1976-2026 : souvenirs d’été

Ce billet du milieu d’été va prendre une tournure plus personnelle, pour évoquer des souvenirs marquants au fil de cinq décennies écoulées.

Août 1976 : la mère de mes enfants, mon premier job, et un raté sans retour à l’orgue

Il y a cinquante ans, j’achevais fin juillet mon service militaire, accompli à l’Ecole nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA) de Saint-Maixent, comme professeur à la fois des jeunes élèves sous-officiers – des cours de français – et d’officiers qui se préparaient à acquérir des diplômes – en l’occurence soit d’allemand, soit de russe, les deux matières dont j’étais déjà titulaire d’un DEUG universitaire. Sitôt libéré, à la suggestion d’un bon camarade déjà militant, je partis pour Avignon, et l’abbaye toute proche de Saint-Michel-de-Frigolet où se déroulait l’une des toutes premières universités politiques d’été – il y a dispute non résolue pour savoir laquelle était véritablement la première entre les jeunes giscardiens et les jeunes démocrates sociaux – Çà ne coutait que le prix du voyage et la curiosité me guidait. Sur place, je fis au moins deux rencontres décisives : parmi un trio de grâces féminines, la future mère de mes enfants, et voisin de dortoir, un garçon qui allait m’orienter quelques mois plus tard vers mon premier emploi d’assistant parlementaire… de son père Jean Cluzel.

Musicalement, j’ai éprouvé cette semaine-là une honte que j’ose raconter cinquante ans plus tard. Il y avait dans l’abbatiale de Saint-Michel-de-Frigolet un très bel orgue. Je ne sais plus comment j’ai été amené à en jouer, je ne sais qui a « cafté » mais un soir qu’un ministre de l’époque, André Fosset – qui allait être débarqué du gouvernement le 25 août au moment de la démission fracassante du premier ministre Jacques Chirac – rendait visite aux jeunes « universitaires » que nous étions, on me pria de jouer quelque chose pour lui et la compagnie présente. Je jouai vaguement la Toccata de la 5e symphonie pour orgue de Widor, puis comme on me priait de continuer, j’improvisai je ne sais plus quoi sur La Marseillaise en tirant les grands jeux pour faire le plus de bruit possible. Je fus chaleureusement félicité par le ministre et son chef de cabinet comme par les autres politiques présents. Je me fis la promesse – jusqu’à ce jour tenue – de ne plus jamais raconter à quiconque que je savais toucher un clavier ou même jouer d’un instrument !

Août 1986 : la Radio suisse romande, Antoine Livio et Charles Dutoit

Déjà raconté ici mon entrée à la Radio suisse romande, et mon « baptême » de radio par le regretté Antoine Livio lors du festival de Montreux, et d’abord en quelque sorte par le chef d’orchestre Charles Dutoit ! Ici capté à Montreux en 2018. Je n’aurai garde d’oublier que le chef suisse, toujours par monts et par vaux – quand il ne dirige pas, il voyage dans le monde entier – va bientôt fêter ses 90 ans.

Août 1996 : Montpellier et Menuhin, Aix et Semele

Je suis au milieu de mon mandat de directeur de France Musique, et je passe logiquement une partie de mon été, juillet surtout, dans les festivals où la chaîne a ses habitudes, essentiellement Aix-en-Provence, Montpellier et un peu Salon-de-Provence où j’ai réussi à installer les micros de France Musique pour capter ce que la bande de formidables musiciens réunis par Paul Meyer, Emmanuel Pahud et Eric le Sage, des amis de toujours, propose de programmes aventureux, parfois inédits.

A Montpellier, c’est le souvenir d’une intégrale des symphonies de Beethoven dirigées par Yehudi Menuhin avec le Sinfonia Varsovia. Techniquement, Menuhin n’est sans doute pas le chef le plus accompli – il rate le début de la 9e de Beethoven et recommence, en direct sur France Musique ! – j’avais offert le concert à ma mère, venue en voisine de Nîmes. Mais quel musicien inspiré !

A Aix c’est un Semele assez clinquant de Haendel mis en scène par Robert Carsen – il était plus inspiré dans un magique Songe d’une nuit d’été de Britten. William Christie comme toujours raide et compassé – décidément lui je ne l’aime pas !

Août 2006 : la Finlande, Helsinki, Savonnlinna

Je moquais gentiment il y a quelques semaines mon camarade Tristan Labouret, envoyé spécial de Bachtrack aux fins fonds de la Finlande au festival de Kuhmo, qui découvrait tout à la fois les Finlandais et leur idiome très particulier, le finnois, qui comme le hongrois, ne relève pas de ce qu’on appelle le bloc indo-européen.

Invité en décembre 2005 à assister aux épreuves du Concours Sibelius, durant des journées plongées dans la nuit dès 14 h, j’avais rêvé de voir la même ville, Helsinki, le même pays, la Finlande, lors des nuits d’été sans fin.

J’inviterai ensuite la jeune lauréate Alina Pogostkina à deux reprises à Liège.

