Découvertes Est-Ouest

Un bref passage par Melomania, la seule adresse, l’unique, pour les amateurs de CD classiques, m’a fait découvrir des compositeurs, des oeuvres, de labels que j’ignorais complètement.

Zubin Mehta avec Paine

Je pensais avoir à peu près tous les disques enregistrés par Zubin Mehta du temps de son mandat à la tête du New York Philharmonic (lire Zubin à New York ) lorsque je suis tombé sur ce CD

Compositeur ? label ? inconnus au bataillon.

Pourtant je croyais plutôt bien connaître les compositeurs américains – les noms de George ChadwickEdward MacDowell et Amy Beach par exemple ne me sont pas inconnus – mais John Knowles Paine (1839-1906) qui a constitué avec les pré-cités ce qu’on a appelé l’Ecole de Boston est resté terra incognita jusqu’à ma découverte de ce disque

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, je trouve sur YouTube la 2e symphonie de Paine… toujours avec Zubin Mehta et le New York Philharmonic.

Temirkanov rime avec Petrov

Autre découverte pour moi qui suis à la recherche de raretés ou d’inédits du grand chef russe récemment disparu, Youri Temirkanov, ce CD manifestement d’origine russe sous un label « Manchester » qui ne l’est pas du tout.


En l’espèce ce sont des enregistrements de studio faits entre 1971 et 1977 à St Petersbourg, alors Leningrad, avec l’orchestre philharmonique dont le chef prendra la direction musicale en 1988. Un Petrouchka de Stravinsky scintillant, une 2e suite de Daphnis et Chloé de Ravel qui ne manque pas de séduction, et un troisième homme, parfaitement inconnu : Andrei Petrov (1930-2008).

Compositeur de musiques de films qui n’ont pas marqué l’histoire du cinéma mondial, de ballets et de pas mal d’autres partitions, c’est l’apparatchik-type – président de l’Union des compositeurs soviétiques de Saint-Pétersbourg de 1964 à sa mort !

Je laisse apprécier cette oeuvre ici mentionnée comme « Genesis », ou présentée comme « La création du monde ». L’avenir radieux de l’humanité est en route …

Le Russe oublié

C’est un nom que j’ai dû voir une ou deux fois, sans qu’il attire mon attention. Jusqu’à ce que le dernier numéro de Diapason le cite dans un passionnant dossier consacré aux Préludes de Chopin : Rudolf Kehrer (1923-2013).

Disques introuvables, notoriété nulle : comment est-ce possible avec un artiste de cette classe ? Comme on peut heureusement en juger par quelques vidéos audibles sur YouTube, comme ces fameux Préludes de Chopin

J’ai trouvé sur jpc.de un coffret de 5CD reprenant des enregistrements Melodia. Passionnants, même si les reports sont de qualité très variable :

La dernière valse à Liège

C’est l’histoire d’un disque qui est complètement passé sous mes radars. Et pourtant j’aurais dû le repérer dès sa sortie en 2020. Parce que Véronique Gens, si souvent accueillie à Montpellier (lire 2890 jours : ils ont fait Montpellier), parce que disque enregistré à la Salle Philharmonique de Liège, dont j’avais, dès sa réouverture en septembre 2000, fait un studio extrêmement apprécié par beaucoup d’artistes et de labels.

Des femmes qui chantent : Zaho, Joyce, Fatma et Jessye

Les orages de Zaho

Certains seront peut-être surpris que j’évoque ici la quadruple récompensée des dernières Victoires de la Musique, Zaho de Sagazan. Je n’ai pas vu cette cérémonie, mais je me réjouis de ce palmarès. Il y a plusieurs mois déjà que j’avais repéré cette jeune chanteuse, aussi touchante interprète qu’auteure inspirée, et que je ne me lasse pas d’écouter son premier disque.

Bien sûr il y a ce tube qu’est devenu – à juste titre – La symphonie des éclairs – mais chacun des titres de cet album mérite l’écoute et la réécoute.

Une voix, un timbre, une poésie, une musique qui fait résonner les mots et leur charge émotionnelle, une authentique personnalité, le succès ne vient jamais par hasard.

J’ajoute que, pour de mystérieuses raisons, probablement très enfouies, Zaho de Sagazan, ses chansons, me touchent profondément. Très exactement comme me bouleversent Judy Garland et « Over the Rainbow.

Joyce et Didon, Fatma et Belinda

Jeudi dernier, c’est Joyce DiDonato qui m’a bouleversé au Théâtre des Champs-Élysées, comme je l’ai écrit pour Bachtrack : La Didon bouleversante de Joyce DiDonato. J’étais d’autant plus à l’aise pour tresser des louanges à la cantatrice américaine, que j’avais été pour le moins réservé sur son dernier spectacle dans le même théâtre en octobre 2022 (cf. Forumopera : Les bons sentiments).

(De gauche à droite : Carlotta Colombo, Fatma Said, Joyce DiDonato, Maxim Emelyanychev, Andrew Staples, Beth Taylor, Hugh Catting / Photo JPR 07/02/2024)

C ‘était aussi la première fois que j’entendais en concert Fatma Said, fabuleuse Belinda. Ai-je encore le droit de dire que je suis tombé sous le charme de sa beauté et de sa voix ? Je n’en ai que plus de regrets d’avoir manqué son concert avec le Philharmonique de Radio France en octobre dernier.

