Picasso à Montpellier

Les habitués du Musée Picasso à Paris ne feront pas de découverte majeure dans l’exposition Picasso, Donner à voir proposée par le Musée Fabre de Montpellier jusqu’au 23 septembre (lire Picasso et la musique). Mais on apprécie – et à en juger par l’affluence, je ne suis pas le seul ! – la proposition très pédagogique de 14 étapes, 14 moments-clés de l’oeuvre de l’artiste le plus prolifique du XXème siècle, rebelle à toutes les écoles, à tous les systèmes.

Quelques-uns de mes coups de coeur :

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Et puis, quand on est au Musée Fabre, comment ne pas revisiter les riches collections permanentes…

fullsizeoutput_959Frédéric Bazille, La petite chanteuse italienne, 1868

fullsizeoutput_95cFrédéric Bazille, Vue sur le village, 1868

fullsizeoutput_95fNicolas de Staël, Paysage, Ménerbes, 1954

Et les grandes salles SoulagesIMG_7422

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George et Igor

Un heureux hasard a fait se succéder, à deux jours d’intervalle, les deux formations orchestrales de Radio France, à l’Opéra Berlioz à Montpellier, dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier.

Gershwin pour l’Orchestre National de France, John Adams, Ravel, Stravinski pour l’Orchestre Philharmonique de Radio France. En point de mire, Paris, la France, thème central de l’édition 2018 (Douce France).

Un programme de concert tout Gershwin, c’est la promesse d’une salle comble. On ne s’est jamais vraiment interrogé sur les raisons de cet engouement du public, jamais démenti depuis des lustres. Beaucoup d’organisateurs – j’en ai été – cèdent à la tentation, au prétexte d’une fin de saison, d’une fête populaire, puisque c’est « grand public » et que c’est une musique d’apparence facile, légère.

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Et pourtant Emmanuel Krivine qui achevait, vendredi soir, sa première saison à la tête de l’Orchestre National de France, n’avait pas choisi par hasard les quatre oeuvres de Gershwin – l’Ouverture cubaine, le concerto en fa, Rhapsody in Blue et Un Américain à Paris. 

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(Répétition de l’Ouverture cubaine)

Rien n’est plus difficile que de conjuguer précision, cohésion d’ensemble et sentiment de liberté, de swing, dans ce répertoire, même pour une phalange d’excellence comme l’ONF. Challenge largement remporté par Emmanuel Krivine et ses musiciens, en très grande forme, dans un festival de couleurs et de rythmes.

Le concert est à réécouter ici : francemusique.fr

Hier soir, l’Opéra Berlioz était à nouveau en fête, avec le retour d’un équipage qui avait déjà fait des étincelles, lors de l’édition 2014 du Festival : Santtu-Matias Rouvali et l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Une autre manière de célébrer le grand orchestre, après Gershwin : l’envoûtant foxtrott de John Adams The Chairman dances,le concerto pour la main gauche de Ravel,qui a plus d’une parenté avec le concerto en fa de Gershwin, et Le Sacre du Printemps de Stravinsky.

 

37607834_10156504427423194_1386275659143184384_n(Bertrand Chamayou, Santtu-Matias Rouvali et les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France)

Bertrand Chamayou est chez lui au Festival – il y a deux ans il jouait le 5ème concerto de Saint-Saëns avec l’Orchestre National, qu’il a enregistré depuis, un disque à paraître début septembre – et dans Ravel (il donnait en bis une très poétique Pavane pour une infante défunte)

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Alors Le Sacre à la manière Rouvali ? Je manque d’objectivité sans doute, mais j’ai entendu hier soir tout ce que j’aime dans cette partition, les scansions primitives – dommage que les orchestres français n’aient plus (?) de basson français, mais les solides Fagott allemands ! – , les rythmes ancestraux, la fabuleuse organisation des coloris fauves de l’orchestre. Il n’est que de réécouter le concert ici : francemusique.fr.

Et la confirmation que le jeune chef finlandais – 32 ans seulement – est déjà l’une des très grandes baguettes de notre temps. On n’attendra pas quatre ans pour le réinviter à Montpellier…

Epidémie de Scarlatti

Recherches faites, il est avéré que la scarlatine, même dans la célèbre version de Ray Ventura et ses Collégiens,

ne résulte aucunement d’un abus de Scarlatti !

