Les raretés du confinement (V) : Gitlis, Fou Ts’ong

S’il y a bien un terme tout à fait abusif pour décrire ce qui s’est passé ce 15 décembre en France, c’est bien celui de « déconfinement ». Certes, les autorisations pour se déplacer ont disparu, mais comment peut-on oser parler de déconfinement, lorsque la vie culturelle – et sportive – reste interdite, lorsque les lieux de vie et de convivialité essentiels que sont les cafés et les restaurants sont fermés pour plusieurs semaines encore ? Cette série n’est donc pas près de s’arrêter !

Deux disparitions : Ivry Gitlis, Fou Ts’ong

Je ne me suis pas cru obligé d’en rajouter sur la mort d’Ivry Gitlis, que même l’Elysée a honoré d’un long communiqué de presse. Moi aussi je l’ai souvent vu ces dernières années s’inviter au concert, dans les loges, jouer dans de mauvais films, moi aussi j’aime certains de ses enregistrements, mais je m’en tiendrai là, pour ne pas rompre l’unanimité des éloges à son sujet.

Une autre disparition me touche plus, celle, annoncée hier par François-Frédéric Guy, du pianiste britannique d’origine chinoise Fou Ts’ong.

Je l’ai quelquefois aperçu à Bruxelles, lorsqu’il siégeait au jury du Concours Reine Elisabeth, je l’ai surtout aimé par le disque, même si sa discographie est cahotique. Rassembler ses disques ressemble à un parcours du combattant ! Chopin d’abord – Sony serait bien inspiré de rééditer ses introuvables Mazurkas, Nocturnes et autres Barcarolle ou Polonaise-Fantaisie

Magnifiquement captées sur un piano Erard, on ne se lasse pas des Mazurkas gravées par Fou Ts’ong pour l’édition nationale polonaise de l’oeuvre de Chopin.

Mais on cherchera tout autant les Scarlatti, Haydn, Mozart, Schubert, Debussy, disponibles notamment sur le label Meridian

16 décembre : la naissance de Beethoven

#Beethoven250 Louis van Beethoven est né le 16 décembre 1770 à Bonn (sur les origines de sa famille lire : Si Beethoven était né à Liège)

Dans ma discothèque beaucoup de passionnantes versions de la IXème symphonie. L’une d’elles est rarement citée comme une référence, et pourtant, du début à la fin – l’Ode à la joie de SchillerCharles Munch crée et maintient une tension exceptionnelle ! et quel quatuor de solistes ! et quel merveilleux Boston Symphony Orchestra

17 décembre : Geza Anda et Chopin

À l’époque où il y avait à Paris et dans les grandes villes de nombreux magasins de CD et DVD à tout petit prix, on trouvait, dans le classique, d’improbables collections, où se côtoyaient le pire et le meilleur, comme cette collection « Ermitage » qui reprenait, plus ou moins officiellement, des captations réalisées par la Radio suisse italienne, souvent lors du Festival de Lugano. Depuis que j’ai acheté ce récital de Geza Anda (1921-1976), et en particulier les Etudes op. 25 de Chopin, c’est devenu l’un des disques auxquels je reviens souvent. Je ne connais pas version plus admirablement poétique de la première des études op.25.

18 décembre : Beethoven et Kondrachine

#Beethoven 250

S’il y a un grand chef qu’on n’associe pas à Beethoven – à tort ! – c’est bien Kirill Kondrachine (1914-1981) – lire Le Russe oublié – : un seul enregistrement officiel à Moscou en 1967 de la Quatrième symphonie, un « live » à Cologne de la Deuxième symphonie en 1979, et le 11 mars 1979, magnifiquement captée au Concertgebouw d’Amsterdam, une Eroica d’anthologie : lire Kondrachine l’Héroïque.

19 décembre : Harold en Italie

Aucun voyage, ni proche ni lointain, à l’horizon de la fin de cette année ! On continue donc le voyage au coeur de ma discothèque, et on accompagne aujourd’hui Harold/Berlioz en Italie. J’ai déjà raconté les circonstances de la composition de cette oeuvre pour alto principal et orchestre : Harold en Russie

Et malgré la richesse de la discographie de cette oeuvre, je continue de placer tout en haut de mes références personnelles, un disque jadis acquis en vinyle, et très longtemps demeuré non réédité en CD. Une version 100% russe, où l’alto de Rudolf Barchai (1924-2010) – définitivement bien meilleur instrumentiste que chef d’orchestre – incarne véritablement Harold, et où la direction fiévreuse de David Oistrakh (1908-1974) épouse toutes les humeurs du génie berliozien

20 décembre : Le ténor magnifique

Les clichés ont la vie dure, en musique comme en art en général. Aux voix méditerranéennes l’opéra italien ou les chansons espagnoles, aux autres Wagner ou Sibelius 🙂Dans ma discothèque, le ténor magnifique Fritz Wunderlich (1930-1966) mort à 36 ans, occupe une place à part. Et lorsqu’il chante, même en allemand, la chanson du Mexicain Agustin Lara, Granada, tout le soleil du monde est dans sa voix !

21 décembre : Shéhérazade et Armin Jordan

C’est une rareté dans la discographie considérable du chef-d’oeuvre de Rimski-Korsakov (1844-1908) Shéhérazade que l’enregistrement réalisé en 1990 par Armin Jordan et l’Orchestre de la Suisse romande, paru à l’époque sous étiquette Virgin. C’est une vive émotion, pour moi, de découvrir la captation télévisée qui avait été faite – j’étais dans la salle du Victoria Hall – de cette Shéhérazade, et de retrouver, outre mon cher Armin Jordan (lire Etat de grâce) tant de visages familiers : Abdel Hamid El Shwekh violon solo, François Guye violoncelle solo, Bruno Schneider au cor, et bien d’autres que j’avais, pour certains, revus il y a quatre ans.

22 décembre : le maître de ballet

Abondance de raretés, de trésors cachés, de répertoires inconnus, de musiques douces, légères et dansantes dans ce coffret hommage au chef d’orchestre Richard Bonynge (né en 1930) : lire Le Maître de ballet

23 décembre : White Christmas ?

Si comme moi vous ne supportez plus d’entendre de mauvaises versions de chants de Noël – comme Jingle bells – dans les rues commerçantes ou les grandes surfaces, revenez à la tradition des Boston Pops et de leur chef légendaire Arthur Fiedler (1894-1979). Comme à cette pièce qui évoque d’abord l’hiver de Leroy Anderson, écrite en 1948 : Sleigh Ride

24 décembre : Rêves d’hiver

La première symphonie de Tchaikovski est une invitation : Rêves d’hiver. C’est avec Lorin Maazel (1930-2014) et l’Orchestre philharmonique de Vienne que je l’ai découverte, puis j’ai aimé le jeune Michael Tilson-Thomas à Boston… et Karajan à Berlin : Les rêves d’hiver de Tchaikovski

25 décembre : Noël suédois

Ce fut d’abord un vinyle – paru en 1976 – puis un CD en 2003, un ensemble suédois inconnu (http://www.oscarsmotettkor.se), un disque de démonstration pour audiophiles.Cela reste, en 2020, une des plus originales compilations de chants de Noël. Ecoutez, par exemple :

26 décembre : Saint Etienne

Le 26 décembre est la fête des Etienne, Stéphane (et dérivés !). En 1811, pour l’inauguration du grand théâtre de Pest (actuelle partie de Budapest), dont la construction a été décidée par l’empereur François Ier d’Autriche, Beethoven met en musique un texte de Kotzebue : Le Roi Etienne, qui célèbre Etienne Ier, le fondateur de la Hongrie en l’an 1000. Cette musique de scène créée le 9 février 1812, est en dix parties.

Peu de versions intégrales, à la très médiocre version Chung, on préfèrera Michael Tilson Thomas avec l’Orchestre symphonique de Londres

27 décembre : Le Groupe des Six

Seule oeuvre collective du Groupe des Six (lire Groupe de Six), Les Mariés de la Tour Eiffel est un ballet créé en 1921 auquel ont contribué Georges Auric, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Darius Milhaud, et bien sûr Jean Cocteau

28 décembre : Les Dossiers de l’écran

C’est devenu l’un des plus célèbres génériques de la télévision française (« Les Dossiers de l’écran« ), une des musiques du film de Melville, L’Armée des ombres, et accessoirement de « Papy fait de la résistance » ! Morton Gould (1913-1996) – lire Le dossier Gould – compose ses Spirituals en 1941 : le quatrième mouvement est intitulé Protest.

Le beau piano

Erato/Warner nous gâte en cet automne confiné.

D’abord un coffret Samson François (à l’occasion, j’imagine, du cinquantième anniversaire de sa disparition) : je n’en ai pas bien compris la nécessité.