Jessye et Seiji

Le très regretté Seiji Ozawa (lire La Voix des justes) a régulièrement travaillé et enregistré avec Jessye Norman. Je n’aurais pas spontanément cité comme référence le Carmen qu’ils ont enregistré ensemble, avec l’Orchestre national de France, qui d’ailleurs n’a été été réédité ni dans les coffrets Ozawa, ni dans le coffret Norman. Mais je trouve ce documentaire sur YouTube, qui ne laisse pas d’émouvoir :

Plus émouvant encore, cet extrait de la 2e symphonie de Mahler, capté dans la Basilique de Saint-Denis en 1983, Seiji Ozawa dirigeant ici encore l’Orchestre national de France.

On trouve dans le coffret Ozawa/Philips ces trois enregistrements exceptionnels :

La voix des justes : Badinter, Ozawa

Ce n’est pas la première fois que la camarde tire groupé : on apprenait ce vendredi la disparition de deux géants, Robert Badinter et Seiji Ozawa. A leur manière, ils ont servi les mêmes idéaux, et ils auraient pu se rejoindre sur la musique: s’il en avait encore eu la force et la volonté, Ozawa – qui a créé l’opéra de Messiaen, Saint-François d’Assise – aurait pu créer l’opéra de Thierry EscaichClaude – sur un livret de Robert Badinter, inspiré – il n’y a pas de hasard ! du roman Claude Gueux de Victor Hugo.

La haine et l’hommage

Pas une note discordante dans le déferlement d’hommages à Robert Badinter depuis hier matin, comme si la mort avait la vertu d’effacer le passé, c’est sans doute bien ainsi ! Mais comme l’a très bien rappelé le beau documentaire, rediffusé hier soir sur France 5 – Robert Badinter, la vie avant tout – l’avocat d’assises puis le ministre de la justice qu’il fut successivement a été honni, vilipendé, menacé non seulement par des foules en colère, mais aussi par plusieurs partis, de la droite à l’extrême-droite, qui n’éprouvent aucune honte aujourd’hui à encenser le disparu.

Jeune assistant parlementaire d’un député de Haute-Savoie et membre des instances nationales du CDS, le parti centriste à l’époque dans l’opposition, j’avais été révolté par ces manifestations factieuses et cette haine affichée sous les fenêtres du Garde des Sceaux, et j’avais envoyé au Monde un billet pour dire mon soutien à Robert Badinter. Billet publié à ma grande surprise qui m’a valu quelques jours plus tard une lettre signée de M. Badinter lui-même, à en-tête du Ministère de la Justice, me remerciant avec une extrême courtoisie des mots que j’avais écrits en sa faveur. J’ai cet article et cette lettre quelque part dans mes archives.

Ozawa ou l’occasion manquée

J’invite à relire l’article que j’avais écrit à l’occasion du 80e anniversaire de Seiji Ozawa en 2015 (Seiji80#) notamment sur son abondante discographie heureusement bien rééditée.

L’Opéra de Paris sur son site – Hommage à Seiji Ozawa -rappelle la présence constante et régulière du chef japonais dans la fosse de Garnier ou de Bastille, et bien sûr la création sous sa direction de l’unique opéra de Messiaen, Saint-François d’Assise.

France Musique a, de son côté, rappelé les liens étroits qu’Ozawa avait noués avec l’Orchestre national de France.

Mais je m’en suis toujours voulu, alors que j’étais au coeur du système (comme directeur de France Musique de 1993 à 1999) mais pas en position de décideur, de ne pas avoir insisté tant auprès d’Hugues Gall, nommé en 1993 à l’Opéra de Paris pour en prendre la direction effective en 1995, que des responsables de Radio France, pour que Paris, la France, s’attachent les services d’un chef d’une telle notoriété qui ne demandait qu’à cultiver une passion née dès sa victoire au concours de Besançon en 1959. Au lieu de cela, Ozawa fut engagé à Vienne où il ne fut pas le plus heureux des musiciens.

D’autant que Seiji Ozawa, parmi plein de qualités, aimait et servait la musique française comme peu de ses confrères, comme en témoigne heureusement une abondante discographie pour l’essentiel réalisée à Boston – dont il fut le patron de 1973 à 2002 – et pour une belle part avec l’Orchestre national de France, et dans une moindre mesure l’Orchestre de Paris.

Malheureusement, on a vu ces dernières années des images, des vidéos qui font horreur plus qu’honneur à un homme diminué par la maladie (la même que celle qui a emporté Claudio Abbado), exhibé au mépris de toute dignité, quelles que soient les raisons invoquées.

Je veux garder l’image de l’homme malicieux, toujours en mouvement, qui aimait les musiciens et était profondément aimé d’eux, en me rappelant l’un des premiers disques qu’on m’ait offerts adolescent : sa Shéhérazade avec Chicago.

Tableaux rares

Mercredi soir, j’assistais à la Philharmonie de Paris à un concert – redonné ce jeudi – de l’Orchestre de Paris. J’en ai rendu compte dans Bachtrack : Les tableaux symphoniques d’Esa-Pekka Salonen.

Esa-Pekka Salonen, Sarah Connolly et l’Orchestre de Paris (Philharmonie, 7 février 2024)

Je veux revenir sur le programme qui nous a été proposé, et qui, à rebours de tous les clichés sur les goûts supposés du « grand public« , a attiré un très nombreux public dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie. Elgar, Hindemith ? Le choix de l’Orchestre de Paris et de son illustre invité était pour le moins audacieux.

