L’un des plus grands artistes hongrois de ces cinquante dernières années est mort en novembre 2016, à 64 ans. J’ai consacré alors au pianiste et chef d’orchestre Zoltan Kocsis un long article que je vous invite à relire : Zoltan le bienheureux.
J’y écrivais : « Peut-on espérer que Decca – qui a repris l’exploitation du catalogue Philips – rende au musicien disparu l’hommage qui lui est dû ? ».
Cinq ans plus tard, un voeu largement partagé est exaucé :
Quel bonheur de retrouver ce piano charnu mais svelte, dense et clair, d’une technique transcendante jamais étalée, et même de faire dans ce coffret des découvertes, des disques sans doute mal ou peu distribués à l’époque de leur sortie !
Du connu et reconnu comme la référence moderne de l’oeuvre pianistique de Bartok, une très large anthologie Debussy qui dit tout de l’art poétique du pianiste hongrois.
De Chopin, seulement les 19 Valses, mais quel trésor !
Une référence depuis longtemps pour moi des concertos de Rachmaninov. Je me rappelle encore le choc ressenti, lors d’un Disques en Lice, à la découverte du 3ème concerto, cet allant, cet élan, cette lumière tant dans le jeu du soliste que dans la conduite de l’orchestre.
On aurait dû commencer par là, mais ce qui saute aux yeux dans ce coffret, c’est l’originalité du répertoire gravé (son choix ? celui de l’éditeur? probablement les deux) par le pianiste hongrois dans ses jeunes années. La signature d’un talent singulier. Bach mais par la face nord, l’austère Art de la fugue, Beethoven mais pas les habituelles dernières sonates, Grieg mais pas le concerto, et la référence pour l’unique sonate du compositeur norvégien, et quels bijoux que ces deux recueils de Pièces lyriques. Liszt et les ultimes Années de pélerinage, Wagner dans une passionnante confrontation entre les transcriptions de Liszt et les siennes propres.
Liszt toujours, et des concertos que je ne connaissais pas, enregistrés avec la complicité de son ami Ivan Fischer, avec qui, on l’oublie souvent, Zoltan Kocsis avait fondé l’orchestre du festival de Budapest. Ensemble aussi les concertos de Bartok et de Ravel.
Trois concertos de Mozart aussi (il y en eut beaucoup d’autres pour Hungaroton) comme on les aime, francs, fermes et lumineux.
Et puis ces variations, parfois déconcertantes, si libres et romantiques, sur « Ah vous dirai-je maman » d’Ernő Dohnányi, dont les deux complices font un feu d’artifice.
Last but not least quelle pure joie de retrouver les prises de son Philips des grandes années – un piano toujours superbement capté – !
Difficile aujourd’hui de passer à côté du 90ème anniversaire de John Williams, le compositeur de musiques de films le plus connu, le plus célébré du moment.
Même Deutsche Grammophon qu’on a connue plus inspirée n’en finit pas de vendre et revendre, sous toutes les coutures, deux « live » qui se ressemblent trait pour trait de concerts que John Williams a dirigés à la tête des orchestres philharmoniques de Vienne et de Berlin.
Le célèbre label jaune n’a donc plus rien d’autre à proposer…
Plus intéressante, nettement, la réédition d’une collection – avec pas mal de redites – de disques jadis parus sous l’étiquette Philips, enregistrés par John Williams à la tête des Boston Pops, dont il fut le directeur musical de 1980 à 1993, à la suite du légendaire Arthur Fiedler.
J’ai naguère collectionné plusieurs de ces disques, même si déjà je trouvais tout ça un peu trop sérieux, orchestralement brillant, mais sans le chic, le charme, le déhanché d’un Arthur Fiedler dans le même répertoire
Peut-être, après tout, faut-il rendre hommage d’abord à un compositeur célèbre, qui comme d’autres avant lui, s’est largement inspiré d’oeuvres classiques (chez John Williams, les Planètes de Holst ne sont jamais loin !)
J’étais tellement persuadé d’en avoir parlé… que j’ai oublié de le faire.
Après le coffret des enregistrements Philips et Decca (lire Karl Böhm : l’héritage Philips et Decca), c’est au tour de Deutsche Grammophon d’honorer Karl Böhm, quarante ans après sa mort.
Remy Louis ne m’en voudra pas de citer in extenso le papier qu’il consacre aujourd’hui sur Diapason au grand chef disparu en 1981. Il n’y a pas meilleur « böhmologue » sur la planète musique :
« Le quarantième anniversaire de la mort de Karl Böhm (1894-1981) a enfin décidé DG à redonner sa place légitime à l’une de ses grandes signatures, en réunissant dans un son glorieux toutes ses gravures orchestrales de studio (et quelques live), concertos inclus (Guilels et Pollini). Un parcours ouvert (Symphonie no 5, 1953) et refermé (9e, 1980) avec Beethoven. Tous les témoignages parlés (en allemand) sont là aussi. De 1953 à 1980, au Böhm mature succède celui du grand âge, de Berlin à Vienne, avec des retours à Dresde (Schubert, Strauss bien sûr), et l’arrivée tardive du Lon-don Symphony. De la mono à la stéréo digitale, on retrouve ce qui était éparpillé dans les coffrets « Great Recordings 1953-1972 », « The Symphonies » (cycles Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms) et « Late Recordings ». Ajout majeur : l’« intégrale » Mozart (1959-1968) bénéficie d’une édition Blu-ray audio à la présence aérée qui la fait revivre comme jamais.
Berlin et Vienne
Berlin a été l’orchestre principal de Böhm chez DG jusqu’au début des années 1970 car Vienne était d’abord sous contrat Decca. Mais le désir du chef d’enregistrer avec « son » Philharmonique était tel qu’un accord fut trouvé : Haydn (Symphonies nos 88 à 92, Symphonie concertante), les concertos pour vents de Mozart, les intégrales Beethoven et Brahms, les géniales 7e et 8e de Bruckner – assurément deux sommets – incarnent profondément une culture que Böhm – styrien, pas viennois – a entretenue et façonnée à son tour avec exigence ; l’évocation parlée de sa relation avec les Wiener (près de douze minutes, inédites en CD) en est le précieux écho.
