Methamorphoses

Cadeau

À la fin de chaque billet, quelqu’en soit le sujet, je proposerai désormais un cadeau musical, original, inattendu, ou tout simplement parce qu’il me touche.

Puisque je vais évoquer aujourd’hui un dernier coffret consacré à Zubin Mehta, un extrait d’une oeuvre peu connue d’un compositeur qui est rarement joué de nos jours, Ernest Bloch : Voice in the Wilderness (Voix dans le désert) écrite en 1936

Mehta #90

Le chef d’origine indienne Zubin Mehta, 90 ans bien sonnés, fait partie de ces chefs qui ont beaucoup enregistré (trop ?) au point de brouiller les cartes pour le mélomane. Decca fait paraître un dernier coffret qui regroupe après ceux réalisés à Los Angeles, les enregistrements de Zubin Mehta faits à Vienne, Tel Aviv ou Londres (voir liste ci-dessous)

Auparavant il y avait déjà eu tout cela :

Dans le nouveau coffret, quelques raretés comme la Messe n°2 et le Te Deum de Bruckner

ou la Philadelphia Symphony du compositeur autrichien Gottfried von Einem (1918-1996)

Surprise aussi de découvrir cette intégrale de la musique de ballet de Beethoven pour Les créatures de Prométhée, enregistrée à Rome en 1969

Peut-être pas indispensable, mais digne d’écoute, le « live » de 2013 des concertos de Brahms et Bruch capté à Tel Aviv avec un violoniste – David Garrett – qui n’est pas que la star de la pop allemande qu’il est devenu. J’ai un souvenir de quelques concerts avec lui, notamment celui dont il avait été le soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège dirigé par Louis Langrée au Théâtre des Champs-Elysées en 2004.

Je crois bien que c’est par cet enregistrement que j’ai découvert la 7e symphonie de Dvořák. Depuis, j’ai trouvé plus enthousiasmant, plus idiomatique surtout (comme Pierre Monteux !) mais Mehta sait faire chanter son orchestre

Très bonne idée aussi de rééditer ce concerto n°1 de Paganini avec l’ami Boris Belkin. Et pour une fois la direction avance, chante, et ne se contente pas d’un accompagnement banal.

J’avais oublié que Zubin Mehta avait lui aussi gravé une intégrale des symphonies de Schubert.

On imagine que sur scène le dispositif devait impressionner. En 1982 pour un festival d’hommage à Bronislaw Huberman, l’un des fondateurs de l’orchestre philharmonique d’Israël, Zubin Mehta avait réuni une belle brochette de stars. Cela donne une version des Quatre saisons de Vivaldi, avec comme violon solo successivement Isaac Stern, Pinchas Zukerman, Shlomo Mintz et Itzhak Perlman, puis un concerto pour 4 violons, tiré de L’estro armonico, avec Isaac Stern, Ivry Gitlis, Ida Haendel et Shlomo Mintz

Plusieurs rééditions d’opéras qui ne sont peut-être pas, dans la discographie même de Zubin Mehta, le tout premier choix.

CD 1 Bartok : Concerto orchestre, Esquisses hongroises / IPO*

CD 2-4 Beethoven : Concertos piano / Ashkenazy / VPO*

CD 5-8 Beethoven : Concertos piano / Lupu / IPO

CD 9 Beethoven : Les créatures de Prométhée / IPO

CD 10 Berlioz : Symphonie fantastique / NYPO*

CD 11 Berlioz : Harold en Italie / Benyanimi / IPO

CD 12 Bloch : Schelomo, Voice in the Wilderness / Starker / IPO

CD 13 Brahms : Symphonie 1, Ouverture tragique / VPO

CD 14 Brahms : concerto piano 1 /Rubinstein/ IPO

CD 15 Brahms : concerto piano 2 / Ashkenazy / LSO*

CD 16 Brahms, Bruch : concertos violon / Garrett / IPO

CD 17-18 Bruckner : Symphonie 9, Te Deum, Messe n°2 / VPO

CD 19 Chopin : concertos piano /Lang Lang/ VPO

CD 20 Dvorak : symphonie n°7 / IPO

CD 21 Dvorak: concerto violoncelle, R.Strauss : Don Quichotte / Maisky / BPO*

CD 22 Lalo: Symphonie espagnole, Vieuxtemps: concerto n°5 / Mintz / IPO

CD 23 Liszt Préludes, Wagner: ouv Maîtres Chanteurs, Parsifal, Lohengrin / VPO

CD 24 Mahler Symphonie n°1 / IPO

CD 25 Mahler: Symphonie n°2 / Cotrubas, Ludwig / VPO

CD 26 Mahler : Symphonie n°4 / Hendricks / IPO

CD 27 Mendelssohn : Octuor / IPO

CD 28-29 Mozart : Symphonies 34, 39,40, Petite musique de nuit / IPO

CD 30 Paganini : Concerto violon n°1 / Belkin / IPO

CD 31 Paganini, Chausson, Waxman, Milstein / Shoji / IPO

CD 32-33 Puccini : La fanciulla del West / Neblett, Milnes, Domingo / Covent Garden

