La mort en majeur

Je trouverais sûrement, si je la cherchais, la réponse dans d’épais et savants ouvrages : pourquoi certaines oeuvres me touchent-elles à ce point, déclenchent-elles de tels torrents d’émotions et de sentiments mêlés ?

Depuis que j’ai découvert Die tote Stadt (La Ville morte), l’opéra de Korngold (https://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_Wolfgang_Korngold), je ne sors jamais indemne d’une écoute ou d’une représentation. Le sujet, la musique, tout cela sans doute, mais bien d’autres opéras, d’autres symphonies me passionnent et m’émeuvent sans me mettre dans cet état.

Hier soir, un projet nourri de longue date, les forces musicales de Radio France – hormis l’Orchestre National en tournée aux Etats-Unis – étaient rassemblées, Orchestre Philharmonique, Choeur et Maîtrise, non comme prévu sous la houlette de Mikko Franck, malade, mais sous celle de la jeune cheffe Marzena Diakun qui a fait mieux que relever un impossible défi. Et, pour une fois, aucune défection dans une distribution idéale pour un ouvrage aussi exigeant pour les deux rôles principaux. Klaus Florian Vogt, Camilla Nylund, exceptionnels en Paul et Marietta, mais aussi le formidable baryton Markus Eiche, Catherine Wyn-Rogers  (Brigitta) Matthias Wohlbrecht le Comte Albert) Dania El Zein (Juliette) Yaël Raanan Vandor  (Lucienne) Jan Lund (Victorin-Gaston).

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Cette Ville morte est le chef-d’oeuvre d’un compositeur de 23 ans, un orchestre luxuriant qui certes évoque plus d’une fois Wagner, Mahler, Richard Strauss ou Puccini, mais qui s’inscrit surtout dans la tradition viennoise (comme Schreker). Est-ce cela qui finalement me perturbe et m’émeut tant ? Les quelques grands airs qui sont ceux de la déploration, du regret de l’être aimé ou du désir inatteignable, sont, comme chez Mozart ou chez Richard…ou Johann Strauss, en mode majeur.

J’ai vu plusieurs fois Die tote Stadt en scène, un premier souvenir à Anvers, avec un bouleversant William Cochran, à Paris, et à Genève sous la direction idéale d’Armin Jordan qui malheureusement dut faire une première avec un ténor…aphone !.

Au disque, bien sûr en tout premier, l’enregistrement qui m’a fait découvrir et aimer l’ouvrage, qui n’a rien perdu de ses charmes vénéneux.

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Autre magnifique témoignage du festival de Salzbourg :

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Et pour ceux qui veulent retrouver quasi le même casting qu’hier soir, cette fois avec Mikko Franck au pupitre, le DVD d’un spectacle qui avait fait sensation à Helsinki.

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Les mots/maux du samedi

Petite revue de détail des mots de la semaine, qui sont parfois aussi les maux de la langue (française).

Un ami s’insurge contre la présentation dans un journal télévisé belge de la mort du cinéaste Jacques Rivette : « J.R. était considéré comme… ». Formule passe-partout qui ne veut strictement rien dire : considéré par qui ? dans quel cadre ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, me répondra-t-on. Trop direct, trop plat sans doute, de dire simplement : « Jacques Rivette était l’un des grands cinéastes.. »

Passe encore qu’un journaliste use de cette formule, qui lui évite d’affirmer, de s’affirmer, mais il n’est quasiment pas une « bio » – une notice biographique – d’artiste – Dieu sait si j’en ai vues et j’en subis encore ! – qui ne commence par : « Duchmoll est considéré comme l’un des – au choix, pianistes, chefs d’orchestre, violonistes, ténors, etc. – les plus doués (ou les plus brillants, ou les plus talentueux) de sa génération ». Non seulement cela ne veut rien dire, mais je me tue à expliquer aux agents (et aux musiciens eux-mêmes) que ce type de cliché n’a aucune valeur informative et n’abuse personne, ni auditeurs/spectateurs, ni organisateurs, et qu’il dessert plutôt qu’il ne sert l’artiste.