La mer qu’on voit danser

On croit rêver quand on lit dans le programme de salle que les Sea Pictures d’Edward Elgar – 1899 ! – font leur entrée au répertoire de l’Orchestre de Paris… On cherche d’ailleurs – en vain – dans sa mémoire pour retrouver trace d’un concert parisien au cours duquel ce cycle magnifique de mélodies « marines » aurait été donné. C’est pourquoi j’avais été particulièrement fier de pouvoir programmer, avec l’Orchestre national de France et son chef Cristian Macelaru (que je remercie encore d’avoir relevé le défi), le 21 juillet 2022 à Montpellier, ces Sea Pictures suivis de la Sea Symphony, la 1ere symphonie de Ralph Vaughan-Williams (lire Tempête en mer).

Pour Marianne Crebassa c’était aussi une première. Elle avait alors raconté avec quel enthousiasme elle s’était saisie de ce cycle, qui convient idéalement à sa voix.

A la discographie dont j’avais déjà fait état ici (voir La mer qu’on voit danser), on peut ajouter quelques nouvelles perles :

On l’aura compris, entre les lignes, je préfère pour ce cycle une voix plus sombre, comme celle de Kathryn Rudge.

Le timbre plus métallique d’Elina Garanca ou plus clair d’Alice Coote – pour ne mentionner que les plus récentes versions – rendent moins justice à la poésie de ces « marines ».

Mathis le peintre

En deuxième partie des concerts de l’Orchestre de Paris, Salonen avait programmé de nouveau une oeuvre extrêmement rare au concert : la symphonie Mathis der Maler de Hindemith.

En juillet 2023, j’avais eu la chance de suivre pour Bachtrack deux concerts du Festival de Colmar, et à cette occasion j’avais pu visiter le musée Unterlinden et y admirer dans toute sa splendeur retrouvée le fameux retable d’Issenheim dû à Matthias Grünewald (lire et surtout voir Mathis le peintre à Colmar), qui est le sujet même de l’opéra de Hindemith et de la « symphonie » en trois mouvements/tableaux qu’il en a tirée en 1934.

Dans ma discographie, très (trop?) sélective, de l’oeuvre, j’ai omis de mentionner la version d’Esa-Pekka Salonen gravée à Los Angeles. Dans mon article de Bachtrack, je précise pourtant que le chef finlandais est l’un des très rares de sa génération à s’intéresser à un compositeur trop peu considéré et pourtant l’un des plus importants du XXe siècle.

2890 jours : ils ont fait Montpellier (III) 17 opéras

Dès sa fondation en 1985, le Festival Radio France Occitanie Montpellier s’est singularisé dans le paysage musical international par la programmation d’ouvrages lyriques rares, voire inédits, de redécouvertes considérables. C’est une politique que j’ai résolument poursuivie, de 2014 à 2022, durant mon mandat de directeur du festival (lire 2890 jours), même si la pandémie d’une part, les réductions budgétaires d’autre part, nous ont obligé à réduire la voilure.

Il n’empêche que la liste des oeuvres jouées durant 8 éditions, et des interprètes engagés à cette fin, ne laisse pas d’impressionner.

2015 : Bodin de Boismortier, Offenbach, Lalo

(L’affiche du Festival 2015 avait été créée par l’artiste Gérard Matharan disparu en avril 2022)

Joseph Bodin de Boismortier : Don Quichotte chez la Duchesse

L’Opéra de Versailles reprenait cette fin janvier le spectacle inauguré en 2015 à MontpellierDon Quichotte chez la Duchesse – dirigé par Hervé Niquet et mis en scène par Gilbert et Corinne Bénizio (ex- Shirley et Dino)

(De gauche à droite : Corinne Bénizio, Jany Macaby, Hervé Niquet, Gilles Bénizio, JPR)

Jacques Offenbach : Fantasio

Ce fut l’événement du Festival 2015, une authentique redécouverte d’un ouvrage oublié d’Offenbach, qui a depuis fait les beaux soirs de l’Opéra-Comique (lire Brillante résurrection de Fantasio)

Edouard Lalo : La Jacquerie

2016 : Rameau, Offenbach, Aboulker, Mascagni

Jean-Philippe Rameau : Zoroastre

Pietro Mascagni : Iris

Isabelle Aboulker : Marco Polo et la Princesse de Chine

Jacques Offenbach : Ba-Ta-Clan

Il faut préciser ici que cette pochade avait été programmée avant les attentats du 13 novembre 2015 dans la salle de spectacle – le Bataclan – qui tire son nom de l’ouvrage d’Offenbach, et que ce concert a été dédié à toutes les victimes du terrorisme.

2017 : Bellini, Giordano et le mélange Niquet

2018 : Offenbach, Destouches, Delibes


2019 Pomme d’Api et Fervaal

Jacques Offenbach : Pomme d’Api

L’événement de ce festival 2019 c’est la restitution intégrale d’une partition devenue mythique à force de ne jamais avoir été jouée, a fortiori représentée, Fervaal de Vincent d’Indy.

Vincent d’ Indy, Fervaal Op. 40 

Opéra en 3 actes et un prologue sur un livret du compositeur d’après le poème « Axel » d’Esaias Tégner.

