Retours

On a appris cette semaine deux bonnes nouvelles.

La comète Alexia

Alexia revient. Sylvain Fort signait dans Forumopera un billet plein d’espoir : Alexia Cousin, un retour plein d’usage et de raison.

J’ai plusieurs fois évoqué Alexia Cousin dans ce blog et de précédents. Je l’avais entendue en 1998 à la maison de la Radio lorsqu’elle remporta le concours Voix Nouvelles à 18 ans, et de 2000 à 2005 je l’ai suivie, engagée, entendue à Genève, Liège, Paris…

Dans ce documentaire produit pour marquer le mandat de Louis Langrée comme directeur musical de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, il y a de précieux extraits d’Alexia Cousin en concert : à 2’09 dans Ravel et à 14’30 dans Beethoven.

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Réhabilitation

Les musiciens de la Staatskapelle de Dresde ont choisi celui qui succèdera en 2024 à leur actuel directeur musical Christian Thielemann : ce sera Daniele Gatti. Et pour le chef italien une réhabilitation définitive et éclatante après sa bien peu glorieuse éviction d’Amsterdam en 2018 (Remugles). Lire le papier d’Hugues Mousseau pour Diapasonmag : Daniele Gatti à Dresde, une logique d’excellence

Daniele Gatti en février dernier à la tête de l’Orchestre National de France et du Choeur de Radio France au Théâtre des Champs-Elysées.

Grâce à YouTube, je retrouve un grand souvenir d’il y a huit ans presque jour pour jour. J’avais entraîné Mathieu Gallet, alors PDG de Radio France, au concert que donnaient l’Orchestre national et le choeur à la Basilique de Saint-Denis, le 27 juin 2014, sous la direction de Daniele Gatti pour une rareté au concert : l’oratorio Elias de Mendelssohn. Il faisait chaud, nous étions bien mal assis sur les chaises bien raides de l’église, mais quel souffle, quelle grandeur !

Immortel requiem

Après quelques semaines d’interruption (Une expérience singulière), pendant lesquelles je n’avais suivi l’activité des formations musicales de Radio France que par l’intermédiaire de France Musique, j’avais souhaité retrouver l’Orchestre national de France et le Choeur de Radio France en concert, en vrai ! C’était hier au Théâtre des Champs-Élysées.

Quel bien fou pour le moral que ce public nombreux se pressant avenue Montaigne, et cette salle comble pour un programme, il est vrai, exceptionnel : rien moins que le Requiem de Verdi dirigé par Daniele Gatti, l’ancien directeur musical du National (de 2008 à 2016) si injustement sali (Remugles) et heureusement depuis réhabilité.

(de gauche à droite, dans l’ordre inverse du concert pour les saluts de la fin : la basse Riccardo Zanellato, le ténor Michael Spyres, Daniele Gatti, Alessandro di Stefano masqué, qui a préparé le Choeur de Radio France, Marie-Nicole Lemieux, la soprano Eleonora Buratto)

En soi le concert est déjà un miracle : le Covid-19 et son trop fameux variant Omicron continue à faire des ravages notamment à l’opéra de Paris. Il aurait pu avoir des conséquences sur le Choeur de Radio France, qui continue de chanter masqué, mais le renfort des hommes du Choeur de l’armée française (dirigé par l’excellente Aurore Tilliac), a permis les répétitions et finalement la tenue du concert. On n’en a que plus admiré l’homogénéité, la précision et la puissance de ces forces chorales !

L’autre miracle, c’est celui que produit la direction de Daniele Gatti, qui se refuse aux effets spectaculaires, traite l’orchestre de Verdi comme je l’ai très rarement entendu – et Dieu sait si cuivres, bois et cordes de l’Orchestre national de France se couvrent de gloire. – fait de ce requiem une vibrante messe des morts et non un opéra. Ses quatre solistes sont à l’unisson de cette conception, au point d’être parfois chez les hommes un peu en retrait. Marie-Nicole Lemieux bouleverse, tandis que la soprano Eleonora Buratto se sort admirablement du Libera me final.

Longue, très longue ovation finale ! Un second concert est prévu demain samedi. Il est diffusé en direct sur France Musique.

D’autres requiems

J’ai déjà raconté ma rencontre – discographique -avec le Requiem de Verdi : Sacrés Mozart et Verdi. Mais jamais mes souvenirs de concert. Assez peu nombreux finalement.

D’abord à Genève, en juin 1988, Armin Jordan dirigeait l’Orchestre de la Suisse romande. Je ne me rappelle plus les détails du quatuor de solistes, sauf de Margaret Price, et pour une raison bien précise. Deux concerts étaient prévus, mais je n’ai jamais su le fin mot de l’histoire, la soprano galloise n’a chanté que le premier, le lendemain matin elle avait quitté son hôtel sans prévenir. Affolement du côté de l’OSR. Je crois que finalement elle fut remplacée pour la deuxième soirée par Rosalind Plowright, qui chantait alors au Grand Théâtre de Genève.

