99 ans : les deux B

On n’est pas étonné de lire à propos du décès d’Herbert Blomstedt (lire L’autre Herbert) : « c’était le dernier chef nonagénaire en activité, suivi par Zubin Mehta ».

Sans doute la presse dite spécialisée a-t-elle oublié jusqu’au nom de Serge Baudo, né le 16 juillet 1927 (quand Blomstedt était du 11 juillet), le grand chef d’orchestre français toujours bien vivant aux dernières nouvelles !

Pour l’éternité

J’en profite pour saluer ces deux personnalités, même si, dans le cas de Blomstedt, j’ai déjà abondamment commenté sa discographie. Mais je ne peux m’empêcher de repenser au dernier concert qu’il a dirigé à Paris en mai 2025 : L’Orchestre de paris et Herbert Blomstedt pour l’éternité

Je n’ai pas trouvé de captation vidéo de ce concert mais le vieux chef avait donné le même programme à Stockholm. À Alan Gilbert, chef de l’Opéra royal de Stockholm qui assistait à ce concert et qui lui demandait depuis quand il dirigeait la 2e symphonie de Berwald, Blomstedt avait répondu : « Pour la première fois il y a quinze jours » !

Le lien pour voir et écouter ce concert : https://www.konserthuset.se/en/play/herbert-blomstedt-conducts/

La 2e symphonie de Berwald n’est pas un chef-d’oeuvre mais quand un chef de l’envergure de Blomstedt s’en empare cela donne ceci :

Peut alors commencer une œuvre de 1842, créée en 1914, mais entrée au répertoire de l’orchestre de Paris seulement hier soir grâce au chef d’origine suédoise. On entend ce soir la Deuxième Symphonie du compositeur suédois Franz Berwald qu’on ne connaissait que par le disque. Tout au long des trois mouvements de cette symphonie surnommée « capricieuse », on comprendra pourquoi la Suède n’a pas eu de porte-étendard comme ses voisins scandinaves (Nielsen pour le Danemark, Sibelius pour la Finlande ou Grieg pour la Norvège) : c’est de la très jolie musique qui disparaît de la mémoire sitôt écoutée, très ancrée dans le romantisme allemand, une pincée de Mendelssohn, un zeste de Schumann, quelques harmonies du jeune Brahms.

Mais ce qu’en font l’Orchestre de Paris et Blomstedt est proprement stupéfiant : l’« Allegro » initial paraît presque prudent, mais ce n’est que pour mieux laisser s’épanouir des thèmes très brefs, des modulations, des changements d’humeur qui peuvent dérouter l’auditeur habitué aux développements d’un Beethoven. Suit un « Andante » empli de tendresse, qui bénéficie heureusement de la beauté des timbres de l’Orchestre de Paris pour pallier une absence évidente d’inspiration. Le finale, avec son irrésistible rythme de tarentelle, fait évidemment penser à Mendelssohn (deuxième mouvement de la Troisième Symphonie). Ça tourne vite en rond, à chaque fois qu’on croit la conclusion arriver, ça repart pour un tour, mais les musiciens s’y ébrouent avec tellement de grâce et de précision qu’on leur fait un triomphe comme à celui qui les a conduits d’un geste aussi sûr que libre. (Bachtrack @JPR mai 2025)

Pour ce qui est de la probité stylistique, on peut faire une totale confiance à Blomstedt dans le grand répertoire classique et romantique. Ce n’est pas toujours le plus audacieux, mais c’est toujours un parfait connaisseur de la partition et quand il dirige Dresde ou Leipzig, il puise aux meilleures sources.

Mais tout ce qu’on trouve sous divers labels, Berlin Classics, Eterna, Denon, est à écouter. Avec Blomstedt on n’est jamais hors sujet

Ainsi pour l’ultime symphonie de Schubert, leçon de style, leçon de musique.

Serge Baudo (1927-)

On espère, on souhaite qu’au même âge que Blomstedt, le chef français soit toujours en forme. Je retrouve cette interview qui date de 2016.

Je n’ai pas revu Serge Baudo depuis qu’il était venu, à mon invitation, diriger les concerts du 40e anniversaire de l’Orchestre philharmonique de Liège en décembre 2000. Le chef « permanent » de l’orchestre avait claqué la porte au printemps 1999. Entre temps j’avais été nommé directeur général de l’orchestre et nous n’avions pas encore formellement choisi le directeur musical qui allait prendre ses fonctions en septembre 2001, Louis Langrée.

Il nous fallait trouver un chef, d’une envergure certaine, qui accepterait de reprendre l’essentiel du programme donné par l’orchestre pour son concert inaugural en décembre 1960. Serge Baudo accepta notre invitation, et ce fut, à Bruxelles comme à Liège, un grand succès.

Il serait temps que Warner réédite tous les disques réalisés par Baudo pour EMI, comme il serait formidable que Supraphon réédite, même si ce n’est pas la mode chez le label tchèque, un ou des coffrets de tout ce que le chef français a enregistré avec l’orchestre philharmonique tchèque. C’est un legs absolument prodigieux. Avec, au premier plan, une intégrale jamais égalée des symphonies d’Arthur Honegger

Ne pas oublier que Baudo fut, entre autres, le créateur avec Rostropovitch, du chef-d’oeuvre de Dutilleux, Tout un Monde lointain

Cadeau

Il y a des trésors dans les archives de l’ex-Allemagne de l’Est, heureusement réédités sous divers labels, dont Berlin Classics.

