La reine dans ses oeuvres

Quand on la voit sur scène, à son piano, on a peine à imaginer qu’elle a tourné les trois quarts de siècle en juin dernier (Martha A.). En classant des photos l’autre jour, je suis tombé sur celles-ci, prises en novembre 2001 à Liège, lorsque Martha Argerich avait répondu à mon invitation pour deux concerts dirigés par Armin Jordan.

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(Sur ces photos, prises au bord de la Meuse dans ce qui était le restaurant L’Héliport on aperçoit, outre Armin Jordan et Martha Argerich, le pianiste Mauricio Vallina et le chef d’orchestre Louis Langrée, alors directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Liège).

EuroArts sort un coffret de 7 DVD pour célébrer les 75 ans de la reine Martha.

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La compilation est plutôt bien faite et le minutage généreux (et le prix très raisonnable !). On retrouve le singulier documentaire, Bloody Daughter réalisé par la benjamine des filles de Martha Argerich, Stéphanie, dont le père est le pianiste américain Stephen KovacevichAinsi que le film de Georges Gachot Evening Talks, contemporain des concerts liégeois de la pianiste argentine (on y voit d’ailleurs le même jeune pianiste cubain Mauricio Vallinaqui vaut surtout pour les extraits de répétitions du concerto de Schumann.

Beaucoup d’échos de concerts récents, à Verbier, à Buenos Aires. Et deux archives tout simplement époustouflantes : le 1er concerto de Tchaikovski capté à Preston (une ville du Lancashire au nord de Liverpool) – ah la robe très seventies de Carnaby street !! – et le 3ème concerto de Prokofiev donné, la même année (1977), à Croydon. La performance de la pianiste dépasse l’entendement, l’extrême virtuosité des deux oeuvres est comme transcendée par un jeu qui semble ignorer toutes les difficultés techniques sans l’ombre d’un effort apparent. Proprement hallucinant !

En revanche, le texte de présentation aurait pu d’abord être mieux rédigé (un recopiage de la notice Wikipedia !), et surtout relu et corrigé dans ses traductions allemande et française. Le Concours international de Genève (Geneva Competition), devient ainsi soit Genua, soit Gênes.

Un généreux coffret pour tous les amoureux de la reine Martha !

 

 

La découverte de la musique (X): Georges et Christian

Jusqu’au début des années 70, ma bonne ville de Poitiers était un désert musical. Jusqu’à l’arrivée à la direction du Conservatoire d’un fringant jeune premier, Lucien Jean-Baptiste (rien à voir avec l’acteur homonyme). Le détail amusera, mais le premier et durable souvenir qui m’est resté de lui est l’odeur caractéristique qui régnait dans son bureau, mélange de Chanel pour homme et de cigarettes blondes. Comme par hasard, ma première eau de toilette fut Chanel pour homme et je ne fumai pendant vingt ans que des blondes. C’est grave docteur Freud ?

Ce nouveau directeur entreprit d’abord de créer l’Orchestre de chambre de Poitiers, composé de professeurs du Conservatoire bien sûr mais aussi – et surtout – de musiciens de l’opéra de Tours, puis avec l’aide du responsable local de l’agence de communication Bernard Krief (qui n’était pas Jean-Pierre Raffarin, tout poitevin qu’il fût), organisa une véritable saison de concerts, les Rencontres Musicales de PoitiersLes concerts avaient lieu soit dans le modeste Théâtre Municipal, soit dans la salle des Pas Perdus du Palais de justice, soit, lorsqu’il y avait un orchestre symphonique, dans le hall du Parc des Expositions (comme je l’ai raconté ici).

Ancien-théâtre-municipal-de-Poitiers-décembre-2013(L’ancien théâtre municipal fermé en 2013)

800px-Poitiers_Palais_Justice_Salle_pas_perdus(4)(La monumentale salle des Pas Perdus du Palais de justice de Poitiers).

J’ai beaucoup de souvenirs encore très vifs de ces « Rencontres » poitevines, je les raconterai si j’en trouve le temps. Mais au-dessus du lot, deux artistes qui m’ont marqué pour toujours, parce que – je ne le savais pas à l’époque, ce n’était qu’une intuition – ils étaient hors norme, hors catégorie : György devenu Georges Cziffra et Christian Ferras.