J’ai retrouvé un extrait de ce concert sur YouTube :

Puis, dix ans plus tard, c’est à la Salle Pleyel à Paris, que j’entends à nouveau le requiem de Verdi, pour ce qui restera l’un de mes très grands souvenirs de mélomane, une sorte de testament du grand Carlo-Maria Giulini. J’ai déjà raconté cet épisode dans l’article Julia Varady #80, où l’on peut entendre également un inoubliable Libera me capté par les micros de France Musique.

Puis en 2016 au Théâtre des Champs-Élysées, avec les mêmes forces qu’hier soir – Orchestre national, Choeur de Radio France), sous la direction de Jérémie Rhorer. Voici ce que j’en écrivais : Le classique c’est jeune, et ce qu’en avait écrit à l’époque Christophe Rizoud sur Forumopera : Ô certitudes.

Et tout récemment, je faisais, justement pour Forumopera, la critique d’un enregistrement miraculeux de 1981, Riccardo Muti dirigeant les forces de la Radio bavaroise : Le requiem bavarois de Muti.

Les inattendus (III) : Maazel l’Espagnol

Je ne peux avoir oublié la date de sa mort, le 13 juillet 2014, la veille du « concert de Paris » le 14 juillet 2014 avec l’Orchestre National de France, le choeur et la Maîtrise de Radio France et toute une pléiade de stars du chant sous la Tour Eiffel.

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(Seule « survivante » de cette photo prise ce 14 juillet 2014, la maire de Paris Anne Hidalgo,  à sa gauche, Bruno Juilliard son ex-premier adjoint, François Hollande, JPR ex-directeur de la musique de Radio France, Manuel Valls. Figuraient aussi sur la photo Mathieu Gallet, ex-PDG de Radio France et Rémy Pflimlin, ex-PDG de France-Télévisions prématurément disparu en 2016)

Nous avions décidé de dédier ce concert à Lorin Maazel, cet Américain de Paris, né à Neuilly le 6 mars 1930, mort dans sa maison de Virgine le 13 juillet 2014. Pour une double raison, d’abord parce qu’il avait été le directeur musical de fait de l’Orchestre National de France de 1977 à 1991 – même si Maazel avait pris soin de gommer cette période de sa biographie officielle, en raison des conditions calamiteuses de la fin de son contrat à Radio France – mais aussi parce que son premier enregistrement symphonique avait été réalisé en 1957 avec l’Orchestre National !

Les jeunes années

Dans un article d’août 2015 – Les jeunes années – à l’occasion de la réédition des premiers enregistrements réalisés par Lorin Maazel pour Deutsche Grammophon, j’écrivais ceci :

« Les références sont par exemple L’Enfant et les sortilèges de Ravel, un petit miracle jamais détrôné depuis 50 ans, la poésie des timbres de l’Orchestre National, une distribution parfaite, une sorte d’état de grâce permanent. Mais, bien moins cités, une 3eme symphonie de Brahms emportée, vive, presque violente, la plus rapide de toute la discographie, comme une Ouverture tragique de la même eau. Toutes les « espagnolades » d’une puissance, d’une acuité rythmique, en même temps d’un raffinement, d’une transparence, inouïs : Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, Tricorne et Amour sorcier de Falla, époustouflants. »

Rimski-Korsakov, Falla

Je viens de réécouter ces « espagnolades »

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en commençant par le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakovle type même d’ouvrage « exotique » qu’on écoute distraitement en complément en général de la Shéhérazade du même Rimski.

Ecoutez ce qu’en fait un Lorin Maazel de 28 ans, écoutez ce qu’il tire d’un orchestre philharmonique de Berlin qui, entre Furtwängler et Karajan, était loin de sonner avec cette vivacité, cette transparence, cette alacrité. Plus jamais Maazel ne retrouvera ce « jus » – lorsqu’il récidive vingt ans plus tard à Cleveland, c’est empois et boursouflure !  –

L’Amour sorcier capté avec l’autre orchestre de Berlin-Ouest, celui du RIAS (Rundfunk im Amerikanischen Sektor) devenu ensuite Radio-Symphonie-Orchester Berlin, puis après la chute du Mur, Deutsches Symphonie-Orchestre Berlinà la même époque, et avec la toute jeune Grace Bumbryest de la même veine.

Les danses du Tricorne sont moins exceptionnelles, mais elles ne déparent pas cette collection.

Les nouveaux ridicules

Il faut que je vide mon sac ! Désolé pour ceux qui ne veulent lire ici qu’histoires de musique et heureux événements.