Dans ce coffret, la seule version à ma connaissance que Blomstedt a enregistrée de la 8e symphonie de Dvorak et la toujours aussi formidable Staatskapelle de Dresde, captée dans les meilleures conditions.

Et toujours humeurs et réactions dans mes brèves de blog.

Stephen Kovacevich 1940-2026 : souvenirs et hommage

Un soir à Genève

C’est un souvenir que je ne suis pas près d’oublier : en décembre 1986, je fis en même temps la connaissance de Martha Argerich, de sa troisième fille Stéphanie (11 ans à l’époque) et du père de celle-ci, Stephen Kovacevich.

J’avais commencé en septembre à travailler à la Radio suisse romande à Genève, chargé, entre autres, de la production de certains concerts de l’Orchestre de la Suisse romande. En l’occurrence, la saison de concerts de l’OSR était le fruit d’une « coproduction » entre l’orchestre, la Radio et la Ville de Genève, chacun gérant les aspects pratiques de « ses » concerts. C’est ainsi que pour le concert du 19 décembre 1986, il me revint de m’occuper du chef – Okko Kamu* – et du soliste, Stephen Bishop-Kovacevich… qui faisait alors ses débuts avec l’Orchestre de la Suisse romande ! J’étais allé chercher le pianiste à l’aéroport la veille du concert et dans la voiture il me posa d’emblée une colle : où pourrait-il faire nettoyer et repasser son frac ? Je ne me rappelle plus la solution finalement trouvée. Lorsque je l’interrogeai sur sa carrière qui m’impressionnait beaucoup, il m’avoua que c’était la première fois qu’il jouait à Genève alors que, me dit-il, « je viens souvent ici voir ma fille et Martha ». Le soir du concert, il me proposa d’aller dîner « chez Martha » qui habitait un bel hôtel particulier à quelques centaines de mètres du Victoria Hall. C’est ainsi que je rencontrai pour la première fois la pianiste argentine, dans son univers, une sorte de phalanstère, du monde à tous les étages, un joyeux désordre, des pianos et des discussions animées. Lorsque Stephen me présenta à elle, elle me demanda aussitôt : « Vous jouez du piano » ? Je m’entends encore lui faire cette réponse : « À vous je ne dirai jamais que je sais jouer du piano »… La suite avec Martha je l’ai racontée dans plusieurs épisodes de ce blog.

Quant à Stephen Kovacevich, je l’ai entendu par la suite en concert, pas aussi souvent que je l’aurais souhaité, mais plus jamais eu l’occasion de partager un moment plus privé avec lui.

Il me reste, il nous reste un héritage discographique exceptionnel.

Le pianiste oublié

A l’occasion de son 75e anniversaire, Decca avait publié la totalité de ses enregistrements réalisés dans les années 60 et 70 pour Philips (voir le détail sur bestofclassicfr.wordpress.com)

« Il va fêter ses 75 ans le 17 octobre, un an avant celle qui est la mère de leur fille Stéphanie, Martha Argerich. Il s’est appelé Stephen Bishop, puis Bishop-Kovacevich, et enfin Kovacevich (Stephen_Kovacevich).

C’est un formidable, magnifique pianiste, qui n’a jamais eu la célébrité, ni même la notoriété de sa compagne. En quelque sorte, un pianiste pour connaisseurs.

Decca réédite heureusement ce que Stephen Kovacevich a enregistré pour Philips dans les années 60/70. Puisse ce coffret permettre au plus grand nombre de (re)découvrir un artiste vraiment exceptionnel. Ses Beethoven et ses Brahms sont tout simplement des références, éloquence, clarté, virtuosité, il les reprendra, piano seul et concertos, avec presque autant de réussite pour EMI dans les années 90 (cf. ci-dessous).

Depuis toujours, ses Variations Diabelli sont mon disque de chevet pour cette oeuvre.

Mais Mozart, Bartok, Chopin, toute une discographie qui, au fil des ans, était devenue quasiment introuvable, nous sont enfin restitués.

CD1
Beethoven: Diabelli Variations op.120

CD2
Beethoven: Piano Concerto No.1 & Piano Sonata, op.10/1
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD3
Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 4
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis<
br> CD4
Beethoven: Piano Concerto No.3 & Piano Sonata, op.13 “Pathétique” BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD5
Beethoven: Piano Concerto No. 5 BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD6
Beethoven: Piano Sonatas opp.101 & 109

CD7
Beethoven: Piano Sonatas opp.110 & 111

CD8
Beethoven: Piano Sonatas op.31/2 & 3

CD9
Beethoven: Bagatelles op.33, 119, 126

CD10
Chopin: Polonaise No.7, Impromptu No.3, Mazurka No.39, etc.

