Berlioz à Versailles

On avait quitté un ténor épuisé mais rayonnant après avoir chanté l’inchantable rôle de Fervaal de Vincent d’Indy le 24 juillet dernier à Montpellier (#FestivalRF19)

IMG_4454On était impatient de retrouver Michael Spyres dans le Benvenuto Cellini de Berlioz ce dimanche à l’Opéra royal de Versailles.

D’abord on n’est jamais déçu quand on vient à Versailles, tant la programmation de Laurent Brunner est captivante. Et les lieux inspirants.

L’affiche de ce dimanche était de surcroît l’une des plus prometteuses qui se puissent imaginer. John Eliot Gardiner (qu’on avait entendu l’an passé au festival Berlioz.. mais diriger des cantates de Bach – Les Nuits de la Côte) à la tête de ses ensembles, le Choeur Monteverdi et l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique. Et une distribution de haut vol, quoique inégale :

Michael Spyres Benvenuto Cellini
Sophia Burgos Teresa
Maurizio Muraro Giacomo Balducci
Lionel Lhote Fieramosca
Tareq Nazmi Pope Clement
Adèle Charvet Ascanio
Vincent Delhoume Francesco
Ashley Riches Bernardino
Duncan Meadows Perseus

Je laisse aux spécialistes le soin de critiquer les performances vocales des uns et des autres. J’ai pour ma part retrouvé la flamboyance de Michael Spyres, et distingué les prestations d’Adèle Charvet (elle aussi présente à Montpellier en juillet dernier… comme chaque année ou presque !), ou Lionel Lhote, mais plus que tout la direction magistrale de Gardiner et l’exceptionnelle cohésion de ses troupes. Le Choeur Monteverdi est soumis à rude épreuve tout au long de l’ouvrage par l’écriture virtuose de Berlioz d’abord et la redoutable précision de la baguette du chef britannique.

On est d’autant plus impatient de voir le DVD qui sera publié de cette représentation.

En attendant, on peut, on doit même écouter cette déjà riche collection d’enregistrements berlioziens de John Eliot Gardiner

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Les hasards du placement m’avaient fait asseoir à côté d’un voisin, que je n’ai reconnu qu’à la fin du concert, le chanteur Pascal Bertin qui a annoncé il y a quelques jours qu’il cessait de chanter pour se consacrer à d’autres activités, comme la direction artistique du festival de Pontoise. Ce qu’il dit de la musique et de son festival ne peut que nous inviter à partager quelques belles prochaines soirées. Une interview à lire ici.

La petite histoire (IV) : déjeuner royal

En Belgique, le Concours Reine Elisabeth est une institution que nul ne peut ignorer. Chaque année, des moyens publics et privés très importants sont mobilisés pour assurer à ce concours un rayonnement médiatique dont ne bénéfice aucune autre entreprise culturelle – orchestre, opéra, festival – du pays. Je me suis déjà exprimé sur le sujet : De l’utilité des concours.

Chaque année, le Concours organise (organisait ?) à Bruxelles un déjeuner pour ses généreux donateurs, pour les membres du jury de la discipline concernée et ses partenaires, sous la présidence d’un membre de la famille royale. J’ai eu le privilège (!), comme directeur de l’orchestre philharmonique de Liège, qui assume certains concerts des lauréats, d’être invité deux ou trois fois à ces déjeuners. Ils étaient alors présidés par la Reine Fabiola (prononcer : la Rhin-ne !), la veuve du Roi Baudoin, brutalement décédé au cours de l’été 1993 dans sa résidence d’été en Espagne.

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Nous prenions place autour de tables rondes, au Palais d’Egmont, selon un plan de table soigneusement revu par le protocole de la Maison du roi. Les invités devisaient debout près de leur table, attendant que la Reine paraisse, vêtue de mauve, de pourpre ou de rose ancien, coiffure bouffante. Le rituel était immuable : Fabiola était accompagnée par le comte Jean-Pierre de Launoit, inamovible président du Concours jusqu’à sa mort en 2014 et intime de la famille royale de Belgique, elle saluait d’un discret signe de tête les personnes qu’elle reconnaissait et, plus rarement, elle tendait une main fine et molle à ceux que Jean-Pierre de Launoit lui indiquait. J’eus ainsi le privilège d’être distingué et de m’entendre dire de la royale bouche : « J’aime beaucoup votre orchestre » !