Une minorité hurlante

Mais comme l’écrit la maire de Paris, Anne Hidalgo, dans un tweet cet après-midi : « Ça suffit ! Hier, des propos indignes ont été proférés et des banderoles infamantes brandies. Je déférerai devant les tribunaux les graves injures publiques qui ont été dirigées contre la mairie de Paris. Je ne laisserai rien passer » ! 

Son adjoint à la Culture, Christophe Girard, a préféré démissionner pour ne plus subir des attaques aussi indignes qu’infondées (lire Anne Hidalgo saisit la justice)

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Même si je suis loin d’avoir toujours partagé les vues de Christophe Girard, a fortiori de la maire réélue de Paris, je ne peux que partager cette indignation.

Cette indignation salutaire, on eût aimé l’entendre s’exprimer à propos d’autres « affaires » où le droit le plus élémentaire est piétiné par une infime minorité qui gueule plus fort et investit les réseaux sociaux de sa haine sans limite. Depuis sa nomination au ministère de l’Intérieur, Gérald Darmanin est poursuivi par des hordes de pseudo-féministes, à propos d’une « affaire » qui n’en est pas une (Une ex-plaignante prend sa défense par SMS). Les mêmes hurleuses sont allées jusqu’à accuser le président de la République et le nouveau Premier Ministre d’encourager la « culture du viol » !

Les chefs blacklistés

Souvenons-nous, il y a quelques mois, la chasse aux chefs d’orchestre avait été ouverte sans aucune retenue, au motif qu’ils auraient eu des comportements déplacés…. sans qu’il y ait eu de plainte, a fortiori d’action judiciaire, à leur encontre ! Je l’avais écrit ici – Remugles– à propos notamment de Daniele Gatti viré sans autre forme de procès de son poste de chef de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam et blacklisté pendant plusieurs mois…. jusqu’à ce que l’orchestre néerlandais reconnaisse qu’il n’y avait rien à reprocher au chef italien et soit obligé de le dédommager pour un « préjudice » qui restera comme une tache indélébile.

Rappelons-nous ce qui est arrivé au mari d’Anne-Sofie von Otter, directeur de théâtre injustement accusé, qui a fini par se suicider après une longue dépression…

Les nouveaux ridicules

Anne Hidalgo cible deux élues Vertes, qui font (ou faisaient ?) partie de sa majorité municipale, qui auraient initié la manifestation anti-Christophe Girard.

Mais, à lire pas mal de déclarations des nouveaux élus Verts aux dernières municipales, à les entendre jargonner dans une novlangue bobo-écolo, parfaitement incompréhensible à « cellezéceux » qu’ils prétendent défendre et représenter, on peut, on doit s’interroger sur cette nouvelle génération moralisatrice, qui prétend dire le bien et le mal, s’insinue dans la sphère privée, et défend l’indéfendable :

« On vit à l’ère du tribunal populaire et de la présomption de culpabilité, où plainte vaut condamnation, mandat de dépôt et opprobre universel. Tandis que des élus ceints de leur écharpe tricolore sont convaincus, malgré les décisions de justice, qu’Adama Traoré a été « tué » par les forces de l’ordre et défilent aux cris de « À bas la police ! »ou « Policiers assassins », certaines « féministes » jugent, toujours malgré les décisions de justice, que M. Darmanin est un criminel et manifestent à chacun de ses déplacements en scandant : « Un violeur à l’Intérieur ! » (Franz-Olivier Giesbert, Le Point, 23 juillet 2020)

Violeur ou pas ?

Que nous disent aujourd’hui toutes les ligues de vertu, Camélia Jordana en tête, de la « victime » Adama Traoré, reconnu clairement coupable de viol envers son co-détenu ? Certes rien ne justifie la mort d’un homme, celle d’Adama Traoré comme une autre. Mais la complaisance avec laquelle on l’a présenté, manifestation après manifestation, comme la victime de violonces policières, donc d’un Etat policier, le seul fait de présenter sa famille comme des parangons de vertu, la seule comparaison avec le sort de George Floyd aux Etats-Unis, tout cela est proprement insupportable.

Inclusif excluant

On n’ose même pas relever le ridicule de la décision du nouveau maire de Lyon, décision illégale (mais c’est vraiment secondaire !), d’adopter désormais l’écriture inclusive dans les actes et textes de la nouvelle municipalité. Peut-on recommander à ces nouveaux moralistes de lire cet excellent article de Wikipedia sur le langage épicène ? Peut-on rappeler à ces nouveaux élus que l’apprentissage du français si difficile pour beaucoup d’écoliers, et particulièrement pour des enfants (ou des adultes) handicapés, devient un authentique chemin de croix avec cette écriture prétendument inclusi.v.e, totalement incompréhensible et complètement… excluante ?

