Les Allemands contraires

J’ai raconté dans une de mes récentes brèves de blog (Apprentis chefs) ma participation au jury parisien de présélection des candidats au concours international de chefs d’orchestre qu’organise mon ami George Pehlivanian. Première salve vendredi dernier, et seconde hier après-midi toujours dans une salle de l’Ecole normale de Musique de Paris, avec des températures qu’on peut imaginer. J’avais déjà noté la formidable qualité des deux pianistes, David et Manuel, qui ont dû jouer pas loin d’une trentaine de fois des extraits de la 1e symphonie de Brahms dans sa version à deux pianos, et répondre aux indications de ceux qui sur le podium devaient se représenter tout un orchestre devant eux. Avec des bonheurs très variés !

Ce n’est qu’hier qu’ils m’ont signalé constituer le Geister Duo, dont j’avais évidemment entendu parler, mais jamais rencontré.. d’aussi près et d’aussi bien !

Les frères sérieux ou les anti-Labèque

C’est au cours d’une brève pause, justement à propos de Brahms, que j’ai évoqué avec David et Manuel un coffret reçu il y a quelques jours, et dont j’ai commencé par écouter les Danses hongroises... de Brahms.

Alois et Alfons Kontarsky ont longtemps été le seul duo pianistique du label jaune. Et cette réédition est intéressante, ne serait-ce que pour la partie d’oeuvres contemporaines dont ils ont été les créateurs et/ou dédicatoires. Mais dans le répertoire classique, mon Dieu que c’est raide et sérieux !

Je sais maintenant pourquoi je n’ai jamais eu dans ma discothèque leur version des Danses hongroises de Brahms !

Nul besoin d’être un expert ou un critique pour comparer avec deux autres versions françaises.

A propos de ce formidable duo, lire Les années Béroff.

Le centenaire Tennstedt

C’est Christian Merlin qui pour France Musique a le mieux cerné la personnalité d’un chef allemand – Klaus Tennstedt (1926-1998)- dont Warner célèbre le centenaire de la naissance par un coffret qui regroupe les enregistrements de studio.

« L’Allemand Klaus Tennstedt (1926-1998) fut une figure très singulière d’anti-maestro, hypersensible et complexé, qui serait resté un obscur second, relégué dans la province est-allemande, si les Etats-Unis et l’Angleterre n’avaient fait de lui une star, dont l’émotion était l’alpha et l’oméga »

« A Londres, les musiciens et le public l’adulent littéralement, aimant son approche émotionnelle de la musique. Mais ce grand fumeur et buveur, doublé d’un angoissé chronique, ne se ménage pas, et le paie en 1985 d’un cancer de la gorge dont il se remet, avant de connaître toute sorte d’autres déboires de santé qui l’éloigneront progressivement de la scène » (Christian Merlin, France Musique)

Plus qu’aucun autre sans doute, c’est le concert, le « live » qui révèle le talent de ce chef.



Il y a quelques belles surprises dans ce coffret Warner – outre une intégrale Mahler déjà multi-rééditée – comme cette 8e symphonie de Bruckner que je ne connaissais pas.



Je recommande aussi chaleureusement ce coffret publié il y a une dizaine d’années :

Mendelssohn chez lui

J’ai passé quelques jours entre Leipzig et Dresde à la fin de l’année 2017 et j »avais intitulé un billet Leipzig ville musique.

Nul visiteur de la cité saxonne ne peut ignorer les deux figures de proue de la musique de cette ville : Bach et Mendelssohn, ni l’orchestre le plus ancien d’Europe, celui du Gewandhaus fondé en 1743.

C’est une nouvelle parution qui nous donne l’occasion d’évoquer à nouveau le lien si particulier de Félix Mendelssohn avec Leipzig.

Andris Nelsons, viré sans ménagement de la direction du Boston Symphony, n’a heureusement pas le même souci avec l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig dont il est le directeur musical depuis bientôt dix ans.

La critique a été partagée – mais c’est apparemment une mode – sur les intégrales Bruckner, Chostakovitch et Richard Strauss que Deutsche Grammophon a publiées avec Andris Nelsons, intégrales qui réunissent alternativement les deux orchestres – Boston et Leipzig – dont Nelsons est le chef.

Cette nouvelle proposition, les cinq symphonies de Mendelssohn, ses deux oratorios Paulus et Elias, enregistrés avec l’orchestre dont le compositeur fut le chef à partir de 1835, me semble particulièrement bienvenue. J’avoue ne pas comprendre le critique du Devoir (que je cite dans mon article Orchestres sans tête) qui dézingue ce coffret sans complexe, en le comparant à l’idéal que constituerait, selon lui, la récente intégrale réalisée par Yannick Nézet-Séguin. Le Nelsons bashing ça suffit ! Il suffit d’avoir des oreilles pour écouter, et ce que j’ai entendu jusqu’à présent de ce coffret est tout à l’avantage du chef letton.

Et si l’on veut comparer à d’autres versions antérieures, gravées elles aussi à Leipzig, on n’est pas sûr qu’elle soient toujours à l’avantage de ces dernières. Kurt Masur, l’inamovible patron du Gewandaus de 1970 à 1996, a laissé deux intégrales des symphonies, assez inégales.