Et donc en juillet, cap sur la Carélie, cette longue bande de lacs et de forêts qui forme la frontière avec la Russie, et bien sûr visite d’Ainola, la maison-musée de Sibelius (lire Ormandy en Suède)

Et puis la découverte du festival de Savonlinna, au coeur de l’impressionnante forteresse de la ville. C’était Carmen, dans une mise en scène spectaculaire, dirigée par une jeune cheffe d’orchestre estonienne, Anu Tali, dont je me rappelle autant la battue énergique que la blondeur flamboyante (non ceci n’est pas une remarque sexiste !)

La forteresse de Savonlinna (Finlande)

Août 2016 : Un festival oriental, Cuba, le cauchemar et la joie

Pour ma deuxième édition en tant que directeur du Festival Radio France Occitanie Montpellier, j’ai choisi une thématique qui invite au Voyage d’Orient

Je voudrais en citer tous les événements, tant les souvenirs sont vivaces (lire Flashback).

Mais je n’oublie pas l’horreur de la soirée du 14 juillet 2016 à Nice…Comment pourrait-on effacer une telle tragédie ?

La suite de l’été 2016 ce fut à Cuba, un séjour contrasté pour user d’un euphémisme. Lire Cuba, aventures et mésaventures et Cuba Est-Ouest

Août 2026

Bientôt mon billet-bilan Retour du Brésil.

En attendant suivre mes brèves de blog, qui donnent une petite idée de vacances tout en quiétude et douceur…

Les fraîcheurs du chef (IX) : Eugene Ormandy en Suède

On connait le tropisme sibélien du chef américain d’origine hongroise Eugene Ormandy. Le légendaire chef de l’orchestre de Philadelphie n’était pas peu fier des clichés pris en 1951 lors de sa visite à Ainola, la résidence du compositeur à quelques encablures au nord d’Helsinki

Sibelius et Ormandy à Ainola (1951)

Un coffret témoigne des affinités du chef pour le Finlandais.

Sa version avec choeurs de Finlandia est restée à juste titre fameuse

Mais dans l’abondance des enregistrements effectués par Eugene Ormandy avec Philadelphie, on trouve d’autres pépites « nordiques ».

Comme cette 1e rhapsodie suédoise du compositeur Hugo Alfvén (1872-1960).qui porte comme sous-titre : La nuit de la Saint-Jean

Ormandy n’a jamais résisté à ces showpieces que le public américain adorait comme cette marche des boyards du Norvégien Johan Halvorsen (1864-1932)

Pour l’abondante discographie d’Eugene Ormandy, on se réfèrera aux deux articles consacrés aux deux rééditions des enregistrements stéréo réalisés pour Columbia (CBS) : Les années Ormandy et Les années Ormandy (suite).

Et dans mes brèves de blog le contraste tragique entre des actualités qui se percutent…

Les fraîcheurs du chef (VI) : Sakari en Islande

C’est un chef que j’ai découvert par le disque, Petri Sakari dirigeant l’orchestre symphonique d’Islande dans la 2e symphonie du compositeur finlandais Leevi Madetoja.(1887-1947)

J’avais même repris le début de cette symphonie comme indicatif de France Musique.

J’ai invité Petri Sakari à plusieurs reprises à Liège pour des programmes qui n’ont jamais manqué d’originalité, ainsi en janvier 2008 (Bruckner), le 12 février 2011 (Ledoux, Reger, Lindberg, Strauss).

Le chef a signé une très belle intégrale Sibelius, l’une de mes préférées dans une discographie surabondante.

Mais pour ce sixième épisode de la série Les fraîcheurs du chef, cap sur les autres enregistrements islandais du chef !

Le seul « tube » internationalement connu d’un compositeur suédois Hugo Alfvén qui mérite d’être beaucoup mieux connu : sa 1e rhapsodie suédoise (en suédois : Midsommarvaka / Soir d’été)


Quant à Uuno Klami (1900-1981) ce n’est pas un clone de Sibelius, même si les sources d’inspiration sont les mêmes

La musique islandaise est encore une terra incognita pour moi, mais grâce à Petri Sakari on peut l’approvisoiser.

Et toujours humeurs et bonheurs du moment dans mes brèves de blog : conséquences et inconséquences

Les fraîcheurs du chef (I) : Colin Davis

Pour cet été 2026, je me lance dans une série qui n’a d’autre prétention que d’explorer quelques secrets de la discographie et/ou de la carrière de grands chefs d’orchestre que j’admire. Et comme la canicule menace, mon choix se portera sur des musiques plutôt rafraîchissantes!

J’ai une profonde admiration pour Colin Davis (1927-2013) que j’ai eu la chance d’applaudir plusieurs fois en concert, la dernière fois à Londres en 2012 un an avant sa mort, ou en 2009 à l’Opéra Comique dirigeant l’Orchestre national de France dans un programme tout Berlioz.