J’ai découvert le piano de Liszt par et grâce à Cziffra. Placé au premier rang du balcon, j’avais une vue plongeante sur ce démiurge, capable de faire oublier toutes les difficultés de partitions redoutables par une virtuosité foudroyante et complètement inexplicable pour l’apprenti pianiste que j’étais alors.

Sa prodigieuse intégrale des Rhapsodies hongroises sera le premier jalon de ma discothèque lisztienne.

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Je ne saurais trop conseiller à ceux qui ont parfois dédaigné un immense musicien, qui n’était pas qu’un batteur d’estrade, de se plonger dans le beau coffret qu’EMI lui a consacré.

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Christian Ferras m’accompagne depuis ce soir de 1972 où il joua les concertos pour violon de Bach (sous la direction de L. Jean-Baptiste).  Cette sonorité unique, ce violon frémissant, immédiatement reconnaissable, cette sensibilité à fleur d’archet qui n’était jamais sensiblerie, cette lumière dans le jeu, je les aimés d’emblée, et toujours maintenant, quand je veux entendre un violon qui résonne avec ma propre sensibilité, j’écoute Christian Ferras (en faisant abstraction de certains accompagnements lourdingues de Karajan dans Brahms ou Tchaikovski…)

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On ne comprend pas pourquoi le coffret Warner (le fonds EMI) édité au Japon n’est toujours pas disponible en Europe…

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Perdre la face ?

Avec son aimable autorisation, je reproduis ici intégralement le dernier éditorial de Sylvain Fort sur Forumopera. J’y souscris en tous points. A lire et à méditer.

Perdre la  face ou donner un visage ?

Par Sylvain Fort | mer 06 Juillet 2016 |

Notre beau pays ne serait point ce qu’il est sans Commissions, Comités et Missions. C’est ainsi que notre ministre de la Culture installa récemment une mission sobrement dénommée « Musées du XXIe siècle » chargée de réfléchir aux défis que lance aux Musées notre modernité galopante.

Je vous ferai grâce ici des catégories et concepts mobilisés autour de cette mission, certainement fort utile, pour m’arrêter sur une expression qui, lorsque je lus le discours de la ministre prononcé à cette occasion, m’arrêta net.

Se détachant soudainement de phrases délicieusement convenues et de formules patiemment calibrées, une phrase me sauta au visage :

« De l’autre côté, si je puis dire, chaque visiteur vient aussi avec une histoire différente : visiteur fidèle ou à éclipse, visiteur en confiance ou mal à l’aise, visiteur conquérant ou visiteur dont la venue au musée met en péril l’estime de soi : plus d’un Français sur deux hésite à prendre le risque de se mettre en danger, voire, oserais-je dire, à perdre la face en se rendant au musée. »

Me frappa ce : « perdre la face ». L’atténuation rhétorique (« oserais-je dire ») n’y change rien. L’expression est franche et semble injecter dans un propos de circonstance une croyance, une conviction, une conception faite, elle, de chair et de sang. « Perdre la face », c’est donc cette angoisse qui, selon la ministre, hante un Français sur deux qui se rend au musée. On ne saurait douter que la même angoisse prévaut dans le domaine musical (existe-t-il un sondage qui l’atteste ?).

« Perdre la face », cela veut dire : lorsque je vais au musée (ou au concert), je redoute profondément que les gens présents autour de moi ne constatent mes lacunes ; ne percent à jour mon manque de repères culturels ; ne remarquent à livre ouvert que je ne sais rien, ou presque rien. Et que, voyant cela, ils rient de moi. Qu’ils me moquent. Et que je le voie. Que je les aperçoive rire sous cape. Que la dérision dont je suis l’objet me revienne en pleine face, et que dès lors je la perde. Peut-être même s’agira-t-il de ma manière de me tenir. De ma façon de m’habiller. De ma façon de me poser devant une œuvre. Et si par malheur j’applaudissais au mauvais moment ? Et si je riais à contretemps ?  Et si, à ce moment-là, les regards sévères ou ironiques portés sur moi – qui sait ? peut-être des reproches, des insultes – n’anéantissaient définitivement l’estime que je me porte ?

Pour s’épargner cette défaite narcissique, la meilleure solution serait la fuite.