Nous avions déjà eu il y a dix ans une édition complète « remastérisée »

Mais les deux très bonnes surprises – de superbes cadeaux à offrir à ceux qu’on aime ! – sont ces coffrets consacrés, l’un à Pierre Barbizet (1922-1990), l’autre à Eric Heidsieck, 84 ans depuis le 21 août dernier.

Deux très grands musiciens français, mais qui font la démonstration, chère à l’ami Alain Lompech, qu’il n’y a pas une « école française de piano », comme tant de mauvais clichés colportés au fil des ans et des critiques veulent nous le faire accroire (comme il n’y a pas une « école russe » ou une « école allemande »). On peut difficilement imaginer talents plus dissemblables que le Marseillais Barbizet et le Rémois Heidsieck. Mais qu’on est heureux de retrouver leur précieux legs discographique !

Pierre Barbizet

Pour être honnête, il y a peu de nouveautés dans le coffret Barbizet, puisque tous ses disques avec Christian Ferras ont été à de multiples reprises édités et réédités (je reste surpris qu’en 1958 – alors que tous les grands labels étaient passés à la stéréo depuis 1954-1955 – les sonates de Beethoven aient été enregistrées seulement en mono)

Mais un disque de sonates de Beethoven, enregistrées en 1979, où la liberté créatrice de l’interprète compte plus que la stricte précision technique.

Le quatuor avec piano de Schumann avec le quatuor Parrenin resté étrangement inédit. Et surtout peut-être la réédition d’un double CD Chabrier (les 4 mains avec Jean Hubeau) naguère certes édité en CD, mais depuis longtemps devenu introuvable.

C’est sans doute là, malgré des limites techniques audibles, que s’entend le mieux la poésie heureuse de Pierre Barbizet.

Eric Heidsieck

Jeune comme aujourd’hui, le pianiste Eric Heidsieck porte beau. Et il y a dans son jeu cette fière et altière allure.

Je ne l’ai jamais entendu en concert (à la différence de Pierre Barbizet), mais, pour je ne sais quelle raison, j’ai assez tôt collectionné ses enregistrements, quand ils étaient disponibles, souvent dans d’impropables collections économiques.

C’est avec lui – et son voisin champenois, Jean-Philippe Collard – que j’ai découvert le piano de Fauré. Puis j’ai aimé l’irrésitible fougue de ses concertos de Mozart, où un grand chef belge aujourd’hui bien oublié – André Vandernoot (1927-1991) partageait ses élans juvéniles.

Même si ses sonates de Beethoven n’étaient pas mon premier choix (Kempff !) elles n’étaient jamais très loin de ma platine.

Eric Heidsieck s’est fait le champion du maître de Bonn – ce qui était plutôt insolite pour un pianiste français dans les années 60. A plusieurs reprises, il en a donné l’intégrale en concert, notamment au Japon où il est l’objet d’une véritable vénération, alors qu’il est devenu très rare dans son pays natal !

Et puis ces raretés – que j’ignorais ! étaient-elles même jamais parues en CD ? – Hindemith, les trois sonates de 1936, Haendel, ces suites que Heidsieck mettait fréquemment à ses programmes (et qu’un Richter ne dédaigna pas de jouer à la Grange de Meslay), et finalement assez peu de musique française, à la notable exception de Fauré, souvent en duo avec sa femme Tania.

Découverte aussi pour moi que ce 1er concerto de Chopin, que Pierre Dervaux, à la tête de l’orchestre Colonne, empoigne avec une fièvre contagieuse.

Brèves carrières

Jean-Louis Grinda, le directeur de l’Opéra de Monte-Carlo et des Chorégies d’Orange, écrit ce matin sur Facebook : « Une grande artiste et une femme aussi charmante que modeste. A 36 ans, elle fit le choix d’abandonner la carrière pour ne plus être séparée de ses enfants. Elle vivait en famille à Monaco et s’est éteinte ce dimanche à son domicile. Cette photo reflète parfaitement sa resplendissante personnalité. »

Il évoque la soprano italienne Rosanna Carteri née le 14 décembre 1930 et morte ce dimanche 25 octobre.

Lire l’excellent article de Jean-Michel Pennetier sur Forumopera, qui souligne la belle et brève carrière de la chanteuse disparue.

Cherchant dans ma discothèque, je trouve assez peu de témoignages de Rosanna Carteri, mais c’est un nom qui m’a marqué dès mon premier achat du Gloria de Poulenc. Dans la version… légendaire (!) – cf. mon article Légendaires – du créateur français de l’oeuvre, Georges Prêtre. La première audition mondiale a lieu à Boston le 20 janvier 1961 sous la baguette de Charles Munch (avec la soprano Adele Addison), la première française le 14 février de la même année à Paris avec Rosanna Carteri, Georges Prêtre (un patronyme tout indiqué pour une telle oeuvre !) dirigeant les choeurs et l’Orchestre National de la RTF.

Carrières abrégées

Rosanna Carteri n’est pas la seule parmi les chanteuses à avoir choisi de mettre fin prématurément à sa « carrière ». Deux cas me viennent à l’esprit : l’un que j’ai bien connu, la jeune soprano française Alexia Cousin, l’autre que je n’ai connu que par le disque, Anita Cerquetti.

J’ai bien connu Alexia Cousin, aujourd’hui jeune quadragénaire. Elle emporte, en 1998, à l’unanimité le Premier prix du concours Voix Nouvelles. En 2000, je la retrouve à Genève dans l’une des plus mémorables productions de Pelléas et Mélisande qu’il m’ait été donné de voir: Louis Langrée dirigeait l’Orchestre de la Suisse romande dans la fosse du Grand-Théâtre, Alexia Cousin (20 ans !) incarnant Mélisande, Simon Keenlyside Pelléas et José Van Dam Golaud, dans la mise en scène de Patrice Caurier et Moshé Leiser.

En septembre 2001, c’est Alexia Cousin qui remplace Felicity Lott, initialement prévue, pour le concert inaugural de Louis Langrée comme directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Liège : elle y chante le Poème de l’amour et de la mer de Chausson. Alexia reviendra chaque année à Liège. Il y aura même un disque en grande partie enregistré (avec le Chausson, Shéhérazade de Ravel et quelques Duparc) et jamais achevé.

Alexia Cousin je la verrai sur scène (notamment dans Juliette de Martinu à l’opéra Garnier en 2002)… jusqu’à ce jour de 2005 où j’apprendrai comme tout le monde, à commencer par son agent, qu’elle arrête tout. Tout de suite et sans retour.

Quelques mois plus tard, je la surprendrai dans la foule qui se presse à la salle philharmonique de Liège pour un concert de Louis Langrée. Elle a acheté son billet à l’avance. Nous échangeons quelques mots, je lui dis combien je suis heureux de la revoir, mais rien évidemment sur sa décision. D’autres fois, en fait à chaque fois que Louis Langrée reviendra à Liège (après la fin de son mandat de directeur musical en juin 2006), Alexia sera là, chaque fois moins tendue, moins repliée sur ses secrets. L’an dernier, on a appris qu’après avoir exercé plusieurs « boulots » bien différents de sa vocation initiale, Alexia Cousin enseignait désormais… l’art de chanter (lire Alexia Cousin le retour). Un jour peut-être la reverrons-nous, l’entendrons-nous de nouveau sur une scène ?

Quant à Anita Cerquetti, de la même génération que Rosanna Carteri, née en 1931 morte en 2014, sa carrière dure dix ans. En 1961, au sommet d’une gloire qu’elle n’a jamais recherchée (en 1958, elle a remplacé Maria Callas dans une « Norma » à Rome, que la diva avait dû interrompre, aphone, incohérente, pour cause d’infection à la gorge devant le président de la République italienne, scandale garanti !), Anita Cerquetti renonce à la scène. Il y a des « pirates » de cette Norma. Il y a aussi un sublime récital heureusement publié par Decca à côté d’une fabuleuse Giocanda

Hommage soit rendu à ces magnifiques musiciennes, qui ont préféré nous léguer un art intact, inabouti mais incandescent, qui ont préféré la liberté, la vie, aux tourments, aux contraintes d’une carrière plus longue.

Carl le Grand

Tout juste commandé (sur un site allemand, parce que nettement moins cher qu’en France!) et reçu à mon retour de Montpellier, avant un week-end sous couvre-feu, un copieux coffret – 30 CD – dédié à l’un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle, Carl Schuricht (1880-1967)

On ne manquait pas de témoignages plus ou moins officiels, plus ou moins bien documentés, de l’art d’un chef qu’on pourrait qualifier d’anti-Furtwängler, si l’on cédait à la tentation du cliché ! Sveltesse, arêtes affutées, élan vital, pureté des lignes, c’est ce qu’on aime depuis toujours dans des Beethoven et des Bruckner qu’on place très haut dans son panthéon personnel.

