Pas plus tard qu’en septembre dernier, à l’occasion d’une sympathique petite cérémonie à France Musique, Arnaud Merlin – l’une des voix du jazz sur l’antenne – me donnait des nouvelles d’André Francis (de son vrai nom André Brut).
Voici qu’on apprend que l’un des producteurs les plus emblématiques de Radio France – pas seulement France Musique – est mort paisiblement dans sa 94eme année…
J’ai eu la chance de côtoyer ce monument, et même d’essayer de le diriger (comme directeur de France Musique). Tant de souvenirs me reviennent de ce fort caractère qui connaissait tout et tout le monde.
Deux surgissent au moment de lui rendre hommage.
D’abord l’incroyable soirée que ses amis producteurs, musiciens et la direction de la chaîne avaient organisée pour les 50 ans de présence ininterrompue d’André sur les ondes de Radio France…et une retraite à laquelle, lois du travail obligent, il avait dû se résoudre. Ce devait être en 1995 ou 1996. J’imagine que France Musique va retrouver trace de cette soirée.
Autre souvenir. Après la disparition de Michel Petruccianiil y a vingt ans (Michel qui avait bien entendu participé à la soirée Francis), le 24 janvier 1999, à la demande instante du nouveau PDG de Radio France, Jean-Marie Cavada – qui n’avait finalement pas daigné paraître à cette soirée !! – c’est André Francis qui s’était spontanément proposé de prendre les contacts pour rendre au fantastique pianiste l’hommage qui lui était dû. Et ce fut de nouveau une incroyable soirée !
Je ne sais où sont passés – si même ils ont été répertoriés et archives – les milliers de bandes qu’André Francis conservait dans son bureau et chez lui…
Un grand serviteur du jazz s’en va. Son œuvre demeure.
C’est comme une sorte de petit frère de Leonard Bernstein, génie et notoriété en moins, mais bien des similitudes de parcours et de carrière (le piano, le jazz, la comédie musicale, la direction d’orchestre)
Je ne sais pas à quelle occasion Sony réédite le legs RCA d’André Previn
Bernstein naît en 1918 dans le Massachussets, de parents juifs ukrainiens immigrés au début du siècle aux Etats-Unis, Previn naît Andreas Ludwig Priwin en 1929 (ou 1930 ?) à Berlin, la famille, les parents Charlotte et Jack et le petit Andreas, fuient le nazisme, émigrent en 1939, s’installent à Los Angeles, où le grand oncle Charles Previncompose pour les studios Universal après avoir travaillé comme arrangeur pour près d’une centaine de productions à Broadway.
Dans cet environnement, le jeune André, naturalisé Américain en 1943, entame un parcours qui va beaucoup ressembler à celui de son aîné. Il écrit et arrange des musiques pour Hollywood, il profite de son service militaire (en 1951-52) à San Francisco pour prendre des leçons privées de direction d’orchestre auprès de Pierre Monteux, le grand chef français (lui aussi naturalisé Américain en 1942), patron de l’Orchestre symphonique de San Francisco depuis 1935.
Comme chef d’orchestre, André Previn prend un premier poste en 1967 à l’orchestre symphonique de Houston (où il succède à John Barbirolli), mais c’est avec l’orchestre symphonique de Londres (1969-1979) qu’il va connaître une fructueuse décennie – avec un nombre impressionnant d’enregistrements (pour EMI ou RCA). Suivront des périodes de moindre envergure à Pittsburgh, à Los Angeles, de nouveau à Londres (avec le Royal Philharmonic)
Comme Bernstein, Previn, pendant ses années londoniennes, se fait pédagogue télévisuel. Comme Bernstein est multi-cartes, c’est un compositeur prolifique et tous terrains, mais ce n’est pas diminuer ses mérites que de reconnaître qu’aucune de ses oeuvres, que ce soit dans le classique, le jazz ou la comédie musicale, n’a jamais atteint la notoriété, ni l’originalité de celles de son aîné.
