J’ai un problème avec le chef québécois. Pas du tout en rapport avec sa tenue, en répétition short, débardeur et baskets -ou en concert veste à paillettes, boucles blondes peroxydées et ongles peints, costume dernier cri de couturier. On a quand même l’impression qu’il ne rechigne pas à se faire l’ambassadeur de grandes marques (Rolex et autres). On peut trouver légèrement ridicule qu’à cinquante ans bien passés, il se comporte toujours, dans ses attitudes, ses tenues, ses « narratifs » dans les médias, comme un ado turbulent au look toujours « djeun ».
Mais l’essentiel est bien sûr son art de chef d’orchestre. Contrairement à beaucoup de mes amis ou collègues, je n’ai jamais été pleinement convaincu par YNS, en ce que je suis rarement sorti d’un concert qu’il dirigeait, transporté, bouleversé, impressionné. Et je l’ai tout de même suivi assez souvent – ses débuts avec l’orchestre philharmonique de Berlin en octobre 2010, avec une Symphonie fantastique ratée – Il a beaucoup enregistré. Ce n’est jamais médiocre – ses Beethoven, Schumann – mais jamais non plus exceptionnel. J’espèrais que les Rachmaninov qu’il a enregistrés à Philadelphie, symphonies et concertos, soient le témoignage moderne de ce que fut cette relation si importante entre la phalange si longtemps dirigée par Stokowski et Ormandy, et le compositeur Rachmaninov. C’est bien, le son « Philadelphie » est là, mais il manque le surplus d’inspiration, la transcendance, le mémorable. En fait, tout cela manque de personnalité, d’une personnalité singulière, affirmée.
Il en est de même dans les quelques opéras qu’il a enregistrés.
Le soutier James Levine
Parce que la fin de sa carrière, sa fin de vie aussi, ont été occultées par des problèmes de santé et des procédures judiciaires, on a jeté aux oubliettes James Levine (lire Une vie pour la musique). Comme si ses trente trois années de mandat de directeur musical – un record absolu dans la maison d’opéra new yorkaise – pouvaient être rayées d’un trait de plume. Ce serait sans doute cruel de comparer son héritage considérable tant lyrique que symphonique avec celui de son successeur.
La démonstration
Dans le dernier numéro de Diapason, il faut lire l’implacable réquisitoire de Lionel Esparza sur la déliquescence des politiques publiques de soutien à la culture. Le constat étayé, documenté, qu’il dressait il y a cinq ans dans un essai aussi pertinent que nécessaire, n’a fait que se confirmer…Pas de quoi être optimiste à l’orée d’une nouvelle campagne présidentielle…
Cadeau
Un pianiste – Boris Bloch -que je ne connaissais pas, un disque qui m’a séduit et un Chopin comme je l’aime !
Et toujours mes brèves de blog (sur la rentrée musicale)
On connait le tropisme sibélien du chef américain d’origine hongroise Eugene Ormandy. Le légendaire chef de l’orchestre de Philadelphie n’était pas peu fier des clichés pris en 1951 lors de sa visite à Ainola, la résidence du compositeur à quelques encablures au nord d’Helsinki
Sibelius et Ormandy à Ainola (1951)
Un coffret témoigne des affinités du chef pour le Finlandais.
Sa version avec choeurs de Finlandia est restée à juste titre fameuse
Mais dans l’abondance des enregistrements effectués par Eugene Ormandy avec Philadelphie, on trouve d’autres pépites « nordiques ».
Ormandy n’a jamais résisté à ces showpieces que le public américain adorait comme cette marche des boyards du Norvégien Johan Halvorsen (1864-1932)
Pour l’abondante discographie d’Eugene Ormandy, on se réfèrera aux deux articles consacrés aux deux rééditions des enregistrements stéréo réalisés pour Columbia (CBS) : Les années Ormandy et Les années Ormandy (suite).
Et dans mes brèves de blog le contraste tragique entre des actualités qui se percutent…
Un an et demi après un premier gros coffret (Les années Ormandy) dévolu aux années « stéréo » du couple Ormandy/Philadelphie, voici le suivant et dernier pour le legs Columbia (un autre suivra pour les publications sous étiquette RCA)
Je renvoie à mon premier article et à tout ce que je peux répéter sur ce grand chef (de petite taille !) Eugene Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie dont il fut l’incarnation durant près d’un demi-siècle.
Je n’ai jamais compris l’espèce de condescendance avec laquelle une grande partie de la critique européenne regardait ce chef, qui n’aurait été préoccupé de que de beau son, de brillance orchestrale. Il est vrai que la remastérisation est spectaculaire et nous restitue le son de cet orchestre avec une définition, une précision, un espace qu’on ne connaissait pas.
Ce nouveau coffret (94 CD plus un livre cartonné trilingue) réunit les enregistrements stéréo pour Columbia des années 1964 à 1983 (en fait on parle des années de parution : de 1964 à 1968 avec un disque plus tardif en 1983 avec Yo Yo Ma) Un grand nombre d’entre eux apparaissent pour la première fois en CD, comme la Passion selon saint Jean de Bach, les Métamorphoses symphoniques de Hindemith, la Sixième symphonie de Schubert, le Concerto pour cordes de Ginastera ou la musique de ballet du « Cid » de Massenet et le Divertimento de Bartók. On retrouve bien sûr des enregistrements connus et légendaires comme les « Tableaux d’une exposition », les Première et Troisième symphonies de Rachmaninov, la Cinquième de Chostakovitch, la Dixième complétée de Mahler, ou la « Symphonie du Nouveau Monde » (exceptionnellement avec le London Symphony Orchestra), mais aussi les Quatrième et Cinquième symphonies de Bruckner. Et deux intégrales des symphonies de Beethoven et Brahms, injustement négligées par la critique, et qui méritent vraiment une écoute attentive.. et passionnante.
Isaac Stern, Rudolf Serkin, Eugene Istomin, Emil Gilels, Gary Graffman, Philippe Entremont, Leonard Rose et Yo Yo Ma sont les solistes qu’Ormandy entoure toujours du fameux Philadelphia Sound. A quoi s »ajoutent deux CD qui mettent en lumière les solistes de l’orchestre.
