Roger Norrington est mort ce 18 juillet à 91 ans. J’ai déjà raconté mes souvenirs du chef anglais (Tout Roger), en particulier une émission de Disques en Lice dont il était l’invité principal il y a une trentaine d’années, à l’époque de la publication de ses symphonies de Beethoven.
Mais, comme beaucoup de ses confrères britanniques (John Eliot Gardiner par exemple), Roger Norrington a d’abord été chef de choeur, et c’est cet aspect de sa carrière et de son activité discographique que je veux saluer aujourd’hui en guise d’hommage. C’est en 1962 qu’il fonde le Schütz Choir of London avec lequel il va enregistrer pour Decca un nombre finalement important de disques, qu’on souhaiterait voir réédités !
Visites et humeurs du jour à suivre dans mes brèves de blog
Comme si sa boulimie d’enregistrements d’opéra et de mélodies ne suffisait pas à le satisfaire, Dietrich Fischer-Dieskau, dont on a célébré le centenaire le 28 mai dernier (lire absolument les dossiers de Forumopera sur le sujet), a aussi exercé comme chef d’orchestre. Cet aspect de son activité n’a pas, à ma connaissance, fait l’objet de beaucoup de commentaires, ni même de rééditions discographiques. Et pourtant ce legs est loin d’être négligeable.
J’ai ressorti de ma discothèque quelques-uns des enregistrements de DFD chef d’orchestre.
D’abord un introuvable, une des plus belles versions de la 8e (l’Inachevée) et de la 5e symphonies de Schubert, où DFD dirige le New Philharmonia
Et plus récents, pour Orfeo, les magnifiques récitals lyriques qui rassemblent les deux époux : Julia Varady et Dietrich Fischer-Dieskau (lire Julia Varady 80)
Je ne résiste pas au bonheur de revoir cette « répétition » du couple sur une mélodie de Schubert :
Ne pas louper non plus ces deux disques – il doit y avoir d’autres archives ? – qui réunissent un tout jeune pianiste à l’époque, l’Ukrainien Konstantin Lifschitz, et le vieux maître au pupitre
Au moment de boucler ce paragraphe, je tombe sur ceci, dont j’ignorais même l’existence : DFD dirigeant l’orchestre philharmonique tchèque en 1976 !
Je doute que ce disque ait été réédité en CD, mais si c’est le cas, je suis preneur d’information complémentaire
Le chanteur de l’Est
Dix ans plus jeune que Fischer-Dieskau, il a très souvent fait partie des mêmes équipes d’enregistrement d’opéra, Peter Schreier (1935-2019) revient dans ma discothèque avec un coffret très bon marché (acheté sur jpc.de) délicieusement vintage.
S’il y a bien un mot qui ne se dit qu’en allemand pour les germanophones, c’est bien celui de Schlager, qu’on peut essayer de traduire par « tube« . On n’imagine pas, quand on n’a pas vécu même pendant des vacances, dans la sphère germanique, le succès phénoménal de groupes et de chanteurs de variétés, dont les noms nous sont totalement inconnus, et qui encore aujourd’hui réjouissent le public allemand
On admirera la couverture « d’époque » de l’un des CD de ce coffret Schreier, où l’on retrouve la soprano d’origine hongroise Sylvia Geszty (1934-2018)
Pour ce tube de la chanson napolitaine, on aurait pu avoir quelque chose de moins chargé côté orchestration (!!), et une voix à la couleur plus italienne, mais il y a quand même du soleil dans la voix de Peter Schreier
Dans cette video, le chanteur explique finalement qu’il se prête à des émissions de variété pour toucher des publics qu’il n’atteindrait pas à l’opéra ou en récital. Et c’est bien aussi et surtout cela qu’il faut retenir de ce grand interprète.
Le maître remasterisé
Carlo-Maria Giulini (1914-2005) a été dûment célébré par ses maisons de disques à l’occasion de son centenaire en 2014 (lire Giulini la classe et Vieux sages). Tout ce qu’il avait fait chez EMI avait déjà été rééédité en quelques coffrets, sauf les opéras. Vingt ans après sa mort, Warner publie cette fois un coffret qui comprend tous les enregistrements du chef italien pour les labels EMI/HMV/Columbia/Electrola. Et pour que nul ne l’ignore insiste en gros et gras sur le coffret : c’est Giulini remastered !
Je viens de recevoir ce coffret commandé il y a plusieurs semaines. Je n’ai pas encore remarqué de progrès spectaculaire par rapport aux précédentes éditions, mais j’aurai peut-être des surprises !
Excellent livret dû à la plume experte et toujours informée de Remy Louis, beaux documents photographiques.
L’éditeur présente comme un inédit le concerto pour piano n°3 de Beethoven avec le pianiste Hans Richter-Haaser, Il est vrai que celui-ci ne figurait pas dans le précédent coffret thématique Giulini Concertos mais EMI l’avait déjà publié dans un indispensable coffret consacré au grand pianiste allemand (lire L’autre Richter du piano). Et à l’inverse l’enregistrement légendaire du 1er concerto pour violon de Prokofiev avec Nathan Milstein qui s’y trouvait a disparu sans explication du nouveau coffret ! Dommage…
Il est rare d’enchaîner deux soirées qu’on avait quelques craintes d’aborder – pour des raisons très différentes – et qui finalement vous comblent.
La Maréchale de Véronique Gens
Celle qui a si souvent chanté les tragédiennes baroques, des rôles rares dans des ouvrages méconnus – Véronique Gens était une invitée régulière du Festival Radio France à Montpellier – rêvait d’incarner la Maréchale du Chevalier à la rose de Richard Strauss. Michel Franck, pour sa dernière production comme directeur du théâtre des Champs-Elysées, lui a offert ce rôle, où elle nous a émus et éblouis tout à la fois.
Le Chevalier à la rose n’est pas l’opéra que je regarde ou écoute le plus souvent, sauf par extraits. Je n’ai pas beaucoup changé de références au fil des ans.
Les deux DVD dirigés par Carlos Kleiber, dans la mise en scène archi-traditionnelle d’Otto Schenk, avec deux distributions d’exception et surtout, évidemment, la plus belle direction d’orchestre qui soit
Souvenir inoubliable des représentations données au Châtelet avec l’impériale maréchale de Felicity Lott dirigée par Armin Jordan en septembre 1993 (je venais d’arriver à la direction de France Musique.
Au disque, tout aussi impérissable, le miracle Karajan-Schwarzkopf-Ludwig-Stich Randall
Blomstedt pour l’éternité
Jeudi soir je redoutais un peu d’être le spectateur d’un vieillard jadis admiré, mais qu’on vient observer comme une curiosité, Herbert Blomstedt, 98 ans dans quelques jours ! Certes l’entrée et la sortie de scène deviennent très difficiles, mais une fois installé sur son banc de pianiste, le vieux chef suédois fait des miracles avec un Orchestre de Paris en état de grâce (voir Bachtrack: Herbert Blomstedt et l’Orchestre de Paris pour l’éternité).
Deux symphonies au programme : la Première de Brahms et en première partie la 2e symphonie de Berwald (1842). A ma connaissance, Blomstedt n’a gravé que les 1ere et 4eme symphonies à San Francisco. Les intégrales symphoniques de Berwald se limitent à quelques versions, avec une préférence pour Ulf Björlin et le Royal Philharmonic
C’est de la musique joliment troussée, qui se laisse écouter.
La Première de Brahms c’est évidemment autre chose, et les grandes versions au disque sont légion. Relire ce que j’écrivais ici à propos de l’un des plus beaux thèmes de toute la symphonie, chanté au cor dans le dernier mouvement : Le son du cor au fond de Brahms.
