La découverte de la musique (XI) : Haydn dans les Pyrénées

Je désespérais de retrouver un jour un disque qui a déclenché ma passion pour Haydn et mon admiration pour le chef d’orchestre Antal Dorati. Un disque offert par mes parents – pourquoi celui-ci en particulier ? – un 33 tours écouté pour la première fois dans les Pyrénées !

Mes parents avaient loué, pour la semaine de Noël de 1970, une petite maison, une ancienne bergerie, au lieu-dit Gripp, à quelques kilomètres de la station de La Mongie. Je me rappelle que le confort y était plus que spartiate, qu’un seul malheureux poêle à bois servait de chauffage, et que les toutes petites chambres étaient toujours glacées. Nous avions cependant emporté un électrophone, pour pouvoir écouter comme il se doit cantiques et chants de Noël.

Il y avait un terrain en pente, où nous pûmes nous livrer aux joies de la luge, et mon père essayer de tenir sur des skis…. C’était nos premières (et nos dernières) vacances à la neige.

Plus encore que la symphonie n°94 – qui sera trop associée dans ma mémoire ultérieure aux pitreries de Gerard Hoffnung La musique pour rire – j’ai immédiatement aimé cette majestueuse 103ème symphonie, ce début mystérieux venu des profondeurs de l’orchestre – je n’avais pas encore découvert, et pour cause, les roulements de timbales par lesquels Harnoncourt et quelques autres feront débuter l’oeuvre – cet andante aristocratique, ce menuet qui hésite entre la danse de cour et le Ländler paysan, et ce finale étourdissant.

Des années après, je me suis jeté sur la fameuse intégrale des symphonies réalisée par le même Antal Dorati avec la même Philharmonia Hungarica, espérant retrouver en CD ce vinyle disparu dans les différents déménagements familiaux ou personnels. Vu les dates d’enregistrement, ça ne collait pas.

J’ai espéré de nouveau lorsque Universal a réédité le fonds Mercury Living Presence en trois gros coffrets. Beaucoup de Dorati, un fabuleux trésor… mais nulle part ces symphonies de Haydn.

Et voici que la collection Eloquence réédite en quatre pleins CD les Mozart et les Haydn gravés par Dorati à la fin des années 50 :

Coffret commandé la semaine dernière en Angleterre (on recommande le site prestomusic.com 10 € moins cher que sur le continent !) et reçu ce matin ! Infinie reconnaissance à Cyrus Meher-Homji, infatigable défricheur et réhabilitateur du fonds de catalogue Decca/Philips/DG des années 50 et 60, âme de cette collection Eloquence Australie qui nous restitue ainsi d’inimaginables trésors dans des remasterisations respectueuses des splendides prises de son d’origine.

Il se dit que Wilma Cozart Fine (1927-2009) qui, avec son mari Robert C.Fine, avait dirigé le département classique de Mercury Records, et avait personnellement suivi la réédition en CD de cet héritage exceptionnel, n’avait pas voulu y inclure ces Mozart et Haydn, jugeant que ce n’était pas le répertoire dans lequel on attendait Dorati ! Voici ce qu’en dit aujourd’hui l’éditeur :

Antal Doráti’s complete Haydn and Mozart recordings for Mercury, predating his landmark collection of the Haydn cycle for Decca. In 1966 the Stereo Review critic made a prescient observation: ‘Doráti here establishes himself as a first-rate Haydn conductor.’ There is the passion of advocacy as well as the foundational principles of his Haydn performing style in these early recordings: ‘Only a few of his works were done and were always repeated,’ Doráti remarked in interview. ‘The reason for that, I think, is just human modesty. The taste of a public is modest; they are satisfied with little. But that is why we are here – to show them a wider horizon… Haydn began as a talent and ended up as a genius’. Unlike many of his colleagues, Doráti took pleasure in the process of recording, establishing a happy and concordant working relationship with the husband-and-wife Mercury team of Robert and Wilma Cozart Fine. One of the first fruits of that relationship was a pairing of Mozart’s 40th and Mendelssohn’s 4th symphonies, made in Minneapolis where Doráti was music director and released in 1953 (the ‘Italian’ has been reissued separately by Eloquence, coupled with Doráti’s Schumann and more Mendelssohn, 484 0506). There followed Eine kleine Nachtmusik coupled with the ‘Linz’ in 1956, and a stereo remake of the 40th in 1961. The rarity here is the ‘Mozartiana’ LP from 1967, gathering up the Overture to Lucio Silla with marches and dances, and never previously issued complete on CD. In the meanwhile, Doráti had embarked upon what would be the largest Haydn discography of any conductor with the ‘Farewell’ Symphony, from the same sessions as the stereo remake of Mozart’s 40th. He picked a judicious path through mostly named symphonies (‘Fire’, ‘Surprise’, ‘Military’, ‘Clock’ and ‘Drum Roll’) calculated to appeal to consumers hitherto hardly familiar with the extent of Haydn’s symphonic achievement, conducting the LSO, the Bath Festival Orchestra (‘Festival Chamber Orchestra’) and his own Philharmonia Hungarica. The fire and brilliance of these early recordings sometimes exceeds the later Decca remakes within Doráti’s complete cycle.

