L’été 23 (XII) : le Carnaval d’Ansermet

Dernier volet de cette brève série d’été de quelques trésors discographiques, un extrait étonnant du précieux coffret enfin paru au printemps dernier, la totalité des enregistrements stéréo du chef suisse Ernest Ansermet (1883-1969) rassemblée par Decca

En 1910, Michel Fokine imagine de chorégraphier le Carnaval de Schumann, en confiant l’orchestration de ces 22 pièces pour piano à différents compositeurs russes.

Carnaval Op. 9 ~ Ballet pour orchestre

Préambule (orch. Arenski)

Pierrot (orch. Glazounov)

Arlequin (orch. Klenovski)

Valse noble (orch. Petrov)

Eusebius (orch. Glazounov)

Florestan (orch. Rimski-Korsakov)

Coquette (orch. Kalafati)

Réplique (orch. Kalafati)

Papillons (orch. Tcherepnine)

A.S.C.H – S.C.H.A. Lettres dansantes (orch. Liadov)

Chiarina (orch. Kalafati)

Chopin (orch. Glazounov)

Estrella (orch. Winkler)

Reconnaissance (orch. Jāzeps Vītols, en allemand Joseph Wihtol)

Pantalon et Colombine (orch. Arenski)

Valse allemande (orch. Liadov)

Paganini (orch. Liadov)

Aveu (orch. Sokolov)

Promenade (orch. Klenovski)

Pause (orch. Glazounov & Kalafati)

Marche des Compagnons de David contre les Philistins (orch. Glazunov & Kalafati)

En 1913 les Ballets russes redonnent le Carnaval au théâtre des Champs-Élysées *

A noter pour les curieux que dans le coffret Warner, paru il y a quelques mois, consacré aux Ballets russes, on trouve ce même Carnaval orchestré dans l’interprétation idiomatique du chef britannique Robert Irving (1913-1991)

*Après la publication de ce billet j’ai reçu de mon ami François Hudry, le biographe et spécialiste incontesté d’Ernest Ansermet le message suivant : « à propos du Carnaval de Schumann, petite précision, Ansermet n’a collaboré aux Ballets Russes qu’à partir de 1915 pour la tournée aux USA. Le Carnaval a été créé le 4 juin 1910, à l’Opéra Garnier, sous la direction de Gabriel Pierné. Il sera repris, mais au TCE, en juin 1913 pour la 8e saison des Ballets russes sous la direction de Pierre Monteux »

L’île mystérieuse (suite)

Il y a quatre ans, après un séjour mémorable à Saint-Pétersbourgoù j’avais bien entendu (re)visité le fabuleux musée de l’Ermitage (voir Les trésors de l’Ermitage), j’avais écrit un billet en forme d’appel à l’aide des spécialistes :  lire L’île mystérieuse

Cette île mystérieuse est la célèbre Île des morts du peintre suisse Arnold Böcklin. Qui existe en cinq versions, deux que j’avais vues à Bâle, New York. Mais nulle part n’est répertoriée la toile que j’avais vue à l’Ermitage…

Lors de mon escapade à Leipzig le 28 décembre dernier, j’ai vu la cinquième des versions répertoriées, celle de 1886 :

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Dans un magnifique musée, le vénérable Museum der bildenden Künste installé depuis 2005 dans un cube de verre et de béton au coeur de la ville.

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IMG_3708(Caspar David Friedrich, Les âges de la vie, 1834)

IMG_3711(Gustave Loiseau, Le pont de Saint-Ouen, Pontoise sous la neige)

IMG_3713(Monet, Bâteaux sur la plage d’Etretat, 1883)

IMG_3726(Böcklin, Flora, 1905)

IMG_3728(Böcklin, Hymne au printemps, 1885)

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Dans ce musée, une salle est incontournable, celle qui contient cette monumentale et délirante statue de Beethoven, due à Max Klinger (1985-1920), et quelques autres toiles monumentales du même acabit !

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IMG_3737(Rüdiger Berlit (Leipzig 1883-1939)Femme, enfant et paysage, 1924)

IMG_3732(Fritz Winkler, (Dresde 1894-1964)Rue et église, , 1927-30)

Pour en revenir à Böcklin et à son Île des morts, je renvoie à mon billet d’il y a quatre ans (L’île mystérieuseà propos des oeuvres musicales qu’elle a inspirées : Rachmaninov bien sûr et les moins connus Quqtre poèmes symphoniques d’après Böcklin de Max Reger

Le point sur quelques bonnes versions récentes :

On conseille vivement le coffret Brilliant Classics publié à l’occasion du centenaire de la mort de Reger en 2016 qui contient l’essentiel de l’oeuvre symphonique du compositeur allemand dans des versions idiomatiques, captées à DresdeLeipzig ou Berlin dans l’ex-RDA

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Pour Rachmaninov, la discographie n’a pas fondamentalement évolué par rapport à mon billet cité plus haut.

Enfin, en ce 7 janvier, comment ne pas se remémorer la tragédie du 7 janvier 2015Le silence des larmes…