Mendelssohn chez lui

J’ai passé quelques jours entre Leipzig et Dresde à la fin de l’année 2017 et j »avais intitulé un billet Leipzig ville musique.

Nul visiteur de la cité saxonne ne peut ignorer les deux figures de proue de la musique de cette ville : Bach et Mendelssohn, ni l’orchestre le plus ancien d’Europe, celui du Gewandhaus fondé en 1743.

C’est une nouvelle parution qui nous donne l’occasion d’évoquer à nouveau le lien si particulier de Félix Mendelssohn avec Leipzig.

Andris Nelsons, viré sans ménagement de la direction du Boston Symphony, n’a heureusement pas le même souci avec l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig dont il est le directeur musical depuis bientôt dix ans.

La critique a été partagée – mais c’est apparemment une mode – sur les intégrales Bruckner, Chostakovitch et Richard Strauss que Deutsche Grammophon a publiées avec Andris Nelsons, intégrales qui réunissent alternativement les deux orchestres – Boston et Leipzig – dont Nelsons est le chef.

Cette nouvelle proposition, les cinq symphonies de Mendelssohn, ses deux oratorios Paulus et Elias, enregistrés avec l’orchestre dont le compositeur fut le chef à partir de 1835, me semble particulièrement bienvenue. J’avoue ne pas comprendre le critique du Devoir (que je cite dans mon article Orchestres sans tête) qui dézingue ce coffret sans complexe, en le comparant à l’idéal que constituerait, selon lui, la récente intégrale réalisée par Yannick Nézet-Séguin. Le Nelsons bashing ça suffit ! Il suffit d’avoir des oreilles pour écouter, et ce que j’ai entendu jusqu’à présent de ce coffret est tout à l’avantage du chef letton.

Et si l’on veut comparer à d’autres versions antérieures, gravées elles aussi à Leipzig, on n’est pas sûr qu’elle soient toujours à l’avantage de ces dernières. Kurt Masur, l’inamovible patron du Gewandaus de 1970 à 1996, a laissé deux intégrales des symphonies, assez inégales.

Riccardo Chailly, le prédécesseur de Nelsons (de 2005 à 2016), n’a pas succombé à la mode des intégrales et a laissé quelques témoignages intéressants :

On pourra vraiment éviter cet enregistrement lourdissime d’un prédécesseur de Nelsons et Chailly, Franz Konwitschny qui en récompense sans doute de son engagement pour l’Allemagne hitlérienne, dirigera le Gewandhaus de 1949 à sa mort en 1962.

Pour ce qui est des deux oratorios, dans la droite filiation de ceux de Bach – que Mendelssohn contribuera grandement à remettre au jour – Andris Nelsons offre une référence moderne, d’autant mieux venue que les derniers enregistrements intéressants remontent à un demi-siècle.

C’est à Wolfgang Sawallisch qu’on doit, avec Leipzig, une référence inégalée d’Elias :

Et toujours humeurs et bonheurs du temps dans mes brèves de blog !

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