Celui-ci s’ouvrait par la première et la moins connue des « ouvertures » de Berlioz : Waverley s’inspire d’un roman de Walter Scott et évoque.. l’Ecosse et ses climats d’ordinaire plus frais que notre continent. Quoique…

La collection Eloquence réédite tous les enregistrements réalisés par le chef anglais à Boston, où on lui avait le poste de directeur musical, qu’il avait refusé au profit d’une nomination comme « principal guest conductor » beaucoup moins contraignante.

Les mélomanes connaissent depuis longtemps le cycle Sibelius qu’il y a enregistré. Il y a vingt ans, j’avais eu le bonheur de parcourir la Carélie, cette longue frontière naturelle de la Finlande avec la Russie, et de visiter la demeure de Sibelius, Ainola.

On sait que Sibelius a puisé l’essentiel de son inspiration dans les paysages qui l’entouraient. J’ai toujours eu une affection particulière pour sa dernière oeuvre symphonique, tout juste centenaire, puisque Tapiola a été écrit et créé en 1926. Colin Davis en donne avec Boston une version de pure splendeur.

Et toujours mes brèves de blog pour le tout venant de mes humeurs

La grande porte de Kiev (XIV): après l’Alaska

J’ai inauguré cette série – La grande porte de Kiev – au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Poutine. Je ne peux ni ne veux laisser passer ce qui s’est passé ce 15 août à Anchorage, cette rencontre Trump-Poutine qui a, logiquement, suscité autant que commentaires que d’attentes et de déceptions.

Avant de prendre l’avion le 4 août dernier, avant donc de savoir que ce sommet aurait lieu, j’ai acheté un peu par hasard ce petit bouquin.

J’ignorais tout de l’auteur – Nicolas Delesalle – et du sujet de ce livre paru en 2023.

« Derrière la fenêtre de son compartiment, un Français d’origine russe regarde les forêts d’Ukraine défiler. Autour de son cou, une croix orthodoxe que lui a offerte sa mère, professeure de russe. Une mère qui l’accompagnait déjà lors de son premier voyage scolaire à Kiev en pleine guerre froide, échangeant des jeans Levi’s contre du caviar. Et qui, en tant qu’interprète fantasque, l’assistait pour son premier reportage dans la Russie des années 2000. Aurait-il pu l’imaginer alors interrogée par le KGB à dix-sept ans à Sébastopol ?
À quelques centaines de kilomètres de ce train, un vieil Ukrainien porte lui aussi une croix orthodoxe autour du cou. Ils ne se connaissent pas encore mais, bientôt, les deux hommes vont partager un secret et ainsi approcher le mystère des origines, entre fierté, désenchantement et honte.
 » (Présentation de l’éditeur)

Jusqu’alors je partageais le drame des Ukrainiens par le truchement d’Andrei Kourkov. Le livre de Nicolas Delesalle, dont ni le nom ni le prénom ne trahissent les origines russes, m’a bouleversé. L’écriture est d’un ciselé magnifique, l’émotion surgit au détour d’une ponctuation. Empoignez-le, il ne vous lâchera plus.

La concomitance de cette lecture et du sommet russo-américain m’oblige à écrire ceci aujourd’hui, en réaction à tous les commentaires que j’entends et lis.

Les salauds nécessaires

Ça doit faire du bien à ceux qui déversent sur les réseaux sociaux les pires adjectifs sur le président américain comme sur le russe. Oui, ils sont tout cela assurément. Ce n’est pas ici que je vais commencer à défendre l’un ou l’autre.

Mais ils sont là, à la tête de deux puissances nucléaires qui, depuis 1945, s’étaient partagé l’Europe en terme de protection militaire – OTAN contre Pacte de Varsovie.

Si l’on n’a pas la mémoire longue, on ne peut rien comprendre à ce qui se joue en Ukraine depuis 2014 – l’annexion de fait de la Crimée par la Russie – et le 24 février 2022. Je citais le dernier bouquin de François Reynaert dans mon dernier article (Trois ans après).

Comprendre n’est pas excuser, encore moins légitimer. Mais on ne peut pas oublier que la génération actuellement au pouvoir en Russie, les Poutine, Lavrov, ont connu, vécu, la déliquescence de l’Union Soviétique, l’émancipation de toutes les républiques dites soviétiques – dont les trois baltes, Lituanie, Lettonie, Estonie, qui n’avaient jamais formellement accepté leur inclusion dans l’URSS, la dislocation du pacte de Varsovie et donc de la zone d’influence russe. L’Union européenne d’une part – avec la réunification de l’Allemagne – s’est installée au contact direct de l’ex-empire soviétique, et l’OTAN est aux marches de la Russie.

Je sais ce qu’on va m’objecter : rappelant cela, je reprends le « narratif » de Poutine qui répète depuis trois ans – et encore hier à Anchorage – que c’est l’Occident (et Biden) qui est la cause de la guerre en Ukraine. Non je ne suis le porte-voix de personne, de Poutine encore moins. Mais l’histoire est là, qu’on ne peut pas refaire à son gré. Comme on ne peut pas nier que la Russie est née.. à Kiev (lire la Rus’ de Kiev).

