Je pense souvent à Liège, on n’oublie pas quinze ans de vie et de travail. Je me demande ce que deviennent les uns ou les autres, que j’ai de près ou de loin connus. C’était le cas récemment pour un personnage qui a beaucoup compté pour moi : il était le presque inamovible échevin de la Culture (adjoint au maire) de Liège et surtout président de l’Orchestre philharmonique de Liège, lorsque j’ai été recruté comme directeur général il y a exactement 26 ans, le 1er octobre 1999 (lire Liège à l’unanimité) Hector Magotte est décédé le 26 septembre dernier à l’âge de 91 ans. Ses obsèques ont lieu aujourd’hui à Liège.
Je retrouve un article de La Libre Belgique de 2001 qui décrit bien la personne que j’ai connue, échevin de la Culture pendant 18 ans, profondément humaniste, amoureux de culture et d’histoire, un homme de bien comme il n’en existe plus guère. Il n’a jamais été remplacé, même s’il a eu des successeurs dans cette fonction.
Meurtre à Tours ?
Je connaissais Denis Raisin-Dadre évidemment de réputation – j’aurais pu le citer dans mon récent article Les défricheurs pour tout ce qu’il a fait pour nous restituer des pans entiers de répertoire de la Renaissance. Il est mort ce 29 septembre à Tours, dans des circonstances suspectes, puisque le procureur de la République a déclenché une enquête pour meurtre…
Brigitte Engerer rééditée
Il y a des rééditions aussi bienvenues qu’incompréhensibles. Je me réjouissais de voir Harmonia Mundi regrouper dans un coffret les enregistrements que la toujours si regrettée Brigitte Engerer (1952-2012) avait donnés au label français – après une très belle série pour Philips (lire Pour Brigitte).
CD1 Moussorgski LesTableaux d’une exposition+ pièces pour piano
CD2 BeethovenRondos, Variations sur Les Ruines d’Athènes, Lettre à Elise, Sonate 31
CD3/4 ChopinNocturnes
CD5 SchumannScènes d’enfants, Carnaval / Schumann-Liszt Er sit’s, Frühlingsnacht, Liebeslied / Clara SchumannGeheimes Flüstern
Beau texte d’hommage d’Alain Lompech !
On peut imaginer l’émotion que je ressens encore aujourd’hui à revoir et réécouter justement cette mélodie de Schumann transcrite par Liszt, Liebeslied, jouée par Brigitte Engerer à Liège lors de la Nuit du piano que je lui avais demandé de parrainer, et même d’organiser.
Mais pourquoi diable si Harmonia Mundi voulait rendre à Brigitte le juste hommage qui lui est dû, pourquoi ne pas avoir intégré à ce coffret les six disques de musique de chambre qu’elle a aussi enregistrés et qui sont mentionnés dans le livret du coffret ? Question sans réponse…
PS Il faut regarder jusqu’au bout cette vidéo de la Nuit du Piano : on y voit et entend un duo unique, qui ne s’est jamais reformé depuis, entre les fabuleux Severin von Eckardstein et Benedetto Lupo, donnant une extraordinaire version de la Suite pour 2 pianos de Rachmaninov !
J’aurais pu en faire un épisode de ma série La découverte de la musique. Ce fut l’un de mes premiers disques « baroques » :
Plus personne ne sait qui était Annie Jodry (1935-2016) ni son mari le chef d’orchestre Jean-Jacques Werner (1935-2017), plus personne ne sait qu’il y eut, en France, des pionniers qui firent tant pour la redécouverte et la diffusion d’un immense répertoire baroque et classique (Jean-François Paillard, Paul Kuentz…)
Stéphanie-Marie Degand signe une intégrale (la première française ?) des concertos pour violon de ce très grand compositeur – Jean-Marie Leclair -dont je ne comprends toujours pas qu’il soit resté si peu joué, enregistré, étudié.
Je connais la violoniste, de plus en plus souvent cheffe d’orchestre, depuis quelques lustres, depuis des séances mémorables à Liège où, de et avec son violon, elle enflamma autant l’Orchestre philharmonique royal de Liège que des publics de tous âges.
La flûte enchantée
J’ai manqué son concert à Paris mercredi dernier – mon camarade de Bachtrack est resté sous le charme ! – mais comme Radio France a eu la bonne idée d’en faire un artiste en résidence pendant cette saison, je saisirai d’autres occasions de le voir et l’écouter.
Je n’ose plus dire depuis quand je connais Emmanuel Pahud. En tout cas c’est un ami d’au moins trente ans !
Et ça m’a fait tout drôle que Warner lui consacre déjà une boîte de 14 CD comme on le fait d’ordinaire pour un artiste en fin de carrière ou décédé !
Eh oui ! Emmanuel a déjà 55 ans, mais il ferait aimer la flûte à la terre entière. Et il n’est pas près d’arrêter de jouer ni de tourner.
Emmanuel a ce quelque chose de rare qu’ont très peu d’artistes : quelle que soit l’oeuvre qu’il joue, où qu’il se produise, il capte instantanément l’attention du public, par son comportement, son rayonnement et bien sûr le son vraiment magique de sa flûte.