Riccardo Chailly, le prédécesseur de Nelsons (de 2005 à 2016), n’a pas succombé à la mode des intégrales et a laissé quelques témoignages intéressants :

On pourra vraiment éviter cet enregistrement lourdissime d’un prédécesseur de Nelsons et Chailly, Franz Konwitschny qui en récompense sans doute de son engagement pour l’Allemagne hitlérienne, dirigera le Gewandhaus de 1949 à sa mort en 1962.

Pour ce qui est des deux oratorios, dans la droite filiation de ceux de Bach – que Mendelssohn contribuera grandement à remettre au jour – Andris Nelsons offre une référence moderne, d’autant mieux venue que les derniers enregistrements intéressants remontent à un demi-siècle.

C’est à Wolfgang Sawallisch qu’on doit, avec Leipzig, une référence inégalée d’Elias :

Et toujours humeurs et bonheurs du temps dans mes brèves de blog !

José Van Dam (1940-2026)

On apprend aujourd’hui la disparition, le 17 février, d’un géant du chant José Van Dam.

L’ami Nicolas Blanmont lui consacre, sur le site de la RTBF, un article extrêmement complet et documenté auquel je ne peux que renvoyer, puisque tout y est dit, de la formation, de la carrière incroyable de José Van Dam et de sa place éminente dans le club très fermé des plus grands chanteurs du XXe siècle.

Le simple examen de ses rôles à l’opéra, sous les baguettes les plus fameuses, le relevé de sa discographie, donnent le vertige. Je me rappelle ces Grands entretiens réalisés par France Musique en 2019 avec le grand baryton belge et, par exemple, ce qu’il disait de sa longue collaboration avec Karajan : « Il était rigoureux, exigeant… C’est le ‘grand’ chef avec lequel j’ai eu le plus de plaisir à chanter. »

Dans ma mémoire, se mêlent des souvenirs – finalement pas si fréquents – de José Van Dam sur scène .Deux, très forts, me reviennent à l’instant d’écrire ces lignes.

Don Carlos au Châtelet

A l’opéra, il y a assez peu de spectacles dont je puisse dire qu’ils approchent la perfection; Ce Don Carlos de 1996 en faisait partie.

Pelléas et Melisande à Genève

« En février 2000, c’est à Genève, au Grand Théâtre (puis au Victoria Hall) que je retrouve Langrée. Il dirige son premier Pelléas, avec une équipe de rêve, une Mélisande de 20 ans, Alexia Cousin, Simon Keenlyside, José van Dam, Patrice Caurier et Moshé Leiser à la manœuvre » (Lire Portrait d’ami).

Jamais un Golaud ne m’a bouleversé à ce point. José Van Dam est pour toujours « mon » Golaud.

Et cette présence si remarquable, ce timbre, cette diction uniques, on les retrouve à leur acmé dans tant d’enregistrements que je vais redécouvrir dans une discothèque proprement vertigineuse !

Bach : Magnificat / Messe en si (Corboz) Erato

Beethoven : Fidelio (Karajan) EMI / Missa solemnis (Karajan) DG

Beethoven : 9e symphonie (Karajan x 2) DG

Berg : Wozzeck (Levine) Met

Berlioz : L’enfance du Christ (Gardiner) Erato

Berlioz : La damnation de Faust (Levine) Munich / (Nagano) EMI

Berlioz : Roméo et Juliette (Ozawa) DG

Bizet : Carmen (Karajan) DG / (Solti) Decca

Bizet : La jolie fille de Perth (Plasson) EMI

Brahms : Un requiem allemand (Karajan) DG-EMI

Bruckner : Te Deum (Karajan) DG

Debussy : Pelleas et Mélisande (Abbado) DG / (Karajan) EMI / (Levine) Met

Debussy : Rodrigue et Chimène (Nagano) EMI

Delibes : Lakmé (Plasson) EMI

Duruflé : Requiem (Corboz) Erato

Enesco : Oedipe (Plasson) EMI

Fauré : Pénélope (Dutoit) EMI

Fauré : Requiem (Plasson) EMI

Gluck : Iphigenie en Aulide (Gardiner) Decca

Gluck : Iphigenie en Tauride (Gardiner) Erato

Gounod : Faust (Plasson) EMI

Gounod : Mireille (Plasson) EMI

Gounod : Mors et vita (Plasson) EMI

Gounod : Roméo et Juliette (Plasson) EMI

Hahn : Ciboulette (Diederich) EMI

Haydn : Die Schöpfung (Karajan) DG

Ibert : Don Quichotte (Nagano) EMI

Magnard : Guercoeur (Plasson) EMI

Mahler : Symphonie n°8 (Bernstein) DG

Martin : Monologues de Jedermann (Nagano) Erato

Massenet : Hérodiade (Plasson) EMI

Massenet : Manon (Pappano (EMI)

