À l’été 1829, le jeune Félix Mendelssohn, tout juste âgé de 20 ans, fasciné par les romans de Walter Scott, visite l’Écosse. Il découvre en particulier l’île de Staffa, qui fait partie de l’archipel des Hébrides intérieures, et sa fameuse grotte marine de Fingal
Il en tire une ouverture symphonique intitulée Les Hébrides (Die Hebriden) ou la Grotte de Fingal.
Herbert von Karajan en donne, avec l’orchestre philharmonique de Berlin, deux versions assez différentes, à dix ans de distance, plus vive, plus agitée en 1960, plus calme, plus ouvragée en 1970.
Karajan n’a gravé qu’une fois la 3e symphonie dite Ecossaise de Mendelssohn, dans le cadre d’une intégrale des symphonies qu’il aurait enregistrée, paraît-il, à reculons, et qui est pourtant l’une des plus réussies de la discographie. Une 3e symphonie commencée en 1829 à la suite de la visite par le compositeur d’Edimbourg, mais achevée seulement en 1842 en Italie…
Enfin à propos de Mendelssohn, ce délicieux petit ouvrage à lire cet été si ce n’est déjà fait.
Et toujours humeurs et bonheurs du moment dans mes brèves de blog (avec un grand bain de fraîcheur nordique dans la brève du 22.07.2026)
L’Orchestre national de France avait inscrit au programme de son concert jeudi dernier deux oeuvres contemporaines, mais vraiment sans rapport l’une avec l’autre (lire mon papier sur Bachtrack) Sur Alexandre Nevski de Prokofiev, j’ai déjà presque tout dit (Alexandre Nevski et le lac gelé).
En revanche j’ai rarement évoqué un pan considérable de la production d’un compositeur que je chéris de longue date, Erich Wolfgang Korngold (lire Entre Bruges et Toulouse), ses 18 musiques de film pour Hollywood. Le concert de jeudi proposait la suite tirée de la bande originale des Aventures de Robin des Bois.
Les plus grands chefs n’ont jamais dédaigné ces partitions si luxuriantes orchestralement.
Quelle émotion que d’entendre le compositeur lui-même diriger la bande originale d’un autre succès hollywoodien Captain Blood !
On recommande très chaudement ce coffret magnifique (et la lecture de l’article de Classica qui en révèle l’origine !)
André Previn (1929-2019) n’a, lui non plus, jamais cessé de promouvoir Korngold, sans séparer artificiellement sa musique « sérieuse » de sa musique de film.
Korngold s’est aussi révélé un formidable arrangeur, pour les besoins du cinéma, comme ici – c’est encore lui qui dirige et joue du piano !- pour Magic Fire
ou Le songe d’une nuit d’été
Et comme le concerto pour violon (1945) de Korngold a longtemps été qualifié, avec mépris, de hollywoodien, alors qu’il a été créé par Jascha Heifetz en 1947, j’en profite pour remettre en évidence un disque dont je suis particulièrement fier – il a d’ailleurs été salué d’un Diapason d’Or à sa sortie (L’or des Liégeois)
Je sais qu’ils le savent, mais l’exercice de la critique n’est pas toujours le plus aisé qui soit pour qui, comme moi, a fréquenté, engagé, suivi, souvent apprécié des musiciens, des formations musicales, durant de longues années de vie professionnelle, et qui se retrouve à devoir parfois écrire des papiers…critiques sur ce qu’il a entendu.
Mais comme je l’expliquais à une amie, connue dans ma vie d’avant, j’essaie justement de m’en tenir à ce que je vois et entends, sans me payer de mots et de formules, et surtout, si je suis déçu ou insatisfait, j’essaie de comprendre, de ne pas blesser inutilement. Peut-être me trompé-je ? Si des lecteurs de ce blog et de cet article veulent me faire part de leur avis, qu’ils ne se privent pas d’ajouter un commentaire…
Ainsi les titres et le contenu des deux derniers concerts ou spectacles auxquels j’ai assisté traduisent bien mes sentiments :
Hyperion est l’un des Titans de la mythologie. C’est aussi un label britannique qui fait depuis des lustres un travail absolument exceptionnel notamment pour le répertoire concertant du piano romantique. Au fil des ans, j’avais acheté quelques-uns de ces albums, en particulier ceux de Stephen Hough, l’une des gloires du piano britannique, trop peu connu sur le Continent.