Détails de ce coffret :

CD 1 Mozart symphonie n°40 / Minneapolis Symphony (avril 1952)

Les noces de Figaro ouv / Une petite musique de nuit London Symphony (août 1965)

Lucio Silla ouv, Marches K 335, 249, 402, Danses allemandes 603 / Bath Festival (juin 1961)

CD 2 Mozart symphonies 36, 40 / London Symphony (1956, 1961)

Haydn symphonie 59 / Bath festival (août 1965)

CD 3 Haydn symphonies 45, 81 / Bath festival (1961, 1965)

Haydn symphonie 94 / Philharmonia Hungarica (juin 1958)

CD 4 Haydn symphonies 100, 101 / London Symphony (avril 1957)

Haydn symphonie 103 / Philharmonia Hungarica (juin 1958)

Tombe la neige

C’est l’hiver et il neige, quelle surprise ! IMG_4600Il est vrai qu’à Montpellier et dans l’Hérault la neige est rarissime, et que la journée du 28 février 2018 restera dans les annales météorologiques.. et un mauvais souvenir pour quantité d’automobilistes piégés par l’abondance des chutes.

IMG_4602Le Musée Fabre et l’Esplanade habillés de blanc

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Je ne pensais pas retrouver si vite la neige rencontrée sur les sommets alpins (voir Le lac enchanté)

Musicalement, la neige est puissamment évocatrice (Musiques climatiques)

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Le jeune Michael Tilson Thomas dirige l’une des plus belles versions de cette 1ère symphonie de Tchaikovski justement intitulée « Rêves d’hiver »

L’opéra féerique de Rimski-Korsakov, Snegourotchka (La fille des neiges) est admirable de bout en bout, comme on l’a vu à l’Opéra Bastille il y a quelques mois

Un paysan et sa femme se désolent de ne pas avoir d’enfants. Un jour d’hiver, pour se distraire, ils décident de fabriquer un enfant de neige. Celui-ci prend vie : c’est une belle petite fille, qui grandira rapidement, tout en gardant un teint pâle comme la neige : on l’appelle Snégourotchka. Lorsque le printemps arrive, la jeune fille manifeste des signes de langueur. Les autres jeunes filles du village l’invitent à jouer avec elles, et sa mère adoptive la laisse partir à regret. Elles s’amusent et dansent, Snégourotchka restant toujours en arrière, puis l’entraînent à sauter par-dessus un feu de joie : à ce moment, elles entendent un cri, et en se retournant, elles découvrent que leur compagne a disparu. Elles la cherchent partout sans succès : Snégourotchka a fondu, et il n’en est resté qu’un flocon de brume flottant dans l’air.

Mais depuis que j’ai vu ce rare film d’Hans-Jürgen SyberbergLudwig, requiem pour un roi vierge (contemporain et très différent du Ludwig ou le Crépuscule des dieux de Visconticette scène de traversée de la forêt enneigée en traineau est à jamais associée à Wagner et au sublime duo de Tristan et Isolde « O sink hernieder » (ici dans la version mythique de Furtwängler avec Kirsten Flagstad et Ludwig Suthaus)

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Le son de la neige et Karl Böhm

À l’heure où j’écris  ces lignes, il neige de nouveau sur l’Ile de France et ma maison. J’imagine que ce nouvel épisode hivernal va encore faire la une des journaux télévisés (voir Paris centre du monde)

Oserai-je avouer que le spectacle de la neige, et plus encore le son de la neige, me fascinent aujourd’hui autant que lorsque j’étais enfant ? La rumeur de la ville ou des champs, les bruits de la vie comme tamisés par ce manteau immaculé, une atmosphère magique…. Evidemment la magie est moindre quand on doit se déplacer… ou subir les errements de conducteurs en déroute !

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On s’apprête à passer le week-end au chaud en découvrant le beau coffret qu’on avait commandé dès que le spécialiste incontesté du dit chef m’en eut prévenu – je veux parler de Remy Louis – : après trois coffrets plutôt concentrés sur les enregistrements symphoniques,

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Deutsche Grammophon propose un fort pavé consacré à Karl Böhmchef d’opéra.

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On aurait aimé saluer sans réserve cette initiative, mais le titre du coffret est trompeur : il ne s’agit pas de l’intégrale des « vocal recordings » de Karl Böhm, puisqu’il y manque rien moins que le fameux Ring capté à Bayreuth, et une rare Chauve-souris parue sous étiquette Decca avec la Rosalinde la plus lumineuse de la discographie, Gundula Janowitz.

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Mais, tel qu’il est, ce superbe coffret rappelle l’immense chef d’opéra que fut Karl Böhm, ses versions incandescentes de Lulu et Wozzeck, des Mozart certes plus classiques, moins aventureux que ceux de Gardiner ou Harnoncourt, mais jamais anodins ou banals – et quelles distributions ! – et bien sûr de légendaires Richard Strauss dont Böhm fut l’un des plus ardents et fidèles interprètes.