Mozart: Cosi fan tutte (Muti) EMI

Mozart : la Flûte enchantée (Karajan) DG / (Levine) Sony / (Marriner) Philips

Mozart : Don Giovanni (Maazel) Sony /

Mozart : Les noces de Figaro (Karajan) DG

Mozart : Requiem (Karajan) DG

Offenbach : Les contes d’Hoffmann (Nagano) EMI/ (Cambreling) EMI

Poulenc / Chansons gaillardes (Collard) EMI

Puccini / Gianni Schicchi (Pappano) EMI

Ravel : Don Quichotte à Dulcinée , Mélodies populaires grecques (Boulez) Sony

Ravel : L’enfant et les sortilèges (Rattle) EMI

Ravel : L’heure espagnole (Maazel) DG

Roussel : Evocations, Padmâvâti (Plasson) EMI

Saint-Saëns : Mélodies (Collard) EMI

Richard Strauss : Die Frau ohne Schatten (Solti) Decca

Richard Strauss : Salomé (Karajan) EMI

Verdi : Aida (Karajan) EMI

Verdi : Don Carlo (Karajan) EMI

Verdi: Don Carlos (Pappano) EMI

Verdi : Falstaff (Solti) Decca

Verdi : Otello (Karajan) EMI

Verdi : Requiem (Karajan) DG / (Solti) RCA

Verdi : Simon Boccanegra (Abbado) DG

Verdi : Un bal masqué (Barbirolli) EMI

Wagner : Le Vaisseau fantôme (Karajan) EMI

Wagner : Les Maîtres Chanteurs (Solti) Decca

Wagner : Parsifal (Karajan) DG

Cette discographie est loin d’être exhaustive !

Il y a quelques années Erato avait publié un magnifique coffret de 10 CD dans la série Autograph

C’est à l’évidence l’un des portraits les plus fidèles de l’art et de la carrière du baryton disparu, avec plusieurs raretés, notamment les magnifiques Monologues de Jedermann de Frank Martin, de larges extraits des deux enregistrements de Salomé auxquels José Van Dam a participé, celui très célèbre de Karajan, et l’autre beaucoup moins de Kent Nagano à l’opéra de Lyon.. dans la version française de l’opéra de Richard Strauss. De la même manière José Van Dam est magnifique dans le Don Carlo (Karajan) comme dans le Don Carlos de Verdi (Pappano). Un joli bouquet de mélodies de Saint-Saëns, Ravel, Poulenc, Ropartz et Berlioz (Les nuits d’été notamment avec Jean-Philippe Collard)

J »évoquerai certainement sur mes prochaines brèves de blog les hommages qui viendront en nombre saluer José Van Dam.

Carnets secrets (II) : Haitink, Dohnanyi, Cannes, Victoires de la musique, Alagna, Dessay…

Nominations

C’est le privilège et l’avantage de l’âge que de pouvoir suivre, souvent avec admiration, le parcours de celles et ceux qu’on a connus, côtoyés, employés parfois, plus jeunes à l’orée de leur carrière. Certains semblent fixés à vie dans leur entreprise, preuve sans doute qu’ils s’y sentent heureux, épanouis dans leurs fonctions (je pense notamment à mes amis de LiègeMerci ! – Sabine qui était là à mon arrivée en octobre 1999, Silvia, Sophie, Séverine, Valérie, Elise, Robert, Laurent, Erwan, Eric, Pierre, Christophe que j’ai recrutés au début des années 2000), d’autres aiment, à moins qu’ils y soient obligés, emprunter des chemins plus sinueux. Je suis moi-même l’exemple d’une « carrière » professionnelle qui n’a rien de rectiligne, loin s’en faut, où les hasards combinés aux opportunités, et peut-être à un peu de chance, m’ont permis d’accéder à des responsabilités que je n’aurais jamais imaginées.

Dans le seul domaine culturel, a fortiori dans l’étroit microcosme de la musique dite classique, les postes sont rares et les nominations ne découlent pas toujours – doux euphémisme ! – de la qualité des prétendants. Mais tout récemment je me suis réjoui de l’arrivée de Frédéric Morando à la direction de l’Orchestre de chambre de Paris, ou de celle de Jean-Baptiste Henriat à celle de l’Orchestre national de Lille. Ce sont de vrais « pros », mordus de musique. J’ai connu Frédéric en travaillant avec l’orchestre de Pau, notamment pour le spectacle que j’avais commandé à Isabelle Georges, Frederik Steenbrink, Jeff Cohen, Roland Romanelli et Fayçal Karoui pour le festival Radio France 2018.

Février 1995

Deuxième épisode de mes « carnets secrets« , je notais le 6 février 1995 :

« La semaine écoulée fut parisienne, mondaine et musicale. Tautologie !

Lundi le luxe absolu dans un écrin trop âpre. La Philharmonie de Vienne8ème de BrucknerHaitink, au TCE. J’avais le souvenir de Dohnanyi au Châtelet au printemps dernier, et d’un ennui profond, ce qui est le comble pour pareil chef-d’oeuvre, mais enfin on vit ce que certains savaient, que ce M. Dohnanyi est un piètre musicien. Tandis que Haitink ! Notre bonne critique musicale a longtemps accoutumé de le traiter par dessous la jambe. Eh bien on a vu, on a entendu. Un grand. Ce n’était pas un hasard si Pierre Boulez, rencontré à l’entrée, était venu voir son confrère, à peine plus jeune, diriger cette 8ème qu’il m’a dit vouloir enregistrer bientôt aussi avec Vienne. On se régale par avance.