Et tout soudain paraît un coffret de 50 CD récapitulant 130 oeuvres, 59 compositeurs, 19 pianistes, 21 chefs d’orchestre et 14 orchestres.
Je dois bien avouer que j’ignorais jusqu’au nom de pas mal de compositeurs et d’interprètes. Il n’y a pas que des chefs-d’oeuvre, mais ce coffret (lire le détail des oeuvres et des interprètes ici : Hyperion) a l’énorme avantage sur des propositions précédemment parues d’être toujours d’une qualité exceptionnelle tant dans le choix des interprètes que de la présentation éditoriale. Qu’il puisse aider à mieux faire connaitre évidemment des oeuvres mais aussi des pianistes qui méritent mieux qu’une notoriété souvent circonscrite à la sphère britannique.
Et toujours mes humeurs du temps dans mes brèves de blog
Quand on pense que c’est fini, il y en a encore. Il y a une vague de printemps pour les rééditions en coffrets, on ne s’en plaint pas, même s’il faut régulièrement faire de la place dans sa discothèque… et faire la chasse à quelques doublons.
Dans notre mémoire collective de mélomanes chef et orchestre amstelldamois sont liés à jamais. Bernard Haitink a été le chef de l’orchestre du Concertgebouw de 1961 à 1988. Mais cette position éminente a un peu occulté les autres fonctions du chef, comme celle de Principal Guest conductot de l’Orchestre philharmonique de Londres de 1967 à 1979.
Ce sont les enregistrements réalisés à Londres durant cette période que Decca ressort aujourd’hui :
CD 1-6 Beethoven / Symphonies, ouv.Egmont, Coriolan, Les créatures de Prométhée, Leonore III, Triple concerto (Beaux-Arts Trio-
CD 7-9 Beethoven / Concertos piano (Alfred Brendel), Fantaisie chorale
CD 10Dvorak / Concerto violoncelle, Le silence des bois, Rondo (Maurice Gendron)
CD 11Holst / Les Planètes, Elgar / Variations Enigma
CD 12-15Liszt / Poèmes symmphoniques (14)
CD 16 Liszt / Concertos piano + Totentanz (Alfred Brendel)
CD 17-18 Mendelssohn / Symphonies 1-5, Mer calme et heureux voyage, Les Hébrides, Méphisto valse 1
CD 19 Mozart / Ouvertures
CD 20Rimski-Korsakov / Shéhérazade, Rachmaninov / Rhapsodie Paganini (Vladimir Ashenazy)
CD 27-28Stravinsky / Le Sacre du printemps, L’Oiseau de feu, Petrouchka
CD 29-31 Verdi / Don Carlo (Margison, Scanduzzi, Hvorostovsky, Lloyd, D’Arcangelo, Gorchakova, Borodina
Un beau coffret certes, mais de nouveau vendu trop cher, même si on n’a jamais fini de redécouvrir l’art d’un grand chef, longtemps considéré comme un bon faiseur sans grandes inspirations.
Je ne connaissais pas toutes les symphonies de Beethoven de cette première intégrale. Clarté, éloquence, équilibre en sont les caractéristiques et, preuve que le chef hollandais ne s’est jamais cantonné à des certitudes initiales, la comparaison avec les « live » réalisés avec l’autre orchestre londonien dans les années 2000, le London Symphony, est passionnante. Entre les deux séries londoniennes, il y a l’intégrale avec le Concertgebouw la plus classique, la moins mobile aussi.
On retrouve évidemment avec bonheur l’intégrale des poèmes symphoniques de Liszt, même si on préférer tel autre chef plus dramatique et flamboyant (Karajan dans Mazeppa ou Tasso)
J’avais déjà en disque séparé les symphonies 3 et 4 de Mendelssohn. Je redécouvre littéralement la splendeur et l’énergie de la vision de Bernard Haitink dans les cinq symphonies (je n’ai pas encore eu le temps de comparer avec la récente parution d’Andris Nelsons (Mendelssohn chez lui).