Un coffret passionnant à acquérir évidemment au plus vite : noter évidemment la variété du répertoire, et la place de la création contemporaine !
CD 1 Vivaldi Concertos (Tognetti/Australian Chamber Orchestra
CD 3-4 Bach Suite n°2 / CPE Bach, Benda, Frédéric II, Quantz concertos (Pinnock, Potsdam Akademie)
CD 5Devienne, Gianella, Glück, Pleyel, Hugot (Antonini, OC Bâle)
CD 6Devienne, Danzi, Pleyel Symph.concertantes (Leleux, OC Paris)
CD 7Mozart Concertos flûte, concerto flûte et harpe (M.P.Langlamet, Abbado, Berlin Phil.)
CD 8 Mozart Symph.concertante, M.Haydn, L.Hoffmann concertos (Schellenberger, Haydn Ensemble)
CD 9 Une nuit à l’opéra arrangements Verdi, Tchaikovski, Weber, Mozart, Bizet (Nezet-Seguin, Rotterdam)
CD 10 Hersant, Saint-Saëns, Chaminade, Poulenc, Fauré (Leleux, OC Paris)
CD 11Nielsen (Rattle, Berlin Phil.), Khatchaturian, Ibert concertos (Zinman, Tonhalle)
CD 12Penderecki, Reinecke, Busoni, Takemitsu (Repusic, radio Munich)
CD 13Dalbavie, Jarrell, Pintscher concertos/créations (Eötvös, Rophé, Pintscher / OP Radio France)
CD 14Gubaidulina Musique flûte (Rostropovitch, London Symphony), Desplat Pelléas et Mélisande (Desplat, Orchestre national de France)
La jeunesse de Mikhaïl P.
J’aurais pu le citer dans mon article Comment prononcer les noms de musiciens. Son nom s’écrit : Plet-nev, et se prononcer Plet-nioff. Mikhaïl Pletnev est d’abord un extraordinaire pianiste, avant d’être un personnage contesté, contestable. Et c’est ce que démontre ou rappelle ce coffret de 16 CD qui réunit pour la première fois les enregistrements de Mikhail Pletnev, réalisés dans les années 80 pour Virgin Classics, après sa victoire au Concours Tchaïkovski en 1978.
CD 1-2 Scarlatti Sonates
CD 3-4 Haydn sonates et concertos
CD 5-6 Mozart concertos 9,20,21,23,24 (Deutsche Kammerphilharmonie)
CD 7 Beethoven sonates 8,21,23
CD 8 Chopin sonate 2, scherzo 2, 4 nocturnes, barcarolle
CD 9Brahms sonates clarinette (Michael Collins)
CD 10Moussorgski Les tableaux d’une exposition, Tchaikovski/Pletnev La belle au bois dormant
CD 11-14Tchaikovski oeuvres pour piano, Concertos 1-3, Symphonie 6
CD 15 Scriabine Préludes
CD 16 Rachmannov Concerto piano 1, Rhapsodie Paganini (Fedosseiev, Philharmonia)
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucune des interprétations de Pletnev ne peut laisser indifférent, dans Scarlatti, comme dans Mozart ou Moussorgski…
Humeurs et bonheurs du jour à suivre sur mes brèves de blog !
Dmitri Chostakovitch est mort le 9 août 1975, épuisé, usé par 69 années d’une vie qui se sera faufilée comme elle pouvait parmi toutes les horreurs de son pays natal, la Russie devenue Union Soviétique.
C’est sans doute l’un des compositeurs qui comptent le plus d’occurrences dans ce blog (cf. les deux articles les plus récents Encore Chostakovitch et La vérité Chostakovitch). Je ne vais donc pas répéter ce que j’ai écrit à de multiples reprises, sauf peut-être que « Chosta » est un compositeur qui, pour moi, supporte mal le studio, le disque même, et nécessite le concert, le « live ». C’est particulièrement vrai pour ses opéras, mais ça l’est plus encore dans ses grandes symphonies, où l’impact purement physique du son sur l’auditeur/spectateur est une donnée indispensable pour la bonne perception de l’oeuvre.
J’ai tant de souvenirs de ces concerts qui m’ont laissé anéanti, interdit, sans voix. La fin de la 11e symphonie et le glas des cloches dans la magnifique salle de Saragosse (Espagne), dirigée par Louis Langrée à la tête de l’Orchestre philharmonique de Liège, lorsque tout l’auditoire attend près d’une minute avant d’applaudir. La 13e symphonie dirigée par Neeme Järvi avec le choeur de la radio bulgare, l’Orchestre de la Suisse romande, lorsque de vieilles abonnées du Victoria Hall – qui craignaient cette oeuvre trop moderne.. chantée en russe – étaient en larmes à la fin. Plus récemment, le finale du 1er concerto pour violon à Montpellier, qui n’a pas été pour rien dans le choix du jury de décerner le Grand Prix de l’Eurovision jeunes musiciens au jeune Daniel Matejca;
Alors, puisque le sujet de cette série est de faire entendre quelques secrets de ma discothèque, je ne propose évidemment ici que des « live ».
