon, comme de Brigitte Fassbaender, Christa Ludwig ou Anne-Sophie Mutter)

Pour Bernstein, le même éditeur prépare, pour février, une édition comparable. On en reparlera.

Pour l’heure, c’est l’éditeur historique de Bernstein, Sony, qui, après avoir proposé deux forts coffrets en format 33 tours,

 

a regroupé en un luxueux coffret, complété par un magnifique ouvrage richement documenté, 100 CD illustrant toute la carrière discographique du chef-compositeur pour le label américain et ses divers avatars. Le remastering est impressionnant, à en juger par les quelques galettes qu’on a écoutées.

Tous les détails à lire ici : Bernstein remastered

Festivals d’orchestre (II) : Paris cinquantenaire

Le 14 novembre 1967, il y a cinquante ans, l’Orchestre de Paris donnait son premier concert au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Charles Munchavec un programme somptueux, emblématique de la tradition d’une phalange qui a succédé à la vénérable Société des Concerts du Conservatoire et d’un chef qui s’est fait le héraut incontesté de la musique française,  en particulier à Boston de 1949 à 1962 : La Mer de Debussy, les Requiem Canticles de Stravinsky (en création française), et la Symphonie fantastique de Berlioz.

Munch n’aura guère eu le temps de laisser sa marque discographique avec son nouvel orchestre, la mort l’ayant fauché en pleine tournée aux Etats-Unis le 6 novembre 1968.

La succession de Munch ne ressemblera pas à un long fleuve tranquille, comme en témoigne ce passionnant documentaire, accessible désormais dans sa totalité :

Avec le recul, on continue de s’interroger sur les motivations des responsables de l’époque – Marcel Landowski était le tout-puissant directeur de la Musique nommé par Malraux – qui préfèrent inviter à grand prix comme « conseiller musical » le très occupé Herbert von Karajanalors que l’immense Karel Ančerl, légendaire chef de l’Orchestre philharmonique tchèque, est disponible après avoir fui Prague après l’invasion soviétique du printemps 1968.

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Karajan réalise à Paris ses seules gravures de la Symphonie de Franck ou de la Valse de Ravel.

Karajan parti après deux courtes saisons, on refait la même erreur en conviant le patron de l’orchestre de Chicago, Georg Solti. Bilan discographique étique : quelques poèmes symphoniques de Liszt.

Puis vient l’ère Barenboim, une nomination plutôt audacieuse, un pari sur la jeunesse – Daniel Barenboim n’a que 33 ans quand il est nommé en 1975, et il est plus connu comme pianiste que comme chef symphonique. Son mandat de près de quinze ans laissera des souvenirs contrastés tant aux musiciens de l’orchestre qu’au public et aux critiques. La discographie Barenboim/Orchestre de Paris est relativement abondante, répartie sur trois labels (Sony, Erato, DGG) et très inégale. Lire Barenboim 75 première salve

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L’Orchestre de Paris, après le règne mouvementé de Barenboim, lui choisit comme successeur un jeune chef russe, Semyon Bychkov, qu’une rumeur savamment… orchestrée (!) donne alors comme un potentiel postulant à l’orchestre philharmonique de Berlin. Suivront neuf ans d’un mandat en demi-teinte, et une discographie qui mérite d’être réévaluée.

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La phalange parisienne entrera-t-elle dans le XXIème siècle avec une baguette française, plus de trente ans après la disparition de son fondateur ? Reviendra-t-elle à certains de ses répertoires génériques ? Ce n’est pas le choix qui est fait lorsqu’on demande à un contemporain de Barenboim, un autre pianiste devenu chef, Christoph Eschenbachde présider aux destinées musicales de l’Orchestre de Paris (de 2000 à 2010). La prétendue « crise » du disque classique n’explique pas le bilan plutôt maigre d’une discographie marginale et chiche en références.

C’est l’époque – cette première décennie du siècle – où les phalanges parisiennes se livrent à une concurrence aussi absurde qu’incompréhensible dans un répertoire où elles n’ont rien à gagner. Combien d’intégrales des symphonies de Mahler ?

L’Estonien Paavo Järvi (2010-2016) recentre l’orchestre sur son coeur de répertoire, au risque d’être parfois taxé de froideur dans la musique française qu’il sert pourtant avec gourmandise.

Quant à Daniel Harding, on sait depuis longtemps qu’il n’aime pas l’eau tiède. Les programmes qu’il dirige depuis sa prise de fonctions en septembre 2016 attestent de l’audace d’une vision, de la pertinence d’une réflexion sur les missions d’un orchestre et de son chef au coeur de son époque.