Il faut évidemment écouter Blomstedt dans une oeuvre dont il connaît tous les secrets
Une expo à voir et entendre
Passant par hasard devant l’hôtel de Soubise, dans le Marais à Paris – c’est le siège et le musée des Archives nationales – j’y ai découvert une belle exposition sur le thème Musique et République(voir mes brèves de blog).
Beaucoup de documents qu’on a rarement l’occasion de voir et de lire. Iconographie et muséographie de premier plan. C’est gratuit et on se précipite
J’ai souvent cité la collection Eloquence – dont le critique français, installé au Québec, Christophe Huss a parfaitement raconté l’histoire (lire Vingt-cinq années d’Eloquence) – et l’excellence des choix éditoriaux de son responsable Cyrus Meher-Homji. Mais les prix de ces coffrets sont exorbitants, et il faut naviguer entre les différents sites et pays pour les trouver plus raisonnables.
Coup sur coup, ce sont trois chefs d’orchestre qui sont honorés, et c’est une bonne chose que de retrouver quelques enregistrements mémorables.
Walter le Viennois
J’ai déjà écrit un article sur Walter Weller (1939-2015) au moment de son décès, et rappelé les grands disques qu’il a laissés comme chef d’orchestre.(lire Wiener Walter). Ce coffret de 20 CD rassemble tous ses enregistrements pour Decca
CD 1 BARTÓK Rhapsody Sz.27; Piano Concerto No. 1 Pascal Rogé; London Symphony Orchestra
CD 2 BARTÓK Piano Concertos Nos. 2 & 3 Pascal Rogé; London Symphony Orchestra
CD 3 BRAHMS 21 Hungarian Dances Royal Philharmonic Orchestra
CD 4 DUKAS L’Apprenti sorcier; Symphony in C major London Philharmonic Orchestra
CD 5 GRIEG Peer Gynt Royal Philharmonic Orchestra SMETANA Haakon Jarl Israel Philharmonic Orchestra
CD 9 PROKOFIEV Symphonies Nos. 1 & 7 London Symphony Orchestra
CD 10 PROKOFIEV Symphony No. 2; The Love for Three Oranges Suite London Philharmonic Orchestra
CD 11 PROKOFIEV Symphony No. 3; Scythian Suite London Philharmonic Orchestra
CD 12 PROKOFIEV Symphony No. 4; Russian Overture London Philharmonic Orchestra
CD 13 PROKOFIEV Symphony No. 5 London Symphony Orchestra
CD 14 PROKOFIEV Symphony No. 6 London Philharmonic Orchestra
CD 15 RACHMANINOFF Symphony No. 1 Orchestre de la Suisse Romande
CD 16 RACHMANINOFF Symphony No. 2 London Philharmonic Orchestra
CD 17 RACHMANINOFF Symphony No. 3; The Rock London Philharmonic Orchestra
CD 18 SHOSTAKOVICH Symphonies Nos. 1 & 9 Orchestre de la Suisse Romande
CD 19 SMETANA Má vlast Israel Philharmonic Orchestra
CD 20 Prima Donna in Vienna Pilar Lorengar; Wiener Opernorchester
Ne pas oublier le formidable Quatuor Weller, interprète particulièrement inspiré des Viennois
Frühbeck l’Espagnol
Ses parents étaient allemands, mais comme il est né à Burgos, il a tôt fait d’hispaniser son patronyme : Rafael Frühbeck de Burgos (1933-2014) est l’un de ces chefs d’orchestre qu’on voit souvent comme accompagnateur sur les pochettes de disques, et de préférence pour la musique espagnole. Image évidemment réductrice, que n’a pas eu à subir Walter Weller !
Ce coffret de 11 CD permet d’élargir notre connaissance de l’art du chef espagnol, avec plusieurs inédits en CD.
CD 1 MENDELSSOHN A Midsummer Night’s Dream: Overture, Op. 21 & Incidental Music, Op. 61 Hanneke van Bork; Alfreda Hodgson Ambrosian Singers; New Philharmonia Orchestra FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 2 MENDELSSOHN A Midsummer Night’s Dream Overture, Op. 21 SCHUMANN Symphony No. 3 ‘Rhenish’ London Symphony Orchestra FIRST RELEASE ON CD
CD 3 MENDELSSOHN Violin Concerto in E minor BRUCH Violin Concerto No. 1 Ion Voicu; London Symphony Orchestra
CD 4 FALLA El amor brujo GRANADOS Intermezzo (Goyescas) RAVEL Pavane pour une infante défunte; Alborada del gracioso Nati Mistral; New Philharmonia Orchestra
CD 5 ALBÉNIZ (orch. Frühbeck de Burgos) Suite española No. 1; Cordoba New Philharmonia Orchestra
CD 6 KHACHATURIAN Piano Concerto FRANCK Variations symphoniques FAURÉ Fantaisie for Piano and Orchestra Alicia de Larrocha; London Philharmonic Orchestra
CD 7 MONTSALVATGE Concerto breve SURIÑACH Piano Concerto Alicia de Larrocha; Royal Philharmonic Orchestra
CD 8 FALLA Noches en los jardines de España ALBÉNIZ Rapsodia española TURINA Rapsodia sinfonica Alicia de Larrocha; London Philharmonic Orchestra
CD 9 RODRIGO Fantasía para un gentilhombre OHANA Tres gráficos Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España FIRST RELEASE ON CD
CD 10 BACARISSE Guitar Concertino TORROBA Homenaje a la Seguidilla Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España FIRST RELEASE ON CD
CD 11 OHANA Tres gráficos RUIZ-PIPO Tablas Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España
J’avais acquis une intégrale des symphonies de Beethoven captée au Danemark, le chef étant déjà marqué par la maladie, mais délivrant une interprétation tout à fait remarquable
J’ai aussi une série de CD « live » captés avec l’orchestre philharmonique de Dresde, avec Bruckner, Richard Strauss… et rien d’espagnol !
Mais on écoute et réécoute souvent par exemple la suite d’orchestre qu’il a tirée d’Iberia d’Albeniz
et de précieux disques d’extraits de zarzuelas… qu’on ne trouve qu’en Espagne !
Atherton : Londres-Vienne
C’est un disque que j’ai de toute éternité dans ma discothèque
avec une oeuvre que je m’amusais toujours à diffuser pour piéger mes amis et/ou mes auditeurs
Cette pochade de Schoenberg – La brigade de fer -écrite au milieu de la Première guerre mondiale – révèle un aspect nettement moins sérieux et austère d’un compositeur qui continue à effrayer certains publics.
Mais jusqu’à la parution de ce nouveau coffret, je dois bien avouer que, en dehors des Schoenberg, j’ignorais la plupart des enregistrements réalisés par David Atherton et le London Sinfonietta
CD 1 MOZART Serenade K. 361 ‘Gran Partita’ FIRST RELEASE ON CD
CD 2 MOZART Serenades K. 375 & 388 Antony Pay FIRST RELEASE ON CD
CD 3 SPOHR Clarinet Concertos Nos. 1 & 2 Antony Pay FIRST RELEASE ON CD
CD 4 SCHUBERT Mass No. 4 Wind Octet D.72* Eine kleine Trauermusik Gesang der Geister über den Wassern Phyllis Bryn-Julson; Jan DeGaetani Anthony Rolfe Johnson; Malcolm King London Sinfonietta Chorus *FIRST RELEASE ON CD
CD 5 SCHOENBERG Verklärte Nacht* Serenade Op. 24 John Shirley-Quirk *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 6 SCHOENBERG Chamber Symphony No. 1* Pierrot Lunaire Ein Stelldichein* Herzgewächse* Three Pieces for Chamber Orchestra* Nachtwandler (Brettl-Lieder)* Mary Thomas; June Barton
CD 7 SCHOENBERG Wind Quintet Der Wunsch des Liebhabers* Der neue Klassizimus* Lied der Waldtaube (Gurrelieder)* Die eiserne Brigade Weihnachtsmusik* Anna Reynolds London Sinfonietta Chorus *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 8 SCHOENBERG Suite Op. 29 Ode to Napoleon Buonaparte Phantasy for Violin and Piano* Gerald English Nona Liddell; John Constable *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 9 STRAVINSKY Agon* BERG Chamber Concerto György Pauk; Paul Crossley *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 10 GERHARD Libra; Gemini; Leo FIRST RELEASE ON CD
CDs 11–12 WEILL Kleine Dreigroschenmusik Mahagonny Songspiel; Violin Concerto Happy End; Das Berliner Requiem Pantomime I; Vom Tod im Wald Mary Thomas; Meriel Dickinson Philip Langridge; Ian Partridge Benjamin Luxon; Michael Rippon Nona Liddell
CD 13 LIGETI Melodien for Orchestra Double Concerto Chamber Concerto Aurèle Nicolet; Heinz Holliger
C’est vraiment avec ce genre de publications que la collection Eloquence prouve son utilité. Grâce en soit rendue à Cyrus Meher-Homji !