CD 34-35 Puccini : Turandot / Sutherland, Pavarotti, Caballé, Ghiaurov / LPO*

CD 36 Sarasate, Chausson, Saint-Saëns, Ravel / Perlman / NYPO

CD 37 Schmidt : Symphonie n°4, Von Einem : Philadelphia Symphony / VPO

CD 38-42 Schubert : Symphonies / IPO

CD 43-45 Schumann : Symphonies / VPO

CD 46-47 Tchaikovski : Symphonie n°5, suites Casse Noisette, Le lac des cygnes / IPO

CD 48-49 Verdi : le Trouvère / Nucci, Banaudi, Verrett, Pavarotti / Mai florentin

CD 50-51 Verdi : la Traviata / Kanawa, Mazzoni, Borodina, Kraus, Hvorostovski / Mai florentin

CD 52 Verdi / Leontyne Price / IPO

CD 53-54 Rossini, Tchaikovski, Rimski-Korsakov, Verdi, Weber / IPO

CD 55-56 Vivaldi, Mozart / Stern, Mintz, Zukerman, Perlman, Gitlis, Haendel

CD 57 Hommage à Solti / LPO

IPO = Israel Philharmonic Orchestra

VPO = Vienna Philharmonic Orchestra

NYPO : New York Philharmonic Orchestra

BPO = Berlin Philharmonic Orchestra

LPO = London Philharmonic Orchestra

Et toujours mes brèves de blog pour les humeurs du moment (Rentrée)

Ileana Cotrubas (1939-2026)

Je n’aime pas que ce blog soit un recueil de nécrologies, mais je fais quelques exceptions pour des musiciens qui m’ont touché particulièrement. C’est le cas de la soprano roumaine Ileana Cotrubas, décédée ce 20 août.

Le seul souvenir que j’ai d’elle, ce n’est pas sur scène – elle s’en était retirée en 1990 – mais un appel téléphonique lors de l’émission du 23 décembre 1995 que France Musique avait consacrée à Elisabeth Schwarzkopf pour son 80e anniversaire (lire L’aventure France Musique : Fortes têtes). Elisabeth Schwarzkopf était sur le plateau du studio 104, invitée de Jean-Michel Damian et entourée de plusieurs personnalités qui avaient pu faire le déplacement (Georges Prêtre notamment qui avait dirigé la soprano allemande dans la première française de Capriccio à l’Opéra-Comique de Paris en 1962). Et plusieurs autres amies, collègues, admirateurs ou admiratrices avaient été appelés au téléphone pendant l’émission. L’intervention qui m’a le plus ému, fut celle précisément d’Ileana Cotrubas, qui dans un français parfait, dit sur et d’Elisabeth Schwarzkopf des choses que seule une cantatrice aussi gentille, simple, affectueuse, pouvait dire sans que rien ne ressemble à de la flagornerie. Même Schwarzkopf en était émue.

Quelques années plus tard, interrogeant Armin Jordan sur les chanteurs ou chanteuses avec qui il avait aimé travailler, j’avais compris qu’Ileana Cotrubas était au panthéon – finalement peu peuplé – de ses admirations.

Le 13 octobre 1987, Jacques Lonchampt écrivait dans Le Monde : Armin Jordan dirigeait samedi les Saisons, salle Pleyel. C’était comme si Haydn en personne était là, le petit paysan du Danube jetant un regard naif sur la nature et les travaux des champs dans son village de Rohrau, et le vieux maitre chargé de gloire qui, une dernière fois, contemplait avec quelque mélancolie cette terre si riche avant de se présenter devant les  » portes éternelles « .Il a choisi pour cela des solistes…d’une profonde humanité qui déborde de leur coeur pour envahir leur chant (le ténor Keith Lewis et la basse Robert Holl), entourant une radieuse fée au timbre diapré de mille couleurs (Ileana Cotrubas).

A l’opéra

Loin de moi l’idée de dresser une sorte de discographie idéale de la soprano disparue. Mais tous les mélomanes ont sûrement dans leur discothèque, la Traviata fameuse de Carlos Kleiber où elle incarne une Violetta touchante et vibrante, ou la Gilda bouleversante du Rigoletto de GIulini.

Dans la Carmen de Claudio Abbado où elle est une Micaela rayonnante de féminité.

Toujours chez Bizet elle est une merveilleuse Leïla des Pêcheurs de perles dirigés par Georges Prêtre.

Michel Plasson en fait sa Manon dans un enregistrement resté célèbre.