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Tant mieux parce qu’une véritable épidémie de Scarlatti s’est développée depuis dimanche dans toute la région Occitanie, à l’instigation de France Musique et du Festival Radio France. Objectif avoué : faire jouer les 555 sonates pour clavecin que le compositeur napolitain, mort à Madrid, a composées, pour l’essentiel, à l’intention de l’Infante d’Espagne. Par 30 musiciens formant sans doute l’élite actuelle du clavecin mondial, lors de 35 concerts, en 13 lieux exceptionnels. Tous les médias en parlent, c’est l’événement de l’été ! (lire 555)

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C’est évidemment au Château d’Assas que les festivités ont commencé samedi dernier, sur le clavecin de Scott Ross.

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Lundi c’était la salle d’assises du Tribunal de Grande Instance de Perpignan qui accueillait deux des concerts de cette intégrale !

IMG_7138Hier soir à Fourques, Justin Taylor et Enrico Baiano dispensaient leur fantaisie devant un public ébahi.

L’incroyable cycle s’achève dimanche là où il a commencé : au château d’Assas. D’ici là on peut encore pister une bonne vingtaine de concerts : tout le programme ici L’intégrale Scarlatti 555.

Je me demandais l’autre jour à haute voix devant Marc Voinchet, directeur de France Musique, et véritable initiateur de ce projet fou, si on ne reprendrait pas l’idée de cette intégrale, mais au piano cette fois. Je crains que cela ne reste à l’état de rêve inaccessible !

Et pourtant Scarlatti donne aussi des merveilles au piano, sous des doigts inspirés. J’avoue ne jamais me lasser d’entendre ces quelques disques précieusement collectionnés au fil des publications ou rééditions.

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En écrivant cet article, je tombe par hasard sur ce très émouvant documentaire dû à la très regrettée et très chère Mildred Clary : Un voyage à Séville avec Christian Zacharias sur les traces de Domenico Scarlatti

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La France en joie

En 1998, le soir de la finale de la Coupe du monde de football, j’assistais à une représentation de l’un des ouvrages les plus intimistes de Britten, Curlew River, dans la cour de l’hôtel Maynier d’Oppède à Aix-en-Provence. 

On peut difficilement imaginer plus grand contraste entre l’atmosphère de cette pièce et l’exubérance qui commençait à monter dans tous les foyers de France. Les dernières notes de Britten étaient à peine achevées, qu’une immense clameur envahit les rues d’ordinaire bien calmes du centre d’Aix. La France était championne du monde, et même les plus rétifs des spectateurs aixois à cette fête du football ne tardèrent pas à rejoindre le Cours Mirabeau où la foule se rassemblait, heureuse, joyeuse et bon enfant.

Vingt ans plus tard, les hasards de la programmation, à moins qu’il ne s’agisse – soyons immodeste pour l’occasion ! – d’un sens certain de l’anticipation, ont fait que le Festival Radio France avait prévu, mardi dernier, un concert de l’Harmonie de la Garde Républicaine, le soir de la demi-finale (voir Douce France) et hier soir, quelques heures après une finale de folie, le grand spectacle de chanson française imaginé autour d’Isabelle Georges, Frederik Steenbrink, Roland Romanelli, Jeff Cohen, Fayçal Karoui et l’excellent orchestre de Pau Pays de Béarn, un spectacle placé sous l’égide du thème de ce Festival 2018, l’éternelle chanson de Charles Trenet… Douce France.

Une soirée vraiment formidable, à la hauteur de l’événement qui a fait vibrer tout un peuple…

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Intense émotion quand Roland Romanelli entonne Ma plus belle histoire d’amour c’est vous

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Et quand la foule rassemblée à l’amphithéâtre du Domaine d’O reprend la chanson fétiche du #FestivalRF18…

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Douce France

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On y est ! Le 34ème Festival Radio France s’est ouvert lundi avec les Rencontres de Pétrarque et La Série musicale, de France Culture.

Mardi, c’est l’Harmonie de la Garde Républicaine qui ouvrait le bal des 150 concerts programmés (!). La demi-finale de la Coupe du monde de football avait un peu réduit l’affluence attendue dans le magnifique amphithéâtre de plein air du Domaine d’O, mais la victoire des Bleus avait dopé musiciens et public.

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Mercredi, traditionnelle soirée d’ouverture « officielle » en présence des deux co-présidentes du Festival, Sibyle Veil, la nouvelle présidente de Radio France et Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie.