Je tiens en particulier sa Neuvième de Bruckner, captée dans le son glorieux des Viennois au début des années 60, pour un modèle : écouter le début du Scherzo pour se rendre compte de ce qu’est un 3/4 viennois – appui sur le premier temps, allègement de la masse sonore – alors qu’on entend si souvent, et sous les plus illustres baguettes, le défilé d’une Panzerdivision.

La discographie officielle de Schuricht a été complétée au fil des ans chez Decca.

ou rassemblée par Scribendum dans un coffret assez inégal, non pas dans l’interprétation, mais à cause de prises de son ou de reports médiocres.

Le nouveau coffret SWR Classic (voir les détails du contenu en fin d’article) restitue, dans des conditions idéales – des bandes radio transfigurées par une remasterisation admirable – la modernité de l’approche musicale d’un chef déjà dans son grand âge, entre 1950 (il avait 70 ans) et 1966 un an avant sa mort à l’âge de 87 ans.

On y retrouve du connu, dans l’exaltation du concert : une quasi-intégrale des symphonies de Beethoven, les quatre symphonies de Brahms, une 5ème de Schubert, où le style Schuricht apparaît en pleine lumière. Le chef allemand ne confond jamais vitesse et précipitation, il adopte même souvent (écouter les débuts de la Pastorale et de la 5ème de Schubert) des tempi « relaxed » comme le disent nos amis britanniques, et pourtant quelle énergie dans l’articulation, les phrasés, quelle carrure rythmique dans tous les mouvements. Quelle splendeur que la 2ème symphonie de Brahms captée en public en 1966 !

Beaucoup de pépites dans ce coffret : je ne connaissais pas Schuricht dans Mahler ! Deux formidables versions de la 2ème et de la 3ème symphonies.

Les Mozart de Schuricht sont ici plus idiomatiques que les six dernières symphonies qu’on lui fit graver pour La Guilde du disque avec l’orchestre de l’opéra de Paris en 1960. Et entendre Elisabeth Schwarzkopf, Fritz Wunderlich, et surtout une Clara Haskil déchaînée dans le Jeunehomme et le 19ème concerto !

Des raretés aussi : Liszt, Tchaikovski (Hamlet), Debussy, Reznicek (une superbe oeuvre pour baryton et orchestre) quelques compositeurs allemands du XXème siècle qui n’ont pas laissé une trace impérissable.

Beethoven: Symphonies 1,3,4,5,6,7,9; Coriolan-Ouvertüre op. 62
Mozart: Symphonies 28, 35, 40, concertos piano 9 & 19 (Clara Haskil); Konzertarie KV 419; Arie « Porgi, amor » Le Nozze di Figaro KV 492 (Elisabeth Schwarzkopf); Bildnisarie Die Zauberflöte KV 620 (Fritz Wunderlich)
Brahms: Symphonies 1-4 (extraits de répétition de la Symphonie n° 2; Ein deutsches Requiem op. 45; Schicksalslied op. 54; Nänie op. 82; Alt-Rhapsodie op. 53; Tragische Ouvertüre op. 81
Schubert: Symphonie 5
Bruckner: Symphonies 4, 5, 7, 8, 9
Mahler: Symphonies 2 & 3
Haydn: Symphonies 86, 95, 100, concerto violoncelle ré M (Enrico Mainardi) 
Schumann: Symphonies 2 & 3; Manfred-Ouvertüre op. 115; Ouvertüre, Scherzo & Finale op. 52
Richard Strauss: Alpensymphonie op. 64; Guntram-Ouvertüre op. 25; Sinfonia domestica op. 53
Liszt: Ce qu’on entend sur la montagne
Bruch: Concerto violon 1
Reger: Mozart-Variationen op. 132; Hiller-Variationen op. 100
Debussy: La Mer 
Mendelssohn: Die Hebriden-Ouvertüre op. 26; Le songe d’une nuit d’été extraits; Meeresstille und glückliche Fahrt Ouvertüre op. 27
Wagner: Extraits de Tristan und Isolde, Parsifal, Götterdämmerung; Siegfried-Idyll (inkl. Proben zu Parsifal)
Grieg: En automne 
Reznicek: Thema & Variationen für Bariton & Orchester; Donna Diana-Ouvertüre
Pfitzner: Das Käthchen von Heilbronn-Ouvertüre op. 17
Weber: Euryanthe-Ouvertüre
Wolf: Italienische Serenade G-Dur
Tchaikovski: Hamlet
Oboussier: Concerto violon Volkmann: Richard III-Ouvertüre op. 68 Blacher: Concertante Musik op. 10 für Orchester Goetz: Concerto violon Raphael: Sinfonia breve op. 67

Grands chefs

Dans mon dernier billet (La collection St Laurent) j’évoquais plusieurs grands chefs d’origine européenne qui ont fait carrière aux Etats-Unis : Charles Munch, Erich Leinsdorf, William Steinberg.

Il y a quelques jours, j’avais repéré sur un site allemand (jpc.de) très recommandable pour la variété et la densité de son catalogue, l’une de ces « bonnes affaires » régulièrement proposées : un coffret de 5 DVD – à moins de 20 € – sobrement, mais à juste titre, intitulé Legendary Conductors of the Boston Symphony Orchestra

Quelques belles séances en perspective, surtout quand l’image vient compléter ce qu’on a déjà entendu au disque.

Dans la même commande, j’ai aussi craqué pour le coffret DGG des symphonies de Beethoven par William Steinberg, alors que j’avais déjà les deux précédentes éditions (lire Beethoven 250 : Steinberg)

Mais le plus cher à mon coeur est cet inattendu CD publié par Audite dans sa collection « historique » du Festival de Lucerne, qui compile deux concerts qu’Armin Jordan et l’Orchestre de la Suisse Romande – dont il était alors le directeur musical – avaient donnés au bord du Lac des Quatre Cantons en 1988 et en 1994, avec une soliste d’exception dans le Poème de l’Amour et de la Mer de Chausson.

Sauf erreur de ma part, la 2ème suite de Bacchus est un inédit dans la discographie du chef suisse, qui détient par ailleurs – et conforte avec ce disque – le record du nombre d’enregistrements du Chausson (un avec Jessye Norman, un autre avec Françoise Pollet et maintenant deux avec Felicity Lott !)

La collection St-Laurent : les bons plans (I)

J’ai d’abord cru à une blague quand j’ai vu, sur le profil Facebook d’un ami critique, le nom d’Yves Saint-Laurent associé à des disques ! Je ne savais pas le grand couturier (1936-2008) mélomane ou collectionneur ! Il s’agit en réalité d’un presque homonyme canadien qui s’orthographie à la mode américaine : Yves St-Laurent. Le Devoir avait consacré à ce passionné tout un papier : Haute couture pour vieilles cires.

J’ai commencé, il y a peu, à devenir un client régulier de ce « couturier » du disque, depuis qu’il a élargi son catalogue à des périodes plus récentes. Je ne suis pas amateur, sauf rares exceptions, de vieilles cires même restaurées, je n’appartiens résolument pas aux nostalgiques d’un passé qui s’arrête à Furtwängler ou Toscanini, même si à titre documentaire ou historique, il peut m’être utile de prêter une oreille à certaines interprétations.

La présentation du site est spartiate : www.78experience.com mais, pour ce qui me concerne, le regard a été immédiatement attiré par les noms de grands chefs d’orchestre, et surtout par les enregistrements « live » qui sont proposés. Par quels moyens, plus ou moins légaux, sont-ils parvenus chez l’éditeur canadien, surtout quand il s’agit de captations européennes, françaises notamment ?

Le fait est qu’on dispose maintenant de deux événements de la vie musicale parisienne des années 70, Karajan avec Berlin dans une prodigieuse 6ème symphonie de Mahler et une intégrale des symphonies de Brahms

Quand on a vu un disque Schubert/Schumann dirigé par… Pierre Boulez, on a été piqué par la curiosité évidemment. Le résultat : une amère déception – certains diront qu’elle était prévisible ! – Ni l’interprétation – des semelles de plomb pour Schubert, un sérieux granitique pour Schumann – ni la prise de son (1971 pourtant) ni la gravure ne sont à sauver..

Mais quand Pierre Boulez aborde les classiques, Haydn une symphonie concertante lumineuse et insouciante, Beethoven une 2ème symphonie vive et joyeuse, et surtout un Mazeppa de Liszt enfiévré, emporté, on écoute et on déguste :

En revanche, que de belles surprises du côté de Chicago, Boston ou Pittsburgh avec des hérauts qui ont pour noms Jean Martinon, William Steinberg, Erich Leinsdorf ou Charles Munch. Les prises de concert de l’époque, mitan des années 60, n’ont rien à envier aux fabuleuses prises de son des disques RCA ou Columbia contemporains.

Etonnant de retrouver le timbre si sombre de Maureen Forrester, si magnifiquement épousé par la direction vibrante de Martinon dans le Poème de l’amour et de la mer de Chausson.

