Le monde d’hier

Semaine intéressante, même si inachevée contre mon gré – rien de grave, juste quelques douleurs persistantes qui restreignent ma « mobilité » – qui faisait se confronter et se succéder le récital de Joyce DiDonato au théâtre des Champs-Elysées mercredi et le concert de l’Orchestre national de France, dirigé pour la première fois par Philippe Jordan jeudi à l’Auditorium de la Maison de la radio et de la musique.

Les bons sentiments

Puisque j’avais accepté de chroniquer le récital de Joyce DiDonato pour Forumopera, je renvoie à l’article paru sur le site : Les bons sentiments. Je n’ai pas beaucoup aimé ce show plein de tellement bons sentiments.

Mais en prime, cette courte vidéo, qui n’est pas dans l’article, si touchante :

Philippe le chevalier à la rose

Il me l’avait annoncé, lorsque la ci-devant ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, lui avait remis les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur à la veille du premier tour de l’élection présidentielle (lire Ministère), Philippe Jordan était bien jeudi soir à la tête de l’Orchestre national de France. C’était une première, puisqu’il est dans les usages, parfois dans les contrats, que le directeur musical d’une institution parisienne – en l’occurrence ce fut l’Opéra de Paris de 2009 à 2021 – ne dirige pas un autre orchestre.

L’auditorium de la Maison de la radio était comble et l’excitation palpable dans les rangs du public. La première partie était constituée du concerto pour violon de Brahms, avec un magnifique soliste qu’on avait loué ici même il y a peu (Tables d’harmonie) et qu’on n’avait plus entendu en concert depuis belle lurette, Frank Peter Zimmermann. À 57 ans, il garde cette allure juvénile et surtout ce jeu d’une justesse, d’une élégance, d’une profondeur, sans les excès, les démonstrations que s’autorise parfois – souvent – son illustre compatriote plus célèbre, jadis couvée par Karajan.

Et ce que Philippe Jordan fait de l’orchestre, la soie des cordes, la beauté des vents – on entend pour la première fois le nouveau hautbois solo Thomas Hutchinson, magnifiquement chantant dans le début du deuxième mouvement (ce fameux mouvement qui avait déclenché l’ire du dédicataire et créateur du concerto, Joseph Joachim, parce qu’il fait la part trop belle au hautbois !).

La seconde partie est toute entière dédiée à Richard Strauss et à la nouvelle suite d’orchestre que Philippe Jordan et Thomas Ille ont réalisée à partir de l’opéra Der Rosenkavalier / Le Chevalier à la rose. Par rapport aux suites qu’on connaît déjà, pas d’extravagance, seulement des ajouts notamment aux épisodes de valse, la sollicitation de toutes les qualités individuelles et collectives de l’orchestre. Le chef obtient un triomphe, et l’on voit tant dans les yeux des musiciens que du public ou des personnalités présentes autour de Sibyle Veil, la PDG de Radio France, le souhait manifeste que cette « première » ne soit pas une dernière.

On peut, on doit réécouter ce concert sur francemusique.fr.

PS 1. Où l’on constate que les bonnes idées finissent toujours par aboutir, même à Radio France (!) : que ce soit comme directeur de France Musique – il y a longtemps -, comme directeur de la musique – brièvement entre 2014 et 2015, ou comme directeur du Festival Radio France, je m’étais toujours étonné que le public des concerts transmis en direct sur France Musique ne puisse pas entendre (ni voir) celles et ceux qui présentent ces concerts à l’antenne. On me répondait toujours que ce n’était pas possible etc. J’avais finalement obtenu à Montpellier la présence sur scène des producteurs/présentateurs de France Musique, pour le plus grand plaisir des auditeurs/spectateurs de l’Opéra Berlioz. Jeudi soir, je ne sais qui je dois en féliciter, Benjamin François a pu introduire le concert sur scène, au lieu d’être caché dans le studio attenant. Tout le monde en a profité, le public de l’auditorium comme les auditeurs de France Musique ! Bravo !

PS 2. S’agissant de Philippe Jordan ce n’était pas une première à Radio France mais avec l’Orchestre national. Au début des années 2000, tandis que je l’invitais à Liège, l’Orchestre philharmonique de Radio France l’avait engagé, lui faisant même enregistrer l’intégrale des concertos de Beethoven avec François-Frederic Guy.

La grande porte de Kiev (VI) : Unis pour l’Ukraine

J’ai participé hier à la grande soirée organisée par France 2 et Radio France à la Maison de la Radio et de la Musique en solidarité avec le peuple ukrainien, Unis pour l’Ukraine

Radio France aux couleurs de l’Ukraine

Comme souvent, dans ce type de soirée organisée en dernière minute, il y a eu du bon, du très bon, et du moins bon, voire contestable. On eût aimé, autant le dire d’emblée, que Nagui n’accaparât pas la parole toute la soirée, Leila Kaddour en étant réduite à essayer d’exister, et surtout ne confonde pas cet hommage aux victimes de la guerre en Ukraine avec un Téléthon. Son appel systématique aux dons à la Croix Rouge, son verbiage dégoulinant de bons sentiments qui omettait soigneusement de prononcer le mot « guerre » pour s’apitoyer sur le sort des « réfugiés où qu’il soient dans le monde », ses questions ridicules aux artistes, bref une prestation de bateleur à contre-temps et à contresens qui n’a, heureusement, pas réussi à gâcher une soirée trop longue.

