Jessye Norman : Les chemins de l’amour

J’ai grandi musicalement avec Jessye Norman, disparue hier à quelques jours de son 74ème anniversaire.

Mes souvenirs s’emmêlent mais c’est d’elle que j’ai appris d’abord par le disque et la télévision des pans entiers de répertoire, français notamment.

Premier disque de mélodies françaises avec ces « Chemins de l’amour » hyper sophistiqués entendus dans un Grand Échiquier, qui se sont à jamais gravés dans ma mémoire, malgré Yvonne Printemps, Felicity Lott et autres voix plus « légères »

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Et à peu près en même temps – une Tribune de France Musique peut-être ? – quelques années avant que j’aie la chance de travailler avec lui, la première des trois versions du Poème de l’amour et de la mer de Chausson qu’a enregistrées Armin Jordan. À nouveau un choc puissant, que ne supplanteront pas Irma Kolassi ou Felicity Lott et Françoise Pollet (les deux autres solistes d’Armin Jordan dans ce Poème)

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Et puis les incursions de la chanteuse originaire de Géorgie dans son répertoire natif de songs, dans la comédie musicale.

Le marketing déjà…mais à bon escient !

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Ne viendront que plus tard ses incarnations lyriques, toujours au disque, jamais sur scène.

Des Mozart, Strauss, Wagner, Verdi, Offenbach même, mais toujours ce sentiment que la voix d’or en fusion, le timbre unique de Jessye Norman se fondaient difficilement dans des ensembles, ne s’entendaient, ne s’écoutaient qu’en seule majesté. Quelques ratages, mais si peu (impossible Carmen avec Seiji Ozawa).

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Et un jour je crois bien que c’était au Théâtre des Champs-Elysées (?) un unique récital. La diva dans toute sa splendeur, tout ce qu’on a déjà dit d’elle, le port altier d’une souveraine de l’Antiquité, la voix longue et charnelle, l’attention presque maniaque au texte, à la diction au risque du maniérisme. Inatteignable diva !

Aznavour l’amoureux de la langue française

Je ne me suis pas cru obligé de commenter immédiatement la disparition de Charles AznavourRéticence naturelle à me soumettre à la dictature de l’émotioncomme en décembre dernier avec la mort de Johnny Hallyday (et de Jean d’Ormesson).

Je n’ai eu aucune occasion de rencontrer Charles Aznavour, ni d’assister à l’un de ses tours de chant. Il y a quelques années, l’orchestre philharmonique de Liège avait été approché pour accompagner le chanteur dans une tournée européenne, les choses ne se sont pas faites et lorsque Charles Aznavour est venu chanter au Forum de Liège, il n’a malheureusement pas laissé un grand souvenir aux spectateurs qui avaient payé très cher leurs places pour une prestation qui avait duré à peine une heure…

Au début de l’été, j’avais juste aperçu la frêle silhouette du vieil homme, appuyé sur une canne, entrant dans le restaurant proche de la Maison de la radio où je déjeunais.

Mais Aznavour était déjà un monument national avant de disparaître.

Le meilleur article que j’aie lu sur lui est celui de Véronique Mortaigne dans Le Monde.

Extraits :

Charles Aznavour, c’était la France. Pas celle d’Edith Piaf – le réalisme, les faubourgs, les mômes de rien –, ni celle de Maurice Chevalier ou de Charles Trenet. Aznavour, c’était la France internationaliste, terre d’accueil, qui sait enseigner aux enfants de la République les valeurs fondamentales, mais aussi le charme, le romantisme sexy, et une sorte de légèreté en équilibre constant entre le Nord introverti et le Sud extravagant.

