Laredo vous allez l’adorer

Prononcés à la française, c’est un prénom et un nom qui signent un destin : Jaime Laredo !

Avec un tel patronyme, il était inimaginable que celui qui a fêté son 80ème anniversaire le 7 juin dernier n’embrassât pas une carrière musicale ! Sony le célèbre en publiant un coffret de 22 CD (pochettes originales)

Ce nom ne m’est pas inconnu, loin s’en faut, mais sans doute n’aurais-je pas regardé de plus près sa biographie sans ce coffret. J’ai souvent vu son nom sur des disques de musique de chambre, mais toujours en retrait de stars comme Isaac Stern, Rudolf Serkin ou Yo Yo Ma.

Le pedigree de Jaime Laredo ne laisse pourtant pas d’impressionner: né le 7 juin 1941 à Cochabamba en Bolivie, le jeune violoniste s’installe aux Etats-Unis dès 1948, pour se former auprès de prestigieux aînés, Joseph Gingold puis Ivan Galamian au Curtis Institute de Philadelphie.

À 17 ans, il remporte le premier prix du Concours Reine Elisabeth (photo ci-dessous)

Distinction qui lance sa carrière internationale, une carrière qui restera tout de même largement circonscrite au continent américain. Pédagogue recherché, chef d’orchestre, Jaime Laredo restera comme un admirable chambriste, pilier du festival de Marlboro, comme en témoigne abondamment sa discographie et ce coffret en particulier.

Portrait d’un musicien bien vivant et qu’on redécouvre avec beaucoup de bonheur :

Détails du coffret :

CD 1 Un disque « carte de visite » enregistré dans la foulée de son succès au concours Reine Elisabeth (Vivaldi, Wieniawski, Paganini, Debussy…)

CD 2 Brahms : Sonate pour violon et piano n°3 / Bach Partita n°3

CD 3 Bruch : Concerto pour violon n°1 / Mozart conc vl 3 (National Symphony, Howard Mitchell)

CD 4 Mendelssohn : conc vl / Bach conc vl 1041 (Boston Symphony, Charles Munch)

CD 5 Beethoven : Triple concerto (Rudolf Serkin, Leslie Parnas, Marlboro Festival, Alexander Schneider)

CD 6 Mendelssohn : Octuor (Marlboro ensemble) / Mozart Concertone 2 vl (Michael Tree, Marlboro Festival, Alexander Schneider)

CD 7 Schubert : Quintette La truite (Serkin, Laredo, Naegele, Parnas, Levine) / Mozart : Trio K 502 (Serkin, Laredo, Foley)

CD 8 Ravel : Trio (Ruth Laredo* piano, Solow), Sonate vl vlc (Parnas)

CD 9-10 : Bach sonates vl clav (Glenn Gould)

CD 11 Mendelssohn : Quintettes (Laredo, Kavafian, Ohyama, Kashkashian, Robinson)

CD 12-13 Brahms : Quatuors avec piano (Ax, Stern, Laredo, Ma)

CD 14 Schoenberg : Sérénade (Marlboro ensemble)

CD 15 Mozart : Symph conc / Concertone (Lin, Laredo, Leppard, English chamber orchestra) / Saint-George Symph conc (Laredo, Fried, Freeman, London symphony)

CD 16 Fauré : Quatuors piano (Ax, Stern, Laredo, Ma)

CD 17-18 Brahms : Sextuors (Stern, Lin, Laredo, Tree, Ma, Robinson)

CD 19 Beethoven : Quatuor p op 16 / Schumann : Quatuor p (Ax, Stern, Laredo, Ma)

CD 20 Schubert : Quintette / Boccherini : Quintette op 11/5 (Stern, Lin, Laredo, Ma, Robinson)

CD 21 Mozart ; Quatuors p (Ax, Stern, Laredo, Ma)

CD 22 Dvorak : Quatuor p op 87 (Ax, Stern, Laredo, Ma) / Korngold : Suite 2 vl vlc piano main gauche (Fleisher, Silverstein, Laredo, Ma)

*Ruth Meckler (1937-2005) avait épousé Jaime Laredo en 1960 (le violoniste avait tout juste 19 ans!) et en avait divorcé en 1974. En 1977 Jaime Laredo épousait la violoncelliste Sharon Robinson.

Peter le Suisse

Il est mort il y a vingt ans, le 16 avril 2001. Il n’a jamais été une star de la baguette, même s’il a attiré très tôt l’attention du public, de ses confrères chefs, par des dons précoces.

Peter Maag est l’un des rares chefs d’orchestre suisses, avec Ernest Ansermet, Armin Jordan ou Silvio Varviso à avoir fait une carrière internationale au XXème siècle. Né le 10 mai 1919 à Saint-Gall, il est mort à Vérone. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’avait pas le sens de l’auto-promotion et ne recherchait ni les honneurs ni les postes.

La collection Eloquence de Decca vient rappeler, en un coffret de 20 CD, l’originalité du talent de Peter Maag, des disques réalisés pour l’essentiel au début de sa carrière pour Decca ou, plus rarement, pour Deutsche Grammophon.

Mozart d’abord, dont Peter Maag fut l’un des hérauts. Malheureusement une discographie très hétérogène, avec des labels, des orchestres très divers.

Une leçon de style, comme dans Schubert, Mendelssohn ou Brahms.

Peter Maag n’a jamais eu de poste fixe, sauf à Berne dans les années 1990. Il était trop indépendant, ou trop dépendant de ses humeurs, refusant le poids de la célébrité. Après avoir triomphé à l’opéra au début des années 60, il se retire deux ans durant dans un monastère bouddhiste !

Maurizio Jacobi évoque de jolis souvenirs des dernières années italiennes de Peter Maag :

D’un point de vue artistique, il était certainement un grand chef d’orchestre ; quelques gestes, souvent sans baguette et avec des mains qui semblaient rétrécies ; mais des gestes essentiels et très clairs. Et puis, il avait un sens de la narration fluide et de la structure globale.
Il avait beaucoup de métier, mais c’était avant tout un artiste ; s’il n’était pas d’humeur, il semblait s’ennuyer ; d’où une certaine réputation de discontinuité, et pourtant il y avait toujours un moment où l’on avait l’impression, même dans les répertoires les plus connus, de découvrir des beautés que l’on n’avait jamais saisies auparavant : de vrais trucs de musicien.

Personnellement, je préfère encore cela à la perfection ou à l’exécution parfaite de chefs d’orchestre célèbres dirigeant des orchestres d’une impeccable froideur.
Maag en revanche ne dédaignait pas de diriger des orchestres « mineurs », dont il pouvait tirer un son bien à lui, transparent, jamais écrasant même dans les fortissimi.
Il cherchait un équilibre « mozartien » ; et justement, Mozart est un compositeur d’une mystérieuse ambiguïté, avec un risque très élevé d’interprétation incomplète ou de fausse représentation.
Avec Mozart notamment, Maag a atteint des sommets d’interprétation, anticipant même les critères philologiques actuels, qu’il n’appréciait pas particulièrement.
(in Wanderersite.com).

Merci à Cyrus Meher-Homji, le responsable de cette collection Eloquence, qui explore, remet au jour, revivifie des trésors parfois oubliés ou négligés de l’immense fonds Decca, Philipe ou Deutsche Grammophon.

C’est à lui qu’on doit ces 20 CD

Seule déception de ce coffret, le disque de concertos de Schumann et Chopin enregistré pourtant en 1962 – en stéréo – Londres par le magnifique pianiste chinois disparu il y a quelques mois, Fou Ts’ong. Prise de son très médiocre en mono ! Cyrus Meher-Homji a reconnu que les bandes originales avaient été perdues, et qu’il ne disposait que de cette prise.

Mozart: Serenade No. 4 in D major, K203 ‘Colloredo’

  • Orchestre de la Suisse Romande
  • Peter Maag

Mozart: Serenade No. 9 in D major, K320 ‘Posthorn’

  • Orchestre de la Suisse Romande
  • Peter Maag

Mozart: Symphony No. 28 in C major, K200

  • Orchestre de la Suisse Romande
  • Peter Maag

Mozart: Symphony No. 29 in A major, K201

  • Orchestre de la Suisse Romande
  • Peter Maag

Mozart: Symphony No. 34 in C major, K338

  • Orchestre de la Suisse Romande
  • Peter Maag

Mozart: Symphony No. 32 in G major, K318

  • London Symphony Orchestra
  • Peter Maag

Mozart: Symphony No. 38 in D major, K504 ‘Prague’

  • London Symphony Orchestra
  • Peter Maag

Mozart: Clarinet Concerto in A major, K622

  • Gervase de Peyer (clarinet)
  • London Symphony Orchestra
  • Peter Maag

Mozart: Horn Concertos Nos. 1-4

  • Barry Tuckwell (horn)
  • London Symphony Orchestra
  • Peter Maag

Mozart: Piano Concerto No. 13 in C major, K415

  • Julius Katchen (piano), Peter Maag
  • New Symphony Orchestra of London

Mozart: Piano Concerto No. 20 in D minor, K466

  • Julius Katchen (piano), New Symphony Orchestra of London, Peter Maag

Mozart: Violin Concerto No. 3 in G major, K216

  • Joshua Bell (violin), Peter Maag
  • English Chamber Orchestra

Mozart: Adagio for Violin and Orchestra in E, K261

  • Joshua Bell (violin), Peter Maag
  • English Chamber Orchestra

Mozart: Violin Concerto No. 5 in A major, K219 ‘Turkish’