Je me rappelle une discussion, en 2019, avec l’ambassadeur d’un pays balte à Paris, ancien ministre de La Défense de son pays, qui m’avait expliqué avec une clarté de diamant la situation géopolitique, les risques à court et moyen terme de la confrontation entre la Russie et les pays nouveaux membres de l’OTAN, comme le sien. A l’époque, la Finlande était encore un pays non-aligné, neutre en quelque sorte par rapport à la Russie dont elle partage une frontière de plusieurs centaines de kilomètres. Peu ont relevé le fait que la Finlande a rejoint l’OTAN le 4 avril 2023.

Enfin, ne jamais oublier qu’aucun tsar depuis Pierre le Grand, aucun dirigeant de l’ère soviétique, à commencer par Staline, et maintenant Poutine, n’a jamais abandonné le mythe de la Grande Russie. Mythe sur lequel ils s’appuient pour gouverner sans partage, au prix de tous les sacrifices pour des peuples si longtemps asservis.

Voilà pour tenter d’expliquer – encore une fois sans aucunement la légitimer – la position invariable de la Russie de Poutine.

Du côté américain, il faut, me semble-t-il, se garder tout autant des simplismes faciles : Trump est un idiot, qui change d’avis toutes les cinq minutes. Croit-on vraiment qu’il se serait fait élire deux fois président des Etats-Unis si ce n’était qu’un sombre crétin ?. Je crois au contraire qu’il faut se méfier de lui, du soubassement idéologique très puissant de son action – qui n’est pas juste une variante populiste de la « grande Amérique » – et que l’agitation permanente autour de sa personne, du moindre de ses faits et gestes, qui sature les plateaux de télévision du monde entier, est destinée à masquer la réalité d’une politique puissamment réactionnaire, qui n’a pas fini de faire des dégâts aux Etats-Unis.

Et maintenant ?

Il y avait tout à craindre, pour l’Ukraine, du sommet de ce 15 août. Que Trump brade l’Ukraine pour obtenir à tout prix un cessez-le-feu, sur le dos des Ukrainiens. Finalement, il a assumé de ne pas conclure cette rencontre par un « accord », et compris que rien n’avancerait sans les Européens et le premier concerné, Zelensky lui-même*

Dans Le Monde d’aujourd’hui l’ancien ministre des affaires étrangères d’Ukraine, Dmytro Kuleba, réagit à la réunion d’hier:

« Le bon côté, c’est qu’aucun accord n’a été conclu qui irait à l’encontre des intérêts de l’Ukraine ou du reste de l’Europe. En fait, cette réunion a produit plus de brouillard que de clarté. Ils auraient pu conclure un accord, mais ils ne l’ont pas fait, parce que Trump comprend une chose : il n’a aucun levier pour imposer un accord que l’Europe et l’Ukraine jugeraient inacceptable. C’est pour cela qu’il n’ira pas jusqu’à un accord avec Poutine. Il doit tenir compte de l’Europe et de l’Ukraine. La seule nouvelle qui pourrait vraiment compter, ce serait si Poutine acceptait une rencontre avec Zelensky, Trump et, idéalement, des représentants européens. Parce qu’il serait presque impossible de sortir de cette rencontre sans un accord. Ce serait le signal que la situation change » (Le Monde, 16 août 2025)

* Dans les campagnes de désinformation dans lesquelles les Russes sont passés maîtres depuis longtemps, l’une d’elles est à relever, parce que plus subtile que d’autres et reprise par de grands médias occidentaux (comme Le Monde). On a vu fleurir titres et articles sur le fait que Zelensky était déstabilisé dans son propre pays, qu’il était mis en cause pour sa « faiblesse » dans la mise en place d’institutions anti-corruption en Ukraine, qu’il avait dû limoger des proches, etc… Il y a certainement du vrai dans tout cela, mais la bonne vieille technique de la calomnie à bas bruit a encore de beaux jours devant elle.

Indépendance

Le 6 décembre c’est autre chose qu’un jour à jamais triste pour moi (Il y a 52 ans) ou la Saint-Nicolas fêtée dans tous les pays germaniques et nordiques (lire Saint-Nicolas en musique), c’est aussi Itsenäisyyspäivä, la fête de l’Indépendance, la fête nationale de la Finlande.

(Mon dernier voyage en Finlande en novembre 2018 – ici à Tampere – pour préparer l’édition 2019 du festival Radio France)

Le 6 décembre 1917, la Finlande conquérait enfin son indépendance après des siècles de tutelle tour à tour suédoise ou russe.

Seiji Ozawa avait enregistré tout un disque d’hymnes nationaux, dont celui de la FInlande

Mais bien avant la proclamation officielle de son indépendance, la Finlande avait trouvé son héraut, à l’occasion de la célébration de la Presse en 1899 : Sibelius compose une musique en plusieurs tableaux, dont le dernier L’Eveil de la Finlande débouchera bientôt sur ce qui est depuis considéré comme le véritable hymne national des Finnois, Finlandia. Lire toute la genèse de l’oeuvre ici : Finlandia.