J’ai trouvé ce document sur Youtube, mais je dois préciser que le disque de St Laurent est d’une qualité supérieure.

Erich Leinsdorf* est particulièrement bien servi à Boston: pas moins de 14 galettes, et de vraies raretés par rapport à la discographie « officielle » du chef : Haydn (la Création), Bach (Messe en si), Schumann (Scènes de Faust).

Je recommande ce double CD, d’abord pour la qualité des prises de son et de leur restitution. Une exceptionnelle sélection du ballet de Prokofiev, arrêtes vives, modernité exacerbée, l’immense Gina Bachauer impériale dans un Deuxième de Rachmaninov qui fuit – merci Leinsdorf – les épanchements, une étonnante Beverly Sills dans l’opéra mal aimé de Richard Strauss et des vitraux respighiens multicolores.

Charles Munch, avec 39 galettes, est sans doute le chef le mieux documenté de la collection St.Laurent ! J’ai déjà tant de disques du chef alsacien que je n’ai pas encore cherché de ce côté-là, mais l’offre est alléchante !

L’autre star de ce catalogue est incontestablement William Steinberg, à qui j’avais déjà consacré plusieurs chroniques, notamment pour son intégrale des symphonies de Beethoven. 15 galettes, beaucoup d’introuvables dans la discographie de studio. Si j’ai bien compté, trois versions « live » différentes de la Septième symphonie de Bruckner !

Il est très aisé de commander ces précieux disques sur le site : www.78experience.com. Les prix indiqués sont en dollars canadiens, ce qui met un double album à 25 CAD à 16 € ! L’éditeur propose, pour réduire les frais de port, de n’envoyer que les CD dans leur pochette papier. Délai très court entre la commande et la réception (quand la poste française ne procrastine pas !).

Prochaines chroniques : Mravinski, Kondrachine et quelques autres Russes…

*Je n’ai encore jamais consacré de billet à ce chef que j’admire pourtant et que j’ai eu la chance de voir diriger peu avant sa mort, avec qui j’avais partagé un dîner, où le temps fut trop court pour que je lui pose toutes les questions qui me venaient. Oubli qui sera bientôt réparé !

Inauguration

Cristian Măcelaru inaugurait hier soir son mandat anticipé* de directeur musical de l’Orchestre National de France, avec un programme emblématique de ses ambitions de répertoire.

La musique française

J’ai eu le privilège de rencontrer longuement, en juillet dernier, le chef originaire de Timisoara, tout jeune quadragénaire, pour parler projets pour les prochaines éditions du Festival Radio France Occitanie Montpellier – puisque l’Orchestre National comme l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Choeur et la Maîtrise de Radio France sont des invités réguliers du festival !

Je dois confesser avoir rarement rencontré un chef aussi curieux de répertoires moins rebattus, qui ne réduit pas la musique française à Berlioz, Debussy et Ravel, et qui paraît bien décidé à entraîner ses musiciens et le public à des découvertes salutaires. Quand on pense que la dernière intégrale des symphonies de Saint-Saëns par un orchestre français remonte à quarante-cinq ans ! C’était Jean Martinon et le même orchestre alors appelé Orchestre national de l’ORTF.

Pour son programme inaugural, Cristian Măcelaru avait d’ailleurs choisi la symphonie op.55 de Saint-Saëns, présentée comme la n°2 alors que c’est la quatrième écrite, une symphonie brève (20 minutes) en quatre mouvements, dont un finale virtuose, créée à Leipzig le 20 février 1859.

Benjamin Grosvenor

L’autre bonne nouvelle de cette saison 20-21 de Radio France c’est la résidence du pianiste anglais Benjamin Grosvenor, 28 ans tout juste, que j’avais invité à Liège le 17 mai 2014 pour un récital magique, qui avait impressionné le public nombreux de la Salle philharmonique.

L’intelligence musicale, la technique superlative de ce jeune homme ne cessent de m’enchanter depuis ses débuts. Sa discographie en témoigne éloquemment. Je peux livrer un scoop à mes lecteurs : Benjamin Grosvenor sera de l’édition 2021 du Festival Radio France !

Hier soir il jouait le deuxième concerto de Rachmaninov. Placé au premier balcon, en surplomb du piano et du pianiste – ce qui m’arrive rarement dans une salle de concert – j’ai pu apprécier l’extraordinaire maîtrise de l’interprète sur son clavier. Et j’ai entendu ce « tube » comme j’aime l’entendre : poétique, d’une virtuosité qui ne passe jamais avant l’expression, le pianiste en osmose avec l’orchestre – sublime deuxième mouvement dans le dialogue avec les bois, en particulier la clarinette – bienvenue à Carlos Ferreira arrivé en juillet dernier à l’orchestre !

Le concert était diffusé en direct sur France Musique et Arte Concert et on peut évidemment le revoir et l’entendre ici :

* Le chef roumain ne devait entrer en fonction qu’en septembre 2021, la démission d’Emmanuel Krivine au printemps dernier l’a conduit à avancer d’un an sa prise de fonction.

Demandez le programme !

Il y a une semaine j’annonçais une surpriseElle a eu lieu, comme l’a écrit Michèle Fizaine dans Le Midi Libre

« Samedi soir, le festival de Radio France ressuscite, après la mort de 165 concerts. Le matin, toutes les réservations sont parties en quelques minutes ! »

Une heure et quart de concert où l’Orchestre national Montpellier Occitanie, dirigé par son jeune – et très talentueux – chef assistant, le Suédois Magnus Fryklund, a donné le meilleur de lui-même dans un programme adapté aux normes sanitaires. Pas de grand effectif, mais une très poétique Cinquième symphonie de Schubert, une Petite suite de Debussy dans l’orchestration si délicate d’Henri Büsser – qui a été pour beaucoup une découverte, ainsi que deux fanfares pour conclure : celle qui ouvre La Péri de Paul Dukas, et la Fanfare for the common man de Copland.

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Une semaine plus tard, nous y voilà : tout un week-end de musique « en vrai ». Les dernières autorisations sont arrivées… hier ! Mais j’expliquais, avant-hier, au micro de France Bleu Gard Lozère – à réécouter ici – que si j’avais attendu d’avoir toutes les permissions, nous n’aurions jamais imaginé le Festival Autrementces douze concerts du week-end qui vont permettre de renouer, au moins un peu, cet indispensable lien entre les musiciens et le public.

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Voilà le programme de ce week-end :

Samedi, sept concerts dans l’écrin des jardins de la Maison des Relations internationales de Montpellier

à 12h et 14h30 Made in Brass, le sextuor de cuivres de l’Orchestre national de Montpellier

Sextuor de Cuivres-1

à 13h15 et 15h45 le jeune Quatuor Hanson jouant Mozart et Ravel

Quatuor-Hanson-Remi-Riere-3

à 17h et 18h15 un autre quatuor, de clarinettes, le bien nommé quatuor Anches Hantées

et à 19h30 les merveilleux Tromano

Les-Tromano-Maria-Jose- Alvarez-4

Le samedi soir à 20h30 cap sur le parc départemental du château d’O, au nord de Montpellier. Première des deux soirées jazz de ce « Festival Autrement » avec le trio Barolo

Barolo-DR-1

Suite du week-end le dimanche 19 dans les mêmes lieux – l’amphithéâtre des Micocouliers et le parvis du château d’O.

à 15h 30 Ingmar Lazar joue Haydn et Beethoven

Lazar-Ingmar-Jean-Marc-Gourdon-2

à 17h le violoncelliste Christian-Pierre La Marca et le pianiste Nathanaël Gouin, qui devaient initialement chacun jouer séparément, l’un à Fontfroide, l’autre à Toulouse, se retrouvent à Montpellier pour un somptueux programme.

La-Marca-Christian-Pierre-Laurent-Speller

à 18h30 un improbable et excitant duo accordéon contrebasse avec les deux compères Félicien Brut et Edouard Macarez.

Brut-Macarez-Vagabonds-Manuel-Braun-Web

Et pour finir sous les étoiles, un autre trio de jazz, à 20 h 30 autour de Paul Lay

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Il y aura forcément un goût de trop peu…

Tous ces concerts sont diffusés en direct sur La Radio du Festival !

Réservation obligatoire sur lefestival.eu

 

 

 

 

Sir John ou la musique en fête

Je crois n’avoir jamais attendu avec autant d’impatience enfantine le formidable coffret que je viens de recevoir, plusieurs mois après l’avoir commandé.

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J’ai déjà évoqué plusieurs fois la figure singulière de John Barbirolliné en 1899 Giovanni Battista Barbirolli, d’un père italien et d’une mère française installés à Holborn, et disparu il y a cinquante ans, le 29 juillet 1970.

