Une communauté heureuse

Nikolaus Harnoncourt écrivait, le 6 décembre dernier : « Cher Public, nous sommes devenus une communauté heureuse de découvreurs » (Wir sind eine glückliche Entdeckergemeinschaft geworden). La maladie l’obligeant à quitter la scène, le vieux chef rendait au public le plus vrai et chaleureux des hommages (https://jeanpierrerousseaublog.com/2016/03/06/pour-leternite/).

Tous les hommages rendus à Nikolaus Harnoncourt soulignent  « cette qualité unique, qui impressionnait tellement ceux qui avaient la chance d’échanger longuement avec lui : cette absolue disponibilité, cette passion dialectique qui l’animait, et lui faisait prendre avec le plus grand sérieux les interlocuteurs pourtant bien modestes que nous étions à son échelle. Un Maître au sens littéral du terme, de ceux qui vous font grandir, reconsidérer vos préjugés, bref, qui changent votre vie » (Vincent Agrech sur Facebook).

Lire  l’admirable texte de Sylvain Fort : http://www.forumopera.com/actu/nikolaus-harnoncourt-lhomme-qui-disait-non

Dit autrement, Harnoncourt n’aurait pas eu la place et le rôle qu’il a eus dans la vie musicale, s’il n’avait rencontré un public, des auditeurs, curieux, avides de le suivre dans ses explorations, ses découvertes, ses remises en question.

Cette question du public est essentielle, et centrale dans ma propre démarche professionnelle, j’en ai souvent parlé ici.

Je l’évoquais encore, la veille de la mort de Nikolaus Harnoncourt, vendredi, devant la presse puis devant une salle comble à Montpellier pour présenter l’édition 2016 du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon Midi Pyrénées (promis l’an prochain le titre sera plus bref !).

Faire confiance au public, l’inviter au voyage, à la découverte, c’est ce qui devrait guider tous les programmateurs, tous les responsables qui opèrent dans le domaine de la musique  classique. Le festival montpelliérain en a fait depuis plus de trente ans la démonstration : l’audace, l’imagination paient. Une preuve encore pour cette édition 2016 ? d’aucuns craignaient qu’en programmant un ouvrage lyrique inconnu le 26 juillet, en semaine, pour la dernière soirée du festival, on n’attire pas la grande foule. Verdict après une première soirée de vente de billets : c’est cette soirée qui est en tête des ventes ! Il est vrai que l’équipe de musiciens que nous avons réunie est de tout premier ordre et que la notoriété du rôle titre n’est pas étrangère à ce succès. Mais si Sonya Yoncheva a accepté de chanter cette Iris de Mascagni (qui précède de quelques années Madame Butterfly de Puccini), c’est peut-être aussi parce qu’elle fait partie de cette « communauté heureuse de découvreurs » qu’évoquait Nikolaus Harnoncourt…

 

Victoires

On va tenter de ne pas relancer un débat aussi vieux que ce type de cérémonies : pour ou contre les Victoires de la musique classique – qui ont lieu ce mercredi soir à Toulouse ?

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Juste un point d’histoire, donc un rappel : lorsque France Musique, dont j’avais alors la charge, avait été sollicitée pour diffuser la soirée simultanément avec France 3, il y a une vingtaine d’années, j’avais répondu oui sans hésiter, même si, dans cette grande maison qu’est Radio France, une telle décision devait être avalisée, approuvée par toute une hiérarchie. Je me rappelle les hauts-le-coeur, les mines abattues, de producteurs de la chaîne, mais aussi d’autres collaborateurs, France Musique ne pouvait décemment pas s’abaisser à participer à une opération qui ne visait qu’à soutenir le commerce et l’industrie du disque…Et dont les modalités de vote et de sélection des « nommés » étaient discutables.

Ce sont les mêmes d’ailleurs qui, à la même époque, ne comprenaient pas que je veuille envoyer France Musique (et plus tard d’autres chaînes de Radio France) couvrir un phénomène qui me semblait appelé à se développer considérablement : la Folle Journée de Nantes…

Bref, je n’ai jamais regretté d’avoir poussé la chaîne musicale du service public à s’associer avec le seul prime time de l’année dévolu à la musique classique. Et je regarderai l’émission ce mercredi soir.

