A défaut d’échapper à la canicule qui envahit tout le pays, on pourra essayer de se rafraichir les idées, l’esprit ou le coeur, au choix, avec ces quelques musiques et/ou versions qui ont le mérite de l’originalité, sinon de l’inspiration, tirées de ma discothèque personnelle.
Feu d’artifice tiré de la prairie de Butry-sur-Oise le 20 juin 2026
Gabriel Dupont : Jour d’été
Extrait du tout dernier disque enregistré par notre cher et si regretté Patrick Davin
Glinka : Nuit d’été à Madrid
Honegger : Pastorale d’été
Par l’un de nos plus grands chefs français, Serge Baudo, auteur d’une magnifique intégrale des symphonies d’Honegger avec les si belles couleurs de la Philharmonie tchèque
Ambroise Thomas : Le songe d’une nuit d’été, extrait
Pour rendre hommage à notre si chère Jodie Devos, bien trop tôt disparue (lire Jodie dans les étoiles) cet extrait du Songe d’une nuit d’été d’Ambroise Thomas
Prokofiev : Nuit d’été
Cette « nuit d’été » est extraite de l’opéra de Prokofiev : Les fiançailles au couvent
Durant mon mandat à la direction du Festival Radio France Montpellier Occitanie (lire 2890 jours) de 2014 à 2022, comme pendant mes années à l’Orchestre philharmonique royal de Liège (Merci), j’ai eu l’obsession de faire découvrir, de susciter la curiosité du public. Après les pianistes, les clavecinistes, les instrumentistes et les formations à cordes, place aux orchestres, choeurs et à leurs chefs et cheffes. Qui nous ont offert des soirées mémorables, sans doute les plus marquantes du festival. Et si certains ensembles et chefs étaient déjà familiers de Montpellier, je suis heureux d’avoir pu inviter des femmes et des hommes de très grand talent, qui, pour certains, occupent aujourd’hui les positions les plus en vue.
Je rêve – peut-être pour les 40 ans du festival – d’une édition discographique qui regrouperait les grandes heures symphoniques et chorales du Festival. Et pourquoi pas ‘d’une chaîne thématique spécifique sur France Musique ?
Montpellier pilier du Festival
Nul n’aurait pu imaginer le festival, hier et maintenant, sans la présence essentielle de l’Orchestre national Montpellier Occitanie. La liste des productions auxquelles il a participé est impressionnante. Il faut en remercier ici tous les musiciens qui n’ont jamais ménagé leur engagement, et donc beaucoup me disaient qu’ils attendaient avec impatience le mois de juillet et l’aventure du Festival.
2015 : Fantasio, dirigé par le regretté Friedemann Layer(1941-2019), pour qui, cette année-là, ce furent des retrouvailles émues avec l’orchestre qu’il avait dirigé de 1993 à 2007.
Pour l’ouverture du festival, j’avais fait appel à Domingo Hindoyan (1980) devenu entre-temps directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Liverpool
et pour la clôture à mon cher Christian Arming, tout indiqué comme Viennois pur jus pour diriger la IXe symphonie de Beethoven !
2016 : Michael Schønwandt comme chef principal de l’ONM a, bien entendu, été de toutes nos aventures, surtout lorsqu’il s’agissait de redécouvrir quelques fameux ouvrages lyriques (lire 17 opéras)
Mon très cher Paul Daniel, invité en 2015 avec l’Orchestre de Bordeaux, devait diriger l’ONM pour plusieurs concerts Beethoven dans la région Occitanie, lorsqu’est survenu l’effroyable attentat de Nice le soir du 14 juillet 2016. Spontanément, Paul Daniel, les musiciens de l’ONM, la Ville de Montpellier et moi avons décidé d’un hommage, diffusé en direct sur France Musique, le dimanche 16 juillet au soir : L’hommage de Montpellier aux victimes de l’attentat de Nice (Le Figaro)
Domingo Hindoyan revient, cette fois, avec la grande Sonya Yoncheva, son épouse à la ville, pour l’opéra Iris de Mascagni (17 opéras)
Le jury du Concours Eurovision 2022 : debout de gauche à droite le violoniste Tedi Papavrami, la hautboïste Nora Cismondi, le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, assis JPR et la présidente du jury, la pianiste Mūza Rubackytė
Christopher Warren-Green, une première à l’ONM pour le chef britannique, avec un soliste au patronyme illustre : Gabriel Prokofiev
Les formations de Radio France
Très logiquement, et suivant le pacte fondateur du Festival en 1985, j’ai invité chaque année les formations musicales de Radio France.
Orchestre national de France
2015 Alexander Vedernikov est tragiquement disparu le 26 octobre 2020 à 56 ans des suites du Covid-19.
2016 John Neschling, le grand chef brésilien dirigeait un programme particulièrement original : Epiphanie d’André Caplet (avec le violoncelliste Marc Coppey) et la Symphonie lyrique de Zemlinsky
De 2017 à 2019 c’est Emmanuel Krivine, directeur musical de l’ONF de 2017 à 2020, qui est naturellement venu à Montpellier pour des programmes toujours élaborés dans l’esprit du Festival.
2021 et 2022 C’est le successeur de Krivine, Cristian Măcelaru, qui viendra défendre des programmes particulièrement originaux
2017 Vladimir Fedosseiev : c’est à un vétéran de la direction russe que l’OPRF et le Festival avaient fait appel pour donner la cantate Octobre de Prokofiev, écrite en 1937 pour commémorer les vingt ans de la Révolution russe.