Michael Spyres (ténor), Fervaal
Gaëlle Arquez (mezzo-soprano), Guilhen
Jean-Sébastien Bou (baryton), Arfagard
Elisabeth Jansson (mezzo-soprano), Kaito
Nicolas Legoux (basse), Grympuig
Eric Huchet (ténor), Lennsmor
Kaëlig Boché (ténor), Edwig
Camille Tresmontant (ténor) 4ème Paysan, 1er Paysan sarrazin, Chennos
François Piolino (ténor), Ilbert
Rémy Mathieu (ténor), Ferkemnat, Moussah
Matthieu Lécroart (baryton), Geywihr, 5ème Paysan
Eric Martin-Bonnet (basse), Penwald, Buduann
Pierre Doyen (baryton), le Messager, 3ème Paysan, 2ème Paysan sarrazin
Jérôme Boutillier (baryton), 1er Paysan, Gwellkingubar
Anas Seguin (basse), Berddret
Guilhem Worms (baryton-basse), Helwrig
François Rougier (ténor), 2ème Paysan, Le Berger, Le Barde

Choeur de la Radio Lettone
Choeur de l’Opéra national de Montpellier Occitanie
Orchestre national de Montpellier Occitanie
Michael Schonwandt, direction

Il y avait un projet d’édition de cette soirée en CD, qui n’a jamais abouti pour des raisons non artistiques… Mais les amateurs peuvent retrouver l’intégralité de la soirée du 24 juillet 2019 sur YouTube

2021 Pas de Bacchus mais une création

Nous avions prévu, d’abord en 2020, puis en 2021, de redonner vie à un opéra de Massenet, Bacchus. Projet annulé en 2020 pour cause de pandémie.. et en 2021 pour cause de conséquences de la pandémie ! Trois ans après, tout le monde semble avoir oublié que si les festivals ont pu reprendre leur activité, c’était au prix de restrictions toujours en vigueur en matière de nombre de spectateurs, et bien sûr de distanciation sur scène, aussi bien en répétition qu’en concert. Or Bacchus exigeait un nombre important d’interprètes et surtout plusieurs formations additionnelles en coulisses. Nous avons dû très vite nous résoudre à annuler l’opération, au grand dam du chef, des musiciens et des chanteurs qui avaient travaillé sur cette partition reconstituée pour l’occasion.

Mais en co-production avec l’Opéra de Montpellier, ce fut la création de l’opéra de Philip Venables Denis et Katya.

(De droite à gauche : Philip Venables, Ted Huffmann, Jakub Jozef Orlinski et JPR)

2022 Hamlet d’Ambroise Thomas

En 2022, un seul opéra, mais pas le moindre, pour illustrer la thématique « so British » de cette édition : Hamlet d’Ambroise Thomas, mais pas dans la version baryton, la plus jouée, dans celle où le rôle-titre est chanté par un ténor. Et quel ténor en ce 15 juillet 2022 avec John Osborn !

Prochain « épisode » : les chanteurs, chanteuses, en concert ou en récital !

Faits d’hiver : Agrippine, Lalo et Monsaingeon

Semaine variée avec un concert, des disques et un livre à épingler.

La surprise Agrippine

Le portrait de Haendel visible à Bologne au Musée international et bibliothèque musicale

Je ne suis pas un grand spécialiste de Haendel, mais les années passant, je vais de surprise en découverte notamment dans son oeuvre lyrique qu’en dehors des ouvrages les plus connus (Giulio Cesare, Alcina, Ariodante..) je connais peu et mal.

Pour Bachtrack, j’assistais mardi soir à la Seine Musicale à une version de concert d’Agrippina, l’œuvre d’un jeune homme – Haendel a 24 ans ! – créée et jouée 27 fois de suite à Venise le 26 décembre 1709. J’ai beaucoup aimé, même si tel ou tel chanteur m’a moins convaincu. Lire ma critique ici : L’Agrippina impériale d’Ottavio Dantone.

Après une succession d’airs, parfois de duos, il faut attendre la toute fin pour entendre toute la troupe réunie ce soir-là autour de l’Accademia Bizantina, chanter quelque chose comme « Tout est bien qui finit bien » !

De gauche à droite, Marco Saccarin (Lesbo) Federico Fiorio (Nerone), Sophie Rennert (Agrippina), Luigi De Donato (Claudio), Lucia Cortese (Poppea), Filippo Mineccia (Ottone), Margherita Sala (Narcisse), Federico Benetti (Pallas), Ottavio Dantone assis au clavecin devant l’ensemble Accademia Bizantina

Lalo estonien

On croyait que Neeme Järvi avait enregistré à peu près tout le répertoire symphonique enregistrable ! Le chef estonien trouve encore le moyen, à 86 ans, de nous surprendre avec un disque qui me fait un plaisir immense. Mes lecteurs savent l’intérêt que je porte à Edouard Lalo, l’éternel second, dont tout le monde a oublié de célébrer le bicentenaire de la naissance le 27 janvier 1823 ! Lalo dont j’avais découvert la Symphonie en sol mineur grâce à la légendaire version de Thomas Beecham… et de l’Orchestre national !

En juillet 2019, j’accueillais à Montpellier, pour ouvrir l’édition 2019 du festival Radio France, Neeme Järvi et l’Orchestre National d’Estonie. Souvenir impérissable (lire Opening nights)

Etonnamment, le numéro de février de Diapason n’évoque pas cette sortie, alors que l’Indispensable du mois du magazine est consacré tout entier à Lalo, avec trois versions mythiques du concerto pour violoncelle (Pierre Fournier et Jean Martinon), de la Symphonie espagnole (Leonid Kogan et Kirill Kondrachine) et de la 1ere suite de Namouna (avec l’incomparable Paul Paray)

La mémoire du siècle

Qui ne connaît Bruno Monsaingeon dès lors qu’on s’intéresse un peu à la musique et à des interprètes comme Glenn Gould, Yehudi Menuhin, Sviatoslav Richter et tant d’autres ?