  • Joshua Bell (violin), Peter Maag
  • English Chamber Orchestra

Mozart: Rondo for Violin and Orchestra in C, K373

  • Joshua Bell (violin), Peter Maag
  • English Chamber Orchestra

Mozart: Notturno in D major K286

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: Serenade No. 6 in D major, K239 ‘Serenata Notturna’

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: Lucio Silla, K135: Overture

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: Thamos, König in Ägypten, KV 345: four interludes

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: German Dances (6), K509

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: German Dances (6), K600

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: German Dances (4), K602

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: German Dances (3), K605

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mozart: Madamina, il catalogo è questo (from Don Giovanni)

  • Fernando Corena (bass), Peter Maag
  • Orchestre de la Suisse Romande

Mozart: Se vuol ballare (from Le nozze di Figaro)

  • Fernando Corena (bass), Peter Maag
  • Orchestre de la Suisse Romande

Mozart: Ah se in ciel, benigne stelle, K538

  • Jennifer Vyvyan (soprano), Peter Maag
  • London Philharmonic Orchestra

Mozart: Mass in C minor, K427 ‘Great’ – Et incarnatus est

  • Jennifer Vyvyan (soprano), Peter Maag
  • London Philharmonic Orchestra

Mozart: Exsultate, jubilate, K165 – Alleluia

  • Jennifer Vyvyan (soprano), Peter Maag
  • London Philharmonic Orchestra

Mendelssohn: Symphony No. 3 in A minor, Op. 56 ‘Scottish’

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mendelssohn: Hebrides Overture, Op. 26

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream – incidental music, Op. 61

  • Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Chopin: Les Sylphides (arr.Douglas)

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Rossini: Guillaume Tell Overture

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Rossini: La Cenerentola Overture

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Rossini: Semiramide Overture

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Rossini: La gazza ladra Overture

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Delibes: La Source – suite

  • Peter Maag
  • Paris Conservatoire Orchestra

Tchaikovsky: Piano Concerto No. 1 in B flat minor, Op. 23

  • Peter Jablonski (piano), Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Grieg: Piano Concerto in A minor, Op. 16

  • Peter Jablonski (piano), Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Paër: Leonora

  • Siegfried Jerusalem (tenor), Ursula Koszut, Giorgio Tadeo, Edita Gruberova (soprano), Peter Maag
  • Symphonie-Orchester des Bayerischen Rundfunks

Verdi: Luisa Miller

  • Montserrat Caballé (soprano), Luciano Pavarotti (tenor), Sherrill Milnes (baritone), Peter Maag
  • National Philharmonic Orchestra

Bellini: Oboe Concerto in E flat major

  • Heinz Holliger (oboe), Peter Maag
  • Bamberger Symphoniker

Salieri: Concerto in C major for flute & oboe

  • Heinz Holliger (oboe), Peter Maag
  • Bamberger Symphoniker

Cimarosa: Oboe Concerto in C major / C minor

  • Heinz Holliger (oboe), Peter Maag
  • Bamberger Symphoniker

Donizetti: Concertino for English horn and orchestra in G major

  • Heinz Holliger (oboe), Peter Maag
  • Bamberger Symphoniker

Dvořák: Violin Concerto in A minor, Op. 53

  • Edith Peinemann (violin), Peter Maag
  • Czech Philharmonic Orchestra

Ravel: Tzigane

  • Edith Peinemann (violin), Peter Maag
  • Czech Philharmonic Orchestra

Wagner: In fernem Land (from Lohengrin)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Inbrunst im Herzen (from Tannhäuser)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Nur eine Waffe taugt (from Parsifal)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Winterstürme wichen dem Wonnemond (from Die Walküre)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Ein Schwert verhieß mir der Vater (from Die Walküre)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Nothung! Nothung! Neidliches Schwert! (from Siegfried)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Hoho! Hoho! Hohei! Schmiede, mein Hammer, ein hartes Schwert! (from Siegfried)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Dass der mein Vater nicht ist (from Siegfried)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Wagner: Brünnhilde, heilige Braut! (from Götterdammerung)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Beethoven: Gott! Welch Dunkel hier! (from Fidelio)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Weber: Nein! länger trag’ ich nicht die Qualen…Durch die Wälder (from Der Freischütz)

  • Ticho Parly (tenor), Deutsche Oper Berlin (opera company), Peter Maag

Schumann: Piano Concerto in A minor, Op. 54

  • Fou Ts’ong (piano), Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

Chopin: Piano Concerto No. 2 in F minor, Op. 21

  • Fou Ts’ong (piano), Peter Maag
  • London Symphony Orchestra

L’impeccable M. Grumiaux

A l’occasion du centenaire de sa naissance, le 21 mars 1921, Decca a publié un beau coffret de l’intégrale des enregistrements réalisés pour Philips par le violoniste belge Arthur Grumiaux, de 1950 à 1985.

Arthur Grumiaux c’est une légende. En Belgique, c’est un intouchable. Comme son illustre aîné Eugène Ysaye. Ses enregistrements sont souvent cités comme des références comme son partenariat avec Clara Haskil dans les sonates pour violon et piano de Beethoven.

Moi-même, avant d’acquérir ce beau coffret, j’avais dans ma discothèque, une bonne partie de ces « références ». Je m’aperçois que je les avais peu écoutées, que, lorsque je voulais écouter du beau et grand violon, ce n’est pas Grumiaux que je choisissais spontanément (mais plutôt Ferras, Milstein ou Heifetz).

Depuis que j’ai reçu ce coffret, et que je réécoute… ou parfois découvre certains de ces enregistrements, j’éprouve des sensations mitigées.

C’est incontestablement du très beau violon – on sait que Grumiaux surveillait de très près le montage et demandait aux ingénieurs du son d’être toujours plus en avant ! -, élégant, « classique » dans la meilleure acception du terme.

Mais cette recherche du beau son se fait au détriment d’une prise de risque, d’un engagement interprétatif plus éloquent.

C’est particulièrement audible dans cette prise de concert du concerto de Beethoven (à Paris avec Antal Dorati !) ou le premier des deux enregistrements qu’Arthur Grumiaux a réalisés du concerto de Brahms, avec Eduard Van Beinum et le Concertgebouw (en 1958).

Je pense que l’on comprendra mieux mes réserves en comparant ces deux versions du concerto pour violon n°3 de Saint-Saëns

Le finale de ce concerto – écrit pour Sarasate ! – implique virtuosité, panache, élan. Ce qu’on entend dans la version Grumiaux, il faut le dire pas du tout aidé par la direction « plan plan » de Manuel Rosenthal, n’est pas exactement cela !

Nathan Milstein – depuis longtemps ma référence – prouve qu’on peut, qu’on doit oser dépasser la barre de mesure !

On doit aussi observer que le répertoire enregistré d’Arthur Grumiaux est à l’image de son jeu, pas très ouvert et peu aventureux : aucun concerto du 20ème siècle, à l’exception, certes notable, du néo-classique concerto de Stravinsky et d’un bien timide concerto de Berg (pourtant dirigé par le grand Igor Markevitch), mais ni Bartok, ni Prokofiev, ni Sibelius, pour ne pas parler de Chostakovitch ou Szymanowski… Voir le détail complet du coffret ci-dessous*

Restons-en donc à ce qu’on aime de l’artiste, comme son duo légendaire avec Clara Haskil.

Bach, J S: Sonatas & Partitas for solo violin, BWV1001-1006

  • Arthur Grumiaux (violin)

Bach, J S: Sonatas for Violin & Harpsichord Nos. 1-6, BWV1014-1019

  • Arthur Grumiaux (violin), Egida Giordani Sartori (harpsichord)

Bach, J S: Sonatas for Violin & Harpsichord Nos. 1-6, BWV1014-1019

  • Arthur Grumiaux (violin), Christine Jaccottet

Bach, J S: Violin Sonata in G minor, BWV1020

  • Arthur Grumiaux (violin), Christine Jaccottet

Bach, J S: Violin Sonata in G major, BWV1021

  • Arthur Grumiaux (violin), Christine Jaccottet

Bach, J S: Violin Sonata in F major, BWV1022

  • Arthur Grumiaux (violin), Christine Jaccottet

Bach, J S: Violin Sonata in E minor, BWV1023

  • Arthur Grumiaux (violin), Christine Jaccottet

Bach, J S: Violin Concerto No. 1 in A minor, BWV1041

  • Arthur Grumiaux (violin), Guller Chamber Orchestra, Leon Guller

Bach, J S: Violin Concerto No. 2 in E major, BWV1042

  • Arthur Grumiaux (violin), Guller Chamber Orchestra, Leon Guller

Beethoven: Violin Concerto in D major, Op. 61

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Eduard van Beinum

Bach, J S: Violin Concerto No. 1 in A minor, BWV1041

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • English Chamber Orchestra
  • Raymond Leppard

Bach, J S: Violin Concerto No. 2 in E major, BWV1042

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • English Chamber Orchestra
  • Raymond Leppard

Bach, J S: Concerto for Two Violins in D minor, BWV1043

  • Arthur Grumiaux (violin), Koji Toyoda
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Bach, J S: Concerto for Oboe & Violin in C minor, BWV1060

  • Arthur Grumiaux (violin), Heinz Holliger (oboe), New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Bach, J S: Violin Concerto No. 1 in A minor, BWV1041

