L’île mystérieuse

J’ai besoin de l’aide de mes lecteurs pour élucider un mystère. Oh pas l’un de ces mystères qui ferait la une des médias people, ni même un articulet dans un journal sérieux… C’est d’ailleurs bien pour cela que je ne suis pas parvenu à résoudre l’énigme !

Il s’agit d’un tableau parmi les plus célèbres qui soient :

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L’île des morts est sans doute la toile la plus connue du peintre suisse Arnold Böcklin (1827-1901) et une parfaite représentation du courant symboliste en peinture.

Selon les informations que j’ai trouvées, elle a existé en cinq versions différentes : deux datant de 1880 conservées l’une au Kunstmuseum de Bâle, l’autre au Metropolitan Museum de New York (où je l’avais déjà vue), une troisième en 1883 exposée à la Alte Nationalgalerie de Berlin, une quatrième détruite pendant le bombardement de Rotterdam en 1944, la dernière de 1886 se trouvant au Museum der bildenden Künste de Leipzig.

Et pourtant c’est bien cette même Île des morts de Böcklin que j’ai vue et photographiée à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. J’ai peine à croire qu’une oeuvre aussi connue ne soit pas répertoriée, ni mentionnée parmi les trésors du musée russe. Alors un prêt ? un achat ? un transfert ? La réponse viendra-t-elle de et sur ce blog ?

En attendant, les mélomanes savent que le chef-d’oeuvre de Böcklin en a inspiré un autre à Rachmaninov, un poème symphonique composé et créé en 1909 à Moscou. Mais pas seulement à Rachmaninov ! En 1913, Max Reger (1873-1916), compose une extraordinaire suite de Vier Tondichtungen nach Böcklin (Quatre poèmes symphoniques d’après Böcklin). L’ïle des morts en constitue le 3e mouvement. La proximité entre les oeuvres de Rachmaninov et Reger est aussi saisissante qu’inattendue !

Au disque, relativement peu de versions de ces deux chefs-d’oeuvre symbolistes, mais de premier plan.

Pour Reger, on cherchera en priorité la magnifique vision du grand Hans Schmidt-Isserstedt et de son orchestre hambourgeois, on trouvera aussi la belle version de Heinz Bongartz dans le coffret Brilliant Classics à tout petit prix.

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Pour Rachmaninov, le souffle extraordinaire de Fritz Reiner reste une référence absolue, tandis que Svetlanov et Jansons exaltent la puissance symphonique de l’oeuvre.

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5 réflexions sur “L’île mystérieuse

  1. Désolé de ne pas pouvoir vous aider…
    Sinon, le chef-d’œuvre de Rachmaninov sera joué prochainement par l’OPRL non ?
    Il manquait juste ça dans l’extraordinaire récent festival Rachmaninov…

  2. Les deux « Iles des morts » ont déjà été jouées par l’OPRL : celle de Rachmaninov le 5 décembre 2002 – avant le Requiem de Mozart ! – sous la direction de Louis Langrée, celle de Reger en 2004, puis en 2011, lors de la saison du 50eme anniversaire de l’Orchestre, par Petri Sakari.
    Mais L’île des morts de Rachmaninov reviendra bientôt dans les programmes de l’orchestre !

  3. Bonsoir Monsieur Rousseau,

    Je viens de lire avec intérêt votre article consacré à la présence, au musée de l’Ermitage, d’une version de l’Ile des Morts d’Arnold Böcklin.

    J’ai en ma possession l’ouvrage édité, chez Somogy/Éditions d’art, à l’occasion de l’exposition Hommage à l’Ile des morts d’Arnold Böcklin présentée à Meaux au musée Bossuet en 2001-2002.
    L’histoire de ce tableau est écrite par Hans Holenweg, docteur honoris causa de l’université de Bâle et expert international de la vie et de l’œuvre de l’artiste. Il n’est nullement fait mention de l’existence d’une sixième version.

    Le tableau que vous avez observé à Saint-Pétersbourg serait attribué à Carlo Böcklin (1870-1934) le fils d’Arnold Böcklin. Il aurait terminé le tableau de son père en 1910. (Source: http://photo.iennelopez.net/gallery2/main.php?g2_itemId=51785).
    Je parle au conditionnel parce je n’ai pas pu croiser cette information avec d’autres sources.

    Je crois que l’Ile est un peu moins mystérieuse.

    Si vous le voulez, je peux vous prêter l’ouvrage que j’ai cité ci-dessus. Je viens régulièrement à la salle philharmonique.

    Au plaisir de vous lire.

    Cordialement.

    Philippe Dethier

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