Je donne peut-être l’impression de ne pas croire à ce scénario de la « perte de face ». Qu’on se détrompe, j’y crois beaucoup. Je dirais même qu’il est plus grave encore qu’il n’y paraît. Car pour choisir la fuite, il faut avoir déjà intériorisé profondément l’idée d’aller nécessairement au-devant d’une humiliation. Il faut déjà avoir de soi une estime abîmée. Mettre en doute l’évidence que bien des Français nourrissent à l’égard de la culture des complexes renvoyant au plus intime de leur psyché serait vain. Chercher les racines de cela est intéressant. S’y mêlent sans doute la complexité séculaire des codes sociaux français, l’aristocratisme indécrottable de nos sociétés, la glorification et la mythification chez nous du fait culturel, bref toutes sortes de représentations clivantes et hiérarchiques.

La ministre assurément est dans son rôle lorsqu’elle engage une réflexion sur la meilleure manière de combattre cette fragilité ; il n’est pas certain qu’elle dispose de tous les leviers pour en venir à bout.

A ceux que l’humiliation sociale et culturelle continue de tarauder, à ceux qui s’interdisent les musées et les salles de concert comme on s’interdit d’aller déjeuner dans un grand restaurant, en eût-on les moyens, parce qu’on n’en a pas les codes, il importe de dire et redire quelques vérités simples.

Première vérité, les codes sociaux qui entourent un objet culturel n’ont rien à voir avec lui. La vêture, la posture, l’allure, la parlure sont sans rapport avec ce qui est présenté. Combien nous sommes crédules encore lorsque nous croyons que tel hâbleur d’entracte que réchauffent des écharpes délicates et des velours épais sait mieux que le premier ignorant venu. Nous le savons tous : éblouir, pérorer, prendre la pose sont choses familières au premier mondain, qui se passera dès lors d’entrer dans la vérité de l’œuvre. Pour se laisser impressionner par cette montre surannée et creuse, il faut en effet avoir de soi une estime de soi ténue. J’ai écrit ici plusieurs fois déjà combien est redoutable une salle composée de spectateurs de circonstance se jaugeant les uns les autres et pétrifiés par l’angoisse du faux pas culturel. Je ne sais pas à quelle zone de notre être exactement le chef-d’œuvre s’adresse : ce que je sais, c’est qu’il ne s’adresse ni à la cravate de prix, ni à la robe de taffetas ni aux bijoux onéreux. Bourdieu jadis fit un sort à ces mythologies sociales. Hélas, ses épigones confondirent les codes sociaux et l’objet culturel, rejetant trop souvent les deux d’un même mouvement sous le qualificatif indistinct d’ « élitisme ». Ces Français qui craignent tant de perdre la face nous font grand honneur lorsqu’ils apportent dans les salles de concert ce qui manque parfois aux champions des apparences : leur âme.

Deuxième vérité, il n’y a, il n’y eut, il n’y aura jamais de honte à ne pas savoir. Un homme de haute culture me confiait récemment cette anecdote. Lorsqu’il était jeune homme, il vint assister avec un groupe d’amis fervents au récital d’une soprano qu’ils adoraient. Tous, quoique bien diplômés et faits aux meilleurs codes, se trouvèrent fort sots lorsqu’ils ne surent reconnaître une mélodie française chantée par la dame en bis. Avouer cette lacune ? Jamais ! Mais l’envie de savoir les poignait. Ils déléguèrent donc mon interlocuteur, qui s’approcha timidement de Gabriel Dussurget à la fin du spectale pour lui demander : « Maître, auriez-vous la bonté de me dire de qui était cette mélodie que nous avons entendue à la fin ? ». Gabriel Dussurget en un sourire lui répondit : « C’était, je crois bien, « Mon cœur s’ouvre à ta voix »  tiré de Samson et Dalila de Saint-Saëns. »  Cette mélodie était ainsi un grand air du répertoire lyrique. Des années après, mon interlocuteur se souvenait avec une émotion reconnaissante de ce « je crois » que le fondateur d’Aix avait employé pour donner à sa réponse la tendresse de celui qui sait. C’est que Dussurget venait d’un temps où le savoir n’était point à portée de main, et avait été lui-même un galopin qui avait construit sa culture par des lectures, des rencontres, des amitiés. Plus qu’une culture, il s’était construit un goût. Ce qu’il ignorait, il ne prétendait pas le savoir. Mais ce qu’il savait, il le savait à fond et l’inscrivait dans un paysage personnel dont l’harmonie frappa toujours ceux qui le connurent.