Quant au chef d’orchestre Previn, les réussites sont très inégales selon les répertoires. Dans les classiques viennois, Haydn, Beethoven on ne sort jamais d’une honnête neutralité, comme si le chef évitait de prendre un parti interprétatif. C’est plus intéressant dans Richard Strauss, où l’Américain Previn semble prendre plaisir à faire rutiler ses orchestres (notamment les Wiener Philharmoniker). Mais c’est aussi la plus calamiteuse version de La Chauve Souris de Johann Strauss, un beau ratage (la comparaison avec Carlos Kleiber est édifiante !)
Previn est, à l’évidence, plus à l’aise dans le répertoire du XXème siècle (Holst, Prokofiev) et en particulier dans une belle intégrale des symphonies de Vaughan Williams
A propos de Bernstein, on salue le beau projet de Radio France (Bernstein Story) à retrouver bien sûr sur France Musique. Même si on a eu confirmation hier soir que le compositeur Bernstein « sérieux » n’est pas toujours le plus captivant, ni le plus original. Même quand il est bien défendu par Kirill Gerstein, Vassily Petrenko et l’orchestre philharmonique de Radio France, interprètes virtuoses de la 2ème symphonie « The Age of anxiety »
Quel bonheur de se réveiller un dimanche matin avec Melody Gardot! Catherine Ceylac avait eu la très bonne idée d’inviter la chanteuse américaine, installée à Paris depuis quelques mois, dans son émission Thé ou café – dont la rumeur annonce la fin prochaine, idée absurde ! -, une émission à revoir ici : Melody Gardot dans Thé ou Café.
Je suis tombé amoureux de cette voix dès son premier disque. Je les ai tous achetés depuis, mais je n’ai jamais assisté à un concert de Melody Gardot, je n’ai jamais osé l’approcher (j’ai bien failli, il y a quelques années, réussir à l’inviter à Liège, mais ça ne s’est pas fait !).
Et ce matin, en la découvrant sur le plateau de Thé ou café telle qu’en elle-même, dans un français quasi parfait, facétieuse, joueuse, mais pas poseuse, je crois bien que je suis tombé amoureux d’elle. Il faudra bien que j’ose un jour, bientôt, la voir, l’écouter sur scène.
Mais quand j’écoute ses disques, son dernier album – une compilation superbement réalisée -, j’ai l’impression si douce de ne l’avoir que pour moi, qu’à moi.
L’Opéra de Lyon ne redoute pas l’originalité. Il y a un peu plus d’un an déjà, on avait beaucoup aimé Une Nuit à Venise, qui n’est pas l’opérette la plus fréquente sur les scènes françaises.
Ce n’est pas l’interview absconse – tutoiement de rigueur – du metteur en scène Richard Brunel, distribuée avec le programme de salle, qui éclairera la lanterne du spectateur. Pas sûr non plus que la « modernisation » du contexte soit plus éclairante…
Dans un décor tout blanc, le metteur en scène modernise la fable, pour nous dire sans doute qu’elle est de tout temps et de tout pays, sans craindre d’en souligner la cruauté – en montrant par exemple une exécution par voie létale. Bannissant les changements d’atmosphère, cette esthétique minimaliste ne rend que partiellement justice à la structure dramatique d’un ouvrage long (sept tableaux clairement différenciés), la direction d’acteurs s’en tenant, pour sa part, à un premier degré loyal, mais sans grande originalité.
C’est musicalement que l’ouvrage se singularise par rapport à la production lyrique de Zemlinsky. En ce début des années 30, le beau-frère de Schoenberg cherche manifestement à faire autre chose que Der Zwerg/Le Nain (1922) ou Eine florentinische Tragödie / Une tragédie florentine(1917), les deux ouvrages qui sont régulièrement représentés. Economie de moyens, orchestre chambriste jouant sur les timbres plus que sur le volume, Sprechgesang. Difficulté évidente pour le spectateur non germanophone.