  • Arthur Grumiaux (violin), Les Solistes Romands, Árpád Gérecz

Bach, J S: Violin Concerto No. 2 in E major, BWV1042

  • Arthur Grumiaux (violin), Les Solistes Romands, Árpád Gérecz

Bach, J S: Concerto for Two Violins in D minor, BWV1043

  • Arthur Grumiaux (violin), Les Solistes Romands, Árpád Gérecz, Herman Krebbers (violin)

Handel: Sonata in A Major for violin and continuo, HWV361, Op. 1 No. 3

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Handel: Sonata in F major for violin and continuo, HWV370, Op. 1 No. 12

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Handel: Sonata in A major for violin and continuo, HWV372, Op. 1 No. 14

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Handel: Sonata in D major for violin and continuo, HWV371, Op. 1 No. 13

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Handel: Sonata in G minor for violin and continuo, HWV368, Op. 1 No. 10

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Handel: Sonata in E major for violin and continuo, HWV373, Op. 1 No. 15

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Corelli: Violin Sonatas, Op. 5

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone

Telemann: Fantasias (12) for solo violin, TWV 40:14-25

  • Arthur Grumiaux (violin)

Leclair, J-M: Violin Sonata in A minor, Op. 9 No. 3

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu

Veracini: Sonata in B minor, Op. 1 No. 3

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu

Vivaldi: Violin Sonata, Op. 2 No. 2 in A major, RV 31

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu

Nardini: Violin Sonata in D Major

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu

Vivaldi: The Four Seasons

  • Arthur Grumiaux (violin), Les Solistes Romands, Arpad Gerecz

Vivaldi: Concerto, Op. 3 No. 6 ‘Con Violino Solo obligato’, RV 356

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Vivaldi: Violin Concerto in E major, RV271 ‘L’Amoroso’

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Staatskapelle Dresden
  • Vittorio Negri

Vivaldi: Violin Concerto in E minor, RV277 ‘Il favorito’

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Staatskapelle Dresden
  • Vittorio Negri

Vivaldi: Violin Concerto in G minor, Op. 12 No. 1, RV317

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Staatskapelle Dresden
  • Vittorio Negri

Vivaldi: Concerto No. 5 in A minor RV 358

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Staatskapelle Dresden
  • Vittorio Negri

Mozart: Violin Sonata No. 18 in G major, K301

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 21 in E minor, K304

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 24 in F major, K376

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 26 in B flat major, K378

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 32 in B flat major, K454

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 35 in A major, K526

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 17 in C major, K296

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 18 in G major, K301

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 20 in C major, K303

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 21 in E minor, K304

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 22 in A major, K305

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 23 in D major, K306

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 24 in F major, K376

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 25 in F major, K377

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 26 in B flat major, K378

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 27 in G major, K379

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 28 in E flat major, K380

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 32 in B flat major, K454

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 33 in E flat major K481

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 35 in A major, K526

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Six Variations in G minor on ‘Hélas, j’ai perdu mon amant’, K360

  • Arthur Grumiaux (violin), Walter Klien (piano)

Mozart: Violin Sonata No. 33 in E flat major K481

  • Arthur Grumiaux (violin), Arthur Grumiaux (piano)

Brahms: Violin Sonata No. 2 in A major, Op. 100

  • Arthur Grumiaux (violin), Arthur Grumiaux (piano)

Mozart: Divertimento in E flat major, K563

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Duo for violin & viola in G major, K423

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Duo for violin and viola in B flat major, K424

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Preludes & Fugues (6) for string trio, K404a

  • Grumiaux Trio (string trio)

Hoffmeister: Duetto in G major

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Flute Quartets Nos. 1-4

  • Grumiaux Trio (string trio), William Bennett (flute)

Mozart: String Quintets Nos. 1-6

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Oboe Quartet in F major, K370

  • Grumiaux Trio (string trio)

Mozart: Violin Concertos Nos. 1-5

  • Arthur Grumiaux (violin), Bernhard Paumgartner
  • Wiener Symphoniker

Mozart: Violin Concerto No. 6 in E flat major, K268

  • Arthur Grumiaux (violin), Bernhard Paumgartner
  • Wiener Symphoniker

Mozart: Violin Concerto No. 7 in D major, KV 271a

  • Arthur Grumiaux (violin), Bernhard Paumgartner
  • Wiener Symphoniker

Mozart: Violin Concertos Nos. 1-5

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • London Symphony Orchestra
  • Sir Colin Davis

Mozart: Sinfonia Concertante for Violin, Viola & Orchestra in E flat major, K364

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • London Symphony Orchestra
  • Sir Colin Davis

Mozart: Adagio for Violin and Orchestra in E, K261

  • two recordings
  • Arthur Grumiaux (violin)
  • London Symphony Orchestra
  • Sir Colin Davis

Mozart: Rondo for Violin and Orchestra in C, K373

  • two recordings
  • Arthur Grumiaux (violin)
  • London Symphony Orchestra
  • Sir Colin Davis

Viotti: Violin Concerto No. 22 in A minor, G97

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Edo de Waart

Haydn: Violin Concerto No. 1 in C major, Hob.VIIa:1

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • English Chamber Orchestra
  • Raymond Leppard

Haydn: Violin Concerto No. 4 in G major, Hob.VIIa:4

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Raymond Leppard

Haydn: Three Sonatas for fortepiano Hob. XVI:40-42

  • arr. for string trio
  • Grumiaux Trio (string trio)

Haydn, M: Violin Concerto in A major, MH 207

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Edo de Waart

Beethoven: Violin Sonatas Nos. 1-10

  • Arthur Grumiaux (violin), Clara Haskil (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 1 in D major, Op. 12 No. 1

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 2 in A major, Op. 12 No. 2

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 4 in A minor, Op. 23

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 5 in F major, Op. 24 ‘Spring’

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 7 in C minor, Op. 30 No. 2

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: Violin Sonata No. 8 in G major, Op. 30 No. 3

  • Arthur Grumiaux (violin), Claudio Arrau (piano)

Beethoven: String Trios (complete)

  • Grumiaux Trio (string trio)

Beethoven: Serenade for string trio in D major, Op. 8

  • Grumiaux Trio (string trio)

Beethoven: Serenade in D major for Flute, Violin and Viola, Op. 25

  • Grumiaux Trio (string trio)

Beethoven: Violin Concerto in D major, Op. 61

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Alceo Galliera

Beethoven: Romance No. 1 for Violin and Orchestra in G major, Op. 40

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Alceo Galliera

Beethoven: Romance No. 2 for Violin and Orchestra in F major, Op. 50

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Alceo Galliera

Beethoven: Violin Concerto in D major, Op. 61

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Sir Colin Davis

Beethoven: Romance No. 1 for Violin and Orchestra in G major, Op. 40

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Sir Colin Davis

Beethoven: Romance No. 2 for Violin and Orchestra in F major, Op. 50

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Sir Colin Davis

Schubert: Grand Duo for Violin and Piano in A Major, D574

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in D major, D384 (Op. posth. 137 No. 1)

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in A minor, D385 (Op. posth. 137 No. 2)

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Schubert: Sonatina (Sonatina) in G minor, D408 (Op. posth. 137 No. 3)

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Schubert: Grand Duo for Violin and Piano in A Major, D574

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in D major, D384 (Op. posth. 137 No. 1)

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in A minor, D385 (Op. posth. 137 No. 2)

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Schubert: Sonatina (Sonatina) in G minor, D408 (Op. posth. 137 No. 3)

  • Arthur Grumiaux (violin), Robert Veyron-Lacroix

Schubert: Grand Duo for Violin and Piano in A Major, D574

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in D major, D384 (Op. posth. 137 No. 1)

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Schubert: Sonata (Sonatina) for violin & piano in A minor, D385 (Op. posth. 137 No. 2)

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Schubert: Sonatina (Sonatina) in G minor, D408 (Op. posth. 137 No. 3)

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Schubert: Piano Quintet in A major, D667 ‘The Trout’

  • Grumiaux Trio (string trio)

Schubert: String Trio in B flat major, D471

  • Grumiaux Trio (string trio)

Schubert: String Trio in B flat major, D581

  • Grumiaux Trio (string trio)

Schubert: String Quintet in C major, D956

  • Grumiaux Trio (string trio)

Brahms: Horn Trio in E flat major, Op. 40

  • Arthur Grumiaux (violin), György Sebok (piano), Francis Orval (horn)

Mendelssohn: Violin Concerto in E minor, Op. 64

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Wiener Symphoniker
  • Rudolf Moralt

Paganini: Violin Concerto No. 4 in D minor

  • Arthur Grumiaux (violin), Franco Gallini
  • Orchestre des Concerts Lamoureux

Tchaikovsky: Violin Concerto in D major, Op. 35

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Bernard Haitink

Mendelssohn: Violin Concerto in E minor, Op. 64

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Bernard Haitink

Schubert: Rondo for violin and strings in A major, D438

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Raymond Leppard

Mendelssohn: Violin Concerto in E minor, Op. 64

  • Arthur Grumiaux (violin), Jan Krenz
  • New Philharmonia Orchestra

Mendelssohn: Violin Concerto in D minor, Op. post.