C’est la triste loi des carrières fulgurantes et des jeunesses trop vite enfuies. On les adule, on les encense et on les oublie. Tout surpris de découvrir que ces artistes sont toujours vivants et en activité, même si les studios se sont depuis longtemps détournés d’eux.
Les années Béroff
J’ai d’abord été surpris de voir annoncé ce coffret, encore plus pour célébrer les 75 ans de Michel Béroff. Je l’ai commandé, reçu, et décortiqué avec un plaisir teinté de nostalgie.
Il y a donc si longtemps que j’ai passé mon diplôme de piano de mon petit Conservatoire (aujourd’hui « de région ») à Poitiers… 1973 je crois ? Le jury était présidé par… Michel Béroff (23 ans à l’époque !), avec comme acolytes Jean-Bernard Pommier et André Gorog. Au programme, il y avait, entre autres, la fantaisie en do mineur K. 475 de Mozart. J’attendais, comme les autres, le résultat des délibérations de ce prestigieux jury, lorsque le directeur du Conservatoire vint me chercher, parce que le jury voulait me voir…. Qu’avais-je donc fait ? Les trois pianistes me demandèrent de me remettre au piano, et de leur rejouer le début de la fantaisie de Mozart, parce que, me disaient-ils, ils voulaient savoir comment je faisais le début en liant les notes sans mettre de pédale. Or j’avais joué cela intuitivement, sans me poser de questions…Etrange inversion des rôles.
Je n’ai plus jamais revu Michel Béroff, même pas en concert, et ces dernières années quelquefois dans la foule d’un concert.
Mais Michel Béroff est depuis longtemps présent dans ma discothèque, pour ses concertos de Prokofiev et de Liszt avec Kurt Masur
Ce coffret (ici le détail des 42 CD) est une aubaine pour redécouvrir un talent singulier (il faut lire le portrait touchant que Jean-Charles Hoffelé dresse du pianiste français (Les années heureuses). Même si les prises de son réalisées à la salle Wagram dans les années 70 par EMI France sont loin d’être idéales.
Je ne connaissais pas plusieurs des enregistrements présents dans ce coffret, notamment un formidable disque Moussorgski qui outre Les Tableaux d’une exposition comporte nombre de pièces pour piano qui méritent d’être connues et écoutées
Le grand De Groote
J’ai profité d’une offre spéciale sur le site anglais Prestomusic.com pour acquérir un coffret de 10 CD :
Un pianiste belge, 85 ans, dont je dois avouer que je connaissais juste le nom, mais que je n’ai jamais entendu en concert ni a fortiori invité lorsque j’étais en poste à Liège. J’invite à lire le remarquable portrait qu’en faisait Jean Lacroix, dans le magazine Crescendo, à l’occasion de ses 80 ans et de la parution de deux coffrets dont celui que j’ai acheté.
Il n’est jamais trop tard pour découvrir un grand musicien. Surtout dans des répertoires où il a peu de concurrence, comme dans l’oeuvre de ses compatriotes Frédéric Van Rossum, disparu le 24 février dernier, ou Frédéric Devreese (1929-2020)
Il y a plus d’un trésor dans ce coffret. A découvrir absolument !
Et toujours le petit frère de ce blog : brevesdeblog
Un an et demi après un premier gros coffret (Les années Ormandy) dévolu aux années « stéréo » du couple Ormandy/Philadelphie, voici le suivant et dernier pour le legs Columbia (un autre suivra pour les publications sous étiquette RCA)
Je renvoie à mon premier article et à tout ce que je peux répéter sur ce grand chef (de petite taille !) Eugene Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie dont il fut l’incarnation durant près d’un demi-siècle.
Je n’ai jamais compris l’espèce de condescendance avec laquelle une grande partie de la critique européenne regardait ce chef, qui n’aurait été préoccupé de que de beau son, de brillance orchestrale. Il est vrai que la remastérisation est spectaculaire et nous restitue le son de cet orchestre avec une définition, une précision, un espace qu’on ne connaissait pas.
Ce nouveau coffret (94 CD plus un livre cartonné trilingue) réunit les enregistrements stéréo pour Columbia des années 1964 à 1983 (en fait on parle des années de parution : de 1964 à 1968 avec un disque plus tardif en 1983 avec Yo Yo Ma) Un grand nombre d’entre eux apparaissent pour la première fois en CD, comme la Passion selon saint Jean de Bach, les Métamorphoses symphoniques de Hindemith, la Sixième symphonie de Schubert, le Concerto pour cordes de Ginastera ou la musique de ballet du « Cid » de Massenet et le Divertimento de Bartók. On retrouve bien sûr des enregistrements connus et légendaires comme les « Tableaux d’une exposition », les Première et Troisième symphonies de Rachmaninov, la Cinquième de Chostakovitch, la Dixième complétée de Mahler, ou la « Symphonie du Nouveau Monde » (exceptionnellement avec le London Symphony Orchestra), mais aussi les Quatrième et Cinquième symphonies de Bruckner. Et deux intégrales des symphonies de Beethoven et Brahms, injustement négligées par la critique, et qui méritent vraiment une écoute attentive.. et passionnante.
Isaac Stern, Rudolf Serkin, Eugene Istomin, Emil Gilels, Gary Graffman, Philippe Entremont, Leonard Rose et Yo Yo Ma sont les solistes qu’Ormandy entoure toujours du fameux Philadelphia Sound. A quoi s »ajoutent deux CD qui mettent en lumière les solistes de l’orchestre.