Concertino pour 2 pianos
L’oeuvre est courte (8 minutes), date de 1953 et est dédiée au fils de Chostakovitch, Maxime, comme le sera le 2e concerto pour piano en 1957
Martha Argerich a eu, au moins deux fois, Lilia Zylberstein comme partenaire pour ce Concertino pour 2 pianos
Concerto pour piano n°1 et trompette
Martha Argerich, toujours elle, a laissé plusieurs aérions « live » du 1er concerto qui date de 1933, créé par le compositeur lui-même au piano. Son complice à la trompette est le toujours étonnant Sergei Nakariakov, jadis enfant prodige.
Pour les symphonies, il faut évidemment repérer les concerts d’ Evgueni Mravinski, dédicatoire et créateur de plusieurs des symphonies de Chostakovitch..
Symphonie n°5
Symphonie n°15
Kurt Sanderling, peut-être mieux que d’autres, a trouvé la clé de cette ultime 15e symphonie de Chostakovitch, qui peut dérouter autant les auditeurs que les chefs d’orchestre… Ici un précieux enregeistrement de concert avec l’orchestre de Cleveland
Symphonie n°10
La 10e symphonie qui suit de quelques mois la mort de Staline en 1953 est certainement l’oeuvre emblématique de Chostakovitch, et au concert celle qui produit l’effet le plus déterminant sur l’auditoire. Il peut y avoir des exceptions, comme en octobre 2024 (lire ma critique pour Bachtrack du concert de Daniele Gatti avec les Wiener Philharmoniker )
Karajan a enregistré deux fois la 10e symphonie. C’est peut-être à Moscou, lorsqu’il y est invité avec l’orchestre philharmonique de Berlin, en 1969, que le choc, l’étincelle, sont les plus forts
L’humour qui sauve
Chez Chostakovitch, il y a toute une production de musiques de film, de ballet (l’exemple le plus célèbre étant la valse tirée d’une pseudo « suite de jazz » n°2), de divertissement pur, qui permettait aussi bien au compositeur qu’aux interprètes et aux auditeurs d’échapper à la tragédie des temps.
J’éprouve toujours autant de plaisir à écouter « les aventures de Korzinkine«
ou une suite comme « Le boulon » si exemplative d’une période où tout semblait permis : » Le Boulon » (en russe : Болт, Bolt) est un ballet en trois actes de Dmitri Chostakovitch, créé en 1931 à Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). Il s’agit d’une œuvre satirique qui dépeint la vie dans une usine soviétique, avec une intrigue centrée sur un sabotage et ses conséquences. Le ballet est connu pour son humour corrosif, sa musique entraînante et son exploration des relations complexes entre les ouvriers et le pouvoir soviétique.
Je ne pourrai pas cette année non plus souhaiter une joyeuse Fête nationale à ma mère, mais je peux le faire à cette grande famille éparpillée de cousins, cousins et autres descendants de la branche maternelle des Zemp, et en particulier à mon cousin Joseph, auteur prolifique d’un blog passionnant (dernier article paru sur Arthur Honegger !)
En ce 1er août, honneur donc à la Suisse et à l’un de ses orchestres – je n’ai pas écrit « le meilleur » parce que la discussion s’envenime toujours lorsque, à Genève, Bâle, ou Zurich, il s’agit de s’attribuer le titre ! – Mais l’orchestre de la Tonhalle – qui, comme celui d’Amsterdam, porte le nom de la salle de concert où il se produit – compte dans le paysage musical européen : je lui avais d’ailleurs consacré tout un article (Tonhalle) à l’occasion de son 150e anniversaire en 2018.
Pour peu que vous soyez un peu collectionneur, de disques, de livres, de DVD, vous savez ce que c’est : vous achetez un coffret, vous l’écoutez en tout ou partie, et vous le posez dans votre bibliothèque, le destinant parfois à un repos éternel. C’est un peu ce qui m’est arrivé avec le bien mal intitulé coffret qui regroupe tous les enregistrements réalisés pour les labels américains RCA / Arte Nova / Sony par le chef américain David Zinman avec la Tonhalle dont il fut le directeur musical, vingt ans durant, de 1995 à 2014.
Pourquoi avais-je délaissé ce coffret ? et du coup, perdu de vue l’originalité, la qualité, l’intelligence de la démarche interprétative de ce chef dans un répertoire où la concurrence est vive : des intégrales des symphonies de Beethoven, Brahms, Schubert, Schumann et Mahler et un admirable bouquet de poèmes symphoniques de Richard Strauss.
Quand on célèbre – ou pas – son successeur (Paavo Järvi) dans les mêmes répertoires, quand on rappelle les mérites de feu Roger Norrington dans son intégrale Beethoven, on doit absolument se replonger dans ce legs prodigieux, où on a le sentiment que Zinman réinvente ce qu’il dirige, subtilement, sans grands effets de manche : l’articulation, l’impulsion, le phrasé, et un travail sur les rythmes internes à un mouvement.