Boulez d’ailleurs, c’était son tour le lendemain mardi. Bien sûr le Tout-Paris dans la salle, la chère et branlante Claude Pompidou. Sourires en tous sens, comment allez-vous ? Programme austère. Boulez s’amuse à déconcerter tous ces bons bourgeois qui lui mangent dans la main après l’avoir mis sur le saint siège de pape de la vie musicale française. Un splendide et acéré Chant du rossignol, ses Notations I-IV, extraordinaire feu d’artifice orchestral.

Mes voisins Dominique Fernandez et Ferrante Ferranti convaincus. Françoise Giroud, devant moi, bien vieille mais vaillante, applaudissant de coeur (son Journal d’une Parisienne la révèle mélomane),

En deuxième partie, l’opus 6 de Webern, somptueuse épure, et le 1er de BartokBarenboim très bien quoique pas très puissant, mais une systématique agaçante.

Escapade à Cannes le mercredi pour le MIDEM. Quelques belles minutes au soleil à Nice, le temps d’une balade près du marché aux fleurs. Le MIDEM est conforme à sa réputation, business, peu de show. Le soir concert d’hommage à Maurice André. J’enrage d’avoir donné à Hervé Corre l’idée d’inviter les meilleurs « vents » actuels et de constater ce qu’il en a fait. Un défilé de patronage, quelques notes de concertos, à peine le temps d’apprécier la chance d’avoir dans la même soirée Emmanuel PahudPaul MeyerJean-Louis Capezzali, Michel BecquetJustaffréAudin, etc.

Jeudi, l’éblouissante Natalie Dessay donne quelque intérêt à Lakmé à l’Opéra-Comique, spectacle kitsch en diable, mais elle est fabuleuse.

Anderson et Alagna dans Lucia dimanche dernier à Bastille n’étaient pas mal non plus. Donizetti est vraiment planplan, Serban a surpris mais sa mise en scène n’a rien d’idiot, au contraire !

Je redoute la soirée de mardi des Victoires de la musique classique au Palais des Congrès. Il a fallu batailler avec France 3 pour imposer à Claude Fléouter une soirée pas trop déshonorante. Avec Jacques Chancel cela devrait aller. Mais on risque un mauvais remake de tristes 7 d’Or. » (@Jean-Pierre Rousseau, 6 février 1995)

Je reprends tels quels mes écrits d’il y a trente et un ans, jamais publiés ni montrés à qui que ce soit. J’en ai retiré quelques phrases à caractère personnel, mais je dois assumer ce que j’ai dit à propos de certains – « Dohnanyi est un piètre musicien » Diantre ! –

Karajan Live

J’ai hésité avant de commander d’abord ce coffret qui couvre la période 1971-1979, puis le précédent – 1953-1969 -. Le prix fait réfléchir (puisque j’achète tous mes disques !) mais le travail éditorial et l’objet même sont remarquables.

Tout semble avoir été déjà dit, écrit sur le chef d’orchestre salzbourgeois : Karajan est né dans la ville natale de Mozart le 5 avril 1908 et mort dans sa maison d’Anif, à 8 km de Salzbourg le 16 juillet 1989. Ici même les occurrences ne manquent pas : lire Mon Karajan

Alors pourquoi revenir à Karajan et à ces captations de concert ? D’abord en raison de quelques raretés, pas toujours indispensables, mais surtout parce qu’une fois de plus le concert, le « live » révèlent l’artiste tel qu’en lui-même le studio, trop léché, trop poli – surtout à cette période-là – le corsètent.

Avant ces coffrets réalisés à l’initiative et sous le contrôle des Berliner Philharmoniker eux-mêmes, on avait déjà les documents d’archives mis au jour par Yves St.Laurent (lire La collection St Laurent : les bons plans)

CD 1 25/09/1971

>Vivaldi, sinfonia « al san sepolcro »/ Sibelius concerto violon – Christian Ferras / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 2 12/02/1972

>Mendelssohn symph 3 / Debussy prélude à l’après-midi d’un faune / Ravel Daphnis suite 2

CD 3 31/12/1972

>Bruckner symph 5

CD 4 8/09/73

>Mozart symph 41 / Tchaikovski symph 5

CD 5 17/02/74

>Schubert symph 8 / Penderecki capriccio violon – Leon Spierer / Moussorgski Les tableaux d’une exposition

CD 6 25/09/74

>Mozart concerto piano 23 – Jean-Bernard Pommier / Schoenberg Pelleas und Melisande. *

CD 7 8/12/74

>Bartok musique cordes / Dvorak symph 9

CD 8 20/05/75

>Berg suite lyrique / Bruckner symph 4

CD 9 25/09/75

>Richard Strauss Métamorphoses / Also sprach Zarathustra

CD 10 16/10/76

>Mozart symph conc vents – Karl Steins, Karl Leister, Gerd Seifert, Manfred Braun / Sibelius symph 5, Finlandia