  • Arthur Grumiaux (violin), Jan Krenz
  • New Philharmonia Orchestra

Paganini: Violin Concerto No. 1 in D major, Op. 6

  • Arthur Grumiaux (violin), Piero Bellugi
  • Orchestre Opera Monte-Carlo

Paganini: Violin Concerto No. 4 in D minor

  • Arthur Grumiaux (violin), Piero Bellugi
  • Orchestre Opera Monte-Carlo

Brahms: Violin Sonatas Nos. 1-3

  • Arthur Grumiaux (violin), György Sebök (piano)

Brahms: Violin Concerto in D major, Op. 77

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Eduard van Beinum

Bruch: Violin Concerto No. 1 in G minor, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Bernard Haitink

Brahms: Violin Concerto in D major, Op. 77

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Sir Colin Davis

Tchaikovsky: Violin Concerto in D major, Op. 35

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Sir Colin Davis

Tchaikovsky: Sérénade Mélancolique for Violin & Orchestra in B minor, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Jan Krenz

Tchaikovsky: Violin Concerto in D major, Op. 35

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Wiener Symphoniker
  • Bogo Leskovic

Bruch: Violin Concerto No. 1 in G minor, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Wiener Symphoniker
  • Bogo Leskovic

Bruch: Violin Concerto No. 1 in G minor, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Heinz Wallberg

Bruch: Scottish Fantasy, Op. 46

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Heinz Wallberg

Vieuxtemps: Violin Concerto No. 4 in D, Op. 31

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Vieuxtemps: Violin Concerto No. 5 in A minor, Op. 37

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Lalo: Symphonie espagnole, Op. 21

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Chausson: Poème for Violin & Orchestra, Op. 25

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Ravel: Tzigane

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Lalo: Symphonie espagnole, Op. 21

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Chausson: Poème for Violin & Orchestra, Op. 25

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Ravel: Tzigane

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Saint-Saëns: Violin Concerto No. 3 in B minor, Op. 61

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Saint-Saëns: Introduction & Rondo capriccioso, Op. 28

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Saint-Saëns: Havanaise, Op. 83

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Jean Fournet

Saint-Saëns: Violin Concerto No. 3 in B minor, Op. 61

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Saint-Saëns: Introduction & Rondo capriccioso, Op. 28

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Saint-Saëns: Havanaise, Op. 83

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Orchestre des Concerts Lamoureux
  • Manuel Rosenthal

Stravinsky: Violin Concerto in D

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Ernest Bour

Berg: Violin Concerto ‘To the Memory of an Angel’ (1935)

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • Royal Concertgebouw Orchestra
  • Igor Markevitch

Berlioz: Reverie et Caprice, Op. 8

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Tchaikovsky: Sérénade Mélancolique for Violin & Orchestra in B minor, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Wieniawski: Romance sans paroles in D minor, Op. 9

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Wieniawski: Légende in G minor, Op. 17

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Svendsen: Romance for Violin and Orchestra, Op. 26

  • Arthur Grumiaux (violin)
  • New Philharmonia Orchestra
  • Edo de Waart

Franck, C: Violin Sonata in A major

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Grieg: Violin Sonata No. 3 in C minor, Op. 45

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Franck, C: Violin Sonata in A major

  • Arthur Grumiaux (violin), György Sebok (piano)

Grieg: Violin Sonata No. 3 in C minor, Op. 45

  • Arthur Grumiaux (violin), György Sebok (piano)

Debussy: Violin Sonata in G minor

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Lekeu: Violin Sonata in G major

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Paganini: I Palpiti, Op. 13

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Paganini: Le Streghe, Op. 8, MS 19

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccardo Castagnone (piano)

Debussy: Violin Sonata in G minor

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Ravel: Violin Sonata in G major

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Fauré: Violin Sonata No. 2 in E minor, Op. 108

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Fauré: Violin Sonata No. 1 in A major, Op. 13

  • Arthur Grumiaux (violin), Paul Crossley (piano)

Lekeu: Violin Sonata in G major

  • Arthur Grumiaux (violin), Dinorah Varsi (piano)

Ysaÿe: Rêve d’enfant, Op. 14

  • Arthur Grumiaux (violin), Dinorah Varsi (piano)

Vieuxtemps: Ballade & polonaise, Op. 38

  • Arthur Grumiaux (violin), Dinorah Varsi (piano)

Tartini: Violin Sonata in G minor ‘Devil’s Trill’

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Corelli: Violin Sonata Op. 5 No. 12 in D minor (La folia)

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Vitali, T: Chaconne in G minor

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Veracini: Sonata in A major, Op. 1, No. 7

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Kreisler: Drei Walzer (Liebesfreud – Liebesleid – Schön Rosmarin)

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Kreisler: Caprice Viennois, Op. 2

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Kreisler: Tambourin Chinois, Op. 3

  • Arthur Grumiaux (violin), Riccaro Castagnone (piano)

Mozart: Serenade No. 7 in D major, K250 ‘Haffner’ – Rondo

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Wieniawski: Souvenir de Moscou, Op. 6

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Ravel: Vocalise-étude en forme de habanera

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Sarasate: Zigeunerweisen, Op. 20

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Fiocco, J H: Allegro

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Granados: Andaluza

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Albéniz: Tango

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Kreisler: Rondino on a Theme by Beethoven

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Bloch, E: Baal Shem

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Kodály: Adagio for viola (or cello or violin) & piano

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Paradis: Sicilienne

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Mozart: Serenade No. 7 in D major, K250 ‘Haffner’ – Rondo

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Gluck: Dance of the Blessed Spirits (from Orfeo ed Euridice)

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Granados: Andaluza

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Kreisler: Drei Walzer (Liebesfreud – Liebesleid – Schön Rosmarin)

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Veracini: Allegro

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Vivaldi: Concerto, Op. 3 No. 11 ‘Con due Violini e Violoncello obligato’, RV 565: Siciliano

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Leclair, J-M: Tambourin

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Beethoven: Minuets WoO 10 – No. 2 in G major

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Schubert: Ave Maria, D839

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Dvořák: Humoresque in G flat major, Op. 101 No. 7

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Massenet: Meditation (from Thaïs)

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Tchaikovsky: Valse sentimentale, Op. 51 No. 6

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Veracini: Largo

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Kreisler: Rondino on a Theme by Beethoven

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Kreisler: Andantino in the style of Martini

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Elgar: La Capricieuse, Op. 17

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Fauré: Après un rêve, Op. 7 No. 1

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Albéniz: Tango

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Vecsey, F: Valse triste

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Ponce, M: Estrellita

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Sibelius: Nocturne, Op. 24

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Pergolesi: Andantino

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Schubert: Ständchen ‘Leise flehen meine Lieder’, D957 No. 4

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Mozart: Divertimento No. 17 in D Major, K334: Minuet

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Schumann: Träumerei (from Kinderszenen, Op. 15)

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Dvořák: Sonatina for violin and piano in G major, Op. 100: Larghetto

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Gounod: Ave Maria

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Paganini: Sonata for violin & guitar in A major, Op. 3 No.6, MS 27 / 6

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Dvořák: Songs My Mother Taught Me, Op. 55 No. 4

  • Arthur Grumiaux (violin), Istvan Hajdu (piano)

Les raretés du confinement (XII) : Tavernier, Faust, Levine, Grumiaux…

Confinement, épisode 3

Depuis ma dernière chronique – Les raretés du confinement (XI)- les heureux habitants de 19 départements français, dont l’Ile-de-France, ont eu droit à un troisième confinement qui ne dit pas son nom. Et, pour ce qui me concerne, je suis entré en période d’abstinence, abstinence de JT sur le service public (France 2, France 3) : je ne supporte plus ces micro-trottoirs, ces « directs » dans les villes confinées, et, pire, ces sujets anxiogènes, toujours les mêmes – « le gouvernement va devoir donner un tour de vis supplémentaire ». Alors que, dans le même temps, on ne voit ni n’entend jamais un sujet sérieux, qui demanderait, il est vrai, un peu plus de travail et d’investigations, sur la réalité des contaminations en extérieur. Les télés nous montrent à l’envi des rassemblements sur les quais de Seine, à Marseille, tandis qu’on entend les spécialistes, et même le ministre de la Santé, proclamer que le risque de propagation du virus est infime : qu’attend-on pour enquêter sur les suites de ces « rassemblements », y a-t-il eu augmentation consécutive des hospitalisations, des contaminations ? Des faits précis, plutôt que des suppositions et des approximations, n’est-ce pas le minimum qu’on puisse attendre de ceux qui ont mission de nous informer ?

14 mars : le pianiste inconnu

En me replongeant dans l’imposant coffret paru l’été dernier consacré à John Barbirolli (1899-1970) : – voir Sir John) j’ai trouvé cet enregistrement du 5ème concerto de Beethoven, auquel je n’avais pas prêté attention, et ainsi découvert un pianiste, dont – je le confesse à ma grande honte – je n’avais jamais entendu parler de Mindru Katz, roumain et israélien, né à Bucarest en 1925, mort à Istanbul en 1978. Un « Empereur » impérial sous ses doigts !

15 mars : mes premières Danses hongroises

Jean-charles Hoffelé évoquait récemment la noble figure d’un chef allemand que j’aime entre tous depuis longtemps : Hans Schmidt-Isserstedt (1900-1973). Je citais sa lumineuse et parfois oubliée intégrale des Symphonies de Beethoven (Beethoven 250: Schmidt-Isserstedt). J’évoquerai bientôt mes découvertes de jeunesse d’oeuvres de Dvořák et Brahms grâce à lui. Avant-goût avec la première intégrale des Danses hongroises de Brahms qui figura dans ma discothèque d’adolescent.