Les invités à cette soirée avaient été priés de choisir de prendre place au studio 104 ou à l’Auditorium, la chanson d’un côté, le classique de l’autre.

On peut revoir cette soirée : Unis pour l’Ukraine

Je ne veux que retenir que quelques moments très forts, très justes (le programme complet de la soirée ici)

Sublime Göttingen chanté par Carla Bruni accompagnée par Katia Buniatishvili

La force d’une chanson, même si la voix déraille…

Mais, installé à l’Auditorium, j’ai vécu plus de moments forts avec les formations de Radio France, la merveilleuse Maîtrise dirigée par Sofi Jeannin, le Choeur de Radio France dans un bouleversant Va pensiero, et bien sûr l’Orchestre National de France, dirigé par Cristian Macelaru, dont le nom n’a été cité qu’une seule fois de toute la soirée…

Andrei Bondarenko et Benjamin Bernheim

Benjamin Bernheim bouleverse l’auditoire avec l’Ingemisco du requiem de Verdi, et plus encore, en duo avec le baryton ukrainien Andrei Bondarenko, dans Dio, Che Nell’alma Infondere Amor de Don Carlo.

Mais l’émotion est à son comble, lorsque, bien après minuit, le Choeur de Radio France, l’Orchestre National de France, Cristian Macelaru entonnent l’hymne national ukrainien chanté par Andrei Bondarenko :

On est reparti de la Maison de la Radio le coeur lourd, en totale communion de pensée avec les victimes de cette guerre atroce.

Saint-Saëns #100 : bouquet final

L’Orchestre national de France et son chef Cristian Măcelaru – ainsi que le Choeur de Radio France – ont bien fait les choses pour commémorer le centenaire de la mort de Camille Saint-Saëns : ce soir à 20h à l’auditorium de Radio France, en direct sur France Musique, ils donnent du très connu – la Troisième symphonie avec orgue – Olivier Latry étant à la console des grandes orgues de l’auditorium – et de l’inconnu, le Requiem, composé en huit jours à Berne , dédié à un généreux donateur, Albert Libon, et créé le 22 mai 1878 à l’église Saint-Sulpice de Paris.

Pour notre part, nous allons clore ici une série commencée en septembre dernier (Saint-Saëns #100) avec quelques pépites discographiques (qui s’ajoutent à toutes celles qu’on a dénombrées dans les articles précédents !)

Avec ou sans S ?

Mais d’abord une interrogation musicologique et linguistique de la plus haute importance : faut-il ou non prononcer le « s » final du nom Saint-Saëns ? Aujourd’hui tout le monde prononce « sens », et pas « cent ». Pourtant le propre père de Camille tenait, semble-t-il, à ce qu’on ne prononçât point cette finale. À cause de l’histoire !

La très jolie petite ville normande de Saint-Saëns, aujourd’hui située en Seine-Maritime, doit son nom au moine irlandais Saen (en gaélique ancien, il correspond au prénom « Jean ») qui, vers l’an 675, fonda un monastère sur les rives de la Varenne, en lisière de la forêt d’Eawy, d’où naquit le bourg qui porte depuis son nom. Le « S » final est une adjonction récente apparue au XVIIème siècle. Et malgré ladite adjonction, jusqu’au XIXème siècle, on a continué de dire « cent », et non « sens ».

Le Carnaval de Karl B.

Pour être inattendue, cette version n’en est pas moins ma préférée, et Dieu sait s’il y a d’excellentes versions du Carnaval des animaux.

Oui Karl Böhm lui-même n’a pas craint d’enregistrer avec l’Orchestre philharmonique de Vienne, la version de référence de cette plaisanterie musicale, de même qu’un fantastique Pierre et le Loup de Prokofiev.

Le récitant de la version française est Jean Richard.

Dans la monumentale réédition des enregistrements symphoniques de Karl Böhm chez Deutsche Grammophon, on a laissé deux versions, en anglais, et en allemand – c’est le fils du chef d’orchestre, l’acteur Karlheinz Böhm (1928-2014), qui en est le récitant. Mais pas de version française, ou, ce qui eût été infiniment préférable, SANS récitant !