Le Figaro d’aujourd’hui consacrait un beau papier à ces jeunes artistes, pour qui une distinction comme Les Victoires de la musique classique a changé la donne. (http://www.lefigaro.fr/musique/2016/02/22/03006-20160222ARTFIG00212-classiques-les-nouveaux-chemins-de-la-reconnaissance.php).

Et tous ceux qui ont été récompensés ces dernières années l’ont mérité, et pour beaucoup, ont réussi à commencer une carrière (quel mot détestable s’agissant d’art) honorable. L’avantage de la jeune génération, c’est qu’elle n’a aucune illusion sur le monde culturel et musical d’aujourd’hui – même si bien des agents sont loin d’avoir évolué dans le même sens ! – et qu’elle connaît les codes, utilise, à bon escient, les modes de communication les plus adaptés à une large diffusion de leur art.

Oui Youtube, les réseaux sociaux, ont révolutionné l’accès à la culture et l’organisation du monde musical. Plus de faux-semblant possible, plus d’entre soi, de pratiques réservées au seul petit milieu professionnel. Instantanément, tel concurrent ou lauréat d’un prestigieux concours peut se faire connaître du monde entier, tel ensemble peut acquérir la notoriété – dès lors que le talent est là – sans passer par la case disque ou tournée de lancement. D’ailleurs, l’enregistrement d’un disque, les engagements, suivent, accompagnent, et ne précèdent plus que rarement le début de carrière.

On ne fait aucun pronostic sur les lauréats de ces Victoires 2016. Parce qu’on connaît tous ces musiciens, qu’on a parfois eu la chance de les repérer, de les soutenir, de les engager au tout début de leur carrière, qu’on aime leur parcours, leur attitude à l’égard des compositeurs et du public.

Beaucoup sont passés à Montpellier dans le cadre du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon ou seront présents dans l’édition 2016 (comme Florian Noack ci-dessus)*.

Une mention particulière pour un très beau disque, auquel j’ai pu contribuer, celui d’un merveilleux altiste, Adrien La Marca (le grand frère Christian-Pierre, au violoncelle, n’est pas mal non plus !). Un programme qui lui tenait à coeur, enregistré finalement à la Salle philharmonique de Liège…(L’album « English Delight », hommage à l’alto et aux compositeurs anglais est un voyage sur quatre siècles, de Dowland, Purcell, Vaughan Williams, Bridge, Clarke, Britten à Jonathan Harvey Chacune de ces pièces est liée à un moment spécial du parcours artistique et musical d’Adrien La Marca)

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  • Le détail de l’édition 2016 (11-26 juillet) du Festival de Radio France Montpellier et de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées (vivement un nouveau nom pour cette grande région !) sera dévoilé le 4 mars prochain.

 

Fraternité

Christian Merlin dans Le Figaro d’hier évoquait une Folle journée qui dure dix-sept jours. Bien vu ! Ce soir s’achève un marathon de 220 concerts et manifestations entamé le 9 juillet à Mende et on a bien l’impression que ce trentième anniversaire du festival* a été fêté partout et par tous. Il se conclut par la plus forte des proclamations : Alle Menschen werden Brüder. 

J’ai relu le texte original du poème de Schiller An die Freude (dont Beethoven n’a utilisé qu’une partie pour le dernier mouvement de sa IXème Symphonie) : Bettler werden Fürstenbrüder (Les mendiants deviendront frères des princes). Révolutionnaire non ? L’idéal des Lumières exalté dans cette vaste Ode à la fraternité de 1785.