CD 11 12/12/76

>Bruckner symph 5

CD 12 31/12/76

>Mozart symph 41 / Richard Strauss Ein Heldenleben

CD 13 25/06/77

>Wimberger Plays für 12 Solo-Violoncelli, Bläser und Schlagzeug / Berlioz symph fantastique

CD 14 25/09/77

>Thärichen Batrachomyomachia / Stravinsky Le sacre du printemps

CD 15 21/10/77

>Brahms double concerto – Thomas Brandis, Ottomar Borwitzky / Brahms symph 2

CD 16 04/01/78

>Mahler Das Lied von der Erde – Agnes Baltsa, Hermann Winkler

CD 17/01/78

>Sibelius symph 4. / Beethoven symph 7

CD 18 4/01/79

>Bach conc brandebourgeois 3 / Berg pièces op 6 / Dvorak symph 8

CD 19 27/01/79

>Webern pièces op 5 / Schumann symph 4 / Tchaikovski conc piano 1 – Mark Zeltser

CD 20 25/11/79

>Bach conc brandebourgeois 1 / Beethoven symph 3

*J’ai raconté le souvenir très particulier que j’ai gardé du concert que donnaient Karajan et ses Berliner à Lucerne, trois semaines avant ce concert, le 31 août 1974, avec au programme ce Pelleas de Schoenberg (L’été 74).

Les surprises d’un coffret

Les textes et les photos qui font une grande partie de la valeur de ce coffret – en allemand et en anglais seulement ! – dressent des portraits contrastés du chef, surtout lors de cette décennie 70 où la recherche du beau son va sembler l’emporter sur les considérations purement musicales. On sort en réalité des clichés, des postures, par le témoignage de musiciens, de preneurs de son, de collaborateurs qui n’étaient pas, n’ont jamais été de simples faire-valoir. Mais on admire ce qui a fait la légende Karajan – et que m’avait rapporté jadis l’un de ses rares « élèves », le chef allemand Günther Herbig, invité plusieurs fois à Liège – la fabrication, la construction d’une interprétation, avant même la recherche du son d’ensemble. Tous les documents – rares jusqu’à maintenant – qui montrent Karajan en répétition l’attestent.

On comparera donc avec intérêt les doublons qui figurent dans ce coffret (‘Le Sacre du printemps, la 5e de Bruckner, la 41e de Mozart), on ne s’attardera pas longtemps sur les rares « créations » – on imagine bien pourquoi Karajan dirige une oeuvre de Werner Thärichen, l’indéboulonnable timbalier et surtout délégué des musiciens des Berliner (!) – mais on relèvera un art consommé de la programmation. On a sans doute choisi les concerts les plus originaux pour ce coffret, mais on reste rêveur devant ce qui était proposé au public berlinois.

Il faut aussi relever que le système mis en place par Karajan et Berlin de contrôle absolu de tout ce qui était enregistré, produit, pour le concert et pour le disque, est encore très largement en vigueur aujourd’hui. On ne trouve quasiment pas trace sur internet, a fortiori sur YouTube, d’un « live » qui n’ait pas été formellement approuvé par la firme !

Exception avec ce Chant de la Terre, capté en janvier 1978 (cf. ci-dessus), avec Agnes Baltsa et Hermann Winkler :

Je rappelle que le fameux Grand Echiquier qui réunissait l’orchestre philharmonique de Berlin et Herbert von Karajan le 24 juin 1978 est visible ici : Grand Echiquier 1e partie et Grand Echiquier 2e partie.

Et toujours mes brèves de blog en fonction de l’actualité et de mes humeurs.

Découvertes et redécouvertes

Cette dernière quinzaine a été l’occasion, pour moi, de découvertes et de redécouvertes, dont j’ai envie de faire part ici, sans ordre précis autre que résultant des vagabondages de ma mémoire.

Markus Poschner

Comme je l’écrivais sur Bachtrack dans ma critique sur La Chauve-Souris donnée le 31 décembre à l’opéra de Vienne, « on ne connaît le chef Markus Poschner que par une récente intégrale au disque des symphonies de Bruckner « . Je l’avoue, je n’avais jamais entendu ce chef « en vrai ». Ce n’est pourtant pas un perdreau de l’année, mais c’est une fois de plus la preuve que les frontières existent toujours et encore dans le monde de la musique, comme je le dénonçais déjà il y a plus de dix ans (Frontières). Le chef allemand est certes venu diriger à deux reprises l’Orchestre philharmonique de Radio France (lire l’article de Pierre Michel sur Bachtrack), mais voilà, je ne l’avais pas repéré !

Dans cette récente captation réalisée à Stuttgart, on a un bel aperçu de l’art de Markus Poschner. D’abord une gestique, une attitude au pupitre qu’on ne peut s’empêcher de penser inspirées du grand Carlos Kleiber (comme on l’avait relevé avec Manfred Honeck dirigeant l’Orchestre national en octobre dernier), ensuite et surtout une conception anti-monumentale de Brahms, qui me séduit beaucoup.

On va donc suivre plus attentivement la carrière de ce chef !

