Franco-Belge

Sur France Musique comme sur toutes les radios françaises, j’ai toujours entendu son nom prononcé ainsi : Klu-i-tin-ce. Ce qui a le don de bien amuser mes amis belges qui l’appelaient : Kl-oeil-tenn-se. Le chef d’orchestre André Cluytensné Belge en 1905 à Anvers, est mort Français à Neuilly, il y a exactement 50 ans, le 3 juin 1967.

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Son éditeur historique, EMI/Pathé devenu Warner/Erato, a fait les choses en grand pour célébrer l’une des plus intéressantes baguettes du XXème siècle, à vrai dire un peu oubliée en dehors du cercle restreint des discophiles avertis.

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Tout est remarquable dans ce coffret de 65 CD et, pour une fois, on veut citer la Note de l’éditeur :

« De l’abondante discographie d’André Cluytens, la postérité a d’abord retenu l’immense interprète de Ravel, dont il a gravé deux vastes anthologies, l’une en mono et l’autre en stéréo. Beaucoup ont appris leur Ravel avec son recueil stéréo longtemps disponible dans la collection Rouge et Noir ou se souviennent du chef qui dirigea l’enregistrement du siècle des Concertos avec Samson François. 

Les rééditions EMI ont également souvent célébré la toute première intégrale des symphonies de Beethoven jamais gravée par l’Orchestre philharmonique de Berlin, achevée trois ans avant celle de Karajan, et qui semblait à jamais indémodable…

….Ce coffret est émaillé de très nombreuses premières en CD : la plupart des 78 tours, dont la symphonie n°94 de Haydn publiée uniquement en Italie, la première Enfance du Christ ou, enfin rendue au public, la version intégrale et à notre connaissance unique du Martyre de Saint-Sébastien.  Mieux encore certains enregistrements voient leur premier jour comme Cydalise et le Chèvre-Pied  de Pierné dont le montage a pu être achevé pour cette édition, ou cette Espana de Chabrier, enregistrée à la suite des concertos de Beethoven avec Solomon : les prises étaient tout simplement restées en bout de bande, et nous les publions ici pour la toute première fois.

La remasterisation intégralement réalisée à partir des bandes originales redonne une vie saisissante à ces gravures et a donné lieu de surcroît à des trouvailles heureuses comme ce disque Richard Strauss/Smetana avec Vienne dont nous avons pu retrouver et publier les bandes stéréo (seule la mono avait été publiée à l’origine)…

Je confirme que ce travail est absolument exceptionnel et m’a redonné envie de réécouter des versions que je croyais bien connaître. Une prodigieuse Symphonie fantastique, un sommet de la discrographie berliozienne, tous les Ravel, Roussel, les symphonies de Beethoven bien sûr, et tant et tant d’autres que je m’apprête à découvrir ou redécouvrir. Aurons-nous droit au même cadeau pour le volet lyrique de l’art d’André Cluytens ?

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Ratages officiels

J’évoquais hier (Quelle histoire ! le courageux pied-de-nez que Chostakovitch avait fait à Staline au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. On attendait de l’auteur des monumentales et dramatiques 7ème (1941) et 8ème (1943) symphonies une oeuvre en forme de célébration grandiose de la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne nazie. Et on a eu tout le contraire, une symphonie presque modeste, ironique, malgré un poignant mouvement lent.

Pourtant Chostakovitch comme bien d’autres compositeurs a commis des oeuvres « de circonstance » qui sont le plus souvent très en deçà du génie de leurs auteurs. Le fait qu’elles soient souvent jouées ne corrige pas leur banalité.

Petite revue non exhaustive de quelques-uns de ces ratages :

L’Ouverture de fête op.96 de Chostakovitch, qui reçoit en 1954 la distinction d’Artiste du Peuple de l’URSS. Plus creux et ronflant que ça… difficile, et pourtant si souvent enregistré !

Toujours chez les Russes, autre « tube » irrésistible des concerts de plein air, l’Ouverture 1812 de TchaikovskiLe compositeur lui-même avouait : « L’ouverture sera très explosive et tapageuse. Je l’ai écrite sans beaucoup d’amour, de sorte qu’elle n’aura probablement pas grande valeur artistique. »

Très souvent jouée dans sa seule version orchestrale, avec canons de pacotille, je dois reconnaître que cette Ouverture a une tout autre allure dans sa version primitive avec choeurs :

Pas grand chose à sauver en revanche dans cette pièce bruyante et creuse écrite pour le couronnement du tsar Alexandre III.