Du violoncelle à la trompette

J’ai encore un souvenir merveilleux de ma rencontre avec le trompettiste russe prodige Sergei Nakariakov – 44 ans aujourd’hui ! -. J’avais ses disques, je savais qu’il était fabuleusement doué, mais je ne l’avais jamais entendu en concert jusqu’à ces jours d’août 2008 où il avait été pressenti par les organisateurs locaux de la tournée de l’Orchestre philharmonique royal de Liège en Amérique du Sud. Il devait jouer une fois à Rio de Janeiro, une autre fois à Rosario, la troisième ville d’Argentine au nord-ouest de Buenos Aires. Nous fîmes route ensemble de Buenos Aires à Rosario – où il devait jouer le concerto pour trompette de Hummel, un grand classique – mais Sergei ne me parla que musique contemporaine, création, nouveaux répertoires. C’est au cours de ce trajet qu’il me fit entendre un extrait d’une oeuvre nouvelle, à lui dédiée, Ad Absurdum de Jörg Widmann. Je décidai de la programmer dès que possible à Liège, j’en parlai à François-Xavier Roth qui devait prendre la direction musicale de l’orchestre à l’automne 2009, et Nakariakov offrit aux publics de Liège et Bruxelles une version… soufflante de ce petit chef-d’oeuvre du surdoué Jörg Widmann.

Mais Sergei me parla aussi beaucoup de ses transcriptions d’oeuvres, de concertos écrits pour d’autres instruments. Dans le coffret anthologie publié par Warner (lire L’indispensable anthologie), il y a une version aussi réussie qu’inattendue du 1er concerto pour violoncelle de Saint-Saëns, mais aussi joué à la trompette !

Transcriptions

Le grand pianiste américain Earl Wild (1915-2010), outre ses dons de virtuose, était un transcripteur forcené. C’est à lui qu’on doit par exemple cette version pour le piano du poème symphonique Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns

J’en profite pour signaler une version peu connue du très connu Deuxième concerto pour piano due à Earl Wild :

Valses

Etonnamment, le virtuose qu’était Saint-Saëns a relativement peu écrit pour le piano solo, et pas de pièces d’importance. Il est d’autant plus émouvant de le retrouver jouant sa Valse mignonne, filmé par Sacha Guitry en 1914 (Saint-Saëns avait encore de sacrés doigts sept ans avant sa mort !)

Bertrand Chamayou donne la référence moderne de la Valse nonchalante

Une valse gaie ? La voici sous les doigts de François-René Duchâble (un enregistrement qu’on a retrouvé avec bonheur dans l’anthologie Warner)

Saint-Saëns #100 : avec orgue

Le 18 décembre on commémorera le centenaire de la disparition de Camille Saint-Saëns (1835-1921) : avec le Carnaval des animaux, l’oeuvre la plus célèbre du compositeur français est sans aucun doute sa Troisième symphonie « avec orgue ».

Cette symphonie est une commande de la Royal Philharmonic Society de Londres, elle fait appel à un orchestre « classique » auquel s’ajoutent un orgue et un piano (joué à quatre mains) qui n’ont jamais un rôle soliste. La symphonie est créée à Londres sous la direction du compositeur le 18 mai 1886, elle est dédiée à Franz Liszt (qui meurt le 31 juillet 1886). La création française a lieu en janvier 1887.

Ces années 1886-1887 sont fastes pour la symphonie française : créations de la 3ème symphonie de Saint-Saëns, de l’unique symphonie en sol mineur de Lalo et de la symphonie sur un chant montagnard de Vincent d’Indy. La symphonie de Franck suivra de peu (en 1889).

J’ai consacré le premier billet de cette petite série dédiée à Saint-Saëns au corpus des cinq symphonies : Saint-Saëns #100 les symphonies.

Une discographie sélective

Il y a pléthore de versions de la symphonie « avec orgue » de Saint-Saëns.

Ce qui suit est une sélection personnelle, qui ne suit pas nécessairement les habituelles recommandations, les fameuses « références » établies une fois pour toutes sans qu’on prenne la peine de les réécouter, et donc de les réévaluer. Détail technique important : la plupart des disques du commerce font appel à des organistes connus… et à des instruments qui ne sont pas situés dans la salle ou le studio d’enregistrement. D’où montage et parfois petits problèmes de justesse !

Barenboim à Chicago

Les réussites de Daniel Barenboim comme chef symphonique, surtout dans la musique française, sont très inégales. Mais son enregistrement de la 3ème symphonie réalisé à Chicago en 1975 (avec Gaston Litaize enregistré à Paris !) avait été loué par la critique à sa sortie, et reste une grande version.

Saint-Saëns à Berlin

Il n’y a pas pléthore de disques berlinois d’une symphonie qui ne ressortit pourtant pas à une esthétique vraiment française.

James Levine a gravé, en 1986, l’une des plus belles versions de la 3ème symphonie, avec un finale en Technicolor où il parvient à éviter les lourdeurs auxquelles succombent nombre de ses confrères.