Cornelius Meister

Quant au chef qui dirigeait Hänsel und Gretel à l’opéra de Vienne le 29 décembre (Vienne sur son 31), Cornelius Meister, c’était aussi une première pour moi de le voir et l’entendre « en vrai ». Je connaissais sa réputation de wagnérien (il a dirigé récemment à Bayreuth, à Lille), je n’ai donc pas été surpris qu’il réussisse particulièrement la partition d’Humperdinck.

Au disque, Cornelius Meister a signé deux références pour des oeuvres que j’aime particulièrement :

Humperdinck à l’orchestre

Pour la cérémonie d’adieu à ma mère le 6 janvier dernier, j’avais choisi parmi quelques autres pièces musicales, le duo du 2e acte de Hänsel und Gretel, la prière des enfants dans la version de Georg Solti.

Le même passage – la pantomime -existe en version purement orchestrale. J’ai l’embarras du choix dans ma discothèque, mais je relève que la pièce n’est plus à la mode, si j’en juge par l’âge vénérable des enregistrements.

Bruckner à Chicago

Sauf erreur de ma part, deux chefs seulement ont enregistré une intégrale des symphonies de Bruckner à Chicago : Georg Solti et son successeur Daniel Barenboïm

Je n’ai jamais été convaincu par la sorte de perfection formelle de Solti, qui était beaucoup plus intéressant dans ses premières versions gravées à Vienne (5,7,8) à la fin des années 50.

En revanche, c’est par un disque de la 4e symphonie de Barenboim/Chicago que j’ai fait mon apprentissage de Bruckner

J’ai entrepris de réécouter cette première intégrale tout juste rééditée, que la critique a l’air de redécouvrir.

Inoubliable Moffo

J’ai le sentiment que cette artiste – Anna Moffo (1932-2006) – est aujourd’hui un peu oubliée. Je reprends, les uns après les autres, les enregistrements que j’ai d’elles, et je me délecte d’une voix toujours somptueuse, d’une sensualité, d’une chaleur qui reposent sur une technique infaillible. Et je fais régulièrement comme de bons camarades, je me balade dans ma discothèque avec des envies soudaines de réécouter de plus ou moins vieilles cires…

Et dans le cas de Traviata, c’est un fameux chef de théâtre que je redécouvre, Fernando Previtali (1907-1985)

Bychkov à Paris

La surprise étant passée (la nomination surprise à l’Opéra de Paris) je revisite le legs discographique de Semyon Bychkov qui mérite plus et mieux qu’un intérêt distrait. J’avais oublié une très belle 2e symphonie de Rachmaninov, enregistrée avec l’Orchestre de Paris. Je suis d’autant plus impatient d’assister bientôt à son prochain concert à la tête de son ancienne phalange.

Et toujours humeurs et réactions dans mes brèves de blog

Des Prom’s aux Prem’s

Olivier Mantei, le patron de la Philharmonie de Paris, peut être fier de son nouveau « bébé ». Comme une réplique aux célèbres Prom’s de Londres – le festival géant qui, tout l’été jusqu’à mi-septembre, rassemble chaque soir près de 5000 spectateurs au Royal Albert Hall – ses Prem’s ont, dès le premier soir (le 2 septembre) remporté un succès phénoménal (lire sur Bachtrack : Succès total pour la première des Prem’s à la Philharmonie).

L’opération est d’autant mieux venue que ce mini-festival propose une affiche extraordinaire : le Gewandhaus de Leipzig et Andris Nelsons les 2 et 3 septembre, le 5 rien moins que le Philharmonique de Berlin et Kirill Petrenko, le 7 la Scala de Milan et Riccardo Chailly et les 10 et 11 (on y sera) l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä).

Le nouveau Nelsons

Sauf erreur de ma part, je n’avais pas revu le chef letton à Paris depuis trois ans et le concert qu’il avait dirigé, à la tête du Philharmonique de Vienne.

Je l’avais déjà repéré cet été en regardant quelques extraits vidéo, mais son entrée sur la scène de la Philharmonie mardi soir nous a tous impressionnés… par la transformation physique qui s’est opérée sur le chef. L’embonpoint du pope orthodoxe a laissé place à une sveltesse de mannequin

En 2020, lors du concert de Nouvel an à Vienne

Et cela se voit et se ressent dans la manière d’Andris Nelsons de s’investir, de faire corps avec son orchestre.

Ici en mai dernier le concert d’hommage à Chostakovitch (mort il y a 50 ans) à Leipzig :

Leipzig éternel

Je ne suis allé qu’une seule fois à Leipzig à la fin de l’année 2017. Ce n’est pas dans sa salle moderne, construite en 1981 – et dont l’intérieur rappelle furieusement la Philharmonie de Berlin – que j’ai entendu le plus vieil orchestre européen, le Gewandhaus, mais à l’opéra.

