Je suis depuis longtemps un fan inconditionnel de Gérard Hoffnung (lire La musique pour rire).
Son « concerto popolare » dans sa version initiale :
Et repris lors d’un concert des Prom’s en 2011 sous la direction d’Andrew Litton :
Le concerto des adieux
C’est évidemment à cela que j’ai tout de suite pensé quand j’ai découvert, le 3 octobre 2014, la surprise que m’avait faite l’orchestre philharmonique royal de Liège à l’occasion d’une soirée elle aussi surprise pour marquer mon départ de la direction de l’orchestre.
J’ai retrouvé tout récemment un CD qu’on m’avait remis à l’issue de la soirée et qui comportait entre autres la captation d’une pièce spécialement composée pour l’occasion par le génial Cyrille Lehn à partir d’une douzaine de citations de musiques qui m’avaient touché particulièrement au cours de mon mandat. C’est tout simplement bluffant :
Dans l’ordre – qu’on admire d’abord l’habileté, la qualité.. et l’humour des enchainements ! –
- Le début du Sacre du printemps (et le prodigieux basson de Joanie Carlier) parce que le chef-d’oeuvre de Stravinsky a ponctué mes années liégeoises, avec Louis Langrée bien sûr et Pascal Rophé pour un projet extraordinaire en mars 2007 à la Caserne Fonck où les artistes de la compagnie Heddy Maalem dansaient sur le même plateau que l’orchestre. Inoubliable
- La vie en rose. Oui j’aime Edith Piaf et La vie en rose, quelle originalité ! Mais bravo à Cyrille pour ces insertions inattendues de ce thème si célèbre (si on fait bien attention on l’entend à nouveau à la trompette bouchée après une citation de Chostakovitch). Et pour moi un souvenir très personnel : il y a une quarantaine d’années je dînais à Paris avec des amis chers dans un restaurant alors à la mode. A la table voisine, Grace Jones !
- Mozart : Grande Messe en ut. En décembre 2001, une soirée inoubliable autour de Louis Langrée avec deux chanteuses à leurs débuts, Sophie Karthäuser et Céline Scheen.
- Lalo : Symphonie en sol mineur (scherzo) : tout a déjà été dit et expliqué sur la présence de cet extrait dans cette composition. Ce fut aussi le premier disque publié de mon mandat. J’en suis toujours aussi fier.
- Beethoven : Symphonie n°7. De nouveau c’est un souvenir lié à mes débuts à l’orchestre, lorsque nous étions en quête d’un nouveau directeur musical. Avant de prendre une décision, mon choix s’étant porté sur Louis Langrée, celui-ci voulait, à juste titre, « tester » ce que pourrait être sa relation à l’orchestre. L’un de ces programmes « d’essai » comportait la Symphonie n°104 de Haydn et la 7e symphonie de Beethoven.
- Rachmaninov : L’île des morts. Rachmaninov est une de mes passions et j’aurai eu la. chance de programmer à Liège ses trois symphonies, ses Danses symphoniques, ses pièces orchestrales plus rares, les quatre concertos pour piano et la Rhapsodie sur un thème de Paganini. Quant à l’Ile des morts ce fut un des marqueurs du festival symboliste voulu par Louis Langrée en mars 2005.
- Mahler : Symphonie n°1. Un bon souvenir du trop bref passage de François-Xavier Roth à Liège, c’était le 27 novembre 2009 !
- Franck : Le Chasseur maudit. L’un des tubes de l’orchestre, lorsqu’il ne joue pas la symphonie du père Franck ! Toujours spectaculaire en concert. Grands souvenirs avec Louis Langrée, notamment en tournée


- Chostakovitch: Symphonie n°11. En mars 2001, avant même sa prise de fonction comme directeur musical, Louis Langrée avait choisi cette symphonie pour son premier concert d’abonnement avec l’OPRL. Nous partirons ensuite en Espagne avec elle, puis au théâtre des Champs-Elysées à Paris. Je n’ai depuis lors plus jamais entendu cette symphonie avec la même puissance d’émotion.

- Johann Strauss : Wein, Weib und Gesang (Aimer, boire et chanter). Pour qui me suit sur mon blog, ce ne peut être une surprise qu’il y ait quelques notes de Strauss dans cette composition. En l’occurrence un extrait de l’une des plus belles et émouvantes valses du Viennois.
De toutes les versions que j’ai et que j’ai écoutées, l’incontestable référence reste Willi Boskovsky, parce que c’est la plus dansante, la plus allante, et la plus élégante.
- Gigi l’amoroso / Dalida
En 2004, cinq ans après mon arrivée à la direction, il s’était murmuré que je serais rappelé à Paris. J’avais passé beaucoup de temps à démentir les rumeurs qui ne reposaient sur rien de sérieux. Mon équipe pour me remercier avec humour d’avoir choisi de rester à Liège avait concocté une chanson « Jipi l’amoroso » reprenant le tube de Dalida – qui m’a toujours ému et que je réécoute régulièrement…
- Ravel : Boléro. Drôle de souvenir que le Boléro de Ravel qui aurait pu tout faire capoter par la faute d’une caisse claire partie dans le décor, un certain 18 juin 2000. Est-ce pour conjurer le sort que plus jamais par la suite l’OPRL n’a programmé le Boléro, et souvent préféré la 2e suite de Daphnis et Chloé, comme lors du concert du 50e anniversaire le 7 décembre 2010.
Cadeau : Puisque cet article réveille des souvenirs de mes années liégeoises, cette séquence captée à la Salle Philharmonique, trois chers amis livrant ce premier mouvement miraculeux du Trio l’Archiduc de Beethoven (une captation réalisée par JBR)
Et toujours mes brèves de blog, humeurs et rumeurs du jour !