Théâtre

Mardi soir au Théâtre de Paris, l’affiche était alléchante.

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Une pièce à succès d’Edouard Bourdet, Fric Frac, le film éponyme (1939) de Maurice Lehmann gravé dans toutes les mémoires de cinéphiles.

IMG_9116Il faut un certain culot et un courage certain à Michel Fau le metteur en scène, et au quatuor de rôles principaux constitué par … Michel Fau, Julie Depardieu, Régis Laspalès et Emeline Bayart, pour relever le défi de ne pas décevoir un public de 2018, auquel le thème même – le Paris popu des années 30 – et les caractères de cette pièce ne sont plus du tout familiers. Les dimanches à la campagne,  les loulous de Ménilmuche, les petites femmes de Pigalle, l’argot parigot, difficile de réitérer l’exploit d’Arletty, Fernandel, Michel Simon et Hélène Robert, pour ne citer que les principaux rôles…

Résultat mitigé : Michel Fau fait du Michel Fau – on ne déteste pas ! – et Laspalès finalement ne convainc qu’en retrouvant ses réflexes du duo qu’il formait avec Philippe Chevallier. En revanche, Julie Depardieu se sort plutôt bien d’un rôle casse-gueule, on finit par croire à son personnage sans qu’elle cherche à singer son illustre modèle, et la révélation de la soirée est l’impayable Emeline Bayart qui semble emprunter les délires et la vis comica d’une Valérie Lemercier à ses débuts,  et que je n’avais encore jamais vue ni sur scène ni au cinéma (où elle incarnait la récente Bécassine de Denis Podalydès.

D’Edouard Bourdet, je ne connaissais jusque là qu’une autre pièce, Le Sexe Faible, jadis vue à la télévision dans la célèbre série Au théâtre ce soir, avec une distribution éblouissante, d’où ma mémoire avait retenu l’extravagante Comtesse jouée par une Denise Gence hallucinante et Antoine, le maître d’hôtel/confident incarné à la perfection par l’immense Jacques Charon, et cette réplique de Gence à Charon prononcée avec un inimitable accent moldo-valaque : Morne soirée Antoine !

Revenant du théâtre mardi soir, j’ai retrouvé sur Youtube une autre version de la pièce, enregistrée à la Comédie Française en 1962, avec tous les grands noms du théâtre français de l’époque, Denise Gence bien sûr, Charon, Hirsch, Descrières, tant et tant d’autres, et le beau et fringant Jean Piat.

Jean Piat, dont on allait apprendre la disparition quelques heures plus tard. Et à propos duquel tous les médias ont fait assaut de platitudes pour saluer une carrière exceptionnellement longue et variée. Il paraît que « les Français » n’ont retenu de lui que sa participation aux Rois maudits, une série (et une oeuvre littéraire) à laquelle je n’ai jamais accroché. Moi je me rappelle un autre Jean Piat – en dehors de celui que j’ai souvent vu sur scène – son incarnation inoubliable de Lagardère dans le feuilleton en six épisodes de Marcel Jullian, diffusé fin 1967.

Hommage à un grand artiste !

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La mort de Staline

Je n’ai pas lu les BD de Fabien Nury et Thierry Robin – La Mort de Staline

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qui ont inspiré le film du réalisateur britannique Armando Iannucci.

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Je viens de voir ce film.

Dans la nuit du 2 mars 1953, Staline est victime d’une attaque dans sa datcha surprotégée des environs de Moscou. Sa mort ne sera annoncée que le 5, le temps que le sinistre Beria et les autres membres de la garde rapprochée – Khrouchtchov, Malenkov – arrangent la succession et se positionnent pour le poste suprême de Secrétaire Général du Parti communiste de l’URSS laissé vacant.

Voilà pour le pitch du film, qui, pour être fidèle à la BD et donc à la réalité des faits historiques, n’en prend pas moins quelques libertés avec la chronologie des événements.

Première remarque sur la « pub » censée attirer le public : « La comédie anglaise la plus drôle depuis des années ». Ridicule, voire insultante lorsqu’on mesure la gravité du sujet et surtout des circonstances. Je n’ai pas entendu un spectateur de la salle où je me trouvais s’esclaffer bruyamment, ni même sourire. On est loin de « Papy fait de la résistance » ! 