Autres joliesses (!) entendues dans des réunions où il était question de culture et autres divertissements.

D’abord on n’est pas là pour aborder – ou régler – un problème, mais exprimer, avec la mine de circonstance, qu’il y a un sujet. Si je n’entends pas au mois dix fois par jour c’est un sujet,  c’est que j’ai passé la journée loin de Paris, ou de Montpellier, et de toute réunion !

Tout aussi important, la nécessité pour toute action, culturelle en l’occurrence, de créer du lien. Et même du lien social.. D’ailleurs le simple fait d’en parler en réunion crée du lien !

Autre découverte, l’extension d’un jargon qu’on pensait réservé aux ecclésiastiques (souvenirs d’un temps déjà lointain où j’en côtoyais) à la novlangue politico-bureaucratique : j’entendais jadis un évêque, un prêtre, appeler les fidèles à faire église. J’ai entendu cette semaine, en plusieurs circonstances, tel ou tel intervenant appeler à faire territoireJe suis resté perplexe, et me suis demandé comment un Desproges ou un Coluche aurait commenté ce nouveau tic de langage, je n’ose imaginer…

Heureusement, pour qui laisse traîner ses oreilles, il y a parfois de savoureuses surprises. Traversant la place de la Comédie à Montpellier hier après-midi, je croisai une jeune femme très volubile au téléphone et compris qu’elle se plaignait de quelqu’un qui lui avait « foutu les nerfs« . J’en suis resté de bonne humeur pendant toute la soirée.

IMG_2095(Montpellier, Place de la Comédie)

 

 

Le vieillard qui ne radote pas

Le mot vieillard vous choque ?Encore une preuve de notre univers coincé, compartimenté. Non Monsieur, on ne dit pas vieillard pour un vieil homme, on ne dit plus vieillard pour quelqu’un dont on respecte le grand âge et la sagesse. Senior ++++ peut-être ?

Je suis sûr que ça le ferait bien rire que je le traite de vieillard, précisément parce que ça ne se fait pas, ça ne se fait plus !

Il aura 91 ans au mitan de l’année 2016 et il court les plateaux de télévision depuis si longtemps qu’il est incrusté dans nos étranges lucarnes autant que dans nos mémoires.

Et voici que lui que j’ai peu lu, parce que je n’ai jamais pris ses livres pour de la très grande littérature, et ses romans pour des histoires dignes de grand intérêt, j’ai envie de lui dire : Merci Monsieur après avoir lu son dernier opus. Son ultime ?

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On m’objectera que Jean d’Ormesson n’a cessé de se raconter, de s’inventer des vies, des aventures – c’est le propre du romancier – Ici rien n’est paraître, tout est souvenir authentique, faussement pudique, et c’est tout le XXème siècle qui défile. Parce que le petit Jean n’a pas eu une existence ordinaire, dans une enfance heureuse trimballée de Munich à Bucarest et jusqu’au Brésil. Que la lignée paternelle a de la branche. Et que, mine de rien, l’heure approche où il lui faudra prendre congé. Il se livre comme jamais, le style est éloquence sans grandiloquence, dandysme dans cynisme. On se régale, en se disant que pareil brillant ne se retrouvera pas de sitôt dans la littérature d’aujourd’hui.

PS Dans un tout autre genre, mais d’une vraisemblance telle qu’on n’imagine pas une seconde que ce soit une fiction, on rira fort et parfois jaune à la lecture de Zoé à Bercy, de la dénommée Zoé Shepard qui ne s’était pas privée dans deux précédents ouvrages à succès d’emplâtrer cuistres et pleutres qui peuplent la bureaucratie française.

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La soirée qu’on lui devait

Comme pour toutes les soirées de ce genre, on pouvait s’attendre au pire… ou au meilleur. On ne pouvait faire mieux ni plus juste que cet hommage rendu à Pierre Boulez (1925-2016) hier soir à la Philharmonie de Paris. 