Je collectionne depuis longtemps les enregistrements de l’orchestre du Gewandhaus, en particulier tous ceux qui furent réalisés sur place par l’entreprise d’Etat est-allemande VEB Deutsche Schallplatten dans des conditions de prise de son inégalées (sous les labels Eterna ou Berlin Classics)

On recherchera évidemment des raretés comme ce disque Markevitch

Et bien sûr la cohorte des chefs principaux, directeurs musicaux qui s’y sont succédé depuis les années 50 : Konwitschny, Neumann, Masur, Blomstedt, Chailly, et tous les invités réguliers comme Kurt Sanderling

Quant à Andris Nelsons, il profite de sa double casquette Leipzig/Boston pour graver des quasi-intégrales qui ne sont pas toutes du même niveau – on est plutôt déçu par ses Bruckner.

Humeurs et réactions du jour sur mes brèves de blog : aujourd’hui j’y évoque justement l’Orchestre de Paris, des nominations (Salonen) et autres transferts…

Les raretés de l’été (IV) : les bons choeurs de Sir Roger

Roger Norrington est mort ce 18 juillet à 91 ans. J’ai déjà raconté mes souvenirs du chef anglais (Tout Roger), en particulier une émission de Disques en Lice dont il était l’invité principal il y a une trentaine d’années, à l’époque de la publication de ses symphonies de Beethoven.

Mais, comme beaucoup de ses confrères britanniques (John Eliot Gardiner par exemple), Roger Norrington a d’abord été chef de choeur, et c’est cet aspect de sa carrière et de son activité discographique que je veux saluer aujourd’hui en guise d’hommage. C’est en 1962 qu’il fonde le Schütz Choir of London avec lequel il va enregistrer pour Decca un nombre finalement important de disques, qu’on souhaiterait voir réédités !

Visites et humeurs du jour à suivre dans mes brèves de blog

Munich-Amsterdam

Mes dernières acquisitions discographiques – oui j’aime bien avoir sous la main des coffrets de CD, même si je suis abonné à Idagio qui reste pour moi le meilleur site de téléchargement classique – révèlent des proximités pas si étranges que cela entre deux grandes capitales musicales : Amsterdam et Munich.

Work in progress… ou comment ranger, arranger les rayons d’une discothèque volontairement restreinte en surface !

Mahler Live

L‘Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam recèle des trésors d’archives de concert, qui sont depuis une vingtaine d »années soigneusement éditées par l’orchestre lui-même à partir des captations réalisées par l’une ou l’autre radio publique néerlandaise (voir Un orchestre royal et pour le détail des coffrets Concertgebouw 125)

En fonction des anniversaires, ces archives sont rééditées en coffrets « dédiés » comme Beethoven (Les géants d’Amsterdam) et Bruckner (Bruckner et alors?)

C’est au tour de Mahler d’être « mis en coffret ».

Certes, dans ce coffret, il y a des enregistrements bien connus et plusieurs fois réédités, mais il y a surtout, pour les années récentes, de nouvelles archives « live ».

Das Lied von der Erde : Haitink 2006

Symphonie 1 : Chailly 1999

Symphonie 2 : Gatti 2016

Symphonie 3 : Van Beinum 1957

Symphonie 4 : Mengelberg 1939

Symphonie 5 : Chailly 1997

Symphonie 6 : Haitink 2001

Symphonie 7 : Jansons 2016

Symphonie 8 : Jansons 2011

Symphonie 9 : Haitink 2011

Symphonie 10 : Chailly 2000

Les Bavarois

Le lien le plus évident entre Amsterdam et Munich est la communauté de direction musicale entre le Concertgebouw et l’orchestre de la Radio bavaroise : Mariss Jansons (1943-2019) a été le chef du premier de 2004 à 2016, et du second de 2003 à 2019. Tout cela a été amplement documenté, on ne compte plus les doublons, voire les triplons, entre les captations réalisées aux Pays Bas ou en Bavière.

Mais il y eut bien d’autres relations musicales entre les deux villes. Bernard Haitink (1929-2021) , le légendaire patron du Concertgebouw de 1961 à 1988 fut l’un des invités les plus réguliers de l’orchestre de la radio bavaroise fondé après la guerre par Eugen Jochum. Cette relation est documentée, entre autres, par deux coffrets passionnants :

Les mélomanes les plus avertis peuvent s’amuser à comparer les différentes versions des mêmes oeuvres telles que Bernard Haitink les a données au fil des décennies, dans Mahler ou Bruckner bien sûr. Mais aussi dans cette 7e symphonie de Dvorak, que le chef hollandais avait enregistrée au tout début de sa carrière pour Philips, avant même de prendre la direction du Concertgebouw

et cette captation de concert à Munich en 1981 :

Pour l’actualité, toujours mes brèves de blog

Arrivages de printemps

Après ceux de l’automne (Arrivages), les arrivages du printemps, ou plus exactement la somme de mes courses et commandes. Au gré de mes envies, de mes découvertes.

Les bonnes affaires

Toujours suivre sur le site allemand jpc.de les bonnes affaires, les déstockages qui réservent souvent d’étonnantes surprises à prix très doux, comme ce coffret de 10 CD qui est beaucoup plus et mieux qu’une habituelle compilation de tubes et de stars (à 9,99 €)

Exemples, le tout premier enregistrement de Joan Sutherland sous la direction du compositeur Arthur Bliss

ou cet air vraiment magique de l’opéra de Goldmark, La Reine de Saba, par Nicolai Gedda

Même en France, on compare toujours les prix : la FNAC ou Gibert ne sont pas toujours la garantie du meilleur prix. Cette belle réédition des enregistrements réalisés pour Supraphon par le chef croate Lovro von Matačić (1899-1985) est à commander directement sur le site du distributeur clicmusique.com.