L’horrible couverture du disque (quel génie du marketing a bien pu avoir une aussi piètre idée chez Deutsche Grammophon ? ), ce vieillard qui ressemble à un spectre caché dans les tuyaux d’un orgue infernal, ne doit pas nous dissuader d’écouter une version surprenante : Karajan y fait entendre toutes les subtilités de l’orchestre de Saint-Saëns, avec une précision rythmique hallucinante. C’est lui qui avait expressément demandé à ce que la partie d’orgue soit enregistrée par Pierre Cochereau à Notre-Dame de Paris.

Les grandes orgues de Liège

J’avais eu le bonheur d’inaugurer, en septembre 2000, après complète rénovation, ce que les Liégeois appelaient la salle du Conservatoire, ou tout simplement le Conservatoire, et que nous rebaptiserions Salle Philharmonique de Liège. Cinq ans plus tard, c’était au tour des grandes orgues Schyven de la Salle philharmonique d’être inaugurées lors d’un festival qui avait mobilisé nombre d’organistes belges et français, l’Orchestre philharmonique royal de Liège bien sûr et Louis Langrée (lui-même fils de l’organiste Alain Langrée). Bien évidemment, la troisième symphonie de Saint-Saëns était au programme, et c’était Thierry Escaich qui était à la console.

C’est évidemment l’orgue de la Salle philharmonique qui a servi dans les deux enregistrements récents de la symphonie. Dans le dernier en date, Jean-Jacques Kantorow dirige l’OPRL, et Thierry Escaich fait sonner les tuyaux liégeois.

En 2006, c’était une autre star de l’orgue qui faisait entendre pour la première fois au disque l’instrument restauré de Liège, Olivier Latry, cette fois avec Pascal Rophé à la tête de l’orchestre philharmonique de Liège.

La référence Paray

Je pourrais citer plusieurs autres disques, dont certains plutôt « à éviter » – il y a quand même quelques ratages de cette symphonie, et des parfois célèbres -. Je préfère mettre en avant un disque qui n’a jamais perdu de son éternelle jeunesse, et qui reste un modèle de prise de son (ah les fameux Mercury Living presence !)

Les auditeurs de France Musique, et les Parisiens qui seront à l’Auditorium de Radio France mercredi ou jeudi prochain, pourront entendre en concert la Troisième symphonie : l’Orchestre national de France et Cristian Macelaru seront à l’oeuvre, au moment où sort leur intégrale des symphonies de Saint-Saëns

Bernard Haitink 1929-2021

J’avais prévu ce matin de dire la joie que j’ai éprouvée hier à l’annonce de la nomination de Louis Langrée à la direction de l’Opéra Comique à Paris. Une autre annonce, cette nuit, m’oblige à reporter cet article. Bernard Haitink est mort à Londres, à 92 ans.

Dernier concert

Voici ce que j’écrivais le 18 novembre 2016 après le dernier concert que le chef hollandais avait dirigé à la tête de l’Orchestre National de France à l’auditorium de Radio France :

« Ils ne sont plus si nombreux les grands chefs d’une génération qui a vu disparaître, en quelques mois, Neville MarrinerClaudio AbbadoPierre BoulezC’est dire si la présence de Bernard Haitink  (87 ans) au pupitre de l’Orchestre National de France fait figure d’événement.

Le chef néerlandais, qui avait dirigé la 9ème symphonie de Bruckner en février 2015, avait expressément souhaité un programme français, sachant que l’ensemble de cette saison 2016-2017 du National serait placée sous l’égide de la musique française : le Gloria de Poulenc et l’intégrale de Daphnis et Chloé« symphonie chorégraphique pour orchestre et choeurs sans paroles » de Ravel.

img_6793

L’oeuvre de Poulenc est étrange, ambigüe – comme l’était le compositeur « moine et voyou » et on avait plutôt l’impression hier soir d’un requiem que d’un gloria, la voix cristalline et d’une impeccable justesse de Patricia Petibon nous rapprochant du requiem de Fauré. Haitink a fait le choix de la gravité, de la grandeur même, et c’est un parti parfaitement assumé.

En deuxième partie, on était impatient d’entendre l’intégralité de la partition de Ravel, plutôt rare au concert (à cause des interventions chorales ?). On retrouve – mieux que dans le « live » qu’il a gravé à Chicago, voir ci-dessous – les qualités de celui qui fut le légendaire patron du Concertgebouwrespect du texte et des mélanges instrumentaux – si importants chez Ravel – contrôle des masses sonores, au risque d’une modération qui manque parfois de fantaisie. Mais la performance, pour un homme de cet âge, reste éblouissante, et, en l’applaudissant aussi longuement, le public, dans lequel étaient assis deux étoiles montantes de la direction, Lorenzo Viotti et Alexandre Bloch, avait peut-être ce pincement au coeur qui vous vient lorsque l’au-revoir prend la forme d’un adieu… »

img_6799

J’étais allé saluer Bernard Haitink dans sa loge du Théâtre des Champs-Elysées en février 2015 lorsqu’il y avait dirigé la 9ème symphonie de Bruckner, toujours à la tête de l’Orchestre National. Je dois à l’honnêteté de dire que je n’avais pas été convaincu par cette lecture (en tout cas loin de ses réussites au disque), j’avais trouvé un monsieur modeste, timide presque, fatigué..