Trois exemples éloquents :
La toute première phrase de la 8e symphonie de Beethoven est vraiment un « allegro vivace con brio », qui donne furieusement envie de poursuivre l’écoute.
La comparaison avec un autre chef que j’admire, Karl Böhm, est, comment dire, bien peu convaincante.
Même choc à l’écoute de la si rabâchée symphonie « inachevée » de Schubert. David Zinman n’en fait pas, comme tant de ses confrères, un monument brucknérien. Le 2e mouvement est une pure poésie, et surtout écoutez bien ce que font le hautbois et la clarinette, leurs ornements subtils qui ôtent à ce mouvement la dimension tragique qu’on y entend trop souvent :
Pour être tout à fait honnête, j’avais laissé de côté les symphonies de Mahler – une intégrale – de David Zinman. Quelle erreur ! En commençant par la 9e, j’ai vraiment très envie de découvrir tout le corpus, parce que j’ai l’impression qu’en suivant à la lettre les indications du compositeur – très précises et nombreuses dans ses partitions – Zinman en restitue parfaitement l’esprit.
Et puisque mon cousin évoque aujourd’hui Arthur Honegger, compositeur aussi français que suisse (et inversement !), je signale ce très beau disque… de David Zinman et la Tonhalle.
L’une des premières oeuvres que j’ai programmées à Liège était la Pastorale d’été. C’était en juin 2001, j’avais invité Stéphane Denève et Sophie Karthäuser, l’une et l’autre à l’orée d’une carrière formidable, dans un programme qui comprenait outre la Pastorale d’été, les Nuits d’été de Berlioz, la suite de Pelléas et Melisande de Fauré et la 2e suite de Bacchus et Ariane de Roussel !
J’avais déjà dit (lire Le choix du chef) combien la nomination de Lionel Bringuier à la direction musicale de l’Orchestre philharmonique royal de Liège me réjouissait et constituait pour une formation que j’ai eu l’honneur et le bonheur de diriger de 1999 à 2014, une formidable opportunité de retrouver une trajectoire de succès dans ses répertoires de prédilection.
Je viens de découvrir la présentation de la saison 2025/2026 de l’OPRL, et j’ai déjà envie d’inscrire toutes les dates à mon agenda.
Je veux d’abord saluer une équipe qui a travaillé avec Lionel Bringuier à ce spectaculaire renouvellement de la « fabrication » d’une saison, de sa communication, de ses répertoires. Une équipe bien menée par Aline Sam-Giao, qui est restée très largement fondée sur celles et ceux que j’ai pu recruter, avec qui j’ai aimé travailler et innover et qui sont toujours là, fidèles et ardents (Sabine, Sophie, Silvia, Séverine, Elise, Valérie, Robert, Laurent, Erwan, Pierre, Christophe, Eric), une équipe qui comme les musiciens a aussi beaucoup changé au fil des départs à la retraite et des recrutements et à laquelle je souhaite bonne chance !
Un orchestre c’est surtout et d’abord une affaire d’identité dans un paysage musical mouvant, ce sont aussi des affinités électives entre des chefs, des répertoires, et des publics. Ce fut, quinze ans durant, mon ambition et mon obsession. Je suis vraiment très heureux de voir combien Lionel veut incarner – et incarne déjà – cette identité forte, avec ces nouvelles séries, ces nouveaux formats, qui prolongent, amplifient tout ce que nous avions déjà lancé, créé, au fil des saisons. Quand je vois par exemple le succès des Music Factory que j’avais naguère confiées à Fayçal Karoui, reprises aujourd’hui avec un talent incomparable par Pierre Solot, mon bonheur est complet.
J’ajoute combien il est important, pour les musiciens, pour le public, que l’orchestre ait à sa tête musicale un chef francophone et particulièrement à Liège où le français est la langue pratiquée, aimée, désirée. Tout le monde se rappelle les présentations de Louis Langrée, les Dessous des quartes qu’il animait, tout le monde aimera entendre Lionel Bringuier partager ses envies de musique, comme il l’a fait dans sa présentation de « sa » première saison liégeoise.
La mort d’un ami
Au moment de boucler cet article, j’apprends la disparition de Jean-Paul Montanari, l’infatigable fondateur et animateur du festival Montpellier Danse (lire le bel article que lui consacre Le Midi Libre)
PORTRAIT DE JEAN PAUL MONTANARI / DIRECTEUR DU FESTIVAL INTERNATIONAL MONTPELLIER DANSE / AGORA CITE DE LA DANSE / PHOTO GIACOMO ITALIANO
Jean-Paul avait largement dépassé l’âge de la retraite, mais à chaque fois que lui, ou d’autres, évoquaient l’idée d’arrêter ce qui fut l’oeuvre de sa vie, ce festival incomparable, je l’interrogeais mi-sérieux mi-goguenard (« vraie ou fausse sortie » ?), et lorsque je lui annonçai mon départ de la direction du festival Radio France en 2022, il me confia qu’en réalité il devrait lui aussi se résoudre à passer la main, mais nous savions tous qu’il ne pouvait l’imaginer. Je ne peux m’empêcher de penser que la maladie qui l’a emporté n’est pas sans lien avec la fin de cette, de son aventure. Hommage !