Ne pas savoir, c’est l’état normal. Tout savoir, c’est impossible. On est toujours le béotien de quelqu’un, parût-on ferré à glace sur mille sujets. Il faudrait un jour qu’on interroge des savants, des artistes, des gens de culture, afin qu’ils nous disent non ce qu’ils savent, mais ce qu’ils ignorent : on sera peut-être surpris de l’ampleur de leur ignorance, et peut-être des complexes qu’ils nourrissent secrètement. Il faudrait aussi qu’ils disent par quelle série de hasards leur est venu leur savoir, comme il est le fruit d’influences et d’aléas, de travail et de passion, et non le colis ficelé livré dans leur berceau, comme le répètent mécaniquement les tenants de la reproduction.

Troisième vérité, corollaire des précédentes, le savoir n’existe pas, n’existe que l’apprentissage. Tel est le drame de cette angoisse de perdre la face : cette crainte de l’humiliation stoppe net la curiosité, ou bien en appauvrit la moisson. Nous tous qui allons au musée, au concert, au théâtre n’y allons que par curiosité. Non parce que nous savons, mais parce que nous voulons savoir. Pourquoi, dès lors, faire de la culture un monde impénétrable et codé ? La libido sciendi abat toutes les barrières. Encore faut-il affirmer sans cesse cette primauté de la curiosité sur le savoir constitué. Les encyclopédies sur pattes ne nous intéressent pas ; seuls les esprits en mouvement nous importent. Ainsi, la focalisation sur la pratique culturelle est abusive car il est des territoires plus fermés encore : que comprenons-nous vraiment à ce que nous apprend l’exploration des profondeurs ou des cimes ?  Sommes-nous sûrs d’embrasser les avancées hallucinantes de la biologie et de la physique ? Que captons-nous exactement de ces algorithmes qui encodent nos existences mais restent plus énigmatiques que les rébus de la Sphinge ?  Pourquoi dans ces domaines essentiels au sens de la vie et à la compréhension de notre présence terrestre ne parle-t-on jamais de « perdre la face » ? A mon avis parce que ces savoirs sont en mouvement, ils ne sont pas cristallisés, ils ne sont pas patrimoniaux : aussi l’autorité y est-elle mobile, jamais vraiment établie, jamais certaine. Personne, là, n’a honte d’avouer son ignorance ni de répéter qu’il ne fait que défricher un périmètre limité, quoique infiniment profond.

C’est cette modestie des découvreurs et des explorateurs qu’il faudrait appliquer à l’art : comme spectateurs nous participons à une aventure qui nous embarque mais est sans fin ; nous sommes tous des passagers avec un ticket de seconde classe, la première classe étant réservée aux créateurs, aux génies ; toute hiérarchie, tout code, tout cérémoniel sont la vaine tentative de se rassurer et de cacher les abîmes d’ignorance qui s’ouvrent sous nos pieds à chaque détour. L’expérience de l’art n’est pas conçue pour faire perdre la face à quiconque ; elle est exactement le contraire ; elle est faite pour donner un visage à l’humanité. 

Suites et conséquences : les Français enfin

Ce n’est pas la durée qui fait l’importance d’une fonction ou d’une responsabilité, c’est les changements qu’on imprime, les initiatives qu’on prend.

Rappelez-vous, la critique musicale n’a eu longtemps de cesse de dénoncer l’absence de musique française et de chefs français dans les programmes des orchestres parisiens, et particulièrement ceux de Radio France. Certes les tubes de Ravel, Debussy, Berlioz et basta.

J’aurai au moins réussi à convaincre les directeurs musicaux et les équipes artistiques des formations de Radio France de se réapproprier des répertoires parfois négligés durant de nombreuses années.

Tout récemment Mikko Franck dirigeait un mémorable concert composé de L’enfant et les sortilèges de Ravel et de l’Enfant prodigue de Debussy (Mikko Franck Ravel et Debussy). 