Un Pelléas inattendu

Les souvenirs se bousculent (lire : Bernard et Roméo, Concertgebouw 125, ), l’un me revient en particulier. En 1998, nous réfléchissions à organiser une série de concerts des formations de Radio France et d’émissions de France Musique autour de la figure et de l’oeuvre de Debussy. Le regretté Dominique Jameux avait été chargé de mettre en oeuvre cet ambitieux projet, au coeur duquel figurait évidemment l’unique opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande. Il avait pris contact avec plusieurs chefs (Boulez, Gielen) qui avaient décliné l’offre pour des raisons d’agenda. Lors d’une réunion, j’évoquai le nom de Bernard Haitink, dont j’admirais depuis longtemps les enregistrements de musique française avec le Concertgebouw. Interrogé, le chef répondit positivement et avec beaucoup d’enthousiasme, heureux de pouvoir enfin diriger un ouvrage qui le fascinait. Cela donnera, en 2000, une version de concert unanimement louée

et en 2007, toujours au Théâtre des Champs-Elysées, un Pelléas dans la mise en scène diversement appréciée de Jean-Louis Martinoty et sous la direction une fois de plus remarquée de Bernard Haitink (lire Pelléas à la peine / Le Monde).

Je reviendrai plus longuement sur la discographie, heureusement abondante, du chef disparu. On peut déjà se faire une vaste idée de l’art de Bernard Haitink avec ces deux coffrets :

Saint-Saëns #100 : les concertos pour piano

J’ai commencé cette série consacrée à Camille Saint-Saëns – dont on commémore le centenaire de la mort – par ses symphonies : Saint-Saëns #100 Les Symphonies, à l’occasion de la publication d’une formidable intégrale due à Jean-Jacques Kantorow et à l’Orchestre philharmonique royal de Liège.

Le grand violoniste et chef d’orchestre était jeudi soir à l’Auditorium de Radio France pour écouter un pianiste qu’il connaît bien, son propre fils, Alexandre, dans le 5ème concerto pour piano, dit « L’Egyptien », de Saint-Saëns.

L’Orchestre national de France était dirigé par Kazuki Yamada, qui remplaçait Cristian Macelaru empêché.

Je ne dirais pas mieux qu’Alain Lompech, présent quelques rangs derrière moi, qui écrit ceci sur Bachtrack : Et « L’Egyptien » de Saint-Saëns ? Alexandre Kantorow en aura été le patron. Son piano est d’une précision aussi hallucinante qu’elle est au service d’un propos plein d’esprit et pur de toute volonté de paraître. Son jeu est tout de grâce et d’élégance, d’une telle variété d’attaques et de nuances et d’une telle puissance de pensée que l’orchestre et le chef sont à son écoute. La façon virevoltante dont il joue les traits les plus véloces, tout comme sa façon de prendre un tempo un peu rapide dans le fameux thème andalou du deuxième mouvement sont irrésistibles au moins autant que sa virtuosité incandescente et joueuse dans la toccata conclusive. Triomphe. Il revient jouer la Première Ballade de Brahms avec le son transparent et timbré du jeune Horowitz ou mieux encore de Michelangeli en public dont le clavier donnait l’impression de faire 20 centimètres de profondeur, comme celui de Kantorow ce soir ! Triomphe encore. Tiens ? Il revient avec son iPad pour un second bis, ce qui est rare après un concerto. Et là – le traître ! –, joue la Cancion n° 6 de Mompou. Trois accords : les lunettes s’embuent. On est au-delà de l’exprimable, dans des sphères de la conscience de chacun auxquelles seuls quelques rares élus se connectent. Kantorow est l’un d’eux« 

On peut (on doit !) réécouter Alexandre Kantorow sur francemusique.fr (à partir de 18’30 »)

Et bien sûr acquérir la nouvelle référence discographique des trois derniers concertos, enregistrée il ya deux ans, par le père et le fils :

Intégrales

Jadis rares, les intégrales des 5 concertos pour piano de Saint-Saëns se sont multipliées ces dernières années, intégrales inégales, pas toujours bien enregistrées (Ciccolini/Baudo, Entremont/Plasson). Trois me semblent sortir du lot :

Souvent citée la pianiste française Jeanne-Marie Darré (1904-1999) reste une référence avec cette intégrale réalisée avec Louis Fourestier et l’orchestre national entre 1955 et 1957. Ou quand chic et virtuosité font bon ménage !
Autre intégrale sortie vainqueur d’une écoute comparée (dans Disques en lice, la « tribune » de la Radio suisse romande), Jean-Philippe Collard et André Previn dirigeant le Royal Philharmonic de Londres

Moins connue peut-être, mais passionnante, la vision du pianiste anglais Stephen Hough accompagné par Sakari Oramo et l’orchestre de Birmingham (Hyperion)

L’esprit de Saint-Saëns

Je pourrais citer bien d’autres versions intéressantes. Quelques-uns de mes choix de coeur.

