Les couleurs de Kupka

Le Grand Palais à Paris annonce une « rétrospective exceptionnelle », elle l’est véritablement.

L’exposition consacrée au plus français des Tchèques, František Kupka (1871-1957) est à voir absolument. Aux toiles que les visiteurs du Centre Pompidou connaissent déjà, s’ajoutent nombre de tableaux du Musée national de Prague, et d’autres musées ou collections privées, qui retracent généreusement le parcours d’un artiste qui, dès son arrivée à Paris en 1896, trace un chemin singulier, où la richesse des couleurs domine, même quand il recourt à l’abstraction.

Détails et photos de l’exposition à voir iciKupka à Paris

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De Broadway aux Champs-Elysées

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Il y a trois semaines j’étais sur Broadway (In the magic of the night). Jeudi soir, Broadway était au théâtre des Champs-Elysées à Paris.

IMG_3503 (1)(Magie de l’avenue Montaigne à Paris)

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Isabelle Georges (voir Isabelle au Bal) y reprenait le spectacle créé avec l’Orchestre philharmonique royal de Liège le 31 juillet 2014 au Concertgebouw d’Amsterdam et repris à Liège à la veille de Noël 2014. Avec les mêmes partenaires Frederik Steenbrink (chant), Guillaume Naud (piano), Gilles Barikosky (saxophone), Jérome Sarfati (contrebasse), David Grebil (batterie), et à la baguette Fayçal Karoui qui, ce jeudi soir, dirigeait l’Orchestre de chambre de Paris. Un triomphe, une fois de plus !

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Juste avant le spectacle, j’avais fait un saut à l’exposition Gauguin au Grand Palais

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Avec l’impression de me retrouver dans les salles du Metropolitan Museum of Art de New York (voir Les trésors du Met) où Gauguin et tous ses illustres camarades occupent presque tout un étage…

 

IMG_3496(Gauguin, Autoportrait au chapeau, 1893, Musée d’Orsay)

Déjeuner ce vendredi dans une excellente table du centre de Paris, pour évoquer le festival Radio France 2018 avec une complice de toujours. Assis par le hasard des réservations à côté d’un pianiste jadis célèbre, qui a toujours soigneusement cultivé son accent russe.

Et dans la soirée, alors que la concurrence était forte (Noël à Broadway à Radio France), j’avais choisi l’anti-« spectacle de fête » par excellence : Patrick Timsit, à l’exact opposé de son personnage d’amuseur public, dans un beau monologue d’extraits du Livre de ma mère d’Albert Cohen, mis en scène par Dominique PitoisetAu théâtre de l’Atelier.

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Les premières vingt minutes sont parfois laborieuses, comme si le comédien avait besoin de s’imprégner de la gravité du texte face à un public qui n’attend qu’une occasion de rire. Puis Timsit trouve son rythme, le ton juste, et c’est alors l’émotion qui gagne tous les spectateurs. Je n’ai personnellement jamais été un lecteur de Cohen, il faudrait peut-être que je m’y mette après ce spectacle, à conseiller à ceux qui veulent échapper à la fête obligatoire.

Hergé et le bon français

La dernière fois, c’était au Musée d’Orsay, une splendide faute de français dans l’exposition consacrée au Second Empire . Avant-hier, c’était au Grand Palais, l’exposition sans doute la plus courue du moment : Hergé

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Comment le commissariat de l’exposition, la direction du Grand Palais, peuvent-ils laisser à la vue de tous les visiteurs d’aussi grossières fautes de français ?

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Le plus cocasse est que le texte en anglais est correct : le pluriel pour mountains et un bien fâcheux singulier pour montagne !

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Juste énervant ! Au point que l’Académie française s’est sentie un devoir de publier un troisième volume de Dire ne pas dire :

61xz3dmkwllDit-on éduquer le sens de l’équilibre ou éduquer au sens de l’équilibre ? Se revendiquer ou se réclamer d’une longue tradition ? Se départit-on de son calme ou s’en départ-on ? Est-on prêt à ou près de venir ? Est-on sensé ou censé connaître la loi ? Que faire de ces tics de langages qui nous ont envahis : positiver, transpariser, s’adresser auprès, de manière à ce que, rapport à, poser problème ? Et les anglicismes : switcher, come-back, hot spot, biopic, success story, matcher, par quoi les remplacer ? Lancé en octobre 2011, le site « Dire, ne pas dire » de l’Académie française connaît un succès croissant. Aux questions les plus variées des internautes sur des difficultés de langue, les académiciens et les linguistes du quai Conti apportent des réponses claires et argumentées, notamment par rapport aux emplois fautifs, aux abus de sens, aux néologismes ou aux anglicismes. Les multiples interrogations sur l’omniprésence d’un vocabulaire technologique ou à l’irruption de mots étrangers véhiculés par les médias et la mondialisation, trouvent ici des réponses passionnantes. Car l’Académie française, loin d’être un gendarme de la langue, est autant attentive à la nécessité d’enrichissement de la langue française qu’à la lutte contre l’appauvrissement du vocabulaire. Ce livre reprend une sélection de plus de 200 entrées, effectuée par Dominique Fernandez et Yves Pouliquen, deux académiciens membres de la commission du dictionnaire, qui ont aussi rédigé deux textes introductifs. En se confrontant à des questions d’usage pratique de la langue, de cas concrets et quotidiens, en n’éludant aucune difficulté, ce travail constitue un vif hommage à l’intelligence et aux subtilités de la langue française (Présentation de l’éditeur)

Surtout qu’Hergé écrivait et parlait un parfait français, comme en témoignent les nombreux documents et plusieurs vidéos présentés dans l’exposition du Grand Palais… dès qu’on parvient à les apercevoir au milieu de la foule des visiteurs !

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Il est évidemment indispensable de réserver à l’avance (et de choisir un créneau horaire plutôt matinal !).

 

Inépuisable

On croyait tout savoir, tout connaître du plus célèbre auteur de BD du XXème siècle, Georges Rémi alias HergéIl faut croire que non, puisque Le Grand Palais  à Paris lui consacre une nouvelle exposition…

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Plus important, la parution du fort pavé (3 kg !) consacré aux 70 ans du Journal de Tintin.

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Que de souvenirs ! Pendant plusieurs années, j’en fus un lecteur impatient et fidèle.

Très bel ouvrage, cet hommage en 777 pages se compose de deux parties : 1. « Hergé et le journal Tintin » : 77 pages regroupant des dessins inédits de Hergé, des pages de Tintin composées spécialement pour le journal, des couvertures mythiques, des calendriers, un dossier inédit, etc. 2. « Les héros du journal » : 700 pages d’histoires courtes, rares ou inédites en album, signées des plus grands auteurs du journal (Jacobs, Cuvelier, Pratt, Rosinski, Graton, Hermann, Vance, Franquin,…) • Les plus célèbres auteurs de la bande dessinée franco-belge réunis pour la première fois dans un même album. • Un regard nouveau sur le travail de Hergé et la redécouverte d’un pan oublié de son oeuvre de dessinateur (Présentation de l’éditeur).