Funny girl

Du passé faisons table rase… ou avant moi le déluge ! Quelle étrange et stupide manie de la part de certains directeurs d’institutions culturelles que celle qui consiste à laisser accroire qu’ils ont réinventé le monde et à renier ou cacher ce qui a été fait avant eux.

Ce matin, long reportage sur France 2 sur le spectacle donné au Châtelet à Paris pour ces fêtes de fin d’année : Un Américain à ParisInterview de certains artistes, interview de l’actuel co-directeur du théâtre parisien qui a rouvert ses portes en septembre après deux ans de travaux. Tout le monde de louer le succès de l’entreprise, qui a tourné pendant cinq ans dans le monde entier, depuis la création de ce spectacle en 2014… au Châtelet à Paris. Mais pas un mot de celui qui avait lancé ce projet un peu fou de transformer en comédie musicale le film de Vincente Minnelli, couronné de six oscars en 1952, avec le couple légendaire formé de Gene Kelly et Leslie Caron… le directeur du Châtelet de l’époque, Jean-Luc Choplin.

Le spectacle proposé ces jours-ici au Châtelet est bien la reprise de celui créé il y a cinq ans !

Jean-Luc Choplin officie désormais au théâtre Marignydélicieuse bonbonnière, toute refaite de neuf, à quelques mètres de l’Elysée.

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Pour les plus anciens d’entre nous, c’est ici que furent captées, et le plus souvent diffusées en direct, les soirées de la mythique émission de Pierre Sabbagh Au théâtre ce soir de 1966 à 1986 !

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C’est ici que se donne l’autre succès de cette fin d’année, la comédie musicale Funny Girlcréée le 26 mars 1964 au Winter Garden Theatre de Broadway à New York, par Barbra Streisand dans le rôle principal.

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New York, années 1910.
Fanny Brice est la star des Ziegfeld Follies. Alors qu’elle attend la sortie de prison de son mari Nick Arnstein, elle se remémore les étapes de sa carrière, de l’adolescente ingrate à la star reconnue.
Fanny est une adolescente au physique difficile qui ne pense qu’à monter sur scène et qui obtient son premier emploi dans un théâtre de vaudeville.
Après des débuts chaotiques en tant que « chorus girl », elle se fait remarquer comme chanteuse comique et rencontre l’élégant Nick Arnstein.
Ils tombent amoureux dans la grande tradition romantique et se marient.
Mais alors que Fanny devient une star grâce à Florenz Ziegfeld, les affaires de Nick périclitent et il est arrêté.

La comédie musicale se termine là où elle a commencé : Nick revient, et Fanny et lui décident de se séparer.

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Une distribution formidable, à commencer par celle qui relève le défi de faire oublier la créatrice du rôle, une boule d’énergie et de talent, Christina Bianco.

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Le spectacle est prolongé jusqu’au 7 mars 2020. Aucune excuse pour le manquer !

 

Ouverture

On eût souhaité que ces derniers jours ne fussent que bonheur. Celui de l’ouverture d’un festival auquel on est fidèle depuis 1987 et dont on a désormais la charge.

Mais les mauvaises nouvelles n’attendent pas. La disparition de l’acteur principal du film préféré de mon père, si souvent vu et revu, Docteur Jivago, Omar Sharif

La Grèce : à quoi a servi le référendum de dimanche dernier ? Qui a trompé qui ?

Et puis des changements, bien ou mal vus, c’est selon, dans le paysage radiophonique…

Mais avouera-t-on qu’on n’avait d’yeux et d’oreilles jeudi soir que pour les très jeunes musiciens du Bagad de Lann Bihoué qui ont ouvert l’édition 2015 du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon dans un théâtre de Mende plein à craquer :

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Conjugaison réussie des plus anciennes traditions populaires et d’un enthousiasme collectif contagieux. Un sénateur-maire et les personnalités locales qui n’étaient pas les dernières à vouloir aller jusqu’au bout de la nuit…

Voir le reportage de France 3http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/ouverture-celtique-du-festival-de-radio-france-avec-le-bagad-de-lann-bihoue-768343.html

Ce vendredi c’est à Montpellier qu’on allait sentir si cette nouvelle édition prenait (ou non) un bon départ. Même si les chiffres de pré-vente étaient très rassurants, on sait d’expérience que rien ne remplace la fébrilité qui gagne organisateurs, artistes et publics le jour même, et de voir la foule affluer vers la grande salle Berlioz du Corum sous le soleil de midi, des files se former au guichet, on savait le pari gagné de remplir cet immense vaisseau un jour de semaine à l’heure du déjeuner… avec un artiste qui avait commencé le 12 juillet 1995, dans une salle beaucoup plus modeste, un parcours d’amitié ininterrompu avec le festival : Fazil Say

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Un peu moins surpris par une salle archi-comble le soir : certes le Concerto d’Aranjuez – et le fantastique Juan Manuel Canizares, le Boléro de Ravel, les danses du Tricorne de Falla, Espana de Chabrier, mais les moins courues Dansas Fantasticas de Turina ou Catalonia d’Albeniz, il y en avait pour toute l’Espagne et la baguette fringante de Domingo Hindoyan à la tête d’un Orchestre national de Montpellier en très grande forme.

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Ce samedi marathon pianistique, encore une de ces folies que seul le Festival peut se permettre…Cédric Pescia ouvre ces 205 nuances de blanc et noir à 9h30 avec ceci :