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Avec une Périchole endiablée, comme seul Marc Minkowski en a le secret, à la tête d’une formidable troupe, les choeurs de l’opéra de Bordeaux, les Musiciens du Louvre, Aude Extremo, Philippe Talbot, Alexandre Duhamel, Eric Huchet, Romain Dayez, Enguerrand de Hys, Olivia Doray, Julie Pastouraud, Mélodie Ruvio, Adriana Bignani Lesca, et plus qu’une « mise en espace », une vraie mise en scène de Romain Gilbert.

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La troisième soirée du Festival prenait un tour plus intime, quoique présentée dans le grand vaisseau de l’opéra Berlioz : sublime récital de deux « enfants » du Festival, Fazil Say et Marianne Crébassa. 

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Bonheur sans mélange de retrouver ces deux artistes qu’on aime tant…

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Riga choeur du monde

IMG_6542(La Maison des Têtes Noires, résidence du Président de la République)

Me voici jusqu’à dimanche soir à Riga, la capitale de l’un des trois Etats baltes, que les cancres en géographie que sont les Français mélangent toujours, ici la Lettonie !

Invité par le gouvernement letton pour vivre un événement unique au monde, qui a lieu tous les cinq ans :

Je devrais retrouver, parmi cette foule de chanteurs, le formidable Choeur de la radio lettone qui est l’hôte régulier du Festival Radio France et qui, en cette année du centenaire de l’indépendance de la Lettonie, revient à Montpellier (le 23 juillet) et à Cahors (le 25) pour un programme de musiques baltes (Chants de la Baltique).

Premières impressions d’une capitale nordique, paisible et accueillante.

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36684860_10155826940512602_2614770549296988160_n(C’est sur cette place fleurie du centre historique que j’ai suivi le début du match France-Uruguay, avec une Marseillaise très applaudie par les spectateurs attablés aux terrasses des cafés)

IMG_6546Façade de la cathédrale Saint-Pierre

IMG_6560La maison aux deux chats noirs (1909)

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Le classique ça fait du bien

C’est la saison des interviews pour les patrons de chaînes… et les directeurs de festivals. Classique en début d’été, un marronnier* en quelque sorte !

Avec, pour les interviewés, le sentiment de dire toujours la même chose, de tordre le cou à des clichés qui ont la vie dure (sur l’élitisme, l’inaccessibilité de la musique classique, le « rajeunissement » des audiences, etc…)

Dernier en date l’entretien paru sur le site de L’Obs : Entretien avec Jean-Pierre Rousseau, directeur du Festival Radio France Occitanie Montpellier

749cef-516727576(L’ensemble Les Surprises qui donne, le 18 juillet, la re-création d’Issé, « pastorale héroïque » d’André Cardinal Destouches)

« Porter la musique partout où elle peut aller, partout où elle est attendue, c’est la vocation première du Festival et c’est sans doute la plus noble des missions. 

Quand je vois ce qui se passe entre des artistes et des publics qui assistent pour la première fois de leur vie à un concert, je sais que nous touchons juste. La musique fait du bien à ceux qui l’écoutent ! »

Je relis cette interview du directeur de France Musique, Marc Voinchet, interrogé sur la grille d’été de la chaîne et ses réponses à deux questions bateau :

France Musique peut-elle s’adresser à un public plus jeune ? 
Les émissions de radio pour les jeunes sont rarement réussies. C’est très difficile de faire de bons programmes à caractère pédagogique. Mais je pense que France Musique a des choses à faire pour ce public, nous y travaillons, notamment sur le numérique. 

Vous êtes directeur de la station depuis 3 ans. Quel bilan en tirez-vous ?
Dans France Musique, il y a musique. Quand il vient chez nous, l’auditeur cherche de la musique. J’ai voulu remettre cela au centre de nos programmes en rappelant quelques réflexes de radio : avoir une parole mesurée et bien cadrée. Je pense que nous y sommes arrivés même si il y aura encore quelques aménagements sur la grille des programmes, à la rentrée, notamment le week-end et dans nos matinées.

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Je retrouve ce papier paru dans Libération le 9 janvier…1996. Extraits :

France Musique s’est récemment illustrée dans les sondages par un net gain d’audience. La station revient de loin… «On a toujours opposé radio pédagogie et robinet musical…C’est un débat pauvre…il est impossible d’essayer de faire de la radio sans se caler sur le rythme des auditeurs» réaffirme Jean-Pierre Rousseau qui avait un temps claironné le slogan: «France Musique à l’écoute de ses auditeurs», afin de stigmatiser la tendance de certains producteurs à ne guère se soucier d’être bien entendu. (Christian Leblé, Libération)

Est-ce à dire que « tout change, rien ne change » ? Ou, plus simplement, que les problématiques qui se posent à un directeur de chaîne musicale classique évoluent plus lentement que les habitudes d’écoute des auditeurs ?