Du côté de Richard Strauss, le Festliches Praeludium composé en 1913 pour l’inauguration du Konzerthaus de Vienne sonne sacrément indigeste :

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Il arrive, en revanche, qu’une oeuvre de circonstance libère le compositeur du carcan dans lequel il pourrait se trouver enfermé. Quand Johannes Brahms est fait docteur honoris causa de l’université de Breslaul’actuelle Wroclaw, on lui fait comprendre qu’une oeuvre de sa main serait bienvenue : ce sera son Ouverture pour une fête académiqueRien d’académique justement, ni de chantourné ou de guindé dans cette joyeuse collection de chansons estudiantines.

Juste pour s’amuser au jeu du « qui a copié qui ? », cette ouverture vraiment très peu connue de Suppé, Flotte BurscheAprès avoir écouté l’ouverture académique de Brahms, écoutez celle-ci à partir de 3’15″…. comme un air de parenté évidemment puisque Suppé cite aussi Gaudeamus igiturcet hymne des étudiants.

Pour en revenir aux musiques « officielles », et en particulier aux hymnes nationaux, les réussites sont très inégalement réparties.

Il n’a échappé à personne qu’Emmanuel Macron avait choisi dimanche soir d’apparaître devant la pyramide du Louvre sur fond d’hymne européen.

Ce que peu savent, c’est que cet extrait célébrissime de la 9ème symphonie de Beethoven a été arrangé, à la demande du Conseil européen, par un chef d’orchestre – Herbert von Karajan – dont les compromissions avec le régime nazi n’étaient un mystère pour personne…

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Pas de commentaire sur La Marseillaisesauf le frisson qui me parcourt à chaque fois que je l’entends.

Il y a de quoi faire tout un billet sur les hymnes nationaux et leurs sources d’inspiration. Pour mes amis belges par exemple, savent-ils que leur Brabançonne est citée par Debussy dans sa Berceuse héroïque, écrite en 1914 « pour rendre hommage à S.M. le Roi Albert Ier de Belgique et à ses soldats » ?

 

(Mal)traité

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La une de Libé ce matin pour amusante qu’elle soit donne accroire que les Belges francophones se font une publicité d’enfer sur le dos de l’Europe et du Canada.

Honnêtement, je n’ai pas lu le contenu du traité proposé entre le Canada et l’Union européenne, ce fameux CETA, mais j’ai du mal à comprendre que les mêmes qui trouvent finalement le TAFTA (avec les Etats-Unis) insignable, ne voient aucun inconvénient à signer avec le Canada, dont je ne sache pas qu’un mur infranchissable borde sa frontière avec les Etats-Unis !

Il doit bien y avoir quelques bonnes dispositions dans ce traité, mais là n’est pas la question soulevée par le brillant président du gouvernement wallon, Paul Magnette. 

Son intervention vaut d’être écoutée de bout en bout. Une leçon de pédagogie politique. Enfin un discours qui rappelle que la démocratie suppose, impose, de tenir compte du peuple, de la vox populi. Quelque chose me dit que la leçon vaut aussi pour bien d’autres pays européens, à commencer par la France.

 

Le discours d’un roi

Une semaine après la France, nos amis belges célèbrent aujourd’hui leur fête nationale. Dans la douleur du terrible souvenir des attentats du 22 mars. Le roi Philippe a prononcé hier soir une allocution tout sauf convenue ou banale. Un grand discours, qu’on aurait aimé entendre de la part de nos responsables politiques français ces derniers jours. Un message de courage et d’espoir : Le discours du roi des Belges.

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Comme si l’histoire se jouait des agendas et des souvenirs, c’est ce même 22 mars 2016 que j’avais vu pour la dernière fois sur scène Natalie Dessay, dans un rôle étonnant sur la scène du Châtelet : Une tragédie, une Passion.

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Quatre mois plus tard, je retrouvais Natalie Dessay hier soir à Montpellier, venue chanter quelques Lieder de Mendelssohn avec son partenaire Philippe Cassard, au milieu d’un concert de l’Orchestre de chambre de Paris tout entier voué au compositeur du Songe d’une nuit d’été. 

13709822_10153801301112602_6805704933239361760_n(de gauche à droite, Douglas Boyd, Philippe Cassard, Natalie Dessay, Jean Pierre Rousseau)

 

De l’utilité des palmarès

Tandis que la Belgique vit chaque mois de mai au rythme immuable, obligé, du Concours Reine Elisabeth – et que chaque année se repose la question de la pertinence de ses choix (De l’utilité des concours), le 69ème festival de Cannes vient de se refermer sur un palmarès qui n’a finalement convaincu personne :

Un autre palmarès était possible (France Culture)

Jury sage pour images rugissantes  (le Monde)

Dans le cas de Cannes, ce qui transparaît de ces papiers (et de bien d’autres les autres années), c’est que finalement le palmarès (Palme d’or, Grand Prix, etc.) a moins d’importance que la sélection. Très souvent, grâce au Festival, on a découvert des auteurs, des réalisateurs, parfois des acteurs/actrices, que les circuits de distribution habituels auraient ignorés ou négligés.