« Violoniste et réalisateur, Bruno Monsaingeon a bâti une œuvre de 100 opus mêlant portraits d’interprètes et de chefs d’orchestre, récitals et concerts symphoniques, masterclasses… Un parcours émaillé de coups de foudre musicaux et amicaux, ponctué de deux rencontres virtuoses : Yehudi Menuhin et Glenn Gould. 
Sous le regard critique de son cousin Guillaume Monsaingeon, ces entretiens au long cours tiennent à distance biographie, monographie et catalogue raisonné. On y retrouve la verve d’un conteur, mais c’est aux films qu’il donne la parole en réalité. Porteurs d’un langage visuel autonome, ils offrent à l’auditeur ce à quoi il n’a pas toujours accès : le détail des notes et des gestes ; des images qui recréent l’énergie musicale et l’émotion qu’elle suscite pour mieux nous en rapprocher. 
Écouter, peser, choisir, façonner : autant d’interprétations que Bruno Monsaingeon revisite dans ce dialogue et qui structurent son œuvre, source d’archives pour le futur
 » (Présentation de l’éditeur)

L’ouvrage édité par la Philharmonie de Paris est évidemment passionnant, d’abord sur la question de comment filmer la musique, ensuite par les souvenirs que livre le réalisateur octogénaire de ses rencontres connues ou moins connues avec les grands musiciens du XXe siècle.

2890 jours : ils ont fait Montpellier (II) Scarlatti 555

Suite du bilan de huit années de direction du Festival Radio France à Montpellier et en Occitanie: après les 101 pianistes, les 30 clavecinistes qui ont participé en 2018 à la folle aventure Scarlatti 555 telle que la décrivait la co-présidente du Festival et PDG de Radio France, Sibyle Veil :

« Les amoureux de la musique de Scarlatti sont aujourd’hui nombreux. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux, Marc Voinchet, directeur de France Musique qui est à l’origine d’un projet ambitieux : jouer les 555 Sonates de Domenico Scarlatti à l’occasion de 35 concerts organisés lors du festival Radio France Occitanie Montpellier, dirigé par Jean-Pierre Rousseau, dans des lieux patrimoniaux exceptionnels, sélectionnés par Jany Macaby. La volonté de faire revivre les créations de Domenico Scarlatti, trente ans après qu’elles eurent été enregistrées par Scott Ross, à l’initiative de deux anciens directeurs de France Musique, René Koering et Alain de Chambure, s’inscrit donc dans l’histoire de la chaîne et dans l’ambition renouvelée de Radio France de faire vivre toutes les musiques pour les rendre accessibles au plus grand nombre. »

L’intégralité de ce projet (lire Epidémie de Scarlatti) est toujours disponible à l’écoute sur le site de francemusique.fr.

(Le clavecin sur lequel Scott Ross a joué et enregistré son intégrale des sonates de Scarlatti au château d’assis / Photo JPR 2018)

Jean-Marc Aymes

Enrico Baiano

Olivier Baumont

Carole Cerasi

Violaine Cochard

Francesco Corti

Bertrand Cuiller

Aurélien Delage

Mathieu Dupouy

Cristiano Gaudio

Maude Gratton

Luca Guglielmi

Kazuya Gungi

François Guerrier

Frédérik Haas (coordinateur du projet)

Jean-Luc Ho

Béatrice Martin

Lars-Ulrik Mortensen

Giulia Nuti

Olga Pashchenko

Arnaud de Pasquale

Rossella Policardo

Thomas Ragossnig

Mario Raskin

Jean Rondeau

Mayako Soné

Miklos Spanyi

Justin Taylor

Kenneth Weiss

Paolo Zanzu

Merci à tous ces artistes et pardon par avance pour les oublis ou les erreurs qui seront rectifiés dès qu’ils me seront signalés !

Le choix d’un chef

On a eu la semaine dernière la confirmation d’une nouvelle que je tenais depuis plusieurs mois du directeur général de l’époque de l’Orchestre philharmonique royal de Liège : la nomination de Lionel Bringuier comme directeur musical de l’orchestre à la rentrée 2025. J’ai craint un moment que ce que m’avait annoncé, en secret, Daniel Weissmann, ne soit finalement pas accompli. Parce qu’entre les projets même les mieux conçus de recrutement d’un directeur musical et la réalité des nominations, il y a souvent un écart.

Le bon choix pour Liège

Je vais raconter comment se passent les nominations de chefs d’orchestre, au moins celles que j’ai eu à connaître. Mais d’emblée je veux dire ici combien le choix de Lionel Bringuier pour Liège vient à point nommé, pour l’orchestre et pour lui. L’ère qui s’ouvre sera féconde et extrêmement bénéfique pour l’orchestre, dont j’ai quitté la direction générale il y a bientôt 10 ans ! Voir RTC

Pour l’OPRL c’est le retour à un étiage qu’il n’aurait jamais dû quitter. Je n’ai jamais compris l’enthousiasme – très relatif – qu’a pu susciter l’actuel directeur musical :Gergely Madaras sait, à coup sûr, manier la baguette, diriger des partitions complexes, et sans doute s’attirer les sympathies du public.

Mais la seule question qui vaille, s’agissant d’un directeur musical, et non pas juste d’un chef de passage, c’est : qu’a-t-il apporté à l’orchestre? quelle est sa valeur ajoutée ? quelle personnalité incarne-t-il face à une phalange qui s’est souvent hissée dans le passé au rang des meilleures ? Les seules fois où je l’ai vu diriger, j’ai trouvé sa direction bien peu singulière, souvent banale, et pas dans n’importe quel répertoire : un Sacre du printemps sans relief (il faut le faire !), une Quatrième symphonie de Mahler gentillette. On m’a reproché de ne pas avoir été tendre avec lui dans ses interprétations en concert ou au disque des oeuvres de César Franck (Hulda, Psyché), mais j’ai des oreilles pour entendre… et comparer.