On s’en souvient comme si c’était hier : rayonnant du cœur même de la sonorité, cette fluidité et ces mille reflets d’or entendus dans la trilogie mozartienne au Théâtre des Champs-Elysées en 1979. S’en rapprochent les concertos pour cor de Mozart, les Haydn (vraiment uniques, sans prédécesseur ni successeur), la « Pastorale » ou l’ultime 9e de 1980 (étrangement pré-mahlérienne dans ses timbres, ses espaces sonores), le Largo inouï de la « Nouveau Monde », les Wagner sublimés. Cette quintessence imprègne aussi les Tchaïkovski tardifs et extraordinairement épurés du LSO (4e, 5e, et « Pathétique »), ni allemands, ni russes, mais d’ailleurs : un monde en soi, sans descendance.
Comparaisons
Pour avoir joué avec les trois, un musicien de Chicago disait que Solti était d’abord un chef rythmique, Barenboim harmonique, Muti mélodique. Böhm fusionne ces éléments dans un point d’équilibre qui n’est pas ce juste milieu que raillait Schönberg, mais ce seuil où l’œuvre semble réalisée sans effort dans toutes ses potentialités, en écartant tout extrémisme extérieur. Et dans une conscience aiguë du style, doublée de l’accueil libéral des couleurs et de la sonorité de chaque formation.
Rapprocher les prises effectuées avec Berlin, puis Vienne (divers Mozart dont la Symphonie concertante pour vents, 3e et 7e de Beethoven, 5e et 8e de Schubert, 1re et 2e de Brahms… ) est révélateur ; la différence est marquée chez Brahms, impérieux et emporté par de sombres élans à Berlin, plus relaxé à Vienne. Elle vaut aussi pour les deux formidables Vie de héros de Strauss de Dresde et Vienne : on croit d’abord entendre un autre chef, mais…
Sur la question des tempos, nos goûts ont évolué pour le répertoire classique, les premiers Schubert ; mais les siens ne sont-ils pas salvateurs dans un monde hystérisé ? Böhm est à la fois précis, articulé, savamment contrasté et toujours narratif. Sombre avec Berlin, il est lumineux avec Vienne… mais partout clair, intérieurement intense.
Le charme et la joie
Un été indien réchauffe les Mozart de Vienne (les 38e et 39e !), préservant cet élan qui faisait écrire au compositeur André Boucourechliev, chroniquant les Concertos nos 19 et 23 avec Pollini, que le vrai soliste de ce disque était Böhm lui-même. Walter Legge admirait « sa manière si naturelle de faire de la musique, l’aisance suprême avec laquelle il passait d’un tempo à un autre, la chaleur humaine, l’humour, le pathos contenu ». Ajoutons : le charme – les Haydn, les valses de Strauss, les cordes si viennoises de Pierre et le loup !
Pourtant, une dimension plus faustienne sous-tend ses Mozart berlinois, d’une unité surprenante si on songe qu’il n’a jamais dirigé nombre d’entre eux en concert. Il déclarait dans une interview télévisée ne pas croire totalement à la joie chez Mozart – aveu remarquable. Ses lectures sont exemptes de sentimentalisme mais non de tourments, strictes de forme mais nuancées dans le détail, et d’un naturel agogique et d’une plénitude sonore exaltants – ainsi des fabuleuses Sérénades « Haffner » et « Posthorn ». Que d’aucuns, aujourd’hui, n’adhèrent pas à ce son, à cette vision, se comprend, et ne tient pas seulement aux bouleversements stylistiques intervenus depuis sa disparition : du vivant de Böhm, le Mozart de Szell, par exemple, traçait une tout autre voie.
Voilà bien une somme, dont l’écoute ne dissipe jamais, en dépit de son évidence musicale, le mystère que recelait l’homme. Visuels (pas toujours les tout premiers) originaux, brève notice de Richard Osborne (sans traduction française). Regrettons que DG n’ait pas repris l’hommage pénétrant, signé Erik Werba, qui ouvrait l’édition vinyle originale de l’intégrale Mozart. Le pianiste savait ce que Böhm représentait. » (Remy Louis, DiapasonMag).
Mes préférences à moi
Je n’ai rien découvert dans ce coffret, qui a toutefois l’immense avantage de regrouper des parutions jusqu’alors disparates, et d’être richement documenté.
Remy Louis souligne, à juste titre, qu’on peut être décontenancé par la « paisibilité » des Mozart et des Schubert de Böhm, surtout si on a dans l’oreille les Harnoncourt, Gardiner et autres tenants de l’interprétation « historiquement informée ».
Tout admiratif que je sois du chef autrichien, je n’arrive vraiment pas à me faire à ces Mozart sans vie ni ressort (le finale de cette 25ème symphonie !!)
La comparaison avec son aîné d’une dizaine d’années, pourtant réputé pour ses lenteurs, Otto Klemperer, est… édifiante !
En revanche, Haydn réussit plutôt au natif de Styrie, et le bouquet de symphonies (88-92 et 105) qu’il grava avec les timbres fruités de Vienne, figure depuis longtemps dans les favoris de ma discothèque
« La » Première de Brahms
Ce coffret contient, pour moi, « la » version définitive de la Première symphonie de Brahms. Je ne connais pas de finale plus rageur, plus tourmenté, plus contrasté aussi, que celui de Böhm à Berlin en 1959.
Mais toutes les symphonies de Brahms – l’intégrale viennoise – sont de la même eau sous la baguette à la fois si impérieuse et souple de Böhm.