Elle est de plusieurs équipes dans les opéras de Mozart, Colin Davis, James Levine, Karajan sans que personnellement je l’y aie jamais vraiment remarquée, à tort sans doute. alors que dans la musique sacrée du Salzbourgeois je l’ai souvent admirée.

Dans Puccini, elle est une irrésistible Lauretta dans le Gianni Schicchi de Lorin Maazel

Il y a surtout une Bohème – dont je découvre l’existence en écrivant cet article, piètre lyricomane que je suis ! – captée à la Scala avec MM. Carlos Kleiber et Pavarotti s’il vous plait !

Il va falloir combler cette lacune vite fait !

On la retrouve sous la baguette de John Pritchard dans L’élixir d’amour de Donizetti.

Plus étonnant sans doute, Cotrubas est dans l’équipe rassemblée par Jean-Claude Malgoire pour un Rinaldo de Haendel qui a fait date.

Raretés

Avec Gary Bertini, elle a chanté La Demoiselle élue de Debussy.

Ileana Cotrubas est de la grande aventure Haydn emmenée par Antal Dorati. Elle chante dans ses Saisons britanniques, dans La fedelta premiata

Elle émeut simplement dans la Rosamonde de Schubert dirigée par Willi Boskovsky.

Et même si ce n’est que par extraits elle n’est pas moins convaincante dans l’opérette viennoise, comme cet air de Giuditta de Lehar capté au Met lors d’une soirée de gala.

Au moment de clore ce bref hommage, je lis ce texte magnifique de Sylvain Fort pour Forumopera : La lumière et la fêlure.

Et toujours mes brèves de blog à dominante brésilienne ces jours-ci !

Chef émérite

C’est une distinction plutôt rare en France, assez fréquente dans les pays anglo-saxons pour dire la reconnaissance qu’on éprouve à l’égard d’un chef d’orchestre qui a une longue histoire avec un orchestre.
Riccardo Muti a été nommé chef émérite de l’Orchestre national de France le 18 juin dernier, à l’occasion de ses retrouvailles avec l’orchestre lors d’un concert dont on lira la chronique sur Bachtrack : Le bel aujourd’hui de Riccardo Muti avec l’Orchestre national

La notice qui accompagne cette nomination rappelle le premier concert que le chef napolitain a dirigé à la tête du National. C’était le 13 mars 1980 au théâtre des Champs-Elysées, et il se trouve que j’y assistais – alors que je n’étais alors pas du tout investi ni dans la radio ni dans la musique – Et je me rappelle ce concert comme si c’était hier : la 34e symphonie de Mozart, la suite du Tricorne de Falla, et la 4e symphonie de Schumann. Un programme « signature » en quelque sorte, Muti n’ayant jamais par la suite proposé du tout venant.

Il y a malheureusement très peu de documents vidéo qui documentent ce concert et les suivants, en dehors évidemment des enregistrements audio de Radio France. Mais on sait que Riccardo Muti est très attentif à ce qui est diffusé, à ce qu’il laisse diffuser.

Il y a surtout, en dehors du disque, peu de témoignages filmés du jeune Muti, qui à 39 ans faisait ses débuts avec le National

Dans le cadre des 80 ans de l’Orchestre national en 2014, j’ai pu participer à l’édition d’un coffret anniversaire dans lequel on avait choisi d’illustrer l’apport du chef par la 39e symphonie en sol mineur de Haydn.

Pour le reste, et notamment la discographie recommandée (et recommandable) de Riccardo Muti, je renvoie à l’article que j’ai publié il y a cinq ans lorsque le chef a fêté ses 80 ans : La quarantaine rugissante

A quoi il faut rajouter si on le trouve encore un coffret « italien » plein de raretés

On y trouve, entre autres, la pièce de Catalani que dirigeait Riccardo Muti jeudi soir.

Et toujours humeurs et rumeurs du moment dans mes brèves de blog !

Polémiques

Un Timothée ne devrait pas dire ça

J’avoue n’avoir suivi, au départ, que de très loin la polémique suscitée par les propos de Timothée Chalamet. Je n’en suis que plus surpris par l’ampleur des réactions du monde de l’opéra.

Bravo aux maisons d’opéra qui ont réagi avec humour, comme Seattle, Avignon ou l’Opéra Comique à Paris.

Mais fallait-il que ces propos touchent peut-être juste, ou fassent mal ce qui revient au même, pour qu’ils provoquent des réactions souvent très corporatistes ?

J’ai écrit ici même, et à plusieurs reprises, que le modèle culturel institutionnel français qui date tout de même pour l’essentiel des années Malraux/Landowski, était obsolète, ne serait-ce que sur le seul déséquilibre de moins en moins acceptable entre Paris et la province.

Je viens de lire l’éditorial de Lila Hajosi – que je n’ai pas l’heur de connaître – sur Forumopera.com. J’en conseille vivement la lecture, même si je n’en partage pas toutes les conclusions.