La version orchestrale est la plus fréquemment donnée : ici dans la version par laquelle, adolescent, j’ai tout à la fois découvert l’oeuvre et le concerto pour violon de Sibelius (lire Sibelius m’était conté)

Mais la version avec choeur est plus impressionnante et plus… patriotique ! Hommage ici au chef finnois récemment disparu, Leif Segerstam (1944-2024)

Des nouvelles de près, de loin

De Suisse

J’écris pour Bachtrack, je l’ai fait un temps pour Forumopera, mais je lis les autres sites surtout lorsque j’y découvre des pépites: il y a peu je suis allé sur ResMusica pour lire une critique d’un concert que j’avais moi-même chroniqué, et je suis tombé sur un puis des articles évoquant la vie musicale suisse, les compositeurs helvètes, signés Joseph Zemp. Comme j’ai un cousin – dans ma très nombreuse famille maternelle – qui porte le même patronyme que notre illustre ancêtre commun (Joseph Zemp) – j’ai interrogé la rédactrice en chef du site pour voir si ce rédacteur très cultivé pouvait être… ce cousin dont j’avais un peu perdu le contact, et j’ai reçu un long courriel de la part de ce cher cousin qui m’a confié être un collaborateur régulier de ResMusica depuis 2021 ! Joseph m’avait naguère orienté vers les livres de son ami Étienne Barilier (lire Musiques de l’exil), un écrivain que je connaissais de nom depuis mes années à la Radio Suisse romande, mais que je n’avais pas lu à ma grande honte. Je me suis rattrapé depuis… Je vais désormais suivre régulièrement la plume de Joseph Zemp sur ResMusica. Sa dernière chronique est consacrée à un compositeur bien oublié et pourtant bien singulier : Vladimir Vogel (1896-1984)

D’Italie

J’avais brièvement évoqué ici un artiste italien, dont on ne comprend pas pourquoi il est aussi peu connu en France – comme le relevait Jean-Charles Hoffelé sur son blog : Hors Chopin -, le pianiste Pietro de Maria (lire Frontières), qui a complété, il y a peu, une intégrale de l’oeuvre pour piano de Chopin, que je ne cesse d’admirer au fur et à mesure que je la réécoute, par les deux concertos.

De Finlande

J’ai très souvent évoqué ici la Finlande, ses compositeurs, ses interprètes, encore récemment à l’occasion de la parution du coffret Paavo Berglund (Fleurs de Paavo). Comme je le fais périodiquement, je me replonge dans tel ou tel « quartier » de ma discothèque. Sur Facebook une discussion s’engageait sur les qualités d’interprète de Sibelius d’un grand chef britannique – Alexander Gibson (1926-1995) – que j’eus le bonheur de connaître en 1992 lorsque je fis partie du jury du Concours de jeunes chefs d’orchestre de Besançon qu’il présidait.

Et sur un disque catalogue acheté jadis à Helsinki, je trouve une oeuvre que j’avais dû écouter distraitement et qui n’est pas de Sibelius, mais de Robert Kajanus (1856-1933) qui fut l’un des tout premiers chefs à diriger et promouvoir Sibelius. C’est un poème symphonique intitulé Aino composé en 1885, dont Sibelius s’est inspiré pour sa musique tirée du Kalevala, comme son vaste Kullervo qui date de 1892.

Fleurs de Paavo

Le 25 janvier 2012 disparaissait l’un des chefs les plus étonnants du XXe siècle, le Finlandais Paavo Berglund né à Helsinki le 14 avril 1929.

C’est un chef qu’on a découvert un peu sur le tard en France mais qui m’accompagne depuis longtemps dans le répertoire dans lequel sa nationalité lui a valu d’être cantonné au disque, alors qu’au concert il dirigeait autre chose que du Sibelius !

Warner vient de publier l’intégrale de ses enregistrements réalisés pour EMI et Finlandia, ce qui nous vaut trois fois les symphonies de Sibelius !

D’abord un souvenir personnel, c’était à Londres à la fin des années 80 : Berglund dirigeait le London Symphony au Barbican Center, un programme costaud – la 6e symphonie de Sibelius, le concerto en sol de Ravel avec Cécile Ousset, et la 2e de Brahms ! – J’avais été frappé par une particularité de sa gestique : Berglund était gaucher manifestement, puisqu’il tenait sa baguette dans la main gauche et faisait donc l’inverse de ses confrères. Je l’ai revu des années plus tard à la Cité de la Musique (avant l’ouverture de la Philharmonie) à la tête de l’Orchestre de chambre d’Europe, avec lequel il venait d’enregistrer sa troisième intégrale des symphonies de Sibelius. Il avait, entre autres, dirigé les 6e et 7e symphonies, en les enchaînant sans interruption ni applaudissements, en ayant dit quelques mots auparavant pour expliquer la logique de cet enchaînement, à vrai dire très convaincant.