17 mars : les sérénades de HSI

Grâce à plusieurs rééditions récentes, on redécouvre l’art de l’un des grands chefs allemands du XXème siècle, Hans Schmidt-Isserstedt (1900-1973) – La découverte de la musique: Hans Schmidt-Isserstedt. En 1965, il enregistrait une version lumineuse, pastorale, de la Sérénade pour cordes de Dvořák, à la tête de « son » orchestre de la radio de Hamburg (NDR Orchester):

18 mars : la mort de Jimmy

James Levine était un exceptionnel chef d’opéra, l’incontesté patron et l’âme du Metropolitan Opera de New York pendant 40 ans, mais c’était aussi un formidable chef symphonique. Comme en témoigne une série de symphonies de Sibelius enregistrée avec les Berliner Philharmoniker. (Lire : Dear Jimmy )

Sibelius : Symphonie n°2

Orchestre philharmonique de Berlin dir. James Levine

19 mars : Levine, une vie pour la musique

#JamesLevine encore : Une vie pour la musique Le génie protéiforme du chef lyrique, du maître de l’orchestre symphonique, et un pianiste qui s’amuse avec quelques illustres collègues

20 mars : l’air de Berlin

Je ne me rappelais plus que James Levine avait dirigé l’un des célèbres concerts berlinois en plein air de la Waldbühne en 1999. Ici le bis que tout le monde attend en fin de concert, la marche Berliner Luft / L’air de Berlin de Paul Lincke (1866-1946)

21 mars : Printemps qui commence

Printemps qui commence… sous le signe du confinement pour beaucoup de Français !Printemps qui commence)

« Printemps qui commence » par ma Dalila de coeur, la grande Rita Gorr (1926-2012), voix ô combien troublante et charnelle.

Saint-Saëns : Samson et Dalila, air « Printemps qui commence »

Rita Gorr, mezzo-soprano Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire dir. André Cluytens

21 mars : Grumiaux centenaire

Le violoniste belge Arthur Grumiaux est né il y a cent ans, le 21 mars 1921 – et mort à 65 ans seulement en 1986. Il laisse une discographie considérable (très bientôt rééditée en coffret). Grumiaux a été un des premiers à enregistrer les méconnus concertos pour violon de Haydn.

Haydn: Concerto pour violon en sol Majeur Hob.VIIa/4 1er mvt allegro moderato

Arthur Grumiaux, violon New Philharmonia Orchestradir. Raymond Leppard

22 mars : la mort de Boris

Hommage à l’un des plus grands chanteurs russes, le baryton-basse Evgueni Nesterenko, mort hier, à 83 ans, des suites de la COVID-19.

Inoubliable interprète de Chostakovitch, Tchaikovski et bien sûr de Boris Godounov de Moussourgski, il est ici le Boris d’une célèbre production de 1978 du Bolchoi

23 mars : Divertimento à la hongroise

L’un des chefs-d’oeuvre de Béla Bartók, son Divertimento pour cordes écrit en 1939, avant l’exil du compositeur hongrois aux Etats-Unis, créé le 11 juin 1940 par son commanditaire et dédicataire Paul Sacher et l’orchestre de chambre de Bâle. Ici dans ma version préférée : Antal Dorati dirige le BBC Symphony Orchestra (1964)

24 mars : Déodat de Séverac

Spéciale dédicace à Carole Delga et Hussein Bourgi cette musique délicieuse du compositeur occitan #DeodatdeSeverac né à St Felix Lauragais en 1872 mort il y a 100 ans le 24 mars 1921 à Céret, par le pianiste Aldo Ciccolini qui fut un invité régulier du Festival Radio France Occitanie Montpellier

25 mars : adieu Bertrand

#BertrandTavernier est mort (lire : Bertrand Tavernier: coup de torchon).

Parmi toutes ses qualités, il y avait son goût et sa connaissance de la musique. Le 11 janvier 2019, l’ Orchestre Philharmonique de Radio France jouait sous la direction de Bruno Fontaine la musique composée par Bruno Coulais pour le film-documentaire de Bertrand Tavernier « Voyage à travers le cinéma français« 

26 mars : Faust en prime time

Faust de Gounod a ses fans, ce n’est pas mon cas. Trop « grand opéra », trop long, tout est trop dans ces 5 actes. Mais il y avait de quoi se réjouir que France 5 diffuse, un vendredi soir, en « prime time », la toute récente production, donnée sans public, de l’Opéra de Paris. Un chef – Lorenzo Viotti – qui a tout pour lui, le talent, la jeunesse (il vient de fêter son 31ème anniversaire !) et, dans cet ouvrage, la capacité de saisir toutes les atmosphères, et d’alléger un tissu orchestral parfois bien lourd, d’excellents chanteurs (même si, dans ce rôle et ce personnage de Faust, j’attends une voix plus corsée que celle, ô combien lyrique et élégiaque, de Benjamin Bernheim). Une mise en scène dont toute la presse a salué la pertinence et l’inventivité, celle de Tobias Kratzer.

Côté disques, on en reste aux grands classiques Cluytens et Plasson, pour des distributions qui savent chanter le français (les grands chanteurs de la célèbre version de Georges Prêtre sont vraiment trop exotiques dans un ouvrage où la compréhension du texte chanté n’est pas accessoire !)

27 mars : Around Midnight

De toutes les qualités qu’unanimement on s’accorde à reconnaître à Bertrand Tavernier, il y a sa connaissance et son amour de la musique, comme France Musique l’a déjà rappelé et continue de l’évoquer tout ce week-end.

Il y a eu ce film magnifique de 1986 Autour de minuit :

Réécouter absolument la chronique de Max Dozolme dans la Matinale de France-Musique du 26 mars : Bertrand Tavernier, un portrait musical

James Levine, une vie pour la musique

On a connu France Musique mieux inspirée dans le choix de ses titres d’actualité : Figure déchue du Met, James Levine est mort. Depuis ce titre mal venu, la chaîne s’est largement rattrapée et ses producteurs ont rendu et continuent de rendre hommage à l’une des personnalités majeures de la vie musicale du XXème siècle. Décrit unanimement comme un « génie », un surdoué, James Levine appartient à cette espèce, en voie de disparition, des monstres sacrés de la direction d’orchestre.

Pour je ne sais quelles raisons, Levine a longtemps été considéré par une partie de la critique européenne comme un second couteau, Quand il enregistrait à Berlin ou à Vienne, excusez du peu, c’est tout juste si on jetait un coup d’oreille à des disques qui ne semblaient pas nécessaires, quand l’écurie Deutsche Grammophon avait déjà Karajan et Bernstein en premier choix ! Quand il dirigeait à Bayreuth ou Salzbourg, même traitement, jamais il n’était digne de comparaison avec ses illustres aînés. J’exagère ? il serait amusant de relire les « reviews » de l’époque.

Je n’ai pas grand chose à rajouter à ce que j’ai déjà écrit sur James Levine :

Le roi est mort (9 décembre 2017) :

« Autre secousse dans le monde musical cette fois: la chute du roi du Metle chef d’orchestre américain James Levine, qui a été pendant 40 ans, de 1976 à 2016, le très respecté et admiré directeur musical de l’opéra de New York, est accusé, plusieurs décennies après les faits, d’abus sexuels sur de jeunes musiciens (lire James Levine suspendu du Met

Je ne connais pas les faits dont on accuse le chef d’orchestre (qui les nie : James Levine nie les allégations d’abus sexuels), je ne peux m’empêcher d’être frappé par la vague de puritanisme qui semble saisir l’Amérique de Trump.

Comprenons-nous bien, si les faits sont avérés, ils ne sont en rien excusables, mais pourquoi les victimes ont-elles attendu si longtemps, le retrait de Levine de la direction du Met et sa santé chancelante, pour se manifester ? Je n’aime pas ceux qui tirent sur une ambulance. Je n’aime pas cette Amérique oublieuse du talent des siens.« 

Dear Jimmy (16 juin 2016)

« La nouvelle est presque passée inaperçue, en dehors de la presse musicale. Le chef américain James Levine, qui fêtera son 73ème anniversaire dans quelques jours, a finalement quitté le poste de directeur musical du Metropolitan Opera de New York, le Met comme disent les initiés, qu’il occupait depuis 40 ans » 

Un essai de discographie

On veut espérer que l’opprobre qui s’était abattu sur le chef américain ne dissuadera pas ses éditeurs (principalement RCA/Sony et Deutsche Grammophon) de nous restituer une discographie assez considérable, tant sur le plan symphonique que dans le domaine lyrique.

Pour qui veut des documents qui attestent du rôle considérable (non, décidément, ce ne fut pas simplement une « figure ») que James Levine a joué au et pour le Met, deux coffrets, que j’avais achetés à la boutique du Metropolitan Opera, la dernière fois que j’ai eu la chance de me rendre à New York :

Je ne me lasse pas de revoir et réentendre ces documents, l’incroyable qualité d’ensemble d’un orchestre, celui du Met – aujourd’hui si martyrisé par la crise sanitaire – que Levine avait hissé à un niveau dont peu d’orchestres lyriques peuvent s’enorgueillir. Et l’aisance stylistique avec laquelle le chef se meut dans des ouvrages, des répertoires aussi divers que Mozart, Tchaikovski, Schoenberg, Berlioz ou Ravel…

En matière d’opéra, je me sens incapable de dresser une discographie sélective. Peut-être sortant d’un lot qui tutoie les sommets, un Eugène Onéguine de Tchaikovski, qui bénéficie d’une somptueuse Staatskapelle de Dresde et d’une fameuse équipe !