C’est justement grâce à l’Opéra de Montpellier que j’avais découvert – dans une superbe production de Madame Butterfly – en 2019 le ténor que tout le monde s’arrache désormais, Jonathan Tetelman

Départs / Arrivées

On a appris cette semaine que le « board » de l’Orchestre symphonique de Boston met fin de manière anticipée (en juin 2027) au contrat qui liait l’orchestre à son chef Andris Nelsons. Apparemment le chef n’est pas content, et les musiciens non plus : Andris Nelsons quitte la direction du Boston Symphony.

Je n’ai pas d’éléments qui me permettent de prendre parti dans cette affaire. J’avais naguère été surpris que le même chef ait une fonction de directeur musical dans deux orchestres aussi dissemblables – dans leur histoire, leur répertoire, leur recrutement – que le Gewandhaus de Leipzig et le Boston Symphony. Le concept si à la mode dans le monde de l’entreprise de « mutualisation » n’a, en l’espèce, aucune pertinence.

L’histoire dira ce qu’il faudra retenir de l’ère Nelsons à Boston, mais je doute qu’on puisse la comparer, ne serait-ce qu’en terme de longévité, à ses glorieux prédécesseurs Charles Munch ou Seiji Ozawa.

Autre nomination annoncée, celle de Paavo Järvi à la tête du London Philharmonic à partir de la saison 28/29. Nouvel épisode d’un sujet inépuisable (lire Bâtons migrateurs). On peut tout de même être interpellé par un parcours, celui de Paavo Järvi, qui l’a mené de Malmö à Stockholm, de Birmingham à Cincinnati, de Francfort à Paris, de la NHK à la Tonhalle de Zürich. Où est la cohérence? où est la trace durable laissée dans chaque formation ? Comment s’y retrouver aussi dans une discographie éclatée, qui a sans doute pour ambition cachée d’égaler celle du papa, Neeme Jârvi…

D’autres humeurs dans mes brèves de blog !

Découvertes et redécouvertes

Cette dernière quinzaine a été l’occasion, pour moi, de découvertes et de redécouvertes, dont j’ai envie de faire part ici, sans ordre précis autre que résultant des vagabondages de ma mémoire.

Markus Poschner

Comme je l’écrivais sur Bachtrack dans ma critique sur La Chauve-Souris donnée le 31 décembre à l’opéra de Vienne, « on ne connaît le chef Markus Poschner que par une récente intégrale au disque des symphonies de Bruckner « . Je l’avoue, je n’avais jamais entendu ce chef « en vrai ». Ce n’est pourtant pas un perdreau de l’année, mais c’est une fois de plus la preuve que les frontières existent toujours et encore dans le monde de la musique, comme je le dénonçais déjà il y a plus de dix ans (Frontières). Le chef allemand est certes venu diriger à deux reprises l’Orchestre philharmonique de Radio France (lire l’article de Pierre Michel sur Bachtrack), mais voilà, je ne l’avais pas repéré !

Dans cette récente captation réalisée à Stuttgart, on a un bel aperçu de l’art de Markus Poschner. D’abord une gestique, une attitude au pupitre qu’on ne peut s’empêcher de penser inspirées du grand Carlos Kleiber (comme on l’avait relevé avec Manfred Honeck dirigeant l’Orchestre national en octobre dernier), ensuite et surtout une conception anti-monumentale de Brahms, qui me séduit beaucoup.

On va donc suivre plus attentivement la carrière de ce chef !

Cornelius Meister

Quant au chef qui dirigeait Hänsel und Gretel à l’opéra de Vienne le 29 décembre (Vienne sur son 31), Cornelius Meister, c’était aussi une première pour moi de le voir et l’entendre « en vrai ». Je connaissais sa réputation de wagnérien (il a dirigé récemment à Bayreuth, à Lille), je n’ai donc pas été surpris qu’il réussisse particulièrement la partition d’Humperdinck.

Au disque, Cornelius Meister a signé deux références pour des oeuvres que j’aime particulièrement :

Humperdinck à l’orchestre

Pour la cérémonie d’adieu à ma mère le 6 janvier dernier, j’avais choisi parmi quelques autres pièces musicales, le duo du 2e acte de Hänsel und Gretel, la prière des enfants dans la version de Georg Solti.

Le même passage – la pantomime -existe en version purement orchestrale. J’ai l’embarras du choix dans ma discothèque, mais je relève que la pièce n’est plus à la mode, si j’en juge par l’âge vénérable des enregistrements.

Bruckner à Chicago

Sauf erreur de ma part, deux chefs seulement ont enregistré une intégrale des symphonies de Bruckner à Chicago : Georg Solti et son successeur Daniel Barenboïm

Je n’ai jamais été convaincu par la sorte de perfection formelle de Solti, qui était beaucoup plus intéressant dans ses premières versions gravées à Vienne (5,7,8) à la fin des années 50.