Prokofiev et Saint-Saëns
J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer deux raretés de la discographie de Böhm : un fantastique Carnaval des animaux de Saint-Saëns, et ce qu’on pourrait considérer comme la version de référence, pas moins, de Pierre et le Loup de Prokofiev. Avec juste un bémol : le coffret comprend les versions en anglais et en allemand (c’est le propre fils de Karl Böhm, l’acteur Karlheinz, qui en est le récitant) mais omet la version française parue jadis avec Jean Richard !
Johann et Richard Strauss
On sait les affinités électives entre Richard Strauss et Karl Böhm (pour les opéras voir le coffret paru en 2018 : Böhm les opéras Deutsche Grammophon) C’est évident dans les poèmes symphoniques.
De l’autre Strauss, Böhm, outre une Fledermaus d’anthologie avec Gundula Janowitz, n’a gravé qu’un seul disque de valses et polkas. Des modèles, comme ces Roses du Sud de haute école.
Je suis plus circonspect que Remy Louis sur les Tchaikovski gravés à Londres, une Neuvième de Dvorak bien sérieuse.
Mais rien n’est médiocre ni négligeable dans ce beau coffret !
Rien de nouveau sous le pâle soleil de ce matin : c’est le premier jour de l’hiver !
Il y a un an, j’avais consacré un long article à la Première symphonie de Tchaikovski. Je le reproduis ici, et l’actualise à la fin, en évoquant des versions ou rééditions récentes, qui surprennent… ou déçoivent !
Les rêves d’hiver de Tchaikovski
Comme je l’ai raconté dans le premier billet de cette série – La découverte de la musique (I) – j’ai, adolescent, en grande partie constitué ma discothèque classique grâce à une filiale de la puissante coopérative suisse Migros, Ex Libris, qui était à la fois un club et une chaîne de magasins culturels. C’est grâce à Ex Libris que j’ai eu ma première version d’une oeuvre qui a toujours puissamment résonné en moi (Musiques climatiques) : la première symphonie « Rêves d’hiver » de Tchaikovski
Cette symphonie, commencée au printemps 1866, est sans doute celle qui va donner le plus de mal à son auteur, qui traverse de graves crises nerveuses : « Mes nerfs sont à nouveau complètement détraqués. Les raisons en sont les suivantes :
1) les difficultés dans la composition de la symphonie ;
2) Rubinstein et Tarnovski, remarquant à quel point je suis susceptible, passent leur temps à me faire enrager ;
3) la pensée omniprésente que je mourrai bientôt sans avoir eu le temps d’achever ma symphonie.
J’attends l’été et Kamenka comme une terre promise. Depuis hier, je ne prends plus de vodka, de vin ni de thé fort. Je hais l’humanité et voudrais me retirer dans un désert. J’ai déjà pris mon billet de diligence pour le 22 mai… »
Il faudra à Tchaikovski surmonter les refus, les sarcasmes, pour enfin atteindre le succès, deux ans plus tard, lorsque sa symphonie est créée par son dédicataire, Nikolai Rubinstein, le 15 février 1868, à Moscou, lors d’un concert de la Société musicale russe. Ce n’est pourtant que, quinze ans plus tard, le 1er décembre 1883, qu’on pourra la réentendre à Moscou et lire dans Les Nouvelles russes cette critique qui résume bien l’oeuvre : « C’est une symphonie authentiquement russe. Dans chaque mesure, on sent qu’ellen’a pu être écrite que par un Russe« . Tchaikovski lui-même écrit à Nadiejda von Meck: « Même si elle demeure à bien des égards d’une immaturité évidente, elle a pourtant au bout du compte plus de substance et s’avère bien plus réussie que beaucoup de mes œuvres ultérieures« .
C’est donc avec Lorin Maazel – lire Un Américain de Paris – et l’Orchestre philharmonique de Vienne (ah ces couleurs du hautbois solo, des cors !) que je découvre ces Rêves d’hiver, une version qui ne m’a jamais quitté et que je place toujours en tête de ma discographie personnelle de l’oeuvre.
Quelques mois plus tard, je découvrirai l’un des premiers disques du jeune Michael Tilson Thomas
Et lorsque Karajan, qui a si souvent enregistré les trois dernières symphonies, grave les trois premières pour Deutsche Grammophon, cela donne une Rêves d’hiver intensément lyrique, tragique parfois, comme dans le mouvement lent, d’une abyssale nostalgie
Au moment de clore ce billet, j’ai une pensée toute particulière pour Patrick Davin, tragiquement disparu au début de l’automne (Un ami disparaît) qui avait magnifiquement dirigé, à ma demande, cette symphonie qu’il ne connaissait pas, à la tête de l’Orchestre philharmonique royal de Liège.
Aux versions citées dans cet article, je voudrais en rajouter quelques-unes, à conseiller.. ou à fuir !
Markevitch et Marriner à Londres
La réédition unanimement saluée dans la collection Eloquence des disques enregistrés par Igor Markevitch pour Philips (voir Igor Markevitch la collection Philips) comprend l’intégrale des symphonies de Tchaikovski réalisée à Londres au début des années 60, intégrale inégale dont se distingue une première symphonie idéale d’allure, d’atmosphère juvénile.
Une autre surprise de ma discothèque, vraiment passée sous le radar de la critique, est une intégrale des symphonies de Tchaikovski dirigée par Neville Marriner – qui l’eût cru ? Ses « rêves d’hiver » bien peu « tranquilles » captent notre attention
Désolé pour eux !
Le grand Bernstein a laissé plusieurs enregistrements des dernières symphonies de Tchaikovski. C’est peu dire qu’il a raté les premières : où sont les grands paysages enneigés dans ce premier mouvement qui commence de manière si scolaire, et se poursuit dans une instabilité rythmique bien peu contrôlée ?
Beaucoup plus surprenant le prosaïsme de chefs qui sont nés dans ces contrées, comme Valery Gergiev capté ici avec son orchestre du Marinski à la salle Pleyel à Paris.
Le grand Svetlanov n’est guère plus inspiré par la poésie de ces paysages d’hiver.