Souvenir d’une étrange soirée, trois jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes, Daniel Harding n’avait pas encore confirmé son choix de l’Orchestre de Paris

img_1696(De gauche à droite, Pascal Dusapin, Florence Darel, Daniel Harding, Barbara Hannigan, le 10 janvier 2015 chez Chaumette)

Sous les pavés la musique (VII) : Solti à Chicago

Les pavés se font de plus en plus lourds à mesure que s’approche la fin de l’année. On annonce une intégrale Karajan (DGG/Decca) en plus de 300 CD ! Pour l’heure c’est un autre recordman de l’enregistrement que Decca honore : une intégrale en 108 CD de tout ce que Georg Solti a réalisé à Chicago durant toute la période où il fut le chef principal puis directeur musical honoraire de l’orchestre (de 1970 à 1997)

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Rappel des dates-clés d’une des plus impressionnantes baguettes du XXème siècle. Le jeune György Stern étudie le piano, la composition et la direction avec rien moins que Bartók, Dohnányi, Kodály et Weiner. En 1937 Toscanini le choisit comme assistant au Festival de Salzbourg, et dès 1947 il enregistre pour Decca, une fidélité qui durera 50 ans et produira plus de 250 enregistrements dont 45 opéras !

Solti commence à diriger l’orchestre symphonique de Chicago en 1954 (au Festival de Ravinia), en 1969 il en devient le chef principal pendant 22 ans, puis directeur musical honoraire jusqu’en 1997.

Ce coffret représente donc le coeur battant de l’activité du grand chef hongrois, même si les puristes préfèrent sa première période (Londres, Vienne, Israel), où les caractéristiques de sa personnalité – vivacité, acuité rythmique, inlassable vitalité – font merveille dans le répertoire post-romantique et moderne.

Les cycles des symphonies de Beethoven, Brahms, Bruckner souffrent d’une vision trop impersonnelle, tout est en place, avec un orchestre rutilant, mais rien ne marque vraiment. Solti est nettement plus convaincant dans Mahler – des doublons pour certaines symphonies – Tchaikovski, Wagner, Bartók ou Stravinsky. Et surprenant dans les Chostakovitch qu’il n’a abordés que sur la fin. Les grands oratorios (Bach, Haendel) sont oubliables, même bien chantés. En revanche, le très grand chef d’opéra qu’il a toujours été – et à mes yeux plus grand que le chef symphonique – se retrouve dans les intégrales que ce coffret nous restitue, comme une étonnante Damnation de Faust.

Conseil d’achat : le prix du coffret peut varier de 40 à 50 € d’un site à l’autre, d’un pays à l’autre, mais pour moins de 2 € le CD, avec une très belle iconographie et un vrai livre-portrait, c’est une très belle occasion d’apprécier l’art d’un grand chef, dans la prestigieuse lignée des Szell, Reiner, Dorati, comme Solti originaires d’Europe centrale.

Détails du coffret à lire sur Solti, les années Chicago

Aimer Sibelius

C’est un formidable petit bouquin. Une déclaration d’amour peu banale, d’un jeune compositeur français à un illustre aîné finlandais.

Oui, Eric Tanguy aime Sibelius, et avec la complicité de Nathalie Krafft, lui consacre des pages qui n’ont rien de théorique ou de musicologique, mais qui donnent furieusement envie d’emprunter des chemins peu battus et de découvrir quelques trésors méconnus du plus grand compositeur finnois.

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« Pour les admirateurs de la musique de Sibelius, comme je le suis ardemment moi-même, Ecouter Sibelius, cette douce injonction paraît superflue. Et pourtant, en dépit des efforts de quelques programmateurs, son oeuvre se résume pour beaucoup à quatre pièces : le concerto pour violon, les symphonies n°2 et 5, l’immanquable Valse triste, des partitions admirables mais qui masquent une forêt de chefs-d’oeuvre méconnus. » (Eric Tanguy)

J’ajoute à cette liste Finlandia, mais le constat d’Eric Tanguy est juste.

Eric Tanguy était hier soir l’invité de Lionel Esparza sur France Musique pour parler de ce livre singulier : écouter Classic Club

En même temps qu’un parcours en neuf étapes dans l’oeuvre de SIbelius, c’est évidemment son propre itinéraire, ses enthousiasmes et des doutes, avec une sincérité touchante, que livre le compositeur français à l’approche de la cinquantaine.

Quelques-unes de ces oeuvres chères à Tanguy :

Mais Eric Tanguy dit aussi son admiration – et l’écho qu’elles provoquent en lui – pour les grandes pages symphoniques ou chorales que sont Kullervo, la 5ème symphonie, la suite Karelia, le concerto pour violon

Les références de ces oeuvres sont nombreuses, on a l’embarras du choix dans une discographie devenue considérable. Mes préférences :

91jd980dtuL._SL1500_Paavo Berglund c’est le côté rude, âpre, immense de la force. Son Kullervo dans cette toute récente réédition (la deuxième de ses trois intégrales symphoniques de Sibelius) es légendaire.

Karajan est le grand sibélien non finlandais du XXème siècle. Sa 5ème symphonie captée en concert le 26 mai 1957 est tout à la fois feu et glace, marbre et soie.