En revanche, c’est par un disque de la 4e symphonie de Barenboim/Chicago que j’ai fait mon apprentissage de Bruckner

J’ai entrepris de réécouter cette première intégrale tout juste rééditée, que la critique a l’air de redécouvrir.

Inoubliable Moffo

J’ai le sentiment que cette artiste – Anna Moffo (1932-2006) – est aujourd’hui un peu oubliée. Je reprends, les uns après les autres, les enregistrements que j’ai d’elles, et je me délecte d’une voix toujours somptueuse, d’une sensualité, d’une chaleur qui reposent sur une technique infaillible. Et je fais régulièrement comme de bons camarades, je me balade dans ma discothèque avec des envies soudaines de réécouter de plus ou moins vieilles cires…

Et dans le cas de Traviata, c’est un fameux chef de théâtre que je redécouvre, Fernando Previtali (1907-1985)

Bychkov à Paris

La surprise étant passée (la nomination surprise à l’Opéra de Paris) je revisite le legs discographique de Semyon Bychkov qui mérite plus et mieux qu’un intérêt distrait. J’avais oublié une très belle 2e symphonie de Rachmaninov, enregistrée avec l’Orchestre de Paris. Je suis d’autant plus impatient d’assister bientôt à son prochain concert à la tête de son ancienne phalange.

Et toujours humeurs et réactions dans mes brèves de blog

Sur les ailes du chant

Un an

Le 16 juin 2024, l’annonce de sa mort nous avait sidérés. Jodie Devos nous quittait, à 35 ans, au terme d’une brève et fulgurante maladie (lire Jodie dans les étoiles)

Où qu’elle soit, où que tu soies Jodie, tu es pour nous et pour toujours la reine des fées…

Sonya à Auvers

C’est la première fois qu’elle chantait à Auvers, la première fois aussi que je l’entendais en récital chant-piano. Et ce fut, une fois encore, une soirée magique (voir Bachtrack : Sonya Yoncheva enchante le festival d’Auvers-sur-Oise.)

Avec Sonya c’est une amitié de plus de dix ans, à Montpellier en 2016 Iris de Mascagni, en 2017 Siberia de Giordano, un projet annulé en 2020 pour cause de Covid, et en 2021 une folle soirée de clôture du Festival. Toujours avec son mari, le chef d’orchestre Domingo Hindoyan qui était un habitué de Liège avant d’en devenir un de Montpellier. C’était une fête heureuse ininterrompue…

Et toujours impressions et réflexions sur mes brèves de blog

Jonas et les coffrets de juin

Jonas 55

On ne sait si c’est pour célébrer son 55e anniversaire le 10 juillet prochain ou pour clore un partenariat de plusieurs lustres* entre Decca et le ténor star Jonas Kaufmann, toujours est-il que paraît un coffret de 15 CD à prix très doux qui récapitule les grandes années du chanteur, avec quelques pépites qui méritent d’être signalées.

Je ne sais qui a choisi la photo de couverture, légèrement too much non ? Mais le fan club ne sera pas déçu !

CD 1 Sehnsucht Mozart, Schubert, Beethoven, Wagner (Claudio Abbado / Mahler Chamber Orchestra)

CD 2 Verismo Arias (Antonio Pappano / Accademia Nazionale di Santa Cecilia)

CD 3 Romantic Arias (Marco Amiliato / Prague Philharmonic Orchestra)

CD 4-5 Wagner Airs d’opéras + commentaires de J.K.

CD 6 Schubert, Die schöne Müllerin (Helmut Deutsch)

CD 7-8 Weber Oberon (en anglais) (John Eliot Gardiner, Orchestre révolutionnaire et romantique, Hillevi Martinpelto, Steve Davislim)

CD 9-10 Beethoven Fidelio (Claudio Abbado, Lucerne Festival Orchestra, Nina Stemme)

CD 11-13 Humperdinck Königskinder (Armin Jordan, Orchestre national Montpellier)

CD 14-15 Verdi Requiem (Daniel Barenboim, Scala, Anje Harteros, Elina Garanca, René Pape)

J’éprouve un attachement particulier pour le dernier enregistrement d’Armin Jordan un an avant sa mort en 2006. C’était à Montpellier, du temps où le Festival Radio France faisait, chaque année, découvrir au moins un ouvrage lyrique inconnu ou oublié. Un ténor de 35 ans, qui était encore loin d’être la star qu’il est devenu, participait à l’aventure de ces Königskinder / Les enfants du roi d’un compositeur qui n’est resté dans les mémoires que pour son « tube » Hänsel et Gretel, Engelbert Humperdinck (1854-1921).

Souvenir amusant à propos de ce « live ». En contact avec les responsables de la branche française (Accor) d’Universal – pour les disques réalisés avec l’OPRL et Louis Langrée – je leur avais suggéré, au moment où la notoriété de Kaufmann montait en puissance, de mettre en valeur la participation de ce dernier à ces Enfants du roi. Quelques mois plus tard on voyait ressortir l’enregistrement dans un nouvel habillage (lire la critique qu’en fit Forumopera). Le coffret Decca a repris la pochette d’origine.

