Les fresques de Rafael (suite)

J’avais évoqué le grand chef tchèque Rafael Kubelik (1914-1996) il y a un an à l’occasion de la publication par Deutsche Grammophon d’un somptueux coffret regroupant l’ensemble des enregistrements réalisés pour le label jaune

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Voici qu’Orfeo nous livre, dans un coffret de 15 CD, une série passionnante de « live », qui modifie sensiblement la perception qu’on peut avoir de ce chef, que le concert stimulait, et que le studio confinait parfois dans une prudence trop sage.

 

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Si l’on n’est toujours pas convaincu de la pertinence de ses Mozart, et malgré un Haydn rare dans sa discographie, si les symphonies de Brahms demeurent plus élégiaques, pastorales qu’épiques ou enflammées, on est emporté par la verve, l’allure fringante, que Kubelik confère à ses compatriotes, Dvorak (les quatre dernières symphonies, autrement plus rhapsodiques que la belle intégrale gravée à Berlin), un grandiose cycle Smetana – qui n’a pas le même degré d’émotion que le « live » du grand retour du vieux chef dans sa patrie en 1990, 41 ans après son exil

– et surtout une Sinfonietta fouettée au vif de Janacek.

Grandioses lectures des ultimes symphonies de Bruckner et des Bartok d’anthologie.

Chefs en boîtes

Ils n’ont en commun que leur proximité sur les rayons des disquaires en cette fin d’année. Deux chefs, deux générations, et des visions aussi éloignées que possible des répertoires qu’ils ont l’un et l’autre abordés.

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J’ai eu la chance de voir une fois Sergiu Celibidache (1912-1996 / prononcer : Tché-li-bi-da-ké) en répétition et en concert à Lucerne en 1974 (La découverte de la musique). Impressionnant.

A l’époque où Karajan, Bernstein, Maazel enregistraient à tour de bras, Celibidache faisait figure d’exception, en refusant le studio. C’est dire si lorsque, au mitan des années 2000, EMI commença à éditer, avec l’accord du fils du chef d’orchestre, les bandes radio des concerts captés avec l’orchestre philharmonique de Munich, ce fut vécu comme un événement. Puis cet héritage fut regroupé en plusieurs coffrets, et voici que Warner propose la totalité de ces publications en un seul boîtier élégant et bon marché.

Je suis personnellement beaucoup revenu de l’excitation éprouvée à découvrir ces enregistrements à leur publication. Certes le travail d’orchestre est admirable – c’est peu dire que Celibidache se montrait tout aussi passionnant qu’intraitable en répétition, comme on peut le voir ci-dessous -, certes l’invraisemblable étirement des tempi peut séduire dans Bruckner ou Les Tableaux d’une exposition. Mais c’est souvent insupportable dans des oeuvres qui devraient pétiller, bouger, avancer (les classiques Haydn, Beethoven, les ouvertures de Rossini, Mendelssohn, etc.)

Détails du coffret à voir sur bestofclassic : Celibidache à Munich.

Autre chef à l’honneur en cette veille de Noël, Riccardo Chailly, 65 ans cette année.

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Un copieux coffret de 55 CD qui reprend la quasi-totalité des enregistrements symphoniques faits pour Decca par le chef italien. A ce prix (moins de 100 €) c’est une aubaine ! Détails à voir ici : Chailly symphonique

Comment exprimer un point de vue sur ce chef ? En concert, comme au disque, je n’ai jamais éprouvé le grand frisson, celui qui vous saisit lorsqu’on a le sentiment d’être en présence d’une interprétation, d’un interprète d’exception, unique, incomparable. Je connais les Beethoven, les Brahms (la 2ème version avec Leipzig), les Mendelssohn, je n’ai jusqu’alors prêté qu’une oreille et un intérêt distraits à ses cycles Mahler ou Bruckner. Je n’ai pas non plus le souvenir que la critique ait été, sauf exceptions, beaucoup plus enthousiaste que moi.

Les sans-grade (VIII) : Joseph Keilberth

Il est mort il y a cinquante ans, à l’âge de 60 ans : le chef d’orchestre Joseph Keilberth est né en 1908, la même année que Karajan, mort prématurément d’une crise cardiaque le 20 juillet 1968, tandis qu’il dirigeait Tristan et Isolde à l’opéra de Munich.