Alors Ormandy dans le répertoire classique ? Qu’on prenne au moins la peine d »‘écouter…
Cette 8e symphonie de Beethoven avec les Wiener Philharmoniker en 1963 :
Comme « accompagnateur » Eugene Ormandy savait, lui, comment ouvrir le 1er concerto de Chopin – quelle leçon cette longue introduction sur laquelle tant de chefs achoppent ! :
Alors, bien sûr, on aime aussi – et depuis longtemps – Ormandy et Philadelphie pour tous ces arrangements, ces pièces de genre, qu’ils jouent comme personne
Dans cet extrait trouvé sur YouTube, ne pas s’attacher à la restitution sonore – manifestement il s’agit ici d’un repiquage de 33 tours –
Les plus avisés relèveront que dans les équipes vocales qu’Ormandy invitait pour les oeuvres chorales, il y avait presque toujours la sublime Maureen Forrester (1930-2010). Clin d’oeil à Thomas Deschamps et aux amis de Classica qui nous offrent avec leur dernier numéro (lire La messe est dite) un formidable inédit :
DISC 1: Bach, J.S.: Oster-Oratorium, BWV 249 (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, Herbert Beattle)
DISC 2: Prokofiev: Symphony No. 1 in D Major, Op. 25 « Classical » Prokofiev: Lieutenant Kijé Suite, Op. 60 Prokofiev: The Love for Three Oranges (suite), Op. 33bis
DISC 3: Strauss, R.: Also sprach Zarathustra, Op. 30
DISC 4: Offenbach: Gaîté Parisienne Bizet: L’Arlésienne Suite No. 1 Bizet: L’Arlésienne Suite No. 2
DISC 5: Hindemith: Mathis der Maler Symphony Hindemith: Symphonic Metamorphosis of Themes by Carl Maria von Weber
DISC 6: Tchaikovsky: The Nutcracker, Op. 71, TH 14 (Extracts) Tchaikovsky: Romeo and Juliet Overture-Fantasy, TH 42 (1880 Version)
DISC 7: Bartók: Concerto for Orchestra, Sz. 116
DISC 8: Mendelssohn: Symphony No. 4 in A Major, Op. 90 « Italian » Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream, incidental music, Op. 61
DISC 9: Ravel: Piano Concerto in G Major, M. 83 Falla: Noches en los Jardines de España, IMF 8 (Philippe Entremont)
DISC 10: Prokofiev: Violin Concerto No. 1 in D Major, Op. 19 Prokofiev: Violin Concerto No. 2 in G Minor, Op. 63 (Isaac Stern)
DISC 11: Traditional: O Tannenbaum Traditional: It Came Upon the Midnight Clear Simeone: Little Drummer Boy Niles: I Wonder as I Wander Handel: Messiah, HWV 56: For unto us a Child is bor Traditional: Here We Go A-Caroling Traditional: Good King Wenceslas Traditional: Away in a Manger Traditional: Jingle Bells Traditional: We Three Kings of Orient Are Handel: Messiah, HWV 56: Hallelujah Chorus Traditional: We Wish You a Merry Christmas Pergolesi: Glory to God in the Highest Franck: Psalm 150 in D Major, FWV 69 Robertson: How Beautiful Upon the Mountain Schubert: Psalm 23, D. 706 Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85: Hallelujah (Mormón Tabernacle Choir)
DISC 12/13: Verdi: Messa da Requiem (Lucine Amara, Maureen Forrester, Richard Tucker, George London)
DISC 14: Strauss, R.: Der Rosenkavalier Suite, TrV 227d Strauss, R.: Till Eulenspiegels lustige Streiche, Op. 28 Strauss, R.: Salome, Op. 54, TrV 215: Dance of the Seven Veils
DISC 15: Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in E Major, MWV O 5 Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in A-Flat Major, MWV O 6 (Arthur Gold, Robert Fizdale)
DISC 16: Copland: Fanfare for the Common Man Copland: Lincoln Portrait Ives: 3 Places in New England (Orchestral Set No. 1) Ives: Symphony No. 1 in D Minor
DISC 17: Schumann: Piano Concerto in A Minor, Op. 54 Schumann: Introduction & Allegro appassionato, Op. 92 « Konzertstück » (Rudolf Serkin)
DISC 18: Ravel: Rapsodie espagnole, M. 54 Debussy (orch. Ravel): Danse, L. 69 « Tarantelle styrienne » Debussy: Nocturnes, L. 91 Debussy (arr. William Smith): Rêverie, L. 68 Debussy (orch. Smith): 2 Arabesques, L. 66: 1. Andantino con moto Debussy (orch. Smith): Préludes, Livre 1, L. 117: 8. La fille aux cheveux de lin Debussy (orch. Büsser): Petite Suite, L. 65: 1. En bateau
DISC 19: Wagner: Tannhäuser, WWV 70, Act II: Festmarsch Wagner: Lohengrin, WWV 75: Prelude to Act III Wagner: Die Walküre, WWV 86b, Act III: Magic Fire Music Wagner: Die Walküre, WWV 86b Act III: The Ride of the Valkyries Wagner: Tannhäuser, WWV 70: Overture Wagner: Tristan und Isolde, WWV 90: Prelude & Liebestod Wagner: Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96, Act I: Prelude
DISC 20: Chopin: Piano Concerto No. 1 in E Minor, Op. 11 (Emil Gilels)
DISC 21: Dvorák: Cello Concerto in B Minor, Op. 104, B. 191 Tchaikovsky: Variations on a Rococo Theme, Op. 33 (Leonard Rose)
DISC 22: Brahms: Concerto No. 2 for Piano and Orchestra in B-Flat Major, Op. 83 (Eugene Istomin)
DISC 23: Brahms: Double Concerto for Violin and Cello in A Minor, Op. 102 (Isaac Stern, Leonard Rose) Beethoven: Triple Concerto for Violin, Cello & Piano in C Major, Op. 56 (Eugene Istomin, Isaac Stern, Leonard Rose)
DISC 24: Mozart: Symphony No. 30 in D Major, K. 202 Mozart: Symphony No. 31 in D Major, K. 297 « Paris »
DISC 25: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 Beethoven: Piano Concerto No. 1 in C Major, Op. 15 (Rudolf Serkin)
DISC 26: Stravinsky: Petroushka
Kodály: Háry János Suite
Stravinsky: The Firebird Suite (1919 Version)
DISC 27: Foster (arr. Harris): Camptown Races Traditional (arr. Harris): When Johnny Comes Marching Home Traditional (arr. Harris): Sailor’s Hornpipe Paderewski (arr. Harris): Minuet in G Major Op. 14, No. 1 Rameau (arr. Harris): The Hen Benjamin (arr. Harris): Jamaican Rumba Debussy: General Lavine Harris: March of the Mandarins Traditional (arr. Harris): Londonderry Air Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Grieg (arr. Harris): March of the Dwarfs (Arranged by Arthur Harris) Rimsky-Korsakov: Procession of the Nobles from « Mlada » Suite Halvorsen: March of the Boyars Chabrier: Joyeuse Marche for Orchestra Saint-Saëns: Suite algérienne, Op. 60: IV. Marche militaire française Mendelssohn: War March of the Priests from « Athalie, Op. 74 » Rimsky-Korsakov: Farewell of the Tsar from « Tsar Saltan Suite, Op. 57 » Ippolitov-Ivanov: Caucasian Sketches Suite, Op. 10: Procession of the Sardar
DISC 28: Guthrie (arr. Cormier): This Land is Your Land arr. Hunter: Down in the Valley arr. De Cormier: She’ll be coming round the mountain Foster (arr. Robertson): Beautiful Dreamer arr. De Cormier: Sweet Betsy from Pike Gould: Spirituals for Orchestra: Gospel Train – Old Time Religion arr. De Cormier: When I First Came to This Land arr. De Cormier: Shenandoah (or, Across the Wide Missouri) arr. De Cormier: Home on The Range arr. De Cormier: He’s Got the Whole World in His Hands arr. Harris: I Wonder as I Wander Foster (arr. Shaw): Oh, Susanna Traditional: Deep River