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Enormément de figures connues, compositeurs, musiciens, artistes, « institutionnels », mais aussi beaucoup d’anonymes qui, vu leur âge, découvraient la musique et l’homme. Pas de discours officiel, mais des images d’archives, réjouissantes, qui nous donnaient à voir l’homme joyeux, pétillant, d’une intelligence exceptionnellement vive (qui avait de quoi impressionner ses pairs), rien d’inédit (pour la plupart des documents présentés dans l’exposition que lui avait consacrée la Philharmonie). Des lectures de textes sobrement faites par Catherine Tasca, Laurent Bayle, Bruno Hamard (Orchestre de Paris), Frank Madlener (IRCAM), Hervé Boutry (Ensemble InterContemporain) et beaucoup de musique surtout.

Dans le hall d’entrée puis dans la salle Initiale (1987) pour 7 cuivres (Solistes de l’EIC), des extraits spectaculaires du Dialogue de l’ombre double (1985) avec les clarinettes virtuoses d’Alain Damiens et Jérôme Comte, puis les Improvisations I et II (1957) sur Mallarmé dans la voix de Yeree Suh insérée dans l’ensemble conduit par Mathias Pintscher. Venait ensuite cette extraordinaire pièce pour ensemble de violoncelles Messagesquisse (1977),  une commande de Rostropovitch pour les 70 ans  du mécène Paul Sacher :

Le violoncelliste Marc Coppey m’expliquait que son célèbre aîné, pourtant si ardent promoteur de la création (ils sont si nombreux ceux qui ont écrit pour et à la demande de Rostropovitch, Dutilleux, Chostakovitch, Prokofiev, Schnittke, etc. !), avait été plutôt embarrassé par la complexité de la pièce de Boulez et ne l’avait plus rejouée après sa création.

Bruno Mantovani dirigeait Dérives I (1984) pour six instruments, avec quelques excellents élèves de « son » Conservatoire voisin. Puis prenait place le très grand orchestre requis par l’oeuvre symphonique sans doute la plus célèbre de Boulez, d’abord les Notations I à IV (1980) puis Notation VII (1997-2004). Très logiquement, c’est à l’Orchestre de Paris que revenait l’honneur de clore cette soirée. C’est en effet la phalange parisienne qui fit la création des quatre premières Notations en juin 1980 sous la direction de son chef d’alors – et ami de toujours de Boulez – Daniel Barenboim. Je me rappelle comme si c’était hier du choc, de la fascination que j’avais éprouvés à l’écoute de France Musique qui diffusait le concert en direct – c’était ma première « rencontre » avec l’oeuvre de Boulez. Hier soir c’était Mathias Pintscher, aussi bon chef qu’inventif compositeur (aujourd’hui directeur musical de l’Ensemble InterContemporain), qui s’attelait à une partition d’une redoutable difficulté d’exécution et d’une tout aussi exceptionnelle séduction sonore. Paavo Järvi le relayait pour une Notation VII  contemplative, presque ravélienne, d’une magnifique transparence.

D’ailleurs toute cette soirée démontrait, et révélait au nouveau public, combien la musique de Pierre Boulez s’inscrit dans une tradition française de raffinement, d’évocation plus que d’affirmation, de richesse sonore, de sensualité.

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L’après-concert était l’occasion d’échanger avec nombre de figures amies, comme Pascal Dusapin à qui je rappelais que très exactement un an plus tôt, le 26 janvier 2015 (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/01/29/personnalites/) ici même, Renaud Capuçon avait créé, avec un succès considérable, son concerto pour violon Aufgang.

Ou de faire des projets avec Lionel Bringuier ou Paavo Järvi, qui a titillé ma curiosité de directeur de festival. Mais c’est une autre histoire… à suivre !

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( à l’arrière plan à gauche, Mathias Pintscher)

Mozart, le match Paris-Berlin

 

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Mettons cela sur le compte du hasard : 25 janvier 2016 Mozart/Gardiner à Paris, trois ans plus tôt exactement Mozart/Langrée à Berlin !