Allez je vais mettre à profit mon week-end pour réécouter ce très beau coffret !

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Retour à la vie

C’était l’événement, le premier concert dans le monde dans une salle de concert devant un vrai public – 600 personnes ! – depuis le début du confinement. Ce 25 juin, Michel Orier, le directeur de la Musique et de la Création de Radio France, a eu les mots justes : « 105 jours sans vous, c’est long, trop long », après qu’une puissante salve d’applaudissements a salué l’arrivée sur la scène de l’Auditorium de Radio France les musiciens de l’Orchestre National de France.

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Le temps retrouvé

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Un orchestre qui ne peut encore (mais bientôt ?) jouer en grande formation, notamment avec les vents et les cuivres, des pupitres de cordes donc très sollicités.

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Un programme admirable, idéalement conduit par François-Xavier RothPeu sont capables comme lui de passer d’une symphonie du plus original des fils Bach, Carl Philip Emanuel au Divertimento de Bartók

Je me rappelle toujours avec bonheur – même si l’aventure fut de courte durée – les programmes imaginés dans l’enthousiasme avec le chef français pour son concert inaugural de directeur musical de l’Orchestre philharmonique royal de Liège en 2009 : Haendel (Royal fireworks), Haydn (symphonie n°96) et Holst (Les Planètes) ! Pas moins !

Conjurer l’angoisse

Comme Daniele Gatti le 11 juin dernier avec la 2ème symphonie d’Honegger (1941), le programme d’hier soir reprenait deux oeuvres quasi-contemporaines, écrites en 1939-1940, à la demande du chef et mécène suisse Paul Sachercomme de Double concerto pour cordes, piano et timbales de Martinů.

Le compositeur explique la frénésie de ce concerto par la pesanteur des années précédant la Seconde Guerre mondiale : « J’ai voulu me dégager de cette oppression, me défendre par mon travail et lutter contre cette menace qui devrait tourmenter chaque artiste et chaque homme dans ses convictions les plus profondes »

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Cédric Tiberghien avait rejoint les cordes et le timbalier de l’Orchestre National de France. Et ce fut sans doute une découverte pour une majorité du public présent comme de celui qui suivait le concert sur France Musique et/ou sur ArteConcert.

Concert à réécouter/revoir dans son intégralité ici sur francemusique.fr

Le Divertimento de Bartók

C’est dans le chalet de son commanditaire, Paul Sacher, près de Saanen (en Suisse), que Bartókcompose du 1er au 17 août 1939, cette oeuvre au titre paradoxal, qui n’a vraiment rien d’un aimable divertissement qui exprime « l’angoisse de l’auteur confronté à la guerre qui menace ». L’oeuvre est créée le 11 juin 1940 par l’orchestre de chambre de Bâle. Deux mois plus tard le compositeur s’exile aux Etats-Unis où il mourra en 1945 au terme d’un véritable chemin de croix physique et moral.

Il se trouve que c’est l’oeuvre qui m’a fait découvrir et aimer Bartok, lors de l’un des rares concerts auxquels j’ai pu assister, adolescent, à Poitiers (La découverte de la musique)Et à la différence du Concerto pour orchestre ou de la Musique pour cordes, percussions et célesta, elle reste peu programmée au concert.

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C’est donc avec une intense émotion que j’ai entendu ce Divertimento hier soir. Une vision, une version d’anthologie, sous la houlette de la merveilleuse Sarah Nemtanu – qui chantait dans son arbre généalogique – et de François-Xavier Roth restituant idéalement douleur et nostalgie, effroi et espérance, d’une partition si profondément bouleversante

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Au disque, des chefs d’origine hongroise pourtant comme Ormandy ou Solti ont trop gommé les aspérités, les racines populaires du Divertimento. Boulez à Chicago est tellement dans la musique pure qu’il passe à côté de l’oeuvre.

Pour moi, il n’y a guère que deux références, Sandor Vegh (1912-1997) et Antal Dorati (1906-1987).

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Après le concert

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, on a retrouvé, après le concert, une adresse qu’on avait tellement aimée et qu’on avait vu lentement dépérir ces derniers mois – Chaumette rue Gros, rouverte il y a trois semaines sous un autre nom, mais avec le même décor, le même chef, cette cuisine joyeuse et goûteuse, ces vins aimables servis à la ficelle, comme dans la bonne tradition lyonnaise. Des serveurs virevoltant d’une table à l’autre, dans la bonne humeur et l’efficacité. On aura de nouveau plaisir à y revenir…

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La musique pour rire (VIII): François Morel

#Confinement Jour 50

Comme beaucoup, j’ai connu François Morel comme membre de l’inénarrable compagnie des Deschiens.