Le cinéma d’un Xavier Dolan a sans doute bénéficié de son exposition (surexposition ?) à Cannes, mais il aurait traversé l’Atlantique et atteint le coeur des cinéphiles européens sans Cannes. À l’inverse, ni Pedro Almodovar ni Woody Allen n’ont jamais décroché la récompense suprême à Cannes. Cela manque-t-il à leur talent ?

On ira voir bien sûr Julieta, parce qu’on n’a jamais manqué un Almodovar.

Et on a profité d’un dimanche après-midi pluvieux pour voir Cafe Society, un grand cru de Woody Allen. Le retour à ses fondamentaux, beaucoup moins carte postale que certains films récents, les tourments amoureux, des personnages creusés, décors et situations sublimés par un art consommé des éclairages.

 

Une tragédie, une Passion, deux anniversaires

Le Roi des Belges l’a dit hier soir : le 22 mars ne sera plus jamais une journée comme une autre. Comme le 7 janvier ou le 13 novembre.

Après l’effet de sidération qui s’empare des témoins d’une catastrophe, et des spectateurs impuissants derrière leur écran d’ordinateur ou de télévision, il y a cette monstrueuse perception de la réalité : un homme, une femme, un enfant, qu’on connaissait, une relation de travail, un(e) collègue, qui ne reviendront plus. Ou meurtris dans leur chair et leur corps.

922938_1081115541944829_8653531850999905940_nEt puis la vie continue, the show must go on. C’était ce mardi 22 mars qu’on avait choisi pour voir la nouvelle production du Châtelet à Paris, Passion de Stephen Sondheim. 

Le célèbre théâtre parisien était bien gardé, mais le public était au rendez-vous. Jean-Luc Choplin n’a pas eu besoin de longs discours pour inviter la salle à une longue et dense minute de silence, suivie de l’hymne national belge, La Brabançonne, joué par l’orchestre philharmonique de Radio France présent dans la fosse. Pour moi, tant de souvenirs qui me reliaient à mes amis belges et à mes années liégeoises. Dans sa Berceuse héroïque, Debussy rend hommage au Roi des Belges et au peuple belge en général pour leur attitude héroïque lors des premiers jours de la Grande Guerre, il cite La Brabançonne :

Une incroyable coïncidence veut que ce 22 mars marquait aussi un double anniversaire : celui du compositeur lui-même, Stephen Sondheim, né le 22 mars 1930 à New York, et celui de la grande Fanny Ardant, qui a mis en scène ce superbe spectacle (née le 22 mars 1949 à Saumur).

Il faudrait citer tous ceux qui ont fait de cette Passion une totale réussite, musicale, scénique, qui ont éclairé ce sombre 22 mars d’une lueur d’optimisme sur la nature humaine, sur la force de l’amour.

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Le travail c’est la santé

Cette chanson résonne étrangement cinquante ans après sa création : les trente glorieuses sans chômage sont terminées depuis longtemps, on n’est pas certain que les millions de chômeurs apprécient l’humour de Salvador !

Le travail est au coeur de l’actualité : Robert Badinter a remis ce matin au Premier ministre un rapport directement inspiré d’un excellent petit livre qu’on avait lu d’une traite en juin dernier

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Voici la préface que signent les deux éminents juristes :