On n’est guère plus convaincu par une Première symphonie bien sérieuse et terre-à-terre captée à Zurich – la dernière intégrale en date des symphonies de Tchaikovski.
Même Mariss Jansons – dans une intégrale pourtant souvent célébrée – reste dans un entre-deux, loin des emballements poétiques de Tilson Thomas ou Markevitch.
Ceux qui me suivent savent que je reste attaché au disque « physique », même si je suis abonné à un site – très bien fait – de téléchargement essentiellement classique. Je rationalise ma discothèque en me séparant de CD isolés – sauf lorsqu’ils présentent un intérêt documentaire particulier – au profit de coffrets récapitulatifs (cf. La quarantaine rugissante, Réévaluation).
Mais on observe depuis quelques mois un phénomène très particulier : des coffrets annoncés… qui ne paraissent jamais.
Jessye et soeur Anne
Ainsi on avait repéré, et commandé, il y a plusieurs mois, ce coffret très attendu, l’intégrale des récitals « studio » de Jessye Norman, disparue le 30 septembre 2019.
Tel la Soeur Anne de Barbe-Bleue de Charles Perrault, on n’a jamais rien vu venir. la Fnac annonce fièrement une livraison sous quelques jours… tandis que d’autres sites plus sérieux (?) évoquent une parution le 31 décembre… 2022 ! Chiche ! mais on doute franchement que le produit même ait été fabriqué ou soit même en cours de fabrication…
Ansermet ou l’Arlésienne
En novembre 2018, à l’occasion du centenaire de la fondation de l’Orchestre de la Suisse romande, j’annonçais une monumentale édition Decca du considérable legs discographique d’Ernest Ansermet. Prévue pour commémorer les cinquante ans de la mort du fondateur de l’orchestre, disparu en février 1969. Depuis lors, plus de nouvelles.
Entre temps Scribendum (voir Krips le Viennois) semble avoir comblé la « défaillance » de Decca, en rééditant les enregistrements libres de droits (avant 1963)
A côté de ces coffrets fantômes, on peut s’interroger sur la pertinence de certaines rééditions, destinées paraît-il au marché japonais. Il y a quelques mois, une intégrale vraiment intégrale du vénérable Jean-François Paillard (1928-2013) dont on ne peut pas nier le rôle dans la redécouverte de certains répertoires baroques, mais dont on a peine à mesurer l’intérêt discographique.
Le coffret en question est déjà devenu « collector »…
Tout aussi inutile un coffret aperçu l’autre jour dans une Fnac, l’intégrale des enregistrements du flûtiste Jean-Pierre Rampal (1922-2000) pour Sony, autrement dit les dernières années de sa carrière.
Oui Rampal a été une légende, et son premier éditeur Erato n’a pas manqué de lui rendre hommage, en rééditant abondamment des enregistrements remarquables et remarqués.
Mais Rampal, comme aujourd’hui James Galway, 82 ans, n’aurait peut-être pas dû user et abuser de sa notoriété. J’ai des souvenirs pas très brillants de Rampal (avec Stern et Rostropovitch) au festival d’Evian, dans les années 80. Il donnait encore le change, mais la gloire était déjà bien fanée.
On est tombé sur cette « nécro » dans Le Point de cette semaine :
C’est là qu’on mesure les effets de la disparition de celui qui fut la plume musicale de l’hebdomadaire depuis 1976, le très regretté André Tubeuf. Mauvais copié-collé d’une dépêche d’agence, clichés en sus! Mais omettre le coeur de la vie et de la carrière de Bernard Haitink (1929-2021), l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam – il en fut le directeur musical durant 25 ans de 1964 à 1988 – il faut quand même le faire !
On a déjà cité dans l’article Bernard Haitink1929-2021 le beau coffret « symphonique » laissé par le chef hollandais avec « son’ orchestre :
des intégrales des symphonies de Beethoven, Bruckner, Mahler, Schumann, Tchaikovski, excusez du peu, et toujours avec un fabuleux orchestre capté par les ingénieurs du son de Philips dans la glorieuse acoustique de la « maison des concerts » (Concertgebouw) d’Amsterdam.
La radio néerlandaise a publié au fil des ans une série de coffrets de captations « live » de l’orchestre par décennie sous les baguettes les plus prestigieuses qui ont défilé à Amsterdam, ainsi que des anthologies avec leurs directeurs musicaux successifs.
A l’occasion du 125ème anniversaire de sa fondation, l’orchestre royal du Concertgebouw a regroupé ces parutions en deux forts coffrets d’un total de 152 CD, exclusivement constitués de prises de concert ! Voir les détails ici : Concertgebouw Amsterdam 125
C’est dans ces derniers que j’ai recherché des captations qui pouvaient restituer le plus fidèlement l’art de Bernard Haitink.
Tous les admirateurs de Mahler et de Haitink ont depuis longtemps thésaurisé en CD et en DVD ces concerts de Noël :
Il y a assez peu de documents vidéo disponibles des jeunes années de Bernard Haitink, mais dans cette Septième de Beethoven, le chef octogénaire en remontrerait à plus d’un jeune confrère !
Il y a des compositeurs, des oeuvres, que Bernard Haitink a enregistrés tout jeune, mais jamais repris par la suite, comme les 7ème et 8ème symphonies de Dvorak:
ou Haydn :
J’ai déjà évoqué le goût de Haitink pour la musique française. Il faut absolument écouter les Debussy et Ravel gravés à Amsterdam.
Je découvre cette vidéo de la Symphonie fantastique, émouvante bien sûr, parfaitement exécutée, orchestre admirable évidemment, mais il y manque ce grain de folie qui rend l’oeuvre irrésistible.
Je ne résiste pas au plaisir de montrer ce document, vu et revu si souvent, où un Artur Rubinstein de 86 ans joue aux côtés d’un chef tout juste quadragénaire, le concerto qu’il a le plus souvent joué dans sa carrière de concertiste. Histoire de rappeler aussi l’exceptionnel Brahmsien qu’était Haitink.
