Le Met à Paris
On était mardi soir au premier concert des Prem’s 2026 (voir ma brève de blog du 3 septembre). Yannick Nézet-Séguin dirigeait l’orchestre du Met – le Metropolitan Opera de New York – dont il est le chef attitré depuis 2017. J’en ai fait la critique pour Bachtrack : Le Strauss survitaminé de Nézet-Séguin et du Met à la Philharmonie


J’ai un problème avec le chef québécois. Pas du tout en rapport avec sa tenue, en répétition short, débardeur et baskets -ou en concert veste à paillettes, boucles blondes peroxydées et ongles peints, costume dernier cri de couturier. On a quand même l’impression qu’il ne rechigne pas à se faire l’ambassadeur de grandes marques (Rolex et autres). On peut trouver légèrement ridicule qu’à cinquante ans bien passés, il se comporte toujours, dans ses attitudes, ses tenues, ses « narratifs » dans les médias, comme un ado turbulent au look toujours « djeun ».
Mais l’essentiel est bien sûr son art de chef d’orchestre. Contrairement à beaucoup de mes amis ou collègues, je n’ai jamais été pleinement convaincu par YNS, en ce que je suis rarement sorti d’un concert qu’il dirigeait, transporté, bouleversé, impressionné. Et je l’ai tout de même suivi assez souvent – ses débuts avec l’orchestre philharmonique de Berlin en octobre 2010, avec une Symphonie fantastique ratée – Il a beaucoup enregistré. Ce n’est jamais médiocre – ses Beethoven, Schumann – mais jamais non plus exceptionnel. J’espèrais que les Rachmaninov qu’il a enregistrés à Philadelphie, symphonies et concertos, soient le témoignage moderne de ce que fut cette relation si importante entre la phalange si longtemps dirigée par Stokowski et Ormandy, et le compositeur Rachmaninov. C’est bien, le son « Philadelphie » est là, mais il manque le surplus d’inspiration, la transcendance, le mémorable. En fait, tout cela manque de personnalité, d’une personnalité singulière, affirmée.
Il en est de même dans les quelques opéras qu’il a enregistrés.
Le soutier James Levine
Parce que la fin de sa carrière, sa fin de vie aussi, ont été occultées par des problèmes de santé et des procédures judiciaires, on a jeté aux oubliettes James Levine (lire Une vie pour la musique). Comme si ses trente trois années de mandat de directeur musical – un record absolu dans la maison d’opéra new yorkaise – pouvaient être rayées d’un trait de plume. Ce serait sans doute cruel de comparer son héritage considérable tant lyrique que symphonique avec celui de son successeur.

La démonstration
Dans le dernier numéro de Diapason, il faut lire l’implacable réquisitoire de Lionel Esparza sur la déliquescence des politiques publiques de soutien à la culture. Le constat étayé, documenté, qu’il dressait il y a cinq ans dans un essai aussi pertinent que nécessaire, n’a fait que se confirmer…Pas de quoi être optimiste à l’orée d’une nouvelle campagne présidentielle…


Cadeau
Un pianiste – Boris Bloch -que je ne connaissais pas, un disque qui m’a séduit et un Chopin comme je l’aime !


Et toujours mes brèves de blog (sur la rentrée musicale)