Et pour couronner le tout une version que je ne connaissais pas de Don Carlo, avec le si regretté Dmitri Hvorostovsky
On peut supposer qu’il y aura un dernier coffret avec les enregistrements réalisés avec Vienne, Berlin, Boston (pour Decca)
Harnoncourt revival
Pour ce qui est de Nikolas Harnoncourt, disparu il y a dix ans, il y a aussi une salve de rééditions – on est d’ailleurs étonné qu’elle ne soit pas apparue plus tôt. Une première il y a quelques semaines avec l’Orchestre de chambre d’Europe, une seconde qui arrive bientôt avec l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam.
Je n’ai jamais été un admirateur inconditionnel du comte de La Fontaine et d’Harnoncourt-Unverzagt – puisque c’est le nom complet du chef d’orchestre ! – Les quelques concerts auxquels j’ai pu assister – les trois dernières symphonies de Mozart par exemple, au Victoria Hall de Genève – m’ont plus souvent agacé que conquis, tant les maniérismes du chef pouvaient être dérangeants. J’ai déjà commencé par réécouter le coffret avec le COE, notamment les symphonies de Beethoven… et de Mozart.
Je ne suis pas sûr que tout cet héritage ait bien vieilli et que l’effet de nouveauté, de surprise, que suscitaient les enregistrements d’Harnoncourt, dans un répertoire classique et romantique qu’il « revisitait » parfois avec un aplomb qui dépendait plus de sa fantaisie que d’une recherche d’une prétendue « authenticité, que cet effet donc se soit émoussé au fil des ans.
Quoi qu’il en soit, pour le mélomane, ces pavés de printemps sont un trésor précieux.
Nul visiteur de la cité saxonne ne peut ignorer les deux figures de proue de la musique de cette ville : Bach et Mendelssohn, ni l’orchestre le plus ancien d’Europe, celui du Gewandhaus fondé en 1743.
C’est une nouvelle parution qui nous donne l’occasion d’évoquer à nouveau le lien si particulier de Félix Mendelssohn avec Leipzig.
Andris Nelsons, viré sans ménagement de la direction du Boston Symphony, n’a heureusement pas le même souci avec l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig dont il est le directeur musical depuis bientôt dix ans.
La critique a été partagée – mais c’est apparemment une mode – sur les intégrales Bruckner, Chostakovitch et Richard Strauss que Deutsche Grammophon a publiées avec Andris Nelsons, intégrales qui réunissent alternativement les deux orchestres – Boston et Leipzig – dont Nelsons est le chef.
Cette nouvelle proposition, les cinq symphonies de Mendelssohn, ses deux oratorios Paulus et Elias, enregistrés avec l’orchestre dont le compositeur fut le chef à partir de 1835, me semble particulièrement bienvenue. J’avoue ne pas comprendre le critique du Devoir (que je cite dans mon article Orchestres sans tête) qui dézingue ce coffret sans complexe, en le comparant à l’idéal que constituerait, selon lui, la récente intégrale réalisée par Yannick Nézet-Séguin. Le Nelsons bashing ça suffit ! Il suffit d’avoir des oreilles pour écouter, et ce que j’ai entendu jusqu’à présent de ce coffret est tout à l’avantage du chef letton.
Et si l’on veut comparer à d’autres versions antérieures, gravées elles aussi à Leipzig, on n’est pas sûr qu’elle soient toujours à l’avantage de ces dernières. Kurt Masur, l’inamovible patron du Gewandaus de 1970 à 1996, a laissé deux intégrales des symphonies, assez inégales.
Riccardo Chailly, le prédécesseur de Nelsons (de 2005 à 2016), n’a pas succombé à la mode des intégrales et a laissé quelques témoignages intéressants :
On pourra vraiment éviter cet enregistrement lourdissime d’un prédécesseur de Nelsons et Chailly, Franz Konwitschny qui en récompense sans doute de son engagement pour l’Allemagne hitlérienne, dirigera le Gewandhaus de 1949 à sa mort en 1962.
Pour ce qui est des deux oratorios, dans la droite filiation de ceux de Bach – que Mendelssohn contribuera grandement à remettre au jour – Andris Nelsons offre une référence moderne, d’autant mieux venue que les derniers enregistrements intéressants remontent à un demi-siècle.
C’est à Wolfgang Sawallisch qu’on doit, avec Leipzig, une référence inégalée d’Elias :
Et toujours humeurs et bonheurs du temps dans mes brèves de blog !