L’universalité d’Aznavour doit à ses mots, droits, utilisés avec une précision chirurgicale. Et par les mélodies, de celles qui tombent dans l’oreille. Et tout le monde de fredonner : « J’habite seul avec maman/Dans un très vieil appartement/Rue Sarasate/J’ai pour me tenir compagnie/Une tortue, deux canaris/Et une chatte. »

Dans cette archive (un Grand Echiquier ?) où Charles Aznavour est accompagné – grand luxe – par Alexis Weissenbergdans une chanson qui n’est pas parmi les plus connues, on mesure ce que souligne Véronique Mortaigne, l’amour de la langue française, du maniement, du choix des mots. C’est peut-être le plus étonnant, s’agissant d’un auteur qu’on n’a jamais associé aux chanteurs « à texte » (comme Ferré, Brel, Brassens, ou Trenet). Je vais peut-être réécouter différemment certaines chansons…

Les médias, les réseaux sociaux, ont évoqué surtout le chanteur, et un peu négligé l’acteur : Aznavour et le cinémaOserai-je dire qu’il m’a plus souvent intéressé et touché dans ce registre ? Dans des rôles magnifiques d’humanité.

Hommage Monsieur Aznavour !

Une famille formidable

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C’est un peu notre grand-mère à tous qui s’en est allée cette nuit. La doyenne des comédiens français (et des Comédiens-Français !), Gisèle Casadesus est morte à l’âge de 103 ans, nous l’aimions bien cette délicieuse vieille dame à l’élégance si naturelle.

Je ne l’ai pas connue directement, mais je connais bien plusieurs membres de cette immense famille, au patronyme renommé depuis des générations, les Casadesus.

Commençons par les descendants directs de la défunte :

nee-en-14_article_landscape_pm_v8(Photo de famille prise à l’occasion du centième anniversaire de Gisèle Casadesus)

Le plus célèbre des quatre enfants de Gisèle est – à droite sur la photo – Jean-Claude Casadesus, l’âme et le patron incontesté de l’Orchestre National de Lille durant quarante ans.

Quelques souvenirs récents avec cet éternel jeune homme, un beau concert à Montpellier en juillet 2014 (Inextinguible); quelques mois plus tard à mon invitation il dirigeait l’Orchestre National de France pour le Grand Echiquier spécial d’hommage à Jacques Chancel en janvier 2015. Et encore à des concerts d’autres orchestres et d’autres chefs, où je le vois parfois accompagné par son jeune frère compositeur Dominique Probst (à gauche sur la photo de famille)

Je n’oublie pas l’inauguration en janvier 2013 de la toute nouvelle salle du Nouveau Siècle à Lille, un projet porté à bout de bras par J.C. Casadesus, et un programme qui donnait à entendre La Voix humaine de Poulenc, interprétée – on restait en famille – par la fille du chef, Caroline Casadesus ! Qui, elle-même, a été mariée avec le violoniste de jazz Didier Lockwood.

Comme par hasard, les deux fils de Caroline sont aussi musiciens, tombés dès leur plus jeune âge dans le bain du jazz (influence du beau-père Didier Lockwood ?) et du classique. Je me rappelle très bien le choc éprouvé un dimanche matin dans Thé ou caféil y a une petite dizaine d’années, à découvrir Thomas et David Enhco, l’un au piano, l’autre à la trompette. Depuis, nos chemins n’ont cessé de se croiser, et ils font honneur à la dynastie familiale (lire Musique sans protection).

D’une autre branche des Casadesus, on connaît bien sûr les pianistes Robert, Gaby (sa femme), et Jean (leur fils). J’ai raconté comment j’avais eu l’honneur de connaître Gaby Casadesus (Tout sur Robert). Le legs discographique de ces pianistes magnifiques est heureusement réédité (même si ce coffret n’est pas exhaustif)

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Autres figures musicales illustres de la famille : Marius, fils du patriarche Luis, et oncle de Gisèle et Robert, génial faussaire, qui a fini par avouer, en 1977, être le véritable auteur d’un concerto pour violon attribué à …Mozart, qu’il disait avoir redécouvert en 1931.

Marius a eu un fils, Gréco Casadesus, avec qui j’ai été en contact dans une circonstance bien particulière.