Alors Ormandy dans le répertoire classique ? Qu’on prenne au moins la peine d »‘écouter…
Cette 8e symphonie de Beethoven avec les Wiener Philharmoniker en 1963 :
Comme « accompagnateur » Eugene Ormandy savait, lui, comment ouvrir le 1er concerto de Chopin – quelle leçon cette longue introduction sur laquelle tant de chefs achoppent ! :
Alors, bien sûr, on aime aussi – et depuis longtemps – Ormandy et Philadelphie pour tous ces arrangements, ces pièces de genre, qu’ils jouent comme personne
Dans cet extrait trouvé sur YouTube, ne pas s’attacher à la restitution sonore – manifestement il s’agit ici d’un repiquage de 33 tours –
Les plus avisés relèveront que dans les équipes vocales qu’Ormandy invitait pour les oeuvres chorales, il y avait presque toujours la sublime Maureen Forrester (1930-2010). Clin d’oeil à Thomas Deschamps et aux amis de Classica qui nous offrent avec leur dernier numéro (lire La messe est dite) un formidable inédit :
DISC 1: Bach, J.S.: Oster-Oratorium, BWV 249 (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, Herbert Beattle)
DISC 2: Prokofiev: Symphony No. 1 in D Major, Op. 25 « Classical » Prokofiev: Lieutenant Kijé Suite, Op. 60 Prokofiev: The Love for Three Oranges (suite), Op. 33bis
DISC 3: Strauss, R.: Also sprach Zarathustra, Op. 30
DISC 4: Offenbach: Gaîté Parisienne Bizet: L’Arlésienne Suite No. 1 Bizet: L’Arlésienne Suite No. 2
DISC 5: Hindemith: Mathis der Maler Symphony Hindemith: Symphonic Metamorphosis of Themes by Carl Maria von Weber
DISC 6: Tchaikovsky: The Nutcracker, Op. 71, TH 14 (Extracts) Tchaikovsky: Romeo and Juliet Overture-Fantasy, TH 42 (1880 Version)
DISC 7: Bartók: Concerto for Orchestra, Sz. 116
DISC 8: Mendelssohn: Symphony No. 4 in A Major, Op. 90 « Italian » Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream, incidental music, Op. 61
DISC 9: Ravel: Piano Concerto in G Major, M. 83 Falla: Noches en los Jardines de España, IMF 8 (Philippe Entremont)
DISC 10: Prokofiev: Violin Concerto No. 1 in D Major, Op. 19 Prokofiev: Violin Concerto No. 2 in G Minor, Op. 63 (Isaac Stern)
DISC 11: Traditional: O Tannenbaum Traditional: It Came Upon the Midnight Clear Simeone: Little Drummer Boy Niles: I Wonder as I Wander Handel: Messiah, HWV 56: For unto us a Child is bor Traditional: Here We Go A-Caroling Traditional: Good King Wenceslas Traditional: Away in a Manger Traditional: Jingle Bells Traditional: We Three Kings of Orient Are Handel: Messiah, HWV 56: Hallelujah Chorus Traditional: We Wish You a Merry Christmas Pergolesi: Glory to God in the Highest Franck: Psalm 150 in D Major, FWV 69 Robertson: How Beautiful Upon the Mountain Schubert: Psalm 23, D. 706 Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85: Hallelujah (Mormón Tabernacle Choir)
DISC 12/13: Verdi: Messa da Requiem (Lucine Amara, Maureen Forrester, Richard Tucker, George London)
DISC 14: Strauss, R.: Der Rosenkavalier Suite, TrV 227d Strauss, R.: Till Eulenspiegels lustige Streiche, Op. 28 Strauss, R.: Salome, Op. 54, TrV 215: Dance of the Seven Veils
DISC 15: Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in E Major, MWV O 5 Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in A-Flat Major, MWV O 6 (Arthur Gold, Robert Fizdale)
DISC 16: Copland: Fanfare for the Common Man Copland: Lincoln Portrait Ives: 3 Places in New England (Orchestral Set No. 1) Ives: Symphony No. 1 in D Minor
DISC 17: Schumann: Piano Concerto in A Minor, Op. 54 Schumann: Introduction & Allegro appassionato, Op. 92 « Konzertstück » (Rudolf Serkin)
DISC 18: Ravel: Rapsodie espagnole, M. 54 Debussy (orch. Ravel): Danse, L. 69 « Tarantelle styrienne » Debussy: Nocturnes, L. 91 Debussy (arr. William Smith): Rêverie, L. 68 Debussy (orch. Smith): 2 Arabesques, L. 66: 1. Andantino con moto Debussy (orch. Smith): Préludes, Livre 1, L. 117: 8. La fille aux cheveux de lin Debussy (orch. Büsser): Petite Suite, L. 65: 1. En bateau
DISC 19: Wagner: Tannhäuser, WWV 70, Act II: Festmarsch Wagner: Lohengrin, WWV 75: Prelude to Act III Wagner: Die Walküre, WWV 86b, Act III: Magic Fire Music Wagner: Die Walküre, WWV 86b Act III: The Ride of the Valkyries Wagner: Tannhäuser, WWV 70: Overture Wagner: Tristan und Isolde, WWV 90: Prelude & Liebestod Wagner: Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96, Act I: Prelude
DISC 20: Chopin: Piano Concerto No. 1 in E Minor, Op. 11 (Emil Gilels)
DISC 21: Dvorák: Cello Concerto in B Minor, Op. 104, B. 191 Tchaikovsky: Variations on a Rococo Theme, Op. 33 (Leonard Rose)
DISC 22: Brahms: Concerto No. 2 for Piano and Orchestra in B-Flat Major, Op. 83 (Eugene Istomin)
DISC 23: Brahms: Double Concerto for Violin and Cello in A Minor, Op. 102 (Isaac Stern, Leonard Rose) Beethoven: Triple Concerto for Violin, Cello & Piano in C Major, Op. 56 (Eugene Istomin, Isaac Stern, Leonard Rose)
DISC 24: Mozart: Symphony No. 30 in D Major, K. 202 Mozart: Symphony No. 31 in D Major, K. 297 « Paris »
DISC 25: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 Beethoven: Piano Concerto No. 1 in C Major, Op. 15 (Rudolf Serkin)
DISC 26: Stravinsky: Petroushka
Kodály: Háry János Suite
Stravinsky: The Firebird Suite (1919 Version)