DISC 29: Tchaikovsky: Piano Concerto No. 2 in G Major, Op. 44 Tchaikovsky: Piano Concerto No. 3 in E-Flat Major, Op. 75 (Gary Graffman)
DISC 30: Tchaikovsky: Symphony No 4 in F Minor, Op. 36 Tchaikovsky (arr. Harris): None but the Lonely Heart, Op. 6, No. 6 Tchaikovsky (arr. Gould): The Seasons, Op. 37a: No. 6, June. Barcarolle
DISC 31: Saint-Saens: Piano Concerto No. 2 in G Minor, Op. 22 Saint-Saens: Piano Concerto No. 4 in C Minor, Op. 44 (Philippe Entremont)
DISC 32: Berlioz: Grande messe des morts, H 75 (Cesare Valletti)
DISC 33: Mozart: Concerto No. 1 in D Major for Horn and Orchestra, K. 412 Mozart: Concerto No. 2 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 417 Mozart: Concerto No. 3 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 447 Mozart: Concerto No. 4 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 495 (Mason Jones)
DISC 35: Sarasate: Introduction and Tarantelle for Violin and Orchestra, Op. 43 Cooley: Aria and Dance for Viola and Orchestra Fauré: Élégie for Cello and Orchestra, Op. 24 Vanhal: Concerto in E Major for Bass and Orchestra Riisager: Concertino for Trumpet and Orchestra, Op. 29 Saint-Saëns: Morceau de concert, Op. 94 Guilmant: Morceau Symphonique for Trombone and Orchestra, Op. 88
DISC 36: Mahler: Symphony No. 10 in F-Sharp Minor (1976 Version)
DISC 37: Haydn: Symphony No. 96 in D Major, Hob. I:96, « Miracle » Haydn: Symphony No. 101 in D Major, Hob. I:101 « Clock »
DISC 38: Rodrigo: Concierto de Aranjuez Castelnuovo-Tedesco: Concerto in D Major for Guitar and Orchestra, Op. 99 (John Williams)
DISC 39: Beethoven: Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, Op. 19 Mozart: Piano Concerto No. 27 in B-Flat Major, K. 595 (Rudolf Serkin)
DISC 40: Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85 (Christ on the Mount of Olives) (Judith Raskin, Richard Lewis, Herbert Beattle) Bruckner: Te Deum (Maria Stader, Helen Vanni, Stanley Kolk, Donald Gramm)
DISC 41: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 2. Tarentella « La Danza » Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 4. Danse Cosaque. Allegretto marcato Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 5. Can-Can. Allegretto grottesco « Petite Caprice Style Offenbach » Ponchielli: La gioconda, Op. 9, Act III: Dance of the Hours Brahms: Hungarian Dance No. 5 in F-Sharp Minor Falla: El amor brujo: 8. Ritual Fire Dance Smetana: The Bartered Bride: Dance of the Comedians Rossini: Dance for Six from William Tell Weinberger: Polka from « Schwanda » Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Polonaise Brahms: Hungarian Dance No. 6 in D Flat Major3:22
DISC 42: Dvorák: Violin Concerto in A Minor, Op. 53 Dvorák: Romance in F Minor, Op. 11, B. 39 Sibelius: Violin Concerto in D Minor, Op. 47 (Isaac Stern)
DISC 43: Beethoven: Symphony No. 1 in C Major, Op. 21 Beethoven: Symphony No. 2 in D Major, Op. 36
DISC 50: Tchaikovsky: Italian Capriccio, Op. 45, TH 47 Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Waltz Rimsky-Korsakov: Capriccio espagnol, Op. 34 Rimsky-Korsakov: Le Coq d’or – IV. Bridal Procession and Lamentable Death of Tsar Dodon
DISC 51: Mahler: Das Lied von der Erde (Lili Chookasian, Richard Lewis)
DISC 52: Nielsen: Symphony No. 1 in G Minor, Op. 7 Nielsen: Helios Overture, Op. 17 Nielsen: Pan and Syrinx, Op. 49 Nielsen: Rhapsodisk ouverture, CNW 39 « An Imaginary Journey to the Faroe Islands »
DISC 53: Marcello: Concerto in C Minor for Oboe and Orchestra Weber: Hungarian Fantasy for Bassoon and Orchestra Debussy: Danse sacrée et danse profane, L. 103 Creston: Concertino for Marimba and Orchestra, Op. 21 Bloch: Suite Modale for Flute and Orchestra Debussy: Rhapsody No. 1 for Clarinet and Orchestra, L.116 Liszt: Fantasie über ungarische Volksmelodien, S. 123
DISC 54: Rachmaninoff: Symphony No. 1 in D Minor, Op. 13
DISC 55: Lalo: Symphonie espagnole, Op. 21 Bruch: Violin Concerto No. 1 in G Minor, Op. 26 (Isaac Stern)
DISC 56: Gershwin: Piano Concerto in F Major Gershwin: Rhapsody in Blue (Philippe Entremont)
DISC 57: Orff: Catulli Carmina (Judith Blegen, Richard Kness) Mussorgsky (orch. Ravel): Pictures at an Exhibition, IMM 50
DISC 58: Kodály: Concerto for Orchestra Kodály: Dances of Galanta Kodály: Dances of Marosszék
DISC 59: Berg: Lulu Suite Schoenberg: Theme and Variations, Op. 43B Webern: Im Sommerwind Webern: Three Pieces for Orchestra, Posth.
DISC 61: Bizet: Les Voici from « Carmen » Mascagni: The Lord Now Victorious from « Cavalleria Rusticana » Gounod: Soldiers’ Chorus from « Faust » Wagner: Hail, Bright Abode from « Tannhäuser » Puccini: Humming Chorus from « Madama Butterfly » Verdi: Il Trovatore, Act II: Anvil Chorus Wagner: Pilgrims’ Chorus from « Tannhäuser » Leoncavallo: Bell Chorus from « I Pagliacci » Wagner: Bridal Chorus from « Lohengrin » Weber: Huntsmen’s Chorus from « Der Freischütz » Verdi: Grand March from « Aida »
DISC 62: Rachmaninoff: Symphony No. 3 in A Minor, Op. 44 Rachmaninoff: Vocalise, Op. 34, No. 14
DISC 63: Dinicu (arr. Heifetz): Hora Staccato Dvorák: Humoresque Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Tchaikovsky (arr. Frost): String Quartet No. 1 in D Major, Op. 11: II. Andante cantabile Strauss, Johann II and Josef: Pizzicato-Polka Bach, J.S. (arr. Kresiler/Smith): Preludium in E Major Paganini (orch. Ormandy): Moto Perpetuo Granados (arr. Harris): Andaluza, Op. 37, No. 5 Schubert, François (arr. Harris): The Bee Brahms: Hungarian Dance No. 5 Novacek: Perpetual Motion Kreisler (arr. Leidzen): Liebesfreud (Love’s Joy)
DISC 64: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 (Eugene Istomin)
DISC 65: Respighi: Vetrate di chiesa Respighi: Gli uccelli
DISC 66: Gershwin: An American in Paris Gershwin: Porgy and Bess: A Symphonic Picture (Arr. for Orchestra by Robert Russel Bennett) Grofé: Grand Canyon Suite
DISC 67: Schubert: Symphony No. 9 in C Major, D. 944 « The Great »
DISC 68: Handel: Awake the Trumpet’s Lofty Sound from Samson Handel: Judas Maccabaeus, HWV 63: See, the Conqu’ring Hero Comes! Handel: Sing Unto God from Judas Maccabaeus Handel: Messiah, HWV 56 Handel: Let Their Celestial Concerts All Unite from Samson Handel: Welcome, Welcome Mighty King from Saul Handel: David, His Ten Thousands Slew from Saul Handel: Zadok the Priest – Coronation Anthem Handel: Hallelujah Chorus from Messiah, HWV 56 Handel: Holy Art Thou (Largo from « Xerxes ») Handel: How Excellent Thy Name from « Saul » Handel: Hallelujah, Amen from Judas Maccabaeus Handel: But as for his people from Israel in Egypt Handel: Sing Ye to the Lord from Isreal in Egypt