En matière symphonique, la branche italienne d’Universal avait publié il y a quelques années un généreux coffret qui donne une vue assez juste du talent de Levine, avec d’immenses réussites

Non Jimmy Levine n’était pas cette caricature d’Américain clinquant, brillant, extérieur. Le souffle qui parcourt ses Brahms, Schumann, Schubert ou Dvorak est irrésistible.

Ce coffret DGG est loin de regrouper tout ce que James Levine a gravé pour le label jaune, qui serait bien inspiré de lui rendre l’hommage qu’il mérite, par exemple en rééditant les 4ème et 5ème symphonies de Sibelius avec Berlin !

Je connais peu de 4ème de Sibelius aussi saisissantes, à part peut-être celle de Karajan en 1964.

La critique qui avait soit négligé soit regardé avec condescendance la seule intégrale des symphonies de Mozart jamais gravée par l’orchestre philharmonique de Vienne s’est heureusement ravisée à l’occasion des reparutions de ce corpus sous la baguette juvénile, ardente, parfois univoque, de James Levine !

Le jeune Levine est plutôt à trouver chez Sony/RCA, notamment pour Brahms ou Mahler, qui sont sans doute moins déterminants.

Passionnante et importante cette somme publiée par Oehms de « live » datant des années bavaroises de James Levine, lorsqu’il dirigea de 1999 à 2004 l’orchestre philharmonique de Munich

Ne pas oublier que James Levine avait été un pianiste prodige, et qu’il n’a jamais longtemps quitté le clavier.

Au festival de Verbier, il adorait animer l’orchestre des jeunes, et retrouver quelques amis (Pletnev, Kissin, Argerich, Angelich, Andsnes, Lang Lang…) pour de délicieuses extravagances pianistiques.

La découverte de la musique (XV) : Hans Schmidt-Isserstedt

C’était un nom qui plaisait à l’apprenti germaniste que j’étais, quelque chose de bien allemand, et d’imprononçable pour un francophone : Hans Schmidt-Isserstedt (= Isseur-chtett) 1900-1973.

Les danses hongroises de Brahms

Du temps où je fréquentais l’arrière-boutique de la Librairie des Etudiants, rue Gambetta à Poitiers, où se trouvait un excellent rayon de disques classiques (et un disquaire en blouse grise, comme déjà on n’en faisait plus, qui chuintait, et déformait à l’envi les noms illustres qu’il lisait sur les pochettes : Giulini devenait Gü-y-lini !), je me repliais presque toujours sur les collections très bon marché – ou j’attendais les soldes – pour assouvir ma soif de disques avec le bien maigre budget dont je disposais. C’est ainsi que, plus par hasard que par choix, j’acquis ma première intégrale des Danses hongroises de Brahms sous la baguette du fameux Hans Schmidt-Isserstedt dirigeant un orchestre encore mystérieux pour moi à l’époque, le North German Radio symphony orchestra, autrement dit l’orchestre de la radio du nord de l’Allemagne (Norddeutscher Rundfunk), à Hamburg, fondé en 1945, que H S-I. dirigea jusqu’en 1971.

Une intégrale que j’ai longtemps désespéré voir rééditée en CD, et qui le fut il y a une dizaine d’années par Universal Accord : indispensable !

La sérénade pour cordes de Dvořák 

Comme je l’ai déjà raconté (lire : La découverte de la musique : Georges et Christian)

ma bonne ville de Poitiers au début des années 70 c’était morne plaine en matière de musique classique – à l’exception très notable de la formidable activité des Jeunesses Musicales de France -. C’est au cours d’un concert des premières « Rencontres musicales de Poitiers » que j’entendis pour la première fois la Sérénade pour cordes de Dvořák avec l’Orchestre de chambre de Prague dirigé de son premier violon par Josef Vlach !

Quelques années plus tard, je trouverai en Allemagne un 33 tours en collection « économique » de cette Sérénade pour cordes qui m’avait tellement séduit. Rebelote : à nouveau Hans Schmidt-Isserstedt !

Les deux sérénades de Dvořák ont fait l’objet d’une superbe réédition récente dans la collection Eloquence :

On note que les sept Danses hongroises de Brahms qui figurent sur le CD 1 ne font pas partie de l’enregistrement de 1961 cité plus haut, elles ont été captées – en mono – en 1953.

La Pastorale

C’est toujours en Allemagne que j’aborderai le Beethoven de Schmidt-Isserstedt.

Prélude à l’acquisition d’une intégrale qui ne quittera plus le premier rayon de ma discothèque : Beethoven 250 Schmidt-Isserstedt

Le compagnonnage discographique avec ce chef ne cessera plus. On en reparlera !

Les raretés du confinement (XI) : tristes Césars, Gainsbourg, Doria, Milhaud et la veuve de Karajan

Tristes Césars

Heureusement qu’il y eut Catherine Ringier, Alain Souchon, Benjamin Biolay – que des jeunes pousses de la chanson ! – pour donner un peu d’allure à une cérémonie qui n’en eut aucune : la 46ème édition des Césars était un ratage, une caricature, le comble de l’entre-soi, rien ni personne qui donne envie au public de retrouver le chemin des salles obscures. Lire ce texte de Nathalie Bianco (Un presque sans-faute)

En ce 13 mars, la culture n’est donc toujours pas déconfinée, et Roselyne Bachelot continue de croiser les doigts pour que les lieux de culture rouvrent…. dans le courant du deuxième trimestre !

2 mars : Gainsbourg et Brahms

Serge Gainsbourg (1928-1991) disparu il y a 30 ans a beaucoup emprunté à la musique classique. En particulier à Brahms, le 3ème mouvement de sa Troisième symphonie (pour Baby alone in Babylon). Lire : Les classiques de Gainsbourg) John Barbirolli dirige en 1967 les Vienna Philharmonic / Wiener Philharmoniker

3 mars : La Veuve de Karajan

Je considère depuis longtemps Die lustige Witwe / La Veuve joyeuse comme un absolu chef-d’oeuvre. En ces temps si incertains, on ne se lasse pas d’écouter cette valse si érotique, si bienfaisante, par des interprètes aussi exceptionnels.: Elizabeth Harwood, René Kollo, Herbert von Karajan et les Berliner Philharmoniker

4 mars : Nelson et Martha dansent

Quand deux géants s’amusent avec le troisième mouvement – « Brasileira » – de Scaramouche de Darius Milhaud. Ça danse et ça chaloupe – et c’est d’une mise en place périlleuse. Et ça nous fait un bien fou sous les doigts complices du Brésilien Nelson Freire et de l’Argentine Martha Argerich :

5 mars : Verdi revisité

Quand les musiciens se prêtent aux petits et aux grands arrangements (lire Petits et grands arrangements) cela peut donner des résultats étonnants. Honneur aux Britanniques ou quand Charles Mackerras revisite Verdi avec le ballet The Lady and the Fool (1954) :

6 mars : Les matinées et les soirées de Benjamin B.

Quand Benjamin Britten « arrange » Rossini (lire Petits et grands arrangements) cela donne deux suites d’orchestre, l’une pour le matin, l’autre pour le soir ! Richard Bonynge dirige les Matinées et les Soirées musicales de Rossini/Britten :

7 mars : Capriol suite

Dans mon article (Petits et grands arrangements) j’aurais pu ajouter le nom du compositeur anglais Peter Warlock, de son vrai nom Philip Heseltine, né en 1897, mort prématurément à 36 ans en 1930 (suicide ou accident ?), auteur d’une Capriol Suite (1926) inspirée de l’Orchésographie du compositeur français Thoinot Arbeau (1520-1595).

Neville Marriner dirige « son » Academy of St Martin in the Fields

8 mars : atout cheffes

Ce n’est pas parce que les cheffes d’orchestre sont moins nombreuses que les hommes qu’elles ont moins de talent ! Revue non exhaustive dans ce billet : Atout cheffes/ Un disque redécouvert dans ma discothèque, Tchaikovski dirigé par la cheffe britannique Sian Edwards, la fougue romantique de Roméo et Juliette :

9 mars : hommage à Renée Doria

J’ai toujours aimé cette voix si française. Renée Doria. Telle une ombre légère, est partie rejoindre les étoiles, quelques semaines seulement après avoir fêté ses 100 ans.

10 mars : La Grande Duchesse

L’une des plus impérissables incarnations de La Grande Duchesse de Gérolstein d’Offenbach, Dame Felicity Lott. Marc Minkowski dirige Les Musiciens du Louvre

11 mars : Astor Piazzolla et Liège

Astor Piazzolla est né il y a cent ans le 11 mars 1921 à Mar Del Plata (Argentine).En mars 1985, il crée à Liège avec l’ Orchestre Philharmonique Royal de Liège son célèbre concerto pour bandonéon et guitare.

Les classiques de Gainsbourg

Eh oui ! Serge Gainsbourg, mort il y a trente ans, le 2 mars 1991, était un emprunteur. Il n’a jamais renié son amour de la musique classique (« J’aime la grande musique. Moi je fais de la petite musique. De la musiquette. Un art mineur. Donc j’emprunte »), ni a fortiori les sources d’inspiration de plusieurs de ses chansons (une vingtaine au moins).

Il en parle dans le beau documentaire – Gainsbourg, toute une vie – diffusé vendredi dernier sur France 3 (qu’on peut encore revoir sur france.tv).

Max Dozolme en parlait ce matin sur France Musique : Gainsbourg au piano avec Chopin.