Instantanés de ces derniers jours :

IMG_0115(Helium Brass à Perpignan le 12 juillet)IMG_0150(Les breakdancers de Star Cross’d Lovers de David Chalmin le 14 juillet)IMG_0187(The Amazing Keystone Big Band le 17 juillet au Domaine d’O)IMG_0215(Avec Paul Daniel le 20 juillet)IMG_0221 (Lucilla Galeazzi chante Naples le 22 juillet)IMG_0224(Le Trio Karénine le 22 juillet à Aigues-Mortes, et dès le dernier accord du trio op.63 de Schumann un rideau de pluie)IMG_0228 IMG_0236(François-Frédéric Guy impérial dans Beethoven le 23 juillet)IMG_0246(Résurrection de La Jacquerie de Lalo et Coquard avec une troupe de choc : Michel Tranchant chef de choeur, Nora Gubisch, Véronique Gens, Patrick Davin, Charles Castronovo, Boris PInkhasovitch, Jean-Sébastien Bou, Patrick Bolleire et Enguerrand de Hys le 24 juillet)

*Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon

La fête continue

S’ils le disent et l’écrivent tous, c’est que ça doit être vrai : les festivals cet été font le plein, selon les observateurs les plus critiques ! Celui qui nous occupe à Montpellier non seulement ne déroge pas à ce constat, mais fait exploser les prévisions les plus optimistes.

Tant mieux ! C’est la meilleure garantie pour l’avenir et sans trahir le secret de leurs délibérations, on est heureux des décisions prises ce lundi à l’unanimité par les parties prenantes et qui ouvrent de belles perspectives. Ce ne sont pas encore les lendemains qui chantent, mais on est conforté dans une stratégie gagnante.

Il faut dire qu’on a été gâtés en émotions fortes ce week-end. Un Fantasio au casting de rêve, une création par un Orchestre National de France en grande forme.

11219131_10153439694448194_6380105925159628429_n(Julie Depardieu en récitante, Marianne Crébassa, magnifique Fantasio, Omo Bello en Elsbeth virtuose, Friedemann Layer et l’Orchestre National de Montpellier à leur meilleur)

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(Le compositeur René Koering et les interprètes de son concerto pour piano, créé par Yuri Favorin, Alexander Vedernikov et l’Orchestre National de France)

Ce lundi défilé en direct sur France Musique de la « génération 1985 », à laquelle succédait dans un Corum comble le récital de Piotr Anderszewski, un pianiste décidément rare à tous les sens du terme. Ce soir invités pour la première fois au Festival les musiciens de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine et mon ami Paul Daniel avec la mezzo Sarah Connolly : la 5e symphonie de Mahler, et – clin d’oeil à la Belgique en ce jour de fête nationale – les six Lieder de Zemlinsky sur des poèmes de Maeterlinck !

11745930_1624265984479064_6537288773938186216_n(Il faut toujours une photo pour immortaliser un concert-anniversaire, merci à Marc Ginot ! De g.à dr. René Koering, JPR; Jean-Noël Jeanneney – co-fondateur du Festival en 1985 comme président de Radio France avec Georges Frêche, alors maire de Montpellier -, Damien Alary, président du conseil régional Languedoc Roussillon, Mathieu Gallet et Philippe Saurel, maire, président de Montpellier-Métropole)

Des touches et des voix

J’aurais pu titrer « l’été meurtrier », les disparitions survenant à un rythme accéléré : hier on apprenait le décès le 10 juillet d’une légende, Jon Vickers (https://en.wikipedia.org/wiki/Jon_Vickers).

On ne peut pas dire que la voix ait jamais été belle, pas sûr d’ailleurs que le Canadien l’ait cherché. En revanche, on a grandi avec son Florestan, son Tristan, son Otello et on vibrait à l’intensité de ses incarnations.

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En revanche, on peut souhaiter un bon anniversaire, 90 ans le 11 juillet, à un autre grand ténor dont un site spécialisé avait prématurément annoncé la mort, Nicolai Gedda. Warner avait déjà édité un copieux coffret, qui essayait de retracer la prodigieuse carrière du chanteur suédois, installé depuis des lustres sur les bords du lac Léman.

51fgWVa6XyL 81+LB3mFQVL._SL1417_Un autre coffret est annoncé, avec des opérettes (intégrales) de Strauss et LeharGedda a particulièrement brillé, depuis les premières gravures avec Schwarzkopf et Ackermann jusqu’aux versions Electrola des années 70

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À Montpellier, l’événement c’était samedi le grand marathon pianistique. On en connait qui n’ont pas loupé une seule note des six concerts qui se sont déroulés à la Salle Pasteur de 9h30 à 23h15 : les deux livres du Clavier bien tempéré de Bach (le premier à Cédric Pescia, le second à Dominique Merlet), les Préludes de Chopin et le 1er cahier de Préludes de Debussy à Nelson Goerner, les Préludes op.89 de Chostakovitch avec Muza Rubackyte et le Ludus Tonalis de Hindemith par Andrei Korobeinikov. 