Pour célébrer les 50 ans de la fondation officielle en 1960 de l’Orchestre de Liège – devenu Orchestre philharmonique royal de Liège – j’avais imaginé, avec la complicité de l’éditeur Cypresde rééditer en 2010 la totalité des enregistrements commerciaux réalisés par l’orchestre des années 60 à 2009. Un coffret de 50 CD (vendu 50 €). Il fallait évidemment l’accord des interprètes eux-mêmes, des différents labels, et de leurs directeurs artistiques. Il se trouve que les premiers disques commerciaux de l’Orchestre furent enregistrés sous la baguette de Paul Straussen 1972/73, pour EMI/Pathé-Marconi qui cherchait à se développer en dehors de l’Hexagone : le directeur artistique qui réalisait là ses tout premiers enregistrements était un jeune homme de 22 ans, Gréco Casadesus, avec qui j’ai correspondu et qui, pour le livret du coffret-anniversaire, avait bien voulu livrer quelques souvenirs émouvants.

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On n’a pas fini de fréquenter cette grande famille d’artistes, qu’on salue affectueusement au moment où leur doyenne les quitte…

Guerre des étoiles

Le Monde daté de ce jour, donnait un titre un peu excessif – La guerre des étoiles à l’Opéra de Paris – à un sujet qui agitait le microcosme culturel et médiatique depuis le début de la semaine, et dont le dénouement n’a été connu qu’hier après-midi (après la publication de l’article de Rosita Boisseau) : http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/02/05/aurelie-dupont-le-retour-du-classique_4859805_3246.html?xtmc=millepied&xtcr=2.

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Je n’ai aucun commentaire à faire sur ce qui, au regard de l’actualité du monde, peut apparaître comme une tempête dans un verre d’eau. Quand on a occupé des fonctions de responsabilité, a fortiori dans le monde de la culture, on ne peut pas se livrer à la surenchère de critiques ou de louanges qui pullulent sur les réseaux sociaux. Personne parmi ces « commentateurs » d’occasion ne connaît jamais les tenants et les aboutissants des décisions d’un « patron » d’entreprise culturelle ou médiatique. On est d’ailleurs toujours prompt, surtout en France, à voir partout la trace de complots, de luttes de clans, de l’influence de réseaux, pour expliquer telle ou telle nomination. C’est souvent, très souvent, beaucoup plus simple – ce qui ne veut pas nécessairement dire logique ou transparent ! -.

Une évidence s’impose toutefois : la direction, la gestion, d’abord humaine, d’un groupe d’artistes, d’une entreprise culturelle, requièrent des qualités, une expérience, une vraie solidité personnelle, qui ne sont pas toujours celles de grands artistes.

Cet épisode a, du coup, largement effacé un anniversaire, fêté dans une relative discrétion, mais dans la chaleur de l’amitié : les 20 ans de MezzoLa petite chaîne devenue indispensable dans le paysage musical et médiatique mondial.

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C’était mercredi matin au Petit Palais, toute la profession était là, et des musiciens aussi : le quatuor Modigliani (sur la photo), Gautier Capuçon, et d’autres…

J’avoue que je n’imaginais pas un aussi beau développement lorsqu’en 1995 Jacques Chancel, fraichement débarqué de la direction de France 3, toujours en avance d’une idée, était venu me voir dans mon bureau de France Musique pour me parler de la création d’une nouvelle chaîne de télévision qui serait vouée à la musique classique. Ce n’est pas directement lui qui avait lancé l’idée mais il voulait mettre sa notoriété (le succès de son Grand Echiquier !) au service de ce projet. Le plus extraordinaire dans l’aventure de Mezzo est que le projet initial n’ait jamais été dénaturé, même si les programmes se sont enrichis et ouverts par exemple au jazz, et n’ait jamais pâti des vicissitudes de l’organisation de l’audiovisuel français.

Bon anniversaire et longue vie à Mezzo !

Bons plans

Je ne sais pas vous, mais pour moi la période des fêtes est souvent synonyme de corvée de cadeaux. Comment faire plaisir intelligemment à ceux qu’on aime ?