(*lustre = période de cinq ans)

Le piano des antipodes

Je n’ai pas évoqué ici les résultats du dernier Concours Reine Elisabeth de Belgique : j’ai, en son temps, écrit tout ce que je pensais de ce concours en particulier, et plus généralement des concours pour jeunes musiciens : De l’utilité des concours. Mon ami Michel Stockhem qui ne peut pas être suspecté d’être défavorable au CMIREB (acronyme de Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique) a écrit le 1er juin sur Facebook un billet que je pourrais signer et que j’invite vivement à lire.

Jiaxin Min, éliminée du palmarès final !

Apparemment les résultats du dernier Concours Van Cliburn ont été plus convaincants. Le nom du vainqueur, Aristo Cham, me fait irrésistiblement penser aux… Aristochats et à cette séquence

Je veux évoquer ici un coffret de 11 CD proposé à moins de 50 € sur le site anglais prestomusic.com, qui dresse un passionnant panorama d’un concours de piano, qui est l’un des plus importants de l’hémisphère sud, celui de Sydney. L’édition de ce coffret est due au responsable de la collection Eloquence, lui-même australien, Cyrus Meher-Homji (lire Des chefs éloquents) La plupart des noms de lauréats me sont inconnus, et c’est justement l’occasion de sortir de « l’européocentrisme » dénoncé par Michel Stockhem, Et en regardant la liste, on a la surprise d’y retrouver le 1er prix du concours Reine Elisabeth 1999, le pianiste ukrainien Vitaly Samoshko, que j’ai eu le bonheur d’inviter plusieurs fois à Liège. Le monde est petit !

Liste des pianistes représentés dans ce coffret :

Albright · Arimori · Bogdanov · Bolla · Broberg · Cazal · John Chen · Moye Chen · Cominati · Cyba · Del Pino · Deng · Fung · Fushiki · Gifford · Gillham · Gortler · Goto · Gough · Grigortsevich · Gugnin · Ham · Hill · Janssen · Joamets · Jurinic · Kameneva · Khairutdinov · Kim · Kitamura · Kolesova · Kolomiitseva · Jianing Kong · Xiang-Dong Kong · Kudo · Kurbatov · Kuzmin · Lakissova · Lee · Leske · Li · Liu · Lopatynskiy · Malikova · Malmgren · Masliouk · Melnikov · O’Callaghan · Owen · Pegoraro · Rashkovsky · Samoshko · Samossoueva · Sato · Scott · Shamray · Sim · Soo Rhee · Takada · Takao · Tarasevich-Nikolaev · Tarasov · Tsvetkov · Uehara · Ukhanov · Urassin · Vetruccio · Volodin · Wallisch · Wisniewski · Wright · Xie · Yemtsov · Young · Yu · Zabaleta · Zheng

Le Beethoven des Lindsay

Autre coffret proposé par prestomusic.com, l’intégrale des quatuors de Beethoven par les Britanniques du quatuor Lindsay (1966-2005). Il ne va pas dépareiller ma discothèque où se trouvent déjà, sans ordre de préférence, les Amadeus, Artemis, Hongrois, Italiano, Berg, Cleveland, Emerson, Ysaye, pour ne citer que les intégrales.



Et toujours mes brèves de blog, comme ce beau souvenir de ma soirée du 12 juin :

Sonya Yoncheva et Jean Pierre Rousseau / Auvers-sur-Oise / 12 juin 2025 / @Bachtrack

Vintage

Fischer-Dieskau chef

Comme si sa boulimie d’enregistrements d’opéra et de mélodies ne suffisait pas à le satisfaire, Dietrich Fischer-Dieskau, dont on a célébré le centenaire le 28 mai dernier (lire absolument les dossiers de Forumopera sur le sujet), a aussi exercé comme chef d’orchestre. Cet aspect de son activité n’a pas, à ma connaissance, fait l’objet de beaucoup de commentaires, ni même de rééditions discographiques. Et pourtant ce legs est loin d’être négligeable.

J’ai ressorti de ma discothèque quelques-uns des enregistrements de DFD chef d’orchestre.

D’abord un introuvable, une des plus belles versions de la 8e (l’Inachevée) et de la 5e symphonies de Schubert, où DFD dirige le New Philharmonia

Et plus récents, pour Orfeo, les magnifiques récitals lyriques qui rassemblent les deux époux : Julia Varady et Dietrich Fischer-Dieskau (lire Julia Varady 80)

Je ne résiste pas au bonheur de revoir cette « répétition » du couple sur une mélodie de Schubert :

Ne pas louper non plus ces deux disques – il doit y avoir d’autres archives ? – qui réunissent un tout jeune pianiste à l’époque, l’Ukrainien Konstantin Lifschitz, et le vieux maître au pupitre

Au moment de boucler ce paragraphe, je tombe sur ceci, dont j’ignorais même l’existence : DFD dirigeant l’orchestre philharmonique tchèque en 1976 !