J’ai hésité avant de commander d’abord ce coffret qui couvre la période 1971-1979, puis le précédent – 1953-1969 -. Le prix fait réfléchir (puisque j’achète tous mes disques !) mais le travail éditorial et l’objet même sont remarquables.
Tout semble avoir été déjà dit, écrit sur le chef d’orchestre salzbourgeois : Karajan est né dans la ville natale de Mozart le 5 avril 1908 et mort dans sa maison d’Anif, à 8 km de Salzbourg le 16 juillet 1989. Ici même les occurrences ne manquent pas : lire Mon Karajan
Alors pourquoi revenir à Karajan et à ces captations de concert ? D’abord en raison de quelques raretés, pas toujours indispensables, mais surtout parce qu’une fois de plus le concert, le « live » révèlent l’artiste tel qu’en lui-même le studio, trop léché, trop poli – surtout à cette période-là – le corsètent.
>Webern pièces op 5 / Schumann symph 4 / Tchaikovski conc piano 1 – Mark Zeltser
CD 20 25/11/79
>Bach conc brandebourgeois 1 / Beethoven symph 3
*J’ai raconté le souvenir très particulier que j’ai gardé du concert que donnaient Karajan et ses Berliner à Lucerne, trois semaines avant ce concert, le 31 août 1974, avec au programme ce Pelleas de Schoenberg (L’été 74).
Les surprises d’un coffret
Les textes et les photos qui font une grande partie de la valeur de ce coffret – en allemand et en anglais seulement ! – dressent des portraits contrastés du chef, surtout lors de cette décennie 70 où la recherche du beau son va sembler l’emporter sur les considérations purement musicales. On sort en réalité des clichés, des postures, par le témoignage de musiciens, de preneurs de son, de collaborateurs qui n’étaient pas, n’ont jamais été de simples faire-valoir. Mais on admire ce qui a fait la légende Karajan – et que m’avait rapporté jadis l’un de ses rares « élèves », le chef allemand Günther Herbig, invité plusieurs fois à Liège – la fabrication, la construction d’une interprétation, avant même la recherche du son d’ensemble. Tous les documents – rares jusqu’à maintenant – qui montrent Karajan en répétition l’attestent.
On comparera donc avec intérêt les doublons qui figurent dans ce coffret (‘Le Sacre du printemps, la 5e de Bruckner, la 41e de Mozart), on ne s’attardera pas longtemps sur les rares « créations » – on imagine bien pourquoi Karajan dirige une oeuvre de Werner Thärichen, l’indéboulonnable timbalier et surtout délégué des musiciens des Berliner (!) – mais on relèvera un art consommé de la programmation. On a sans doute choisi les concerts les plus originaux pour ce coffret, mais on reste rêveur devant ce qui était proposé au public berlinois.
Il faut aussi relever que le système mis en place par Karajan et Berlin de contrôle absolu de tout ce qui était enregistré, produit, pour le concert et pour le disque, est encore très largement en vigueur aujourd’hui. On ne trouve quasiment pas trace sur internet, a fortiori sur YouTube, d’un « live » qui n’ait pas été formellement approuvé par la firme !
Exception avec ce Chant de la Terre, capté en janvier 1978 (cf. ci-dessus), avec Agnes Baltsa et Hermann Winkler :
Ça me fait le coup à chaque fois que j’entends Martha Argerich en concert, j’ai besoin de me replonger dans sa discographie, d’y redécouvrir des pépites.
C’était dimanche soir à la Philharmonie, à un horaire inhabituel (19h30 au lieu de 20h), un concert de l’orchestre philharmonique de Rotterdam dirigé par Lahav Shani, un concert que de bien tristes sires entendaient interdire (lire Le piano de la haine), comme ils avaient tenté de le faire le 6 novembre dernier.
Qui se serait plaint – pas moi en tout cas – d’entendre la pianiste – 84 ans ! – à nouveau dans le concerto de Schumann, où on l’avait entendue ici même il y a 18 mois (Martha Argerich réinvente le concerto de Schumann) ? Qui n’aurait pas fondu de bonheur à l’écoute de ce bis extrait des Scènes d’enfants ?