Et puis je l’ai vu au cinéma, au théâtre, à la radio sur France Inter :

Je l’ai peut-être croisé une fois ou deux, mais je n’ai pas eu l’occasion de lui dire combien sa personne, son talent nous sont indispensables.

A la différence de ceux que j’ai déjà portraiturés dans cette série (comme Peter Ustinov), quand François Morel s’intéresse à la musique, ce n’est pas pour la moquer, en montrer les travers, c’est pour la regarder, la raconter avec une tendresse non dénuée d’humour.

 

François Morel est le merveilleux conteur d’un Pierre et le Loup qui a fait l’objet d’une réalisation hors du commun de la part de Radio France, avec les musiciens acteurs de l’Orchestre National de France et leur chef d’alors, Daniele Gatti.

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Avec ces mêmes musiciens, François Morel s’est aussi essayé à la chanson.

Longue vie à notre indispensable Maître François !

Le théâtre lumière

J’assistais, mercredi soir, au spectacle d’Isabelle Georges, Oh La La, au Théâtre des Champs-Elysées. une reprise très attendue d’un tour de chant donné au Bal Blomet il y a deux ans (Isabelle au Bal), après une soirée il y a un mois au mythique Club 54 de New York.

Que dire de plus que ce qu’on a déjà écrit à propos de cette artiste, qui n’a pas d’équivalent en France, qui tient la scène – très bien entourée certes – comme l’une de ces stars légendaires de Broadway ou du Paris de l’après-guerre.

Le Théâtre des Champs-Elysées est sûrement la salle que j’ai le plus fréquentée à Paris. J’en ai rarement parlé, rarement dit le bonheur renouvelé d’entrer dans ce lieu si chargé d’histoire et de souvenirs, le plaisir de s’asseoir le plus souvent à la corbeille de face, de s’y sentir comme chez soi.

D’y entendre les plus grands interprètes, dans un son qu’on a souvent critiqué pour sa sécheresse, l’étroitesse du cadre de scène, certes un son qui ne pardonne rien aux médiocres, qui radiographie les ensembles qui s’y produisent.

Fierté qui fut la mienne lorsqu’à deux reprises, je pus y amener l’orchestre philharmonique royal de Liège, en 2004 sous la conduite de Louis Langréeen 2012 pour une soirée exceptionnelle.

Et tant d’autres souvenirs impérissables (le cycle Iberia d’Albeniz sous les doigts aussi athlétiques que poétiques de Rafael Orozco, trop tôt disparu, si souvent l’Orchestre philharmonique de Vienne, la série d’opéras russes sous la conduite de Valery Gergiev au mitan des années 90, etc.), il y aurait plus qu’un ouvrage pour les consigner tous.

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Mercredi soir, dans le couloir des loges des artistes, pourtant si souvent arpenté, je voyais des affiches historiques que j’avais négligé jusqu’alors de remarquer. Et quelles affiches !

Cette annonce d’un récital d’oeuvres de Prokofieff – comme on écrivait alors en français – … par l’auteur ! Le 11 mai 1923.

Ce récital d’oeuvres espagnoles – sans détails – par Arthur Rubinstein (qui souhaitait qu’on orthographiât son prénom : Artur)

Cet anniversaire du Groupe des Six sous l’égide de Jean Cocteau, toujours prompt à s’attribuer les mérites de ses camarades.

Ou bien encore la tournée de l’Opéra de Vienne, faisant étape dans la prestigieuse salle de l’avenue Montaigne.

A l’occasion du centenaire du théâtre a été publié un fascicule, en format carte postale, reprenant 100 affiches de légende du Théâtre des Champs-Elysées.

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Alexandre Nevski et le lac gelé

Ma récente visite de Tallinn (voir Tallinn en mai et Tallinn au printemps) m’a permis de rafraîchir une mémoire historique un peu effacée depuis mes années d’étude.

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La cathédrale Alexandre Nevski, inaugurée en 1900, domine la vieille ville de Tallinn, face au château de Toompea, siège du Riigigoku, le Parlement estonien.

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IMG_2906L’intérieur et la façade de la cathédrale orthodoxe.

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En visitant le château de Catharinenthal, aujourd’hui Kadriorg,construit en 1718 par le tsar Pierre le Grand en l’honneur de sa seconde épouse, Catherine, j’ai retrouvé le lien entre Alexandre Nevski et l’Estonie.