Inutile de dire que, ce jour-là, je bénéficiai soudain d’une attention soutenue de la part de mes voisines de table (nous n’y étions que deux représentants de l’espèce masculine) qui, jusque là, m’avaient soigneusement ignoré, ne faisant même pas semblant, comme on le fait d’ordinaire chez ces gens-là, de manifester un tant soit peu d’intérêt pour ma fonction ou ma personne. Je n’en avais cure – j’ai toujours fui les mondanités et les mondains ! – parce que l’occasion m’était donnée de parler avec l’un des plus grands chanteurs de l’époque, l’un de ceux que j’avais entendus et admirés si souvent au disque (Istvan Kertesz à Vienne), le grand baryton-basse finlandais Tom Krause (1934-2013)

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Cette année-là, les épreuves du Concours étaient réservées au chant, et lors de ce déjeuner, j’apercevrais aussi Joan Sutherland et Grace Bumbry !

J’eusse aimé être placé à table à côté de Tom Krause, mais le protocole avait placé entre nous une dame sans doute très importante qui nous assomma durant tout le repas des soucis de son mari banquier. À ma droite était assise une autre dame qui avait dû être très belle dans sa jeunesse, qui débitait banalités et fadaises sur la musique et les musiciens avec une telle bonne humeur que je l’aurais presque remerciée d’égayer cette sinistre tablée.

Heureusement les déjeuners « royaux » ne durent jamais longtemps. Sitôt le café servi, les convives se levaient de table et se saluaient avant de prendre congé. Je pris encore un peu de temps pour converser avec Tom Krause, nous fûmes évidemment interrompus par ces dames qui ne voulaient pas être impolies avec celui qui avait été distingué par la Reine Fabiola (« Vous devez être quelqu’un d’important ! » me dit l’une d’elles) et accessoirement avec l’autre homme de la table, qu’aucune n’avait reconnu ni identifié (« Et vous Monsieur vous êtes musicien? », « Vous êtes professeur ? vous enseignez quoi? »).

La honte m’étreignait, j’eus beau essayer de rattraper les bêtises entendues (« Vous aurez bien sûr reconnu l’un des plus grands chanteurs de notre temps, Tom Krause »), c’était peine perdue, et le premier à s’en amuser était Tom Krause lui-même.

J’ai fait allusion à un autre de ces déjeuners dans un récent billet : Demandez le programme !

Difficile de faire une sélection dans la discographie considérable de Tom Krause. Quelques-uns de mes disques préférés :

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Femmes en scène

Un jeudi assombri par la nouvelle qui s’affichait sur mon écran de smartphone tandis que j’étais à l’Opéra Bastille : une nouvelle attaque sur les Champs-Elysées. Tristesse, compassion pour les victimes, et plus tard consternation face à certaines réactions ou récupérations irresponsables…

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La journée avait pourtant bien commencé sous l’égide des femmes : l’annonce de la nouvelle cheffe de l’Opéra royal de Wallonie, dont le prénom est déjà tout un programme, Speranza Scappucci

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Puis déjeuner programmé de longue date avec une artiste que je connais, suis et admire depuis ses débuts, Nathalie Stutzmannqui triomphait il y a quelques semaines dans la fosse de l’Opéra de Monte Carlo.

Nathalie me racontait les bonheurs (et les charges de travail) que lui procure son travail de chef d’orchestre – elle est invitée, et immédiatement réinvitée par les grandes phalanges (Sao Paulo, Londres, Rotterdam, Philadelphie…) qui ne se et ne lui posent pas la question stupide de sa « féminité ».  Et nous avons parlé (beaux) projets pour de prochaines éditions du Festival de Radio France

Hier soir c’était la deuxième représentation de l’ouvrage de Rimski-Korsakov, Snegourotchkasur le vaste plateau de l’Opéra Bastille. Un mot d’abord de la traduction française retenue par l’opéra de Paris : La fille de neige. Aussi peu poétique, à la limite du compréhensible. D’ailleurs dans la traduction qui défile au-dessus de la scène, l’héroïne est appelée Fleur de Neige, un nom autrement plus évocateur de ce personnage créé par le dramaturge Alexandre Ostrovski.

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Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Conte de printemps – c’est le titre complet de l’oeuvre Снегу́рочка Весенняя сказка – fait une entrée remarquée au répertoire de l’Opéra de Paris.

Un paysan et sa femme se désolent de ne pas avoir d’enfants. Un jour d’hiver, pour se distraire, ils décident de fabriquer un enfant de neige. Celui-ci prend vie : c’est une belle petite fille, qui grandira rapidement, tout en gardant un teint pâle comme la neige : on l’appelle Snégourotchka. Lorsque le printemps arrive, la jeune fille manifeste des signes de langueur. Les autres jeunes filles du village l’invitent à jouer avec elles, et sa mère adoptive la laisse partir à regret. Elles s’amusent et dansent, Snégourotchka restant toujours en arrière, puis l’entraînent à sauter par-dessus un feu de joie : à ce moment, elles entendent un cri, et en se retournant, elles découvrent que leur compagne a disparu. Elles la cherchent partout sans succès : Snégourotchka a fondu, et il n’en est resté qu’un flocon de brume flottant dans l’air.