DISC 69: Shostakovich: Symphony No. 5 in D Minor, Op. 47
DISC 70: Bach, J.S.: Jesu, Joy Of Man’s Desiring (From « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » Bach, J.S.: « What Tho’ the World Be Full of Sin » from Cantata No. 80 Bach, J.S.: A Mighty Fortress is Our God from Cantata No. 80, BWV 80 Bach, J.S.: « Ah, Dearest Jesus » from « The Christmas Oratorio », BWV 245 Bach, J.S.: « Sleepers Awake » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « Zion Hears the Watchmen’s Voices » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « My Soul Doth Magnify the Lord » from Magnificat, BWV 243 Bach, J.S. (arr. Walton/Katherine Davis): Sheep May Safely Graze (From « The Birthday Cantata, BWV 208) Bach, J.S. (arr. Gounod): Father in Heaven (Ave Maria) Bach, J.S.: « Now Keep We All This Holy Feast » from Cantata No. 4 Bach, J.S.: « Come, Sweet Death », BWV 478 Bach, J.S.: « Now Thank We All Our God » from Cantata No. 79 Bach, J.S.: In Deepest Grief – From the « St. Matthew Passion »
Ravel: Boléro, M. 81 Massenet: Le Cid (Ballet Suite) Falla: El Sombrero de Tres Picos, Parte II
DISC 74: Bach, J.S. (arr. Ormandy): Toccata and Fugue in D Minor, BWV 565 Bach, J.S. (arr. Smith): Cantata No. 156, BWV 156 – Sinfonia « Arioso » Bach, J.S. (arr. Frost): Notebook for Anna Magdalena Bach: Little Suite Bach, J.S. (arr. Harris): A Mighty Fortress is Our God Bach, J.S. (arr. Cailliet): Cantata Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147: Jesu, Joy of Man’s Desiring Bach, J.S. (arr. Smith): Fugue in G Minor « The Little » Bach, J.S. (arr. Busoni): Fugue in G Minor, BWV 542 « Great » Bach, J.S. (arr. Walton): Sheep May Safely Graze (from Cantata No. 208) Bach, J.S. (arr. Taynton): Come, Sweet Death Bach, J.S. (arr. Bantok): Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140 « Sleepers Awake »: I. Wachet auf, ruft uns die Stimme
DISC 75: Beethoven: Missa Solemnis in D Major, Op. 123 (Martina Arroyo, Maureen Forrester, Richard Lewis, Cesare Siepi)
DISC 76: Lalo: Concerto for Cello and Orchestra in D Minor Saint-Saens: Cello Concerto No. 1 in A Minor, Op. 33 Fauré: Élégie for Cello and Orchestra in C Minor, Op. 24. (Leonard Rose)
DISC 77: Berlioz: Harold in Italy, H. 68. (Joseph de Pasquale)
DISC 78: Shostakovich: Symphony No. 10 in E Minor, Op. 93
DISC 79: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque Adam: Giselle Ballet Suite (Excerpts) Meyerbeer: Les patineurs Ballet Suite Waldteufel: Estudiantina Waltz, Op. 191 Waldteufel: Les patineurs, Op.183 Goundod: Faust: Waltz Ivanovici: Danube Waves
DISC 80: Boccherini: String Quintet in E Major, Op. 13, No. 5. Minuet Beethoven (arr. Smith): Bagatelle in A Minor, WoO 59 « Für Elise » Handel: Largo from Xerxes Mozart: Don Giovanni, KV527 – Minuet Handel (arr. Harty): Water Music Suite Clarke: Trumpet Voluntary Beethoven (arr. Burmester): 6 Minuets, WoO 10: No. 2 in G Major Hofstetter (attr. Haydn): String Quartet no. 5 in F Major, Op. 3 « Serenade » Gluck (arr. Frost): Iphigénie en Aulide, Wq. 40: Gavotte Gluck: Armide, Wq. 45: Musette Gluck: Orpheo ed Euridice, Wq. 30, Act II: Dance of the Blessed Spirits Fauré: Pavane in F-Sharp Minor, Op. 50 Menotti: Sebastian Suite: II Barcarolle Brahms (arr. Jacques): 11 Chorale Preludes, Op. 122, No. 8: Es ist ein Ros’ entsprungen Humperdinck: Hänsel und Gretel: Abends, will ich schlafen gehn Schumann (arr. T. Frost): Kinderszenen, Op. 15: No. 7, Träumerei Saint-Saens: Carnival of Animals: The Swan Massenet (arr. Frost): Élégie
DISC 81/82: Bach, J.S.: Johannespassion, BWV 245. (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, George Shirley, Norman Treigle, Thomas Paul)
DISC 83: Respighi: Fountains of Rome Respighi: The Pines of Rome
DISC 84: Elgar: Enigma Variations (Variations on an Original Theme), Op. 36 Vaughan-Williams: Fantasia on a Theme by Thomas Tallis – Largo sostenuto Elgar: Cockaigne Overture (In London Town), Op. 40
DISC 85: Gounod: Faust, Act V, Ballet Music Thomas: Mignon: Gavotte Offenbach: Les contes d’Hoffmann. Prelude to Act II: Minuet Wolf-Ferrari: I gioielli della Madonna: Intermezzo from Act III Verdi: Aïda, Act II, Gran marcia trionfale Verdi: La Traviata: Overture Mascagni: Cavalleria Rusticana: Intermezzo Berlioz: Les troyens, H. 133: Marche troyenne Rossini: Guillaume Tell: Overture Jaernfelt: Praeludium für kleines Orchester Liszt: Grand galop chromatique Pierné: Cydalise et le chèvre-pied. Act I, Marche des petits faunes Mendelssohn: Midsummer Night’s Dream, op. 61 – Intermezzo
DISC 86: Brahms: Symphony No. 1 in C Minor, Op. 68
DISC 87: Brahms: Symphony No. 2 in D Major, Op. 73 Brahms: Symphony No. 3 in F Major, Op. 90
DISC 88: Brahms: Symphony No. 4 in E Minor, Op. 98 Brahms: Academic Festival Overture, Op. 80
DISC 89: Schubert: Symphony No. 4 in C Minor, D. 417 « Tragic » Schubert: Symphony No. 6 in C Major, D. 589 « Little » Brahms: Variations on a Theme by Haydn, Op. 56a
DISC 90: Bruckner: Symphony No. 4 in E-Flat Major, WAB 104 « Romantic » (1886 Version, ed. L. Nowak)
DISC 91: Bartók: Divertimento for String Orchestra Ginastera: Concerto per Corde
DISC 92: Strauss, R.: Der Bürger als Edelmann Suite, Op. 60 Strauss, R.: Horn Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 11. (Mason Jones)
DISC 93: Shostakovich: Cello Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 107 Kabalevsky: Cello Concerto No. 1 in G Minor, Op. 49. (Yo Yo Ma)
DISC 94: Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95 « From the New World » (London Symphony Orchestra)
Et toujours le petit frère de ce blog : brevesdeblog
Oublier l’encombrant, le navrant, l’accessoire, ne garder que l’exceptionnel, le singulier, l’essentiel. C’est ainsi que je fais mon bilan d’une année musicale dont je ne veux retenir que les moments de grâce.
Ces souvenirs de concert, j’ai la chance de les avoir consignés pour Bachtrack.
Le bonheur d’avoir entendu le jeune chef portugais Dinis Sousa – découvert à l’été 2023 au Portugal – diriger une quasi intégrale des symphonies de Beethoven
Pas de toccata de Widor pour la réouverture de Notre Dame, mais je la livre ici dans la version jubilatoire du légendaire Pierre Cochereau, pour conclure cette année en beauté.
On a bien cru qu’il n’atteindrait pas son 80e anniversaire le 21 décembre prochain. Les nouvelles qu’on lit dans le dernier numéro de BBC Music Magazine, sur Radio Classique récemment, et surtout cette vidéo datant d’il y a quelques semaines montrent que le chef américain Michael Tilson Thomas qui souffre d’un cancer du cerveau depuis trois ans semble bénéficier d’une rémission que nous espérions tous.