Certes on rit souvent jaune, devant l’absurdité ou le burlesque involontaire des situations, mais on est surtout happé par une réalisation virtuose, placé aux premières loges d’un système terrifiant, au coeur d’une dictature impitoyable où même les plus proches de Staline savent qu’ils peuvent à tout moment être inscrits sur la liste des promis à la torture, au goulag et à la mort. La veulerie, la vulgarité, la pleutrerie de cet entourage – les Malenkov, Khrouchtchov, Molotov – et l’ignoble Beria (extraordinaire Simon Russell Beale) sont dépeints sans complaisance par Iannucci. Pour les fans de la série Homelandle fils de Staline, Vassily, est joué par Rupert Friend (Peter Quinn)

Le film s’ouvre sur une séquence qui a bien existé, mais pas dans ce contexte ni à cette date : la grande pianiste russe Maria Yudina joue le 23ème concerto de Mozart. Un appel téléphonique à la régie de la salle fait savoir que Staline lui-même a entendu le concert à la radio et souhaite qu’on lui apporte l’enregistrement du concert. Mais celui-ci n’a pas été au sens propre ni gravé ni enregistré puisqu’il était diffusé en direct ! On ne racontera pas la suite, mais dans le film le malaise fatal de Staline survient alors qu’il s’apprête à écouter le disque qu’on a fini par graver pour lui et qu’il lit le message que la pianiste a glissé in extremis dans la pochette du disque…

Autre « liberté » prise avec l’histoire : l’élimination de Beria n’est survenue qu’à la fin de l’année 1953, dans le film elle a lieu dans la foulée des obsèques de Staline.

La bande-son est signée Christopher Willisplus « chostakovienne » que nature. Une réussite !

Un film à voir évidemment.

Et, pour ceux qui ne la connaissent pas déjà, une pianiste tout à fait extraordinaire qui se serait bien passée de rester dans l’histoire comme ‘la préférée de Staline », Maria Yudina (1899-1970), dont on ne se lasse pas de réécouter les enregistrements.

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Le destin brisé de Maria C.

Suis-je en train de devenir fan sur le tard ? J’avais déjà avoué ma faiblesse pour les rééditions soignées du legs discographique studio et live de Maria Callaset surtout pour le très beau livre que lui a consacré le jeune commissaire de l’exposition Maria by Callas Callas intime

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Je suis allé voir hier le film réalisé par Tom Volfet sans y apprendre rien de neuf sur la vie et la légende de la chanteuse new-yorkaise (Maria Callas est née à Manhattan le 2 décembre 1923 et ne renoncera à sa nationalité américaine… qu’en 1966 !), on suit avec intérêt, et souvent émotion, le parcours chaotique d’une artiste qui a construit la légende dont la femme est restée prisonnière.

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Beaucoup de documents privés, souvent précaires, mais tellement justes humainement, une belle compilation d’interviews, et les lettres de Callas lues par une Fanny Ardant d’une sobriété inaccoutumée.

Je vais me risquer à revoir le film-hommage de Franco Zeffirelli, dans lequel Fanny Ardant joue Callas…

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Et pour ceux qui n’ont ni les moyens ni l’envie d’acquérir les gros  coffrets Warner « remasterisés », ce beau coffret bien présenté de 3 CD constitue un résumé très réussi de la carrière de Maria Callas « live »sur scène.

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Octobre en novembre, la Révolution

Les médias généralistes en ont brièvement parlé hier, sans expliquer pourquoi on commémore la Révolution d’octobre… en novembre !

La deuxième phase de la Révolution russe, la prise de pouvoir – le coup d’Etat – par Lenine et les bolcheviks, a lieu le 25 octobre 1917,  c’est-à-dire dans la nuit du 7 au 8 novembre 1917 ! La Russie, qui n’est pas encore l’URSS, vit encore sous le calendrier julien, qui était celui des églises orthodoxes, et n’adoptera le calendrier grégorien qu’en 1918.

Ce centenaire d’un événement qui a changé le cours d’une grande partie du monde, durant près d’un siècle, fait l’objet d’une étrange pudeur, en Russie d’abord. Comme si le passif – la dictature, le crime de masse – avait définitivement submergé l’élan novateur, idéaliste, des premiers révolutionnaires.

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Ainsi France 2 a-t-elle choisi de rediffuser la série documentaire – au demeurant excellente – Apocalypse Staline à l’occasion du centenaire de la Révolution d’octobre !

Lorsque j’ai choisi pour l’édition 2017 du Festival Radio France (#FestivalRF17le thème des Révolution(s), centré essentiellement sur la Révolution d’octobre, j’ai éprouvé un certain sentiment de solitude, voire d’incompréhension. Le public et les auditeurs de France Culture (Rencontres de Pétrarque) et de France Musique ont, quant à eux, approuvé largement ce choix, comme ils ont pu découvrir quantité d’oeuvres, d’interprètes qui leur ont révélé l’incroyable foisonnement créatif issu de la Révolution (Octobre Prokofiev)

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Les oeuvres commémoratives ne sont pas toujours les meilleures de leurs auteurs. Celles que Prokofiev et Chostakovitch ont consacrées à la commémoration de la Révolution d’octobre n’échappent pas à cette règle, mais à bien les écouter, on entend, on perçoit la désillusion, l’ironie, le poids d’une histoire et d’un système qui a dénaturé l’élan initial.