DISC 27: Foster (arr. Harris): Camptown Races Traditional (arr. Harris): When Johnny Comes Marching Home Traditional (arr. Harris): Sailor’s Hornpipe Paderewski (arr. Harris): Minuet in G Major Op. 14, No. 1 Rameau (arr. Harris): The Hen Benjamin (arr. Harris): Jamaican Rumba Debussy: General Lavine Harris: March of the Mandarins Traditional (arr. Harris): Londonderry Air Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Grieg (arr. Harris): March of the Dwarfs (Arranged by Arthur Harris) Rimsky-Korsakov: Procession of the Nobles from « Mlada » Suite Halvorsen: March of the Boyars Chabrier: Joyeuse Marche for Orchestra Saint-Saëns: Suite algérienne, Op. 60: IV. Marche militaire française Mendelssohn: War March of the Priests from « Athalie, Op. 74 » Rimsky-Korsakov: Farewell of the Tsar from « Tsar Saltan Suite, Op. 57 » Ippolitov-Ivanov: Caucasian Sketches Suite, Op. 10: Procession of the Sardar
DISC 28: Guthrie (arr. Cormier): This Land is Your Land arr. Hunter: Down in the Valley arr. De Cormier: She’ll be coming round the mountain Foster (arr. Robertson): Beautiful Dreamer arr. De Cormier: Sweet Betsy from Pike Gould: Spirituals for Orchestra: Gospel Train – Old Time Religion arr. De Cormier: When I First Came to This Land arr. De Cormier: Shenandoah (or, Across the Wide Missouri) arr. De Cormier: Home on The Range arr. De Cormier: He’s Got the Whole World in His Hands arr. Harris: I Wonder as I Wander Foster (arr. Shaw): Oh, Susanna Traditional: Deep River
DISC 29: Tchaikovsky: Piano Concerto No. 2 in G Major, Op. 44 Tchaikovsky: Piano Concerto No. 3 in E-Flat Major, Op. 75 (Gary Graffman)
DISC 30: Tchaikovsky: Symphony No 4 in F Minor, Op. 36 Tchaikovsky (arr. Harris): None but the Lonely Heart, Op. 6, No. 6 Tchaikovsky (arr. Gould): The Seasons, Op. 37a: No. 6, June. Barcarolle
DISC 31: Saint-Saens: Piano Concerto No. 2 in G Minor, Op. 22 Saint-Saens: Piano Concerto No. 4 in C Minor, Op. 44 (Philippe Entremont)
DISC 32: Berlioz: Grande messe des morts, H 75 (Cesare Valletti)
DISC 33: Mozart: Concerto No. 1 in D Major for Horn and Orchestra, K. 412 Mozart: Concerto No. 2 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 417 Mozart: Concerto No. 3 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 447 Mozart: Concerto No. 4 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 495 (Mason Jones)
DISC 35: Sarasate: Introduction and Tarantelle for Violin and Orchestra, Op. 43 Cooley: Aria and Dance for Viola and Orchestra Fauré: Élégie for Cello and Orchestra, Op. 24 Vanhal: Concerto in E Major for Bass and Orchestra Riisager: Concertino for Trumpet and Orchestra, Op. 29 Saint-Saëns: Morceau de concert, Op. 94 Guilmant: Morceau Symphonique for Trombone and Orchestra, Op. 88
DISC 36: Mahler: Symphony No. 10 in F-Sharp Minor (1976 Version)
DISC 37: Haydn: Symphony No. 96 in D Major, Hob. I:96, « Miracle » Haydn: Symphony No. 101 in D Major, Hob. I:101 « Clock »
DISC 38: Rodrigo: Concierto de Aranjuez Castelnuovo-Tedesco: Concerto in D Major for Guitar and Orchestra, Op. 99 (John Williams)
DISC 39: Beethoven: Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, Op. 19 Mozart: Piano Concerto No. 27 in B-Flat Major, K. 595 (Rudolf Serkin)
DISC 40: Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85 (Christ on the Mount of Olives) (Judith Raskin, Richard Lewis, Herbert Beattle) Bruckner: Te Deum (Maria Stader, Helen Vanni, Stanley Kolk, Donald Gramm)
DISC 41: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 2. Tarentella « La Danza » Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 4. Danse Cosaque. Allegretto marcato Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 5. Can-Can. Allegretto grottesco « Petite Caprice Style Offenbach » Ponchielli: La gioconda, Op. 9, Act III: Dance of the Hours Brahms: Hungarian Dance No. 5 in F-Sharp Minor Falla: El amor brujo: 8. Ritual Fire Dance Smetana: The Bartered Bride: Dance of the Comedians Rossini: Dance for Six from William Tell Weinberger: Polka from « Schwanda » Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Polonaise Brahms: Hungarian Dance No. 6 in D Flat Major3:22
DISC 42: Dvorák: Violin Concerto in A Minor, Op. 53 Dvorák: Romance in F Minor, Op. 11, B. 39 Sibelius: Violin Concerto in D Minor, Op. 47 (Isaac Stern)
DISC 43: Beethoven: Symphony No. 1 in C Major, Op. 21 Beethoven: Symphony No. 2 in D Major, Op. 36
DISC 50: Tchaikovsky: Italian Capriccio, Op. 45, TH 47 Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Waltz Rimsky-Korsakov: Capriccio espagnol, Op. 34 Rimsky-Korsakov: Le Coq d’or – IV. Bridal Procession and Lamentable Death of Tsar Dodon
DISC 51: Mahler: Das Lied von der Erde (Lili Chookasian, Richard Lewis)
DISC 52: Nielsen: Symphony No. 1 in G Minor, Op. 7 Nielsen: Helios Overture, Op. 17 Nielsen: Pan and Syrinx, Op. 49 Nielsen: Rhapsodisk ouverture, CNW 39 « An Imaginary Journey to the Faroe Islands »
DISC 53: Marcello: Concerto in C Minor for Oboe and Orchestra Weber: Hungarian Fantasy for Bassoon and Orchestra Debussy: Danse sacrée et danse profane, L. 103 Creston: Concertino for Marimba and Orchestra, Op. 21 Bloch: Suite Modale for Flute and Orchestra Debussy: Rhapsody No. 1 for Clarinet and Orchestra, L.116 Liszt: Fantasie über ungarische Volksmelodien, S. 123
DISC 54: Rachmaninoff: Symphony No. 1 in D Minor, Op. 13
DISC 55: Lalo: Symphonie espagnole, Op. 21 Bruch: Violin Concerto No. 1 in G Minor, Op. 26 (Isaac Stern)
DISC 56: Gershwin: Piano Concerto in F Major Gershwin: Rhapsody in Blue (Philippe Entremont)
DISC 57: Orff: Catulli Carmina (Judith Blegen, Richard Kness) Mussorgsky (orch. Ravel): Pictures at an Exhibition, IMM 50
DISC 58: Kodály: Concerto for Orchestra Kodály: Dances of Galanta Kodály: Dances of Marosszék
DISC 59: Berg: Lulu Suite Schoenberg: Theme and Variations, Op. 43B Webern: Im Sommerwind Webern: Three Pieces for Orchestra, Posth.