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Symphonie n° 3 en mi bémol majeur, op. 55 « Eroica »

Richard Wagner (1813-1883)
Suite orchestrale « Le Crépuscule des Dieux » (arr. de L. von Matacic)

Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893)
Symphonie n° 5 en mi mineur, op. 64
Symphonie n° 6 en si mineur, op. 74

Oldrich Korte (1926-2014)
Flutes Story

Anton Bruckner (1824-1896)
Symphonie n° 5 en si bémol majeur, WAB 105
Symphonie n° 7 en mi majeur, WAB 107 « Symphonie des trémolos »
Symphonie n° 9 en ré mineur, WAB 109 « Inachevée

Géza Novák, flûte
František Cech, flûtes
Czech Philharmonic Orchestra
Lovro von Matacic, direction

On ne se lasse jamais du son d’ensemble de la Philharmonie Tchèque – l’orchestre légendaire de Talich, Ancerl puis Neumann – surtout dans la « rumeur » du Rudolfinum de Prague.

Toujours chez Clicmusique, cette réédition par le label italien Urania d’une version jadis parue sous étiquette Decca du Don Giovanni de Mozart capté en 1956 à Vienne avec une équipe de légende sous la houlette d’Erich Leinsdorf : Siepi, Corena, Valletti, Leontyne Price, Birgit Nilsson, excusez du peu

Ce n’est pas ma référence, mais on ne peut être insensible au côté si vintage de cette version.

Maazel à Pigalle

Je me rappelle très bien cette émission de télévision – ce n’était pas un Grand Echiquier je pense, mais plutôt une variété signée Gilbert et Maritie Carpentier autour de Serge Lama

Quelle ne fut pas ma surprise d’y voir le grand chef – il était alors le premier chef invité de l’Orchestre national de France – Lorin Maazel débarquer avec son violon ! Et encore plus lorsque quelques mois plus tard sortira un 33 tours vraiment improbable d’arrangements signés Maazel des grandes chansons de Serge Lama… enregistré non pas à Paris, mais à Cleveland.

J’ai précieusement gardé ce disque, doutant de jamais le voir édité en CD. Il aura fallu un nouveau coffret regroupant les enregistrements réalisés pour CBS par le couple Maazel/Cleveland pour y retrouver cette étonnante rareté.

Ce Lama/Maazel est le seul inédit d’une boîte qui regroupe une intégrale des symphonies de Beethoven – assez curieusement enregistrées, comme dans une boîte à chaussures – les 4, 5, 6 de Tchaikovski, quelques Richard Strauss.

Le coin des amis

Pierre Génisson joue – très bien – Mozart (lire Leur Mozart), mais avec la complicité de Bruno Fontaine et de quelques amis choisis, il marche sur les traces d’un Benny Goodman ou d’un Michel Portal, comme j’ai pu le constater mercredi soir au Bal Blomet (brevesdeblog)

Benoît Dunoyer de Segonzac (contrebasse), Bruno Fontaine (piano), Pierre Genisson (clarinette) @JPR

Je ne suis pas sûr d’avoir évoqué l’un des derniers disques d’Eric Le Sage – pas tout à fait une nouveauté puisque paru il y a plus de deux ans ! – Retard rattrapé pour un album intemporel joliment intitulé Jardins suspendus, avec de petits trésors de musique française

Gabriel Dupont Après-midi de dimanche from Les Heures dolentes; Clair d’étoiles from La Maison dans les dunes
Jean Cras Maritime from Paysages
Lili Boulanger D’un Vieux jardin from 3 Morceaux
Reynaldo Hahn Hivernale from Le Rossignol éperdu; Valse “A l’Ombre reveuse de Chopin”
Erik Satie Gnossiennes Nos. 1-3
Jacques Ibert Matin sur l’eau
Camille Saint-Saëns Valse nonchalante in D flat major op. 110
Vincent D’Indy Lac vert from Tableaux de Voyage op. 33
Louis Vierne Impression d’Automne op. 7 No. 2
Gabriel Pierné Prélude op. 3 No. 6
Louis Aubert Nocturne op. 7 No. 2
Germaine Tailleferre Valse lente
Gustave Samazeuilh Prélude from Le Chant de la Mer
Florent Schmitt Doux et calme from Musiques intimes Livre 1 op. 16
Cecile Chaminade Souvenance from Romances sans paroles op. 76
Arthur Honegger Souvenir de Chopin
Ernest Chausson Paysage op. 38
Francis Poulenc Valse des Musiques de Soie
Jehan Alain Comme une Barcarolle from Suite facile
Deodat De Severac Valse romantique
Nadia Boulanger Vers la Vie nouvelle
Cesar Franck Prélude op. 18

Et toujours : brevesdeblog