Nous l’avions illustré à Liège, lors d’une fête de la musique mémorable, en 2009 (lire l’article de Sylvain Rouvroy sur ResMusica : Salut Gainsbourg !) : dans la même soirée, une quinzaine de chanteurs s’étaient succédé sur la scène de la Salle Philharmonique de Liège, puis l’Orchestre philharmonique de Liège dirigé par Jean-Pierre Haeck avait joué cinq extraits « classiques ».

Je ne vais pas me livrer à une recension exhaustive des « emprunts » classiques de Gainsbourg, mais plutôt souligner les moins connus ou les plus originaux.

  1. Poupée beethovénienne

La plus célèbre des chansons de Gainsbourg pour France Gall, Poupée de cire, Poupée de son (1965)

a un furieux air de parenté avec l’un des thèmes du dernier mouvement de la 1ère sonate pour piano de Beethoven. La preuve : écouter Daniel Barenboim à 0’38

2. My Lady sur un marché persan

Gainsbourg, pour son sulfureux Lady Heroïne, va chercher une mélodie chez le Britannique Albert Ketelbey (1875-1959), auteur à succès de musiques « exotiques », comme Sur un marché persan à écouter à partir de 1’45 »

3. La chanson perdue de Solveig

Enregistrée en concert, dans la ville natale de Grieg, par l’excellent orchestre de Bergen et son excellent chef Edward Gardner, la chanson de Solveig, faisant partie de la musique de scène de Peer Gynt, est à entendre à 14’50.

4. Jane et Frédéric

Chopin a inspiré plusieurs des mélodies de Gainsbourg, et pas nécessairement les pièces les plus connues. Ainsi le 4ème des Préludes op.28, si mélancolique, donne Jane B. en 1969

5. La Tristesse de Charlotte

Lemon Incest s’inspire directement de la plus célèbre des Etudes de Chopin, la 3ème de l’opus 10, surnommée « Tristesse »

6. Chopin dépressif

Toujours Chopin dans Dépression au-dessus du jardin

Cette fois c’est la 9ème des études de l’opus 10 qui est convoquée. Ici sous les doigts inimitablement poétiques d’Artur Rubinstein

7.8. Son Nouveau Monde

Gainsbourg utilise, à deux reprises, des thèmes de la Symphonie n°9 dite « du Nouveau monde » de Dvorak.

Le moins évident des emprunts – dans le 4ème mouvement de la symphonie – se trouve dans le film Le Pacha de Georges Lautner (1968) et la chanson Requiem pour un con que Gainsbourg chante et joue devant Jean Gabin

à partir de 0’22 »

Pas non plus immédiate la référence au Nouveau monde dans Initials BB

on repère l’emprunt à 4’45 »

9. Lou Appassionnata

Le rapport entre cette chanson et Beethoven ? Pas évident du tout. Mais Gainsbourg qui connaissait ses classiques trouve le thème du refrain de cette chanson dans l’un des thèmes de la sonate n°23 dite « Appassionata » de Beethoven…

Et pour finir cette liste non limitative, le plus célèbre des emprunts gainsbourgiens à la musique classique :

Brahms et le charme mélancolique du troisième mouvement de sa 3ème symphonie ne pouvaient pas ne pas séduire Gainsbourg.

J’ai pour cette intégrale viennoise de John Barbirolli une tendresse toute particulière, même s’il y a bien des versions plus idiomatiques (lire Barbirolli le Viennois)

Le Chopin de Rafael

Commandé il y a quelques semaines, j’ai enfin reçu ce double CD, si attendu.

Ce n’est ni le premier, ni le dernier billet que je consacre au pianiste andalou Rafael Orozco (1946-1996) : lire Un grand d’Espagne.

Voilà bien l’un des plus grands musiciens du siècle passé, un pianiste qui, depuis ma première rencontre avec lui (les concertos de Rachmaninov), n’a cessé de me surprendre, de m’émouvoir, de susciter une admiration toujours renouvelée, quelque soit le répertoire dans lequel je l’écoute.

En 2015, j’écrivais : il n’aura jamais la carrière discographique que son talent et sa personnalité hors normes auraient dû lui ouvrir. On en est réduit à rechercher ici et là, sur les sites de téléchargement, des Mozart, des Chopin enregistrés pour la bEMI, Albeniz et Falla gravés pour Valois/Auvidis (qui les ressort au compte-gouttes). Un conseil : dès que vous trouvez un enregistrement d’Orozco, achetez-le, écoutez et réécoutez-le/…./Qui nous restituera un jour le legs discographique de ce grand d’Espagne, trop tôt disparu ?« 

Chopin ressuscité

Depuis 2015, la situation n’a guère évolué. C’est dire si ce double CD édité par Warner est plus que bienvenu. Jean-Charles Hoffelé y explique d’ailleurs les raisons d’une discographie erratique. D’abord EMI Londres, après le fulgurant succès d’un pianiste de 19 ans au prestigieux Concours de Leeds, puis, cornaqué par Alexis Weissenberg et son impresario, l’incontournable Michel Glotz, la branche française d’EMI, avant que Philips ne lui offre quelques très belles sessions (dont ne subsistent, disponibles, que les concertos de Rachmaninov avec Edo de Waart). Puis Valois/Auvidis. Et depuis sa mort prématurée en 1996, des suites d’une maladie qui a emporté tant de ses contemporains, les labels successifs de Rafael Orozco l’ont oublié, nous privant d’un héritage discographique où absolument rien n’est secondaire ou négligeable. Alors je repose la question : Warner (pour EMI) et Decca (pour les disques Philips) ne pourraient-ils enfin nous restituer les trésors qui dorment dans leurs placards ?

J’avais déjà réussi à trouver les Etudes de Chopin en CD il y a quelques années, au sommet de ma discothèque (avec l’opus 25 de Geza Anda), captées sous l’égide de Michel Glotz, salle Wagram à Paris en 1970 et 1971.

Je découvre aujourd’hui les Préludes, enregistrés au lendemain de Leeds, en décembre 1967, à Londres (l’opus 45 et l’opus posthume le seront à Paris en 1971).

D’autres diraient mieux que moi les caractéristiques de l’art pianistique de Rafael Orozco. Dans ces Préludes de Chopin, il n’emporte pas tout sur son passage comme une Martha Argerich, il ne creuse pas chaque sillon comme un Claudio Arrau, il ne surligne pas le romantisme de ce « journal de Majorque » comme tant de ses confrères. Il fait ce qu’il a toujours fait, une technique superlative au service exclusif du texte, la densité d’une sonorité jamais forcée, d’où sourdent immanquablement tendresse et émotion retenue.

C’est bien pourquoi on réclame que les autres Chopin de Rafael le magicien nous soient restitués

Je signale – parce que je l’ai trouvé récemment sur un site espagnol – un « live » du second concerto de Brahms, indispensable comme tout ce qu’on peut trouver de Rafael Orozco :

Les raretés du confinement (IX) : Mazeppa, l’été des festivals, Chick Corea, Kleiber, Britten et Bedford

#Confinement

Sur le confinement de la culture, cette phrase alambiquée de la ministre de la Culture française, Roselyne Bachelot : « L’hypothèse d’un été sans festival est exclue » (France 5, C à vous, 10 février).

Je n’ai pas attendu la déclaration ministérielle pour écrire ceci sur le site du Festival Radio France Occitanie Montpellier :

Sous le signe de la fête

Voici des mois que la culture est confinée, qu’une part essentielle de nous-mêmes est privée d’une liberté, d’une nourriture, indispensables. Pourtant nous avons besoin de musique, d’art, de beauté, nous avons besoin de retrouver la réalité vivante du concert, du spectacle. C’est tout le sens de l’édition 2021 du Festival qui aura lieu du 10 au 30 juillet, à Montpellier et dans toute l’Occitanie.

Chaque concert sera une fête ! Une fête pour ces milliers d’artistes, de travailleurs du spectacle, privés depuis trop longtemps de la liberté d’exercer leur métier, une fête pour tous les publics, une fête de la musique et de la culture partagées.

Les nouvelles stars

Ils s’appellent Jakub Józef Orliński, Benjamin Grosvenor, Alexandre Kantorow, Yoav Levanon, Filippo Gorini, Thibaut Garcia ou Adriana Gonzalez, ce sont les nouvelles étoiles de la musique, pour beaucoup des découvertes du Festival. Ils sont nombreux au Festival 2021 !

La famille du Festival

Eux aussi ont furieusement envie de faire la fête cet été : les chefs Hervé Niquet, Santtu-Matias Rouvali, Cristian Măcelaru, François Xavier Roth, Michael Schønwandt, Domingo Garcia Hindoyan, mais aussi Sonya Yoncheva, Renaud Capuçon, Michel Dalberto, Bertrand Chamayou, ou encore Félicien Brut, Thom Enhco, Magic Malik, le quatuor Ellipsos. Liste non exhaustive !

La grande famille du Festival s’est donnée rendez-vous en juillet à Montpellier.