CD11
Dvořák: Piano Quintet op.81 & String Quintet op.97

Mozart: Kegelstadt Trio*
Members of the Berlin Philharmonic Octet
* With Jack Brymer and Patrick Ireland

CD12
Brahms: Piano Concerto No.1 London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD13
Brahms: Piano Concerto No. 2 London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD14
Brahms: Scherzo in E Flat Minor op.4, 4 Ballades op. 10, 8 Klavierstücke op.76

CD15
Brahms: Klavierstücke Op. 116, 117 & 119

CD16
Brahms: Variations and Fugue on a Theme by Handel op.24, Klavierstücke op. 117 & 119 [Analogue]

CD17
Brahms: 16 Waltzes, Op.39, 2 Rhapsodies, Op.79, Klavierstücke op.118

CD18
Mozart: Piano Concertos Nos. 21 & 25
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD19
Mozart: Piano Concertos Nos. 20 & 23
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD20
Grieg & Schumann: Piano Concertos
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD21
Bartók: Mikrokosmos Nook 6* / Out of Doors / Sonatina [*first international CD release]

CD22
Stravinsky: Concerto for piano and wind
Bartók: Piano Concerto No. 2
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD23
Bennett: Piano Concerto No. 1 & Jazz Calendar
London Symphony Orchestra, Sir Alexander Gibson

CD24
Bartók: Piano Concertos Nos.1 & 3
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD25
*Bartók: Sonata for 2 Pianos and Percussion
Andante and Five Variations for Piano duet in G, K.501
Debussy: En blanc et noir
With Martha Argerich,
*With Martha Argerich, Willy Goudswaard and Michael De Roo » (13 septembre 2015)

Le duo

Tout comme le duo que Martha Argerich forma longtemps avec Nelson Freire au concert et au disque, il faut chérir les plus rares occasions où Martha Argerich et Stephen Kovacevich se retrouvaient pour des moments d’une poésie infinie.

Ici il y a dix ans à la Philharmonie de Paris

Plus tard pour EMI, il enregistra le corpus des sonates et des bagatelles de Beethoven, les concertos de Brahms à nouveau avec Wolfgang Sawallisch, et les Valses de Chopin qui lui donnèrent, paraît-il, beaucoup de mal, parce que le compositeur lui « résistait » !

Je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir manqué le tout dernier concert que Stephen Kovacevich donna en France – c’était à quelques kilomètres de chez moi, dans les écuries de Chantilly, en avril 2026 – Ces images si tendres de ce duo avec Martha Argerich ne cessent de me bouleverser. Hommage !

Trois A du piano : Anda, Ashkenazy, Ax

Ça me prend à intervalles réguliers de revisiter ma discothèque, pour parfois y retrouver des versions oubliées, ou au contraire revenir à des artistes qui me sont chers et que j’ai un temps délaissés. J’ai donc commencé par la lettre A…

Géza Anda (1921-1976)

Ce pianiste né hongrois naturalisé suisse l’année de ma naissance, que je ne connais que par le disque, tient une place particulière dans mon panthéon personnel. Plusieurs occurrences sur ce blog en témoignent. J’ai bien entendu tous ses enregistrements officiels, mais je préfère le plus souvent ses « live », parce qu’il y a dans son jeu, dans son énergie, dans sa poésie, ce quelque chose que le studio restreint chez de telles personnalités

Du 2e concerto de Brahms, il a laissé à chaque fois des versions proches de l’idéal, puissantes, libres comme cette Hongrie qui fascinait tant le natif de Hambourg.

Géza Anda n’a jamais enregistré le 1er en studio. Il y a un « live » passionnant avec Jochum à Amsterdam, malgré un début inhabituellement chaotique pour le Concertgebouw…

Je chéris entre toutes ses Etudes op.25 de Chopin captées à Ascona (Suisse italienne) en 1965. J’ai malheureusement perdu le CD trouvé jadis dans une boîte à disques bon marché.

Je n’ai jamais plus entendu vision, version, plus poétique, en particulier dans la première étude de l’opus 25.

Et puis il y a des disques mythiques qui, comment dire, n’ont pas forcément bien vieilli. Comme de double concerto de Mozart enregistré l’année du bicentenaire de la naissance du compositeur, et il faut bien le dire plombé par la direction poussive et bien peu alerte d’Alceo Galliera. Même nos deux pianistes ont l’air de s’ennuyer..

Si l’on veut retrouver l’immense mozartien que fut Geza Anda, c’est vers cette intégrale des concertos qu’on peut revenir avec toujours le même émerveillement.

Vladimir Ashkenazy

Bientôt nonagnénaire, le pianiste russe naturalisé islandais n’a cessé de m’intriguer. Je me suis un peu forcé à parcourir ce coffret paru il y a quelques années, qui a l’avantage de célébrer Vladimir Ashkenazy comme pianiste et comme chef d’orchestre.

J’ai beau chercher je ne trouve aucun de ses disques en soliste passionnant ou particulièrement remarquable, dans Beethoven, Chopin ou Schumann, c’est un peu mieux dans Prokofiev, Rachmaninov ou Scriabine.

Même ce disque présenté comme « légendaire » me paraît très en-deçà de ce que j’attends, j’entends, dans Rachmaninov. Le début du 3e concerto est d’un ennui abyssal.

En revanche, Ashkenazy chef d’orchestre est autrement plus intéressant, séduisant même, surtout quand il a peur partenaires le Concertgebouw d’Amsterdam ou Cleveland.