J’avais prévu ce matin de dire la joie que j’ai éprouvée hier à l’annonce de la nomination de Louis Langrée à la direction de l’Opéra Comique à Paris. Une autre annonce, cette nuit, m’oblige à reporter cet article. Bernard Haitink est mort à Londres, à 92 ans.
Dernier concert
Voici ce que j’écrivais le 18 novembre 2016 après le dernier concert que le chef hollandais avait dirigé à la tête de l’Orchestre National de France à l’auditorium de Radio France :
Le chef néerlandais, qui avait dirigé la 9ème symphonie de Bruckner en février 2015, avait expressément souhaité un programme français, sachant que l’ensemble de cette saison 2016-2017 du National serait placée sous l’égide de la musique française : le Gloriade Poulenc et l’intégrale de Daphnis et Chloé, « symphonie chorégraphique pour orchestre et choeurs sans paroles » de Ravel.
L’oeuvre de Poulenc est étrange, ambigüe – comme l’était le compositeur « moine et voyou » et on avait plutôt l’impression hier soir d’un requiem que d’un gloria, la voix cristalline et d’une impeccable justesse de Patricia Petibon nous rapprochant du requiem de Fauré. Haitink a fait le choix de la gravité, de la grandeur même, et c’est un parti parfaitement assumé.
En deuxième partie, on était impatient d’entendre l’intégralité de la partition de Ravel, plutôt rare au concert (à cause des interventions chorales ?). On retrouve – mieux que dans le « live » qu’il a gravé à Chicago, voir ci-dessous – les qualités de celui qui fut le légendaire patron du Concertgebouw, respect du texte et des mélanges instrumentaux – si importants chez Ravel – contrôle des masses sonores, au risque d’une modération qui manque parfois de fantaisie. Mais la performance, pour un homme de cet âge, reste éblouissante, et, en l’applaudissant aussi longuement, le public, dans lequel étaient assis deux étoiles montantes de la direction, Lorenzo Viottiet Alexandre Bloch, avait peut-être ce pincement au coeur qui vous vient lorsque l’au-revoir prend la forme d’un adieu… »
J’étais allé saluer Bernard Haitink dans sa loge du Théâtre des Champs-Elysées en février 2015 lorsqu’il y avait dirigé la 9ème symphonie de Bruckner, toujours à la tête de l’Orchestre National. Je dois à l’honnêteté de dire que je n’avais pas été convaincu par cette lecture (en tout cas loin de ses réussites au disque), j’avais trouvé un monsieur modeste, timide presque, fatigué..
Un Pelléas inattendu
Les souvenirs se bousculent (lire : Bernard et Roméo, Concertgebouw 125, ), l’un me revient en particulier. En 1998, nous réfléchissions à organiser une série de concerts des formations de Radio France et d’émissions de France Musique autour de la figure et de l’oeuvre de Debussy. Le regretté Dominique Jameux avait été chargé de mettre en oeuvre cet ambitieux projet, au coeur duquel figurait évidemment l’unique opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande. Il avait pris contact avec plusieurs chefs (Boulez, Gielen) qui avaient décliné l’offre pour des raisons d’agenda. Lors d’une réunion, j’évoquai le nom de Bernard Haitink, dont j’admirais depuis longtemps les enregistrements de musique française avec le Concertgebouw. Interrogé, le chef répondit positivement et avec beaucoup d’enthousiasme, heureux de pouvoir enfin diriger un ouvrage qui le fascinait. Cela donnera, en 2000, une version de concert unanimement louée
et en 2007, toujours au Théâtre des Champs-Elysées, un Pelléas dans la mise en scène diversement appréciée de Jean-Louis Martinoty et sous la direction une fois de plus remarquée de Bernard Haitink (lire Pelléas à la peine / Le Monde).
Je reviendrai plus longuement sur la discographie, heureusement abondante, du chef disparu. On peut déjà se faire une vaste idée de l’art de Bernard Haitink avec ces deux coffrets :
Et voilà la suite de Igor Markevitch la collection Philips (lire Sous les pavés la musique IX). A la différence du coffret EloquencePhilips, ce nouveau coffret Eloquence ne recèle pas d’inédit ou de rareté. Tous les disques réunis ici avaient déjà été réédités séparément ou en de petits coffrets, sauf peut-être les symphonies de Beethoven (il y en a une partie ici, l’autre partie dans le coffret Philips, et l’ensemble était disponible dans un coffret DG japonais, trouvable aussi en Allemagne)
Références et raretés
Quatre grandes périodes d’enregistrement pour la marque jaune :
de 1953 à 1955 avec l’Orchestre philharmonique de Berlin, des versions bien connues de Berlioz (une première Fantastique ainsi qu’Harold en Italie), de Tchaikovski (la Pathétique), mais surtout les 3ème et 4ème symphonies de Berwald (pour les Berliner un coup unique!), et les 3ème et 4ème de Schubert, qui étaient de vraies raretés au disque.
à New York à peu près à la même époque, un orchestre constitué pour la circonstance (en fait des musiciens du Philharmonique) enregistre avec Markevitch deux symphonies de Beethoven (3 et 6) ainsi que la Première de Brahms
de 1957 à 1960, malheureusement trop souvent en mono (alors que les Américains et Decca enregistraient en stéréo depuis 1954), une série légendaire de captations avec l’orchestre des Concerts Lamoureux. Joyau de cette série, une Symphonie fantastique qui fait d’abord entendre la splendeur des vents français (ce basson !) et un chef qui fait du 4ème mouvement une véritable Marche au supplice (écoutez le terrifiant grincement du trombone basse, qui viendrait rappeler aux insouciants qu’il ne s’agit ni d’une marche triomphale ni d’une cavalerie légère !)
en 1965, les équipes de DG se transportent à Prague, pour nous offrir deux versions jamais démodées du requiem en ré mineur de Cherubini, et une étonnante Messe de Sainte-Cécile de Gounod avec un trio de chanteurs inattendus dans ce répertoire.