À l’occasion de la reparution de son intégrale des symphonies de Brahms, captée à Vienne en 1967, j’avais écrit ceci dans Diapason :

« Enfin ! Voici rassemblée une somme qu’on désespérait de retrouver autrement
que sous d’éphémères labels ou en versions isolées. Trois ans avant sa mort
en 1970, John Barbirolli grave l’une des plus singulières intégrales des
Symphonies de Brahms (et des habituelles Ouvertures et Variations sur un
thème de Haydn), non pas avec son orchestre Hallé de Manchester, mais avec
les Wiener Philharmoniker.
Remy Louis, dans le texte français de ce coffret, évoque « l’approche pensive
du chef anglais », une « modération récurrente des tempos » qui « surprend
notre temps », une « mélancolie indicible ».
C’est peu dire que Sir John creuse les partitions, respire large et profond, quitte
à oublier le giocoso du 3ème mouvement de la 4ème symphonie ou à donner un
sérieux inhabituel à l’Ouverture académique (composée sur des chansons
estudiantines).
Barbirolli obtient des Viennois – glorieusement captés au Musikverein –
chaleur, souplesse, éloquence (un art si subtil du rubato) à des degrés
rarement atteints par Giulini, Bernstein, Böhm, dans leurs intégrales
brahmsiennes elles aussi gravées à l’automne de leur vie avec le même
orchestre.

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C’est peut-être avec la vétilleuse 3ème symphonie (déjà rééditée en 2010 dans le
coffret « Sir John Barbirolli, The Great EMI Recordings ») que se justifie le
mieux l’affirmation péremptoire de Tully Potter dans le livret: « John Barbirolli
was born to conduct Brahms » : la modération des tempos n’exclut pas le
mouvement, quand elle ne l’induit pas au contraire, la grandeur, la majesté même ne sont lestées d’aucun poids, l’allégresse est plus crépusculaire que
juvénile, des bouffées de nostalgie nimbent un discours qui ne craint ni
l’effusion, ni la contemplation, au risque de surprenantes lenteurs.
Un Brahms loin des trépidations de l’époque, qui ne s’apparente à aucune
école d’interprétation, singulier comme l’était John Barbirolli dans la galaxie
des grands chefs du XXème siècle. » (Diapason, avril 2016)

Barbirolli est rarement cité dans la légende des grands chefs du XXème siècle… comme plusieurs de ses illustres confrères britanniques. La raison ? leur insularité ? chef anglais = musique anglaise ?

La critique continentale est souvent partagée à l’égard d’un chef à vrai dire inclassable. Absence totale de glamour – mais pas d’humour dans un répertoire léger où on ne l’attend pas spontanément, des « live » de concerts viennois qui ne craignent pas les embardées – pas l’allure aristocratique d’un Beecham, mais un chef qui embrasse un répertoire assez incroyable, qui ne s’inscrit dans aucune école, dont le parcours même est singulier, libre, engagé.

Comme on le lit dans l’excellente notice (trilingue) de Raymond Holden, professeur à la Royal Academy of Music de Londres, dans la non moins parfaite traduction d’Hugues Mousseau, toute une série d’enregistrements réalisée pour His Master’s Voice dès 1929 – qui sont évidemment présents dans ce coffret – fit beaucoup pour la notoriété internationale du chef anglais, au point que l’influent agent américain Arthur Judson, alors directeur du Philharmonique de New York pensa à Barbirolli pour remplacer, en 1937, Arturo Toscanini – passé à la concurrence plus généreuse, la NBC ! – Kreisler, Rubinstein ayant loué les talents du Britannique. Le mandat new-yorkais, controversé dès le début, de Barbirolli prenant fin en 1943, le chef répondit avec enthousiasme à la proposition du plus ancien orchestre professionnel de Grande-Bretagne, celui de la ville de Manchesterqui porte le nom de son fondateur, le pianiste d’origine allemande Karl Halle, devenu Sir Charles Hallé.

Contrairement aux promesses qui lui ont été faites, Barbirolli va trouver une phalange en piteux état, aux maigres effectifs. La résurrection, la refondation du Hallé Orchestra sera l’oeuvre de sa vie, puisqu’il en sera le patron jusqu’à sa mort en 1970.

John Barbirolli, c’est une manière d’aborder les grandes arches symphoniques (Brahms, Mahler) comme des fleuves au cours changeant, tour à tour tempétueux ou languide. Donc d’assumer des tempos alentis, contrastés, là où la plupart de ses confrères pressent le pas, confondant souvent vitesse et vivacité, mouvement et animation. Le Sibelius du chef italo-britannique est sans doute celui qui évoque au plus près les immensités de la Carélie, forêts et lacs à perpétuité (Eloge de la lenteur)

Certes, Barbirolli est inégal, certes son orchestre n’est ni le plus brillant, ni le plus techniquement assuré. Certes, et c’est plus surprenant, les prises de son réalisées avec le Hallé Orchestra sont extrêmement hétéroclites, et la belle remastérisation opérée pour ce coffret ne parvient pas à gommer ces disparités. C’est sans doute la raison pour laquelle EMI invita Barbirolli à diriger le Philharmonia, ou le London Symphony pour des oeuvres où les limites techniques des Manchester auraient été trop audibles. Et puis une fois avec les Berliner Philharmoniker en 1964, pour une étrange Neuvième de Mahler, où chef et musiciens, l’un et les autres très peu familiers du compositeur viennois, semblent s’être cherchés sans jamais se trouver. Et la série des Brahms à Vienne. Et une authentique rareté : un disque de musique française avec le tout jeune Orchestre de Paris en 1968.

Peu d’opéras gravés intégralement : PurcellDidon et Enée (Victoria de Los Angeles !), une flamboyante Madame Butterfly captée à Rome avec Scotto et Bergonzi, et l’ultime enregistrement, le rêve de toute une vie, un Otello qui peut ne pas plaire à tout le monde..

Et des gravures légendaires avec Janet Baker, Jacqueline Du Pré, l’interprète de prédilection d’Elgar...

109 CD au minutage très généreux, restituent l’un des parcours les plus originaux du XXème siècle, l’une des personnalités les plus singulières de la musique.

Détails de ce coffret :

STEPHEN ADAMS 1841-1913
The Holy City
The Star of Bethlehem

TOMASO ALBINONI 1671-1751
Oboe Concerto in B flat major Op. 7 No. 3
Oboe Concerto in D major Op. 7 No. 6

ANTON ARENSKY 1861-1906
Variations on a Theme of Tchaikovsky Op. 35a

DANIEL AUBER 1782-1871
Fra Diavolo – Overture

JOHANN SEBASTIAN BACH 1685-1750
Cantata BWV 21 – Ich hatte viel Bekummernis…..Suezfer Kummer CD
Cantata BWV 70: Watch Ye, Pray Ye – Though reviling tongues assail us (arranged Barbirolli)
Cantata BWV 68 – II. Also hatt Gott die Welt geliebt…..Mein glaubiches Herze
Cantata BWV 208 “Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd” – Sheep may safely graze
Concerto in C for Two Pianos and Strings BWV 1061
St Matthew Passion BWV 244 – Du lieber Heiland
Piano Concerto in F minor BWV 1056 – I. Allegro
Violin Concerto No. 2 in E major BWV 1042

MICHAEL BALFE 1808-1870
The Bohemian Girl – Overture

SIR JOHN BARBIROLLI 1899-1970
Elizabethan Suite (arranged)

SIR ARNOLD BAX 1883-1953
Symphony No. 3
The Garden of Fand
Tintagel

LUDWIG VAN BEETHOVEN 1770-1827
Egmont Op. 84 – Overture
Fidelio – Abscheulicher! … Komm Hoffnung
Leonore No. 3 Overture Op. 72a
Piano Concerto No. 5 in E flat major “Emperor” Op. 73
Symphony No. 1 in C major Op. 21
Symphony No. 3 in E flat major “Eroica” Op. 55
Symphony No. 5 in C minor Op. 67
Symphony No. 8 in F major Op. 93
Violin Concerto in D major Op. 61 (cadenzas: Fritz Kreisler)

VINCENZO BELLINI 1801-1835
Norma – Casta Diva

HECTOR BERLIOZ 1803-1869
La Damnation de Faust Op. 24 H 111 (Excerpts)
Le Carnaval Romain Ouverture Op. 9 H 95
Les Nuits d’été Op. 7 (Théophile Gautier)
Symphonie fantastique Op. 14 H 48

SIR HENRY BISHOP 1788-1855
The Comedy of Errors – Lo! Here the gentle Lark CD

GEORGES BIZET 1838-1875
Carmen – L’amore e un strano augello
Carmen – La fleur que tu m’avais jetée (Act 2)
Carmen – Orchestral Potpourri
Carmen – vocal gems
L’Arlésienne – Suite No. 1 WD 28 – Prélude & Adagietto
L’Arlésienne – Suite No. 2 WD 40 – Farandole