Depuis quarante ans, la société française souffre d’une grave maladie : le chômage de masse.
Ce mal a suscité une déferlante législative à tel point que le droit du travail apparaît aujourd’hui comme une forêt obscure où seuls les spécialistes peuvent trouver leur voie. Loin de favoriser l’emploi, le Code du travail suscite ainsi un rejet souvent injuste.
Il faut réagir.
Il n’est pas de domaine de l’Etat de droit qui ne repose sur des principes fondamentaux. C’est à mettre en lumière ces principes, disparus sous l’avalanche des textes, que cet ouvrage est consacré. Sur leur base, il appartiendra aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de décliner les règles applicables aux relations de travail, selon les branches et les entreprises.
Mais rien ne sera fait de durable et d’efficace sinon dans le respect de ces principes. Puisse l’accord se faire sur eux, dans l’intérêt de tous.
Il se trouve que j’ai gardé de mes études universitaires un goût prononcé pour le Droit du travail, la vie a décidé d’autres chemins professionnels pour moi, mais je n’aurais pas détesté approfondir le sujet.
Le Droit du travail est sans doute l’expression la plus aboutie de ce qu’on peut appeler une politique sociale, et partant économique.
La France reste bloquée, slogan contre slogan, comme si la liberté s’opposait à la protection, comme si la mobilité s’opposait à la réduction du chômage, etc. Il ne sera pas passé 24 heures que le rapport de Robert Badinter ne soit étrillé par une certaine gauche comme par une certaine droite, qui sont aux abonnés absents de la réflexion politique.
C’est le gouvernement dirigé par le socialiste Elio di Rupo qui a instauré, en Belgique, le contrat de travail unique, il y a trois ans. Dans un pays pourtant ultra-syndicalisé, on n’a vu aucun défilé de masse se lever contre un tel projet, tout simplement parce qu’on s’est rendu compte que le nouveau système profitait au travailleur autant qu’à l’entreprise. En France, c’est tous aux abris dès qu’il s’agit de déverrouiller la machine à produire du chômage…
Un conseil : lisez le bouquin de Badinter et Lyon-Caen, et faites le lire à vos élus ! On peut toujours rêver…

 

Quand j’ai eu mon Bach

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L’actualité a complètement occulté l’excellent dossier que le numéro de janvier de Diapason consacre à un compositeur qui n’a jamais fait l’objet des foudres ni de Pierre Boulez ni de David Bowie, ni de quiconque avant eux d’ailleurs. Même si on n’aime ou ne comprend pas toute son oeuvre, Bach est le père, la référence, la source de notre musique. Incontesté. Incontestable.

Il faut donc lire Diapason, et les remarquables articles de Gilles Cantagrel, la discographie proposée par Gaëtan Naulleau et Paul de Louit, et le billet de Jacques Drillon qui recycle le débat, plutôt stérile de mon point de vue, sur : Bach, clavecin ou piano ?.

J’ai plusieurs fois pris parti, ici, pour le piano, sans doute parce que c’est en jouant moi-même du Bach sur mon piano – et pendant mes quelques années d’études au conservatoire – et en entendant Bach au piano sur mes premiers disques. Quoique non… je me rappelle un disque Musidisc avec des concertos pour clavier de Bach joués par le claveciniste Roggero Gerlin et le Collegium musicum de Paris dirigé par Roland Douatte.

 

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Mais le vrai premier choc, ce fut un disque d’Alfred Brendel, retrouvé bien sûr dans l’imposant coffret Philips (http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2016/01/07/tout-brendel-8552178.html), les deux préludes de choral surtout « Nur komm’der Heiden Heiland » et « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ ».

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Puis Le Clavier bien tempéré dans la version naguère parue sous étiquette Eurodisc et longtemps considérée comme une référence, puisque c’était celle du grand Sviatoslav Richter

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Depuis on y a regardé de plus près, et le bloc d’admiration s’est un peu fissuré, surtout lorsque beaucoup plus tard on a découvert la liberté, les libertés dont s’emparait le pianiste russe en concert. Et qu’on a retrouvées, magnifiées, dans le coffret du centenaire (attention édition limitée, la meilleure offre reste http://www.amazon.it)

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Dans les années 90, c’est à Tatiana Nikolaieva, en concert à Evian et à Genève, puis au disque, que je dois mes plus grands bonheurs chez un compositeur qu’elle chérissait entre tous (« la base », « la source », m’avait-elle répété, lorsque j’avais eu le bonheur de siéger à ses côtés dans un jury du Concours international de Genève).

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Puis j’ai butiné du côté d’Evgueni Koroliov et Vladimir Feltsman et bien sûr Martha Argerich (sa 2e Partita est la plus jazzy de toute la discographie !)

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Le dernier Kempff, à qui les doigts manquent parfois, pare son Bach d’une poésie ineffable.

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Et puis, à Maastricht, en voisin, j’ai découvert un jour un magnifique artiste, Ivo Janssen, qui me semblait exprimer à la perfection (magnifique instrument, superbe prise de son de surctoît) le Bach que j’aime :

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Et puis, Bach est inépuisable, tout est possible, toutes les visions sont intéressantes, dès lors qu’elles disent l’humanité, la simple grandeur, d’un compositeur qu’on n’aura jamais fini de découvrir.

Ce DVD reflet de concerts suisse et parisien est sans doute plein d’imperfections, il a une qualité primordiale à mes yeux et à mes oreilles : il nous met d’excellente humeur, il raconte la vie.

