Journal du Portugal (IV) : de soleil et d’eau

Pas de vacances au Portugal sans le soleil, les plages, les fontaines, l’Atlantique, le Tage (à Lisbonne), le Douro (à Porto). Clichés attendus, souvenirs d’un pays qu’on aimera revoir, continuer à découvrir.

IMG_4720Lisbonne, Rossio

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IMG_4945Porto, le Douro par temps gris

IMG_5023Ponte de Limaprésentée comme « la plus vieille ville » du Portugal

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IMG_5499Rêveries d’un promeneur solitaire…

IMG_5161Évora, Fonte de Porta de Moura, une fontaine érigée en 1556 tout en marbre blanc

IMG_5255Dans le jardin d’une maison d’hôtes, un bassin multicolore

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IMG_5549Plage polluée aux hydrocarbures à Sinescité natale de Vasco de Gama

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Faro et sa ligne de chemin de fer en bord de mer

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La côte atlantique entre Aljezur et Vila Nova de Milfontes

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Les superbes plages de la Costa da Caparica

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Et les inévitables couchers de soleil sur le Tage et Lisbonne…

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IMG_5614Le pont du 25 avril qui a des airs de Golden Gate Bridge est inauguré le 6 août 1966, et a été rebaptisé ainsi en référence à la Révolution des oeilletsle 25 avril 1974, qui a mis fin à soixante ans de dictature salazariste.

Et puisque je dînais hier soir dans un restaurant étoilé qui donne sur le Jardin Amália Rodrigues au nord de Lisbonne…

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hommage en musique à la grande prêtresse du fado

D comme Danube

Y a-t-il fleuve plus admirable que le Danube ? Au fil des ans, j’ai fini par le parcourir de sa source (Donaueschingen une aimable cité de Forêt Noire bien connue des amateurs de musique contemporaine) à son embouchure, l’immense zone préservée du Delta du Danube.

Je connais le Danube en Allemagne bien sûr, à Vienne évidemment, à Budapest – majestueux – et je l’ai traversé récemment pour passer en Bulgarie (voir De Syldavie en Bordurie)

Je ne vais pas me lancer (pas maintenant en tout cas !) dans un recensement des musiques liées au Danube, elles sont innombrables et aussi diverses que les paysages que traverse le deuxième plus long fleuve d’Europe.

Juste trois raretés pour le plaisir, deux valses et un poème symphonique. De Julius Fucik, la valse des légendes du Danube (Donausagen).

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De Leoš Janáček un poème symphonique tardif (1925) intitulé… Danube

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Et il faut bien un compositeur roumain – Iosif Ivanovici – pour évoquer Les Flots du Danube.

Un mot sur le chef de cette version toute en légèreté et pulsation, Henry Kripsqui est bien le frère de l’autre, Josefmais qui a eu un tout autre destin puisque l’essentiel de sa carrière s’est faite en Australie ! C’est par Henry Krips et son Philharmonia Promenade orchestra – un orchestre de studio voué à la musique dite légère – que j’ai découvert Suppé, Waldteufel, etc.

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On trouve malheureusement très peu de rééditions en CD de ce chef, et il faut se méfier de celles qui sont proposées en téléchargement (notamment le très médiocre label Mastercorp).

Revenons au delta du Danube où j’ai passé toute la journée de ce dimanche, entre petit bateau à moteur, voiture à cheval, balade en forêt et sur des chemins sablonneux.

J’avais un souvenir assez étonnant de mon premier voyage en 1973 (lire le récit détaillé ici : Les grenouilles du delta). Lorsque je suis revenu en 2003 je n’ai pas refait l’excursion. C’était donc, quarante-quatre ans après, un retour aux sources, mais cette fois en grand et en large, presque onze heures passées dans le delta, à observer des centaines d’oiseaux – les pélicans qu’on avait vus si nombreux il y a quatorze ans se faisaient discrets -, à essayer d’apercevoir les chevaux sauvages de Letea, que la chaleur et l’afflux de touristes ont semble-t-il dissuadés de se montrer…

Toutes les photos de cette journée extraordinaire à voir ici : Le delta du Danube

 

Retour à Bucarest

La première fois c’était l’été 1973, six mois après la mort de mon père. J’avais 17 ans, j’avais imaginé faire le périple en train – l’Orient-Express version routard –  un cousin plus âgé se proposa de le faire en voiture.