Je me rappelle une série d’émissions que nous avions commises avec mon complice de Disques en lice, Pierre Gorjat (lire Une naissance), pour la chaîne culturelle de la Radio suisse romande, Espace 2, série intitulée : Les cinq K. Mon ami Pierre trouvait qu’on faisait bien trop de cas (!) du seul qui occupait alors – au mitan des années 80 – le devant de la scène musicale, Herbert von Karajan. Moins violemment critique que lui, je pensais qu’on devait, sinon réhabiliter, du moins remettre en lumière quatre autres illustres baguettes, contemporaines de Karajan, qui ne méritaient aucunement de rester dans l’ombre du patron des  Berliner Philharmoniker : Rudolf Kempe (1910-1976),  Hans Knappertsbusch  (1888-1965), Otto Klemperer (1885-1973)… et Joseph Keilberth (1908-1968).

De ces cinq chefs (inutile de dire qu’il ne reste rien de ces émissions, qui furent effacées à peine diffusées… et qui manquèrent cruellement lorsque survint la mort de Karajan le 16 juillet 1989 !), le seul qui ait été oublié des rééditions discographiques est Keilberth. Même si je me suis laissé dire que Warner pourrait reprendre les enregistrements parus pour l’essentiel sous l’étiquette Telefunken.

J’ai longtemps délaissé les quelques disques de Keilberth que j’ai dans ma discothèque, à l’exception de son légendaire Freischütz. J’ai eu tort.

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Je redécouvre des Beethoven magnifiquement chantants, mobiles, superbement articulés.

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Richard Strauss s’accorde particulièrement à l’art de Keilberth. Comme une lumière et une sensualité méridionales qui éclairent l’écheveau de la trame orchestrale.

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Même lumière dans Brahms (une intégrale des symphonies à rééditer), bien perceptible dans ce « live » avec la radio bavaroise

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En attendant, on l’espère, de retrouver le legs symphonique de Keilberth chez Warner on retrouvera des bribes, vraiment trop chiches, de l’art de celui qui fut l’âme et le directeur musical de l’orchestre symphonique de Bamberg de 1950 à sa mort.

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Mais c’est en chef d’opéra que Joseph Keilberth est resté le mieux documenté au disque, en particulier avec la réédition spectaculaire de la toute première Tétralogie captée en stéréo… en 1955 à Bayreuthque les spécialistes tiennent pour un must.

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Richard Strauss est aussi très bien servi.

 

J’ai une affection particulière pour ces versions d’Arabella (sublime Lisa della Casa) et de la Femme sans ombre.

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Jochum suite et fin

Au moment de commencer ce billet, me revient un souvenir de jeunesse. De mes études au modeste Conservatoire de Poitiers

Je ne sais plus à quelle occasion nos professeurs et le directeur d’alors, Lucien Jean-Baptiste, étaient partis en voyage à Berlin, nous privant de cours pendant une petite semaine. À leur retour, j’avais interrogé ma professeure de piano, curieux de savoir ce qu’ils avaient vu et entendu, le clou de leur voyage étant un concert à la Philharmonie de Berlin

Je sentais un peu de déception dans son récit : ils avaient bien entendu l’orchestre philharmonique de Berlin, mais pas dirigé, comme ils l’espéraient, par Herbert von KarajanÀ la place de la star, ils avaient eu droit à un « vieux chef », un dénommé Eugen Jochumpersonne ne connaissait… À l’époque, cela ne me disait rien non plus, mais ce nom s’était inscrit dans ma mémoire, et quelques mois plus tard j’achèterais ma première intégrale des symphonies de Beethoven, une « souscription » . parue à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur.

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Une intégrale que je regrettais de ne pas voir incluse dans le beau boîtier proposé par Deutsche Grammophon à l’automne 2016 : lire Eugen sans gêne

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Pourquoi avoir omis les quelques enregistrements symphoniques (outre cette intégrale Beethoven) parus pour étiquette Philips, notamment avec le Concertgebouw ? Mystère.

Le tir a été corrigé avec le second volume, qui vient de paraître.

