Débats (f)utiles

Vive le café du commerce mondial ! Tout le monde s’exprime sur tout à tout moment sur tous les réseaux possibles.

Comme par exemple sur les deux événements – sans aucune commune mesure – que j’évoquais hier (La bonne nouvelle).

La tuerie d’Orlando a logiquement déclenché une vague d’émotion, de colère, d’indignation. Mais comme si ce n’était pas suffisant à notre douleur, d’aucuns s’en sont pris au traitement de l’information immédiate, jugeant scandaleuses la prudence des premiers commentaires et la gêne éprouvée, selon eux, par certains médias à évoquer clairement la cible visée : les homosexuels qui faisaient la fête dans une boîte gay. A inévitablement resurgi le débat sans fin sur la visibilité, le sentiment d’appartenance à une communauté, de ceux qu’on regroupe sous un affreux acronyme, les LGBT. Un journal télévisé s’est même fendu d’un reportage dans le Marais, le « quartier gay » – sic – de la capitale. Il doit y avoir longtemps que le journaliste n’est pas venu dans les parages, où les uns après les autres, les bars, boutiques, restaurants ouvertement gay il y a vingt ou trente ans, ont fait place à des magasins de mode,  des enseignes passe-partout. Ne subsistent plus que quelques adresses historiques qui font encore de la résistance…

Mais n’est-ce pas la conséquence logique de la normalité revendiquée par les homosexuels eux-mêmes ? C’est assez paradoxal de reprocher aux médias de « passer sous silence » – pour reprendre une expression lue maintes fois – le caractère anti-homosexuels de l’attaque terroriste d’Orlando, et en d’autres circonstances de revendiquer le droit à l’indifférence.

Gay ou pas, ce sont 49 morts scandaleuses, révoltantes. 49 morts de trop.

Evidemment l’autre débat, ouvert sur Facebook entre autres, est sans commune mesure avec ce qui précède, mais il intéresse une autre communauté, un microcosme, le « milieu » musical : la nomination d’Emmanuel Krivine à la tête de l’Orchestre National de France. 

A longueur de colonnes de journaux – au point que c’était devenu un marronnier – on se lamentait depuis des années sur l’absence de chefs français à la direction des grands orchestres parisiens (parce qu’en province, on a tout de même eu Lombard à Strasbourg et Bordeaux, Casadesus à Lille, Baudo et Krivine à Lyon, Plasson à Toulouse, et d’autres encore !). Depuis le départ de Jean Martinon en 1973, plus de Français au National, idem au Philharmonique après la fin du mandat de Gilbert Amy, et à l’Orchestre de Paris depuis la mort de Munch en 1968.

La présence de huit chefs français dans la saison 2016/2017 de l’Orchestre National marque un tournant spectaculaire – qui en parlé ? aucun de nos commentateurs patentés ! La nomination d’Emmanuel Krivine, à la suite d’un processus qu’il ne me revient pas d’évoquer ici, mais dont le chef a lui-même parlé dans certains journaux, est quand même une nouvelle dont on devrait logiquement se réjouir dès lors qu’on s’est si longtemps lamenté. Au lieu de cela, on mélange tout, la personnalité du chef – on a parfaitement le droit de ne pas aimer – des traits de caractère qui appartiennent au passé, la politique (ou l’absence de politique) musicale de Radio France. Et, comme souvent, ceux qui en parlent le plus sont ceux qui en savent le moins.

Si une saison musicale est l’expression d’une politique musicale, d’une orientation artistique, alors j’invite les plus critiques à découvrir attentivement la prochaine saison 16/17 des quatre formations musicales de Radio France. Tous ceux qui l’ont voulue et préparée peuvent en être fiers, parce qu’elle exprime parfaitement les missions de service public et les identités musicales des deux orchestres, de la Maitrise et du Choeur (La saison 16/17 de Radio France)

Audito-architecte--AS.ARCHITECTURE-STUDIO-photo-Gaston-F.BergeretOpti

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s