Parmi les nouveautés introduites récemment sur France Musique, la chronique hebdomadaire de Christophe Chassol.

Dans un récent entretien à Télérama (Christophe Chassol, la nonchalance savante), le jeune compositeur :

« On sent un vrai plaisir à être là derrière ce micro et à transmettre. C’est savant et détendu, une sorte de transmission douce des choses.

J’ai donné beaucoup de cours de piano, et j’ai été professeur de musique en collège en banlieue pendant trois ans. Je faisais une espèce d’histoire de la musique du XXe siècle, de Missy Elliott jusqu’à Stravinsky. J’aime bien les choses complexes, mais pas les choses compliqués, donc j’essaye dans mes chroniques de faire en sorte qu’on comprenne le plus de termes possibles. En se prenant un peu la tête, on peut tout rendre compréhensible. »

J’ai pu entendre – ce qui m’arrive trop rarement – la dernière chronique de Christophe Chassol sur France Musique. Un seul regret : que la séquence ait été aussi brève. On aurait adoré l’entendre parcourir tout le concerto pour orchestre de Bartók et nous l’expliquer aussi lumineusement… Réécoutez cette chronique : De la lumière chez Bartók

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*Marronnier : l’origine du mot tiendrait à un fait historique : Tous les ans, aux premiers jours du printemps, un marronnier à fleurs rouges fleurissait sur la tombe des Gardes suisses tués lors de la journée du 10 août 1792, dans les jardins des Tuileries à Paris ; et tous les ans un article paraissait dans la presse pour s’en faire l’écho (Source Wikipedia)

 

La dernière étoile

Elle est morte hier à New York à 86 ans, la Française Liliane Montevecchi est peut-être la dernière d’une lignée de « stars » du music-hall. Danseuse, chanteuse, diseuse, showgirl elle faisait le spectacle à elle seule, jouait son personnage de femme fatale à la perfection.

Je me rappelle l’étonnant spectacle monté par le regretté Jérome Savary, du temps où il dirigeait l’Opéra-Comique. Il avait entrepris de faire revivre le personnage de Mistinguett, sous les traits et dans la peau de Liliane Montevecchi.

Je n’ai pas trouvé de meilleur extrait vidéo de ce spectacle capté en DVD.

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Pour être honnête, je pense qu’à l’époque peu de gens savaient qui était Liliane Montevecchi, qui avait fait l’essentiel de sa carrière à Broadway, avait remporté un Emmy Award pour Nine en 1982. Et qu’incarner un mythe comme Mistinguett pouvait être casse-gueule, pour une artiste de 68 ans.

Je garde un souvenir ébloui de la prestation de Liliane Montevecchi (et de toute la distribution d’ailleurs), l’allure, la classe, la gouaille, et un port de danseuse qui pouvait en remontrer à de bien plus jeunes.

Il y a quelqu’un aujourd’hui qui s’inscrit pleinement dans l’héritage de ces stars de la scène, sans pour autant s’affubler des oripeaux de la « diva », c’est Isabelle Georges  (voir Isabelle au bal) 

Je crois me rappeler d’ailleurs qu’Isabelle a assuré une série de performances dans un cabaret de Francfort, à la suite de… Liliane Montevecchi !

Isabelle Georges qu’on retrouvera, très bien entourée, le 15 juillet à Montpellier (Domaine d’O) et le 16 juillet à Cap Découverte (Carmaux) pour un spectacle exclusif du Festival Radio France : Douce France.

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555, nombre magique ! Celui des sonates pour clavier de Domenico Scarlatti, ce compositeur génial, né à Naples en 1685 mort à Madrid en 1727.