Je relis cet article (Une certaine modernité) où je relatais un souvenir personnel partagé avec Jean-Paul Montanari :
« Je racontais à Jean-Paul Montanari, l’infatigable animateur de ce rendez-vous estival, un souvenir personnel de Dominique Bagouet, l’inoubliable chorégraphe, le lumineux fondateur de Montpellier Danse en 1981. C’était en 1977 ou 1978, j’habitais alors un tout petit atelier d’artiste sous les toits dans le 3ème arrondissement de Paris à quelques mètres du Centre Pompidou qui venait d’être inauguré, j’avais invité quelques amis pour un verre, l’un d’eux arriva accompagné d’un tout jeune homme, timide, fluet, un doux sourire aux lèvres. C’était Dominique Bagouet, dont le nom m’était inconnu. Je n’ai plus jamais revu personnellement le jeune chorégraphe, mais le souvenir de cette brève rencontre ne m’a jamais quitté »
Lors des concerts de Nouvel an de l’Orchestre national de France et de l’ensemble Janoska (lire Bachtrack : Le Nouvel an viennois du National) – qui se poursuivent ces prochains jours dans toute la France, de Châteauroux à Vichy – on a bien sûr célébré le bicentenaire de Johann Strauss fils, mais – cela a été moins remarqué – le sesquicentenaire* de la naissance d’un autre Viennois très célèbre, sans doute le violoniste le plus admiré de la première moitié du XXe siècle, Fritz Kreisler, né à Vienne le 2 février 1875, mort à New York le 29 janvier 1962.
La postérité n’a retenu de Kreisler que ces délicieuses pièces de genre que tous les violonistes se sont appropriées, que Rachmaninov a pour partie transcrites. Et qui ont inspiré à l’ensemble Janoska cette très libre transposition, curieusement intitulée Musette
A propos de Kreisler, j’ai gardé en mémoire cette incroyable anecdote que je tiens de Manuel Rosenthal (1904-2003) lui-même (lire Anniversaires : privé/public) : « Je revois encore assis face à face, mon fils de 20 ans et le vieil homme de 96 ans qui lui racontait ses souvenirs de Ravel, de Gershwin… et ses débuts impécunieux de violoniste de salon. J’entends encore Rosenthal raconter que, repéré pour ses talents violonistiques, je ne sais plus qui le recommanda au Ritz où il était de coutume d’accompagner les dîners de riches clients par une sérénade. Arrivé dans le palace de la place Vendôme, on montre au jeune Rosenthal une petite pièce où il doit attendre qu’on lui fasse signe de se présenter dans le salon où il va jouer. Il est surpris d’entendre déjà jouer du violon, et du très beau violon : il entr’ouvre un épais rideau et il aperçoit… Fritz Kreisler en personne ! »
Les deux plus célèbres mélodies faussement viennoises – Liebesleid et Liebesfreud – ont été transcrites par Rachmaninov.
Mais Fritz Kreisler est aussi le dédicataire du concerto pour violon d’Elgar qu’il crée le 10 novembre 1910 à Londres sous la direction du compositeur. Il n’y a pas à ma connaissance de gravure de l’oeuvre par son créateur. Cette version toute récente a toutes les raisons de me réjouir : James Ehnes est un formidable musicien que j’ai souvent invité à Liège, Liège dont la cheffe Speranza Scappucci a naguère dirigé l’opéra.
RCA puis NAXOS ont réédité toute une collection d »enregistrements de Fritz Kreisler réalisés dans les années 30, et qui préservent l’essence d’un art qui à bien des égards ressemble à celui d’un Rachmaninovc au piano. Jamais de sirop, de gras, de fioritures inutiles, mais une élégance, un charme, une classe folle
Il y a une bonne quinzaine d’années que je connais l’actuel chef de l’orchestre de Liverpool, que je l’avais invité à plusieurs reprises (à l’instigation d’un impresario – Pedro Kranz – aujourd’hui disparu en qui j’avais grande confiance) à diriger l’Orchestre philharmonique royal de Liège (lire Hindoyan dirige à Liège). Pour ma première édition en 2015 comme directeur du Festival Radio France à Montpellier, c’est tout de suite à lui que j’avais pensé pour le concert d’ouverture avec un programme particulièrement festif avec l’orchestre de Montpellier. Les musiciens comme le public se rappellent encore un fameux Boléro !
Et puis il y eut en 2016 Iris de Mascagni, en 2017 Siberia de Giordano, avec Sonya Yoncheva, et en 2021 une glorieuse soirée de clôture avec ce couple aussi heureux sur la scène que dans la vie.
Ecoutez ce que disait Christian Merlin, mon cher confère du Figaro, à propos du travail du chef et de la chanteuse, alors qu’on prévoyait de donner avec eux, en juillet 2020, Fedora de Giordano. Projet évidemment abandonné pour cause de pandémie…
Ici à Bordeaux, après une superbe représentation du Démon de Rubinstein dirigée par un autre ami cher, Paul Daniel (à droite) et avant un concert que devait diriger Domingo Hindoyan (à gauche) en janvier 2020.