J’allais rencontrer Florin N. – mon « correspondant » depuis le lycée – à Blaj près d’Alba Iulia, puis Anca A. à Bucarest, les deux visages qui resteraient pour moi ceux de la Roumanie. Si j’ai perdu la seconde de vue, je suis encore ami, quarante-quatre ans après, avec le premier, installé depuis un quart de siècle comme chercheur et médecin réputé dans le Maryland

La moitié de Bucarest n’avait pas encore été rasée pour faire place à la monstrueuse folie architecturale décidée par le défunt génie des Carpathes, Nicolae Ceaușescu.  Les parents d’Anca A. habitaient une jolie maison dans ce quartier résidentiel, nous avions visité le centre historique de la capitale roumaine. J’ai encore ces photos prises avec un Instamatic Kodak 50. Ce matin j’ai revu quelques-uns de ces lieux chers… que j’avais manqués lors de mes voyages ultérieurs, en 1990 et en 2003.

IMG_0164IMG_0168Un célèbre restaurant, ancien caravansérail.

IMG_0187IMG_0204L’église et le monastère Stavropoleos.

D’autres images à découvrir dans Le monde en images.

En février 1990, deuxième voyage à Bucarest, cette fois dans un contexte très éloigné du tourisme. Deux mois à peine après la révolution de décembre, qui a chassé Ceausescu et sa femme, je suis revenu avec un collègue maire-adjoint de Thonon-les-Bains pour prendre la mesure des besoins de la population de la commune « jumelée » de Baia de Aries, que Ceausescu avait le dessein de raser comme des centaines d’autres. Le seul hôtel en fonctionnement à l’époque est l’Intercontinental. 

27 ans plus tard, j’y suis revenu. Et les souvenirs ont afflué. Il n’y a plus de restaurant réservé aux étrangers à l’avant-dernier étage, plus de bar fréquenté par des « hôtesses » aux formes généreuses qui insistaient pour raccompagner les dîneurs à leur chambre… Et en ce dimanche d’août, il fait nettement plus chaud qu’au coeur de l’hiver 1990.

20597199_10154927090362602_955350780919132603_nIMG_0136IMG_0138Vue imprenable sur le Palais du Parlement.

IMG_0289À côté de l’hôtel, une stèle aux « héros » de la révolution de décembre 1989.

 

 

La vie devant soi

Ce week-end j’avais charge d’âme, un petit bonhomme qui dévore la vie avec une bonne humeur rafraîchissante.

img_7019(Un joli spectacle bien mené au Théâtre des Mathurins)

Justement la fraîcheur est d’actualité, selon Ségolène Royal Macron amène de l’air à la politique.

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On ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron ait manqué de souffle pour son premier grand meeting de campagne à Paris…

J’ai entendu quelques-uns des propos de Jean-Muc Mélenchon sur France Inter. Son éloge des « révolutions démocratiques d’Amérique du Sud » ne passe pas, vraiment pas…

Quant à l’entrée en campagne pour la primaire de la gauche d’un ancien ministre socialiste – un de plus ! -, au retrait d’une autre ancienne ministre, à la candidature d’une ex-ministre, ex-présidente, ex-amie de Ben Aliils n’ont pas franchement bouleversé mon dimanche.

En revanche, bien faible écho dans les médias français, ceux que j’ai vus en tout cas, de l’attaque terroriste sauvage dans une église du Caire

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On a plus parlé d’Istanbul et de l’attentat qui visait les forces de l’ordre aux abords du stade de Besiktas. La hiérarchie de l’actualité est-elle fonction du nombre de morts ?

Evidemment souvenirs de ce récent séjour : la route qui descendait de Beyoglu pour nous conduire de l’autre côté du pont de Galata longeait ce stade aux proportions impressionnantes… (voir Les rues d’Istanbul,  Le choix de la liberté).

Quant à la Syrie, que dire qui n’ait déjà été dit face à l’horreur absolue de l’agonie d’Alep et que penser du sinistre retournement de situation à Palmyre ?

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Il faut parfois beaucoup de rires d’enfants, de regards émerveillés devant une vitrine de Noël, un sapin illuminé, pour faire semblant d’oublier la fureur du monde…

La mort d’un dictateur

Fidel Castro est mort la nuit dernière. J’étais à Cuba l’été dernier lorsqu’il a « fêté » ses 90 ans, le 13 août, quelques jours après la Fête Nationale du 26 juillet.

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img_4204Un « mural » dans La Havane célébrant la Révolution et les deux frères Castro. Ci-dessous le musée de la Révolution.img_4279Je n’ai pas grand chose à rajouter aux trois articles que j’avais écrits : La Révolution décrépiteAventures et mésaventuresLa découverte de La Havane

« Il a trahi l’espoir de millions de Cubains. Pourquoi les révolutions tournent-elles toujours mal ? Et pourquoi leurs héros se transforment-ils systématiquement en tyrans pires que les dictateurs qu’ils ont combattus ? »(Juan Reinaldo Sanchez, La vie cachée de Fidel Castro).