Von fremden Ländern und Menschen (extrait des Kinderszenen) de Schumann / 30.11.2025 @JPR
Le miracle Argerich, c’est, dans cette oeuvre dont elle détient tous les secrets depuis des années, de renouveler toujours notre écoute, notre voyage chez Schumann. Je note au passage que le concerto a été créé il y a 180 ans, le 4 décembre 1845 à Dresde !
Entre les disques de studio et les « live » il ne doit pas y avoir moins d’une dizaine de versions dues à Martha Argerich, la moins recommandable de mon point de vue étant celle que dirige Harnoncourt, coincée, guindée, raide, là où tout doit être souplesse et atmosphères changeantes.
Sur YouTube j’ai trouvé plusieurs versions, dont celle récente captée à Vienne avec Zubin Mehta
et une autre qui date de 1976 avec un chef qu’aimait beaucoup Martha Argerich, Bernhard Klee disparu le 10 octobre dernier.
La comparaison entre les diverses versions n’a guère de sens, tant la pianiste réinvente l’oeuvre et se réinvente à chaque concert.
Les amis de Martha
Entre les coffrets Deutsche Grammophon, Warner, Sony « officiels » et les éditions des « live » de Lugano et Hambourg, on mesure d’une part les permanences d’autre part les audaces du répertoire de la pianiste argentine, mais surtout les amitiés qu’elle a tissées au fil des ans et des rendez-vous festivaliers. On a toujours vu tourner autour d’elle quantité de gens, souvent jeunes, qui entendaient profiter de son aura : il y a eu beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais ceux qui sont restés dans le premier cercle, et dont on retrouve d’éloquents témoignages dans ces coffrets, sont aussi admirables que talentueux.
Je retrouve d’abord avec une particulière émotion les quelques enregistrements de notre cher Nicholas Angelich
Avec mon très cher Tedi Papavrami, c’est une complicité plus récente, mais d’autant plus ardente qui se manifeste depuis quelques années avec Martha A.
En 2019 à Hambourg, le violoniste et la pianiste avaient donné la sonate « à Kreutzer » de Beethoven, en 2023 ils la redonnaient dans le cadre du festival suisse des Variations musicales de Tannay dont Tedi Papavrami est l’inspirateur autant que le héraut.
En 2018, nouveauté dans le répertoire d’Argerich, elle donnait avec Tedi Papavrami et son complice de toujours, le violoncelliste Misha Maisky, le Triple concerto de Beethoven à Hambourg
On n’évoque pas ici les amis de toujours de Martha, les GIdon Kremer, Misha Maisky, Stephen Kovacevich (qui fut son mari), pour n’évoquer que les vivants. Il est une autre pianiste dont on sait l’amitié de très longue date avec elle, mais qui n’avait pas été documentée jusqu’à une période récente, c’est Maria Joao Pires. Et plus rare encore la présence d’Anne Sophie Mutter pour un trio de Mendelssohn d’anthologie.
Question pour un champion : je suis né le 17 novembre 1925 dans l’état de New York aux Etats-Unis, je suis mort un 14 juillet (2010) à Londres, je suis Australien, j’ai étudié à Prague, je suis Commandeur de l’Ordre de l’empire britannique ? Je suis le chef d’orchestre Charles Mackerras, dont on célèbre aujourd’hui le centenaire de la naissance.
Warner a eu la très bonne idée de regrouper tous les enregistrements parus sous les différents labels de la galaxie Warner ex-EMI (Classics for Pleasure, EMInence, Virgin Classics…) de ce chef au long parcours emblématique d’une certaine tradition britannique.
J’ai déjà relevé ici la qualité exceptionnelle de son intégrale Beethoven captée à Liverpool.
En 1969, il grave un Messie de Haendel qui se démarque nettement de la pompe victorienne de ses prédécesseurs Beecham, Boult ou Sargent, mais n’atteint pas à la même réussite que son collègue ColinDavis qui trois ans plus tôt a vraiment révolutionné l’interprétation de ce chef-d’oeuvre.
Toujours chez Haendel, Mackerras a été l’un des premiers à graver la version « plein air » des Royal fireworks et de Water Music avec une grande formation de vents, cuivres et percussions. Et ces versions n’ont rien à envier aux « baroqueux » qui viendront ensuite…
Il y a plein d’autres pépites, musiques de ballet, arrangements à la sauce Mackerras, et en fait très peu de ce qui a fait la réputation du chef dans sa maturité : Haydn, Mozart et Janáček. Il faut aller chercher chez Decca, Telarc ou Supraphon, des témoignages inestimables de l’art de ce grand chef
On a appris le 7 septembre dernier la mort du grand chef allemand Christoph von Dohnányi. Decca avait publié – il était temps ! – à la veille de son 95e anniversaire, un coffret reprenant ses enregistrements à Cleveland, et avait annoncé une suite avec les disques enregistrés à Vienne.