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Autour de Philippe Cassard, maître d’oeuvre de cette folle journée, Cédric Pescia, Dominique Merlet, Nelson Goerner, Muza Rubackyte.11701135_10153031169037602_5025133019420429048_nAprès un dimanche éclaté dans toute la région, ce lundi invite les curieux à (re)découvrir le coeur de Montpellier à la faveur de rencontres musicales inattendues.

Et sur France Culture, à 15 h, dans Continent Musiques d’été on évoque l’histoire du Festival au micro d’Anna SIgalevitch : http://www.franceculture.fr/emission-continent-musiques-d-ete-multidiffusion

Ouverture

On eût souhaité que ces derniers jours ne fussent que bonheur. Celui de l’ouverture d’un festival auquel on est fidèle depuis 1987 et dont on a désormais la charge.

Mais les mauvaises nouvelles n’attendent pas. La disparition de l’acteur principal du film préféré de mon père, si souvent vu et revu, Docteur Jivago, Omar Sharif

La Grèce : à quoi a servi le référendum de dimanche dernier ? Qui a trompé qui ?

Et puis des changements, bien ou mal vus, c’est selon, dans le paysage radiophonique…

Mais avouera-t-on qu’on n’avait d’yeux et d’oreilles jeudi soir que pour les très jeunes musiciens du Bagad de Lann Bihoué qui ont ouvert l’édition 2015 du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon dans un théâtre de Mende plein à craquer :

Conjugaison réussie des plus anciennes traditions populaires et d’un enthousiasme collectif contagieux. Un sénateur-maire et les personnalités locales qui n’étaient pas les dernières à vouloir aller jusqu’au bout de la nuit…

Voir le reportage de France 3http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/ouverture-celtique-du-festival-de-radio-france-avec-le-bagad-de-lann-bihoue-768343.html

Ce vendredi c’est à Montpellier qu’on allait sentir si cette nouvelle édition prenait (ou non) un bon départ. Même si les chiffres de pré-vente étaient très rassurants, on sait d’expérience que rien ne remplace la fébrilité qui gagne organisateurs, artistes et publics le jour même, et de voir la foule affluer vers la grande salle Berlioz du Corum sous le soleil de midi, des files se former au guichet, on savait le pari gagné de remplir cet immense vaisseau un jour de semaine à l’heure du déjeuner… avec un artiste qui avait commencé le 12 juillet 1995, dans une salle beaucoup plus modeste, un parcours d’amitié ininterrompu avec le festival : Fazil Say

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Un peu moins surpris par une salle archi-comble le soir : certes le Concerto d’Aranjuez – et le fantastique Juan Manuel Canizares, le Boléro de Ravel, les danses du Tricorne de Falla, Espana de Chabrier, mais les moins courues Dansas Fantasticas de Turina ou Catalonia d’Albeniz, il y en avait pour toute l’Espagne et la baguette fringante de Domingo Hindoyan à la tête d’un Orchestre national de Montpellier en très grande forme.

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Ce samedi marathon pianistique, encore une de ces folies que seul le Festival peut se permettre…Cédric Pescia ouvre ces 205 nuances de blanc et noir à 9h30 avec ceci :

L’ange, la belle et l’académicien

Semaine riche, marquée du sceau de l’amitié.