Sibelius, comme les autres grands symphonistes, se prête à toutes les interprétations, les uns insistant sur sa modernité – la 4e symphonie ! -, les autres sur le post-romantisme de ses premières symphonies, certains recherchant la fusion des timbres, d’autres au contraire mettant en valeur une écriture qui procède par superposition de strates sonores. Mais il est vrai que le Sibelius de Berglund a toujours figuré au coeur de ma discothèque « nordique », et qu’on n’en a jamais fini de découvrir les singularités de ses versions successives.

Mais on peut regretter la timidité ou le manque de curiosité de ses éditeurs qui ont négligé tout le répertoire non nordique que Berglund aimait diriger : pourquoi, dans ce coffret, cet oubli des symphonies de Brahms captées avec l’Orchestre de chambre d’Europe (alors que les Sibelius contemporaines y figurent) ?

En revanche, j’ignorais que le chef finnois eût enregistré la symphonie et les Variations symphoniques de César Franck, un inédit en CD !

YouTube nous permet de retrouver des documents rares, comme ce 2e concerto de Rachmaninov joué en 1986 par Jorge Bolet, Paavo Berglund dirigeant l’orchestre de la BBC écossaise.

ou encore cette 4e symphonie de Tchaikovski, captée en 1999, avec l’orchestre royal du Danemark dont il fut le directeur musical de 1992 à 1998.

C’est avec ce même orchestre qu’il a enregistré une intégrale, qui fait toujours référence, des symphonies de Carl Nielsen :

Atout cheffes

J’ai plutôt en horreur cette mode des « journées » (les grands-mères hier), et encore plus la confusion qui s’opère, en ce 8 mars présenté comme « la journée de la femme » ou « des femmes ». Alors qu’il s’agit bien selon l’appellation officielle de l’ONU, de la Journée internationale des Femmes / International Women’s Day, en France on ajoute, pour être plus explicite encore, Journée internationale des Droits des Femmes.

A propos d’un secteur où les inégalités hommes-femmes sont historiques et évidentes- la direction d’orchestre – j’avais déjà écrit cet article, après une réflexion malheureuse du regretté Mariss Jansons : Le chef qui n’aime pas les cheffes. Je n’ai rien à retirer à ce texte écrit il y a plus de trois ans, au contraire je ne peux que me réjouir de ce que les artistes que je citais aient vu leur carrière, leurs projets, leur notoriété croître et se développer. Voir ci-dessous l’intégralité de ce billet du 28 novembre 2017.

Depuis ce billet, me sont revenus d’autres noms de cheffes d’orchestre, et ont surgi des initiatives comme le premier concours de direction réservé aux femmes, La Maestra, organisé en septembre 2020 à la Philharmonie de Paris à l’initiative de Claire Gibault.

Dans mes souvenirs, des figures contrastées: en 2006 au festival de Savonlinna (Finlande), une fantastique représentation de Carmen dirigée par l’Estonienne Anu Tali, mais quelques années plus tôt, à San Francisco, un concert d’été très décevant qui ne m’a pas laissé une bonne impression (euphémisme !) de la New Yorkaise JoAnn Faletta (ses nombreux disques chez Naxos ne m’ont pas fait changer d’avis). Et j’avais rapporté d’un voyage au Mexique un disque très coloré dirigé par une jeune femme qui se ferait bientôt connaître en Europe, Alondra de la Parra

En revanche, j’ai redécouvert récemment dans ma discothèque deux superbes galettes, auxquelles j’avoue ne pas avoir prêté l’attention qu’elles méritaient pourtant.

La Cinquième de Beethoven a fière allure sous la baguette de la Française Claire Gibault enregistrant au milan des années 80 avec le Royal Philharmonic de Londres. Son Inachevée de Schubert est une vraie splendeur, enfin un Schubert jeune, allant, vivant, et non plombé d’accents wagnériens comme trop de chefs l’en ont affublée.

Mais j’ai vu et entendu plusieurs fois Claire Gibault diriger, à Aix-en-Provence, à Lyon, à Paris, à Liège.

Ce qui n’est pas du tout le cas d’une cheffe britannique, dont je connaissais à peine le nom, avant de le repérer dans un gros coffret récapitulatif d’une collection de disques très British : Sian Edwards.

Sian Edwards est, semble-t-il, très investie dans la musique contemporaine. Ces enregistrements d’orchestre de Tchaikovski n’en sont que plus intrigants. On aime beaucoup, vraiment beaucoup, ces visions alertes, nerveuses, romantiques en diable.

« Le chef qui n’aimait pas les cheffes

France Musique s’est fait l’écho de l’une de ces polémiques dont raffolent les réseaux sociaux : Les femmes chefs d’orchestre ? Pas la « tasse de thé » de Mariss Jansons

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Cher Mariss Jansons, même si vous vous êtes rattrapé depuis, vous devriez savoir qu’il ne faut jamais se laisser aller au politiquement incorrect. Vous aviez bien le droit de penser que les femmes chefs d’orchestre, ce n’est pas trop votre cup of tea, vous n’étiez pas obligé de le dire !