Ou qu’il accompagne son ami de toujours, le merveilleux Boris Belkin, dans Sibelius, Prokofiev, Chostakovitch ou Tchaikovski…

Emanuel Ax

Le pianiste américain n’est pas rare à Paris, mais il n’a pas ce statut de star que sa longue et belle carrière et son talent pourraient lui octroyer. Mais il est comme ça, modeste, presque timide, toujours chaleureux.

J’ai repris ce coffret de ses premiers enregistrements pour RCA.

C’est un piano toujours bien sonnant, stylistiquement toujours juste, qui ne bouleverse certes pas la discographie de chacune des oeuvres abordées, mais qui mérite l’écoute et la réécoute

Il y a une affiche qui gagne haut la main le prix de la brièveté, quand le duo Ax-Ma se produit !

Cadeau

Ce n’est pas l’oeuvre la plus connue de Rachmaninov, c’est même sa toute première oeuvre, son Scherzo en ré mineur.

Dans mes brèves de blog humeurs et rumeurs du moment !

Dans ma boîte aux lettres : Haitink, Demus, van Barentzen

Les compléments Haitink

Le grand chef hollandais Bernard Haitink, disparu il y a cinq ans, a déjà bénéficié de magnifiques rééditions de sa discographie, d’abord avec le Concertgebouw d’Amsterdam, puis au printemps dernier avec l’orchestre philharmonique de Londres. Restait à rassembler les enregistrements réalisés à Berlin, Vienne ou Boston, où le chef était régulièrement invité.

31 CD

Mahler Symphonies Nos. 1-7; Symphony No. 9; Symphony No. 10; Lieder eines fahrenden Gesellen (BPO)
Poulenc Organ Concerto (Thomas Hurford)
Mark-Anthony Turnage Some Days (orch.jeunes Communauté européenne)
Schumann Cello Concerto, Op. 129; Adagio & Allegro, Op. 70; Fantasiestücke, Op. 73; 5 Stücke im Volkston, Op. 102 (Heinrich Schiff)
Stravinsky The Firebird; Scherzo à la russe; Petrushka; Scènes de ballet; Le Sacre du Printemps; Pulcinella (BPO) Violin Concerto (David Oistrakh, orch. Lamoureux)
Beethoven Fidelio (Norman, Dresde)
Berlioz Symphonie fantastique (VPO)
Brahms Symphonies Nos. 1-4; Tragic Overture, Op. 81 (Butry sur Oise) Piano Concerto No. 2 (Ashkenazy VPO) Ein deutsches Requiem, Op. 45; Schicksalslied, Op. 54, Nänie; Alt-Rhapsodie; Haydn Variations (VPO)
Bruckner Symphony No. 3; Symphony No. 4; Symphony No. 5; Symphony No. 8; Te Deum (VPO)
Ravel Daphnis et Chloé; La Valse; Rapsodie espagnole; Menuet antique; Ma mère l’oye; Boléro; Alborada del gracioso; Le Tombeau de Couperin; Valses nobles et sentimentales (BSO)

BPO : orchestre philharmonique de Berlin / VPO : orchestre philharmonique de Vienne / Butry sur Oise : orchestre symphonique de Boston)

Très peu de redécouvertes, mais quelques surprises, comme une symphonie fantastique plus poétique que frénétique, tout un ensemble Ravel qui bénéficie de la tradition bostonienne forgée par Munch et Ozawa.

Pour Mahler et Bruckner, la comparaison entre les captations réalisées à Amsterdam, puis plus récemment à Munich avec l’orchestre de la radio bavaroise, n’est pas sans intérêt, même si les permanences de l’art du chef – lisibilité, fluidité, plus que monumentalité – se coulent dans les spécificités sonores des Berlinois ou des Viennois.

Le piano d’Aline van Barentzen

J’avais jadis un ou deux disques de la collection économique Trianon chez EMI, des sonates de Beethoven entre autres, d’Aline van Barentzen (1897-1981) dont ma professeure de piano au conservatoire de Poitiers avait été l’élève au conservatoire de Paris. Je désespèrais de jamais retrouver cela en CD, jusqu’à ce que je découvre au début de l’été un coffret publié par Meloclassic, 9 CD remplis de pépites

Comment se fait-il que cette artiste ait une discographie aussi mince, en dehors de ces heureuses captations de concert ?

On ne m’en voudra pas d’aller rechercher – de retour du Brésil – ces précieux témoignages de la collaboration entre le plus grand compositeur brésilien du XXe siècle, Heitor Villa-Lobos, et la pianiste franco-américaine.

Warner serait bien inspiré de rééditer au moins les quelques enregistrements réalisés pour La Voix de son Maître, ses Beethoven en particulier !

Jörg Demus chez Schumann

Lorsqu’il est mort en 2019, j’avais fait un portrait très personnel de Jörg Demus : Le piano poète. Encore un artiste dont la discographie est dispersée ô combien! Dans la même collection Meloclassic, j’ai repéré un double album pour l’essentiel consacré à Schumann et à des prises de concert réalisées à Dresde.

Et toujours dans mes brèves de blog, les grands bonheurs et les petits malheurs de ces derniers jours.

Suisse toujours

Ceux qui me lisent et me suivent depuis longtemps savent que j’ai des origines suisses (lire L’été 69) et que le 1er août est le jour de la fête nationale suisse !