Les lecteurs de ce blog sont depuis longtemps au courant de l’une de mes passions coupables, le disque. Mais à la différence de certains camarades, je n’aime pas accumuler – je n’en aurais pas la place ! – donc j’échange, je regroupe (et la profusion de coffrets publiés ces derniers mois par les « majors » contribue considérablement à cet effort de rationalisation), et je crois avoir trouvé les bons filons en jonglant avec les fournisseurs, en faisant donc jouer la concurrence.Ce sont ces « bons plans » que je livre ici.

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La presse a unanimement loué cette prodigieuse réédition du legs discographique du Beaux Arts Trio. En France (Amazon.fr ou Fnac) 118 €, en Allemagne (Amazon.de) 99 €, sur Amazon.it 78 € !

Deutsche Grammophon honore Emil Guilels, le grand pianiste russe (1916-1985) par un beau coffret regroupant ses enregistrements tardifs, une quasi intégrale des Sonates de Beethoven, des Mozart et Schubert avec Böhm et sa fille Elena, quelques incunables des années 50 en trio avec Kogan et Rostropovitch. L’Allemagne et l’Italie se tiennent (autour de 65 €), la France 10 € plus chère.

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Grâce à Tom Deacon, célèbre producteur canadien de la série Great Pianists of the XXth Century, j’apprends que la firme russe Melodia (ou pour respecter les critères internationaux Melodyia) publie une édition « de luxe » de 50 CD du légendaire Sviatoslav Richter (1915-1997). Est-ce le cours du rouble, le montant des taxes locales ? Toujours est-il que les différences de prix annoncés sont pour le moins étonnantes…

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Amazon.it 310 €, Amazon.de 461 €, Amazon.co.uk 363 £ !! Sur les sites français (Amazon, Fnac) le dit coffret n’est pas même annoncé (on doit attendre sans doute que l’année du centenaire de Richter se termine ?)

Mais les amateurs pourront encore trouver, pour beaucoup moins cher, les belles boîtes que Decca et RCA ont consacrées au pianiste (http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2014/12/22/richter-centenaire-8350549.html)

Tandis que la collection Eloquence de Decca republie en CD séparés les enregistrements réalisés à Vienne, Londres et Amsterdam, pour Philips et Decca, par Pierre Monteux (1875-1964) – à suivre dans le numéro de janvier de Diapason – j’ai découvert récemment un fabuleux coffret, qui m’avait échappé à sa sortie, 11 CD de concerts donnés à Boston en 1958/1959, enregistrés en stéréo. Tout simplement prodigieux. Le feu, la fougue, la générosité, la poésie d’un chef largement octogénaire, avec parfois des accidents qui témoignent de l’ambiance électrique qui régnait dans ces concerts. Et quels solistes ! Leon Fleisher plus génial que jamais dans le 1er concerto de Brahms, Leonid Kogan éblouissant dans le concerto  pour violon de Brahms (que Monteux et lui enregistraient pour le disque – RCA – au même moment), une « Pastorale » de Beethoven orageuse à souhait. Bref, un coffret INDISPENSABLE. Cette fois acquis en France via Amazon.fr (qui propose le coffret à 55 €) qui met en lien un autre vendeur (Clic Musique) qui lui fait une offre à 34 € – et a honoré ma commande avec tout le soin et la diligence voulus. A titre de comparaison, ce coffret est téléchargeable sur Itunes pour 99 € !

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Je ne vais pas redire tout ce que j’ai écrit sur une magnifique pianiste (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/12/06/la-revelation-dinorah/) sauf pour signaler que j’ai acquis le précieux coffret sur Fnac.com

Enfin, dans la série des magnifiques rééditions, très attendues, un autre ensemble légendaire qui a fait les heures de gloire de Philips, le Quartetto Italiano. C’est Fnac.com qui propose le meilleur prix.

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Enfin, près d’un an après sa disparition (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/23/il-est-parti/), deux beaux ouvrages à acheter chez votre libraire (vive les librairies !)