Et pourtant l’opéra de Lyon fait salle comble en ce soir de deuxième, et le public ne retient pas ses applaudissements à l’égard d’une distribution sans faille, où s’est distinguée la jeune soprano belge Ilse Eerens, qu’on se rappelle avoir conviée presque à ses débuts avec l’Orchestre philharmonique de Liège il y a quelques années… Le monde est petit !
Reste le problème Zemlinsky. Un compositeur de l’entre-deux, qui, comme beaucoup de ses contemporains, est resté dans l’ombre des géants qui avaient pour noms Richard Strauss, Mahler, Schoenberg, Berg ou Webern. Heureusement la postérité… et la curiosité de certains programmateurs et musicologues (même s’il manque toujours un ouvrage de référence en français sur Zemlinsky !), ont réévalué cette génération oubliée, les Zemlinsky, Schreker, Korngold, et consorts.
La discographie de Zemlinsky est longtemps restée étique, et limitée à la seule Symphonie lyrique. Elle reflète mieux aujourd’hui la belle diversité d’une oeuvre toujours inspirée.
J’ai du mal à départager deux versions de référence de la Symphonie lyrique, Maazel et Jordan.
On avait fait l’ouverture à Pibrac (Révolution), on a fait pas moins de deux clôtures ! Le #FestivalRF17 s’est achevé vendredi soir par un double bouquet final à Montpellier et à Marciac.
Sur le Parvis de l’hôtel de ville de Montpellier, une soirée proposée et diffusée en direct par FIPavec trois groupes qui ne risquaient pas de refroidir l’atmosphère : Rey Cabrera, African Salsa Orchestra et La Mambanegra
Katia et Marielle Labèque et leurs amis chanteurs et percussionnistes basques Eñaut Elorrieta,Thierry Biscary,Raphael Seguinier, Harkaitz Martinez de San Vicente, Mikel Ugarte Azurmend précédaient Norah Jones sous l’immense chapiteau de la petite commune gersoise.
Erreur
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(avec Mathieu Gallet co-président du Festival Radio France auprès de Katia et Marielle Labèque)
Jeudi, à l’Opéra Berlioz, c’était des retrouvailles avec « le » flûtiste star, Emmanuel Pahud, et Michael Schonwandt en très grande forme à la tête de « son » Orchestre de Montpellier. Nielsen, Langgaard et Sibelius (un concert à réécouter sur francemusique.fr)
Je faisais le compte au dîner qui suivit un concert très applaudi : 25 ans d’amitié avec le flûte solo des Berliner Philharmoniker !
Et cet agréable sentiment que ni les années ni la distance n’ont de prise sur notre complicité.
Mercredi soir, bonheur de pouvoir – enfin – partager un concert de jazz au Domaine d’O avec Yaron Hermanen trio, rejoints pour un boeuf final par Emile Parisien, fantaisie et imagination au pouvoir !
Et mardi soir, c’était le concert emblématique du Festival 2017 : trois compositeurs russes, quasi contemporains, Prokofiev, Glière et Chostakovitch, un chef historique, le vétéran Vladimir Fedosseiev, le Choeur et l’Orchestre philharmonique de Radio France en grand appareil, et la voix souple et charnue d’Albina Shagimuratova. Un programme spectaculaire à réécouter en entier sur francemusique.fr.
