Dudamel le New Yorkais

Dans une vie de mélomane, les week-ends comme celui que je viens de vivre sont plutôt rares. Pour Bachtrack, j’ai eu la chance de « couvrir » les deux concerts que donnaient le New York Philharmonic et Gustavo Dudamel à la Philharmonie de Paris.

Gustavo Dudamel fait saluer la compositrice Tania Leon (@JPR)

Vendredi soir, c’était une création de Tania Leon, et une Cinquième symphonie de Mahler qui n’a laissé personne indifférent (lire L’étonnante Cinquième de Mahler de Dudamel et du New York Philharmonic). Si je devais résumer plus brutalement que je ne l’ai écrit, j’ai admiré, je n’ai pas aimé. Je peux concevoir que le public, celui de New York comme celui de Paris, aiment ce Mahler aux couleurs franches et puissantes, cette démonstration d’orchestre assez époustouflante, ce n’est pas le Mahler qui me parle.

Les New Yorkais et Mahler

Les New Yorkais ont appris leur Mahler avec Bernstein, et la première intégrale des symphonies que celui-ci réalise avec eux au début des années 60

puis repris avec Zubin Mehta

Avec Lorin Maazel on tombe dans le surjoué, le rubato insensé dans une partition où tout est pourtant écrit de la main du compositeur

Quand j’évoque l’approche « objective » de Gustavo Dudamel, on peut en avoir un aperçu avec cette captation réalisée à Berlin.

Le vrai Prokofiev

À chaque fois que j’écoute la 5e symphonie de Prokofiev, j’éprouve le même sentiment : 1er et 3e mouvements imbuvables, 2e et 4e la quintessence du génie du compositeur de Roméo et Juliette et de Cendrillon. Samedi soir, chapeau bas pour Dudamel et ses musiciens (De douleur et d’espoir avec Dudamel et le New York Philharmonic)

Tout était déjà dans ce « live » de 2007 :

La transfiguration des morts

Mais le plus fort souvenir qui me restera de ces deux soirées est la pièce de John Adams commandée par le New York Philharmonic comme un mémorial du 11 septembre 2001. On the Transmigration of Souls m’a bouleversé comme tout le public de la Philharmonie et pour une fois personne n’a interrompu par des applaudissements intempestifs le recueillement qui a conclu l’interprétation de Dudamel, de ses New Yorkais et des choeurs de l’Orfeo Catala.

J’en profite pour signaler que dans le récent coffret Warner qui regroupe les enregistrements réalisés par Lorin Maazel pour EMI, Columbia et même Nonesuch, il y a la toute première version de l’oeuvre créée en 2002 par celui qui était alors le chef de l’orchestre philharmonique de New York.

Cadeau

Gustavo Dudamel est tellement associé dans l’imaginaire collectif à ce jeune homme fougueux qui tire des miracles de son orchestre des jeunes Simon Bolivar, que le cadeau du jour s’impose.

Et toujours mes brèves de blog pour les bonheurs ou les malheurs du moment !

Une réflexion sur “Dudamel le New Yorkais”

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