Et quasiment le même programme : 40ème symphonie en première partie, Messe en do mineur K.427 à Paris, Davide Penitente à Berlin (https://en.wikipedia.org/wiki/Davide_penitente).

Ce n’est pas le seul lien entre les deux concerts : Louis Langrée a d’abord été l’assistant, puis le successeur de John Eliot Gardiner à la direction musicale  de l’opéra de Lyon (Gardiner 1983-1988 / Langrée 1998-2000).

La comparaison entre ces deux concerts, auxquels j’ai eu la chance d’assister, était tentante. Passionnante même. Fournissant la preuve – mais en doutait-on ? – que les chefs-d’oeuvre supportent, exigent même, plusieurs approches, plusieurs visions.

Ceux qui avaient eu la chance d’entendre les Mozart que Louis Langrée avait dirigés à Liège (Messe en ut en 2001, Requiem en 2002, la 40ème symphonie notamment au cours de la semaine Mozart de janvier 2006) savent à quel point le chef français privilégie le côté sombre de la force mozartienne, exacerbe les tensions harmoniques, la dimension tragique d’une musique qui n’a rien de galant ni de poudré, surtout dans la 40ème symphonie. L’extrait ci-dessus de son concert berlinois n’est peut-être pas flagrant, mais je peux attester que les Berliner Philharmoniker n’avaient pas été sollicités de la sorte depuis longtemps.

Gardiner – et ses fabuleux English baroque soloists que j’entendais pour la première fois en concert ! –  c’est pratiquement l’option inverse.  : fluidité, rapidité, virtuosité, élégance, pas d’enjeu dramatique, la pure beauté du jeu d’ensemble. Vraiment pas désagréable à écouter, mais une dimension essentielle de cette musique nous échappe.

En revanche, Gardiner et Langrée semblent se rejoindre dans leur conception des deux avatars de la grande Messe inachevée. Puissance, vivacité, rien ne sent la sacristie. Mais pour ces deux oeuvres personnelles de Mozart – elles ne répondaient à aucune commande – le théâtre, l’opéra, oui.

Avantage à Gardiner pour la qualité – déjà si souvent admirée au disque – incroyable de son Monteverdi Choir – 11 femmes, 15 hommes – peut-on mieux chanter ? et pour ses deux solistes femmes, les toutes jeunes Amanda Forsythe et Hannah Morrison, voix qu’on qualifierait de célestes si on ne craignait pas le cliché…

Bref, match tout sauf nul entre Berlin et Paris ! Deux grandes visions de Mozart, deux grands chefs – on a oublié de dire qu’un autre de leurs points communs était leur amour de la musique française ! – et grâce au disque, le moyen de se ressourcer sans modération à une musique essentielle. Vitale.

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Le travail c’est la santé

Cette chanson résonne étrangement cinquante ans après sa création : les trente glorieuses sans chômage sont terminées depuis longtemps, on n’est pas certain que les millions de chômeurs apprécient l’humour de Salvador !

Le travail est au coeur de l’actualité : Robert Badinter a remis ce matin au Premier ministre un rapport directement inspiré d’un excellent petit livre qu’on avait lu d’une traite en juin dernier

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Voici la préface que signent les deux éminents juristes :