C’est à un tout jeune média de Montpellier que j’ai confié mes impressions sur ce #FestivalRF17. Au-delà des chiffres, certes éloquents – 105.000 spectateurs pour 152 concerts et manifestations, soit une hausse de 17% par rapport à 2016 – 58 communes, 65 lieux de concert dans toute l’Occitanie – il y a ce bonheur partagé avec tous ces publics si mélangés, il y a la joie de travailler avec des équipes formidables, et encore mille projets pour l’avenir…
Pierre Bouteillertire sa révérence, annonce France Inter ce matin. Je suis triste, mais pas surpris. Depuis quelques années, l’homme de radio, pétillant, toujours à l’affût d’une bonne blague, s’était comme absenté, atteint sans doute par cette maladie de l’âge qu’on n’ose pas nommer. La dernière fois que je l’ai vu, il était assis dans le nouvel Auditorium de la Maison de la radio, à l’automne 2014. Il ne reconnaissait plus personne, son regard perdu balayait l’assistance. Nous étions malheureux, et les nouvelles que nous avions eues depuis n’étaient guère encourageantes
Pierre Bouteiller, pour moi comme pour des millions d’auditeurs, c’est une voix, un ton inimitables et si souvent (mal) imités. C’est un magazine quotidien sur Inter – dont on ne se rappelle plus le(s) nom(s), c’est l’animateur du Masque et la Plume, de Table d’écoute sur France Musique, et tout un tas d’autres émissions de radio et de télévision.
À partir de 1993, c’est devenu un collègue, et je le pense un ami : il était directeur des programmes de France Inter, lorsque je suis devenu celui de France Musique. Pas de familiarité avec Pierre. Dans un milieu où le tutoiement est la règle, nous nous sommes toujours vouvoyés, malgré la complicité et la connivence. Lorsque nous nous retrouvions le jeudi matin pour ce que nous appelions la grand messe, la réunion de tous les directeurs autour du PDG de Radio France, nous échangions toujours la dernière blague, ou mieux, la dernière contrepèterie entendue. Il n’était pas rare que le PDG de l’époque – Jean Maheu – demandant à fixer telle ou telle réunion, Pierre lui répondît : « Président, vous avez le choix sur la date ! ». Le même Pierre demandant sur France Inter à Amélie Mauresmo si elle était favorable au « tennis en pension » !
Et le 24 janvier 1999, à la demande de Jean-Marie Cavada, nouveau PDG de Radio France, qui voulait changer d’un coup tous les patrons de chaînes, Pierre est devenu… mon successeur à la tête de France Musique, devenue avec lui France Musiques. Et, contrairement à tant d’autres, il n’a jamais émis la moindre critique sur son prédécesseur pour mieux valoriser son action. A mon tour, quoique j’aie été souvent sollicité, je n’ai jamais commenté ses décisions, pas plus que celles de ses successeurs.
Bouteiller n’était pas un ange, loin de là. Il avait des rancunes tenaces, des inimitiés durables, un cynisme de façade qui ne l’a pas aidé – euphémisme – dans ses fonctions directoriales. J’avais été déçu par son livre de souvenirs, qui aurait pu être si riche, et qui s’attardait un peu trop à des règlements de comptes…
De lui je ne veux garder que les fabuleux souvenirs de radio qu’il nous laisse et les quelques rencontres plus privées, où l’amateur de jazz qu’il était se mettait à improviser au piano…
C’est le temps de la décantation. Des centaines d’images et de sons s’entrechoquent encore dans ma mémoire, 48 heures après que les dernières notes d’Iris ont résonné dans le grand vaisseau de l’opéra Berlioz de Montpellier.
Flashback. Le 14 juillet je me suis endormi tôt, caché dans un repaire provençal, à quelques encâblures de Montpellier. Réflexe au réveil, tôt le lendemain matin, regarder le fil d’actualité de Facebook, et découvrir l’ampleur du massacre de Nice. Prévenir les plus proches de l’équipe du Festival, prendre la route pour arriver au plus vite à mon bureau, prendre les contacts nécessaires avec les services de l’Etat et de la Ville, penser à la grande soirée FIP prévue sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Réunion « sur site » à 11 h. La décision tombera dans l’après-midi. Annulation. Prévenir les artistes qui proposent de donner le concert dans un lieu clos. Impossible. Ils comprennent. Déjeunant sur le pouce, je croise Raphael Pichon, plongé dans ses répétitions avec ses musiciens de l’ensemble Pygmalion. Il n’a pas eu l’info, il manque de défaillir lorsque je lui annonce ce qui s’est passé la veille. Le Zoroastre prendra un relief particulier ce vendredi 15 juillet, après que nous aurons observé un moment de recueillement.