On trouvera sur ce blog de multiples occurrences qui évoquent le pays de mes ancêtres maternels, où j’ai travaillé (Baptême de radio) mais jamais vécu, en dehors de vacances d’été en famille (Le complexe suisse).

En ce 1er août, je propose un voyage quelque peu exotique en terres musicales helvétiques avec un compositeur qui mérite mieux que l’ignorance dans laquelle il est tenu en dehors de sa Suisse natale : Fritz Brun – 1879-1959 -(prononcer « Broune »). J’ai découvert, grâce à mon cousin Joseph Zemp (il y a beaucoup de Joseph dans la famille Zemp !) – auteur d’un blog en français toujours richement documenté -, que le compositeur était natif de la même vallée d’Entlebuch que ma famille.

À Entlebuch devant le buste de mon ancêtre, Joseph Zemp (1834-1908), conseiller fédéral et président de la Confédération helvétique.

J’invite à lire l’article passionnant que mon cousin a consacré à Fritz Brun sur ResMusica : Le symphoniste suisse à mi-chemin entre Bruckner et Mahler

Encore un mot du chef d’orchestre suisse Adriano, né en 1944, connu par son seul prénom, que je n’ai jamais vu diriger en concert mais qui a beaucoup servi ses compatriotes, enregistrant par exemple les musiques de films d’Honegger.

PS Puisque j’ai posté en tête de cet article cette photo de joueurs de cor des Alpes, je rappelle cet article du 3 août 2015 Le son du cor au fond de Brahms, qui évoque l’origine du fameux solo de cor du dernier mouvement de la 1e symphonie de Brahms…

Toujours mes brèves de blog à découvrir au fil de l’été !

Les Allemands contraires

J’ai raconté dans une de mes récentes brèves de blog (Apprentis chefs) ma participation au jury parisien de présélection des candidats au concours international de chefs d’orchestre qu’organise mon ami George Pehlivanian. Première salve vendredi dernier, et seconde hier après-midi toujours dans une salle de l’Ecole normale de Musique de Paris, avec des températures qu’on peut imaginer. J’avais déjà noté la formidable qualité des deux pianistes, David et Manuel, qui ont dû jouer pas loin d’une trentaine de fois des extraits de la 1e symphonie de Brahms dans sa version à deux pianos, et répondre aux indications de ceux qui sur le podium devaient se représenter tout un orchestre devant eux. Avec des bonheurs très variés !

Ce n’est qu’hier qu’ils m’ont signalé constituer le Geister Duo, dont j’avais évidemment entendu parler, mais jamais rencontré.. d’aussi près et d’aussi bien !

Les frères sérieux ou les anti-Labèque

C’est au cours d’une brève pause, justement à propos de Brahms, que j’ai évoqué avec David et Manuel un coffret reçu il y a quelques jours, et dont j’ai commencé par écouter les Danses hongroises... de Brahms.

Alois et Alfons Kontarsky ont longtemps été le seul duo pianistique du label jaune. Et cette réédition est intéressante, ne serait-ce que pour la partie d’oeuvres contemporaines dont ils ont été les créateurs et/ou dédicatoires. Mais dans le répertoire classique, mon Dieu que c’est raide et sérieux !

Je sais maintenant pourquoi je n’ai jamais eu dans ma discothèque leur version des Danses hongroises de Brahms !

Nul besoin d’être un expert ou un critique pour comparer avec deux autres versions françaises.

A propos de ce formidable duo, lire Les années Béroff.

Le centenaire Tennstedt

C’est Christian Merlin qui pour France Musique a le mieux cerné la personnalité d’un chef allemand – Klaus Tennstedt (1926-1998)- dont Warner célèbre le centenaire de la naissance par un coffret qui regroupe les enregistrements de studio.

« L’Allemand Klaus Tennstedt (1926-1998) fut une figure très singulière d’anti-maestro, hypersensible et complexé, qui serait resté un obscur second, relégué dans la province est-allemande, si les Etats-Unis et l’Angleterre n’avaient fait de lui une star, dont l’émotion était l’alpha et l’oméga »

« A Londres, les musiciens et le public l’adulent littéralement, aimant son approche émotionnelle de la musique. Mais ce grand fumeur et buveur, doublé d’un angoissé chronique, ne se ménage pas, et le paie en 1985 d’un cancer de la gorge dont il se remet, avant de connaître toute sorte d’autres déboires de santé qui l’éloigneront progressivement de la scène » (Christian Merlin, France Musique)

Plus qu’aucun autre sans doute, c’est le concert, le « live » qui révèle le talent de ce chef.



Il y a quelques belles surprises dans ce coffret Warner – outre une intégrale Mahler déjà multi-rééditée – comme cette 8e symphonie de Bruckner que je ne connaissais pas.



Je recommande aussi chaleureusement ce coffret publié il y a une dizaine d’années :

Music forever

Bouquet d’hommages

Preuve s’il en était besoin de la place qu’occupe Felicity Lott dans nos coeurs et nos mémoires, j’ai rarement lu autant d’hommages personnels, sensibles, chaleureux à la cantatrice disparue ce 15 mai.