Soirée de clôture du festival Radio France 2021 : la fête retrouvée après la longue parenthèse de la pandémie, avec Sonya Yoncheva et Domingo Hindoyan.
Oui ou non
Je me pose toujours la question de la pertinence pour un chef d’orchestre d’aller au bout de ses limites. Pour un Bernard Haitink qui, à 90 ans, un an avant sa mort, a mis fin à sa carrière, après quelques concerts où il n’était déjà plus que l’ombre de ce qu’il avait été, on a le contre-exemple éloquent de Charles Dutoit, 88 ans depuis le 7 octobre, qui ne ralentit ni ses voyages (on se demande quels pays il lui reste à visiter dans le monde !), ni ses concerts. Dans le nouveau numéro de Classica, Olivier Bellamy livre une interview-fleuve, qui aurait mérité un meilleur découpage et un vrai travail de décryptage d’un entretien où tout se mêle et s’emmêle parfois : Charles Dutoit est bavard et il a tant à dire d’une vie foisonnante. A lire tout de même !
En revanche, quel intérêt y a-t-il pour le public, ses admirateurs, et le grand musicien qu’il a été, de documenter l’inexorable décrépitude de Daniel Barenboim ? Je trouve presque indécent d’assister à cette déchéance. La critique n’ose pas écrire ce qui pourtant saute aux oreilles des derniers disques de Barenboim chef : qu’on ne devrait même pas les publier. Dernier triste exemple en date : la Symphonie de Franck avec l’orchestre philharmonique de Berlin ! Emouvant diront certains, infiniment triste diront tous les autres…
Barenboim avait gravé il y a presque cinquante ans une magnifique version de la dite symphonie avec l’Orchestre de Paris au tout début de son mandat. En rester à ce souvenir lumineux !
Durant mon mandat à la direction du Festival Radio France Montpellier Occitanie (lire 2890 jours) de 2014 à 2022, comme pendant mes années à l’Orchestre philharmonique royal de Liège (Merci), j’ai eu l’obsession de faire découvrir, de susciter la curiosité du public. Après les pianistes, les clavecinistes, les instrumentistes et les formations à cordes, place aux orchestres, choeurs et à leurs chefs et cheffes. Qui nous ont offert des soirées mémorables, sans doute les plus marquantes du festival. Et si certains ensembles et chefs étaient déjà familiers de Montpellier, je suis heureux d’avoir pu inviter des femmes et des hommes de très grand talent, qui, pour certains, occupent aujourd’hui les positions les plus en vue.
Je rêve – peut-être pour les 40 ans du festival – d’une édition discographique qui regrouperait les grandes heures symphoniques et chorales du Festival. Et pourquoi pas ‘d’une chaîne thématique spécifique sur France Musique ?
Montpellier pilier du Festival
Nul n’aurait pu imaginer le festival, hier et maintenant, sans la présence essentielle de l’Orchestre national Montpellier Occitanie. La liste des productions auxquelles il a participé est impressionnante. Il faut en remercier ici tous les musiciens qui n’ont jamais ménagé leur engagement, et donc beaucoup me disaient qu’ils attendaient avec impatience le mois de juillet et l’aventure du Festival.
2015 : Fantasio, dirigé par le regretté Friedemann Layer(1941-2019), pour qui, cette année-là, ce furent des retrouvailles émues avec l’orchestre qu’il avait dirigé de 1993 à 2007.
Pour l’ouverture du festival, j’avais fait appel à Domingo Hindoyan (1980) devenu entre-temps directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Liverpool
et pour la clôture à mon cher Christian Arming, tout indiqué comme Viennois pur jus pour diriger la IXe symphonie de Beethoven !
2016 : Michael Schønwandt comme chef principal de l’ONM a, bien entendu, été de toutes nos aventures, surtout lorsqu’il s’agissait de redécouvrir quelques fameux ouvrages lyriques (lire 17 opéras)
Mon très cher Paul Daniel, invité en 2015 avec l’Orchestre de Bordeaux, devait diriger l’ONM pour plusieurs concerts Beethoven dans la région Occitanie, lorsqu’est survenu l’effroyable attentat de Nice le soir du 14 juillet 2016. Spontanément, Paul Daniel, les musiciens de l’ONM, la Ville de Montpellier et moi avons décidé d’un hommage, diffusé en direct sur France Musique, le dimanche 16 juillet au soir : L’hommage de Montpellier aux victimes de l’attentat de Nice (Le Figaro)
Domingo Hindoyan revient, cette fois, avec la grande Sonya Yoncheva, son épouse à la ville, pour l’opéra Iris de Mascagni (17 opéras)
Le jury du Concours Eurovision 2022 : debout de gauche à droite le violoniste Tedi Papavrami, la hautboïste Nora Cismondi, le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, assis JPR et la présidente du jury, la pianiste Mūza Rubackytė
Christopher Warren-Green, une première à l’ONM pour le chef britannique, avec un soliste au patronyme illustre : Gabriel Prokofiev
Les formations de Radio France
Très logiquement, et suivant le pacte fondateur du Festival en 1985, j’ai invité chaque année les formations musicales de Radio France.