Un mot d’une oeuvre – Les Choéphores – de Darius Milhaud (lire l’excellent papier de Jean-Charles Hoffelé : Le chef-d’oeuvre de Darius) que j’ai toujours trouvée très.. datée. Ecrite en 1915 – c’est la mode des oeuvres avec récitant (Honegger – Le Roi David – Debussy – Le Martyre de Saint-Sébastien – Stravinsky – Oedipus Rex), elle n’a connu que deux versions au disque : celle de Markevitch en 1957 (mono), suivie de celle de Bernstein à New York en 1961 (stéréo)
CD 1 Cherubini: Requiem in D minor for male chorus & orchestra
Czech Philharmonic Chorus
Czech Philharmonic Orchestra
Igor Markevitch
Mozart: Mass in C major, K317 ‘Coronation Mass’
Maria Stader (soprano), Oralia Dominguez (mezzo-soprano), Ernst Haefliger (tenor), Michel Roux,
Choeurs Elisabeth Brasseur
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 2Mozart: Symphony No. 34 in C major, K338
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch
Mozart: Symphony No. 38 in D major, K504 ‘Prague’
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch
Mozart: Symphony No. 35 in D major, K385 ‘Haffner’
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
Gluck: Sinfonia in G major
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 3 Mozart: Bassoon Concerto in B flat major, K191
Maurice Allard (bassoon)
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
Haydn: Sinfonia Concertante in B flat major, Op. 84, Hob. I / 105
Georges Alès (violin), André Remond (cello), Émile Mayousse (oboe), Raymond Droulez (bassoon)
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
Cimarosa: Concerto in G major for two flutes
Aurèle Nicolet (flute), Fritz Demmler (flute)
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch
Schubert: Symphony No. 3 in D major, D200
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch
CD 4 Beethoven: Egmont Overture, Op. 84
Beethoven: Leonore Overture No. 3, Op. 72b
Beethoven: Fidelio Overture Op. 72c
Beethoven: Coriolan Overture, Op. 62
Beethoven: Zur Namensfeier overture, Op. 115
Beethoven: Consecration of the House Overture, Op. 124
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 5 Beethoven: Symphony No. 3 in E flat major, Op. 55 ‘Eroica’
Symphony of the Air
Igor Markevitch
CD 6 Beethoven: Symphony No. 6 in F major, Op. 68 ‘Pastoral’
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 7 Brahms: Symphony No. 1 in C minor, Op. 68
Symphony of the Air
Igor Markevitch
CD 8 Brahms: Symphony No. 4 in E minor, Op. 98
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
Berlioz: Harold en Italie, Op. 16
Heinz Kirchner (viola)
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch
CD 9 Berlioz: Symphonie fantastique, Op. 14
Cherubini: Anacréon Overture
Auber: La muette de Portici: Overture
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 10-11Berlioz: La Damnation de Faust, Op. 24
Richard Verreau (Faust), Consuelo Rubio (Marguerite), Michel Roux (Méphistophélès), Pierre Mollet (Brander)
Chœurs Elisabeth Brasseur, Chœur d’Enfants de la RTF
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 12 Gounod: Symphony No. 2 in E flat
Bizet: Jeux d’enfants (Petite Suite), Op. 22
Debussy: La Mer
Debussy: Danses sacrée et profane
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 13 Rimski Korsakov: Russian Easter Festival Overture, Op. 3
Rimski Korsakov: May Night Overtur
Rimski Korsakov: Le Coq d’Or Suite
Borodin: In the Steppes of Central Asi
Liadov: From the Apocalypse, Op. 66
Glinka: Ruslan & Lyudmila Overture
Orchestre des Concerts Lamoureux
Igor Markevitch
CD 14 Tchaikovski: Symphony No. 6 in B minor, Op. 74 ‘Pathétique’
C’était annoncé depuis l’été (lire Igor Markevitch et la zarzuela), attendu avec impatience. Deux coffrets reprenant les disques gravés par Igor Markevitch (1912-1983) pour Philips et pour Deutsche Grammophon.
C’est peu dire qu’on est comblé par le travail, une fois de plus remarquable, que le responsable de la collection Eloquence, Cyrus Meher-Homji a effectué d’abord pour rassembler l’intégralité des enregistrements réalisés par le chef d’origine russe pour le label hollandais Philips, et restaurer (« remasteriser » dit-on maintenant) les bandes d’origine, le plus spectaculaire étant la véritable résurrection des captations moscovites de 1962 (cf.ci-dessous)
Le « nettoyage » des bandes a aussi pour effet secondaire de rendre plus audibles les sonorités parfois crues de certaines phalanges – on a tant perdu l’habitude des saveurs parfois acidulées des bois français dans l’orchestre Lamoureux du début des années 60 ! – et, pour ce qui est des troupes espagnoles, chanteurs et orchestre, de défauts d’intonation et de justesse qui ne doivent pas cependant nous faire regretter de disposer enfin de ce patrimoine inattendu de la part de Markevitch.