DISC 61: Bizet: Les Voici from « Carmen » Mascagni: The Lord Now Victorious from « Cavalleria Rusticana » Gounod: Soldiers’ Chorus from « Faust » Wagner: Hail, Bright Abode from « Tannhäuser » Puccini: Humming Chorus from « Madama Butterfly » Verdi: Il Trovatore, Act II: Anvil Chorus Wagner: Pilgrims’ Chorus from « Tannhäuser » Leoncavallo: Bell Chorus from « I Pagliacci » Wagner: Bridal Chorus from « Lohengrin » Weber: Huntsmen’s Chorus from « Der Freischütz » Verdi: Grand March from « Aida »
DISC 62: Rachmaninoff: Symphony No. 3 in A Minor, Op. 44 Rachmaninoff: Vocalise, Op. 34, No. 14
DISC 63: Dinicu (arr. Heifetz): Hora Staccato Dvorák: Humoresque Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Tchaikovsky (arr. Frost): String Quartet No. 1 in D Major, Op. 11: II. Andante cantabile Strauss, Johann II and Josef: Pizzicato-Polka Bach, J.S. (arr. Kresiler/Smith): Preludium in E Major Paganini (orch. Ormandy): Moto Perpetuo Granados (arr. Harris): Andaluza, Op. 37, No. 5 Schubert, François (arr. Harris): The Bee Brahms: Hungarian Dance No. 5 Novacek: Perpetual Motion Kreisler (arr. Leidzen): Liebesfreud (Love’s Joy)
DISC 64: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 (Eugene Istomin)
DISC 65: Respighi: Vetrate di chiesa Respighi: Gli uccelli
DISC 66: Gershwin: An American in Paris Gershwin: Porgy and Bess: A Symphonic Picture (Arr. for Orchestra by Robert Russel Bennett) Grofé: Grand Canyon Suite
DISC 67: Schubert: Symphony No. 9 in C Major, D. 944 « The Great »
DISC 68: Handel: Awake the Trumpet’s Lofty Sound from Samson Handel: Judas Maccabaeus, HWV 63: See, the Conqu’ring Hero Comes! Handel: Sing Unto God from Judas Maccabaeus Handel: Messiah, HWV 56 Handel: Let Their Celestial Concerts All Unite from Samson Handel: Welcome, Welcome Mighty King from Saul Handel: David, His Ten Thousands Slew from Saul Handel: Zadok the Priest – Coronation Anthem Handel: Hallelujah Chorus from Messiah, HWV 56 Handel: Holy Art Thou (Largo from « Xerxes ») Handel: How Excellent Thy Name from « Saul » Handel: Hallelujah, Amen from Judas Maccabaeus Handel: But as for his people from Israel in Egypt Handel: Sing Ye to the Lord from Isreal in Egypt
DISC 69: Shostakovich: Symphony No. 5 in D Minor, Op. 47
DISC 70: Bach, J.S.: Jesu, Joy Of Man’s Desiring (From « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » Bach, J.S.: « What Tho’ the World Be Full of Sin » from Cantata No. 80 Bach, J.S.: A Mighty Fortress is Our God from Cantata No. 80, BWV 80 Bach, J.S.: « Ah, Dearest Jesus » from « The Christmas Oratorio », BWV 245 Bach, J.S.: « Sleepers Awake » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « Zion Hears the Watchmen’s Voices » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « My Soul Doth Magnify the Lord » from Magnificat, BWV 243 Bach, J.S. (arr. Walton/Katherine Davis): Sheep May Safely Graze (From « The Birthday Cantata, BWV 208) Bach, J.S. (arr. Gounod): Father in Heaven (Ave Maria) Bach, J.S.: « Now Keep We All This Holy Feast » from Cantata No. 4 Bach, J.S.: « Come, Sweet Death », BWV 478 Bach, J.S.: « Now Thank We All Our God » from Cantata No. 79 Bach, J.S.: In Deepest Grief – From the « St. Matthew Passion »
Ravel: Boléro, M. 81 Massenet: Le Cid (Ballet Suite) Falla: El Sombrero de Tres Picos, Parte II
DISC 74: Bach, J.S. (arr. Ormandy): Toccata and Fugue in D Minor, BWV 565 Bach, J.S. (arr. Smith): Cantata No. 156, BWV 156 – Sinfonia « Arioso » Bach, J.S. (arr. Frost): Notebook for Anna Magdalena Bach: Little Suite Bach, J.S. (arr. Harris): A Mighty Fortress is Our God Bach, J.S. (arr. Cailliet): Cantata Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147: Jesu, Joy of Man’s Desiring Bach, J.S. (arr. Smith): Fugue in G Minor « The Little » Bach, J.S. (arr. Busoni): Fugue in G Minor, BWV 542 « Great » Bach, J.S. (arr. Walton): Sheep May Safely Graze (from Cantata No. 208) Bach, J.S. (arr. Taynton): Come, Sweet Death Bach, J.S. (arr. Bantok): Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140 « Sleepers Awake »: I. Wachet auf, ruft uns die Stimme
DISC 75: Beethoven: Missa Solemnis in D Major, Op. 123 (Martina Arroyo, Maureen Forrester, Richard Lewis, Cesare Siepi)
DISC 76: Lalo: Concerto for Cello and Orchestra in D Minor Saint-Saens: Cello Concerto No. 1 in A Minor, Op. 33 Fauré: Élégie for Cello and Orchestra in C Minor, Op. 24. (Leonard Rose)
DISC 77: Berlioz: Harold in Italy, H. 68. (Joseph de Pasquale)
DISC 78: Shostakovich: Symphony No. 10 in E Minor, Op. 93
DISC 79: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque Adam: Giselle Ballet Suite (Excerpts) Meyerbeer: Les patineurs Ballet Suite Waldteufel: Estudiantina Waltz, Op. 191 Waldteufel: Les patineurs, Op.183 Goundod: Faust: Waltz Ivanovici: Danube Waves
DISC 80: Boccherini: String Quintet in E Major, Op. 13, No. 5. Minuet Beethoven (arr. Smith): Bagatelle in A Minor, WoO 59 « Für Elise » Handel: Largo from Xerxes Mozart: Don Giovanni, KV527 – Minuet Handel (arr. Harty): Water Music Suite Clarke: Trumpet Voluntary Beethoven (arr. Burmester): 6 Minuets, WoO 10: No. 2 in G Major Hofstetter (attr. Haydn): String Quartet no. 5 in F Major, Op. 3 « Serenade » Gluck (arr. Frost): Iphigénie en Aulide, Wq. 40: Gavotte Gluck: Armide, Wq. 45: Musette Gluck: Orpheo ed Euridice, Wq. 30, Act II: Dance of the Blessed Spirits Fauré: Pavane in F-Sharp Minor, Op. 50 Menotti: Sebastian Suite: II Barcarolle Brahms (arr. Jacques): 11 Chorale Preludes, Op. 122, No. 8: Es ist ein Ros’ entsprungen Humperdinck: Hänsel und Gretel: Abends, will ich schlafen gehn Schumann (arr. T. Frost): Kinderszenen, Op. 15: No. 7, Träumerei Saint-Saens: Carnival of Animals: The Swan Massenet (arr. Frost): Élégie