Ici même je rappelais les articles que je lui ai consacrés, le plus récent – Les bonheurs de Felicity Lott -, le plus ancien sur ce blog, le 30 octobre 2014 – Voisine – et celui du 23 février 2020 – Dame Felicity – à la suite de son récital à l’Athénée, la dernière fois que je l’ai entendue en concert.

Pour ceux qui l’ont aimée, et qui l’aiment toujours, comme pour ceux qui ne la connaissaient pas bien, cette interview que je viens de retrouver sur YouTube, qui date justement de février 2020, nous restitue la Felicity Lott telle que nous l’avons connue, telle qu’en elle-même elle a définitivement conquis nos coeurs.

Sa petite remarque sur la manière de l’appeler m’amuse et me conforte dans le minuscule combat que je mène et qui n’a aucune espèce d’importance : quand Arnaud Laporte lui demande comment on doit utiliser le « Dame » qu’elle portait devant son nom depuis qu’elle avait été anoblie par la reine. Elle répond : « Dame Felicity »… et surtout pas « Dame Lott ». Il en va de même avec l’équivalent masculin comme je le rappelle dans chacun de ces articles (Les planètes de Sir Adrian, Le centenaire de Sir Charles, Les bons choeurs de Sir Roger). Mais, en France, on continue de voir sur les programmes de concerts : le concert de l’Orchestre symphonique de Londres sera dirigé par Sir Simon Rattle…

Barenboim bis

Warner continue à récapituler le legs discographique, qui n’est pas mince, de Daniel Barenboim chef d’orchestre. Après ses années à l’Orchestre de Paris (lire Mon premier Barenboim), un coffret reprend les enregistrements réalisés à Chicago, qu’on avait, à vrai dire, soit négligés soit peu remarqués.

Tout n’est pas de première importance, mais on retrouve avec plaisir une séduisante intégrale des symphonies de Brahms.

En revanche, quelle raideur dans ce Tricorne bien sérieux !

Belle découverte que cette Nuit transfigurée de Schoenberg que je ne connaissais pas – et ces cordes de Chicago ! –

On ne se privera pas d’écouter cette version plutôt exotique de la Marseillaise…

Bain de jouvence

Quelle vraiment bonne idée – elles sont rares en ce moment chez les « majors » ! – que cette nouvelle intégrale des symphonies de Martinů proposée par Jakub Hrůša à la tête de son orchestre de Bamberg.

A ajouter dans ma discothèque aux versions de Neeme Järvi (aussi avec Bamberg !), Václav Neumann (avec l’orchestre philharmonique tchèque) et Jiří Bělohlávek (avec le BBC Symphony), et à bon nombre de versions éparses (Karel Ančerl, Walter Weller, Martin Turnovský, Charles Munch et Wolfgang Sawallisch pour la 6e symphonie)

Et toujours humeurs du moment dans mes brèves de blog

Désuétude

Je n’ai pas été le dernier, naguère, à regretter que le concert classique d’orchestre soit toujours aligné sur le même modèle : ouverture – concerto – symphonie (cf. nombre d’articles sur ce blog). J’ai finalement été entendu au-delà de mes voeux : il n’y a pratiquement plus aucun concert d’orchestre qui pratique ce schéma, L’ouverture, sauf si c’est une pièce contemporaine un peu obligée, a disparu des programmes depuis une bonne dizaine d’années.

Privés d’entrée

J’ai souvent comparé le programme d’un concert à un menu. Comme il y a, chez les bons chefs, un art de composer un menu entre entrée, plat(s) et dessert, il y a, pour les programmateurs et les musiciens un art de composer un programme de concert. C’était le cas, par exemple, pour un récital de Nelson Goerner dont j’ai rendu compte pour Bachtrack : le programme était très séduisant sur le papier, moins convaincant dans sa réalisation.

Mais en matière d’orchestre c’est ceinture. Plus la moindre petite ouverture, Rossini, Weber, Mozart, au placard ! Alors que, de l’aveu même de tous les chefs d’autrefois, c’était le meilleur exercice qui soit pour un chef de prendre le pouls de l’orchestre, et pour celui-ci de démontrer sa cohésion, son image sonore. Il y a parfois quelques exceptions qui maintiennent cette tradition, comme ici le grand Riccardo Muti lors de l’Europakonzert du 1er mai 2025 de l’orchestre philharmonique de Berlin !

Passés de mode

En matière de disques, c’est plus flagrant encore. Lorsque les plus grands chefs mettaient un point d’honneur à montrer leur orchestre sous leur jour le plus virtuose et le plus brillant, avec des disques d’ouvertures de Mozart, Rossini, Verdi, Weber, voire Beethoven, c’est la disette totale depuis une bonne trentaine d’années.

Ne reste plus qu’à rechercher dans sa discothèque ces concentrés de musique, qui ne préludent pas nécessairement à un ouvrage lyrique, qui sont de petits poèmes symphoniques en soi.

Igor Markevitch a gravé quelques ouvertures avec un orchestre Lamoureux gorgé de couleurs françaises au tournant des années 60

Leopold Stokowski nonagénaire donne une formidable dimension épique à l’Ouverture tragique de Brahms trop souvent immobile sous d’autres baguettes

Quant à Carlo Maria Giulini il a signé le plus beau disque d’ouvertures de Rossini de toute la discographie. Incontournable, incomparable !

