Fête ou défaite de la musique ?

Je publiais hier soir sur Facebook cette question : Fête des décibels et défaite de la musique ?

Plusieurs amis y ont répondu :

« Pourquoi écrire cela ? Moi, je me promène dans les 5ème et 6ème arrondissements, je vois des milliers de jeunes gens s’amuser, prendre un verre, écouter des groupes de musiciens. Ambiance bon enfant, sympa. Des chorales de quartiers, ici deux ados qui chantent du blues, là une fanfare avec ophicléide et grosse caisse, là encore un ensemble de musiques tziganes. Certes, une majorité de groupes de rock et de musiques plus… »décibélisées ». Et alors ? Où est le problème ? Voici des mois que ce pays vit dans une sinistrose déprimante, l’état d’urgence, des manifs, des flics partout… Je trouve qu’il y beaucoup de gaieté ce soir, et je me fiche que certaines des musiques ne me plaisent pas. » (Ph.C.)

...C’est peut-être parce que quelquefois on entend plus les décibels que le genre de musique lui même…😜🎶 et C’est vrai que là  je regarde à quelle heure le concert en bas de chez moi va se terminer…pour pouvoir assurer le mien demain …(K.D.)

…et moi j’ai suivi une excellente bande de percussionnistes rue des Francs Bourgeois et tout le monde dansait avec eux…(D.A.)

Ces trois commentaires émanent de musiciens « classiques » et parisiens, ils ont tous les trois raison !

La question que je posais n’était pas une remise en cause de la Fête de la musique qui, quoiqu’on en pense, est entrée dans les moeurs et les traditions. Mais alors que le matin même plusieurs médias rappelaient que 30% des populations régulièrement exposées à de fortes amplifications (les jeunes essentiellement) subissent des atteintes irrémédiables (surdité, acouphènes) à leurs capacités auditives, je m’interrogeais simplement sur la nécessité (?) de suramplifier des groupes, des chanteurs, qui se produisent dans des places ou sur des carrefours exigus. Comme hier sous les fenêtres même de la ministre de la culture au Palais Royal. L’excès de décibels tue la musique et ses interprètes, au lieu de les mettre en valeur.

Or la dimension festive de la musique, telle que la décrivent mes « commentateurs » ci-dessus, tient justement à ce qu’on la découvre, l’entend, l’aime dans la réalité des sons produits, dans la ferveur et la joie de ses interprètes amateurs ou non. Pas dans la déformation artificielle d’un son saturé.

IMG_3524IMG_3528IMG_3529(La cour du Palais Royal et les fameuses colonnes de Buren, vues du ministère de la Culture)

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