Ostrovski a conservé, magnifié l’esprit de ce conte, en y rajoutant évidemment des histoires d’amour croisées et contrariées. C’est Tchaikovski qui en avait écrit la musique de scène en 1873, avant que Rimski-Korsakov n’en fasse un opéra en un prologue et quatre actes, créé au Marinski de Saint-Pétersbourg en janvier 1882.

Que dire de ce qu’on a vu et entendu à l’Opéra Bastille ?

Le bonheur l’emporte largement sur les critiques. Certes on s’attendait à plus d’audace ou d’irrévérence de la part du metteur en scène Dmitri Tcherniakovqui restitue à merveille l’esprit du conte originel (souvenirs d’enfance ?). Certes on eût aimé une direction moins routinière, atone (mais n’est pas Gergiev qui veut !). Certes on a été surpris du peu de projection de Thomas Johannes Mayer (l’amoureux Mizguir).

Mais on a été ébloui, de bout en bout, par la beauté de la voix, l’incarnation du personnage, de la jeune soprano russe Aida Garifullina.

Ses comparses n’étaient pas en reste : le berger Lel est chanté par un contre-ténor – Yuri Mynenko, look de pop star 80’s, la jalouse et hystérique Koupava est parfaitement campée par Martina Serafin, la Dame Printemps (la mère de Snegourotchka) après plusieurs défections revient au beau contralto d’Elena Manistina, le père Gel est confié au vétéran Vladimir Ognovenko, etc.. Un spectacle capté pour la télévision, à voir ou revoir bientôt donc !

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En attendant, on peut écouter cette nouveauté

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et (re)découvrir d’autres opéras de Rimski-Korsakov, dans les versions insurpassées de Valery Gergiev, en particulier la merveilleuse Légende de la ville invisible de Kitège.

Programme ou projet ?

Premier constat : depuis 1974 j’ai suivi toutes les campagnes présidentielles – et participé à certaines d’entre elles – , celle que nous vivons est sans doute unique, si pas vraiment inédite. Moins que jamais on ne peut prédire, prévoir l’issue du scrutin du 23 avril (et par voie de conséquence de celui du 7 mai). « Ce qui est probable devient hautement incertain » (Gilles Boyer, ex-directeur de campagne d’Alain Juppé)

Les favoris perdants

On avait déjà observé que les favoris de la course, six mois avant la date fatidique, n’en étaient jamais les gagnants. En 1974 après la mort de Pompidou, avantage Chaban-Delmas, Mitterrand en embuscade, et finalement Giscard élu de peu. En 1981 – tout le monde l’a oublié – jusqu’en janvier les sondages donnaient VGE réélu, victoire de Mitterrand. En 1988, la logique eût voulu que la droite revenue majoritaire au Parlement en 1986 reprenne la présidence, Mitterrand réélu largement. En 1995, Balladur était élu dans un fauteuil, Delors ayant renoncé et Chirac replié dans son Hôtel de Ville parisien, Jospin en tête du 1er tour, Chirac élu. En 2002, le grand choc que personne n’avait vu venir, Le Pen au second tour.

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En 2007 et 2012, surviennent, à gauche, les « primaires » – en complète contradiction avec la réforme constitutionnelle de 1962 instituant l’élection présidentielle au suffrage universel direct et donc un lien sans intermédiaire entre le peuple et les candidats à la magistrature suprême. Qui prévoyait que Ségolène Royal allait balayer des concurrents aussi capés que Strauss-Kahn et Fabius à la primaire socialiste de 2006 ? Qui prévoyait en 2011 que le même DSK serait écarté d’une primaire qu’il aurait eu toutes les chances de remporter ? Et, ces dernières semaines, qui pouvait imaginer les victoires de François Fillon à droite et de Benoît Hamon à gauche, et même le renoncement de François Hollande ?

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Une situation unique, mais pas inédite

Ce qui caractérise le paysage présidentiel, deux mois et quelque avant le premier tour, c’est que rien n’est joué entre les principaux candidats, comme le note la dernière enquête du CEVIPOFMarine Le Pen est toujours en tête – mais elle est la seule à avoir déjà fixé la majorité de ses électeurs – les autres se tiennent dans un mouchoir, si l’on veut bien prendre en compte la marge d’erreurs de ce type de sondage. Et la volatilité des intentions de vote est une donnée inquiétante pour les candidats.