La plupart des enregistrements ont été réalisés avec le Philharmonique de Vienne, quelques-uns, marginalement, avec le Symphonique de Vienne (deux concertos de Mozart avec Ingrid Haebler, des ouvertures de Beethoven) et on y a glissé les concertos de Grieg et Schumann avec Claudio Arrau captés.. au Concertgebouw d’Amsterdam ! Peu d’inédits, comme cette Burleske de Richard Strauss avec Rudolf Buchbinder.
Coïncidence : au moment de signaler la parution du coffret Dohnányi/Vienne, je reçois un beau. coffret hommage au chef finlandais regroupant ses enregistrements parus chez Ondine.
Le coffret est d’autant plus précieux qu’il dépasse l’oeuvre de Sibelius : 4 CD sont consacrés à d’autres compositeurs finnois.
Roger Norrington est mort ce 18 juillet à 91 ans. J’ai déjà raconté mes souvenirs du chef anglais (Tout Roger), en particulier une émission de Disques en Lice dont il était l’invité principal il y a une trentaine d’années, à l’époque de la publication de ses symphonies de Beethoven.
Mais, comme beaucoup de ses confrères britanniques (John Eliot Gardiner par exemple), Roger Norrington a d’abord été chef de choeur, et c’est cet aspect de sa carrière et de son activité discographique que je veux saluer aujourd’hui en guise d’hommage. C’est en 1962 qu’il fonde le Schütz Choir of London avec lequel il va enregistrer pour Decca un nombre finalement important de disques, qu’on souhaiterait voir réédités !
Visites et humeurs du jour à suivre dans mes brèves de blog
Comme tout le monde, j’ai découvert Lalo Schifrin grâce au générique d’un feuilleton dont je n’aurais pas voulu rater un épisode :
Comme tous les grands compositeurs de musiques de film ou de séries, Lalo Schifrin, a eu une formation tout ce qu’il y a de plus classique (rappelons ici qu’à ses débuts Maurice Jarre était un compositeur plus radical encore que son contemporain Pierre Boulez !). C’est assez sympathique de découvrir qu’en 1952, Lalo Schifrin, au consulat de France à Buenos Aires, passe le concours d’entrée au Conservatoire de Paris. Il étudiera auprès d’Olivier Messiaen (qu’il écoutera régulièrement à la tribune de l’orgue de la Trinité) et fréquentera les clubs de jazz.
Il faut écouter les hommages que France Musique a rendus au compositeur, avec Max Dozolme par exemple
Lalo par Beecham
J’ai, à plusieurs reprises, raconté ma découverte de l’unique symphonie en sol mineur d’Edouard Lalo (Lalo ou l’éternel second) grâce à un disque de Thomas Beecham et de l’Orchestre national à l’époque de la RTF ! C’est d’ailleurs avec le même disque que j’avais découvert la symphonie de Bizet (lire Le jeune homme et l’orchestre).
Warner vient de rééditer l’ensemble des enregistrements stéréo du chef britannique après un « remastering » très réussi, réalisé par Art et Son à Annecy (*)
Ne me demandez pas pourquoi mon admiration pour Thomas Beecham (1879-1961) n’a jamais baissé, et qu’au contraire, plus je l’écoute, plus j’aime son art si singulier fait d’une élégance rare, d’une justesse stylistique absolue en particulier dans la musique française dont il est l »un des serviteurs les plus exceptionnels. C’est tout de même celui qui nous a laissé la version de référence de Carmen de Bizet (malgré toutes les difficultés qu’a connues cet enregistrement : lire L’impossible Carmen). Tout est à entendre, à aimer dans ce coffret, à part peut-être des Haendel un peu surannés, mais les rares Beethoven et Mozart, les « Londoniennes » de Haydn, les trois symphonies de Schubert d’une grâce inouïe (exception faite du scherzo inexplicablement lent de la 3e symphonie) sans parler des Delius juste parfaits..