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C’est en effet sur le lac Peïpous, qui fait aujourd’hui la frontière entre l’Estonie et la Russie,

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qu’a eu lieu la fameuse « bataille sur la glace » qui opposa, le 5 avril 1242, les chevaliers teutoniques aux troupes menées par Alexandre Nevski

Une bataille illustrée – et avec quel génie ! – par Sergei Eisenstein (1898-1948) dans son film Alexandre NevskiOn comprend bien pourquoi Staline et le pouvoir soviétique avaient passé commande d’un tel sujet à Eisenstein : le héros national et sacré, Alexandre Nevski, avait stoppé en 1242, par son courage et son sens tactique, l’avancée qui paraissait inexorable des troupes germaniques et danoises vers le coeur de la Russie – à l’époque Novgorod -. Le signal envoyé à Hitler serait éclatant, et le peuple soviétique galvanisé par ce rappel d’une date et d’un héros historiques. Le film allait sortir le 25 novembre 1938 à Moscou… quelques mois avant la signature du Pacte germano-soviétique

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Prokofiev compose la musique du film et la transforme, en 1939, en une Cantate pour mezzo soprano, choeur et orchestre, l’une de ses partitions les plus réussies, les plus bouleversantes aussi.

La dernière fois que j’ai eu la chance de l’entendre en concert, c’était en juin 2016, à l’occasion des adieux de Daniele Gatti à l’Orchestre National de FranceLe chef italien, le Choeur de Radio France et l’orchestre s’étaient couverts de gloire !

Au disque, je pourrais citer nombre de versions admirables (Reiner, Previn, Chailly, etc.) qui ont pour seul défaut d’avoir des ensembles choraux qui ne sont malheureusement pas idiomatiques dans leur prononciation de la langue russe. Alors autant privilégier des versions qui chantent dans leur arbre généalogique slave.

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Extraordinaire Ancerl !

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Svetlanov rugueux, douloureux, immense

Gergiev plus lyrique mais tout aussi engagé !

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Ne m’appelez pas Maestro !

« S’il y a un terme qui m’a toujours paru déplacé, voire ridicule, lorsqu’il est utilisé en français, mais qui, hier soir, était pleinement justifié, c’est celui de Maestro. À un chef d’orchestre italien qui nous a enthousiasmé, on peut en effet dire Bravo Maestro ! »  

C’est ainsi que je commençais mon billet du 10 juin 2016 après le concert d’adieu de Daniele Gatti de ses fonctions de directeur musical de l’Orchestre National de France. Me revient en mémoire précisément une anecdote à propos de ce terme – maestro – : peu après ma prise de fonction comme directeur de la musique de Radio France en juin 2014 j’avais demandé à rencontrer les directeurs musicaux des orchestres de la Maison ronde. Le premier contact avec Daniele Gatti fut un peu rude, comme je l’ai déjà raconté (Remugles) : je m’adressai à lui en l’appelant « Monsieur Gatti », il me rétorqua « non Maestro Gatti » ! Je lui fis observer qu’on était en France et que je continuerais à m’adresser à lui en français. En bons Latins que nous sommes, nous convînmes finalement de nous appeler par nos prénoms, et peu après, de nous tutoyer !

Ridicule, de surcroît incorrecte, en effet, cette habitude prise de parler du maestro Untel pour désigner un chef d’orchestre, un artiste connu, voire un compositeur. C’est le seul défaut de la traduction française de ce passionnant livre d’entretiens entre deux… maîtres, qui m’a été offert récemment (par celui qui se reconnaîtra et que je remercie à nouveau).

Je doute que Seiji Ozawa – pardon le maestro Ozawa (!!) – désigne, en japonais, ses collègues comme « maestro Karajan » ou « maestro Bernstein »

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Cet ouvrage, enfin paru en français, six ans après sa publication au Japon, eût mérité de conserver le titre original que le grand écrivain mélomane, Haruki Murakami, lui avait donné : J’ai parlé de musique avec Seiji Ozawa. Car c’est bien lui qui a pris l’initiative d’une série d’entretiens avec le chef nippon, lorsque ce dernier a été obligé de ralentir, voire de cesser, ses activités, pour soigner un cancer de l’oesophage dans les années 2010-2011.

Extraits du texte introductif de Murakami :

Je n’avais jamais eu de vraie conversation sur la musique avec Seiji Ozawa avant de commencer la série d’interviews qui figure dans ce livre. Certes, j’ai vécu à Boston de 1992 à 1996, période pendant laquelle il était encore directeur musical du Boston Symphony, et je me rendais souvent aux concerts qu’il dirigeait, mais je n’étais rien de plus qu’un fan anonyme dans le public/…./

Si nous ne nous sommes jamais vraiment épanchés sur le sujet de la musique auparavant, c’est parce que son travail de chef d’orchestre accaparait toute son énergie/…./

On diagnostiqua un cancer de l’oesophage à Ozawa en décembre 2009, et après qu’il eut subi une opération très lourde le mois suivant, il dut réduire sérieusement ses activités/…/ C’est ainsi que nous nous sommes mis à parler de plus en plus de musique. Quoiqu’il soit affaibli, une nouvelle vitalité s’emparait de lui à chaque fois que nous abordions le sujet/…./

Je suis un grand amateur de jazz depuis maintenant un demi-siècle, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier tout autant la musique classique, de collectionner les disques classiques dès mes années de lycée et d’assister à autant de concerts que j’ai pu. C’est surtout pendant ma période passée en Europe, de 1986 à 1989, que mon immersion dans la musique classique a été la plus totale….