Chostakovitch, plus encore que Prokofiev, illustre cette terrible ambiguïté. D’abord avec sa 2ème symphonie, dédiée « à Octobre« , expérimentale, brève, avec une intervention chorale, écrite en 1927 (Chostakovitch n’a que 21 ans !)

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Il remet cela beaucoup plus tard, en 1961, avec sa 12ème symphonie, sous-titrée L’année 1917 (donnée le 17 juillet dernier à Montpellier par Andris Poga et l’orchestre national du Capitole de Toulouse)

Enfin, en 1967, pour le cinquantenaire de la Révolution, il écrit ce poème symphonique  Octobre plus sombre que triomphal

 

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Quant à la « cantate » que Prokofiev écrit en vue de la célébration du 20ème anniversaire d’Octobre, au plus noir des purges staliniennes, en 1937, on sait ce qu’il en advint : elle ne fut créée qu’en mai 1966, treize ans après la mort – le même jour ! – du compositeur et de Staline !

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On ne peut manquer d’évoquer aussi le chef-d’oeuvre d’Eisenstein, Octobre, qu’il faut voir et revoir, tant le génie de l’un des plus grands cinéastes du XXème siècle y éclate à chaque plan.

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Loving Vincent ou La passion Van Gogh

C’est d’abord une performance technique et artistique hors du commun, un objet cinématographique à tous égards exceptionnel.

Un film… entièrement peint à la main, comme l’expliquent ses auteurs Dorota Kobiela et Hugh Welchman ici : Comment ont-ils fait ?

Il faut se précipiter pour voir en salle La Passion Van Gogh. (Loving Vincent).

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L’histoire est simple : En 1891, à Paris, le facteur Joseph Roulin demande à son fils Armand de remettre une lettre à Theo van Gogh, le frère du peintre Vincent van Gogh qui s’est donné la mort en juillet 1890. Mais Armand apprend que Theo est mort quelques mois après son frère. Dès lors, Armand se rend à Auvers-sur-Oise pour enquêter sur la vie intime et artistique de Vincent van Gogh

Le récit est construit comme une enquête de police, le bel Armand essayant de reconstituer les faits qui ont précédé la mort de Vincent – suicide, meurtre ou accident ? – en rencontrant tous les protagonistes des dernières semaines du peintre à Auvers, Adeline Ravoux, la gouvernante, la fille et le Docteur Gachet lui-même, les rares compagnons d’un artiste obsédé par son travail, 80 toiles en 70 jours !

La voix française d’Armand Roulin est Pierre Niney. Les amateurs de séries seront, eux, surpris d’entendre le docteur Gachet doublé par Gabriel Le Dozela voix si caractéristique de Kevin Spacey alias Frank Underwood dans House of Cards !

En sortant du cinéma samedi, je n’ai eu qu’une envie, celle de dîner à l’Auberge Ravoux, qui m’est devenue si familière depuis que j’ai établi mon refuge dans la région, sur les bords de l’Oise, il y a bientôt trois ans.

IMG_2458(L’intérieur de l’auberge Ravoux tel qu’il est aujourd’hui et tel que l’a connu Van Gogh)

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Parce que, en effet, comme le montre le reportage ci-dessous, Van Gogh est indissociable du village d’Auvers-sur-Oise, Auvers et ses alentours sont l’oeuvre ultime de Van Gogh (voir Les blés d’Auvers)

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Un magnifique film à voir absolument, une visite qui s’impose à quelques kilomètres de Paris pour ceux qui ont la passion Van Gogh (voir Vincent à Auvers)

img_0918(Les simples tombes des frères Van Gogh dans le cimetière d’Auvers, la dépouille de Theo ayant été transportée des Pays-Bas à Auvers, en 1914, à la demande de sa veuve, pour que soient réunis dans la même sépulture les deux frères inséparables)

L’insupportable Jean-Luc G.

Je n’ai lu les critiques qu’après avoir vu le film. Ceux du Monde ou de Télérama n’ont pas dû voir le même que moi…

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Moi j’ai bien aimé Le Redoutable, affiché, à juste titre, comme une comédie de Michel Hazanavicius.

D’abord parce que j’avais lu les trois livres de souvenirs (lire Des livres pour rentrerd’Anne Wiazemskypetite-fille de François Mauriacéphémère épouse de Jean-Luc Godard dont Un an après qui sert de trame à ce film :

À Paris, en 1967. Le célèbre réalisateur Jean-Luc Godard tourne son film La Chinoise. La tête d’affiche n’est autre que la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 17 ans sa cadette. Ils se sont rencontrés peu de temps avant, sur le tournage du film Au hasard Balthazar de Robert Bresson en 1966. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient.