JOHANNES BRAHMS 1833-1897
Academic Festival Overture Op. 80
Double Concerto in A minor Op. 102
Ein Deutsches Requiem – Ye that now are sorrowful
Piano Concerto No. 1 in D minor Op. 15
Piano Concerto No. 2 in B flat major Op. 83
Symphony No. 1 in C minor Op. 68
Symphony No. 2 in D major Op. 73
Symphony No. 3 in F major Op. 90
Symphony No. 4 in E minor Op. 98
Tragic Overture Op. 81 CD 59
Variations on a Theme of Joseph Haydn Op. 56a (St Antoni)
Violin Concerto in D major Op. 77

BENJAMIN BRITTEN 1913-1976
Violin Concerto in D minor Op. 15 (original version)

GEORGE BUTTERWORTH 1885-1916
A Shropshire Lad – orchestral rhapsody

PABLO CASALS 1876-1973
Sardana (arranged for cello orchestra)

EMMANUEL CHABRIER 1841-1894
España – rapsodie pour orchestre
Joyeuse marche

FRÉDÉRIC CHOPIN 1810-1849
Piano Concerto No. 1 in E minor Op. 11
Piano Concerto No. 2 in F minor Op. 21

DOMENICO CIMAROSA 1749-1801
Oboe Concerto in C minor (arranged Benjamin)

JEREMIAH CLARKE c1674-1707
Trumpet Voluntary (arr. Sir Henry J. Wood)

SAMUEL COLERIDGE-TAYLOR 1875-1912
Scenes from The Song of Hiawatha Op. 3 – Cantata No. 3: Spring had come

ARCANGELO CORELLI 1653-1713
Concerto Grosso for String Orchestra (from Op. 5) (arranged Barbirolli)
Concerto for Oboe and Strings in F major (from Violin Sonatas Op. 5) (arranged Barbirolli)

TEODORO COTTRAU 1827-1879
Santa Lucia

CLAUDE DEBUSSY 1862-1918
La Mer L 111 (109)
Trois Nocturnes L 98 (91)
Prélude a l’après-midi d’un faune L 87 (86)

LÉO DELIBES 1836-1891
Sylvia – excerpts

FREDERICK DELIUS 1862-1934
A Song of Summer RT VI/26
A Song before Sunrise RT VI/24
A Village Romeo and Juliet RT I/6 – Intermezzo: Walk to the Paradise Garden (arr. Beecham)
Two Aquarelles RT IV.5 (arr. Fenby)
Appalachia – Variations on an Old Slave Song RT II/2
Brigg Fair – An English Rhapsody RT VI/16
Fennimore and Gerda Intermezzo RT I/8 (arr. Fenby)
Hassan – Incidental Music RT I/9 (arranged Beecham)
In a Summer Garden RT VI/17
Irmelin Prelude RT VI/27
Koanga – La Calinda (Act 2) RT I/4 (arranged Fenby)
On Hearing the First Cuckoo in Spring RT VI/9
Prelude and Idyll RT II/10
String Quartet No. 2 – III. Late Swallows RT VIII/4 (arranged Fenby)
Summer Night on the River RT VI/19

GAETANO DONIZETTI 1797-1848
Don Pasquale – Overture
L’elisir d’amore – Una furtiva lagrima

ANTONÍN DVOŘÁK 1841-1904
Legends Op. 59 B122
Scherzo capriccioso Op.66 B131
Serenade in D minor for winds, cello & double bass Op. 44, B77
Symphony No. 7 in D minor Op. 70
Symphony No. 8 in G major Op. 88
Symphony No. 9 in E minor “From the New World” Op. 95 B178

SIR EDWARD ELGAR 1857-1934
Bavarian Dances Op. 27 – II. Lullaby
Caractacus Op. 35 – Oh! My warriors – Leap, leap to light (Sword Song)
Cello Concerto in E minor Op. 85
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Cockaigne Overture Op. 40 (In London Town)
Dream Children Op. 43 – I. Andante
Dream of Gerontius Op. 38: Part Two
Elegy Op. 58
Falstaff – symphonic study Op. 68
Froissart Overture Op. 19
Introduction and Allegro for String Quartet and String Orchestra Op. 47
Pomp and Circumstance March No. 1 in D major Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 2 in A minor Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 3 in C minor Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 4 in G major Op. 39
Pomp and Circumstance March No. 5 in C major Op. 39
Sea Pictures Op.37
Sea Pictures Op. 37: Where corals lie
Serenade in E minor Op. 20
Sospiri Op. 70
Symphony No. 1 in A flat major Op. 55
Symphony No. 2 in E flat major Op. 63
The Dream of Gerontius Op. 38
Variations on an Original Theme “Enigma” Op. 36

FRÉDÉRIC ALFRED D’ERLANGER 1868-1943
Midnight Rose – selection

MANUEL DE FALLA 1876-1946
Siete canciones populares españolas (orch. Ernesto Halffter)

GABRIEL FAURÉ 1845-1924
Pelléas et Mélisande Op. 80 – Suite from incidental music
Shylock Op. 57 – Suite – Nocturne

CÉSAR FRANCK 1822-1890
Variations symphoniques FWV 46

SIR EDWARD GERMAN 1862-1936
Nell Gwyn – incidental music

UMBERTO GIORDANO 1867-1948
Andrea Chénier – Un dì, all’ azzuro spazio guardai profondo

ALEXANDER GLAZUNOV 1865-1936
Les Ruses d’amour Op. 61 – Ballabile
The Seasons Op. 67 – Bacchanale
Violin Concerto in A minor Op. 82

CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK 1714-1787
Orfeo – Che faro senza Eurydice
Armide – Ah! si la liberté

CHARLES GOUNOD 1818-1893
Faust – Orchestral Potpourri
Faust – Mephistopheles’ Serenade
Jesus of Nazareth CD 103*
Petite Symphonie in B flat for winds

PERCY GRAINGER 1882-1961
Irish Tune from County Derry (Londonderry Air)
Molly on the Shore
Mock Morris
Shepherd’s Hey

EDVARD GRIEG 1843-1907
Two Elegiac Melodies Op. 34
Lyric Pieces Op. 57 – IV. Geheimnis (orch. Barbirolli)
Lyric Suite Op. 54
Norwegian Dances Op. 35
Peer Gynt Op. 23 – Incidental Music – extracts
Peer Gynt – Suite No. 1 Op. 46
Piano Concerto in A minor Op. 16
Sigurd Jorsalfar Op. 22 – V. Homage March
Sigurd Jorsalfar Op. 56 – III. Homage March
Symphonic Dances Op. 64
Symphonic Dances Op. 64 – II. Allegretto grazioso

GEORGE FRIDERIC HANDEL 1685-1759
Acis and Galatea – As when the dove
Judas Maccabaeus HWV 63 – Sound an Alarm
Messiah HWV 56 – Comfort ye my people – Thou shalt break them
Messiah HWV 56 – Rejoice greatly
Messiah HWV 56 – The Trumpet shall sound
Oboe Concerto No. 1 in B flat major HWV 301 (edited Rothwell and Mackerras)
Organ Concerto in B flat Op. 7 No. 1 HWV 306
Rodrigo HWV 5 – Suite (ed. Sir Anthony Lewis & Philip Cranmer)
Serse HWV 40 – Ombra mai fù
Serse HWV 40 – Suite (arr. Hoffman)
Serse HWV 40 – Frondi tenere … Ombra mai fu

FRANZ JOSEF HAYDN 1732-1809
Cello Concerto No. 2 in D major Hob. VIIb:2
Die Jahreszeiten Hob. XXI:3 – Schön eilet froh der Ackersmann
Keyboard Concerto in D major Hob. XVIII: 11 – III. Rondo al Ungarese
Oboe Concerto in C major Hob VIIg:C1 (attributed Haydn)
Symphony No. 83 in G minor “La poule”
Symphony No. 88 in G major Hob. I:88
Symphony No. 96 in D major “Miracle” Hob. I:96
Symphony No. 104 in D major “London” Hob. I:104

MICHAEL HEMING 1920-1942
Threnody for a soldier killed in action (completed & orch. Anthony Collins)

JOHANN WILHELM HILL 1838-1902
Das Herz am Rhein

ENGELBERT HUMPERDINCK 1854-1921
Hänsel und Gretel – Overture

JACQUES IBERT 1890-1962
Divertissement for Chamber Orchestra

JOHN IRELAND 1879-1962
A London Overture
Mai Dun – symphonic rhapsody
The Forgotten Rite – Prelude
These Things Shall Be (J. A. Symons)

EDVARD ARMAS JÄRNEFELT 1869-1958
Berceuse
Praeludium

FRANZ LEHÁR 1870-1949
Gold und Silber – Walzer Op. 79

RUGGERO LEONCAVALLO 1858-1919
Pagliacci – Jetzt spielen….. Hüll dich in Tand
Pagliacci – No! Pagliacco non son
Pagliacci – Recitar…….Vesti la giubba – No! Pagliacco non son

