La grande porte de Kiev (VII) : nés à Odessa

J’évoquais dans mon précédent billet (La grande porte de Kiev VI) les figures de quelques grands pianistes nés à Odessa. Je n’ai pas épuisé la liste, j’y reviendrai donc.

Aujourd’hui trois immenses violonistes, nés, eux aussi, dans la ville portuaire, fondée par Catherine II sur les bords de la Mer Noire : les Oïstrakh père (David) et fils (Igor) et Nathan Milstein.

David Oïstrakh (1908-1974) et Nathan Milstein (1903-1992) ont en commun d’avoir eu à Odessa le même pédagogue, Piotr Stoliarski, fondateur d’une école réputée dans toute la Russie, qui a survécu à son créateur mort en 1944. Lire à ce sujet l’excellent article publié sur le site de France Musique – l’histoire de cette école et de ce pédagogue génial.

Nathan Milstein

J’ai consacré à Nathan Milstein plusieurs billets, tant ce musicien, ce violoniste génial, incarne pour moi une sorte d’idéal musical, pas seulement violonistique : Nathan Milstein ou le violon de mon coeur.

Pour retrouver la discographie de Milstein, c’est ici.

Pour illustrer mon propos aujourd’hui, j’ai choisi le concerto pour violon de Tchaikovski, dont j’ai déjà dit ici combien il s’était inspiré de thèmes populaires ukrainiens dans nombre de ses oeuvres, et pas seulement dans sa Deuxième symphonie. Nathan Milstein et Claudio Abbado en ont gravé une version magnifique. En écoutant la cantilène du deuxième mouvement, on a le coeur qui saigne en pensant à ces milliers de victimes de la guerre en Ukraine, à ces familles séparées, exilées…

David Oistrakh

J’admire comme il se doit l’art de David Oistrakh, même si je me suis toujours senti comme à distance du musicien, qui m’est moins familier qu’un Milstein ou un Ferras. Affaire d’affinités, rien de plus.

Le talent de son fils Igor, né lui aussi à Odessa en 1931 (et disparu l’an dernier à Moscou), a sans doute été éclipsé par l’ombre du père, même s’ils ont souvent joué ensemble. On redécouvre peu à peu la discographie d’Igor Oistrakh à la faveur de rééditions bienvenues.

Pour apprécier l’art du père et du fils, on n’a que l’embarras du choix.

Témoin cette prise de concert, surprenante pour ceux qui ne connaissaient pas les liens d’amitié entre David Oistrakh et Yehudi Menuhin qui, ici, dirige, le père et le fils dans la Symphonie concertante de Mozart

Je reviendrai une autre fois sur le talent, moins connu et moins documenté, du chef d’orchestre… David Oistrakh !

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