Pour le 2ème concerto

Artur Rubinstein avait tout compris de l’esprit du 2ème concerto. Ma version de chevet.

Peut-on trouver plus émouvant que cette ultime captation d’une oeuvre que le pianiste a jouée durant toute sa carrière, ici au soir de sa vie avec André Previn au pupitre de l’orchestre symphonique de Londres ?

Autre version sortie largement en tête d’une Table d’écoute sur Musiq3 (RTBF), le tout premier disque de concertos de Benjamin Grosvenor. Le tout jeune pianiste anglais y fait preuve d’une inventivité, d’un esprit ludique, qui nous fait redécouvrir littéralement une oeuvre qu’on croyait bien connaître.

Pour les 2 et 5

Je n’oublie pas l’excellent Bertrand Chamayou, plusieurs fois entendu au concert – l’Egyptien au Festival Radio France à Montpellier en 2016, en 2017 à Paris avec Emmanuel Krivine…

Rareté

On ne peut pas dire que le Quatrième concerto de Saint-Saëns soit souvent à l’affiche du concert. Je ne l’ai personnellement jamais entendu « live » ! C’est dire si la version qu’en ont laissée Robert Casadesus et Leonard Bernstein est précieuse

Inauguration

Cristian Măcelaru inaugurait hier soir son mandat anticipé* de directeur musical de l’Orchestre National de France, avec un programme emblématique de ses ambitions de répertoire.

La musique française

J’ai eu le privilège de rencontrer longuement, en juillet dernier, le chef originaire de Timisoara, tout jeune quadragénaire, pour parler projets pour les prochaines éditions du Festival Radio France Occitanie Montpellier – puisque l’Orchestre National comme l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Choeur et la Maîtrise de Radio France sont des invités réguliers du festival !

Je dois confesser avoir rarement rencontré un chef aussi curieux de répertoires moins rebattus, qui ne réduit pas la musique française à Berlioz, Debussy et Ravel, et qui paraît bien décidé à entraîner ses musiciens et le public à des découvertes salutaires. Quand on pense que la dernière intégrale des symphonies de Saint-Saëns par un orchestre français remonte à quarante-cinq ans ! C’était Jean Martinon et le même orchestre alors appelé Orchestre national de l’ORTF.

Pour son programme inaugural, Cristian Măcelaru avait d’ailleurs choisi la symphonie op.55 de Saint-Saëns, présentée comme la n°2 alors que c’est la quatrième écrite, une symphonie brève (20 minutes) en quatre mouvements, dont un finale virtuose, créée à Leipzig le 20 février 1859.

Benjamin Grosvenor

L’autre bonne nouvelle de cette saison 20-21 de Radio France c’est la résidence du pianiste anglais Benjamin Grosvenor, 28 ans tout juste, que j’avais invité à Liège le 17 mai 2014 pour un récital magique, qui avait impressionné le public nombreux de la Salle philharmonique.

L’intelligence musicale, la technique superlative de ce jeune homme ne cessent de m’enchanter depuis ses débuts. Sa discographie en témoigne éloquemment. Je peux livrer un scoop à mes lecteurs : Benjamin Grosvenor sera de l’édition 2021 du Festival Radio France !

Hier soir il jouait le deuxième concerto de Rachmaninov. Placé au premier balcon, en surplomb du piano et du pianiste – ce qui m’arrive rarement dans une salle de concert – j’ai pu apprécier l’extraordinaire maîtrise de l’interprète sur son clavier. Et j’ai entendu ce « tube » comme j’aime l’entendre : poétique, d’une virtuosité qui ne passe jamais avant l’expression, le pianiste en osmose avec l’orchestre – sublime deuxième mouvement dans le dialogue avec les bois, en particulier la clarinette – bienvenue à Carlos Ferreira arrivé en juillet dernier à l’orchestre !

Le concert était diffusé en direct sur France Musique et Arte Concert et on peut évidemment le revoir et l’entendre ici :

* Le chef roumain ne devait entrer en fonction qu’en septembre 2021, la démission d’Emmanuel Krivine au printemps dernier l’a conduit à avancer d’un an sa prise de fonction.

Retour à la vie

C’était l’événement, le premier concert dans le monde dans une salle de concert devant un vrai public – 600 personnes ! – depuis le début du confinement. Ce 25 juin, Michel Orier, le directeur de la Musique et de la Création de Radio France, a eu les mots justes : « 105 jours sans vous, c’est long, trop long », après qu’une puissante salve d’applaudissements a salué l’arrivée sur la scène de l’Auditorium de Radio France les musiciens de l’Orchestre National de France.