CARL LOEWE 1796-1869
Fridericus Rex Op. 61 No. 1

ALEXANDRE LUIGINI 1850-1906
Ballet Russe Op. 23

ANATOLY LYADOV 1855-1914
The Enchanted Lake Op. 62

GUSTAV MAHLER 1869-1911
Fünf Rückert-Lieder
Kindertotenlieder
Lieder eines Fahrenden Gesellen
Symphony No. 1 in D major
Symphony No. 5 in C sharp minor
Symphony No. 6 in A minor “Tragic”
Symphony No. 9 in D minor

ALESSANDRO MARCELLO 1673-1747
Oboe Concerto in C minor S.Z.799 (Originally D minor) (ed. Rothwell)

PIETRO MASCAGNI 1863-1945
Cavalleria Rusticana – Addio alla madre
Cavalleria Rusticana – Intermezzo

JULES MASSENET 1842-1912
Manon – O dolce incanto – En fermant les yeux
Scènes Alsaciennes – III. Sous les tilleuls

FELIX MENDELSSOHN 1809-1847
A Midsummer Night’s Dream – incidental music Op. 61: Scherzo
Elias Op. 70 – Herr Gott Abrahams
The Hebrides Overture Op. 26
Octet in E flat major Op. 20 – Scherzo
Symphony No. 4 in A major “Italian” Op. 90

ANDRÉ MESSAGER 1853-1929
Fortunio – The Grey House

GIACOMO MEYERBEER 1791-1864
L’Africaine – Land so wunderbar

GEORG MATTHIAS MONN 1717-1750
Cello Concerto in G minor (harpsichord continuo realised by Schoenberg: ed. Aveling)

WOLFGANG AMADEUS MOZART 1756-1791
Cassation in G major K99 – II. Andante
Die Zauberflöte K620 – Ah! je le sais
Die Zauberflöte K620 – Overture
Die Zauberflöte K620 – O Isis und Isiris (arranged for cello orchestra by Barbirolli)
Divertimento No. 11 in D major K251 – Minuet CD 14
Don Giovanni – Madamina…..Nella bionda
Don Giovanni K527- Don Ottavio! Son morta…….Or sai chi l’onore
Le nozze di Figaro K492 – Overture
Le nozze di Figaro K492 – Porgi amor
Oboe Concerto in C major K314
Piano Concerto No. 22 in E flat major K482
Piano Concerto No. 23 in A major K488
Piano Concerto No. 27 in B flat major K595
Serenade No. 13 in G major “Eine kleine Nachtmusik” K525
Symphony No. 29 in A major K201
Symphony No. 41 in C major “Jupiter” K551
Violin Concerto No. 5 in A major K219

MODEST MUSSORGSKY 1839-1881
Song of the Flea

ETHELBERT NEVIN 1862-1901
The Rosary

OTTO NICOLAI 1810-1849
Die lustigen Weiber von Windsor – Overture

CARL NIELSEN 1865-1931
Symphony No. 4 “Inextinguishable” Op. 29

GIOVANNI BATTISTA PERGOLESI 1710-1736
Concerto for Oboe and Strings in C major (arranged Barbirolli) (1948)

AMILCARE PONCHIELLI 1834-1886
La Gioconda Op. 9 – Dance of the Hours

GIACOMO PUCCINI 1858-1924
La bohème – Che gelida manina
La bohème – Si sente meglio … Che gelida manina … Sì. Mi chiamano Mimì … Oh soave fanciulla
Madama Butterfly
Madama Butterfly – Viene la sera … Voglietemi bene … Una poco di vero … Quanti occhi fisi
Manon Lescaut – Donna non vidi mai
Manon Lescaut – Dunque questa lettiga …Tu, tu, amore … O tentatrice
Manon Lescaut – Intermezzo (Act 3)
Turandot – extracts
Tosca – E lucevan le stelle … Ah! Franchilgia … O dolci mano … Senti l’ora … Amora
Tosca – E lucevan le stelle
Tosca – Recondita armonia – E lucevan le stelle
Tosca – Tre sbirri, una carozza – La povera mia cena CD 101

HENRY PURCELL 1659-1695
Dido and Aeneas Z626 (ed. Boyling)
The Married Beau Z603 – Hornpipe on a Ground
Suite for Strings, Woodwinds and Horns (arranged Barbirolli)

ROGER QUILTER 1877-1953
A Children’s Overture Op. 17

JOACHIM RAFF 1822-1882
La Fileuse Op. 157 No. 2 (arranged Alfonso Gibilaro)

MAURICE RAVEL 1875-1937
Daphnis et Chloé – Suite No. 2 M 57
La valse M 72
Ma mère l’oye – Suite M 60
Shéhérazade M 41 (Tristan Klingsor)

NIKOLAY RIMSKY-KORSAKOV 1844-1908
Capriccio espagnol Op. 34

FREDERICK ROSSE 1867-1940
Merchant of Venice – Suite from incidental music

GIOACHINO ROSSINI 1792-1868
Guillaume Tell Overture & Ballet Music (arranged Charles Godfrey Jnr.)
Il barbiere di Siviglia – La calunnia
Il barbiere di Siviglia – Largo al factotum
Il barbiere di Siviglia – Una voce poco fà
La gazza ladra – Overture
Semiramide – Overture
Stabat Mater – Inflammatus

EDMUND RUBBRA 1901-1986
Improvisations on Virginal Pieces by Giles Farnaby Op. 50 – IV. Loth to depart
Symphony No. 5 in B flat major Op. 63

CAMILLE SAINT-SAËNS 1835-1921
Havanaise Op. 83
Introduction and Rondo Capriccioso Op. 28
Le Carnaval des Animaux – grande fantaisie R 125
Samson et Dalila – O aprile foriero di sogni – Amor! Miei sini proteggi – Il mio cuore si apre alla tua voce
Valse Caprice Op. 76

PABLO SARASATE 1844-1908
Zigeunerweisen Op. 20 No. 1

ARNOLD SCHOENBERG 1874-1951
Pelleas und Melisande – symphonic poem Op. 5

FRANZ SCHUBERT 1797-1828
Die Zauberharfe D644 – Overture (Rosamunde)
Marche Militaire No. 1 in D major Op. 51 No 1, D. 733
Rosamunde – Incidental Music D. 797 – II. Ballet
Symphony No. 9 in C major “The Great” D944

ROBERT SCHUMANN 1810-1856
Cello Concerto in A minor Op. 129
Violin Concerto in D minor WoO23

JEAN SIBELIUS 1865-1957
Finlandia Op. 26
Four Legends The Swan of Tuonela & Lemminkäinen’s Return Op. 22
Karelia Suite Op. 11
Kuolema Op. 44 – I. Valse triste
Lemminkaïnen Legends Op. 22 – II. Swan of Tuonela
Pelléas et Mélisande – suite Op. 46
Pohjola’s Daughter Op. 49
Rakastava Op. 14
Romance in C major Op. 42
Scènes historiques Suite No. 1 Op. 25
Scènes historiques Suite No. 2 Op. 66
Symphony No. 1 in E minor Op. 39
Symphony No. 2 in D major Op. 43
Symphony No. 3 in C major Op. 52
Symphony No. 4 in A minor Op. 63
Symphony No. 5 in E flat major Op. 82
Symphony No. 6 in D minor Op. 104
Symphony No. 7 in C major Op. 105

JOHN PHILIP SOUSA 1854-1932
Stars and Stripes for Ever – March

JOHANN STRAUSS I 1804-1849
Radetzky March Op. 228 (orch. Gordon Jacob)

JOHANN STRAUSS II 1825-1899
An der schönen, blauen Donau – Walzer Op. 314
Annen Polka Op. 117
Champagner-Polka Op. 211
Der Zigeunerbaron – Overture
Die Fledermaus – Overture
Die Fledermaus – Brother dear and sister dear… Oh! what a feast, what a wonderous night
G’schichten aus dem Wienerwald – Walzer Op. 325
Kaiserwalzer Op. 437
Perpetuum mobile Op. 257
Rosen aus dem Süden – Walzer Op. 388
Unter Donner und Blitz – Polka Op. 324

JOHANN STRAUSS II 1825-1899 & JOSEF STRAUSS 1827-1870
Pizzicato Polka

STRAUSS FAMILY
A Strauss Fantasy (arranged Landauer)

RICHARD STRAUSS 1864-1949
Der Rosenkavalier – Waltz Sequence (arr. Barbirolli)
Der Rosenkavalier Op. 59, TrV 227 – Suite
Die Liebe der Danae Op. 83, TrV 278 – Symphonic Fragments (arr. Clemens Krauss)
Ein Heldenleben Op. 40
Metamorphosen TRV 290

IGOR STRAVINSKY 1882-1971
Concerto in D major for String Orchestra

FRANZ VON SUPPÉ 1819-1895
Banditenstreiche – Overture
Dichter und Bauer – Overture
Die leichte Kavallerie – Overture
Die schöne Galathée – Overture
Ein Morgen, ein Mittag und ein Abend in Wien – Overture
Pique Dame – Overture