À sa sortie, La Chinoise reçoit un accueil assez négatif et cela déclenche chez Jean-Luc une profonde remise en question. À cela vont s’ajouter les évènements de Mai 68. Cette crise que traverse le cinéaste va profondément le transformer. Il va passer d’un statut de réalisateur « star » à celui d’un artiste maoïste hors du système autant incompris qu’incompréhensible

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« La traque des étudiants se poursuivait boulevard Saint-Germain et rue Saint-Jacques. Des groupes de jeunes, garçons et filles mélangés, se battaient à mains nues contre les matraques des policiers, d’autres lançaient différents objets ramassés sur les trottoirs. Parfois, des fumées m’empêchaient de distinguer qui attaquait qui. Nous apprendrions plus tard qu’il s’agissait de gaz lacrymogènes. Le téléphone sonna. C’était Jean-Luc, très inquiet, qui craignait que je n’aie pas eu le temps de regagner notre appartement. « Ecoute Europe numéro 1, ça barde au Quartier latin !« Nous étions le 3 mai 1968. » (A.W.)

D’abord la composition de Louis Garrel. Etonnante ! Il n’imite pas, il est Jean-Luc Godard, chuintement caractéristique et imperceptible accent suisse compris. Je suis moins convaincu par l’évanescente Stacy Martin qui peine à restituer les ambiguïtés de la jeune fille qu’était Anne Wiazemsky. Surtout j’aime, sans me poser de questions métaphysiques, le style décalé, irrespectueux, d’Hazanavicius (que j’appréciais déjà dans les deux OSS 117). On l’a compris, ce n’est en rien un biopic, oui le cinéaste suisse n’est pas toujours présenté sous son meilleur jour. Il n’en apparaît que plus attachant.

Excellente bande-son, et un mystère non résolu : peu avant la fin du film – que je ne vais pas dévoiler – on entend le dernier des Vier letzte Lieder de Richard Strauss, Im Abendrot. Mais je n’en ai pas reconnu l’interprète, ni trouvé la mention sur les sites que j’ai visités…

En attendant d’élucider cette voix mystère, voici la version de Kiri Te Kanawaqui a annoncé prendre sa retraite lors des récents Gramophone Awards à Londres.

Les jours enfuis

Impossible d’échapper à la tragique actualité de la planète.

Je retrouve quelques photos du printemps 2009 en découvrant ce matin les ravages provoqués par l’ouragan Irma sur l’île de Saint-Martin. Jours heureux au milieu d’une population chaleureuse, solidarité d’autant plus vive aujourd’hui avec ceux qui ont tout perdu.

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Inégalité aussi révoltante dans le traitement des catastrophes : combien d’heures d’antenne, de reportages pour l’ouragan Harvey qui a touché le Texas, et combien en comparaison pour les terribles inondations qui ont frappé Bombay ? (lire : Bombay est aussi sous l’eau).

Souvenirs là encore de deux visites à un an d’intervalle dans cette ville-monde (voir Visite à Shiva, cet univers si riche humainement (voir Film City), si intensément chaleureux et attachant (voir La vie devant soi)

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(Des photos de cette ville fascinante : Sea frontMarchésBritish HeritageJardins suspendus).

Les jours enfuis, les vies disparues, c’est l’actualité de la rentrée cinématographique, avec le film primé à Cannes de Robin Campillo : 120 battements par minute.

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Tout a été écrit et dit sur ce grand film, qu’il faut assurément voir. C’est une histoire, celle d’Act Up, que ma génération a vécue en direct, tout ici est juste, sobre, magnifiquement filmé, rien n’est de trop, pas de mélo ni de caricature. Les acteurs sont parfaits. Sortant du cinéma de quartier où j’ai vu le film hier soir, je repensais intensément au printemps 1993, ces allers-retours Haute-Savoie Paris pour rendre visite à B. à l’hôpital Rothschild. Le corps ne suivait plus, mais l’esprit était encore vif, malgré le visage et les yeux creusés par l’inexorable maladie : « Tu leur diras bien que je les embrasse, et que je viendrai vous voir bientôt ». Il savait, comme moi, que jamais il ne viendrait plus embrasser son filleul et son frère, mes enfants. Il n’avait pas 40 ans…

Combien sont-ils, connus ou inconnus, artistes, musiciens, danseurs, que j’ai eu la chance de rencontrer, fréquenter, pendant des jours heureux et des soirs de fête, qui ne sont plus qu’un long cortège de souvenirs…