CD 1 FRANZ JOSEPH HAYDN (1732–1809) 1–4 Symphony No. 103 in E flat major, H.I:103 ‘Drum Roll’* 5–8 Symphony No. 104 in D major, H.I:104 ‘London’* Orchestre des Concerts Lamoureux
CARL MARIA VON WEBER (1786–1826) 9 Preciosa – Overture, Op. 78, J.279 Orquesta Sinfónica de la RTV Española
*FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA
CD 2 WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756–1791) 1–3 Piano Concerto No. 20 in D minor, KV 466 4–6 Piano Concerto No. 24 in C minor, KV 491 Clara Haskil, piano Orchestre des Concerts Lamoureux
CD 3 LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827) 1–4 Symphony No. 1 in C major, Op. 21* 5–8 Symphony No. 5 in C minor, Op. 67* 9–12 Symphony No. 8 in F major, Op. 93* Orchestre des Concerts Lamoureux *FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA
CD 4 LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827) 1–4 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125 ‘Choral’* Hilde Gueden, soprano Aafje Heynis, contralto Fritz Uhl, tenor Heinz Rehfuss, baritone Oratorienchor Karlsruhe Orchestre des Concerts Lamoureux
*FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA
CD 5 LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770–1827) 1–3 Piano Concerto No. 3 in C minor, Op. 37 FRÉDÉRIC CHOPIN (1810–1849) 4–6 Piano Concerto No. 2 in F minor, Op. 21 Clara Haskil, piano Orchestre des Concerts Lamoureux
CD 6 ALBAN BERG (1885–1935) 1–2 Violin Concerto ‘To the Memory of an Angel’ Arthur Grumiaux, violin Concertgebouworkest
ZOLTÁN KODÁLY (1882–1967) 5 Psalmus Hungaricus, Op. 13 Irina Arkhipova, contralto (Alto Rhapsody) Róbert Ilosfalvy, tenor (Psalmus Hungaricus) Russian State Academy Choir USSR State Symphony Orchestra
CD 7 GEORGES BIZET (1838–1875) 1–5 Carmen – Suite No. 1 6–10 Carmen – Suite No. 2 11–14 L’Arlésienne – Suite No. 1 15–17 L’Arlésienne – Suite No. 2 Orchestre des Concerts Lamoureux
CD 8 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–4 Symphony No. 1 in G minor, Op. 13, TH.24 ‘Winter Daydreams’ 5–8 Symphony No. 2 in C minor, Op. 17, TH.25 ‘Little Russian’ London Symphony Orchestra
CD 9 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–5 Symphony No. 3 in D major, Op. 29, TH.26 ‘Polish’ London Symphony Orchestra 6 Francesca da Rimini, Op. 32, TH.46 New Philharmonia Orchestra
CD 10 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–4 Symphony No. 4 in F minor, Op. 36, TH.27 5 Hamlet, Op. 67 London Symphony Orchestra New Philharmonia Orchestra
CD 11 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–4 Symphony No. 5 in E minor, Op. 64, TH.29 London Symphony Orchestra
CD 12 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–4 Symphony No. 6 in B minor, Op. 74, TH.30 ‘Pathétique’ London Symphony Orchestra
CD 13 PYOTR ILYICH TCHAIKOVSKY (1840–1893) 1–4 Manfred Symphony, Op. 58, TH.28 London Symphony Orchestra
CD 14 NIKOLAI RIMSKY-KORSAKOV (1844–1908) 1–5 Capriccio Espagnol, Op. 34 6–9 Scheherazade, Op. 35 Erich Gruenberg, soloviolin London Symphony Orchestra
NIKOLAI RIMSKY-KORSAKOV (1844–1908) 2 Russian Easter Festival, Overture, Op. 36
ALEXANDER BORODIN (1833–1887) 3 Polovtsian Dances (from Prince Igor) Netherlands Radio Chorus (Borodin) Concertgebouworkest
CD 16 IGOR STRAVINSKY (1882–1971) 1–10 Apollon musagète (1947 version) 11–14 Suite No. 1 for Small Orchestra 15–18 Suite No. 2 for Small Orchestra 19–22 Four Norwegian Moods 23 Circus Polka for a Young Elephant London Symphony Orchestra
CD 17 IGOR STRAVINSKY (1882–1971) 1–24 L’Histoire du Soldat Jean Cocteau, Jean-Marie Fertey, Peter Ustinov, narrators Manoug Parikian, violin Joachim Gut, double bass Ulysse Delécluse, clarinet · Henri Helaerts, bassoon Maurice André, trumpet · Roland Schnorkh, trombone Charles Peschier, percussion
25–27 Symphonie de Psaumes Boys’ and Male Voices of the Russian State Academic Choir Russian State Academy Orchestra
CD 18 MODEST MUSSORGSKY (1839–1881) Orch. Markevitch 1 Cradle Song 2 The Magpie 3 Night 4 Where art thou, little star? 5 The Ragamuffin 6 On The Dnieper Galina Vishnevskaya, soprano
NIKOLAI TCHEREPNIN (1873–1945) 7–13 Tàti-Tàti* Olga Rostropovich, piano
LEOPOLD MOZART (1719–1787) 14–16 Toy Symphony (Cassation in G major for Orchestra and Toys)°
GEORGES BIZET (1838–1875) 17–21 Jeux d’enfants – Petite Suite, Op. 22° Children’s Ensemble of the Moscow School of Music (Toy Symphony) USSR State Symphony Orchestra
*FIRST CD RELEASE ON DECCA °FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA
CD 19 GIUSEPPE VERDI (1813–1901) 1 La forza del destino – Sinfonia 2 Macbeth – Ballet Music (Act III) 3 La traviata – Prelude (Act I) 4 Luisa Miller – Overture 5 Aida – Overture 6 Giovanna d’Arco – Overture 7 La traviata – Prelude (Act III) 8 I vespri siciliani – Overture New Philharmonia Orchestra
Messa da Requiem* beginning 9–10 Requiem et Kyrie
CD 20 GIUSEPPE VERDI (1813–1901) 1–19 Messa da Requiem* conclusion Galina Vishnevskaya, soprano Nina Isakova, mezzo-soprano Vladimir Ivanovsky, tenor Ivan Petrov, bass Russian State Academy Choir Moscow Philharmonic Orchestra