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Cadeaux

Je ne suis pas revenu les mains vides de mon week-end liégeois, les amis ayant souhaité anticiper un anniversaire qui n’a lieu que dans trois jours. Et comme ils me connaissent bien, ils ne sont pas trompés. Cela peut même donner quelques idées à ceux qui sont encore en panne de cadeaux à faire pour ces fêtes…

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J’avais déjà reçu des mêmes amis, et dédicacés par Pierre Lecrenier, les deux premiers tomes, inutile de dire que ce troisième est mieux venu encore. Pour ce que j’en ai déjà feuilleté, le trait est juste, les traits jamais excessifs, mais tellement inspirés de la réalité. Bravo !

Dans un genre plus direct, j’ai bien reconnu la patte d’un ami militant de toutes les causes qui nous tiennent à coeur dans le choix de ce qui est en train de devenir un bestseller

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Pour conjurer l’avenir…

L. avait repéré l’affection que j’ai pour les livres d’André Tubeuf, style et mémoire inimitables. Et qu’il me manquait certainement celui-ci. Bien vu !

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Autre album, intéressant et frustrant à la fois, parce que ce beau livre ne peut donner qu’un faible aperçu de plus de 50 ans de vie, de travail, de création au sein de la Maison de la radio (inaugurée en 1963). L’ami Gérard Courchelle a fait des choix qui n’auraient pas été les miens, mais c’est un travail remarquable, richement documenté, et sans aucun doute passionnant pour qui veut découvrir l’arrière du décor.

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Et puis demain j’évoquerai dans le détail l’une des plus belles publications discographiques de l’année, somptueux contenant et contenu. À la mesure de celui qu’elle honore pour son centenaire.

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Sviatoslav Richter ou l’exception faite homme. Et auprès de lui un immense chef d’orchestre, qui mériterait à son tour pareil hommage, Kirill Kondrachine. 

 

 

Le roi et le président

Suis-je définitivement déconnecté de la réalité ?  Si je revenais aujourd’hui d’un séjour d’un mois sur une île déserte, je trouverais à la une des journaux télévisés ou papier deux événements essentiels. La conférence mondiale sur le climat ? la lutte contre le terrorisme ? Non évidemment.

Il n’est question que du bond spectaculaire de popularité du président de la République française et du séjour balnéothérapeutique du roi des Belges. Pour être complet, juste après, l’affaire Benzema/Valbuena, et la percée du Front National aux élections régionales de dimanche (un détail sans doute)

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Si j’ai bien lu, Philippe et Mathilde de Belgique sont accusés d’avoir séjourné en Bretagne, sous un nom d’emprunt (mais celui qui a volé la photo et l’a vendue, sans doute pour un bon prix, est resté anonyme !) alors que le gouvernement belge allait décider de hausser le niveau d’alerte au maximum, le lendemain de l’arrivée du couple royal…

Si j’ai bien lu aussi, le roi – qui n’a aucun pouvoir de gouvernement – est rentré à Bruxelles dès que sa sécurité a pu être assurée, et, scandale absolu, il s’est abstenu d’apparaître dans les médias, respectant en cela les prérogatives du gouvernement fédéral.

De toute façon le débat était piégé d’avance : s’il était intervenu, les mêmes commentateurs n’auraient pas manqué de dénoncer cette entorse aux règles institutionnelles du Royaume. Aurait-il dû annuler son séjour breton ? sur la base de quelles informations ? et dans quel but ?

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Quant à François Hollande, selon Le Monde, il « conquiert » désormais la moitié des Français : « Bond de popularité pour le président de la République. La cote de François Hollande a augmenté de 22 points en un mois pour atteindre 50 % d’opinions positives, son meilleur score depuis juillet 2012, selon le tableau de bord IFOP/Fiducial pour Paris Match et Sud Radio réalisé après les attentats du 13 novembre et publié mardi 1er décembre » . À la toute fin de l’article, en tout petit, on lit ceci : Enquête réalisée par téléphone du 27 au 28 novembre 2015, sur un échantillon de 983 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

J’ai tout de même entendu un journaliste dire qu’il n’était peut-être pas très « décent » de gloser sur les raisons de ce rebond.

Ah oui, il y a aussi ce curé de l’Ariège qui a piqué l’argent de ses paroissiens (on dirait un scénario pour Jean-Pierre Mocky) et un reportage sur place. Et puis l’attente impatiente des révélations que doit faire aujourd’hui le maître à penser du sport français, Karim Benzema…

Un mardi presque idéal en somme !