Mais, compte-tenu des délais de préparation d’une saison, c’est naturellement à partir de la saison 16/17 que les décisions prises de faire une place beaucoup plus importante – et légitime ! – à la musique française notamment dans la programmation de l’Orchestre National de France, produisent leurs effets (La saison 2016/17 de Radio France). Et pour la première fois depuis très longtemps, 6 chefs d’orchestre français sont invités à l’ONF dans une même saison, les mêmes qui font de brillantes carrières dans le monde entier et qui étaient encore rares dans leur pays natal.

A Stéphane Denève l’honneur d’ouvrir le ban avec deux magnifiques programmes exclusivement français (Ibert, Schmitt,  Saint-Saëns, Ravel, Milhaud, Connesson, Poulenc…)

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Stéphane Denève qui avait signé avec Eric Le Sage, Frank Braley et l’orchestre philharmonique de Liège la référence moderne des concertos de Poulenc, qui reste un bestseller souvent réédité par Sony.

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Deux semaines après Stéphane Denève, c’est un autre jeune chef français, Fabien Gabel qui dirige Debussy, Berlioz et Richard Strauss au théâtre des Champs-Elysées (Fabien Gabel / ONF).

Jean-Claude Casadesus continuera de fêter ses 80 printemps avec un programme emblématique (Jean Claude Casadesus / ONF)

Lui succèdera un autre octogénaire, Bernard Haitink, qui a lui-même composé son programme. Eloquent ! Gloria de Poulenc et l’intégrale de Daphnis et Chloé de Ravel !

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Emmanuel Krivine peut bien se permettre des échappées orientales, lui qui a si souvent et excellemment servi la musique française (Krivine / Rachmaninov / Dvorak) et qui continuera, on l’espère de toutes ses forces, à s’en faire le héraut avec l’ONF.

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Au printemps c’est Alain Altinoglu qui avec Anne Gastinel, proposera Prokofiev, Bloch, Dutilleux et Roussel (Altinoglu / ONF / Gastinel).

Puis un beau doublé pour Louis Langrée : une série de représentations de Pelléas et Mélisande au Théâtre des Champs-Elysées (Pelléas et Mélisande / Louis Langrée), et un concert avec Nelson Freire (dans le 4ème concerto de Beethoven) et, en écho à Debussy, le poème symphonique de Schoenberg... Pelléas et Mélisande (Schoenberg / Pelléas / Langrée)

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Du côté de l’Orchestre philharmonique de Radio France, le répertoire français et notamment les compositeurs du XXème siècle ne seront pas négligés, bien au contraire. Et on peut faire confiance à Sofi Jeannin, la cheffe des deux formations vocales de Radio France, le Choeur et la Maîtrise, pour exciter la curiosité du public et lui livrer Fauré, Duruflé, Messiaen, et tant d’autres.

Comme je l’écrivais hier (Suites et conséquences), il faut parfois croire que l’impossible est possible….

 

Le Voyage d’Orient

Je ne veux pas évoquer de nouveau ici le voyage qui m’a conduit en Chine et en Inde. Pour les images personnelles de ce périple : https://lemondenimages.me.

Il s’agit du Voyage d’Orient qui est proposé en juillet prochain à Montpellier et dans toute la grande région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées (vivement un nom plus court !). Et de la joie éprouvée à découvrir une brochure qui résulte de mois de travail pour toute une formidable équipe, de relectures et d’arbitrages. Et finalement les félicitations des premiers lecteurs (« ça donne envie », « c’est clair et lisible »)

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On peut perfectionner à l’infini tous les modes virtuels de communication – et le Festival est plutôt en pointe de ce point de vue – réseaux sociaux, application, site – il n’en reste pas moins que le papier, l’écrit, la qualité d’une brochure, d’un programme, sont irremplaçables. Je suis fier de ce beau travail, qui laisse présager une édition 2016 très riche d’émotions et de rencontres humaines et musicales.

http://www.festivalradiofrancemontpellier.com / @FestivalRFMLR / #FestivalRF16 / #LeVoyagedOrient.

 

Bons plans

Je ne sais pas vous, mais pour moi la période des fêtes est souvent synonyme de corvée de cadeaux. Comment faire plaisir intelligemment à ceux qu’on aime ?