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Une aubaine que ce coffret (détails à lire ici : Jochum vol.2)

qui permet de réévaluer, sinon réhabiliter, des versions rarement citées comme des références des opéras de Mozart (Cosi fan tutte, L’enlèvement au sérail), ou de Weber (Der Freischütz), qui restitue des Wagner révérés, eux,  par la critique (Lohengrin de 1952, Les Maîtres Chanteurs). Et les grands oratorios de Bach, contemporains des enregistrements de Klemperer ou Karl Richter, sans doute dépassés pour ceux qui ne jurent que par Herreweghe, Harnoncourt ou même Corboz. et pourtant si attachants, dans leur humilité expressive, tous captés à Amsterdam avec les meilleurs chanteurs du moment. Sans oublier les messes et motets de Bruckner, la grande messe de Sainte-Cécile et une somptueuse Création de Haydn, un requiem de Mozart, une Missa solemnis amstellodamoise de grande allure, et bien entendu tout un ensemble d’oeuvres de Carl Orff, dont Jochum fut l’ami et le meilleur interprète.

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Admirable duo Irmgard SeefriedNan Merriman.

Comme souvent, le prix de ce coffret varie assez considérablement parfois dans la même enseigne (FNAC)

 

Les rêves d’Anja

Retour à la Philharmonie de Paris ce lundi soir. Après l’Orchestre de Paris et Herbert Blomstedt (lire L’autre Herbert), un programme et un équipage de haut vol : Valery Gergiev  les Münchner Philharmoniker (Orchestre philharmonique de Munich), Anja Harteros en soliste des Wesendonck Lieder de WagnerLe concert s’ouvrait par Francesca da Rimini de Tchaikovski et se concluait par Une vie de héros (Ein Heldenleben) de Richard Strauss.

On admire d’abord la générosité et l’ordonnancement de ce programme. Le vaste poème symphonique de Tchaikovski, composé lors d’un séjour à Bayreuth (!), jamais entendu au concert, jadis découvert dans l’enregistrement de Svetlanov, révèle l’infinie palette de nuances d’un orchestre d’une souplesse et d’une transparence qui contraste avec les couleurs plus sombres de ses voisins munichois, comme celui du Bayerischer Rundfunk.

On sait d’emblée que le chef ossète va tutoyer les sommets. Impression amplement confirmée en seconde partie avec un Richard Strauss voluptueux, plus lyrique qu’épique, dans lequel tous les pupitres se couvrent de gloire – je retrouve avec bonheur le son de la flûte en bois d’Herman van Kogelenenberg, que, tout récemment nommé à la direction de l’orchestre philharmonique de Liège en 1999, j’avais engagé comme 1ère flûte, et qui après quelques années au Concertgebouw est depuis 2013 le soliste des Münchner Philharmoniker.

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Heureux évidemment de revoir Valery Gergiev à son meilleur, comme le souvenir que j’avais de sa venue à Montpellier en juillet 2016 (lire La rencontre)

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Et puis, au milieu de ces vastes épopées symphoniques, l’oeuvre qui m’a fait aimer et approcher Wagner, cet unique cycle de mélodies sur des poèmes de l’aimée Mathilde Wesendoncket la sublime osmose entre la chanteuse et l’orchestre, la voix d’or et de pourpre d’Anja Harteros qui déploie tour à tour douceur et puissance, aigus de lumière et graves de bronze. On espère au plus vite une trace discographique.

On avait tant aimé la chanteuse dans Tosca à l’Opéra Bastille : Tosca sans chef.

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Comme on associe souvent ces Wesendonck Lieder de Wagner et les Vier letzte Lieder de Richard Strauss, une petite idée de l’art d’Anja Harteros dans cette vidéo :

La dernière fois qu’on avait entendu ces Wesendonck, c’était avec un partenaire habituel d’Anja Harteros, Jonas Kaufmann, au théâtre des Champs-Elysées, avec l’Orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti.

Pour finir, une discussion surprise à l’entracte au bar de la Philharmonie de Paris, juste après les Wagner chantés par Anja Harteros : « Ah quelle chanteuse, formidable non ? – Ah moi j’ai beaucoup aimé, surtout Super héros (sic) de… comment vous dites, Richard Strôôôs » – Vous avez raison, elle a vraiment bien chanté ce Strôôôs »…. Il faut dire qu’à ce genre de soirées, une bonne partie de la salle est constituée d’invités des mécènes et sponsors…

 

Leipzig, ville musique

Comme Dresde, plus encore peut-être, la grande ville voisine de Saxe, Leipzig est une ville musique.

