Riccardo Muti : pour compléter le tableau
Un peu comme pour Bernard Haitink, le tableau discographique de Riccardo Muti se complète. Après le pavé Warner (voir Muti, l’intégrale symphonique), c’est cette fois Decca qui reprénd les enregistrements réalisés sous le label Philips pour l’essentiel et Deutsche Grammophon pour les plus récents. La différence avec le coffret Warner est que cette nouvelle boîte inclut des opéras et 3 DVD d’inégal intérêt (d’où mes * en regard de chaque CD ou DVD)

CD 1 Beethoven : Concerto pour violon / Muti VPO / Vadim Repin (2007) **
CD 2 Beethoven : Concerto piano n°5 / Muti VPO / Rudolf Buchbinder (2019) *
CD 3-6 Brahms : Symphonies, Var.Haydn, Ouv.tragique, Ouv.académique, Rhapsodie contralto / Muti Philadelphie / Jessye Norman (1991) ***
CD 7 Bruckner : Symphonie n°2 / Muti VPO (Live Salzbourg 2016) ***
CD 8 Richard Strauss : Le Bourgeois gentilhomme / Muti VPO (Live Salzbourg 2016) ***
CD 9 Haydn : Les Sept dernières paroles du Christ en croix / Muti BPO (1991) **
CD 10 Leoncavallo : Pagliacci / Muti Philadelphie / Pavarotti, Dessi, Pons, Coni (Live 1992) ****
CD 11-15 Mozart : Symphonies 25,29,31,33,34,35,36,38,39,40,41 / Muti VPO (1991 à 1998) ***
CD 16 Moussorgski/Ravel : Les tableaux d’une exposition / Muti Philadelphie (1990) **
CD 17 Paganini : Concerto violon n°4 / Muti VPO / Gidon Kremer (Live 1995) ****
CD 18-19 Prokofiev : Symphonies n°1,3,5, La rencontre de la Volga et du Don / Muti Philadelphie (1990) ***
CD 20-21 Puccini : Manon Lescaut / Muti Scala / Guleghina, Gallo, Cura, Roni (Live 1998) ***
CD 21-22 Puccini : Tosca / Muti Philadelphie / Vaness, Giacomini, Zancanaro (Live 1992). **
CD 24-27 Rossini : Guglielmo Tell / Muti Scala / Zancanaro, Merritt, Surjan, D’Intino (Live 1989) ****
CD 28-29 Rossini : La donna del lago / Muti Scala / Anderson, Dupuy, Blake, Surjan, Merritt (Live 1992) ****
CD 30-31 Schumann : Symphonies / Muti VPO (1993) ***
CD 32 Concert de Nouvel an 1993 / Muti VPO (Live 1993) ****
CD 33 Richard Strauss : Don Juan, Aus Italien / Muti BPO (1989) ***
DVD 1-2 Mozart : la Flûte enchantée / Muti VPO / Gerhaher, Kühmeier, Damrau, Groves, Pape (Live Salzbourg 2006) **
DVD 3 Mozart : Divertimento 136, Symphonies 40,41 / Muti VPO / (Salzburg 1991) ***
Pour les symphonies de Mozart, on préfèrera souvent les versions antérieures avec le Philharmonia, en revanche le concert de Nouvel an 1993 – le premier que dirigeait Muti – est de loin le plus « viennois » de ceux que le chef napolitain a dirigés par la suite. Les enregistrements réalisés à Philadelphie sont en général brillants, policés, parfois trop !
Quant à la Flûte enchantée, dans la mise en scène si inventive et joyeuse de Pierre Audi, elle souffre d’une méforme évidente de Paul Groves qui en devient pénible à écouter.
Les Mahler d’Andris Nelsons
Après des intégrales Bruckner (partagées entre Boston et Leipzig), Chostakovitch (idem), Mendelssohn (Leipzig), voici que Deutsche Grammophon propose à petit prix une intégrale des symphonies de Mahler dirigée par Andris Nelsons, captée pour l’essentiel en live avec l’Orchestre philharmonique de Vienne.

Je n’ai rien lu des critiques déjà parues sur ce corpus et l’interprétation du chef letton.
Je vais écouter, à mon rythme, pour me faire une opinion, qui sera sans aucun doute… contrastée .
« Une lecture désespérément timorée »
Je me suis fait reprocher d’avoir osé émettre des critiques sur certaines interprétations de concert ou disques du chef qui a dirigé l’Orchestre philharmonique royal de Liège de 2019 à 2025. Je ne vois pas en quoi le fait d’avoir été le directeur général de l’orchestre de 1999 à 2014 m’interdirait d’avoir des oreilles pour entendre et de m’intéresser aux nouvelles parutions discographiques de l’OPRL et heureusement le plus souvent pour m’en réjouir (Je salue la parution du premier disque de Gergely Madaras avec l’OPRL. Tout un emblème. Un bouquet d’oeuvres de l’un des plus grands compositeurs belges, le très aimé Philippe Boesmans, toutes commandées et créées par l’orchestre de Liège : le concerto pour violon créé en 1980 par Richard Pieta, repris durant la saison du 50ème anniversaire par Tatiana Samouil et ici par le brillant concertmeister roumain de l’OPRL, George Tudorache, le merveilleux Capriccio écrit par Boesmans pour les soeurs Labèque, créé le 5 mars 2011 – « Quand Jean-Pierre Rousseau m’a commandé cette œuvre pour l’Orchestre philharmonique de Liège, j’ai eu très envie de l’écrire en un seul mouvement pour deux pianos et orchestre. Je lui ai proposé de l’écrire pour Katia et Marielle Labèque. Il a immédiatement accepté ma proposition (Ph.Boesmans) – et le tout récent concerto pour piano Fin de nuit créé par David Kadouch le 1er mars dernier. » in Liège à l’unanimité


En l’occurrence, la toute récente parution chez BIS du dernier enregistrement réalisé par Gergely Madaras, est critiquée par Yannick Millon dans le numéro de novembre de Diapason. S’agissant d’une rareté – la Dante Symphonie de Liszt – j’aurais aimé lire autre chose que : « S’il est un monument du répertoire dont la discographie demeure lilliputienne, c’est bien la Dante Symphonie/…/ elle souffre la plupart du temps d’approches trop tièdes pour dépeindre l’Enfer du poète italien. Hélas, la lecture désespérément timorée de Gergely Madaras ne changera pas la donne, le chef hongrois n’osant à aucun moment prendre la partition à bras-le-corps/…./ Les pages lyriques ou introspectives sont forcément plus réussies, grâce notamment à un Philharmonique de Liège aux sonorités soignées, mais laissé en jachère par une direction dont les phrasés font du surplace et dont les silences ne sont que du vide entre les sons »
Je préfère ne pas imaginer ce que j’aurais subi si j’avais écrit pareilles lignes à propos d’un coffret Franck (lire Ave Cesar) et d’une nouvelle version de Psyché où le même chef est aussi peu convaincant, surtout comparé à son prédécesseur à la tête de l’orchestre, Paul Strauss.
Les Liégeois peuvent être fiers des Diapasons d’Or qui les ont distingués au fil des ans :





Cadeau
Dans la discographie de Riccardo Muti, j’ai une admiration particulière pour ces disques des musiques de film de Nino Rota (lire Muti et Rota)
Et toujours dans mes brèves de blog humeurs et réactions aux événements du moment.
Une réflexion sur “Arrivages d’automne”