Je doute que ce disque ait été réédité en CD, mais si c’est le cas, je suis preneur d’information complémentaire

Le chanteur de l’Est

Dix ans plus jeune que Fischer-Dieskau, il a très souvent fait partie des mêmes équipes d’enregistrement d’opéra, Peter Schreier (1935-2019) revient dans ma discothèque avec un coffret très bon marché (acheté sur jpc.de) délicieusement vintage.

S’il y a bien un mot qui ne se dit qu’en allemand pour les germanophones, c’est bien celui de Schlager, qu’on peut essayer de traduire par « tube« . On n’imagine pas, quand on n’a pas vécu même pendant des vacances, dans la sphère germanique, le succès phénoménal de groupes et de chanteurs de variétés, dont les noms nous sont totalement inconnus, et qui encore aujourd’hui réjouissent le public allemand

On admirera la couverture « d’époque » de l’un des CD de ce coffret Schreier, où l’on retrouve la soprano d’origine hongroise Sylvia Geszty (1934-2018)

Pour ce tube de la chanson napolitaine, on aurait pu avoir quelque chose de moins chargé côté orchestration (!!), et une voix à la couleur plus italienne, mais il y a quand même du soleil dans la voix de Peter Schreier

Dans cette video, le chanteur explique finalement qu’il se prête à des émissions de variété pour toucher des publics qu’il n’atteindrait pas à l’opéra ou en récital. Et c’est bien aussi et surtout cela qu’il faut retenir de ce grand interprète.

Le maître remasterisé

Carlo-Maria Giulini (1914-2005) a été dûment célébré par ses maisons de disques à l’occasion de son centenaire en 2014 (lire Giulini la classe et Vieux sages). Tout ce qu’il avait fait chez EMI avait déjà été rééédité en quelques coffrets, sauf les opéras. Vingt ans après sa mort, Warner publie cette fois un coffret qui comprend tous les enregistrements du chef italien pour les labels EMI/HMV/Columbia/Electrola. Et pour que nul ne l’ignore insiste en gros et gras sur le coffret : c’est Giulini remastered !

Je viens de recevoir ce coffret commandé il y a plusieurs semaines. Je n’ai pas encore remarqué de progrès spectaculaire par rapport aux précédentes éditions, mais j’aurai peut-être des surprises !

Excellent livret dû à la plume experte et toujours informée de Remy Louis, beaux documents photographiques.

L’éditeur présente comme un inédit le concerto pour piano n°3 de Beethoven avec le pianiste Hans Richter-Haaser, Il est vrai que celui-ci ne figurait pas dans le précédent coffret thématique Giulini Concertos mais EMI l’avait déjà publié dans un indispensable coffret consacré au grand pianiste allemand (lire L’autre Richter du piano). Et à l’inverse l’enregistrement légendaire du 1er concerto pour violon de Prokofiev avec Nathan Milstein qui s’y trouvait a disparu sans explication du nouveau coffret ! Dommage…

Et toujours mes brèves de blog : brevesdeblog

Que sont-ils ou elles devenu(e)s ?

J’ai toujours été intéressé, fasciné parfois, intrigué souvent, par le sort de ceux ou celles qui sont tôt devenus célèbres, qu’il s’agisse d’artistes, de musiciens, de responsables politiques ou autres personnalités. Pourquoi, à un moment donné, disparaissent-ils de nos radars, des réseaux d’information, des véhicules de la notoriété ?

C’est à cette fin que j’avais créé à France Musique la série « Mémoire retrouvée » à l’été 1994. Ma première idée de titre était d’ailleurs… le titre de cet article : Que sont-ils devenus ? Comme me l’avaient fait alors remarquer des collaborateurs de la chaîne, cela risquait d’être vexant, au moins discourtois, pour quelques unes des personnalités que nous allions interroger, qui s’étaient certes retirées de la carrière active, mais qui n’avaient pas forcément disparu de nos mémoires. C’est ainsi que ma chère Mildred Clary avait réalisé en 1997 trois émissions de Mémoire retrouvée avec Renata Scotto, que France Musique a rediffusées en août 2023 lors du décès de la cantatrice italienne (à réécouter ici)

Au gré de mes voyages dans ma discothèque, je retrouve finalement un grand nombre de musiciens, dont je me demande ce qu’ils sont devenus.

Le violoncelliste Julian Lloyd Webber

Il porte un patronyme très familier aux amateurs de comédie musicale, puisque c’est le frère d’Andrew Lloyd Webber, le compositeur entre autres de The Phantom of the Opera, Evita ou Cats. J’ai un seul disque de Julian, que je n’ai jamais entendu en concert.