Tous les détails – oeuvres, interprètes -de cet « indispensable » de toute discothèque à voir ici : Karl Böhm chef d’opéra

Paris, centre du monde

Si vous ne vous en étiez pas encore rendu compte, vous savez depuis hier soir que Paris est le centre du monde.

Paris bloqué, Paris coincé, Paris prisonnier, parce que Paris enneigé, Paris en hiver !

La démesure du traitement de l’information météorologique atteint des sommets de… ridicule. Il neige sur le Massif central, dans les Vosges, ou dans les Alpes, le trafic routier, ferroviaire en est touché, personne n’en parle, ce n’est que la province. Mais Paris, la région parisienne….

Les Parisiens découvrent, en février, qu’on est en hiver, que la circulation devient plus compliquée, et c’est un événement mondial. Avec son cortège de « directs », tous ces malheureux naufragés de la route, et même un ancien premier ministre qui twitte de rage sur le retard pris par son TGV. À vrai dire, il est scandaleux que ni le président Macron ni son gouvernement n’aient pris les mesures nécessaires pour détourner la neige de la région parisienne…

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Ces photos ont été prises… il y a exactement 5 ans. Histoire de rappeler aux oublieux que la neige peut tomber en hiver sur la capitale.

Qu’ensuite, on puisse pointer des dysfonctionnements, une mauvaise information, il appartiendra aux responsables de les prendre en considération, de les corriger, mais de grâce qu’on garde un tant soit peu le sens de la mesure dans le traitement de l’information. Voeu pieux je sais !

Un peu de musique pour oublier ces tourments…

Every time I look down on this timeless town
Whether blue or gray be her skies.
Whether loud be her cheers or soft be her tears,
More and more do I realize:
I love Paris in the springtime.
I love Paris in the fall.
I love Paris in the winter when it drizzles,
I love Paris in the summer when it sizzles.
I love Paris every moment,
Every moment of the year.
I love Paris, why, oh why do I love Paris?
Because my love is near. (Cole Porter)
Une dernière photo prise aujourd’hui… à Montpellier (où l’on a aperçu quelques flocons hier soir)
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Namibie I

C’est presque devenu une tradition : s’échapper de Paris pendant l’entre-deux-fêtes et éviter les obligations festives du 31 décembre. En 2012, New York, neige, froid, soleil. Central Park en majesté.

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En 2013 Saint-Petersbourg, les nuits très longues, mais ni Neva gelée, ni couches épaisses de neige sur les avenues et les trottoirs. Ceux qui ont payé à prix d’or une Saint-Sylvestre en blanc se consolent en arpentant le Jardin d’été et ses verts gazons.

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En 2014, un déménagement à organiser de Liège vers la région parisienne. Une activité de plusieurs jours à plein temps !

Ce 26 décembre, après que mes proches ont sacrifié à la tradition (excellente) du déjeuner d’anniversaire, on attend fébrilement de prendre la direction de Roissy. En début de soirée, le terminal E est quasi désert, les touristes sont déjà partis, et les vols d’affaires sont inexistants un samedi soir de période de fêtes. Formalités d’enregistrement et de sécurité aussi légères et rapides que la nouvelle décennie qui s’est abattue sur moi…

Vol sur A 380 pour Johannesburg, classe éco, pont supérieur. Rien à dire, je réussirai même à dormir un peu. Sauf que je trouve toujours l’énorme paquebot volant pas très stable en altitude et en croisière, dès qu’un coup de vent se profile, comme il y en a souvent au-dessus de l’équateur.

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(Sublime survol de Paris au décollage)

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Deux heures et quelque à attendre la correspondance pour Windhoek dans un aéroport de Johannesburg particulièrement bien doté de jolies boutiques.IMG_1568

Et puis un vol d’une ponctualité parfaite sur South African Airways pour la Namibie, l’aéroport de la capitale étant situé sur un plateau à 40 km au sud de la ville, dès que l’avion atterrit, on a immédiatement une idée des paysages qu’on va découvrir.IMG_1570

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Comme au départ, formalités d’arrivée, temps d’attente des bagages, réduits au minimum (et pour qui m’a déjà supporté en voyage ou au restaurant, c’est une donnée importante pour l’agrément du voyage !). Jolie guesthouse dans la zone résidentielle – ça ne s’invente pas – d’Eros de Windhoek. En quête d’un établissement ouvert le dimanche soir pour dîner, on trouvera le moyen de se tromper, confondant l’ancienne et la nouvelle adresse. Pas grave, la chaleur de l’accueil compense la banalité de la carte (poulet et porc cuits ou grillés, et des sauces un peu relevées).

Ce lundi matin direction le Sud-Ouest, le désert, des cirques montagneux, les dunes multicolores, le canyon de Sesriem. On nous a prévenus, pas loin de 6 heures de route, pour l’essentiel sur des pistes. On ne demande que cela. L’aventure commence…

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