Le week-end est compliqué (La réponse de la musique), l’inquiétude puis la colère après le coup d’Etat en Turquie, des amis retenus à Istanbul, très vite la certitude, confirmée pendant le dîner avec les soeurs Önder, que la dictature s’installe, implacable, au pays d’Atatürk, aux portes de l’Europe…(Martin Grubinger, père et fils)
La dernière semaine passe comme une fusée. Avec beaucoup de moments d’exception et autant de frustration : impossible pour moi d’être partout où je voudrais, sur les 171 concerts et manifestations du festival, j’aurai pu en suivre une petite trentaine, et souvent partiellement. Quand le bilan tombe mardi, satisfaction pas seulement parce que la fréquentation est en hausse, mais parce que le public a donné aux horreurs du temps la seule réponse qui vaille : plus de musique, plus de partage, plus de solidarité.
Quelques images et vidéos, parmi des centaines (disponibles sur lefestival.eu)
Les mauvais coucheurs vont peut-être parvenir à nous démontrer que la COP21 n’aura servi à rien, ou que l’accord négocié au Bourget est insuffisant, pas assez ceci, pas assez cela…
Ce soir j’ai simplement envie de me réjouir, de dire merci à des dirigeants, des militants, des responsables qui, à force d’obstination et de constance, sont parvenus à cet accord véritablement historique. Comme l’ont rappelé Laurent Fabius et François Hollande, l’accord de Paris n’est pas une fin, mais le début de tout ce qui reste à faire.
Et de la même manière que nous avions appris à économiser l’énergie après les premières crises pétrolières des années 70 (rappelez-vous : La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées !), les citoyens du monde ont pris conscience que de nous tous, et pas seulement de nos gouvernants, dépend l’avenir de la planète.
Ce samedi 12 décembre devait être un beau jour. France Musique n’avait pas oublié que c’était le centenaire de Frank Sinatra (1915-1998) et j’ai retrouvé non seulement la légende Sinatra, mais aussi le ton, l’esprit unique de cette chaîne de radio indispensable, trop souvent décriée, qui pourtant a nourri des générations d’auditeurs (comme moi) et qui, dans de telles occasions, prouve qu’elle est irremplaçable. Vivement le podcast et la possibilité d’écouter ce qu’on a manqué, de réécouter ce qu’on a aimé. Et bien ressortir de sa discothèque tout le rayon Sinatra… et cette chanson qui colle bien à l’humeur de ce samedi :
Juste après avoir appris l’accord de Paris sur le climat, la soirée prévue au théâtre des Champs-Elysées s’annonçait sous d’heureux auspices.
J’allais entendre pour la première fois « live » une artiste que je suis depuis ses premiers disques, Stacey Kent, entourée de quatre excellents musiciens, son mari Jim Tomlinson (flûte et saxophone), Jeremy Brown (contrebasse), Graham Harvey (piano), Josh Morrison (batterie), rejoints pour quelques sets par un guitariste américain, ami de la chanteuse, en vacances à Paris… dont je n’ai pas retenu le nom !
Une soirée intime, sur le ton de la confidence, des standards, peu de chansons nouvelles, les figures tutélaires de la bossa nova, Chopin, Henri Salvador. Une belle douceur.
Et l’émotion palpable lorsque, pour finir, Stacey Kent rappelait ce Jardind’hiver de Salvador (et Benjamin Biolay et Keren Ann !) qui avait marqué son premier passage il y a dix ans sur la scène de l’avenue Montaigne, et que toute la salle ce soir murmurait avec elle.