Comment s’est-il, lui le Britannique, retrouvé à enregistrer à Prague avec l’orchestre philharmonique tchèque et son chef d’alors, Václav Neumann (1920-1995). Mystère ! Mais le disque est beau.. et généreux (avec les concertos de Dvorak et Elgar)

Le ténor Luca Canonici

Ce devait être en janvier 1989, un concert-événement filmé (pour une fois) par la télévision suisse romande, à Genève, avec l’Orchestre de la Suisse romande dirigé par Armin Jordan. La star de la soirée (la télévision avait fait spécialement confectionner une affiche dont elle tenait toute la place !) était Barbara Hendricks, mais je ne me rappelle plus qui a eu l’idée de lui adjoindre un jeune ténor qui avait remplacé José Carreras dans La Bohème le film que Luigi Comencini avait réalisé à partir de la bande-son enregistrée par James Conlon

Pour tout dire, je ne suis pas le seul, ce jour-là, à être tombé sous le charme de Luca Canonici, beaucoup plus convaincant en Rodolfo que B.H. en Mimi. Et dans tous les autres airs en solo ou en duo dont il nous régala.

Je revis le jeune ténor italien une seule fois, à l’été 1990, à Aix-en-Provence où il chantait dans L’élixir d’amour de Donizetti. J’avais passé une partie de l’après-midi à l’hôtel du Roi René à recueillir les confidences d’un ami que la maladie allait emporter trois ans plus tard… C’est dire si la rencontre inopinée de Luca Canonici dans le hall de l’hôtel fut une distraction bienvenue : nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre. Je le vis préoccupé – le stress d’avant représentation ? -, il me confia ne pas savoir mettre sa cravate. L’amitié tient parfois à bien peu de choses : je lui refis sa cravate dans un grand éclat de rire. Et depuis lors, je ne l’ai jamais revu. Je n’ai eu que ses rares disques pour garder la trace de ces fugaces souvenirs.

En allant sur sa chaîne YouTube, je découvre qu’un peu à la manière d’un Roberto Alagna, le sexagénaire Luca Canonici, ne dédaigne pas pousser la chanson

La mezzo-soprano Doris Soffel

A Genève, j’ai le souvenir de l’avoir vue et entendue plusieurs fois, dans Mahler, comme dans Rossini. Aussi belle qu’immédiatement sympathique, drôle, ne s’économisant jamais, l’anti-diva !

Je découvre cette mélodie de Massenet magnifiquement dite par Doris Soffel.

Suite à un prochain épisode.

Lumières

La catastrophe de Mayotte, les débuts ratés de Bayrou, l’enlisement du débat politique. Rien n’a changé depuis mon dernier billet, alors évitons…

Retour à Notre Dame

Comme je sais qu’il lit ce blog, je veux ici publiquement témoigner de ma reconnaissance et de mon admiration pour François Carbou, fondateur et infatigable animateur avec son épouse Yvette du label FY/Solstice. Il a pu lire ici mon admiration pour Pierre Cochereau, dont il a préservé la fabuleuse mémoire. Plus récemment j’ai eu la surprise de recevoir un disque dont j’ignorais même l’existence, parce que M. Carbou avait lu mes souvenirs d’une date très particulière à Notre-Dame (Ma Notre Dame). Merci Monsieur !

Après avoir vu et revu les cérémonies et messes de réouverture de Notre Dame, avoir pesté contre les insuffisances de France Télévisions (Cherchez le programme), j’étais évidemment impatient d’assister à un vrai concert conçu pour et dans Notre Dame. C’était mercredi soir et on peut en lire le compte-rendu sur Bachtrack: La Maîtrise de Notre Dame retrouve sa cathédrale

Voir l’album photo complet ici

Ce très court extrait du Magnificat de Bach avec les voix de Sandrine Piau, Eva Zaicik et Lucile Richardot ou quand la lumière revient à Notre Dame :

On a maintenant hâte de retrouver de grands récitals d’orgue avec Olivier Laury ou Thierry Escaich !

Nelson Goerner magistral

La semaine a bien commencé avec un récital magistral de Nelson Goerner à la Philharmonie. Quel parcours pour un musicien qu’on a la chance de suivre depuis ses tout débuts : je siégeais au jury du Concours de Genève qui lui a décerné, en 1990, un premier prix à l’unanimité !

Lire ma critique sur Bachtrack : L’admirable Nelson Goerner à la Philharmonie

Il me faut encore évoquer la disparition de l’une des actrices les plus lumineuses du cinéma espagnol, Marisa Paredes, que j’ai aimée dès que j’eus découvert l’univers d’Almodovar.

Citer aussi Marcel Marnat (1933-2024) que j’eus le bonheur de croiser quelquefois et surtout de lire souvent (voir Souvenirs de Ravel)