DISC 81/82: Bach, J.S.: Johannespassion, BWV 245. (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, George Shirley, Norman Treigle, Thomas Paul)
DISC 83: Respighi: Fountains of Rome Respighi: The Pines of Rome
DISC 84: Elgar: Enigma Variations (Variations on an Original Theme), Op. 36 Vaughan-Williams: Fantasia on a Theme by Thomas Tallis – Largo sostenuto Elgar: Cockaigne Overture (In London Town), Op. 40
DISC 85: Gounod: Faust, Act V, Ballet Music Thomas: Mignon: Gavotte Offenbach: Les contes d’Hoffmann. Prelude to Act II: Minuet Wolf-Ferrari: I gioielli della Madonna: Intermezzo from Act III Verdi: Aïda, Act II, Gran marcia trionfale Verdi: La Traviata: Overture Mascagni: Cavalleria Rusticana: Intermezzo Berlioz: Les troyens, H. 133: Marche troyenne Rossini: Guillaume Tell: Overture Jaernfelt: Praeludium für kleines Orchester Liszt: Grand galop chromatique Pierné: Cydalise et le chèvre-pied. Act I, Marche des petits faunes Mendelssohn: Midsummer Night’s Dream, op. 61 – Intermezzo
DISC 86: Brahms: Symphony No. 1 in C Minor, Op. 68
DISC 87: Brahms: Symphony No. 2 in D Major, Op. 73 Brahms: Symphony No. 3 in F Major, Op. 90
DISC 88: Brahms: Symphony No. 4 in E Minor, Op. 98 Brahms: Academic Festival Overture, Op. 80
DISC 89: Schubert: Symphony No. 4 in C Minor, D. 417 « Tragic » Schubert: Symphony No. 6 in C Major, D. 589 « Little » Brahms: Variations on a Theme by Haydn, Op. 56a
DISC 90: Bruckner: Symphony No. 4 in E-Flat Major, WAB 104 « Romantic » (1886 Version, ed. L. Nowak)
DISC 91: Bartók: Divertimento for String Orchestra Ginastera: Concerto per Corde
DISC 92: Strauss, R.: Der Bürger als Edelmann Suite, Op. 60 Strauss, R.: Horn Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 11. (Mason Jones)
DISC 93: Shostakovich: Cello Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 107 Kabalevsky: Cello Concerto No. 1 in G Minor, Op. 49. (Yo Yo Ma)
DISC 94: Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95 « From the New World » (London Symphony Orchestra)
Et toujours le petit frère de ce blog : brevesdeblog
On m’a toujours appris que les anniversaires se fêtent le jour même, ni avant (ça porte malheur) ni après (c’est impoli), mais pour les grandes institutions la règle ne vaut pas ou plus. Le dixième anniversaire de leur inauguration c’était huit jours avant pour l’auditorium de Radio France, et pendant toute une semaine et un long week-end-end pour la Philharmonie de Paris
Sir Simon #70
Avec quelques heures de retard, je souhaite à mon tour un bon anniversaire à Simon Rattle, 70 ans ce 19 janvier, dont 50 ans d’une carrière qui donne le tournis, et dont on ne parvient pas toujours à distinguer les lignes de force. Eclectisme assurément, références plutôt rares dans une abondante discographie à Birmingham comme à Berlin
Il peut encore nous surprendre à Munich avec l’orchestre de la radio bavaroise dont il est le directeur musical depuis 2023 (lire Une suffocante Sixième de Mahler)
Selon le calendrier grégorien, il est né il y a 150 ans, le 11 janvier 1875, mort en 1956. Reinhold Glière est un compositeur indéniablement russe, pas très facile à classer. Il est d’ailleurs rarement cité, pas beaucoup plus d’ailleurs que son presque contemporain Glaznounov. Pourtant la flamboyance de son écriture post-romantique lui a valu l’attention de plusieurs grands chefs : Ormandy, Stokowski ont laissé de magnifiques versions de sa 3e symphonie qui évoque la légende du guerrier Ilya Muromets au service du grand prince de Kiev, Vladimir, au Xe siècle
Il y a vingt ans, ses parents, son frère et sa grand-mère n’étaient pas peu fiers de se mêler à la foule qui se pressait dans l’une des salles du Palais de Justice de Paris pour la prestation de serment de toute une promotion de jeunes avocats. Fierté du brillant avocat qu’il est devenu, et de l’éthique qu’il promeut (Lire privé/public).
Ce 20 janvier est aussi l’anniversaire de Sabine B. à qui me lient tant de souvenirs de mes années liégeoises et une indéfectible affection.
Le 25 décembre on a envie de croire que toutes les douleurs du monde s’effacent, que le sourire d’un enfant dans une crèche peut sauver le monde, qu’un message d’amour universel peut vaincre la haine ordinaire.
C’est le souvenir que j’ai des Noëls de mon enfance, des fêtes toujours marquées par de la musique et des chants. En remontant le cours de cette année 2023, j’ai l’embarras du choix pour ce qui est des musiciens qui ont joué, chanté Noël, en particulier aux Etats-Unis où c’était une étape obligée pour toutes les grandes formations et leurs chefs.
Comme à Boston, et d’autres villes américaines, le Cincinnati Symphony devient, l’été venu, Cincinnati Pops Orchestra. Son chef fut pendant 32 ans Erich Kunzel (1935-2009)
Mais personne ne détrônera jamais dans ma discothèque les Boston Pops et leur légendaire chef Arthur Fiedler (1894-1979)
On l’avait tellement attendu, depuis 2019 et le cinquantenaire de sa disparition, qu’on avait cru ne jamais le voir paraître :Ernest Ansermet (1883-1969) a enfin été honoré d’abord par un coffret de ses enregistrements stéréo (un autre avec les disques mono est annoncé pour le début 2024 !) – Ansermet enfin -.