On répond qu’une fois – mais quand ? – qu’on entrera dans le vif du sujet, programme contre programme, les tendances s’affirmeront… Voire.

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Aucune élection présidentielle n’a jamais été gagnée depuis 40 ans sur un programme, ou plus exactement tout le monde sait, à commencer par les électeurs, que les propositions, engagements, programmes (communs ou non) ne sont pas déterminants dans les raisons de leurs votes.

Un projet, une personnalité

Les Français, tous les cinq ans maintenant, se donnent le sentiment (l’illusion ?) de voter pour le monarque sans couronne, qui sera responsable et comptable, et parfois coupable, de tout, du destin du pays, de leur sort personnel. Ils ont envie de croire qu’un homme – ou une femme – peut tout changer, tout décider…

Mais on ne choisit pas un président comme une majorité parlementaire. On ne demande pas au président de se substituer au gouvernement. Il lui faut tracer une perspective, un objectif, un projet qui entraîne le pays au-delà des difficultés de l’heure.

L’extrême droite l’a compris, qui tient le même discours depuis vingt ans : repli sur soi, sortie de l’Europe. Hamon l’a compris, lors de la primaire de la gauche, avec son idée de revenu universel. Mélenchon c’est déjà plus flou, la France insoumise ce n’est pas un projet, ni même une idée. Fillon – indépendamment de ses ennuis actuels – tenait une posture – la réforme radicale – mais il est devenu inaudible dès que s’est enclenchée la bataille des chiffres (500.000 fonctionnaires de moins ? 100 milliars d’économies ?). Et Macron ? « Il n’a pas de programme », il ne chiffre pas ses propositions (L’absence de programme). Mais, concession à la pression médiatique, il annonce pour le 22 février le « cadrage budgétaire » de son programme/projet. Il a déjà parlé de 60 milliards d’économie.

Je n’ai aucun conseil à donner aux candidats, mais, encore une fois, ce n’est pas un programme, un projet de loi de finances, qu’on leur demande. Mais de nous dire le projet, le rêve même, l’ambition qu’ils ont pour le pays, l’Europe et le monde. En somme l’idée qu’ils ont de la France.

 

La vie devant soi

Ce week-end j’avais charge d’âme, un petit bonhomme qui dévore la vie avec une bonne humeur rafraîchissante.

img_7019(Un joli spectacle bien mené au Théâtre des Mathurins)

Justement la fraîcheur est d’actualité, selon Ségolène Royal Macron amène de l’air à la politique.

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On ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron ait manqué de souffle pour son premier grand meeting de campagne à Paris…

J’ai entendu quelques-uns des propos de Jean-Muc Mélenchon sur France Inter. Son éloge des « révolutions démocratiques d’Amérique du Sud » ne passe pas, vraiment pas…

Quant à l’entrée en campagne pour la primaire de la gauche d’un ancien ministre socialiste – un de plus ! -, au retrait d’une autre ancienne ministre, à la candidature d’une ex-ministre, ex-présidente, ex-amie de Ben Aliils n’ont pas franchement bouleversé mon dimanche.

En revanche, bien faible écho dans les médias français, ceux que j’ai vus en tout cas, de l’attaque terroriste sauvage dans une église du Caire

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On a plus parlé d’Istanbul et de l’attentat qui visait les forces de l’ordre aux abords du stade de Besiktas. La hiérarchie de l’actualité est-elle fonction du nombre de morts ?

Evidemment souvenirs de ce récent séjour : la route qui descendait de Beyoglu pour nous conduire de l’autre côté du pont de Galata longeait ce stade aux proportions impressionnantes… (voir Les rues d’Istanbul,  Le choix de la liberté).

Quant à la Syrie, que dire qui n’ait déjà été dit face à l’horreur absolue de l’agonie d’Alep et que penser du sinistre retournement de situation à Palmyre ?

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Il faut parfois beaucoup de rires d’enfants, de regards émerveillés devant une vitrine de Noël, un sapin illuminé, pour faire semblant d’oublier la fureur du monde…

Lisboa meu amor

Je n’étais pas revenu au Portugal depuis le printemps 2000 – une courte semaine à Lisbonne et dans l’Algarve – De Lisbonne je n’avais qu’un vague et sympathique souvenir.

Quel changement spectaculaire en seize ans !