IMG_0820

Le temps retrouvé

IMG_0832

Un orchestre qui ne peut encore (mais bientôt ?) jouer en grande formation, notamment avec les vents et les cuivres, des pupitres de cordes donc très sollicités.

IMG_0833

Un programme admirable, idéalement conduit par François-Xavier RothPeu sont capables comme lui de passer d’une symphonie du plus original des fils Bach, Carl Philip Emanuel au Divertimento de Bartók

Je me rappelle toujours avec bonheur – même si l’aventure fut de courte durée – les programmes imaginés dans l’enthousiasme avec le chef français pour son concert inaugural de directeur musical de l’Orchestre philharmonique royal de Liège en 2009 : Haendel (Royal fireworks), Haydn (symphonie n°96) et Holst (Les Planètes) ! Pas moins !

Conjurer l’angoisse

Comme Daniele Gatti le 11 juin dernier avec la 2ème symphonie d’Honegger (1941), le programme d’hier soir reprenait deux oeuvres quasi-contemporaines, écrites en 1939-1940, à la demande du chef et mécène suisse Paul Sachercomme de Double concerto pour cordes, piano et timbales de Martinů.

Le compositeur explique la frénésie de ce concerto par la pesanteur des années précédant la Seconde Guerre mondiale : « J’ai voulu me dégager de cette oppression, me défendre par mon travail et lutter contre cette menace qui devrait tourmenter chaque artiste et chaque homme dans ses convictions les plus profondes »

IMG_0837

Cédric Tiberghien avait rejoint les cordes et le timbalier de l’Orchestre National de France. Et ce fut sans doute une découverte pour une majorité du public présent comme de celui qui suivait le concert sur France Musique et/ou sur ArteConcert.

Concert à réécouter/revoir dans son intégralité ici sur francemusique.fr

Le Divertimento de Bartók

C’est dans le chalet de son commanditaire, Paul Sacher, près de Saanen (en Suisse), que Bartókcompose du 1er au 17 août 1939, cette oeuvre au titre paradoxal, qui n’a vraiment rien d’un aimable divertissement qui exprime « l’angoisse de l’auteur confronté à la guerre qui menace ». L’oeuvre est créée le 11 juin 1940 par l’orchestre de chambre de Bâle. Deux mois plus tard le compositeur s’exile aux Etats-Unis où il mourra en 1945 au terme d’un véritable chemin de croix physique et moral.

Il se trouve que c’est l’oeuvre qui m’a fait découvrir et aimer Bartok, lors de l’un des rares concerts auxquels j’ai pu assister, adolescent, à Poitiers (La découverte de la musique)Et à la différence du Concerto pour orchestre ou de la Musique pour cordes, percussions et célesta, elle reste peu programmée au concert.

IMG_0838

C’est donc avec une intense émotion que j’ai entendu ce Divertimento hier soir. Une vision, une version d’anthologie, sous la houlette de la merveilleuse Sarah Nemtanu – qui chantait dans son arbre généalogique – et de François-Xavier Roth restituant idéalement douleur et nostalgie, effroi et espérance, d’une partition si profondément bouleversante

43tsst3s

Au disque, des chefs d’origine hongroise pourtant comme Ormandy ou Solti ont trop gommé les aspérités, les racines populaires du Divertimento. Boulez à Chicago est tellement dans la musique pure qu’il passe à côté de l’oeuvre.

Pour moi, il n’y a guère que deux références, Sandor Vegh (1912-1997) et Antal Dorati (1906-1987).

61VOJqczCwL

414AA01YPtL._AC_

Après le concert

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, on a retrouvé, après le concert, une adresse qu’on avait tellement aimée et qu’on avait vu lentement dépérir ces derniers mois – Chaumette rue Gros, rouverte il y a trois semaines sous un autre nom, mais avec le même décor, le même chef, cette cuisine joyeuse et goûteuse, ces vins aimables servis à la ficelle, comme dans la bonne tradition lyonnaise. Des serveurs virevoltant d’une table à l’autre, dans la bonne humeur et l’efficacité. On aura de nouveau plaisir à y revenir…

IMG_0840

De tristesse et d’espoir

Tous au paradis

Encore un coup monté ! Jean-Loup Dabadie dimanche dernier, Guy Bedos hier. La camarde a fauché large cette semaine dans le camp du bonheur.

Tout a été dit sur ces deux-là, que je n’ai pas connus autrement que comme auditeur et spectateur, les scénarios, les chansons, les sketches de l’un et l’autre, de l’un pour l’autre souvent.

Le hasard a voulu que j’achève la lecture de ces souvenirs, ou plutôt de ces bribes, de Guy Bedos juste au début du confinement.

81SkhfpQfvL

Départ et retour à Radio France

Au moment où Michel Orier, le directeur de la musique et de la création de Radio France, annonçait sur l’antenne de France Musique, hier matin, une excellente nouvelle, la reprise dès le 9 juin des concerts, entre autres, de l’Orchestre National de France et de l’Orchestre philharmonique de Radio France à l’Auditorium de la Maison de la radio,

img_3515

Emmanuel Krivine, directeur musical de l’Orchestre National depuis le 1er septembre 2017, annonçait sa démission à effet immédiat « pour raisons personnelles », alors que son mandat courait jusqu’à 2021.