Dans ce coffret, deux indispensables, une rareté, la Nuit de Noël (1895) de Rimski-Korsakov
et une version de référence de Casse-Noisette de Tchaikovski
Peu de publications auraient pu me faire plus plaisir. J’ai reçu hier un coffret que j’avais commandé en Italie, un quart moins cher que le prix français – 88 CD regroupant les enregistrement stéréo de 1958 à 1963 d’Eugene Ormandy (1899-1985), le chef mythique du non moins mythique orchestre de Philadelphie de 1938 à 1982. Un « règne » de 44 ans !
Plaisir très particulier, parce que pour quelqu’un comme moi qui a fait son éducation musicale grâce au disque (non pas le 78 tours, mais le vinyle 33 tours, qui revient en force aujourd’hui !), le nom d’Ormandy est un compagnon incontournable.
Je pense, sous réserve de preuve contraire, qu’aucun orchestre, aucun chef n’ont plus enregistré de disques aux Etats-Unis. Plus que New York avec Bernstein (et pourtant !), Szell avec Cleveland, pour ce qui était le label Columbia (en abrégé CBS). Ce qui a peut-être contribué à un paradoxe très injuste. La critique, française mais pas qu’elle, a souvent eu tendance à considérer le chef d’origine hongroise comme un bon artisan. Remarquez que, dans l’exercice des discographies comparées, Ormandy n’est jamais quasiment cité pour quelque répertoire que ce soit, et Dieu sait si celui-ci fut abondant.
Ce nouveau coffret fait suite à un premier comprenant les enregistrements mono, deux autres devraient suivre, pour compléter la période stéréo, pour CBS puis RCA.
La première chose qui saute aux oreilles, pour quelqu’un qui connaît bien les rééditions précédentes en CD, c’est la remasterisation spectaculaire, la netteté de l’image sonore, l’espace apporté à des prises parfois un peu opaques. C’est surtout la redécouverte de ce fameux Philadelphia Sound, ces cordes uniques au monde, ces vents si doux et éloquents.
Ce qui frappe aussi dans ce coffret c’est la diversité du répertoire abordé. Je croyais à peu près tout connaître de la discographie d’Ormandy, je découvre ici nombre de disques, sans doute pas essentiels, dédiés à des compositeurs américains, dont je n’avais, pour certains, jamais entendu parler… Sans doute résultat de commandes passées par l’orchestre.
Bien sûr on sait que c’est à Eugene Ormandy et au Philadelphia Orchestra que Rachmaninov dédie sa dernières oeuvre, ses Danses symphoniques. « Quand j’étais jeune, Chaliapine était ma grande idole. Chaliapine n’est plus. Depuis lors, chaque fois que j’écris, c’est avec le son de Philadelphie dans mes oreilles. Aussi, qu’il me soit permis de dédier ma dernière composition au meilleur orchestre au monde, et à son chef, Eugène Ormandy«
On trouvera peut-être rédhibitoires pour les oreilles habituées aux lectures « historiquement informées »‘ les versions du Messie de Haendel ou de la Messe en si de Bach, jouées à plein orchestre.
On avoue y trouver des beautés quelque peu surannées.
J’avais découvert cette photo et quelques autres en visitant la maison de Sibelius en Finlande, Ainola, en 2006.
On ne peut évidemment faire l’impasse sur une partie très importante de l’activité de l’orchestre et donc ce coffret, les enregistrements avec de grands solistes, Rudolf Serkin, Robert Casadesus, Isaac Stern, David Oistrakh et même le tout premier enregistrement du concerto pour violoncelle n°1 de Chostakovitch avec Rostropovitch, tous déjà connus et réédités. Mais ici avec une « plus value sonore » indubitable.
Je suis déjà impatient des prochains coffrets. En attendant, profitons de cet hommage à l’un des plus grands chefs du XXe siècle et à l’un des plus beaux orchestres du monde.
Il y a quelques jours, je ne sais pourquoi, j’avais cherché à avoir des nouvelles d’un chef d’orchestre que je suis et admire depuis longtemps, le Russe Youri Temirkanov. J’ai la réponse aujourd’hui en apprenant sa disparition à l’âge de 84 ans.
J’avais raconté la première fois, le 23 septembre 1995, que je l’avais entendu dans la ville et avec l’orchestre- où il avait succédé à l’immense Evgueni Mravinski : Première à Saint-Pétersbourg. Ce n’était pas rien que de prendre la suite d’une telle personnalité qui, durant cinquante ans, avait forgé l’un des plus beaux orchestres du monde au prix d’une discipline de fer.
Depuis lors, j’ai vu plusieurs fois Temirkanov diriger, surtout à Paris, avec des bonheurs variables. Tout le monde savait que le chef avait quelques problèmes avec l’alcool – mais il était loin d’être le seul dans ce cas parmi les grands chefs ! Disons, pour simplifier, qu’il y avait des concerts plutôt en service minimum et d’autres où le côté chef besogneux vissé à sa partition cachait bien l’ampleur de la vision et le grand souffle qui traversait son interprétation.
Comme ces deux captations récentes à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg, la densité parfois suffocante de la 2e symphonie de Rachmaninov et le tragique tempêtueux qui parcourt une 4e de Tchaikovski au final diabolique. Et quel orchestre fabuleux, malgré les vagues d’émigration qui ont suivi la chute de l’Union Soviétique !
Intéressante aussi cette captation réalisée à Annecy d’une oeuvre – Alexandre Nevski de Prokofiev – où Temirkanov était souverain.
Une discographie éparpillée
On espère, sans trop y croire, que les labels qui ont édité les disques de Temirkanov proposeront des coffrets, des rééditions.
Si on le trouve encore, il faut se précipiter sur les 10 CD édités il y a une vingtaine d’années par Brilliant Classics, des archives « live » de concerts donnés en Union soviétique (en vente sur jpc.de).
Il y a des pépites formidables, qui montrent un chef fringant, dans la lignée de son maître Mravinski – qu’il a côtoyé à Leningrad à l’époque où il était le patron du Kirov, aujourd’hui Marinski.