Certes, comme vous-même vous passez votre vie à répéter et à diriger, à l’instar de tous vos collègues chefs, vous n’avez pas le temps d’aller voir et écouter de plus jeunes collègues, hommes ou femmes, et de constater que le monde musical a bien changé.

Je n’ose vous croire nostalgique d’une époque où les grands phalanges comme Berlin ou Vienne étaient exclusivement masculines (souvenez-vous de l’affaire Sabine Meyer, cette jeune clarinettiste que Karajan voulait recruter contre l’avis des musiciens des Berliner Philharmoniker)

Mais, je vous le concède, la féminisation des orchestres n’a pas été suivie, dans les mêmes proportions, de la féminisation des podiums. Et pourtant, elles ont bien du talent, et plus que ça même, les quelques cheffes qui ont émergé ces dernières années, sur les traces de leurs aînées Simone Young ou Marin Alsop.

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En France, Claire Gibault et Laurence Equilbey ont longtemps été seules à fréquenter les podiums de chef.

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Aujourd’hui Nathalie Stutzmann dirige autant sinon plus qu’elle ne chante, certes plus à l’étranger qu’en France, même si Jean-Louis Grinda, après l’avoir invitée à l’Opéra de Monte-Carlo, lui a confié la direction du Mefistofele de Boito l’été prochain aux Chorégies d’Orange.

L’Opéra royal de Wallonie, à Liège, a depuis le début de cette saison, une nouvelle cheffe, Speranza Scappucci

La saison dernière, la cheffe assistante de l’Orchestre philharmonique de Radio France, Marzena Diakun, avait fait sensation en remplaçant au pied levé Mikko Franck dans Die tote Stadt de Korngold en version de concert à la Maison de la radio

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Billet du 28 novembre 2017.

Les raretés du confinement (IV)

S’il y a bien un terme tout à fait abusif pour décrire ce qui s’est passé ce 15 décembre en France, c’est bien celui de « déconfinement ». Certes, les autorisations pour se déplacer ont disparu, mais comment peut-on oser parler de déconfinement, lorsque la vie culturelle – et sportive – reste interdite, lorsque les lieux de vie et de convivialité essentiels que sont les cafés et les restaurants sont fermés pour plusieurs semaines encore ?

Cette série n’est donc pas près de s’arrêter !

Résultat peut-être du premier confinement ? la naissance hier de mon troisième petit-enfant, une jolie princesse prénommée Adèle. Ses grands frère (7 ans) et soeur (5 ans et demi) sont déjà impatients de jouer les nounous.

6 décembre

Le 6 décembre 1917 le parlement finlandais votait l’indépendance de la Finlande, durant des siècles tantôt rattachée au royaume de Suède tantôt dominée par la Russie tsariste. Le 6 décembre marque la fête nationale finlandaise.Une curiosité – peu connue – dans l’abondante discographie du chef japonais Seiji Ozawa (85 ans) : tout un disque d’hymnes nationaux du monde entier enregistré avec le NEW JAPAN PHILHARMONIC, orchestre qu’il fonda en 1972 et que Christian Arming dirigea de 2003 à 2013. Dans ce disque évidemment l’hymne national finlandais !

7 décembre

L’Orchestre Philharmonique Royal Liège fête ses 60 ans. On se rappelle les concerts exceptionnels donnés le 7 décembre 2000 pour ses 40 ans et surtout le 7 décembre 2010 pour ses 50 ans (lire: Anniversaires privé/public). Dans le coffret de 50 CD publié pour les 50 ans de l’Orchestre, il y a plusieurs raretés : comme ce 2ème concerto pour piano d’Erwin Schulhoff (1894-1942), ici sous les doigts de Claire-Marie Le Guay et sous la baguette de #LouisLangrée

8 décembre

Formidable nouvelle que cette nomination de mon amie Nathalie Stutzmann comme « Principal Guest Conductor » du Philadelphia Orchestra.

Souvenir du tout premier disque acheté de Nathalie Stutzmann chanteuse, après une écoute comparée d’un Disques en Lice, la défunte émission de critique de disques de la RADIO TELEVISION SUISSE (RTS), à laquelle participait Gérard Lesne : lui comme moi étions envoûtés par la beauté et le mystère de cette voix androgyne.

9 décembre

Envie d’évoquer aujourd’hui l’une des grandes chanteuses françaises, la soprano Andréa Guiot (née en 1928), originaire de Nîmes; qui n’a pas la notoriété, la célébrité même, que mériteraient son talent et la splendeur de sa voix. J’avais eu la chance de la rencontrer au début des années 90 dans une émission – Disques en Lice – de la Radio Suisse romande, à laquelle l’avait conviée François Hudry. Nous avions passé un merveilleux moment et beaucoup sympathisé. Quelques mois plus tard, je me trouve au festival d’Aix-en-Provence dans la cour de l’Archevêché, assis juste derrière elle. Nous nous saluons comme des amis qui se seraient quittés la veille, et me voilà incapable, de toute la soirée, de me rappeler son nom et de la présenter à la personne qui m’accompagnait ce soir-là… Ici, c’est peut-être la meilleure Micaela de toute la discographie au côté de l’impérial Don José de Nicolai Gedda : la Carmen de Maria Callas était décidément bien entourée !