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Karajan n’a gravé qu’une seule fois la suite de Karelia.

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Fontaines centenaires

Les heureux festivaliers présents à Montpellier le 21 juillet dernier ont eu la chance d’entendre la lumineuse version de l’Orchestre National de Lille et de son chef Alexandre Bloch d’une oeuvre centenaire, Les Fontaines de RomePremier volet de ce qui deviendra la « trilogie romaine » de Respighicréé le 11 mars 1917 au Teatro Augusteo de Rome.

Une récente visite à l’une de mes adresses favorites à Paris – Melomania – m’a fait découvrir – et acheter – un disque qui m’a doublement intrigué : Respighi au piano à 4 mains – alors qu’on n’imagine pas la richesse, le raffinement de l’orchestre du compositeur italien réduits à un clavier en noir et blanc- et le patronyme de l’un des interprètes :

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La ressemblance avec le compositeur est frappante :

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Norberto Cordisco Respighi est bien un descendant du compositeur, et si l’on en croit son profil professionnel, aussi bon musicien que… banquier ! Je connaissais déjà son partenaire, Giulio Biddau, par un beau disque Fauréparu il y a quelques années.

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La très bonne surprise de ce disque, c’est que la crainte de la « réduction » des somptuosités orchestrales de Respighi au piano était vaine. On écoute ces oeuvres – Les Fontaines et Les Pins de Rome – d’une oreille neuve, les couleurs que mettent les deux pianistes à leur clavier parant ces tableaux de nuances qui ne cherchent pas à reproduire l’orchestre.

Il se trouve que les deux pianistes proposent ce programme en concert le lundi 2 octobre à l’Institut Italien à Paris (détails ici). Disque et concert vivement conseillés !

Et, comme un clin d’oeil à mon billet d’avant-hier (C’était mieux avant ?), ma petite « discothèque idéale » de ces Fontaines de Rome.

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J’ai eu la chance de pouvoir chroniquer cette réédition inespérée – Diapason d’Or – d’un des rares élèves de Respighi, un chef complètement oublié, Antonio Pedrotti (cf. Diapason n°650).

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A peu près au même moment (Les Fontaines de Pedrotti datent de 1961, prise de son exceptionnelle !), Fritz Reiner fait ruisseler ces Fontaines dans une Living Stereo éblouissante avec « son » orchestre de Chicago

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Karajan et ses Berlinois délivrent une palette exceptionnelle de couleurs.

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Moins souvent citée, mais passionnante, parce qu’accentuant la modernité de la partition, la version du chef/compositeur Giuseppe Sinopoli avec l’orchestre philharmonique de New York.

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Une Turandot bulgare

On ne s’attend à rien, sauf au pire, lorsqu’on voit des affiches pour une représentation d’un opéra aussi spectaculaire que Turandot de Puccini dans une station balnéaire bulgare. Pourtant, à 10 € la (très bonne) place, on ne risquait pas grand chose, une heureuse surprise peut-être ?

Le théâtre d’été est situé au milieu d’un immense parc qui surplombe la mer – c’est ainsi que les longues plages de sable de Burgas ville ont été préservées de toute urbanisation intempestive –

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Dix minutes avant le début de la représentation, le théâtre est loin d’afficher complet. A l’entracte on constatera une demie jauge. Désintérêt d’une population pourtant naguère largement éduquée à la musique, à l’opéra, au théâtre ?

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Je crois bien que, plus encore que La Bohème, Tosca, Manon Lescaut ou Madame Butterfly, Turandot est l’ouvrage de Puccini que j’ai vu le plus souvent en scène (la saison dernière encore à Montpellier – lire Remaniement, amour et cruauté)l’un des  opéras que je connais par coeur, et qui m’a toujours fasciné par son écriture orchestrale et chorale, plus que par les performances purement vocales, même si elles sont impressionnantes, des rôles principaux.

Eh bien cette Turandot bulgare, sans prétendre à l’originalité dans la mise en scène – des plus convenues – n’avait rien à envier à des productions plus prestigieuses. Le rôle-titre parfaitement assumé par une belle et large voix, celle de Gabriela Georgieva 

Calaf était chanté vaillamment par un pilier de l’opéra de Sofia, Boiko Tsvetanov– qui a quand même craqué son Nessun Dorma. Belle révélation avec la Liu de la jeune Maria Tsvetkova, Des choeurs pas toujours homogènes, des voix parfois ingrates pour les ministres Ping, Pang, Pong, le reste de bon niveau et un orchestre tout ce qu’il faut de sensuel et rutilant sous la baguette experte de Grigor Palikarov.

Au disque j’en reviens toujours à deux versions, l’une – Karajan – pour la pure somptuosité orchestrale et chorale, malgré les erreurs de casting pour Turandot et Liu – l’autre – Leinsdorf -justement pour une distribution inégalée

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