Heureusement que mon premier chauffeur de taxi m’avait dit que le flot des touristes et l’extrême chaleur de l’été avaient maintenant cessé… Ce week-end le thermomètre a allègrement franchi les 30°, quant aux touristes, j’ai eu plus d’une fois l’impression d’être cerné par la foule. Essentiellement francophone. Lisbonne serait-elle devenue la dernière destination à la mode ? Il faut croire que oui…

Je reviens ébloui de ces quatre jours dans la capitale portugaise et ses environs. Pas seulement par la beauté des villes et des sites, mais aussi par le sentiment de prospérité, de dynamisme, qui saute aux yeux de l’étranger qui débarque, informé (intoxiqué ?) par les médias d’une situation économique critique au regard des critères européens… Qui dit vrai ?

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D’autres photos suivront, une fois sélectionnées parmi quelques centaines prises dans les multiples coins, recoins, ruelles, escaliers de cette ville aux mille visages. Et de Sintra et Queluz, royales et romantiques.

Des images spectaculaires ou étonnantes à voir ici :

Extrême Occident

Le Gotha à Disneyland

Suites et conséquences

Privilège de l’âge ou d’une expérience professionnelle  qui commence à devenir conséquente, je suis souvent interrogé – un directeur de festival doit faire le service « avant-vente » ! – sur mon parcours personnel, mes fonctions passées, toutes questions qui n’ont pas grand intérêt de mon point de vue. Mais si le passé éclaire l’avenir, alors, en effet, ce qu’on a essayé, raté ou réussi, peut aider à comprendre les raisons d’un choix, d’une orientation, d’une conviction.

Je disais encore tout récemment au micro d’une radio associative de Montpellier que ma seule passion, mon seul moteur, c’est de faire, d’entreprendre, de changer ce qui ne marche pas, de dépasser les blocages, d’avancer, sûrement pas d’imprimer une marque, mon nom, ma petite personne. Et si j’ai contribué, parfois de manière décisive, à la réussite de certains projets, de certaines réformes, à la réalisation de certaines idées, c’est pour moi une satisfaction intense, une reconnaissance suffisante, de voir que les choses ont suivi leur cours, les structures ont perduré, les idées ont fait leur chemin, bien après que j’ai quitté telle fonction ou responsabilité. Je me dis aussi que j’ai bien fait d’être tenace, constant, persévérant, malgré les obstacles immédiats, les réactions, les grèves parfois.

Voici deux ans que j’ai quitté la direction de l’orchestre philharmonique royal de Liège. Comment ne me réjouirais-je pas de voir coup sur coup sortir plusieurs disques initiés il y a quelques années déjà, et aboutir une initiative que nous avons mis beaucoup, beaucoup d’énergie et de force de conviction à faire émerger, cette nouvelle émission de télévision Sensations

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C’est, en quelque sorte, adaptée à la télévision la formule Music Factory que j’avais lancée avec Fayçal Karoui en 2013.

Bonheur de lire les excellentes critiques parues sur le coffret des oeuvres concertantes de Lalo qui résulte d’une initiative lancée dès 2009 avec la Chapelle Musicale Reine Elizabeth et qui nous avait déjà valu l’intégrale des concertos pour violon de Vieuxtemps, puis les oeuvres pour violon et violoncelle de Saint-Saëns.

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Bonheur de voir se poursuivre l’exploration du répertoire concertant d’Eugène Ysaye, encore très largement méconnu, grâce au projet initié avec l’association Musique en Wallonie

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Nouveauté avec les deux violons solo de l’Orchestre philharmonique de Radio France, les excellents Svetlin Roussev et Amaury Coeytaux :

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Voici un an je quittais la direction de la Musique de Radio France. Non sans avoir lancé plusieurs chantiers ni essayé et parfois réussi à résoudre des difficultés inhérentes à toute structure lourde et complexe.

C’est ainsi qu’un magnifique projet de concerts et d’enregistrements fin 2014 autour de Peter Eötvös (https://fr.wikipedia.org/wiki/Péter_Eötvös), avait  failli capoter, parce que la mise en place des répétitions et des concerts dans les deux toutes nouvelles salles de concert de la Maison de la radio (Studio 104 et Auditorium) s’avérait très compliquée du fait des effectifs requis. Il n’y avait pas de maison de disques partenaire à l’horizon.  A force de conviction, de persévérance, et de beaucoup de bonne volonté de la part de toutes les personnes impliquées, on a pu organiser les répétitions, les concerts, puis la collaboration entre Radio France et le label Alpha, membre du groupe Outhere (le même éditeur que le coffret Lalo des Liégeois !). Le disque vient de sortir, où ma préférence va, je l’avoue, à la prestation pyrotechnique de Martin Grubinger !

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