1RKa0gAuTcaWSkN3f41cvwLe numéro de juin-juillet de Diapason évoque ce corpus absolument unique dans l’histoire de la musique, parce que c’est le projet phare, le projet fou, du 34ème Festival Radio France Occitanie Montpellier et de France Musique : une première mondiale, donner en 35 concerts, du 14 au 23 juillet, la totalité de ces 555 sonates sous les doigts de 30 clavecinistes : Jean-Marc Aymes, Enrico Baiano, Olivier Baumont, Carole Cerasi, Francesco Corti, Bertrand Cuiller, Aurélien Delage, Mathieu Dupouy, Christiano Gaudio, Maud Gratton, Luca Guglielmi, François Guerrier, Kazuya Gungi, Frédérik Haas – le coordinateur artistique du projet -, Jean-Luc Ho, Béatrice Martin, Lars-Ulrik Mortensen, Giulia Nuti, Olga Pachtchenko, Arnaud de Pasquale, Rossella Policardo, Mario Raskin, Thomas Ragossnig, Jean Rondeau, Mayako Sone, Miklos Spanyi, Justin Taylor, Violaine Cochard, Kenneth Weiss, Paolo Zanzu

Il y a 30 ans, Scott Ross achevait la seule intégrale réalisée à ce jour de ces 555 sonates.

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Préparant cet article, je suis tombé sur un très beau papier de François Ekchajzer, paru en 2011 dans Télérama : lire Scott Ross, l’autre neveu de Rameau. 

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La vie, le travail et la mort du claveciniste américain, disparu en 1989, sont intimement liés à un lieu, le Château d’Assas, près de Montpellier.

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Entre histoire de famille, d’architecture et de musique, le château d’Assas est un territoire situé à quelques kilomètres au nord de Montpellier, datant du XVIIIe siècle.

Les seigneurs d’Assas sont mentionnés dès le début du XIIe siècle. Le domaine est vendu en 1486 par Hugues d’Assas à Guillaume Bonnal, qui le vend par la suite en 1747 à Jean Mouton de la Clotte. Devenus banquiers, les Mouton sont anoblis au début du  XVIIIe siècle et achètent le château de la Clotte dont ils prennent le nom. Jean Mouton de la Clotte décide de faire abattre le château féodal d’Assas qu’il vient d’acheter et d’y faire construire une résidence d’été en 1759-1760. C’est l’édifice que nous connaissons aujourd’hui. C’est en 1949 que Robert Demangel, ancien directeur de l’École française d’Athènes en fait l’acquisition. Il appartient aujourd’hui à ses héritiers.

On attribue la paternité du château d’Assas à Jean-Antoine Giral, membre d’une influente dynastie d’architectes montpelliérains. Celle-ci est flanquée de deux pavillons à pans coupés, dotés d’un étage supplémentaire dominant le corps central. Le rythme est accentué par des pilastres ioniques en ordre colossal, couronné d’une balustrade de pierre.

La démolition du château de la Mosson (1758) ayant précédé de peu la construction d’Assas, divers éléments provenant de cet édifice ont été remployés, notamment la ferronnerie des balcons du premier étage et un grand lustre. Les boiseries qui décoraient le grand salon ovale d’Assas, elles aussi en provenance de la Mosson, ne sont cependant plus visibles : elles ont été vendues au XIXesiècle.

L’intérieur a conservé sa disposition et les circulations d’origine. En remplacement des boiseries de la Mosson, de grandes toiles peintes par Jacques de Lajoüe ornent les murs du grand salon. Elles ont pour sujet les arts et les sciences. Ce salon présente un petit orgue positif baroque et, surtout, le clavecin du XVIIIe siècle dont nous retrouvons plusieurs enregistrements du claveciniste Scott Ross. 

L’ensemble comprenant le château et ses deux galeries fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 septembre 1975. Les façades et toitures de la tour-pigeonnier font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 10 avril 1989.

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Simone Demangel, propriétaire du château d’Assas, grande résistante bien connue des habitants de la région pour son civisme et ses actions au sein du conseil municipal de Montpellier, fait l’acquisition en 1965 d’un clavecin français du XVIIIème siècle attribué au facteur lyonnais Donzelague.

Il s’agit d’un des plus beaux spécimens de la facture instrumentale française, grâce auquel Simone Demangel sût créer à Assas une ambiance favorable à la culture et aux échanges artistiques, faisant de sa maison un des hauts lieux de la musique baroque. Les grands clavecinistes deviendront alors des habitués d’Assas, Scott Ross, Gustav Leonhardt, William Christie, Kenneth Gilbert, Pierre Hantaï, Frédérick Haas, Benjamin Alard, Jean Rondeau…

C’est le 12 août 1969 que Scott Ross, jeune claveciniste surdoué alors inconnu du public, donnait son premier récital au château d’Assas, ouvrant la voie à cinquante années de vie musicale intense où récitals, enregistrements et masterclasses se succédèrent. Ainsi, de nombreux étudiants européens, américains ou japonais participeront à la création des premières Académies Internationales de Musique Ancienne en Occitanie. (Source : lefestival.eu)

Bien entendu, tous les concerts seront captés en audio et vidéo par les équipes de France Musique !

