Notes d’Arménie

Les commémorations du centenaire du premier génocide du XXème siècle, celui qui a décimé une grande part du peuple arménien, ont au moins permis de rappeler à nos mémoires bien oublieuses que l’extermination de masse n’a pas commencé – et ne n’est pas terminée – avec Hitler et le nazisme.

Le plus étonnant, le plus navrant, est qu’on n’ose pas encore, dans certains pays, et pas des moindres, reconnaître cette monstruosité, au motif qu’on ne doit pas mécontenter la Turquie, dont chacun peut observer l’intense respect de la démocratie qui anime ses dirigeants actuels.

Qu’en est-il de la musique arménienne, de ses créateurs, compositeurs, interprètes ?

On a lu le beau papier consacré par Le Monde à l’ami Alain Altinoglu (http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/04/18/alain-altinoglu-revient-sur-son-passe-armenien_4618467_3246.html?xtmc=altinoglu&xtcr=1). On se rappelle l’émotion partagée avec un autre chef d’orchestre, George Pehlivanian, lauréat du Concours de Besançon en 1991, qui se vit aussitôt invité et reçu en héros à Erevan, capitale d’une Arménie à peine sortie de l’Union Soviétique, où tout manquait, nourriture, électricité, et où, pour fêter le premier Arménien à avoir gagné un aussi prestigieux concours, on illumina la salle de concert, on rameuta tous les musiciens présents. George de retour me montra la vidéo d’une Symphonie fantastique qui n’avait jamais si bien porté son nom. Le même George Pehlivanian dirige ce dimanche à Bruxelles un concert-fleuve d’hommage à la mère-patrie de ses ancêtres

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On ne va pas dresser ici la liste prestigieuse de ces musiciens qui n’ont jamais oublié leur histoire, l’histoire de leur peuple, et qui l’ont au contraire honorée.

Du côté des compositeurs, la figure de proue est évidemment Aram Khatchatourian (1903-1978), regardé le plus souvent en Occident avec ce dédain condescendant qu’on réserve aux compositeurs « folkloristes ». Sauf que son oeuvre ne se réduit pas à La danse du sabre ou à la valse de Mascarade. Les auditeurs de Liège ont pu s’en apercevoir en mars dernier lorsque George Pehlivanian précisément dirigea la monumentale 3e symphonie avec orgue de Khatchatourian, écrite en 1947, tout emplie des fureurs de la guerre. L’orchestre philharmonique de Vienne ne fut pas moins surpris de découvrir et d’enregistrer, en 1962, sous la direction du compositeur, sa 2e symphonie, datant de 1943, « Le tocsin » qui n’eut pas tout à fait la même célébrité que la 7e symphonie de son contemporain Chostakovitch

Les partitions les plus authentiques, celles qui rattachent Khatchatourian à ses racines arméniennes, sont sans aucun doute ses ballets, notamment Gayaneh. 

Petite collection personnelle d’enregistrements indispensables :

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Bien évidemment la musique arménienne ne se réduit pas à cette seule figure. Il faut citer celui qui en a été le héros autant que le héraut, Komitas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Komitas), il faudrait rendre hommage à tous ceux, toutes celles  surtout qui ont assuré la transmission orale du patrimoine musical traditionnel millénaire de l’Arménie.

On aime aussi ce disque tout récent, qui montre de nouveaux visages de l’Arménie musicale.

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