Les enregistrements de Temirkanov de la « Pathétique » de Tchaikovski ou de la 2e de Rachmaninov sont époustouflants, les Prokofiev tout autant comme une extraordinaire 2e de Sibelius. Notez la présence plus étonnante de Debussy, Beethoven ou Jacques Ibert dans un coffret vraiment indispensable
Tchaikovski: Symphonie n°6; Romeo et Juliette Chostakovitch Symphonien Nr. 1, 5, 13 Chtchedrine: Konzert für Orchester « Chimes »; Suite « Not Love Alone » Prokofiev: Symphonie n° 1; Romeo et Juliette (extraits); Lieutenant Kije Suite Khachaturian: Symphonie n° 2 Scriabine: Poeme de l’Extase Rachmaninov: Symphonie n°2 Ibert: Paris Beethoven: Symphonie n° 8 Rossini: oui.Le Barbier de Séville Haydn: Symphonie n° 104 Dvorak: Symphonie n°9 Ravel: Rapsodie Espagnole Sibelius: Symphonie n°2 Britten: The Young Person’s Guide to the Orchestra Debussy: Nuages; Fetes; La Mer; Petite Suite Enesco: Rhapsodie roumaine n° 1
Kirov Theatre Orchestra, State Academy Symphony Orchestra of USSR, Moscow PO, USSR State SO,
1966-1985
Chez RCA il y a beaucoup de Russes, captés avec Saint-Pétersbourg, le Royal Philharmonic ou même New York, à commencer par deux coffrets indispensables Chostakovitch et Tchaikovski.
On est moins enthousiaste à la série récente de CD parus chez Signum Classics.
En revanche, on ne peut qu’aimer le couplage retenu par Warner pour ce « live » du 23 mai 2005. L’interprétation du grand Dmitri Hvorostovsky – trop tôt disparu il y a six ans déjà (lire Le combat perdu de Dmitri H) est bouleversante, et s’il n’égale pas Kondrachine dans les Danses symphoniques de Rachmaninov, Temirkanov sait en exalter la puissante nostalgie.
En écrivant ce papier, je trouve des raretés sur YouTube comme ces Danses de Rachmaninov captées en 1989 à Philadelphie…
Ou encore une toute récente Shéhérazade de Rimski-Korsakov captée à Tokyo, où le vieux chef inspire manifestement un orchestre en état de grâce
Puisqu’on est en pleine célébration des 150 ans de la naissance de Rachmaninov, ce disque inconnu en France, d’un immense pianiste anglais, Philip Fowke, où Yuri Temirkanov fait mieux qu’accompagner le 2e concerto pour piano, à la tête du Royal Philharmonic (dont il fut le chief conductor de 1992 à 1998)
Il y a cinq ans déjà, je consacrais tout un billet à l’intégrale des concertos de Rachmaninov que venaient de publier le pianiste russe Daniil Trifonov, le chef québécois Yannick Nezet-Seguin et le plus « rachmaninovien » des orchestres, celui de Philadelphie.
Ce 30 octobre, je retrouvais les mêmes en concert à la Philharmonie de Paris, et comme l’a écrit Alain Lompech pour Bachtrack, Philadelphie et Trifonov ont fait chavirer la Philharmonie. Après l’avoir entendu à New York dans le concerto de Schumann, j’étais évidemment impatient d’entendre Daniil Trifonov dans ce kaléidoscope que forment les 24 variations sur le 24ème caprice de Paganini – la Rhapsodie sur un thème de Paganini – de Rachmaninov.
Une chose est d’avoir entendu cette équipe dans un disque magnifique, une autre est de les entendre « en vrai ». D’être submergé par la somptuosité d’un orchestre unique au monde – le Philadelphia Sound si amoureusement construit par Eugene Ormandy au long de presque un demi-siècle de règne, si jalousement conservé, entretenu par des générations de musiciens exceptionnels et des chefs comme Riccardo Muti, Wolfgang Sawallisch et, depuis quinze ans, Yannick Nézet-Seguin, ce Philadelphia Sound n’est décidément pas une légende.
Le chef québécois qui ne m’a pas toujours séduit en concert (ni dans certains de ses disques d’ailleurs) m’a ici subjugué par sa vision de la Première symphonie de Rachmaninov, l’injustement mal-aimée. Je vais écouter plus attentivement l’intégrale des symphonies qu’il vient de publier chez Deutsche Grammophon.
Les morts de Diapason
Dans la liturgie catholique, on célèbre le 1er novembre tous les saints de l’Eglise, c’est une fête de joie. Mais depuis belle lurette on confond la Toussaint et le 2 novembre le jour des morts. Ce que fait Diapason aujourd’hui en consacrant un article passionnant aux sépultures des grands musiciens : Où voir les tombes des grands compositeurs ?
Au hasard de mes voyages, j’ai pu m’arrêter sur les tombes de certains d’entre eux, le plus souvent sans l’avoir cherché.
C’est à Venise, dans le cimetière de l’île San Michele, que sont également enterrés Igor et Vera Stravinsky (lire Sonate d’automne), tout près du fondateur des Ballets Russes, Serge Diaghilev
Bien sûr c’est dans le choeur de l’église Saint-Thomas de Leipzig dont il fut le Cantor que reposeJean-Sébastien Bach
Mort des suites d’une opération d’un cancer de la gorge à Bruxelles, le corps de Puccini avait d’abord été rapatrié à Milan avant d’être finalement inhumé dans la petite chapelle de sa maison de Torre del Lago.
Coup de chapeau à Domingo Hindoyan pour ce très beau disque de préludes et d’intermezzos d’opéras de Puccini en particulier :
Cet été j’ai pas mal voyagé et donc écouté beaucoup de musique. Une programmation aléatoire m’a fait entendre deux versions de la Première symphonie de Rachmaninov et m’a, du même coup, rappelé une promesse que je m’étais faite d’établir quelques discographies des oeuvres du compositeur russe, né il y a 150 ans et mort il y a 70 ans.
Les heureux Parisiens auront la chance de pouvoir l’entendre fin octobre à la Philharmonie avec l’orchestre « rachmaninovien » par excellence, celui que dirigea le compositeur lui-même et avec lequel il enregistra plusieurs de ses oeuvres, l’orchestre de Philadelphie et son actuel chef Yannick Nezet-Seguin
En attendant, revue de quelques versions -de ma discothèque- pas toujours les plus connues :
Lorin Maazel, Orchestre philharmonique de Berlin (DG)
Une fois de plus, ce n’est pas spontanément qu’on associe Rachmaninov à un chef comme Lorin Maazel. Et pourtant sa gravure des trois symphonies avec Berlin est plus qu’intéressante, elle a été heureusement rééditée dans le coffret presque complet des enregistrements DGG du chef américain disparu en 2014.
2. Walter Weller, Orchestre de la Suisse Romande (Decca)
A l’occasion du décès du violoniste et chef viennois Walter Weller (1939-2015) en juin 2015, j’avais écrit ceci :
« Quelques années plus tôt, j’avais acheté au marché aux puces de St Ouen un coffret de 3 33 tours des Symphonies de Rachmaninov et j’avais été fasciné par la 1ere symphonie (plus, à l’époque, que par les 2e ou 3emes) et par la beauté de la version de….Walter Weller et de l’Orchestre de la Suisse Romande, une captation Decca réalisée en 1971 au Victoria Hall de Genève.