De la Terre aux étoiles

Le Festival 2021 c’est aussi la promesse d’aventures exceptionnelles, de journées entières de musiques de fête venues du monde entier. Comme le cycle des Leçons de Ténèbres dans sept des plus hauts lieux de patrimoine de l’Occitanie. Comme les spectaculaires Pléiades de Xenakis, confiées aux percussionnistes de l’Orchestre national de France, une musique de plein air qui tutoie les étoiles. Comme ces temps forts au Mémorial du Camp de Rivesaltes, au nouveau musée #NarboVia de la Narbonne antique, à l’Abbaye de Valmagne (Festival de Thau) au festival des Lumières de Sorèze, au nouveau Conservatoire de Montpellier… Nous sommes prêts à faire la fête avec vous l’été prochain, plus résolus que jamais à retrouver la musique et les musiciens en liberté. (Jean-Pierre Rousseau Directeur)

6 février : Mazeppa

La vie et le destin d’Іван Степанович Мазепа/ Ivan Mazepa (1639-1706) devenu héros de la nation ukrainienne a inspiré les poètes romantiques, Lord Byron, Victor Hugo (dans Les Orientales), Pouchkine (Poltava), les peintres, Delacroix, Géricault, Vernet, et bien sûr les compositeurs, Tchaikovski avec son opéra Mazeppa, et Liszt d’abord avec la 4ème de ses Etudes d’exécution transcendante, puis avec son poème symphonique éponyme, datant de 1851, créé à Weimar sous la direction du compositeur le 16 avril 1854. Liszt a retenu trois éléments de la légende de Mazeppa :la course folle sur le dos du cheval, la chute qui semble annoncer la mort, le réveil et le triomphe. Mazeppa est l’un des poèmes symphoniques les plus flamboyants de Liszt. Peu de chefs ont, à mon goût, restitué la dimension épique, le caractère tourmenté, de cette musique puissamment romantique. Herbert von Karajan en a gravé, en 1959, à Berlin, une version qui reste une référence insurpassée.

7 février : Shura Cherkassky encore

Retour à ce grand musicien très singulier, Shura Cherkassky (1909-1995), à qui j’avais consacré mon « post » dans cette rubrique le 4 février, et qui a suscité nombre de commentaires et de souvenirs. Un répertoire absolument incroyable, je crois sans équivalent parmi ses contemporains et des interprètes de cette envergure.

La preuve, ces Trois pièces chinoises du quasi-contemporain de Cherkassky, élève comme lui de Josef Hofmann, le pianiste virtuose et compositeur américain Abram Chasins (1903-1987). Ici la troisième de ces pièces « Rush Hour in Hong Kong » que Shura Cherkassky adorait jouer dans la série de « bis » (jusqu’à six) qu’il offrait inévitablement à la fin de chaque récital.

On ne saurait trop conseiller le double CD publié par First Hand contenant « the complete HMV stereo recordings » de Cherkassky.

8 février : la disparition de Stefano Mazzonis, Mozart

J’ai appris hier tard dans la soirée la disparition soudaine de Stefano Mazzonis di Pralafera, qui dirigeait l’Opéra royal de Wallonie, à Liège, depuis 2007. On le savait malade, mais sa mort brutale a surpris ses amis, dont j’étais.

Nous savions, lui et moi, quelle était notre responsabilité de conduire les deux magnifiques vaisseaux amiraux de la flotte culturelle de Liège, lui l’Opéra, son choeur, son orchestre, moi l’Orchestre philharmonique royal de Liège, chacun dans deux magnifiques écrins – un luxe inouï pour une ville comme Liège – le « Théâtre royal » pour lui, la Salle Philharmonique pour moi. Il nous est arrivé d’être concurrents, parce que nous visions l’excellence, la conquête de nouveaux publics, il m’est arrivé de ne pas partager certaines des options artistiques de Stefano, mais l’amitié n’a jamais faibli ni failli. Je me rappelle encore cette grande entreprise menée de concert, cette soirée au Théâtre des Champs-Elysées le 31 octobre 2012, où ensemble nous étions allés promouvoir les couleurs de Liège (lire Giscard et la princesse). Je me rappelle aussi ma dernière venue à Liège, il y a plus d’un an, avant la crise sanitaire. Une belle soirée d’opéra, dans la loge royale, avec Stefano et Alexise. Un moment de bonheur. Pensées affectueuses pour celles et ceux qu’il laisse dans la tristesse.

Ce 8 février je publiais cet article : Mauvais traitements, la Quarantième rugissante. Parmi les multiples versions de la 40ème symphonie de Mozart que j’y comparais, j’avais oublié celle, miraculeuse d’élan et d’équilibre, de George Szell

9 février : Raymond, Bernstein et l’Orchestre National

Le 21 novembre 1981, Leonard Bernstein dirigeait l’Orchestre National de France au théâtre des Champs-Elysées. Un programme tout français, avec la 3ème symphonie de Roussel et la Symphonie de Franck (lire Un été Bernstein). Et l’ouverture de « Raymond » d’Ambroise Thomas ! Je me rappelle avoir vu ce concert à la télévision et un Leonard Bernstein déchaîné qui sautait sur son podium.

Cette version a été éditée en CD dans le cadre du coffret anniversaire des 80 ans de l’ONF et figure sur un copieux DVD/Blu-Ray.

Ici c’est l’enregistrement réalisé à New York en 1966.

10 février : Muti et l’ONF

Dans le prolongement de mon billet d’hier (Leonard Bernstein et l’Orchestre National de France) une autre pépite du très beau coffret d’inédits publié en 2015 à l’occasion des 80 ans de l’ONF (voir les détails L’Orchestre national de France : 80 ans)

Le 15 janvier 2004, au Théâtre des Champs-Elysées Riccardo Muti dirige l’ouverture de l’opéra Lodoiska de Cherubini, à la tête de l’ Orchestre national de France

11 février : Carlos Kleiber et Richter

Une double rareté dans le répertoire de ces deux géants : le concerto pour piano de Dvorak sous les doigts de Sviatoslav Richter et la direction ô combien passionnée de Carlos Kleiber (1930-2004) – voir la discographie du grand chef : Carlos Kleiber

12 février : Hommage à Chick Corea

Quand le jazzman jouait Mozart avec Friedrich Gulda et Nikolaus Harnoncourt, un enregistrement rare et jubilatoire du concerto pour 2 pianos de Mozart (1989)

14 février : Hans Richter-Haaser

Le pianiste Hans Richter-Haaser (1912-1980) est un magnifique artiste, un interprète d’élection de Beethoven et Brahms, il a eu une carrière tardive et plutôt brève, mais sa discographie est exceptionnelle : L’autre Richter.

En 1957, il participe au seul enregistrement que Karl Böhm ait fait de la Fantaisie chorale de Beethoven, avec d’illustres partenaires – Teresa Stich-Randall, Hilde Rössel-Majdan, Erich Majkut, Paul Schöffler – et l’Orchestre symphonique de Vienne :

15 février : le Suisse oublié

Aujourd’hui une absolue rareté :un grand compositeur suisse – Othmar Schoeck (1886-1957) – complètement méconnu en dehors de son pays natal, son concerto pour violoncelle d’un lyrisme sans âge, des interprètes magnifiques : le violoncelliste Antoine Lederlin, jadis musicien de l’ Orchestre Philharmonique de Radio France, aujourd’hui membre du Belcea Quartet, l’ Orchestre national d’Auvergne dirigé par Armin Jordan (1932-2006)

16 février : deux décès

Hier soir on apprenait le décès, à 93 ans, des suites du Covid, de la cantatrice Andréa Guiot, dont j’avais raconté quelques souvenirs le 9 décembre dernier (voir Les raretés du confinement V)

Et aujourd’hui celui du chef d’orchestre britannique qui n’a jamais eu une grande notoriété sur le continent Steuart Bedford (1939-2021). Steuart Bedford a voué une grande part de sa vie et de sa carrière de chef à servir un compositeur qui l’avait pris sous son aile Benjamin Britten (1913-1976)

C’est Steuart Bedford qui dirige en 1973 la création du dernier opéra de Britten Death in Venice / Mort à Venise. C’est lui qui reprend en 1974 – jusqu’en 1998 ! – la direction du Festival d’Aldeburgh (sur l’impossible prononciation de cette charmante bourgade du Suffolk relire mon article : Comment prononcer les noms étrangers ?) fondé par Britten en 1948.

J’ai un souvenir à la fois émouvant et cocasse de Steuart Bedford. Je l’avais invité au début des années 90 à diriger un concert de l’Orchestre de la Suisse romande, qui devait se dérouler dans le cadre de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (dans le Valais). Pour aller de Genève à Martigny, et y conduire le chef, j’avais pris une voiture de la Radio suisse romande et choisi d’emprunter l’itinéraire sud du lac Léman (une route que je connaissais par coeur puisque je l’empruntais chaque jour pour faire le trajet Thonon-Genève). Moi qui passais la frontière franco-suisse sans jamais être arrêté par la douane, lorsque j’étais dans ma voiture personnelle, je fus stoppé au moment d’entrer en Haute-Savoie par des douaniers qui firent semblant de ne pas me reconnaître, qui m’interrogèrent sur le but de mon voyage, demandèrent les papiers de mon hôte… et – cerise sur le gâteau – l’autorisation de circuler en France pour un véhicule de la Radio suisse romande !! A l’époque, pas de téléphone portable, pas de possibilité de prouver qu’une répétition générale et un concert nous attendaient. Je jouai le tout pour le tout, en exigeant l’accès à un téléphone, pour prévenir qu’empêchés par la douane française, le chef et l’orchestre devaient annuler le concert… Le chef de poste finit par comprendre la totale absurdité de la situation… et nous laissa filer.

Ce long intermède et la route que nous fîmes ce jour-là me permirent de faire parler Steuart Bedford de Benjamin Britten, de son travail de chef, de ses passions musicales. Humour, calme, flegme, immense culture, il incarnait le parfait musicien britannique.

Eléments d’une discographie :