J’ai tenu, chaque année de mon mandat, à inviter des orchestres de jeunes, puisque la raison d’être même du Festival a toujours été la découverte et la promotion des jeunes talents.
Australian Youth Orchestra (19) / Krzysztof Urbanski
I Culture Orchestra (18) / Kirill Karabits
Jove Orquestra Nacional de Catalunya / Manel Valdivieso (17)
National Youth Orchestra USA (16) / Valery Gergiev
Orchestre des Jeunes de la Méditerranée (21) (22) / Duncan Ward
Les formations invitées
La liste ci-desous indique assez l’éclectisme de nos choix, dans l’idée qu’un Festival doit toujours être une fête populaire, ouverte à tous les publics, à tous les genres.
Le Bagad de Lann-Bihoué (2015)
Le Concert de la Loge / Julien Chauvin (17)(19)
Le Concert Spirituel / Hervé Niquet (15) (17) (19) (21)
Ensemble Les Surprises / Louis-Noël Bestion de Camboulas (18)
Harmonie et Orchestre de la Garde républicaine (18) / Sébastien Billard / Hervé Niquet
Orchestre de chambre de Paris (16) / Douglas Boyd
Orchestre national Bordeaux-Aquitaine (15) / Paul Daniel
Orchestre national du Capitole de Toulouse (16) (17) : Andris Poga / (19) Tugan Sokhiev / Lio Kuokman / (21) Nil Venditi
Orchestre National de Lille (17) / Alexandre Bloch
Orchestre de Pau Pays de Béarn (18) / Fayçal Karoui
Orchestre philharmonique royal de Liège (18) / Christian Arming
Orchestre philharmonique de Tampere (19) / Santtu-Matias Rouvali
Orchestre symphonique national d’Estonie (19) / Neeme Järvi
Pas de festival réussi, pas de découverte de répertoires inconnus sans la présence des choeurs, celui de Radio France bien sûr, mais aussi durant tant d’années de celui de la radio lettone.
Choeur de l’Armée française (18) / Aurore Tillac
Choeur de l’Armée rouge (17) / Victor Elisseiev
Choeur de Radio France (15) (16) (17)/Sofi Jeannin, (18) Marina Batic (22) Christophe Grapperon
Choeur de la radio lettone / Sigvards Klava (15, 16, 17, 18, 19)
Les Elements (16) Jean-Marc Andrieu, (17) (19) (22) Joël Suhubiette
The King’s Singers (22)
Maîtrise de Radio France (16) / Sofi Jeannin
Opera Junior (16) / Vincent Recoin
Orfeo Donostiarra (2015)
A tous ces formidables ensembles, orchestres, choeurs, et leurs chefs, une immense gratitude pour tant d’émotions partagées.
Du jour où j’ai découvert l’oeuvre sur un disque du très distingué Thomas Beecham, j’ai aimé l’unique symphonie – en sol mineur – d’Edouard Lalo (1823-1892).
Et jusqu’en 2000, je n’étais jamais parvenu à convaincre qui que ce soit, orchestres, chefs, de jouer cette oeuvre en concert, alors que Saint-Saëns (et sa 3ème symphonie), Franck (sa symphonie en ré mineur), D’Indy (sa symphonie « cévenole »), exacts contemporains de Lalo n’avaient jamais quitté l’affiche… Mystère ! Dès que j’en eus la possibilité, et même le pouvoir, je mis cette malheureuse symphonie au programme d’abord d’un concert puis d’un disque de l’Orchestre philharmonique de Liège.
Et à la demande de l’éditeur du disque, j’écrivis même le livret de ce disque : Lalo ou l’éternel second. Le Poulidor de la musique en quelque sorte.
Si sa Symphonie espagnole, écrite pour le violoniste star du XIXème siècle, Pablo de Sarasate, n’était pas restée au répertoire de tous les grands violonistes, et avait maintenu hauts la réputation et le nom de Lalo, il est à parier que l’ombre dans laquelle est demeurée l’essentiel de son oeuvre serait devenue oubli.
Mais l’obstination (la mienne !) finit parfois par payer. Edouard Lalo le mérite.
Je vois avec plaisir sortir le fruit d’une double collaboration engagée il y a plusieurs années entre l’Orchestre philharmonique royal de Liège d’une part, la Chapelle musicale Reine Elisabeth de Belgique et le Palazzetto Bru Zane / Centre de musique romantique française d’autre part. Après l’intégrale des concertos pour violon de Vieuxtemps (direction Patrick Davin), les oeuvres concertantes pour violon et violoncelle de Saint-Saëns (direction Christian Arming), ce sont toutes les pages concertantes de Lalo (direction Jean-Jacques Kantorow) qui sortent ces jours-ci chez Alpha Classics.
Où l’on voit que la Symphonie espagnole est loin d’être isolée !.
Dans la foulée une publication très attendue, une première mondiale au disque, réalisée après le « live » du Festival de Radio France et Montpellier Languedoc Roussillon :
L’occasion de rappeler que le festival n’en est pas à son coup d’essai avec Lalo, puisqu’un autre ouvrage, Fiesque – qui avait été, sans mauvais jeu de mots, un véritable fiasco à sa création – avait bénéficié d’une équipe de choc pour sa résurrection.