De part et d’autre de l’Augustusplatz, se font face l’opéra et le Gewandhaus, à quelques mètres du Gewandhaus se trouve la maison de la famille Mendelssohn. Bien entendu, on ne saurait manquer les églises Saint-Nicolas et surtout Saint-Thomas, où Jean-Sébastien Bach a officié comme Cantor – directeur de la musique – de 1723 à sa mort en 1750.

IMG_3654(L’Opéra de Leipzig, construit en 1960)

IMG_3655(La nouvelle salle du Gewandhaus, inauguré le 8 octobre 1981, pour célébrer le bicentenaire de la fondation de l’orchestre)

IMG_3701(L’ancien hôtel de ville)

IMG_3658(L’église Saint-Nicolas)

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IMG_3677(L’église Saint-Thomas)

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IMG_3686(Le choeur de l’église Saint-Thomas et la tombe de J.S.Bach)

IMG_3663(L’école Saint-Nicolas, devenue musée, où Richard Wagner, né à Leipzig le 22 mai 1813, fit ses études primaires)

IMG_3672(La statue de Goethe qui a étudié le droit à Leipzig de 1765 à 1768)

D’autres photos suivront, d’autres commentaires aussi sur une cité aussi riche.

C’est à l’opéra de Leipzig que j’ai entendu hier l’orchestre du Gewandhaus, dans un ouvrage emblématique des théâtres lyriques allemands, Der Freischütz de Carl-Maria von WeberMêmes remarques que pour Eugène Onéguine avant hier : une honnête représentation d’un théâtre de troupe sans grand relief, les deux rôles féminins étant tenus par deux dames qui manquent de la grâce la plus élémentaire. Chef peu inspiré, incapable de faire jouer ensemble son bel orchestre – ah les cors du Gewandhaus ! – et le choeur bien indiscipliné. Mais c’était à Leipzig, et c’était bon d’entendre un ouvrage qu’on connaît par coeur. Evidemment quand on a dans l’oreille – dans l’ordre décroissant de mes préférences Carlos Kleiber (et l’orchestre voisin de Dresde !) avec Gundula Janowitz et Edith Mathis, Joseph Keilberth à Berlin avec Elisabeth Grümmer, Eugen Jochum à Munich avec Irmgard Seefried et la suave Rita Streich, c’est un peu difficile de se contenter d’une version simplement honnête.

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Des cadeaux intelligents

Nous connaissons tous l’horreur de la question rituelle à l’approche des fêtes de fin d’année : que va-t-on pouvoir offrir à X, quel cadeau original faire à Y ? Et affronter la foule des grands magasins ?

Quelques suggestions personnelles… toutes disponibles sur le Net et sans se ruiner !

D’abord une formidable aubaine : 25 ans d’Europakonzerte de l’Orchestre philharmonique de Berlin25 DVD dans un boîtier format CD (un exemple à suivre, svp Messieurs les distributeurs de DVD !), à moins de 50 €. 51hfw6oqkzl-_sl1200_81adiunl5al-_sl1484_L’idée est née en 1991 de proposer, chaque 1er mai, un concert prestigieux des Berliner dans un lieu ou une salle emblématiques d’Europe. L’affiche de ces concerts – chefs, solistes, programmes – parle d’elle-même. Indispensable !

Autre coffret de DVD, même format, mais plus cher et plus hétéroclite, même s’il restitue l’art multi-facettes du pianiste Daniel Barenboim

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Après une discussion passionnée sur Facebook à propos d’une récente réédition de « live » captés à Dresde sur le chef/compositeur italien Giuseppe Sinopoliprématurément disparu en 2001 à 54 ans, je signale deux coffrets formidables (l’un de 16 CD musique orchestrale et chorale, l’autre de 8 CD concertos) à trouver sur www.amazon.ità des prix inversement proportionnels au talent unique du chef disparu :

71cvmcaiirl-_sl1146_5132aldmcdl(Voir détails des deux coffrets à la fin de cet article)

Une nouveauté qui pourrait passer inaperçue : la 4ème symphonie et le concerto pour violon de Weinberg (1919-1996) dans un boîtier au format livre de poche, et à un prix dérisoire. Un très grand compositeur qu’on commence seulement à redécouvrir et à enregistrer, un magnifique concerto pour violon.