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Mais l’un des meilleurs plans pour qui veut trouver le disque rare, l’intégrale oubliée, le tirage japonais de ses rêves, reste le seul magasin de Paris exclusivement réservé au CD/DVD classique d’occasion, Melomania, 38 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris (en face de l’église St Nicolas du Chardonnet et de la salle de la Mutualité). Et pour ceux qui n’ont pas la chance d’être parisiens ou de venir à Paris, un site remarquablement fait : http://www.melomania.com/fr/.

La culture joyeuse

Guère plus qu’une coïncidence : ma semaine a été rythmée par deux initiales, J.C., communes à un ancien Président de la République et à un producteur de radio et de télévision disparu le 23 décembre dernier. Jacques Chirac et Jacques Chancel. Ce livre d’abord d’une journaliste du Monde, Béatrice Gurrey : Unknown

On sait bien que pour vendre il faut des titres racoleurs, sauf qu’en l’espèce celui-ci est inutile et réducteur. Le travail de Béatrice Gurrey vaut mieux que cela : c’est le crépuscule d’un personnage finalement singulier de la politique française, et c’est, en effet, toute une famille – mais est-ce un « clan » ? – tout aussi particulière, passée au crible d’une plume pertinente, informée, jamais complice, souvent bienveillante. Pour qui suit de près la vie politique on n’apprend rien d’essentiel, en revanche, la dimension humaine, la solitude, l’éloignement, la maladie, les revanches de l’entourage, sont décrits avec une justesse qui éclaire l’après-pouvoir, Des recoins souvent mal explorés de la comédie humaine.

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Et puis l’autre J.C., Jacques Chancel, c’était l’émission d’hommage voulue par France Télévisions et Radio France pour l’irremplaçable passeur de culture, diffusée ce vendredi sur France 2 et France Inter, et enregistrée mercredi soir à La Plaine Saint Denis, sur un plateau qui fut, entre autres, celui du Grand Echiquier.

http://www.france2.fr/emissions/le-grand-echiquier-l-emission-culte

En dix jours, et alors même que la terrible semaine des attentats nous avait mobilisés pour la grande soirée #SoiréeJeSuisCharlie du 11 janvier, nous sommes parvenus à monter tout un plateau d’artistes, de compagnons de route de Jacques Chancel, mais aussi de jeunes talents qu’il aimait suivre, En revoyant quelques séquences, pour certaines devenues culte, du Grand Echiquier on ne cesse de mesurer ce qu’a été, ce que devrait encore être une émission culturelle ET populaire,

C’est sans doute cela la plus belle part d’héritage de Jacques : le partage d’une culture joyeuse, sans apprêt, sans artifice.

Un regret évidemment, la diffusion tardive de cette émission d’hommage, alors que la réussite du Grand Echiquier tenait aussi à sa diffusion en prime time… 

Il est parti

Je savais en écrivant ce billet le 5 décembre dernier https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/05/les-vivants-et-les-morts/ que Jacques Chancel n’allait pas bien. Il ne s’en cachait pas dans son dernier ouvrage, que je viens de  refermer. Le voilà parti cette nuit rejoindre tous ceux qui ont fait la légende de la radio et de la télévision…

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Merci Jacques pour tout ce que tu as offert à l’adolescent que j’étais, ne ratant aucun Grand Echiquier, découvrant grâce à toi un univers, celui des authentiques musiciens, qui est le mien aujourd’hui, regardant fasciné Karajan et son Philharmonique de Berlin, le tout jeune Tedi Papavrami à peine débarqué de son Albanie natale, les duos improbables de Menuhin avec Ravi Shankar ou Stéphane Grapelli, et tant et tant d’autres…

Merci Jacques pour ces quelques conversations pendant ma période France Musique. à l’époque où tu fondais Mezzo.

Et puis merci pour les milliers de Radioscopie, les grandes heures de la télévision…

Comme tu l’aimais bien, et qu’elle aussi je l’avais découverte dans un Grand Echiquier, Anne-Sophie Mutter pour te dire au revoir :