Tout aussi indispensables les gravures de Georg Solti des ouvertures de Wagner !

Dans mes brèves de blog, ce ne sont pas les bonnes nouvelles qui dominent, mais on retiendra cette exhortation de Felicity Lott : « Ne soyez pas tristes ! »

Dispensables

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » ! Tout le monde connaît la célèbre citation extraite du Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Sur ce blog, l’éloge flatteur a très nettement l’avantage sur le blâme, je fais la part belle à l’indispensable. Alors pour une fois faisons exception avec quelques déceptions, des parutions ou des manifestations qui ne me paraissent pas pertinentes, donc tout à fait dispensables !

On sait l’admiration que j’ai pour Cyrus Meher-Homji, l’infatigable animateur de la branche australienne d’Universal et surtout redécouvreur des trésors des labels Philips, Decca, Deutsche Grammophon et associés.

Je regrette toujours le prix payé en France pour ces rééditions de grande qualité, mais dont les coûts sont amortis depuis longtemps.

C’est dire si j’étais impatient de découvrir ce dernier coffret du jeune Lorin Maazel – le chef américain disparu le 13 juillet 2014 ayant été l’objet de multiples articles sur ce blog, au fur et à mesure des rééditions d’une discographie abondante.

C’est dire aussi la déception à l’écoute notamment de ce qui forme l’essentiel de ce coffret : de Bach les concertos brandebourgeois, les quatre « suites » pour orchestre, l’Oratorio de Pâques et la Messe en si.

Sans tomber dans la caricature, en dehors de l’alternance vif-lent parfois exacerbée, ces Bach sont d’une raideur obsolète malgré une distribution séduisante (Teresa Stich-Randall, Anna Reynolds, Ernst Haefliger, John Shirley-Quirk).

Les quatre symphonies – 38 à 41 – de Mozart sont tout aussi dispensables.

Seul le duo inattendu Evelyn Lear / Christa Ludwig sauve un Stabat mater de Pergolese hors sujet.

Le reste du coffret est déjà bien connu, parce que déjà publié dans le coffret DG, et lui fait partie des indispensables avec la Symphonie de Franck, la suite de L’Oiseau de feu et le Chant du rossignol de Stravinsky, et surtout d’admirables Falla (L’amour sorcier, Le Tricorne)

Quand je feuillette le dernier numéro de Diapason (mais les précédents n’étaient guère mieux fournis) et que je vois la part des critiques consacrées aux nouvelles parutions discographiques, je ne peux que constater une sorte d’inéluctable raréfaction dans ce qu’il est convenu d’appeler le grand répertoire, au profit de quelques découvertes dans des répertoires dits « de niche ».

Il y a des engouements que je ne partage pas, des disques dont je me demande quelle est la valeur ajoutée à une discographie pléthorique – comme la floraison de Variations Goldberg, le dernier tube à la mode ? –

Mais pour ne pas terminer sur une note pessimiste, quelques-unes de mes récentes « bonnes affaires » et des réussites à saluer :

Justement pour les Variations Goldberg, quelle extraordinaire idée que celle qu’ont eue Thibaut Garcia et Antoine Morinière de cette véritable recréation pour deux guitares !

Cette critique dans le BBC Music Magazine : « Angioloni delivers a compelling, energetic account of a score that should be better known »

D’un pianiste qui se fait trop discret, ce disque de sonates de Beethoven (2, 9, 14 et 31) que je n’avais pas repéré à sa sortie

Et cela juste une petite réparation, des disques perdus au cours d’un déménagement et que j’avais le plus grand mal à retrouver même d’occasion à des prix raisonnables. Hier au cours d’une visite chez Gibert, je tombe directement sur ce coffret si précieux des symphonies de Brahms enregistrées par le grand Kurt Sanderling à Dresde !

Et toujours humeurs et bonheurs sur mes brèves de blog

José Van Dam (1940-2026)

On apprend aujourd’hui la disparition, le 17 février, d’un géant du chant José Van Dam.

L’ami Nicolas Blanmont lui consacre, sur le site de la RTBF, un article extrêmement complet et documenté auquel je ne peux que renvoyer, puisque tout y est dit, de la formation, de la carrière incroyable de José Van Dam et de sa place éminente dans le club très fermé des plus grands chanteurs du XXe siècle.

Le simple examen de ses rôles à l’opéra, sous les baguettes les plus fameuses, le relevé de sa discographie, donnent le vertige. Je me rappelle ces Grands entretiens réalisés par France Musique en 2019 avec le grand baryton belge et, par exemple, ce qu’il disait de sa longue collaboration avec Karajan : « Il était rigoureux, exigeant… C’est le ‘grand’ chef avec lequel j’ai eu le plus de plaisir à chanter. »

Dans ma mémoire, se mêlent des souvenirs – finalement pas si fréquents – de José Van Dam sur scène .Deux, très forts, me reviennent à l’instant d’écrire ces lignes.

Don Carlos au Châtelet

A l’opéra, il y a assez peu de spectacles dont je puisse dire qu’ils approchent la perfection; Ce Don Carlos de 1996 en faisait partie.