Langrée, Rophé, Arming

Sur les trois chefs que j’ai eu à nommer durant mes fonctions à l’Orchestre philharmonique royal de Liège (1999-2014), je me suis souvent exprimé, mais sans toujours révéler le dessous des cartes. Les conditions de l’arrivée de Louis Langrée à Liège sont connues : (re)lire Portrait d’ami.

Lorsque Louis Langrée m’avait annoncé qu’il ne prolongerait pas son deuxième mandat (2004-2006) – il s’est alors longuement expliqué sur ses raisons – nous étions convenus qu’il poursuivrait des projets et des tournées auxquels lui comme moi tenions beaucoup, et ce fut le cas. Pour succéder à un musicien qui avait apporté un tel enthousiasme et conduit un tel renouveau à un orchestre en crise, mais qui avait dû affronter aussi un ensemble qui n’était pas habitué, ni même prêt, aux exigences interprétatives du chef français, je pensais qu’un excellent technicien, certes trop réduit à l’étiquette « musique contemporaine », mais dont l’orchestre avait pu apprécier la précision, la capacité d’aborder des partitions complexes, serait un bon relais.Au cours d’un dîner à Paris, je proposai le poste à Pascal Rophé, qui en fut le premier surpris ! Et il y eut de grands moments, de très belles réussites – grâce à Pascal Rophé, l’OPRL fut invité à plusieurs reprises au festival Musica de Strasbourg, enregistra de très grands disques (Mantovani, Dusapin), mais lorsqu’il me fallut envisager de prolonger ou non le premier mandat de Rophé (2006-2009), je partageai mes doutes, mes hésitations, avec des musiciens de et hors l’orchestre dont je connaissais la sûreté de jugement. A peu près tous rejoignaient mon point de vue, il manquait au chef une vision du coeur de répertoire d’un orchestre symphonique, ses prestations dans Mozart, Beethoven, Brahms et même Mahler n’ayant guère convaincu,.. Je laisse le lecteur imaginer la teneur du dîner au cours duquel je dus dire en tête à tête à P.R. la décision prise à son égard.

Des conversations que j’avais eues pour sa succession, un nom ressortait fréquemment. Un jeune chef qui avait fait des étincelles à Liège en 2007, un chef très présent sur les réseaux sociaux (Facebook en l’occurrence).Voyant qu’il était à Paris… et moi aussi, je lui proposai un déjeuner qu’il accepta immédiatement. Je lui dis le bien que les musiciens de l’orchestre et moi pensions de lui, et lui demandai, en toute confidentialité bien sûr, s’il accepterait la direction de Liège. Il ne mit pas 24 h à me donner son accord, et nous nous retrouvâmes quelques semaines plus tard, avec le délégué artistique de l’orchestre, à son domicile en région parisienne. François-Xavier Roth débordait d’idées, d’enthousiasme, de projets. Un contrat fut signé avec son agente parisienne. Quelques semaines avant sa prise de fonction, FX m’indiqua qu’il passait désormais chez un agent basé à Londres, qui lui ouvrait des perspectives internationales. C’est alors que tout se déglingua : ledit agent me somma de revoir le contrat de FXR. Je lui répondis que je ne négociais pas à distance, et qu’un contact direct entre nous me paraissait un préalable. Je rencontrai ce personnage le jour même du premier concert de FXR et de l’orchestre à Bruxelles, en septembre 2009. Ce fut une descente en règle non seulement des termes du contrat du chef mais aussi et surtout de la politique de l’orchestre, qu’il fallait revoir de fond en comble. Bien entendu, toutes les décisions devaient revenir au seul chef d’orchestre, le directeur général ne servant qu’à porter les valises et à faire les comptes. Je mis quelques semaines à comprendre que cette attaque frontale ne servait qu’à préparer la rupture qui aurait lieu au printemps suivant. Entre temps ledit agent s’était « vendu » à une grande agence de concerts à Londres, et mes interlocuteurs allaient changer, sans pour autant que le conflit se règle. Disons que les contacts devinrent plus urbains. Pendant ce temps, je refusais de prêter du crédit aux rumeurs, informations, qui me parvenaient sur une prochaine nomination de FXR dans un grand orchestre allemand. C’est pourtant ce qui fut annoncé, un mois à peine après le communiqué que nous publiâmes en mars 2010 indiquant la rupture anticipée du mandat de directeur musical du chef.

Le traumatisme ne fut pas mince, pour les musiciens de l’orchestre, sonnés par un tel abandon, dont évidemment quelques esprits bien intentionnés ne manquèrent pas de m’attribuer la responsabilité (pas de place pour deux crocodiles dans le même marigot !), pour mon équipe et pour moi aussi. Le président de l’agence londonienne eut le grand tort d’écrire une lettre au président de l’orchestre, dans laquelle il manifestait un tel mépris non seulement pour le directeur général mais aussi pour le conseil d’administration qui l’avait nommé – nous étions incapables de comprendre à quel musicien d’élite nous avions à faire en la personne d’un chef que le monde entier s’arrachait !! – qu’il provoqua de la part de tous les Liégeois, élus, musiciens, responsables, une réaction indignée et une manifestation de totale solidarité envers les dirigeants de l’orchestre. Le sentiment d’un gâchis, surtout à la veille de la saison anniversaire des 50 ans de l’orchestre (2010-2011) au cours de laquelle nous avions prévu un grand nombre de manifestations exceptionnelles, dont des concerts à Varsovie et Vienne ! Nous pûmes heureusement compter sur le concours de plusieurs chefs, dont Louis Langrée et Pascal Rophé, pour assurer le succès de cette saison, et en particulier le concert des 50 ans de l’OPRL, le 7 décembre 2010 qui réunit les trois anciens directeurs musicaux Pierre Bartholomée et ses deux successeurs.