Je me dis que jamais plus je n’aurais l’opportunité d’entendre « en vrai » l’oeuvre et les interprètes de ce disque, si je ne demandais pas à Walter Weller de reprendre cette 1ere symphonie de Rachmaninov vingt ans après cet enregistrement. Il fut d’abord très surpris de ma demande – peut-être n’avait il jamais plus redonné l’oeuvre en concert depuis l’enregistrement ?!, moi-même j’ai dû attendre 2007 et l’enthousiasme de Patrick Davin pour la reprogrammer à Liège ! –
Inutile de dire que ce concert genevois de Walter Weller m’est resté en mémoire (d’autant plus que le Berg donné en première partie avait pour soliste un Pierre Amoyal au sommet de ses moyens).
3. Vladimir Ashkenazy, Concertgebouw Amsterdam (Decca)
Autant je suis loin d’être convaincu par le pianiste Ashkenazy – qui a beaucoup, trop, enregistré – autant je lui reconnais pas mal de belles réussites comme chef d’orchestre, en particulier dans l’oeuvre symphonique de Rachmaninov, où il bénéficie de surcroît du somptueux Concertgebouw d’Amsterdam
4. Charles Dutoit, orchestre de Philadelphie (Decca/Newton)
Ce n’est pas – et de loin – la part la plus connue de la discographie du chef suisse, et pourtant la quasi-intégrale symphonique Rachmaninov que Charles Dutoit a enregistrée l’a été à Philadelphie et compte pour moi parmi les plus inspirées.
5. Zoltan Kocsis, Orchestre national de Hongrie (Budapest Music Center)
Lorsque j’avais rendu hommage à Zoltan Kocsis, le grand pianiste hongrois disparu en novembre 2016, j’avais évoqué, trop brièvement, son activité de chef d’orchestre. La dernière fois que je m’étais rendu à Budapest (et que j’avais encore trouvé un magasin de disques !) j’avais pu acheter ce CD, comportant… la Première symphonie de Rachmaninov !
Je n’ai malheureusement pas trouvé de vidéo de cet enregistrement… mais je le recommande très chaudement. Comme on a toujours chaleureusement recommandé Kocsis dans les concertos de Rachmaninov…
6. Mikhail Pletnev, Orchestre national de Russie (DGG)
Le pianiste Mikhail Pletnev est, de mon point de vue, aussi génial au clavier que sur le podium du chef. Il ne laisse personne indifférent, et c’est pour cela qu’on l’admire.
Il a aussi gravé les trois symphonies de Rachmaninov, et ses partis-pris dans la 1ere peuvent déconcerter autant que passionner l’auditeur.
Pour ne pas encourir le reproche que d’aucuns de mes lecteurs ne manqueraient pas de me faire, je précise que les versions que j’ai retenues ici n’excluent pas évidemment les références que sont Ormandy, Jansons, Svetlanov, et qui demeurent chères à mes oreilles !
Le même Christian Merlin signe d’ailleurs l’autre imposant dossier de ce numéro, sur un sujet qu’il connaît par coeur pour lui avoir consacré le meilleur ouvrage qui existe en français : l’orchestre philharmonique de Vienne précisément !
J’ai aperçu avant-hier, juste avant un concert, l’ami Merlin et lui ai dit combien sa discographie comparée de la 5ème de Mahler me réjouissait. Parce qu’au terme d’un travail colossal, des centaines d’heures d’écoute, le résultat déjoue pas mal d’idées reçues sur les versions considérées comme « de référence' » et d’autres qu’il était de bon ton d’ignorer ou de laisser de côté.
On ne va pas dévoiler ici les éléments de ce savant dossier, mais comme mes propres choix rejoignent en grande partie ceux de Christian Merlin et de Diapason, il ne sera pas très difficile de s’y retrouver.
Karajan
« Il a été méprisé par la critique dans la 5ème. Pourtant quelle autre version est aussi entêtante ? … Sa direction est une lame de fond, un kaléidoscope de sensations, de la mélancolie morbide à l’ivresse étourdissante en passant par l’élégance viennoise ». Christian Merlin évoque ici la célèbre version de studio de 1973.
Mais, ajoute Merlin, « si vous mettez la main sur le live de 1978 à Salzbourg… vous entendrez un chef qui prend tous les risques » (Le CD est disponible sur le site d’Yves St.Laurent)
Tout simplement phénoménal !
2. James Levine / Philadelphia Orchestra
Merlin trouve aussi que James Levine ici, comme en général dans le répertoire symphonique, n’a jamais été considéré à la hauteur d’un talent qu’il ne déployait pas qu’à l’opéra. J’ai le souvenir de la sortie en petit coffret économique des gravures mahlériennes de Levine à Philadelphie. De cette Cinquième « on sort K.O. debout » comme l’écrit Christian Merlin
Pour les autres versions que je cite, je n’établis pas d’ordre de préférence. Je les mentionne ici, parce que Christian Merlin ne les a pas retenues dans sa confrontation, et que, sans remettre en cause les références reconnues, elles ont, outre leur relative rareté, le mérite d’accroître encore notre curiosité.
Tenant d’une grande tradition germanique, élève lui-même (comme peu le furent) de Karajan, Günther Herbig qui officia longtemps en Allemagne de l’Est, puis au Kozerthaus de Berlin, confère un grand style à cette Cinquième.
Quasi-inconnu sur le continent européen, le chef et compositeur américain Harold Farberman a gravé pour Vox plusieurs symphonies de Mahler, qui méritent qu’on s’y attarde.
Vaclav Neumann (1920-1995), le successeur de Karel Ancerl à la tête de l’orchestre philharmonique de tchèque, est cité par Merlin pour sa version de la Cinquième de Mahler gravée à Leipzig au mitan des années 60, l’une des plus rapides de la discographie. En revanche, Diapason n’évoque pas l’intégrale réalisée à la fin des années 70 à Prague.
A moins que j’aie mal lu et relu son article, Christian Merlin ne parle pas non plus de Giuseppe Sinopoli, dont les Mahler ne laissent personne indifférent.
Que le lecteur ne m’en fasse pas le reproche, je ne citerai pas ici toutes les versions de ma propre discothèque, ni évidemment celles que recense Diapason : Barbirolli, Bernstein, Abbado, Kondrachine, Tennstedt etc.