SIR ARTHUR SULLIVAN 1842-1900
Ivanhoe – Woo thou, thy snowflake
The Lost Chord
The Golden Legend – The Night is calm
The Light of the World – God shall wipe away all tears

PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY 1840-1893
Francesca da Rimini Op. 32 TH 46
Marche Slave Op. 31
Piano Concerto No. 1 in B flat minor Op. 23
Romeo and Juliet – fantasy overture TH 42
Serenade in C Op. 48
String Quartet No. 1 in D major Op. 11 – II. Andante cantabile
Symphony No. 4 in F minor Op. 36
Symphony No. 5 in E minor Op. 64
Symphony No. 6 in B minor “Pathétique” Op. 74
Swan Lake Op. 20 – Excerpts
Violin Concerto in D major Op. 35

SIR PAOLI TOSTI 1846-1916
Goodbye
Addio

JOAQUÍN TURINA 1882-1949
Danzas fantásticas Op. 22

RALPH VAUGHAN WILLIAMS 1872-1958
A London Symphony (No. 2) (1936 Revised Edition)
Fantasia on a Theme by Thomas Tallis
Fantasia on “Greensleeves” (arr. Greaves)
Five Variants of Dives and Lazarus for Harp and String Orchestra
Oboe Concerto in A minor
Sinfonia Antarctica (No. 7)
Symphony No. 5 in D major
Symphony No. 8 in D minor
The Wasps – Aristophanic Suite: Overture
Tuba Concerto in F minor

GIUSEPPE VERDI 1813-1901
Don Carlos – O don fatale
Falstaff – Your honour! Ruffians – When I was page to the Duke of Norfolk
Il trovatore – Stride la vampa – Condotta ell’era
La forza del destino – Overture
La forza del destino – Madre, pietosa vergine… Deh! non m’abbandonar – Pace, pace, mio Dio
La traviata Prelude from Acts I & III
Messa da Requiem
Otello
Otello – Dio mi potevi – Niun mi tema
Otello – Gott! warum hast du gehauft dieses Elend – Jeder Knabe kann mein schwert
Otello – Inaffia l’ugola
Un ballo in maschera – Eri tu che macchiava

HENRI VIEUXTEMPS 1820-1881
Violin Concerto No. 4 in D minor Op. 31

HEITOR VILLA-LOBOS 1887-1959
Bachianas Brasilieras No. 4

RICHARD WAGNER 1813-1883
Der fliegende Holländer – Overture
Der fliegende Holländer – Yo-Ho-He (Senta’s Ballad) (Act 2)
Der fliegende Holländer – Spinning Chorus
Die Meistersinger von Nürnberg – Overture
Die Meistersinger von Nürnberg – Overture & Orchestral Suite from Act 3 (Arr. Barbirolli)
Die Meistersinger von Nürnberg – Selig wie die Sonne … Morgenlicht leuchtend
Die Meistersinger von Nürnberg – Morning was glowing
Die Meistersinger von Nürnberg – The Elders’ scent grows round me
Die Walküre – Der alte Sturm, die alte Muh! … So ist’s den aus – Mit tiefem Sinne – Was verlangst du?
Die Walküre – Winterstürme wichen dem Wonnemond
Lohengrin – Act 1: Prelude
Lohengrin – Preludes from Act I & Act III
Lohengrin – In distant lands
Parsifal – Ich sah das Kind
Rienzi – Overture
Rienzi – Allmächt’ger Vater, blick herab
Tannhäuser – Overture
Tannhäuser – Die tone Lob’! Die Wunder sei’n gepriesen
Tannhäuser – Orchestral potpourri (arr. Alfonso Gibilaro)
Tristan und Isolde – Prelude & Liebestod
Tristan und Isolde – Mild und leise
Wesendonck Lieder – Schmerzen – Träume

ÉMILE WALDTEUFEL 1837-1915
Les Patineurs – Valse Op. 183

WILLIAM VINCENT WALLACE 1812-1865
Maritana – Overture

CARL MARIA VON WEBER 1786-1826
Der Freischütz – Overture
Euryanthe – Overture
Oberon – Overture
Oberon – Ocean! Thou mighty monster

HENRYK WIENIAWSKI 1835-1880
Violin Concerto No. 2 in D minor Op. 22

TRADITIONAL
Irish Tune from County Derry (Londonderry Air) (arr. Percy Grainger)
O’ a’ the airts the wind can blow (arranged Ross)
Turn ye to me (arranged Gibilaro)


 

Victoria de los Angeles, Montserrat Caballe, Gwyneth Jones, Renata Scotto, Janet Baker, Fiorenza Cossotto, Marjorie Thomas, Carlo Bergonzi, Benjamino Gigli, Lauritz Melchior, Jon Vickers, Kim Borg, Dietrich Fischer-Dieskau, Ruggero Raimondi, Feodor Schaljapin, Marian Nowakowski, Yvonne Arnaud, Wilhelm Backhaus, Daniel Barenboim, Edwin Fischer, Alfred Cortot, Arthur Rubinstein, Mindru Katz, Ethel Bartlett, Jacqueline du Pre, Andre Navarra, Gregor Piatigorsky, Alfredo Campoli, Mischa Elman, Jascha Heifetz, Fritz Kreisler, Yehudi Menuhin, Eric Chadwick, Evelyn Rothwell,

BBC Symphony Orchestra, Berliner Philharmoniker, Halle Orchestra, London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, New Philharmonia Orchestra, Philharmonic Symphony Orchestra New York, Orchestra del Teatro dell’Opera di Roma, Orchestre de Paris, Wiener Philharmoniker, Sinfonia of London

Des nuances de noir et blanc

#Confinement Jour 45

Le flou continue

Rien de neuf depuis mon dernier billet Déconfinementle flou, l’incertitude, l’absence comme seules perspectives…

Dans Le Monde du week-end, un appel – peu de musiciens parmi les signataires – : Monsieur le Président, cet oubli de l’art et de la culture, réparez-le !Je le signe. Sans illusion.

Le violoncelle en deuil

Je ne les connaissais ni l’un ni l’autre autrement que par le disque. Mais la pluie d’hommages de leurs collègues, disciples, partenaires, dit assez la place que Lynn Harrell et Martin Lovett tenaient dans nos coeurs de mélomanes.

Le dernier survivant, le pilier du légendaire quatuor Amadeus, Martin Lovett, est mort hier à 93 ans.

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Mais nous n’aurons jamais fini d’écouter et réécouter Martin Lovett et ses compagnons.

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Ses amis en ont dit tellement de bien, sa figure est si sympathique, qu’on regrettera longtemps de ne pas avoir connu personnellement le violoncelliste américain Lynn Harrell disparu lundi dernier.

Deux témoignages émouvants de ce bel artiste : le premier lorsqu’à 16 ans, il est invité par Leonard Bernstein dans cette fantastique série de concerts – les Young People’s concerts – du New York Philharmonic, un extrait trop court du concerto pour violoncelle de Dvorak…

Et en 2012, à Santa Fe, une rencontre qui a durablement marqué la pianiste chinoise Yuja Wang, 25 ans à l’époque, et une leçon de style dans la sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov.

 

Embarras du choix dans l’abondante discographie de Lynn Harrell. Une tendresse pour ce double album des trios à cordes de Beethoven, et quels partenaires !

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Deux coffrets de piano

Le confinement laisse du temps pour redécouvrir les rayons d’une discothèque où sont rangés des disques qu’on a écoutés trop vite, ou parfois pas eu le temps d’approfondir. Alpha a eu la bonne idée de mettre en deux coffrets des enregistrements pourtant récents de son catalogue.

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Beaucoup de merveilles dans ce boîtier sorti il y a quelques mois ! On n’avait pas tout de suite compris ce que Schumann, Liszt, Chopin et même Schubert et Beethoven venaient faire dans une compilation intitulée Early Piano. Le titre s’applique évidemment aux instruments utilisés ici, superbement captés.

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Un autre coffret, tout récent, au titre plus banal, Les Maîtres du piano, nous propose un contenu qui, une fois n’est pas toujours coutume, correspond à l’annonce. 71iK3YxTdaL._SL1200_

Qu’on est heureux de retrouver François-Frédéric Guy dans Beethoven et Liszt, Eric Le Sage dans des Schumann plutôt rares, Edna Stern dans Bach, Nelson Goerner impérial dans Chopin et Debussy – des disques justement primés à leur parution – et ma chère Anna Vinnitskaia dans Brahms et surtout Chostakovitch et Rachmaninov. Et de découvrir une magnifique ultime sonate de Schubert sous les doigts d’Alexander Lonquich. Une aubaine.

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Un peu de douceur, de romantisme même, à la veille d’une fête du travail.. confinée :