Janvier 2003, concert de Nouvel An à Liège, un jeune chef belge que j’ai repéré dans la fosse de l’Opéra royal de Wallonie, et une jeune chanteuse qui a fait ses classes à Lyon : Jean-Pierre Haeck et Karine Deshayes dans Mozart et Rossini. Triomphe. Et avec l’une et l’autre une amitié qui s’est nourrie d’années de complicité, de rencontres, de concerts. Karine était le merveilleux Ange du Paradis et la Péri de Schumann (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/06/05/un-petit-coin-de-paradis/), et mardi dernier l’invitée, à la salle Gaveau, du tout nouveau Festival Mezzo, avec deux compères de choix, le pianiste Jeff Cohen et le baryton français Jean-Sébastien Bou. IMG_2818 Pyrotechnies rossiniennes – ce souvenir de LIège ! – pour conclure un programme exigeant, duos et solos, de Mendelssohn à Mozart, de Fauré à Rossini. Une artiste admirable qui a tracé sa route, et pas des moindres, sans jamais cesser d’être musique, simplicité et amitié.

Lundi soir pur plaisir aussi avec la nouvelle Belle Hélène du Châtelet. IMG_2817   Evidemment les critiques professionnels n’ont pas manqué de jouer au jeu des comparaisons avec une autre production mythique du plus populaire sans doute des ouvrages d’Offenbach, donnée sur la même scène en 2000, avec l’impayable Felicity Lott en blonde Hélène, et une distribution d’enfer (Michel Sénéchal !), Marc Minkowski dans la fosse, Laurent Pelly à la manoeuvre. Spectacle repris, enregistré, multi-diffusé.

On est très heureux que Jean-Luc Choplin ait confié à une nouvelle équipe cette éternelle source de jouvence qu’est cette Belle Hélène, dans une version d’ailleurs complétée, révisée par le spécialiste ès-Offenbach, Jean-Christophe Keck.

Bien sûr les procédés de superposition vidéos du duo Corsetti-Sorin ont un air de déjà vu, et pallient parfois une absence de véritable direction d’acteurs. Bien sûr le berger Pâris n’est pas vraiment à son aise ni vocalement ni physiquement (et les dialogues parlés d’Offenbach appris phonétiquement… ça ne le fait pas trop !). Mais Gaëlle Arquez a l’âge, la voix, la beauté du rôle de la blonde Hélène, Jean-Philippe Lafont nous fait un Calchas qualité France, et Kangmin Justin Kim un Oreste qu’on s’attend à tout moment à voir imiter la Bartoli (comme il le faisait dans La Chauve-Souris en décembre dernier à l’Opéra-Comique)

Emotion surtout de découvrir un tout jeune chef dans la fosse, Lorenzo Viotti – émotion parce qu’il y a presque trente ans, j’invitais son père, Marcello, à diriger des concerts de l’Orchestre de la Suisse romande, à l’orée d’une carrière qui allait tragiquement s’interrompre il y a dix ans déjà (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcello_Viotti). Comme pour une autre lignée suisse (Jordan père – Armin – et fils – Philippe) bon sang ne saurait mentir !

Mercredi c’était un autre genre de réjouissances, que j’aurais à vrai dire évitées s’il ne s’était agi là encore d’un ami et surtout d’un compositeur génial : Thierry Escaich, à tout juste 50 ans, était reçu sous la Coupole à l’Académie des Beaux Arts. Impressionnante cette assemblée chenue, très chenue, d’hommes (et de deux ou trois femmes seulement) en habit vert – peu de personnalités (sauf une vieille dame qui s’est fait semble-t-il une spécialité de l’impolitesse de ses arrivées tardives ). Humour dans le discours d’accueil de Laurent Petitgirard, habileté du nouvel académicien pour honorer son prédécesseur et dresser en filigrane une sorte d’autoportrait modeste. Et surtout une présence musicale peu classique, celle du Quatuor Ellipsos

Thierry Escaich, c’est évidemment le souvenir du début d’une aventure musicale et amicale ininterrompue depuis ce premier disque : 41WFW9NJ2NL

Jeudi, cap sur Perpignan pour une journée de rencontres, interviews, présentations de l’édition 2015 du Festival de Radio France Montpellier Languedoc Rousslllon. Tout ce que j’aime finalement et l’impatience, comme toute l’équipe, de commencer cette aventure de près de 200 concerts… IMG_2834 IMG_2824 IMG_2826 S’agit-il du même Grétry ? http://fr.wikipedia.org/wiki/André_Grétry IMG_2827 IMG_2828