Je regrette cette décision, même si elle ne me surprend pas tout à fait. Je connais le chef français depuis 1987, à qui m’unit un lien particulier. J’ai été fier d’avoir pu contribuer à sa nomination à la tête de l’Orchestre National, de l’avoir fait revenir diriger cet orchestre dès septembre 2015 dans le cadre du festival de Montreux, j’ai été heureux de l’accueillir à Montpellier à trois reprises en 2017, 2018 et 2019 (quel souvenir cette Seejungfrau de Zemlinsky). Nous avions encore un beau projet pour l’été 2020…  Reste l’amitié, l’admiration pour l’un de nos plus grand chefs.

Les Métamorphoses de Renaud Capuçon

Je ne regrette pas le billet que j’ai écrit avant-hier (Les frères Capuçon sont-ils détestables ? ) même s’il m’a valu, comme c’était prévisible, des commentaires plus ou moins obligeants, venant – et le phénomène ne me surprend malheureusement pas ! – de lecteurs qui appliquent leur propre prisme à un texte dont ils ne retiennent que ce qui va dans ou contre leur sens ! Ainsi mon billet ne serait qu’une suite de gentillesses, de compliments à l’endroit de Renaud et Gautier, et l’expression de ma complaisance à l’égard de leurs initiatives médiatiques. J’invite chacun à relire, sans lunettes déformantes, ce que j’ai écrit !

Comme je n’ai nulle part écrit que Renaud Capuçon était le plus grand violoniste du siècle, que je sais son talent et ses limites, je n’en suis que plus à l’aise pour dire combien j’ai été touché, ému, profondément, par le magnifique concert que la pub de la Philharmonie de Paris a présenté comme celui de « Renaud Capuçon and Friends ».

safe_image

à voir absolument ici :

https://www.arte.tv/fr/videos/097996-002-A/renaud-capucon-friends-jouent-les-metamorphoses-de-strauss/

Les Métamorphoses, pour 23 cordes solistes, de Richard Straussont été achevées en avril 1945. Sublime tombeau et hommage à la civilisation allemande anéantie par la Seconde guerre mondiale et le nazisme.

Et message d’espérance tout autant, après la sinistre période que nous venons de traverser, qui semble prendre fin avec les annonces du Premier ministre hier.

 

 

 

 

 

Ouvertures

A Radio France, comme ailleurs, on « rentre ». Il y a des sortes de pré-rentrées, l’Orchestre National de France s’est déplacé à Bucarest (Festival Enesco), à Lucerne, mais à Paris c’était hier le soir de rentrée.

Berlioz Krivine

Rentré trop tard de Montpellier, j’ai manqué la soirée. Emmanuel Krivine dirigeait un programme tout Berlioz. A réécouter ici : France Musique : concert de rentrée de l’Orchestre National de France.

J’eusse aimé entendre, dans l’acoustique chaleureuse de l’Auditorium de Radio France, le velours corsé de la chanteuse québecoise Marie-Nicole Lemieux dans Les Nuits d’été, le plus beau cycle de mélodies avec orchestre jamais écrit par un compositeur français.

La voix de Marie-Nicole Lemieux

Surtout après avoir écouté le tout récent disque qu’elle signe avec Paul Daniel et l’Orchestre national Bordeaux-Aquitaine, une authentique réussite qui tient autant à l’originalité du couplage qu’au somptueux mariage de la voix de Marie-Nicole Lemieux et des moirures orchestrales que le chef britannique dessine amoureusement.

A1XJLOC4-mL._SL1500_.jpg

On se demande bien pourquoi nul n’a jamais songé auparavant à un couplage qui tient pourtant de l’évidence entre les Sea Pictures d’Elgar (1899) et le Poème de l’amour et de la mer de Chausson (1892). La rareté ici est La Mer, cycle de quatre mélodies, de Victorin de Joncières (1839-1903), un compositeur dont, grâce aux travaux du Palazzetto Bru Zane, on redécouvre l’oeuvre.

Nuits d’été

Un disque à écouter et réécouter absolument. J’en profite pour remettre en lumière un autre beau disque, passé malheureusement un peu inaperçu à sa sortie. Là aussi un couplage très original, un chef – Paul Daniel – complètement à son aise dans les trois partitions à la tête d’une phalange idéale dans ces répertoires, l’Orchestre philharmonique royal de Liège, et une chanteuse, Anne-Catherine Gillet, qui trace un chemin sûr sur les meilleures scènes d’opéra.

41Xarj5Q00L._SS500_

Ce soir, c’était une autre ouverture, celle de l’Orchestre de chambre de Paris, avec Don Giovanni de Mozart. On en reparle demain !