Ce qui frappe aussi chez Beecham – c’est bien la caractéristique des plus grands ! – c’est la capacité de saisir l’architecture d’une oeuvre, les rapports de tempo entre les mouvements, la manière unique qu’il a de faire vivre la musique de l’intérieur. Un très bel exemple nous en est fourni par la 5e symphonie de Schubert : Beecham prend son temps dans l’énoncé du 1er mouvement, y crée une atmosphère pastorale, qui n’est pas pour autant placide et molle.
Que dire de l’excitation, de l’exaltation qui nous saisit à l’écoute de la 7e symphonie de Beethoven, le vivace du 1er mouvement est pure folie ! Et quel sens des transitions !
On voudrait aussi citer un Peer Gynt de Grieg d’anthologie :
Contenu du coffret Warner (enregistrements stéréo de 1955 à 1959)
Sibelius: The Oceanides, Op. 73
Sibelius: Symphony No. 7 in C major, Op. 105
Sibelius: Pelléas and Mélisande
Schubert: Symphony No. 6 in C major, D589
Grieg: In Autumn, Op. 11
Grieg: Old Norwegian Romance with Variations, Op. 51
Balakirev: Symphony No. 1 in C major
Borodin: Prince Igor: Polovtsian Dances
Handel: Samson
Brahms: Schicksalslied, Op. 54
Brahms: Academic Festival Overture, Op. 80
Liszt: Psalm XIII 3 “Herr, wie lange willst du » lange willst du”
Mozart: Symphony No. 41 in C major, K551 ‘Jupiter’
Mozart: Divertimento No. 2
Mozart: Die Entführung aus dem Serail
Beethoven: Symphony No. 2
Beethoven: Incidental music to The Ruins of Athens
Bizet: L’Arlésienne Suites 1 & 2
Sibelius: Tapiola
Fauré: Pavane
Delius: Summer Evening
Delius: Irmelin Prelude
Dvořák: Legend in B flat major, B. 117
Grieg: Symphonic Dance, Op. 64 No. 2
Delius: Brigg Fair
Delius: A Song Before Sunrise
Delius: Marche Caprice
Delius: Pieces (2) for Small Orchestra
Delius: Sleigh Ride
Delius: Intermezzo
Delius: Florida Suite
Delius: Dance Rhapsody No. 2
Delius: Over the hills and far away
Delius: Songs of Sunset (John Cameron, Maureen Forrester)
Grieg: Peer Gynt
Haydn: The Seasons
Handel: Love in Bath (suite on Handel arias by Sir Thomas Beecham)
Rimsky Korsakov: Scheherazade
Lollipops
Fauré: Dolly Suite
Bizet: Carmen Suite No. 1
Franck: Symphony in D minor
Liszt: A Faust Symphony
Liszt: Orpheus, symphonic poem No. 4
Strauss, R: Ein Heldenleben
Beethoven: Mass in C major
Handel: The Gods go A’Begging (Ballet Suite)
Handel: Amaryllis Suite arr. By Beecham
Handel: Arrival of the Queen of Sheba (from Solomon)
Mozart: Die Entführung aus dem Serail, ouv.
Rossini: Semiramide our.
Haydn: Symphony No. 99
Haydn: Symphony No. 100
Haydn: Symphony No. 103
Haydn: Symphony No. 101
Haydn: Symphony No. 102
Haydn: Symphony No. 104
Schubert: Symphony No. 3
Schubert: Symphony No. 5
Mozart: Bassoon Concerto (Gwydion Brooke)
Mozart: Clarinet Concerto (Jack Brymer)
Bizet: Carmen
Beethoven: Symphony No. 7
Brahms: Symphony No. 2
Rossini: La gazza ladra Overture
Rossini: La cambiale di matrimonio Overture
Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream Overture, Op. 21
Mendelssohn: The Fair Melusine
Delibes: Le roi s’amuse
Berlioz : Symphonie fantastique
Bizet : Symphonie
Lalo : Symphonie
*Apparemment, la remasterisation n’a pas permis d’effacer un téléphone intempestif qu’on entend très nettement (au casque) sonner dans le 2e mouvement « Un bal » de la Symphonie fantastique de Berlioz (à 0’56 du début du mouvement) !)
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