Je n’ai jamais évoqué longuement sur ce blog la figure, la personnalité, la carrière de l’un des seuls chefs « natifs » des Etats-Unis à avoir, avec son contemporain James Levine (1943-2021), atteint une célébrité internationale.
Pourtant nombre de ses disques, les premiers pour Deutsche Grammophon, puis tous les suivants pour CBS, Sony ou RCA, ont été les premiers à figurer dans la discothèque que je me constituais adolescent.
Mon premier Carmina Burana, partagé avec deux ou trois copains dans ma petite chambre d’étudiant, c’était lui
Mon premier Sacre du printemps c’était lui, et c’était aussi un de ses tout premiers disques avec Boston !
Ses éditeurs historiques ont eu la bonne idée de rééditer la presque intégralité de son legs discographique.
CD 1 TCHAIKOVSKY Symphony No. 1 Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 2 GRIEG · SCHUMANN Piano Concertos Jean-Marc Luisada; London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 3 DEBUSSY Images; Prélude à l’après-midi d’un faune Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 4 DEBUSSY Violin Sonata; Cello Sonata; Sonata for Flute, Viola and Harp; Syrinx Boston Symphony Chamber Players; Michael Tilson Thomas, piano
CD 5 IVES Three Places in New England RUGGLES Sun-treader Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 6 STRAVINSKY Le Roi des étoiles; Le Sacre du printemps Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 7 PISTON Symphony No. 2 WILLIAM SCHUMAN Violin Concerto Paul Zukofsky, violin; Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 8 SHOSTAKOVICH Cello Concertos Nos. 1 & 2 Mischa Maisky, cello; London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 9 BERNSTEIN On the Town Frederica von Stade; Tyne Daly; Marie Mclaughlin; Thomas Hampson & supporting cast London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 10 BERNSTEIN Arias and Barcarolles; A Quiet Place; Symphonic Dances from West Side Story Frederica von Stade; Thomas Hampson London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 11 ELVIS COSTELLO Il sogno London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 12 TANGAZO – MUSIC OF LATIN AMERICA Chávez; Copland; Roldán; Revueltas; Caturla; Piazzolla; Ginastera New World Symphony / Michael Tilson Thomas
CD 13 INGOLF DAHL Concerto for Alto Saxophone; Hymn; Music for Brass Instruments; The Tower of Saint Barbara John Harle; New World Brass; Ertan Torgul; Gregory Miller; Tisha Murvihill New World Symphony / Michael Tilson Thomas
CD 14 MORTON FELDMAN Piano and Orchestra; Cello and Orchestra; Coptic Light Alan Feinberg; Robert Cohen New World Symphony / Michael Tilson Thomas
Le coffret Sony est évidemment beaucoup plus important : 80 CD pour 80 ans.
Mais, il y a un gros mais, comment a-t-on pu « oublier » une magnifique intégrale de Casse-Noisette, gravée avec le Philharmonie de Londres, tout comme Le Lac des cygnes qui lui est bien dans le coffret ! Il semblerait que cet « oubli » résulte d’une question de droits… qui n’est explicitée que dans le livret en anglais inséré dans le coffret !
Pour ceux qui comme moi pensaient posséder à peu près toute la discographie de MTT, le coffret Sony réserve pas mal de surprises, soit des disques qu’on avait oubliés (suites de Tchaikovski), soit des compositeurs américains, peu ou jamais distribués en Europe (une « intégrale » Ruggles)
Si je devais caractériser d’un mot l’art de ce très grand chef – gageure impossible ! – ce serait l’absence de poids de traditions européennes qu’assumaient, chacun avec leur génie propre, tous les grands chefs du XXe siècle qui ont fait la réputation des grands orchestres américains, la très grande majorité nés sur le continent européen. Même Bernstein en était tributaire. J’ai toujours eu l’impression que MTT se réappropriait le répertoire classique (une intégrale des symphonies de Beethoven, bien oubliée voire méprisée, alors qu’elle renonçait au grand orchestre) ou romantique, voire Debussy, Stravinsky, avec une sorte de fraîcheur, de naturel bienfaisants.
Je découvre sur YouTube, avec une vive émotion, ces captations très récentes de Michael Tilson Thomas avec l’orchestre de jeunes – le New World Symphony, basé en Floride, qu’il a fondé en 1997 et dont il a cédé la direction musicale en 2002 à Stéphane Denève. Dans un répertoire que le chef n’a jamais abordé au disque.
Heureux finalement de pouvoir dire notre admiration et à notre gratitude de manière anthume à celui que nous continuerons de nommer par ces trois lettres MTT !
PS Je signale que le coffret Sony est en France vendu à plus de 200 €, en Italie il est à 159 €… Vive l’Europe !
Elles ont quasiment disparu des concerts classiques, et sont devenues d’absolues raretés au disque. Je veux parler des ouvertures, ces pièces d’orchestre spectaculaires d’abord conçues par les compositeurs d’opéra comme des préludes exposant les principaux thèmes de l’ouvrage, mais de plus en plus souvent comme des morceaux autonomes dans la période romantique.
Tous les grands chefs, tous les grands orchestres se devaient d’enregistrer des disques d’ouvertures, et tout programme traditionnel de concert en comportait généralement une en guise d’apéritif, jusqu’à ce que la mode passe complètement. Depuis quand n’ai-je pas entendu une ouverture de Rossini, Beethoven ou Mozart à un concert parisien ? Trop ringard ?
Heureusement il reste quelques précieux trésors dans une discographie qui ne s’est guère renouvelée.
Au sommet de la pile, l’austère Fritz Reiner et son disque hallucinant (et halluciné) d’ouvertures de Rossini. Personne n’a jamais atteint ce degré de folie, et de perfection orchestrale : écoutez seulement l’accélération finale de cette ouverture de Cenerentola
Avec d’autres moyens, une évidente élégance peut-être plus « italienne » que Reiner, Giulini a lui aussi peu de concurrents.
Avec Weber, on est toujours dans le registre des ouvertures d’opéra. Celle du Freischütz est l’une des plus achevées qui soient, mais les chefs ne réussissent pas toujours à traduire les frémissements de ce premier romantisme. J’ai gardé une admiration intacte pour ce disque de Karajan acheté en 1973.
Plus difficiles encore à réussir, certaines ouvertures de Beethoven, comme celle de la musique de scène d’Egmont, qui sous nombre de baguettes même illustres restent bien placides. Ici, faisons abstraction de cette manière de filmer, et faisons comme le chef, fermons les yeux, en écoutant le torrent de passion qui emporte tout sur son passage
Du « poème dramatique » de Schumann, Manfred, on ne joue plus guère que l’ouverture. Nul, à mes oreilles, n’atteint la fougue, la passion d’un Charles Munch, dès les premiers accords jetés à la face de l’auditeur :
Johannes Brahms compose deux « ouvertures » qui ne sont plus des préludes à un opéra ou une musique de scène, mais des sortes de poèmes symphoniques. Elles datent toutes deux de 1880, et le titre de « tragique » de l’une ne se conçoit que par opposition d’humeur à l’autre (voir ci-après). De nouveau Charles Munch à Boston y est exceptionnel !