Difficile de résumer cet ouvrage, qui n’a pas d’équivalent. Censé être découpé en six chapitres – les différentes versions du concerto n° 3 de Beethoven, Brahms joué au Carnegie Hall, les années 1960, Gustav Mahler, l’opéra et la direction d’orchestre – il relate plutôt un dialogue au fil de l’eau, au gré des souvenirs du chef. Savoureuses digressions, anecdotes sans langue de bois notamment sur les deux aînés auprès desquels le jeune Ozawa a appris son métier, Bernstein et Karajan : l’Américain, tout en énergie communicative, se souciant comme d’une guigne du fini orchestral, l’Autrichien cultivant ce fameux Karajan sound, obsédé de perfection technique.

Même dans la première partie, lorsque l’écrivain et le chef comparent, partitions en main, différentes versions du 1er concerto de Brahms, et surtout du 3ème concerto de Beethovenleurs échanges restent abordables pour le non-spécialiste, et donnent, au contraire, envie d’écouter ou réécouter les versions qu’ils écoutent, et dont ils louent les interprètes.

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Murakami et Ozawa évoquent ce fameux concert du 6 avril 1962 au Carnegie Hall de New York, illustrant le complet désaccord entre le soliste, Glenn Gould, et le chef, Leonard Bernstein, sur l’interprétation de ce 1er concerto de Brahms. Concert enregistré, longtemps indisponible.

Puis le dialogue se poursuit sur plusieurs versions du 3ème concerto de Beethoven – je partage avec Murakami une passion pour ce concerto, qui m’a toujours paru le plus parfait des concertos beethovéniens – : d’abord Gould-Bernstein, où l’entente ici entre chef et soliste contraste avec le désaccord brahmsien.

Puis – l’une de mes versions de référence – l’incroyable énergie du duo Serkin/Bernstein, un tempo qui paraît fou de rapidité à nos deux interlocuteurs.

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Et Ozawa de regretter de n’avoir pas mis la même ardeur, d’être resté trop neutre, lorsque, 25 ans plus tard, il enregistrera les concertos de Beethoven avec le même Serkin

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L’écrivain et le chef s’accordent à reconnaître, à propos de Serkin, puis de Rubinstein, que ce que ces deux immenses pianistes perdent en perfection technique, ils le gagnent en liberté poétique avec l’âge.

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Bref, faites-vous offrir ce livre, et, comme moi, lisez-le pas nécessairement dans l’ordre des chapitres. Vous n’êtes pas au bout de vos découvertes.

Comme, par exemple, cet aveu du grand chef japonais. Lui que la critique internationale a si souvent loué pour ses interprétations de la musique française et russe (qui dominent d’ailleurs sa discographie avec le Boston Symphony) dit finalement préférer, de loin, la musique allemande, Bach, Beethoven, Brahms, Wagner

Une discographie très complète de Seiji Ozawa à retrouver ici : Bestofclassic.

Il faut y ajouter ce coffret qui résulte du travail sur le répertoire germanique auquel le chef nippon a pu enfin s’adonner librement avec l’orchestre Saito Kinenqu’il a fondé en 1984 en hommage à son premier maître Hideo Saito.

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Rentrée

J’aime ces soirs de rentrée, le premier concert d’une saison. Comme hier soir à la Maison de la Radio à Paris, autour de l’Orchestre National de France (à réécouter sur France Musique)

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Un an après ses débuts comme directeur musical de la phalange, deux mois après une mémorable soirée Gershwin au Festival Radio Francec’est évidemment Emmanuel Krivine (voir La fête de l’orchestre) qui officiait. Avec un soliste attendu – Bertrand Chamayou avait déjà joué le 5ème concerto de Saint-Saëns en juillet 2016 au Festival Radio France – 

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Mais un programme intéressant, des musiciens de haut vol, ne font pas, à eux seuls, une rentrée réussie. Il y faut cette effervescence particulière qui caractérisait nos rentrées à l’école, au lycée ou à l’université, le plaisir de retrouver des visages amis dans le public ou parmi les personnalités invitées, mais aussi d’en découvrir de nouveaux, d’observer habitués ou novices, d’assister à des rencontres insolites. Bref, tout sauf un truc mondain, où il faut se montrer…

Et la soirée d’hier ne manquait d’aucun de ces ingrédients.

djjst26waaavtbsCertes, la ministre de la Culture – présente l’an dernier (comme le montre cette photo prise en septembre 2017)- manquait, de même que Mathieu Gallet, l’ex-PDG de Radio France, remplacé, comme on le sait, par Sibyle Veil, qui s’est acquittée parfaitement de l’exercice ingrat du mot d’accueil au public et aux auditeurs.