Orchestre national de France
2015 Alexander Vedernikov est tragiquement disparu le 26 octobre 2020 à 56 ans des suites du Covid-19.
2016 John Neschling, le grand chef brésilien dirigeait un programme particulièrement original : Epiphanie d’André Caplet (avec le violoncelliste Marc Coppey) et la Symphonie lyrique de Zemlinsky
De 2017 à 2019 c’est Emmanuel Krivine, directeur musical de l’ONF de 2017 à 2020, qui est naturellement venu à Montpellier pour des programmes toujours élaborés dans l’esprit du Festival.
2021 et 2022 C’est le successeur de Krivine, Cristian Măcelaru, qui viendra défendre des programmes particulièrement originaux
2017 Vladimir Fedosseiev : c’est à un vétéran de la direction russe que l’OPRF et le Festival avaient fait appel pour donner la cantate Octobre de Prokofiev, écrite en 1937 pour commémorer les vingt ans de la Révolution russe.
J’ai tenu, chaque année de mon mandat, à inviter des orchestres de jeunes, puisque la raison d’être même du Festival a toujours été la découverte et la promotion des jeunes talents.
Australian Youth Orchestra (19) / Krzysztof Urbanski
I Culture Orchestra (18) / Kirill Karabits
Jove Orquestra Nacional de Catalunya / Manel Valdivieso (17)
National Youth Orchestra USA (16) / Valery Gergiev
Orchestre des Jeunes de la Méditerranée (21) (22) / Duncan Ward
Les formations invitées
La liste ci-desous indique assez l’éclectisme de nos choix, dans l’idée qu’un Festival doit toujours être une fête populaire, ouverte à tous les publics, à tous les genres.
Le Bagad de Lann-Bihoué (2015)
Le Concert de la Loge / Julien Chauvin (17)(19)
Le Concert Spirituel / Hervé Niquet (15) (17) (19) (21)
Ensemble Les Surprises / Louis-Noël Bestion de Camboulas (18)
Harmonie et Orchestre de la Garde républicaine (18) / Sébastien Billard / Hervé Niquet
Orchestre de chambre de Paris (16) / Douglas Boyd
Orchestre national Bordeaux-Aquitaine (15) / Paul Daniel
Orchestre national du Capitole de Toulouse (16) (17) : Andris Poga / (19) Tugan Sokhiev / Lio Kuokman / (21) Nil Venditi
Orchestre National de Lille (17) / Alexandre Bloch
Orchestre de Pau Pays de Béarn (18) / Fayçal Karoui
Orchestre philharmonique royal de Liège (18) / Christian Arming
Orchestre philharmonique de Tampere (19) / Santtu-Matias Rouvali
Orchestre symphonique national d’Estonie (19) / Neeme Järvi
Pas de festival réussi, pas de découverte de répertoires inconnus sans la présence des choeurs, celui de Radio France bien sûr, mais aussi durant tant d’années de celui de la radio lettone.
Choeur de l’Armée française (18) / Aurore Tillac
Choeur de l’Armée rouge (17) / Victor Elisseiev
Choeur de Radio France (15) (16) (17)/Sofi Jeannin, (18) Marina Batic (22) Christophe Grapperon
Choeur de la radio lettone / Sigvards Klava (15, 16, 17, 18, 19)
Les Elements (16) Jean-Marc Andrieu, (17) (19) (22) Joël Suhubiette
The King’s Singers (22)
Maîtrise de Radio France (16) / Sofi Jeannin
Opera Junior (16) / Vincent Recoin
Orfeo Donostiarra (2015)
A tous ces formidables ensembles, orchestres, choeurs, et leurs chefs, une immense gratitude pour tant d’émotions partagées.
Je continue de citer l’article de Jean-Marc Le Scouarnec : Après « Intuition », « Emotions » et « Sensations », le violoncelliste Gautier Capuçon a intitulé son dernier album « Destination Paris ». Sorti en novembre, il a réussi, comme les précédents, à se placer dans les meilleures ventes d’albums… et pas seulement de musique classique. On y trouve des tubes, des tubes et encore des tubes, issus de la chanson (« La foule », « Champs Elysées », « Les feuilles mortes », « Les copains d’abord »…), du cinéma (« Un été 42 », « Chi Mai », « Le mépris »…) et quand même un peu de son univers d’origine (« La veuve joyeuse », « Les contes d’Hoffmann », « Roméo et Juliette », etc.) Comment le dire sans fâcher personne : c’est tellement peu original que cela en devient carrément gnangnan. Et atteint même le plus grand ridicule avec une reprise d’ », de Jean-Jacques Goldman et un inédit tout aussi épouvantable du même, intitulé « Pense à nous » (avec chœur d’enfants – aïe, aïe, aïe !).
Déambulant naguère dans le rayon classique d’une FNAC parisienne, j’entendis justement un arrangement bien sirupeux des Feuilles mortes joué par un violoncelle qui me semblait en défaut de justesse, capté de trop près : vérification faite, c’était bien Gautier Capuçon.