Un avant-goût avec ma sonate fétiche de Scarlatti, la K 141 (K comme Kirkpatrick) :

D’abord avec Scott Ross :

Puis dans un tout autre tempo – ce qui prouve, s’il en était besoin, l’extraordinaire liberté, la fantaisie inépuisable du compositeur…et de l’interpète ! – Jean Rondeau

Et comme c’est « le » bis favori de Martha Argerich…

Scarlatti au piano, c’est un autre sujet ! On y reviendra !

La fête à Lenny

Je ne reviendrai pas sur la Fête de la Musique. Je n’ai rien à changer à ce que j’écrivais il y a deux ans : Fête ou défaite de la musique.

C’est à une tout autre fête que nous convie le numéro de juin-juillet de Diapason : la célébration d’un génie du XXème siècle, dont on commémorera le centenaire de la naissance le 25 août prochain, Leonard Bernstein.

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La une du magazine n’est, en l’occurrence, ni racoleuse, ni mensongère. Le dossier constitué sous l’égide – inattendue – d’Ivan Alexandre, dont on ne savait pas qu’il fût un spécialiste voire un fan de Bernstein, est un must. Pour embrasser toutes les facettes d’un génie protéiforme : pianiste, chef d’orchestre, compositeur qui s’est essayé à tous les genres, pédagogue, une vie personnelle au diapason de ses passions multiples.

Le Festival Radio France propose, cet été, du 16 au 27 juillet, de redécouvrir plusieurs aspects de la personnalité de Bernstein : des extraits de la série légendaire, jamais égalée,  parfois imitée, des Young People’s Concerts, des vidéos de répétitions et de concerts dirigés par Leonard Bernstein.

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Les éditeurs historiques (Sony ex-CBS, Deutsche Grammophon) ont mis le paquet pour célébrer ce centenaire pas comme les autres.

Il y a quelques mois, Sony proposait un coffret de 100 CD – avec pochettes originales, donc minutages chiches – « remastérisés » (voir : Bernstein remastered) 

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après avoir réédité déjà deux coffrets format 33 tours, comportant, pour le premier, la totalité des symphonies gravées pour l’essentiel à New York (voir Bernstein forever), pour le deuxième les oeuvres orchestrales et concertantes (voir Bernstein Centenary), un troisième et dernier est annoncé pour septembre avec les oeuvres vocales et chorales. Un fabuleux legs !

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Quant à DGG, après avoir imité Sony, en reprenant en 2 coffrets format 33 t. la totalité des CD parus sous l’étiquette jaune (voir Leonard Bernstein Collection), nous est proposé – à un prix relativement modéré pour un objet de cette qualité – un gros coffret reprenant l’intégralité des CD et des DVD – ainsi qu’un DVD Blu-ray audio des symphonies de Beethoven – parus sous étiquette DGG et Decca (y compris les premiers enregistrements Decca américains) :

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Chez Warner, on nous annonce pour septembre un coffret particulièrement bienvenu pour rappeler la collaboration du chef américain avec l’Orchestre National de France 

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(Voir tous les détails de la discographie de Bernstein ici : Bernstein Centenary)

Les livres aussi – en plus des magnifiques ouvrages contenus dans les gros coffrets DGG et Sony – nous dévoilent les facettes, parfois cachées, d’un personnage unique en son temps.

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Renaud Machart avait déjà consacré une belle monographie à Bernstein dans la collection Actes Sud / Classica. Il annonce pour la rentrée un second opus, qui nous restitue, longuement préfacées par ses soins, les six conférences données par le chef compositeur à Harvard en 1973. Fondamentales pour comprendre en quoi Bernstein fut le plus grand et le meilleur « vulgarisateur » de la musique.

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Intéressant aussi ce petit ouvrage de souvenirs du journaliste Jonathan Cott.

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Parmi les centaines de vidéos, heureusement disponibles sur les réseaux sociaux, il y a l’embarras du choix.

Cette Neuvième de Beethoven, captée quelques mois avant la mort de Bernstein, quelques semaines après la chute du Mur de Berlin :

Et celle-ci, vue des millions de fois, montrant le showman, le cabotin que Bernstein ne répugnait pas à être (et quelle leçon de direction !)

Et encore cette prodigieuse version de la Symphonie de Franck, avec l’Orchestre National en 1982 :