Pelléas et Melisande à Genève

« En février 2000, c’est à Genève, au Grand Théâtre (puis au Victoria Hall) que je retrouve Langrée. Il dirige son premier Pelléas, avec une équipe de rêve, une Mélisande de 20 ans, Alexia Cousin, Simon Keenlyside, José van Dam, Patrice Caurier et Moshé Leiser à la manœuvre » (Lire Portrait d’ami).

Jamais un Golaud ne m’a bouleversé à ce point. José Van Dam est pour toujours « mon » Golaud.

Et cette présence si remarquable, ce timbre, cette diction uniques, on les retrouve à leur acmé dans tant d’enregistrements que je vais redécouvrir dans une discothèque proprement vertigineuse !

Bach : Magnificat / Messe en si (Corboz) Erato

Beethoven : Fidelio (Karajan) EMI / Missa solemnis (Karajan) DG

Beethoven : 9e symphonie (Karajan x 2) DG

Berg : Wozzeck (Levine) Met

Berlioz : L’enfance du Christ (Gardiner) Erato

Berlioz : La damnation de Faust (Levine) Munich / (Nagano) EMI

Berlioz : Roméo et Juliette (Ozawa) DG

Bizet : Carmen (Karajan) DG / (Solti) Decca

Bizet : La jolie fille de Perth (Plasson) EMI

Brahms : Un requiem allemand (Karajan) DG-EMI

Bruckner : Te Deum (Karajan) DG

Debussy : Pelleas et Mélisande (Abbado) DG / (Karajan) EMI / (Levine) Met

Debussy : Rodrigue et Chimène (Nagano) EMI

Delibes : Lakmé (Plasson) EMI

Duruflé : Requiem (Corboz) Erato

Enesco : Oedipe (Plasson) EMI

Fauré : Pénélope (Dutoit) EMI

Fauré : Requiem (Plasson) EMI

Gluck : Iphigenie en Aulide (Gardiner) Decca

Gluck : Iphigenie en Tauride (Gardiner) Erato

Gounod : Faust (Plasson) EMI

Gounod : Mireille (Plasson) EMI

Gounod : Mors et vita (Plasson) EMI

Gounod : Roméo et Juliette (Plasson) EMI

Hahn : Ciboulette (Diederich) EMI

Haydn : Die Schöpfung (Karajan) DG

Ibert : Don Quichotte (Nagano) EMI

Magnard : Guercoeur (Plasson) EMI

Mahler : Symphonie n°8 (Bernstein) DG

Martin : Monologues de Jedermann (Nagano) Erato

Massenet : Hérodiade (Plasson) EMI

Massenet : Manon (Pappano (EMI)

Mozart: Cosi fan tutte (Muti) EMI

Mozart : la Flûte enchantée (Karajan) DG / (Levine) Sony / (Marriner) Philips

Mozart : Don Giovanni (Maazel) Sony /

Mozart : Les noces de Figaro (Karajan) DG

Mozart : Requiem (Karajan) DG

Offenbach : Les contes d’Hoffmann (Nagano) EMI/ (Cambreling) EMI

Poulenc / Chansons gaillardes (Collard) EMI

Puccini / Gianni Schicchi (Pappano) EMI

Ravel : Don Quichotte à Dulcinée , Mélodies populaires grecques (Boulez) Sony

Ravel : L’enfant et les sortilèges (Rattle) EMI

Ravel : L’heure espagnole (Maazel) DG

Roussel : Evocations, Padmâvâti (Plasson) EMI

Saint-Saëns : Mélodies (Collard) EMI

Richard Strauss : Die Frau ohne Schatten (Solti) Decca

Richard Strauss : Salomé (Karajan) EMI

Verdi : Aida (Karajan) EMI

Verdi : Don Carlo (Karajan) EMI

Verdi: Don Carlos (Pappano) EMI

Verdi : Falstaff (Solti) Decca

Verdi : Otello (Karajan) EMI

Verdi : Requiem (Karajan) DG / (Solti) RCA

Verdi : Simon Boccanegra (Abbado) DG

Verdi : Un bal masqué (Barbirolli) EMI

Wagner : Le Vaisseau fantôme (Karajan) EMI

Wagner : Les Maîtres Chanteurs (Solti) Decca

Wagner : Parsifal (Karajan) DG

Cette discographie est loin d’être exhaustive !

Il y a quelques années Erato avait publié un magnifique coffret de 10 CD dans la série Autograph

C’est à l’évidence l’un des portraits les plus fidèles de l’art et de la carrière du baryton disparu, avec plusieurs raretés, notamment les magnifiques Monologues de Jedermann de Frank Martin, de larges extraits des deux enregistrements de Salomé auxquels José Van Dam a participé, celui très célèbre de Karajan, et l’autre beaucoup moins de Kent Nagano à l’opéra de Lyon.. dans la version française de l’opéra de Richard Strauss. De la même manière José Van Dam est magnifique dans le Don Carlo (Karajan) comme dans le Don Carlos de Verdi (Pappano). Un joli bouquet de mélodies de Saint-Saëns, Ravel, Poulenc, Ropartz et Berlioz (Les nuits d’été notamment avec Jean-Philippe Collard)

J »évoquerai certainement sur mes prochaines brèves de blog les hommages qui viendront en nombre saluer José Van Dam.