Un mot de cette ouverture « académique » qui n’a rien d’académique, dans l’acception péjorative du terme, mais a tout à voir avec un événement universitaire, donc académique, puisque écrite par Brahms en 1880 à l’occasion de sa nomination comme Docteur honoris causa de l’université de Breslau (aujourd’hui Wroclaw en Pologne). Brahms y cite quelques chansons estudiantines et conclut l’ouverture par l’hymne des étudiants Gaudeamus igitur
J’ai fait jouer une fois à Liège, à l’occasion d’une présentation au public de la saison, une autre ouverture, beaucoup moins connue – le bibliothécaire de l’orchestre avait eu bien du mal à trouver la partition ! – d’une opérette de Franz von Suppé, Flotte Bursche (littéralement « Des jeunes gens bien« ) qui reprend le même thème (à 3’15)
Les seules exceptions à cette disparition des ouvertures en concert ou au disque sont peut-être les ouvertures de Berlioz (en général Le Carnaval romain ou Le Corsaire)
Avec Tchaikovski, le terme « ouverture » prend plus la forme d’un poème symphonique, qu’il l’assortisse ou non d’un complément comme pour l’ouverture-fantaisieRoméo et Juliette. Même si on l’entend peu au concert, elle reste assez présente au disque (comme dans la récente publication de l’orchestre philharmonique de Strasbourg et de son chef Aziz Shokhakimov)
Kirill Kondrachine mieux qu’aucun autre dit tout ce que cette musique révèle et recèle :
Je m’apprêtais à évoquer la figure singulière du chef Christoph von Dohnányi et un nouveau coffret (voir ci-après) lorsque j’ai appris le décès, ce 9 octobre, d’un autre chef très singulier, le Finlandais Leif Segerstam
Le chef et compositeur finlandais Leif Segerstam est mort le 9 octobre, sans susciter de réaction notable en France où il a été plutôt rare. Mais nul discophile n’ignore son nom.
J’ai un souvenir personnel de ce chef à Genève. Je ne me rappelle plus pourquoi (ni par qui) il avait été engagé pour diriger l’Orchestre de la Suisse Romande dans le studio Ansermet de la maison de la Radio suisse romande, bd Carl Vogt. Mais c’est moi qui avais « négocié » une partie du programme, l’autre étant imposée (un concert UER ?). En première partie, une symphonie (la 21e ou 25e ?) parmi les 371 (oui 371 !) qu’a laissées le chef-compositeur, la création d’un concerto pour trompette d’un compositeur ayant remporté, je crois, le concours de composition Reine Marie-José* – le soliste étant Jouko Harjanne – et en deuxième partie les quatre Légendes de Sibelius.
Segerstam à l’époque – vers la fin des années 80 – portait déjà barbe nourrie et embonpoint certain. En le voyant se mouvoir et diriger, j’avais toujours l’image de Brahms à la fin de sa vie.
Brahms à 25 ansBrahms à 60 ans
On ne peut pas dire que la comparaison soit forcée !
Les deux ou trois fois où j’ai entendu et vu diriger Leif Segerstam comme les disques que j’ai de lui, laissent l’empreinte d’une personnalité profondément originale, d’un musicien qui n’a cure d’aucun dogme, d’aucune convenance dans sa manière d’approcher une oeuvre. Et cela donne toujours, toujours, un résultat étonnant. Surtout ne pas limiter Segerstam à la sphère scandinave, où il est bien entendu chez lui, mais pas seul. Il n’est que d’essayer de consulter sa discographie pour constater qu’il a embrassé un répertoire incroyablement vaste.
J’ai ainsi découvert l’oeuvre symphonique du Français Louis Aubert(1877-1968) grâce à lui
J’aime beaucoup, même si ce n’est pas mon premier choix, sa version de l’opéra de Korngold, Die tote Stadt
Et puisque mon premier souvenir au concert des quatre Légendes de Sibelius, c’est à lui que je le dois, je découvre avec bonheur cette récente captation de concert à Turku, dont il était le chef depuis 2012.
On ne peut d’un seul article faire le tour d’une personnalité aussi protéiforme, mais encore un mot de son oeuvre de compositeur. Le nombre de ses symphonies fait sourire : 371 achevées. Voici au hasard l’une d’elles… sans chef !
Impossible d’établir une discographie. Quelques indispensables néanmoins pris dans ma discothèque :
Je l’annonçais à l’occasion d’un billet sur Bruckner. Il a fallu attendre qu’il fête ses 95 ans le 8 septembre dernier pour que son éditeur de toujours – Decca – songe à honorer Christoph von Dohnányi ! Pourquoi n’a-t-on retenu que les enregistrements réalisés à Cleveland, alors qu’en y adjoignant ceux de Vienne (avec les Wiener Philharmoniker) on n’aurait pas vraiment alourdi le coffret ?
CD 6 BERLIOZ Symphonie fantastique WEBER/BERLIOZ L’Invitation a la valse
CDs 7 & 8 SCHUMANN Symphonies 1–4
CD 9 BRAHMS Violin Concerto SCHUMANN Violin Concerto
CDs 10–16 BRUCKNER Symphonies Nos. 3–9
CDs 17–22 WAGNER Das Rheingold Die Walküre
CD 23 R. STRAUSS Ein Heldenleben Till Eulenspiegels lustige Streiche
CDs 24–28 MAHLER Symphonies Nos. 1, 4, 5, 6 & 9
CD 29 SMETANA Dvě vdovy (The Two Widows): Overture & Polka Hubička (The Kiss): Overture Libuše: Overture Prodana nevěsta (The Bartered Bride): Overture & 3 Dances Vltava (The Moldau)
CDs 30–36 BARTÓK Concerto for Orchestra Music for strings, percussion & celesta DVOŘAK Symphonies 6, 7, 8 & 9 ・ Scherzo capriccioso Slavonic Dances Opp. 46 & 72 JANAČEK Rhapsody for Orchestra “Taras Bulba” Capriccio LUTOSŁAWSKI Concerto for Orchestra ・ Musique funebre MARTINŮ Concerto for string quartet & orchestra SHOSTAKOVICH Symphony No.10
CD 37 WEBERN Fuga (Ricercata) aus dem Musikalischen Opfer Im Sommerwind ・ Passacaglia ・ 5 Pieces Op.10 ・ 6 Pieces Op.6a Symphony Op.21 ・ Variations Op.30
CDs 38 & 39 CRAWFORD SEEGER Andante for Strings IVES Orchestral Set No.2 Symphony No.4 Three Places in New England (Orchestral Set No.1) The Unanswered Question RUGGLES Men and Mountains ・ Sun-treader VARESE Ameriques
Tous ces disques ont été à un moment ou un autre disponibles, mais plus dans les pays anglo-saxons qu’en France, où pourtant le chef allemand a officié plusieurs années à la tête de l’Orchestre de Paris. On m’a rapporté naguère que son mauvais caractère ne lui avait pas toujours attiré les sympathies des musiciens…
Je vois sur le site de la Philharmonie de Paris la captation d’un concert de 2019 – que j’ai manqué ! – où l’on remarque avec émotion la présence à la première chaise du regretté Philippe Aïche, disparu il y a deux ans déjà (lire Les morts et les jours)
Ecouter Dohnanyi c’est comme respirer une tradition venue en ligne directe d’Europe centrale, un style, une rigueur, une puissance, qui conviennent autant à Haydn ou Mozart qu’à Brahms, Schumann, Bruckner, Mahler ou à Schoenberg. On a de tout cela dans ce coffret, et bien sûr le son inimitable de Cleveland.
Cette captation de la 2e symphonie de Schumann au Carnegie Hall de New York en 2000 est d’autant plus émouvante qu’elle est introduite par celui qui fut l’inamovible président de la mythique salle, le violoniste Isaac Stern, déjà très fatigué par la maladie qui allait l’emporter quelques mois plus tard.
* Marie-José de Belgique (1906-2001), dernière reine d’Italie par son mariage avec Umberto II qui a régné 35 jours de mai à juin 1946, vit à partir de 1947, séparée de son mari, au château de Thônex dans la banlieue de Genève, et participe activement à la vie musicale et culturelle de la région. C’est ainsi qu’elle fonde en 1959 un Prix international de composition musicale.Elle est la grand-tante de Philippe, l’actuel roi des Belges,