Pour trouver le successeur de Roth, je décidai de changer complètement le processus de sélection et de recrutement, en impliquant directement l’orchestre. Je proposai aux musiciens de désigner en leur sein une commission de six à huit membres, qui travaillerait avec moi dans la plus totale confidentialité, et donc une totale liberté entre nous, pour d’abord dégager le profil du directeur musical qui conviendrait à un orchestre qui avait beaucoup évolué et progressé depuis dix ans, ensuite faire une « short list » de possibles prétendants. La règle était que rien ne devait sortir de nos discussions, que s’il y avait des fuites, cela ruinerait irrémédiablement le processus. J’eus dès le départ la certitude que le prochain directeur musical figurait parmi les chefs que nous avions déjà invités, et j’avais mes préférences. Cela reste une de mes fiertés que d’avoir pu conduire ce processus, dans un esprit d’ouverture, de dialogue, sans conflit, et dans la plus absolue discrétion. À un point tel que lorsque nous annonçâmes en mai 2011 la nomination du chef autrichien Christian Arming, ce fut une surprise totale pour tout le monde, et les musiciens l’approuvèrent d’autant plus chaleureusement qu’ils savaient qu’elle résultait des travaux du petit groupe qu’ils avaient désigné. Ce qui comptait le plus pour moi, c’est qu’aucune pression extérieure – et il y en eut évidemment, et de nombreuses, notamment de la part de chefs et/ou d’agents qui voulaient se placer – aucun argument autre qu’artistique, n’aient été pris en considération.

S’en suivit une période féconde pour l’orchestre, huit années de stabilité, puisque le premier contrat de Christian Arming (2011-2014) fut renouvelé le jour où j’annonçai mon départ de l’orchestre, et ma nomination à Radio France le 14 mai 2014. Je ne fus pas peu fier d’emmener « mon » orchestre pour la troisième fois en moins de dix ans, le 22 mai 2014, dans la grande salle dorée du Musikverein de Vienne !

(Christian Arming devant la statue de Johann Strauss à Vienne, mai 2014)
(Christian Arming dirigeant la Chevauchée des Walkyries / OPRL / JBR Productions)

PS. Je veux préciser ici que j’ai gardé avec chacun des chefs que j’avais choisis et nommés à Liège des relations cordiales, souvent amicales, quels qu’aient pu être nos différends. J’ai pour chacun d’eux une profonde admiration musicale et personnelle.

Fleurs de Paavo

Le 25 janvier 2012 disparaissait l’un des chefs les plus étonnants du XXe siècle, le Finlandais Paavo Berglund né à Helsinki le 14 avril 1929.

C’est un chef qu’on a découvert un peu sur le tard en France mais qui m’accompagne depuis longtemps dans le répertoire dans lequel sa nationalité lui a valu d’être cantonné au disque, alors qu’au concert il dirigeait autre chose que du Sibelius !

Warner vient de publier l’intégrale de ses enregistrements réalisés pour EMI et Finlandia, ce qui nous vaut trois fois les symphonies de Sibelius !

D’abord un souvenir personnel, c’était à Londres à la fin des années 80 : Berglund dirigeait le London Symphony au Barbican Center, un programme costaud – la 6e symphonie de Sibelius, le concerto en sol de Ravel avec Cécile Ousset, et la 2e de Brahms ! – J’avais été frappé par une particularité de sa gestique : Berglund était gaucher manifestement, puisqu’il tenait sa baguette dans la main gauche et faisait donc l’inverse de ses confrères. Je l’ai revu des années plus tard à la Cité de la Musique (avant l’ouverture de la Philharmonie) à la tête de l’Orchestre de chambre d’Europe, avec lequel il venait d’enregistrer sa troisième intégrale des symphonies de Sibelius. Il avait, entre autres, dirigé les 6e et 7e symphonies, en les enchaînant sans interruption ni applaudissements, en ayant dit quelques mots auparavant pour expliquer la logique de cet enchaînement, à vrai dire très convaincant.

Sibelius, comme les autres grands symphonistes, se prête à toutes les interprétations, les uns insistant sur sa modernité – la 4e symphonie ! -, les autres sur le post-romantisme de ses premières symphonies, certains recherchant la fusion des timbres, d’autres au contraire mettant en valeur une écriture qui procède par superposition de strates sonores. Mais il est vrai que le Sibelius de Berglund a toujours figuré au coeur de ma discothèque « nordique », et qu’on n’en a jamais fini de découvrir les singularités de ses versions successives.

Mais on peut regretter la timidité ou le manque de curiosité de ses éditeurs qui ont négligé tout le répertoire non nordique que Berglund aimait diriger : pourquoi, dans ce coffret, cet oubli des symphonies de Brahms captées avec l’Orchestre de chambre d’Europe (alors que les Sibelius contemporaines y figurent) ?

En revanche, j’ignorais que le chef finnois eût enregistré la symphonie et les Variations symphoniques de César Franck, un inédit en CD !

YouTube nous permet de retrouver des documents rares, comme ce 2e concerto de Rachmaninov joué en 1986 par Jorge Bolet, Paavo Berglund dirigeant l’orchestre de la BBC écossaise.

ou encore cette 4e symphonie de Tchaikovski, captée en 1999, avec l’orchestre royal du Danemark dont il fut le directeur musical de 1992 à 1998.