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Dans un registre plus traditionnel en ce temps de Noël, deux jolis disques, qui sortent un peu des sentiers balisés, avec la fine fleur des interprètes français de la jeune génération.

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Trouvé hier chez mon libraire de la rue de Bretagne un excellent ouvrage tout ce qu’il y a de plus sérieux sur une musique qui n’a jamais été très prise au sérieux, l’Easy listening !

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La musique easy listening erre au-dessus de tous les styles musicaux qui existent depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début des années 1970. C’est une musique large, sans oeillères, qui va puiser son inspiration à des sources bien dissemblables comme les compositeurs de musique classique, les big bands américains des années 1940, les ensembles gamelan balinais folkloriques, les Beatles, la bossa-nova ou la musique hawaïenne traditionnelle. Elle rassemble des personnages aussi différents que l’illustre Burt Bacharach, l’hypnotique pseudo-Indien Korla Pandit, la diva péruvienne Yma Sumac, le Français Roger Roger, auteur de pastilles musicales pour l’ORTF et de son compère Nino Nardini, ou encore Ennio Morricone, c’est dire la difficulté de recenser tous les représentants de cette famille musicale qui a servi de base de données infinie et de source d’inspiration pour des artistes tels que les Beastie Boys, le Wu-Tang Clan, Stereolab, The Avalanches, Portishead, The Cramps etc. Des ascenseurs et supermarchés au salon des clubs lounge, de l’exotica qui envahit l’Amérique d’après-guerre aux bandes-son des films d’exploitation, cet ouvrage définit les contours d’un genre musical omniprésent et pourtant mal connu. (Présentation de l’éditeur).

Il faut saluer ce travail remarquable, et souhaiter qu’il soit complété par tout un pan de ce qui fait bien partie de l’histoire de l’Easy listening, la profusion de grands orchestres américains, souvent issus de phalanges classiques (Boston Pops, Cincinnati Pops, Hollywood Bowl) ou animés par des musiciens charismatiques (MantovaniXavier Cugat, Frederick Fennell, Morton Gould, etc.).

Et comme, pour la plupart d’entre nous, ce 25 décembre ne sera pas blanc, ce potpourri qui réveille en moi tant de souvenirs d’enfance :

 

  • Coffrets Sinopoli /
  • Orchestral Works (16 CD) Beethoven Symph.9 (Dresde) – Brahms Requiem allemand (Phil.tchèque) – Bruckner Symph.4 & 7 (Dresde) – Tchaikovski Symph.6 & Roméo et Juliette (Philharmonia) – Elgar Variations Enigma & Sérénade cordes & In the South – Maderna Quadrivium & Aura & Biogramma (NDR) – Mahler Symph.5 (Philharmonia) – Mendelssohn Symph.4 (Philharmonia) – Schumann Symph.2 (Vienne) – Moussorgski Tableaux d’une exposition (New York) – Ravel Valses nobles et sentimentales (New York) – Ravel Boléro & Daphnis (Philharmonia) – Debussy La Mer (Philharmonia) – Respighi Pins de Rome, Fontaines de Rome, Fêtes romaines (New York) – Schoenberg La nuit transfigurée & Pelléas et Mélisande – Schubert Symph.8&9 (Dresde) – Sinopoli Lou Salomé (Popp, Carreras, Stuttgart) – R.Strauss Ainsi parlait Zarathoustra (New York) Don Juan (Dresde) Danse des sept voiles (opéra Berlin)
  • Concertos (8 CD) Beethoven Concertos piano 1&2 (Argerich, Philharmonia) – Beethoven Conc.violon & Romances (Mintz, Philharmonia) – Bruch conc.vl.1 + Mendelssohn Conc.vl (Shaham) – Elgar Conc.violoncelle + Tchaikovski Variations Rococo (Maisky) – Manzoni Masse Omaggio a Edgar Varese (Pollini, Berlin) + Schoenberg Symph.de chambre op.9 (Berlin) – Mozart Conc.fl.harpe + Symph.conc.vents (Philharmonia) – Paganini Conc.vl.1 + Saint-Saëns Conc.vl.3 (Shaham, New York) – Sibelius & Tchaikovski Conc.vl (Shaham, Philharmonia)