36957947_2114791482093176_3005064303477784576_n(Le 11 juillet dernier, Sibyle Veil, en sa qualité de co-présidente du Festival Radio France, assistait au concert d’ouverture du Festival 2018).

Au moment d’entrer dans la salle, j’apercevais une silhouette qui me semblait familière, même si une barbe fournie me faisait hésiter.

A l’entracte je n’eus plus de doute, c’était bien Daniele Gattile prédécesseur d’Emmanuel Krivine à la direction de l’Orchestre National, que je n’avais plus revu depuis son concert d’adieu en 2016 (lire Bravo Maestro), qui se trouve pris dans le tourbillon d’une « affaire » qui l’a privé, sans procès, sans explication, de son poste à la tête du Concertgebouw d’Amsterdam

Face à moi, un homme visiblement éprouvé, mais aussi touché par les témoignages qui n’ont pas manqué de la part de ses anciens musiciens et de ses amis parisiens, à qui j’ai répété ce que j’avais écrit et dit, et qui lui avait été transmis (lire Stupéfaction). On aimerait que les accusateurs, les procureurs auto-proclamés sur les réseaux sociaux et dans les médias se trouvent confrontés à ceux qu’ils clouent au pilori… et mesurent les conséquences (in)humaines de leurs dénonciations (cf. le suicide de l’époux d’Anne-Sofie von Otter). Chaleureuse embrassade avec Daniele Gatti, qu’on souhaite ardemment revoir très vite à Paris…

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Une autre figure que je ne m’attendais pas à croiser à ce concert, l’ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, aujourd’hui retirée de la politique active, auteur d’un roman à clés très remarqué en cette rentrée littéraire, Les Idéaux :

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Une femme, un homme, une histoire d’amour et d’engagement.
Tout les oppose, leurs idées, leurs milieux, et pourtant ils sont unis par une conception semblable de la démocratie.
Au cœur de l’Assemblée, ces deux orgueilleux se retrouvent face aux mensonges, à la mainmise des intérêts privés, et au mépris des Princes à l’égard de ceux qu’ils sont censés représenter.
Leurs vies et leurs destins se croisent et se décroisent au fil des soubresauts du pays.
Lorsque le pouvoir devient l’ennemi de la politique, que peut l’amour ? 
(Présentation de l’éditeur).

L’agrégée de lettres classiques retrouve une langue et un style qu’on avait déjà admirés dans Les derniers jours de la classe ouvrière

Nous nous reverrons à Montpellier en octobre pour la 40ème édition de Cinémed, ce beau festival de cinéma tourné vers la Méditerranée, qu’Aurélie Filippetti préside depuis deux ans.

Moins inattendue, la présence du toujours fringant Ivan Levaidont l’épouse, Catherine, travaille à Radio France. Avec Ivan, c’est inévitablement – et pour mon plus grand bonheur – un livre ouvert de souvenirs, d’anecdotes, de témoignages de première main. Et je le crois, une amitié réciproque. À trois mètres de la présidente de Radio France – mariée à l’un de ses petits-fils – la conversation roula presque naturellement sur Simone Veil (lire La vie de Simoneet son mari Antoine, entrés au Panthéon le 1er juillet dernier, un couple étonnant dont le journaliste a été l’un des plus proches.

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Confidences très émouvantes sur les dernières années de Simone Veil…

La veille, mercredi après-midi, une autre circonstance m’avait conduit au 22ème étage de la tour de la Maison de la Radio, d’où l’on a l’une des plus belles vues sur Paris. Une sorte de pré-rentrée. La remise des insignes de chevalier des Arts et Lettres à François-Xavier Szymczak, aujourd’hui l’une des voix emblématiques de France MusiqueFrançois-Xavier tenait à ma présence à cette réunion plutôt intime, il se rappelait qu’un jour de 1996 – il avait 22 ans – je lui avais fait confiance pour travailler sur la chaîne (lire L’aventure France Musiqueet – ce que j’avais oublié – j’avais organisé ses interventions à l’antenne pour qu’elles soient compatibles avec ses obligations militaires ! .

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Je raconterai sûrement, en dévidant le fil de mes souvenirs (L’aventure France Musique : l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes), quand et comment François-Xavier Szymczak et ceux qui l’entouraient mercredi, Lionel Esparza, Laurent Valéro, Arnaud Merlin, et d’autres comme Anne-Charlotte Rémond, Anne Montaron, Bruno Letort, j’en oublie, ont rejoint l’équipe de France Musique