10 décembre

Je ne me suis jamais rangé dans la catégorie des admirateurs absolus de celle qu’on appelle « la » Callas J’ai même souvent été agacé par la surexploitation médiatique, discographique, d’une légende qui a fini par occulter la vraie personnalité et l’art singulier de la chanteuse » C’est ce que j’écrivais – lire Callas intime – à l’occasion des 40 ans de la disparition de la cantatrice. J’évoquais hier Andréa Guiot (et Nicolai Gedda) partenaires de Maria Callas dans l’enregistrement de Carmen dirigé par Georges Prêtre

Je (re)découvre pas à pas l’artiste exceptionnelle, la voix si singulière, l’incroyable charisme qui se dégage de sa présence sur scène, comme dans cet extrait de Médée de Cherubini, capté le 10 décembre 1953 à la Scala, avec un Leonard Bernstein de 35 ans dans la fosse ! Inouï !

11 décembre

Cette rubrique est malheureusement appelée à se prolonger, si l’on en croit les dernières annonces gouvernementales ! Une si longue, trop longue, attente pour la musique vivante,qu’aucune vidéo, aucun disque, ne remplacera jamais.Soutien et solidarité avec tous les artistes, tous ceux qui font vivre la culture !

Puisque nous sommes encore dans l’année Beethoven, une découverte pour moi, une rareté de ma discothèque :

#Beethoven250 C’est par hasard que j’ai redécouvert quelques symphonies de Beethoven, enregistrés par Karl Münchinger à la tête de l’orchestre de la radio (et non de son orchestre de chambre) de Stuttgart. Depuis que j’ai pu acquérir les symphonies 2, 3, 6, 7 (en attendant d’en trouver d’autres ?), je vais de bonne surprise en émerveillement. Lire la suite : Beethoven 250 : Karl Münchinger, la grandeur classique.

12 décembre

Ne pas désespérer malgré tout…Cette célèbre chanson de Leoncavallo – Mattinata – écrite en 1904 pour la Gramophone Company, ancêtre d’EMI, dédiée à Caruso, qui en fait le premier enregistrement avec le compositeur au piano, fait partie d’un disque du ténor Franco Bonisolli (1938-2003) dont les frasques firent autant que sa voir d’or pour sa réputation. Un disque réédité dans un coffret Orfeo intitulé : Legendary Voices (lire Légendaires)

13 décembre

La Sainte-Lucie (Sankta Lucia en suédois, Lucia en raccourci) est célébrée le 13 décembre en l’honneur de sainte Lucie de Syracuse. Elle marque, avec l’Avent, le début de la saison de Noël. Traditionnellement une fête importante dans toute la Chrétienté occidentale, elle est aujourd’hui célébrée en Scandinavie et en Europe méridionale, particulièrement en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Italie, en Islande et en Croatie.La fête correspond au premier jour à partir duquel le soleil se couche plus tard que la veille dans l’hémisphère nord. Le dicton « à la sainte-Luce, le jour avance du saut d’une puce » correspond à cette observation (la forme Luce est employée pour la rime).La fête de Sainte-Lucie est attendue par les petits et les grands au coeur de l’hiver scandinave (lire Etoiles du Nord )

Santa Lucia c’est aussi l’une des plus célèbres chansons napolitaines, écrite en 1849 par Teodoro Cottrau – elle évoque la vue sur le golfe de Naples du haut du Borgo Santa Lucia. Il est assez savoureux de l’entendre ici chantée en suédois !

14 décembre

Le jour où l’on devient grand-père pour la troisième fois et qu’on pense déjà à ce qu’on chantera doucement pour endormir la petite princesse née cet après-midi, on se remémore un disque précieux de sa discothèque et cette sublime Berceuse de Brahms chantée par Victoria de Los Angeles, accompagnée par Rafael Frühbeck de Burgos et le Sinfonia of London (EMI, 1964)

15 décembre

On célèbre en ce mois de décembre les 60 ans de l’Orchestre philharmonique royal de Liège. L’un de mes meilleurs souvenirs, et une fierté aussi, de mes années passées à la direction de l’orchestre, est incontestablement la discographie construite au fil des ans, comme par exemple cette intégrale de l’oeuvre concertante d’Edouard Lalo (ce compositeur que j’avais décrit jadis, dans une pochette de disque, comme L’éternel second).

De Lalo on ne connaît vraiment que sa populaire Symphonie espagnole ou son concerto pour violoncelle. Ce beau coffret est l’occasion de redécouvrir le charme de son Concerto russe, ici sous l’archet sensible d’Elina Buksha, tout juste 30 ans, passée par la Chapelle musicale Reine Elisabeth et la direction idiomatique de Jean-Jacques Kantorow.