*FIRST STEREO CD RELEASE ON CD
CD 21 FEDERICO MOMPOU (1893–1987) 1–8 Los Improperios Peter Christoph Runge, baritone Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
TOMÁS LUIS DE VICTORIA (c. 1548–1611) 9 Ave Maria 10 Vexilla regis Escolania de nuestra Señora del Buen Retiro César Sanchez, Maestro de la Escolanía Coro de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
PADRE JAIME FERRER (1762–1824) 11–16 Lamentación 1a Ángeles Chamorro, soprano Norma Lerer, contralto Julian Molina, tenor Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española
CD 22 TOMÁS LUIS DE VICTORIA (c. 1548–1611) 1–8 Magnificat primi toni Coro de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
ÓSCAR ESPLÁ Y TRIAY (1886–1976) 9–12 De Profundis Ángeles Chamorro, soprano Ines Rivadeneyra, mezzo-soprano Carlo del Monte, tenor Antonio Blancas, baritone Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
ERNESTO HALFFTER (1905–1989) 13 Canticum in P.P. Johannem XXIII*
IGNACIO RAMONEDA (1735–1781) 14 Veni Creator* Ángeles Chamorro, soprano Antonio Blancas, baritone Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
*FIRST CD RELEASE ON DECCA
CD 23 MANUEL DE FALLA (1876–1946) 1–7 Siete Canciones populares españolas* Orchestrated by Igor Markevitch
ISAAC ALBÉNIZ (1860–1909) 8 Catalonia°
ERNESTO HALFFTER (1905–1989) 9 Fanfare (a la memoria de Enrique Granados)*
ENRIQUE GRANADOS (1867–1916) 10 Spanish Dance, Op. 37 No. 9 ‘Romantica’° 11 Spanish Dance, Op. 37 No. 4 ‘Villanesca’° 12 Intermezzo (from Goyescas)° 13 Zapateado (from Six Pieces on Spanish Folksongs)° 14 Spanish Dance, Op. 37 No. 8 ‘Asturiana’° Ángeles Chamorro, soprano (Falla) Orquesta Sinfónica de la RTV Española
*FIRST CD RELEASE ON DECCA °FIRST INTERNATIONAL CD RELEASE ON DECCA
CD 24 MANUEL DE FALLA (1876–1946) 1–3 Noches en los jardines de España Clara Haskil, piano Orchestre des Concerts Lamoureux
4–16 El amor brujo
EMMANUEL CHABRIER (1841–1894) 17 España – rapsodie pour orchestre
MAURICE RAVEL (1875–1937) 18 Boléro Ines Rivadeneyra, contralto (El amor brujo) Orquesta Sinfónica de la RTV Española
CD 25 ANTOLOGIA DE LA ZARZUELA* GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923) 1–3 La Tempranica (excerpts)
GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923) 6 El baile de Luis Alonso: Intermedio
VICENTELLEÓ BALBASTRE (1870–1922) 7 La corte de Faraón: Son las mujeres de Babilonia – ¡Ay ba!
PABLOLUNA (1879–1942) 8–10 El Niño Judio (excerpts)
TOMÁSBRETÓN (1850–1923) 11–13 La Verbena de la Paloma (excerpts) Ángeles Chamorro, Alicia de la Victoria, sopranos · Norma Lerer, contralto Angel Custodio, Gregorio Gil, Carlo del Monte, tenors Rafael Enderis, baritone Julio Catania, Jesus Coiras, José Granados, Antonio Lagar, José Le Matt, basses Coro y Orquesta Sinfónica de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
CD 26 MANUEL PENELLA (1880–1939) 1 El Gato Montés: Pasadoble
FRANCISCOALONSO (1887–1948) 2 La Calesera: Dice el Rey que le debe guardar
RUPERTO CHAPÍ Y LORENTE (1851–1909) 3–4 La Revoltosa (excerpts)
FEDERICO CHUECA (1846–1908) 5 Agua, Azucarillos y Aguardiente: Vivimos en la Ronda de Embajadores
GERÓNIMO GIMÉNEZ (1854–1923) 6 La Tempranica: Zapateado 7 La boda de Luis Alonso: Intermedio
RUPERTO CHAPÍ Y LORENTE (1851–1909) 8 El tambor de Granaderos: Preludio
FRANCISCO ASENJOBARBIERI (1823–1894) 9–11 El barberillo de Lavapiés (excerpts)
RUPERTO CHAPI Y LORENTE (1851–1909) 12 El Rey que Rabio: Coro de doctores
MANUEL FERNANDEZ-CABALLERO (1835–1906) 14 Gigantes y Cabezudos: Jota Ángeles Chamorro, Alicia de la Victoria, sopranos · Norma Lerer, contralto Carlo del Monte, José Antonio Viñe, tenors · Antonio Lagar, bass Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española Alberto Blancafort, chorus master
IGOR MARKEVITCH *FIRST COMPLETE RELEASE ON CD OF ‘ANTOLOGIA DE LA ZARZUELA’
STEREO RECORDINGS
On attend maintenant avec autant d’impatience le coffret Eloquence Deutsche Grammophon !
C’est d’abord un très bel objet ce coffret de 38 CD et 1 Blu-Ray audio : il regroupe l’intégralité des enregistrements réalisés par Karl Böhm (1894-1981) après la Deuxième guerre mondiale pour Philips et Decca. Tous bien connus et admirés depuis longtemps, mais jusqu’alors diffusés de façon disparate selon les labels et les époques.
Admirable ce coffret l’est par le soin apporté à ces rééditions, qui ont bénéficié de remasterisations souvent impressionnantes – la restitution des premières stéréos (1955) des légendaires Mozart viennois, Cosi fan tutte et Die Zauberflöte est époustouflante. Même traitement pour des disques – en mono – qui ont marqué mon enfance, un Requiem de Mozart et une Neuvième de Beethoven, captés avec le Symphonique de Vienne en 1956 avec le soprano de lumière et de miel de Teresa Stich-Randall.
Un texte remarquablement documenté d’un maître es-Böhm, l’ami Remy Louis.
Des Bruckner d’anthologie (3 et 4), le 27ème de Mozart et les deux concertos de Brahms avec Wilhelm Backhaus, la Chauve-Souris(avec Janowitz) et le Ring de Bayreuth, qui manquaient au gros coffret DG – Karl Böhm Operas –