Les lecteurs de ce blog sont depuis longtemps au courant de l’une de mes passions coupables, le disque. Mais à la différence de certains camarades, je n’aime pas accumuler – je n’en aurais pas la place ! – donc j’échange, je regroupe (et la profusion de coffrets publiés ces derniers mois par les « majors » contribue considérablement à cet effort de rationalisation), et je crois avoir trouvé les bons filons en jonglant avec les fournisseurs, en faisant donc jouer la concurrence.Ce sont ces « bons plans » que je livre ici.

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La presse a unanimement loué cette prodigieuse réédition du legs discographique du Beaux Arts Trio. En France (Amazon.fr ou Fnac) 118 €, en Allemagne (Amazon.de) 99 €, sur Amazon.it 78 € !

Deutsche Grammophon honore Emil Guilels, le grand pianiste russe (1916-1985) par un beau coffret regroupant ses enregistrements tardifs, une quasi intégrale des Sonates de Beethoven, des Mozart et Schubert avec Böhm et sa fille Elena, quelques incunables des années 50 en trio avec Kogan et Rostropovitch. L’Allemagne et l’Italie se tiennent (autour de 65 €), la France 10 € plus chère.

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Grâce à Tom Deacon, célèbre producteur canadien de la série Great Pianists of the XXth Century, j’apprends que la firme russe Melodia (ou pour respecter les critères internationaux Melodyia) publie une édition « de luxe » de 50 CD du légendaire Sviatoslav Richter (1915-1997). Est-ce le cours du rouble, le montant des taxes locales ? Toujours est-il que les différences de prix annoncés sont pour le moins étonnantes…

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Amazon.it 310 €, Amazon.de 461 €, Amazon.co.uk 363 £ !! Sur les sites français (Amazon, Fnac) le dit coffret n’est pas même annoncé (on doit attendre sans doute que l’année du centenaire de Richter se termine ?)

Mais les amateurs pourront encore trouver, pour beaucoup moins cher, les belles boîtes que Decca et RCA ont consacrées au pianiste (http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2014/12/22/richter-centenaire-8350549.html)

Tandis que la collection Eloquence de Decca republie en CD séparés les enregistrements réalisés à Vienne, Londres et Amsterdam, pour Philips et Decca, par Pierre Monteux (1875-1964) – à suivre dans le numéro de janvier de Diapason – j’ai découvert récemment un fabuleux coffret, qui m’avait échappé à sa sortie, 11 CD de concerts donnés à Boston en 1958/1959, enregistrés en stéréo. Tout simplement prodigieux. Le feu, la fougue, la générosité, la poésie d’un chef largement octogénaire, avec parfois des accidents qui témoignent de l’ambiance électrique qui régnait dans ces concerts. Et quels solistes ! Leon Fleisher plus génial que jamais dans le 1er concerto de Brahms, Leonid Kogan éblouissant dans le concerto  pour violon de Brahms (que Monteux et lui enregistraient pour le disque – RCA – au même moment), une « Pastorale » de Beethoven orageuse à souhait. Bref, un coffret INDISPENSABLE. Cette fois acquis en France via Amazon.fr (qui propose le coffret à 55 €) qui met en lien un autre vendeur (Clic Musique) qui lui fait une offre à 34 € – et a honoré ma commande avec tout le soin et la diligence voulus. A titre de comparaison, ce coffret est téléchargeable sur Itunes pour 99 € !

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Je ne vais pas redire tout ce que j’ai écrit sur une magnifique pianiste (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/12/06/la-revelation-dinorah/) sauf pour signaler que j’ai acquis le précieux coffret sur Fnac.com

Enfin, dans la série des magnifiques rééditions, très attendues, un autre ensemble légendaire qui a fait les heures de gloire de Philips, le Quartetto Italiano. C’est Fnac.com qui propose le meilleur prix.

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Enfin, près d’un an après sa disparition (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/23/il-est-parti/), deux beaux ouvrages à acheter chez votre libraire (vive les librairies !)

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Mais l’un des meilleurs plans pour qui veut trouver le disque rare, l’intégrale oubliée, le tirage japonais de ses rêves, reste le seul magasin de Paris exclusivement réservé au CD/DVD classique d’occasion, Melomania, 38 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris (en face de l’église St Nicolas du Chardonnet et de la salle de la Mutualité). Et pour ceux qui n’ont pas la chance d’être parisiens ou de venir à Paris, un site remarquablement fait : http://www.melomania.com/fr/.