J’ai connu – et invité – en mars 2002 à Liège, un tout jeune homme de 20 ans, qui faisait un joli duo avec son frère aîné Renaud. Ils avaient joué le double concerto de Brahms. J’ai réinvité Gautier une ou deux fois par la suite (un 2e concerto pour violoncelle de Chostakovitch bouleversant, le concerto en do Majeur de Haydn durant la saison anniversaire 2010-2011 de l’OPRL). En 2021 j’écrivais ceci : Servir plutôt que se servir. C’était à la veille du Festival Radio France. Le « divorce » si l’on peut parler ainsi entre les deux frères était consommé depuis pas mal de temps, même si seul le milieu musical le savait.
Dans La Dépêche, Renaud Capuçon ne fait pas directement allusion à son frère, mais le propos est transparent : » C’est très bien parfois de proposer des albums de ce type, comme je l’ai fait moi-même avec Un violon à Paris. Le danger – et je parle de façon générale – est d’être obsédé par la vente des disques et d’oublier l’essentiel : jouer les pièces du grand répertoire…. La musique n’est pas une autoroute sans surprises : prenons donc des risques !«
Dieu sait si Renaud C. a pu agacer, apparaissant en toutes circonstances comme une sorte de musicien officiel de la République, il a nettement pris du champ depuis quelque temps. Mais nul ne peut lui dénier une curiosité toujours en éveil pour la création. Je l’ai entendu jouer Rihm à Liège, créer les concertos de Dusapin à Paris, de Matthias Pintscher à Genève. Le journaliste de La Dépêche rappelle, quant à lui, que le violoniste jouait l’aride concerto de Schoenberg à Toulouse en décembre dernier (« Pas de Goldman ou de Morricone à l’horizon, pas de Joe Dassin en version fade et passe-partout »)
Renaud Capuçon et Matthias Pintscher (Photo JPR)
L’autre musicien cité dans cet article est le Toulousain Bertrand Chamayou : « Ce n’est pas en soi un problème pour un musicien classique de jouer des musiques de films, de la variété ou de la pop… si c’est bien fait, ce qui est rarement le cas ! C’est souvent de la soupe. Les maisons de disques (*) encouragent à utiliser les mêmes ficelles, les recettes toutes faites » Le pianiste remarque qu’en voulant toucher ainsi un public plus large, on risque d’aseptiser la musique ,alors que « on peut incarner de belles choses avec de la grande musique, sans être forcément un odieux snobinard traitant le public avec arrogance »
Le dernier album de Bertrand Chamayou est une nouvelle preuve de la curiosité de l’interprète, mêlant Satie et John Cage : « Erik Satie et John Cage sont des ovnis dans le monde de la musique, car ils ont envisagé la musique à travers un prisme complètement différent », explique le pianiste. « Ce sont des pionniers dans le sens où, pour beaucoup, ils ont changé l’idée même de ce que doit être la musique »
(*) Ce qui est plutôt amusant, c’est que les trois musiciens, Gautier, Renaud Capuçon et Bertrand Chamayou sont édités par le même label, Erato/Warner Classics !
Patrice Chéreau est mort le 7 octobre 2013, quelques semaines après qu’on eut applaudi longuement sa mise en scène d’Elektra au festival d’Aix-en-Provence. Sans doute le plus grand souvenir que j’ai du festival avec De la maison des morts de Janacek, dirigé par Boulez en 2007.
D’autres que moi ont exprimé, bien mieux que je ne saurais le faire, l’admiration que j’ai toujours éprouvée pour cet artiste.
Il y a quelques semaines – L’été 23 : Dutoit à Montréal – j’évoquais la fantastique vitalité du chef d’orchestre suisse, Charles Dutoit, qui a fêté ses… 87 ans ce 7 octobre ! Avec force photos sur les réseaux sociaux, où on a presque peine à le suivre, tant il continue de parcourir le monde pour diriger bien sûr, mais aussi visiter tous les continents.
Pour lui souhaiter bon anniversaire, je choisis, à dessein, l’une de ces pépites dont sa discographie regorge, l’ouverture d’une opérette de Suppé, Fatinitza, dont l’argument fait écho à une sinistre actualité, puisque l’action se déroule entre la Turquie et Odessa pendant la guerre de Crimée…Une opérette qui connut paraît-il un grand succès au théâtre des Nouveautés à Paris en 1879 !
Du côté de Liège
Comme je le rapportais dans mon dernier billet – L’inconnu de Liège – j’ai passé quelques belles heures à Liège et alentour. Et pour fêter les 2×25 ans de Pascal C. dont l’amitié a survécu à mon éloignement de la Cité ardente.
Il y avait aussi un concert de l’Orchestre philharmonique royal de Liège ce samedi.
Bonheur de retrouver l’acoustique chaleureuse de la Salle Philharmonique, de revoir aussi quelques personnes chères et des figures familières, comme l’ancien directeur musical, mon ami Christian Arming. Pour le reste… no comment !