Depuis quarante ans, la société française souffre d’une grave maladie : le chômage de masse.
Ce mal a suscité une déferlante législative à tel point que le droit du travail apparaît aujourd’hui comme une forêt obscure où seuls les spécialistes peuvent trouver leur voie. Loin de favoriser l’emploi, le Code du travail suscite ainsi un rejet souvent injuste.
Il faut réagir.
Il n’est pas de domaine de l’Etat de droit qui ne repose sur des principes fondamentaux. C’est à mettre en lumière ces principes, disparus sous l’avalanche des textes, que cet ouvrage est consacré. Sur leur base, il appartiendra aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de décliner les règles applicables aux relations de travail, selon les branches et les entreprises.
Mais rien ne sera fait de durable et d’efficace sinon dans le respect de ces principes. Puisse l’accord se faire sur eux, dans l’intérêt de tous.
Il se trouve que j’ai gardé de mes études universitaires un goût prononcé pour le Droit du travail, la vie a décidé d’autres chemins professionnels pour moi, mais je n’aurais pas détesté approfondir le sujet.
Le Droit du travail est sans doute l’expression la plus aboutie de ce qu’on peut appeler une politique sociale, et partant économique.
La France reste bloquée, slogan contre slogan, comme si la liberté s’opposait à la protection, comme si la mobilité s’opposait à la réduction du chômage, etc. Il ne sera pas passé 24 heures que le rapport de Robert Badinter ne soit étrillé par une certaine gauche comme par une certaine droite, qui sont aux abonnés absents de la réflexion politique.
C’est le gouvernement dirigé par le socialiste Elio di Rupo qui a instauré, en Belgique, le contrat de travail unique, il y a trois ans. Dans un pays pourtant ultra-syndicalisé, on n’a vu aucun défilé de masse se lever contre un tel projet, tout simplement parce qu’on s’est rendu compte que le nouveau système profitait au travailleur autant qu’à l’entreprise. En France, c’est tous aux abris dès qu’il s’agit de déverrouiller la machine à produire du chômage…
Un conseil : lisez le bouquin de Badinter et Lyon-Caen, et faites le lire à vos élus ! On peut toujours rêver…

 

L’air du froid ou les rêves d’hiver

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Au début de cette semaine, j’apercevais les premières traces de neige, du TGV traversant la Bourgogne à pleine allure, ce matin je voyais les premières images de la tempête de neige surnommée Jonas (pourquoi ce nom ?) qui s’est abattue sur la côte est des Etats-Unis :

http://www.francetvinfo.fr/meteo/tempete/video-etats-unis-tempete-de-neige-sur-la-cote-est-new-york-au-ralenti_496578.html

Et puis j’ai vu cet après-midi un film magnifique, qui se passe entre les salons du Ritz à New Yorket d’improbables motels de l’Iowa, entre Noël et le Jour de l’an 1953, une histoire d’amour(s) sur fond d’hiver : Carol de Todd Haynes.

Cate Blanchett et Rooney Mara sont parfaites, amoureusement filmées par le cinéaste qui restitue à merveille les atmosphères, les décors, les situations de ces années 50, sans verser dans la reconstitution artificielle. Le personnage de Carol bouleverse parce qu’elle raconte une vie, une histoire, des histoires qui pourraient être les nôtres. Ni univoque, ni manichéen. Belle bande son de Carter Burwell.

Justement, quelles musiques peuvent illustrer, restituer l’hiver, le froid, la neige ? J’en ai déjà évoqué quelques-unes : https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/11/30/musiques-climatiques/

Vivaldi bien sûr, les effets de glace et de givre de l’Hiver des Quatre saisons. Mais plus puissamment encore ce début de l’Hiver des Saisons de Haydn.

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Si on veut écouter le cycle des Saisons de Tchaikovski pour piano, on évitera absolument le dernier disque de Lang Lang, un monument de mauvais goût, et on fera ses délices de la version de Sviatoslav Richter.

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Le ballet éponyme de Glazounov vaut plus qu’une oreille négligente, surtout dans la version colorée d’Ansermet (Decca)

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Un air célèbre, popularisé par Klaus Nomi, « L’air du froid/The Cold song« dont, hors les mélomanes, on avait oublié la provenance, le King Arthur de Purcell. Extrait ici d’un spectacle bien connu des Montpelliérains, la première mise en scène de Gilles et Corinne Bénizio (alias Shirley et Dino) sous la houlette d’Hervé Niquet :

Autre scène d’hiver mythique du cinéma, l’inoubliable Docteur Jivago, incarné par le regretté Omar Sharif, le chef-d’oeuvre de David Lean, et la musique de Maurice Jarre.

Il y a évidemment bien d’autres hivers en musique…mais les frimas ne sont pas terminés !