C’est avec ce même orchestre qu’il a enregistré une intégrale, qui fait toujours référence, des symphonies de Carl Nielsen :

2890 jours : ils ont fait Montpellier (I) en blanc et noir

J’ai quitté la direction du festival Radio France à la fin de l’été 2022, j’y avais été nommé il y a dix ans en juillet 2014. Mais je n’avais pas eu le temps jusqu’à maintenant de remercier tous les artistes que j’ai eu le bonheur d’inviter à Montpellier et dans la région Occitanie entre 2015 et 2022 pour les huit éditions que j’ai organisées.

Mon outil statistique comme ma mémoire n’étant pas infaillibles, je prie par avance ceux que j’aurais oubliés de me pardonner. Je rectifierai autant que possible !

Les claviers – piano, clavecin, orgue – se sont logiquement taillés la part du lion. Avec quelques fidélités assumées à des artistes qui, très souvent, ont fait leurs débuts au festival. Et des absences tout aussi assumées, sachant que je ne me suis jamais laissé imposer qui que ce soit.

En blanc et noir

Behzod Abduraimov (21)

Benjamin Alard (15)

Magda Amara (15)

Piotr Anderszewski (15)

Deux pianistes surpris en pleine conversation : Piotr Anderszewski et François-Frédéric Guy (Montpellier 2015)

Kristina Balanas (16)

Margarita Balanas (18)

Guillaume Bellom (17, 18)

Boris Berezovsky (17)

Beatrice Berrut (22)

Gabriel Bianco (21)

David Bismuth (15, 21)

Florent Boffard (17, 19)

Florian Caroubi (18)

Philippe Cassard (16)

Bertrand Chamayou (16, 18, 19, 21)

Emmanuel Christien (16)

Geoffroy Couteau (19)

Michel Dalberto (16, 18, 21)

Lucas Debargue (16)

Romain Descharmes (21)

Barry Douglas (22)

François Dumont (17, 18, 21)

Frank Dupree (19)

Nicolas Elmer (21)

Thomas Enhco (16, 19)

Yuri Favorin (15)

Theo Fouchenneret (19)

Lukas Geniušas (16, 17, 19)

Filippo Gamba (15)

Jean-Paul Gasparian (17, 18)

Nelson Goerner (15, 18)

Jorge Emilio Gonzalez-Buajasan (19)

Véronique Goudin-Léger (15)

Nathanael Gouin (18, 21)

Benjamin Grosvenor (21, 22)

Alexander Gurning (21)

François-Frédéric Guy (15)

Judith Jaurégui (15)

Paavali Jumpannen (19)

David Kadouch (15, 18)

Alexandre Kantorów (16, 21)

(Bien avant sa victoire spectaculaire au Concours Tchaikovski de Moscou en 2019, Alexandre Kantorow donnait son premier récital au festival, à 19 ans, le 25 juillet 2016)

Nikolai Khoziaynov (15)

Irina Kirpicheva (22)

Evgueni Kissin (19)

Andrei Korobeinikov (15, 17)

Paloma Kouider (17)

Lukas Krupinski (19)

Natacha Kudritskaia (19)

Katia et Marielle Labèque (15, 17)

Avec David Chalmin, Katia et Marielle Labèque

Olivier Latry (22)

Florian Lattuga (22)

Ingmar Lazar (20)

Eric Le Sage (16)

Yoav Levanon (21)

Yoav Levanon, 17 ans, joue Gershwin (Montpellier 2021)

Jan Liesicki (19)

Magnus Lindberg (19)

David Lively (18)

Lily Maisky (21)

Ismael Margain (17)

Denis Matsuev (16)

Selim Mazari (21)

Rodolphe Menguy (22)

Dominique Merlet (15)

Natalia Milstein (17)

François Moschetta (19)

Vincent Mussat (19, 21)

Nicolas Namoradze (22)

Florian Noack (16)

Marie-Ange Nguci (19, 21)

Maki Okada (19)

Ferhan & Ferzan Önder (16)

(Les pianistes jumelles Ferhan et Ferzan Önder, les percussionnistes Alex Georgiev, et Martin Grubinger père et fils)

Aimo Pagin (19)

Alexander Paley (15)

Alexander Panfilov (19)

Janos Palojtay (17)

Cédric Pescia (15)

Cédric Pescia, Philippe Cassard, Nelson Goerner (2015)

Aline Piboule (18,22)

Alain Planès (22)

Menahem Pressler (16)

Annabelle Weidenfeld, Menahem Pressler, JPR, Michel Dalberto (18 juillet 2016)

Gabriel Prokofiev (22)

Beatrice Rana (16, 18)

(C’est à Montpellier, en ouverture du festival 2016, que Beatrice Rana joue pour la première fois en public les Variations Goldberg avant de les enregistrer pour un disque qui sera multi-récompensé)

Mūza Rubackytė (15, 16, 19)

Kärt Rüubel (19)

Carlos Sanchis (19)

Nima Sarkechik (15)

Fazil Say (15, 17, 18)

Herbert Schuch (17)

Louis Schwizgebel (15, 18)

Dmitri Shishkin (21)

Edna Stern (15)

Gabriel Stern (21)

Frederik Steenbrink (17)

Emmanuel Strosser (15)

Dania Tchalik (16)

Cédric Tiberghien (21)

Simon Trpčeski (17)

Mikhail Turpanov (16)

Varvara (18)

Vassilis Varvaresos (16, 19)

Lukáš Vondráček (17)

Tanguy de Williencourt (16, 21)

À suivre : la folle aventure Scarlatti 555