J’ai vu ces jours derniers beau film de Walter Salles  Diarios de Motocicleta/Carnets de voyage qui s’inspire des carnets d’Ernesto (Che) Guevaral’inséparable compagnon de lutte de Castro, assassiné par la CIA en 1967. A voir absolument :

 

Constantinople

Il doit bien y avoir une bonne vingtaine d’années que je ne suis pas retourné à IstanbulJ’ai choisi ce « pont » de la Toussaint pour me replonger dans cette ville-monde fascinante et turbulente.

Je profiterai du voyage pour terminer ce bouquin

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En 1892, le Pera Palace à Istanbul fut le premier hôtel de luxe destiné aux voyageurs occidentaux montés à bord du mythique Orient-Express. Agatha Christie, John Dos Passos, Ernest Hemingway, Léon Trotski et Joseph Goebbels foulèrent ses sols rutilant de marbre. En plein quartier des ambassades, son hall grouillait de tant d’espions qu’un écriteau leur enjoignait de laisser les places assises aux véritables clients de l’hôtel… Lequel survécut même à l’explosion d’une bombe placée par les services secrets bulgares dans les bagages d’un diplomate britannique. C’est là, entre Orient et Occident que s’écrivit l’Histoire. A la population déjà cosmopolite de la vieille Constantinople, mêlée de Grecs, d’Arméniens, d’Arabes et de Juifs, s’ajouta avec la montée des périls l’afflux de réfugiés venus de tous les coins de l’Europe. Et, tandis que les Russes blancs ouvraient dancings et clubs de jazz où l’alcool coulait à flots, l’Empire ottoman cédait la place à la jeune République turque de Mustafa Kemal. Des temps sombres s’annonçaient… Un livre foisonnant, d’une grande force narrative, qui dépeint tout un pan de l’histoire du monde à partir de la destinée d’un grand hôtel (Présentation de l’éditeur)

Et sans doute réécouter l’ami Fazil Say et son intégrale des sonates de Mozart, qui depuis sa parution a glané toutes les récompenses possibles (lire Alla turca).

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Récit et photos à suivre…

Retour à Lisbonne

Un lecteur de mon blog – qui se reconnaîtra – partageant mon amour de Lisbonne (voir Lisboa meu amorm’a fait l’autre jour un cadeau qui me touche doublement. Un livre et un auteur Antonio Muñoz Molina, dont je connaissais le nom mais qui avait échappé jusqu’à maintenant à mes lectures. Ce sont les mystères des dilections et des affinités : alors que j’ai du sang latin, que j’aime les pays et les gens de soleil, mes préférences littéraires m’ont toujours porté vers le Nord et l’Est. Ignorance avouée est-elle à demi pardonnée ?

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Profitant de mes allers-retours entre Paris et Montpellier, je me suis plongé avec délectation dans ce livre étonnant. Style fluide, factuel. Et les mystères de Lisbonne si vivants, si chaleureux. Pour moi une découverte.

Le 4 avril 1968, James Earl Ray assassine Martin Luther King à Memphis et prend la fuite. Entre le 8 et le 17 mai de la même année, il se cache à Lisbonne où il tente d’obtenir un visa pour l’Angola. En octobre 2013, sur les traces de James Earl Ray dans la capitale portugaise, Antonio Munoz Molina se remémore son premier voyage dans cette ville, en 1987, quand, mari et père immature, fuyant un travail médiocre, il essayait d’écrire son deuxième roman, une histoire d’amour sur fond de jazz et de roman noir, L’Hiver à Lisbonne. La fascinante reconstruction du séjour de l’assassin croise alors le passé de l’auteur, et les deux récits alternent. L’un, autobiographique, relate, à la première personne et sur un mode très intime, l’apprentissage de la vie et des mécanismes du roman ; l’autre, à la manière d’un thriller, témoigne de ce qu’est l’accomplissement de la fiction, quand, fondée sur le réel, elle va au-delà des faits pour entrer dans la conscience des protagonistes. Maître de sa création littéraire, Antonio Munoz Molina imagine les peurs de l’assassin exhibant ses faux passeports, assiste à ses déambulations nocturnes dans les bars et les hôtels de passe, le suit pas à pas avant de revenir à Memphis pour tenter de savoir pourquoi il appuie le canon de son fusil sur la fenêtre des toilettes d’une pension misérable et exécute Martin Luther King au balcon du Lorraine Motel. En prestidigitateur, le grand écrivain espagnol fait entrer le lecteur dans le mystère de l’univers mental du tueur, où se mêlent racisme, misère, admiration pour les livres de science-fiction, et la certitude que l’on peut impunément tuer un Noir militant des droits civiques. Comme l’ombre qui s’en va est un livre important, hypnotique, qui prend le risque de mêler deux genres littéraires et, en dernière instance, expose la théorie du roman de l’auteur (Présentation de l’éditeur).

Il ne me reste plus qu’à lire L’Hiver à Lisbonne, et peut-être quelques autres ouvrages de ce bel écrivain mélomane et musicien des mots.

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